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Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]
MessageSujet: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Dim 30 Oct - 22:24

Attendre, encore et encore … Quoi au juste ? Robb arrivait à ne plus savoir. En revanche, ce dont il était certain, c’était qu’il commençait à trouver le temps très long, à tourner comme un lion en cage entre sa chambre et la salle de garde, entravé par ce bras inerte et sans intérêt, qui se trouvait toujours drapé dans son écharpe. D’après le mestre, la guérison était exemplaire, et il pouvait remercier l’excellent travail du soldat qui lui avait remis l’os en place ainsi que sa robuste constitution. Sauf que pour le Dayne, ce résultat excellent était toujours trop lent, et il piaffait littéralement d’impatience à l’idée de pouvoir sortir et quitter Lancehélion, pour la première fois de son existence.

En effet, le château lui pesait, lui qui avait tant aimé se perdre entre ses murs. Sauf qu’il demeurait limité, et supportait mal les regards et murmures de commisération sur son passage, aussi il limitait drastiquement ses allées et venues. Oh, quel héros il était, à se faire arracher de sa monture par une bande de sauvages puants ! Quel meneur ! Surtout que finalement, tous s’intéressaient bien davantage au fait que le Prince de Peyredragon avait chargé aux côtés des dorniens qu’à ceux qui l’avaient accompagné pour défendre leurs terres. Et Robb s’en voulait de ressentir cette pointe de jalousie au creux de son poitrail à chaque fois qu’il y pensait.

Presque mécaniquement, son poing valide s’abattit avec fracas contre la malheureuse table de nuit qu’il avait à ses côtés, faisant trembler le pauvre meuble dont le seul tort avait été de se trouver sur son chemin. Il avait envie d’être auprès de ses hommes, aux Météores, de mener les troupes … Et à cause de sa propre stupidité, il était coincé à Lancehélion, et avait reçu la veille une missive de son frère aîné l’enjoignant de rester pour le mariage de la Princesse et de faire bon accueil à son cadet et à sa belle-sœur. Joie. Au moment où il ne demandait pas mieux que de rentrer sur ses terres, Barristan était suffisamment idiot pour le contraindre à demeurer à la capitale. Certes, il était incapable de chevaucher de toute façon … Et alors ? Il avait le droit de passer ses nerfs sur sa fratrie éloignée de plusieurs centaines de kilomètres ! Elle n’y était pour rien, mais ça soulageait.

L’action lui manquait. Il avait continué à s’entraîner avec sa main d’épée sitôt sur pied, au grand dam du mestre qui aurait aimé qu’il ne force pas autant, mais Robb ne pouvait vivre sans ses armes. Au fond, il avait construit son identité d’homme sur ses prouesses martiales. Il leur devait son statut au sein de sa maison et de Dorne. C’était ainsi qu’il avait obtenu les femmes dont il avait envie, et s’il avait dû se définir, il aurait simplement répondu qu’il était un soldat. Etre blessé, ce n’était pas seulement une fissure dans son orgueil ou une incapacité temporaire. A ses yeux, c’était invalider qui il était, une remise en cause profonde de ce qu’il avait mis tant de temps à construire. Il était son corps, son corps était une arme. Point. Dans son esprit binaire, il n’y avait aucune alternative.

Posant son regard vers le plafond, l’Epée du matin poussa un soupir à fendre l’âme. En vérité, il s’ennuyait à mourir quand il n’avait ni visite ni entraînement. Il avait bien essayé de lire, mais le tome emprunté lui était tombé des mains. Il avait tenté de jouer aux osselets, au Cyvosse, alors qu’il n’avait jamais rien compris aux règles de ce jeu, mais seul, l’intérêt était limité. Il avait compté les scorpions pour passer le temps, demandé à une pauvre servante qui passait par là de lui délivrer en détail les dernières rumeurs qui couraient au château, apprenant ainsi la venue des reines de Peyredragon et de l’Orage. En entendant cela, il avait eu une pensée désolée pour Deria et Roward, comprenant aisément que tous deux allaient passer des moments compliqués dans les heures et jours à venir. La mésentente entre la dragonne et le soleil était, parmi les proches des Martell, relativement connue, et pour se souvenir du caractère … entier de sa nièce, il était persuadé qu’elle allait rendre la vie impossible à son futur époux, par simple mesure de rébellion contre l’idée d’être liée à un homme.

Soudain, on toqua à sa porte, aussi, il se redressa, se demandant bien qui cela pouvait être, et tentant de mettre fébrilement de l’ordre dans sa vêture un peu chiffonnée par sa position allongée, avant de dire, une fois assis sur le rebord du lit :

« Entrez ! »

Néanmoins, le sourire qui apparut instantanément sur son visage en disait long sur le sentiment qui l’animait en voyant Arianne s’encadrer dans la porte. Arianne la douce, la pondérée, sa plus ancienne amie … Sa meilleure amie, en réalité. Parfois, il se revoyait à ses côtés, du haut de ses cinq ans, caché dans le bordel de sa mère, à jouer aux osselets par une chaude journée de fugue enfantine … Tout était mieux à cette époque : rien n’avait d’importance, hormis les bêtises, les amis, et les bêtises faites avec les amis. L’innocence perdue avait un charme puissant sur les adultes désabusés, il fallait l’avouer. Se levant, il entreprit un peu maladroitement de la serrer dans ses bras, enfin dans son bras, avant de se détacher sans aucune gêne pour déclarer :

« J’ai cru que tu m’avais oublié sur mon lit de douleur… »

Et Robb d’afficher une mine faussement boudeuse et un peu joueuse, en souvenir de ce gamin qu’il avait été et qu’il ne serait plus … Mais qui continuaient de le hanter comme les souvenirs fugaces d’un monde qui s’était envolé trop vite.

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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Dim 30 Oct - 22:27

Arianne savait ce qui l’attendait, à passer la porte de cette chambre. Elle ne comptait plus le nombre d’années qui passaient, depuis qu’elle connaissait l’Étoile du Matin. Une chose était certaine, elle savait que, s’il ferait bonne figure, il serait contrarié. Ces trois semaines à ne pas avoir un usage optimal de son bras n’allaient pas le laisser de bonne humeur. Surtout qu’il devait le prendre comme un affront personnel, considérant sa qualité de combattant et le titre qui était devenu le sien. Cela n’avait pas empêché l’ancienne Sand de se rendre à ses côtés, pour adoucir ses peines – ou du moins était-ce ce qu’elle avait souhaité. Pari réussi ou non, elle comptait bien réitérer à l’instant, qu’il l’apprécie ou pas.

« Une presque princesse n’a pas à attendre l’autorisation d’entrer, n’est-ce pas ? Ce n’était que pour me préserver, et ne pas risquer de te surprendre en galante compagnie d’une jeune femme qui s’épancherait sur tes talents, les risques que tu as pris, et ta qualité de guerrier. »

Elle plaisantait, bien sûr, et le sourire qu’elle rendait à son ami le disait bien. Il la connaissait de toute façon suffisamment pour ne pas en douter. Il fallait dire que devenir amis dans un bordel, à pas plus de cinq ou six ans, forgeait des liens. Ils se gardaient bien de raconter les réelles circonstances de leur rencontre, pour les mieux pensants, mais Arianne avait déjà du le raconter à Deria – comme elle ne doutait pas qu’Anders le sache, et probablement Roward. Peu importait, à vrai dire. Elle aimait se souvenir de ce jour, où elle avait vu une furie débouler dans la pièce où elle se trouvait, et lui demander de l’aider à se cacher. Oui, ça l’avait amusée, et l’amuserait surement encore – quoi que ce ne serait plus les mêmes jeux qui attireraient son ami dans le bordel en question.

« Comme si je n’étais pas venue te voir plusieurs fois, depuis ces trois dernières semaines. Monsieur devient exigeant, avec l’âge. Ou peut-être es-tu simplement ronchon. »

Elle répondit à son étreinte en prenant bien garde de ne pas heurter son bras, que cela ne soit pas douloureux, déposant un léger baiser sur sa joue.

« Alors, quels nouveaux caprices de ta part ont fait rager le mestre, ces derniers jours ? »

Elle lui tira légèrement la langue, avant de s’asseoir sur le lit qui se trouvait dans la pièce.



             
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Lun 31 Oct - 0:59

« Pourquoi presque ? Tu es une Princesse, Arianne. La mienne en tout cas, et depuis mes cinq ans. Avoue que c’est un titre rare, Princesse des osselets ! »

Bien que Robb ait fini sa petite tirade sur le ton de la plaisanterie, il était mortellement sérieux. Pour lui, Arianne était une Princesse, la fille du Prince Nymor, et si on lui demandait son avis, son port était infiniment plus altier que bon nombre d’autres femmes nées du bon côté du lit royal. Par exemple, et même s’il gardait un souvenir très agréable de sa nièce, la fougueuse et masculine Argella ne soutenait pas à ses yeux la comparaison avec la douce bâtarde du soleil. Il était dommage que le Prince n’ait pas légitimé ses enfants de son vivant, les laissant vivre toute leur existence avec le stigmate d’être des Sand, et non des Martell. Peut-être qu’ainsi, Anders et sa sœur auraient embrassé plus aisément le rôle qui était désormais le leur.

« Comment, dois-je comprendre que tu n’es pas venue pour t’épancher sur mes exploits et admirer mon corps guerrier si rudement mis à l’épreuve ? J’en suis outré, ma chère. Dire que je dois en être réduit à quémander les attentions des femmes de chambre, selon tes dires. »

C’était étrange de parler avec une femme de ses conquêtes de façon aussi légère. Avec Anders ou Roward, ce genre d’évocation revêtait une tonalité égrillarde propre aux conversations masculines, promptes aux exagérations et rodomontades classiques. Avec Deria … Le sujet était souvent évité, pour préserver un secret de polichinelle entre eux, pour ne pas penser à leurs autres aventures et se concentrer, quand ils le pouvaient, sur la leur. Avec ses frères … Hum, Enguerrand était trop épris de sa femme pour songer à de telles occupations, et Barristan avaient toujours vu avec hauteur ses mœurs très légères. Non pas qu’il soit meilleur que lui à ce sujet, d’ailleurs ! Mais plus discret, certainement. Robb trouvait cela parfaitement hypocrite, et n’avait pas manqué de le dire à haute voix, ce qui n’avait évidemment eu aucun impact. Au moins, lui assumait parfaitement ses erreurs. Il ne revendiquait pas la perfection et regardait rarement les autres de haut. Finalement, cet hédoniste aurait rêvé de vivre dans un monde de paix, ce qui, pour un guerrier-né, était singulièrement contradictoire.

« Je ne suis pas exigeant. Il paraît qu’il faut le meilleur pour un prompt rétablissement. Donc … Eh bien, tu vois, je ne fais que suivre les ordres du mestre en te réclamant. »

Le tout avait été agrémenté par un sourire canaille, de ceux qu’il aimait adresser aux femmes de son entourage quand il badinait avec elle, sans arrière-pensée, simplement pour s’amuser de son caractère folâtre et de ses habitudes de joli cœur. Toutes savaient parfaitement à quoi s’en tenir avec lui, et se contentaient souvent de rire à ses idioties. Robb espérait qu’Arianne ne démentirait pas ses espoirs. Et puis, au fond, ce n’était pas faux. Il se morfondait, dans cette chambre, et les visites de ses proches étaient les seules choses capables de le tirer de son ennui, de le pousser à faire autre chose que soupirer et ruminer dans son coin en attendant que son épaule achève sa lente guérison.

« Autant dire que je me suis donc parfaitement conformé à ses recommandations. Ne rien faire, ne pas filer en douce … Surtout que je me suis fait rattrapé par un garde, le vil. »

Un sourire espiègle éclaira son visage, lui donnant un aspect presque enfantin, de lutin facétieux, comme un de ces enfants de la forêt qui peuplaient les contes pour gamins dont tous les petits de Westeros étaient bercés. En tout cas, clairement, il ne faisait pas ses vingt-six ans, avec ses fossettes et son air facétieux de mouflet pris la main dans le sac et racontant sa dernière bêtise à sa meilleure amie. Malgré les années qui passaient, Robb conservait son esprit adolescent, son amour du risque, son goût du ridicule. Bien sûr, il avait mûri, et souvent, il plaisantait en débitant ses sornettes. Mais il aimait donner l’impression d’être toujours le même, de montrer que les événements n’avaient pas de prises sur lui. Lentement, il se détacha d’Arianne, appréciant son léger baiser sur la joue pour ce qu’il était, doux et apaisant, sans penser à mal. Quand on le connaissait, la chose avait de quoi surprendre. Cependant, elle était véridique.

« Bref … Je m’ennuie à périr. Mais je suis sage. Aussi fou que ça puisse paraître. On ne peut pas tout avoir, je suppose. »

L’espace d’une seconde, une grimace avait déformé ses traits, aussi le jeune homme s’empressa de l’effacer bien vite. Pas question de s’apitoyer sur son sort. S’il était là, c’était de sa faute. Il n’avait pas été à la hauteur de son titre, voilà tout. Il n’était pas le guerrier qu’il avait voulu être. Les paroles de l’Astapori rencontré durant son voyage en Essos avaient résonné sans cesse dans sa tête pendant les jours qui venaient de s’écouler. Il avait cru être devenu un homme. Il était toujours cet adolescent doué mais voué aux démonstrations de joutes, sans espoir d’être un vrai soldat. La déception était cruelle, surtout pour lui-même.

« Enfin … Dis-moi, qu’est-ce que tu fais en ce moment ? Tu t’occupes des préparatifs pour tous ces mariages qui se préparent ? J’ai entendu quelques serviteurs en parler. Le palais va crouler sous les festivités, j’ai l’impression. »

Changement de sujet. C’était mieux. Autant se distraire. Ne plus penser au sang. Penser à l’avenir. Même s’il n’aimait pas forcément ce qu’il y voyait. Au moins, il n’avait pas à supporter, dans ce cas, la pitié des autres. Ni d’Arianne. Surtout pas d’Arianne.
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Jeu 17 Nov - 12:37

Elle lui adressa un sourire rayonnant, en l’entendant dire qu’elle était une princesse, avant de laisser échapper un rire franc, à la mention de ses frasques d’enfants. Qu’il avait été étrange de voir ce petit noble se cacher dans une des nombreuses pièces qui servaient de terrain de jeu à la petite bâtarde. Mais cela faisait partie des souvenirs qu’elle chérissait le plus, de son enfance. Et elle avait grandement apprécié de le retrouver à Lancehélion.

« Allons, tu n’as pas besoin de moi pour cela, et tu le sais très bien. Et je n’ai jamais parlé de femmes de chambre, mais de femmes. Tu ne me feras pas croire que ces dames ne viennent pas s’enquérir du héros de guerre, de la légendaire Epée du matin, qui a bien malgré lui été blessé, et qui méritent tous leurs soins, toute leur attention, et toutes les douceurs qu’elles pourraient lui amener. »

Elle lui fit un clin d’œil, se réservant de lui dire qu’il pouvait attendre de sa sœur qu’elle agisse ainsi, à vanter les blessures du guerrier valeureux qu’il était, plutôt que d’elle-même. Et s’il appréciait les attentions des dites femmes de chambre… Cela le regardait, et n’avait de toute façon rien de honteux. Ou de condamnable. Il agissait, dans tous les cas, à sa convenance, et son amie d’enfance n’aurait guère eu de remarque à faire à ce sujet. Elle ne l’aurait pas voulu, en tous les cas. Pas plus qu’elle ne désirait en discuter avec lui. Et il ne s’empêcha d’ailleurs pas davantage.

« Tu ne m’auras pas avec la flatterie ! Mais j’accepte cette justification. Si tu continues avec de telles remarques, alors je resterais peut-être plus longtemps auprès de toi. » Même sans ça, et il le savait très bien. Ca n’empêcha pas la jeune femme de lui tirer la langue, s’amusant d’avance de sa réaction à venir. « Si tu es aussi obéissant que tu le dis, alors peut-être viendrais-je avec un de nos meilleurs vins, et quelques pâtisseries, la prochaine fois. »

Elle fronça les sourcils, d’un air mi réprobateur mi amusé, à l’entendre dire qu’il avait été rattrapé par un garde. Rien d’étonnant, donc. Ne l’avait-elle pas rencontré ainsi, alors qu’il fuyait ses gardes ? Il fallait croire qu’il était difficile de se défaire des mauvaises habitudes, ou bonnes, tout dépendait des circonstances. « Vas-tu m’obliger à augmenter la garde qui te surveille ? A en mettre sous la fenêtre, quarante à ta porte, quelques-uns au pied de ton lit ? Je gage que je saurai trouver suffisamment de gens intéressés pour cela, et que tu serais fort mécontent. » Encore une fois, elle plaisantait. Mais elle mettrait bel et bien tout en œuvre, pour qu’il se repose comme il se devait de le faire. Elle acquiesça quand même, en l’entendant affirmer sa sagesse, malgré le fait que nul n’attendait réellement qu’il le soit. Elle sentait son désarroi, et cela la peinait, mais elle savait qu’il ne pouvait agir autrement. Elle posa une main réconfortante sur son bras.

« A mon grand dam. Et surtout, à celui de la Reine de l’Orage, qui n’est guère avenante. Il est difficile de l’embellir autant que Deria le sera, lors de son propre mariage. Mais les deux vont s’enchainer, et seront plus grandioses les uns que les autres. Ne t’inquiète pas, tu auras une des plus belles tenues parmi les gens présents. En tant que famille de la mariée, c’est bien normal, n’est-ce pas ? »



             
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Ven 18 Nov - 12:42

« Ma nièce a semblé faire quelques difficultés, oui … Encore que je n’ai accès qu’aux vagues bruits de couloirs qui traînent. Mais de mon expérience … Les rumeurs sont rarement dénuées de fondements.

Je suis bien placé pour le dire, j’ai effectivement séduit dix-huit nobles bieffoises durant notre séjour à Hautjardin, ce qui a conduit à la révolte populaire ! »


N’importe quoi. Et pourtant, quand on entendait les stupidités qui entouraient encore ces événements … Ce n’était pas le pire, loin de là. Robb avait toujours adoré écouter les ragots, un peu comme une pucelle excitée qui se les échange avec ses amies, la barbe en plus. D’abord, cela convenait à merveille à son caractère fantasque et léger. Ensuite, ayant grandi dans l’ombre des puissants, il avait appris à se fondre dans la masse, à laisser traîner ses oreilles et à jouer le rôle de l’indolent docile, sachant toujours ce qu’il se passait pour ne pas commettre un impair, dissimulant ses inquiétudes sous le vernis de l’intérêt superficiel. Non, le Dayne n’était pas aussi idiot qu’il aimait à le laisser croire. Il préférait simplement profiter de sa nature souple pour ne rien prendre au sérieux. C’était plus facile ainsi. Il n’avait pas à s’en faire pour la guerre contre le Bief. Dorne avait eu raison sur toute la ligne, point. Le pourquoi du comment … De toute manière, il était trop tard pour revenir en arrière. Donc acte. Et écouter le moral du peuple servait à un commandant pour remotiver ses troupes. Voilà comment il évitait les migraines tout en parvenant à se motiver pour se tenir au courant.

Sans compter que là … C’était personnel. Si Argella offensait les Martell, cela rejaillirait sur l’alliance entre l’Orage et Dorne, mais aussi sur la position de son frère aîné. Or, bien qu’il ait parfois du mal à s’entendre avec lui, Robb n’en était pas moins loyal envers ce dernier, et savait pertinemment que le voir en difficulté mettrait sa maison en porte-à-faux. Mais là était tout le problème des familles liées avec l’étranger. Les Dayne avaient été choisis pour représenter leur royaume et éviter de nouvelles guerres … Mais ils n’étaient pas la famille royale. Certes, au vu des difficultés à s’entendre, certains auraient pu arguer que quelques escarmouches en plus de vingt-cinq ans de mariage n’étaient finalement pas un mauvais résultat : Rowenna n’aurait jamais pu avoir une grande emprise sur sa tête de mule de mari, de toute manière, et leur mésentente n’avait guère aidé. Si Roward et sa promise suivaient le même chemin, que se passerait-il ? Le sang commun serait-il suffisant pour éviter de nouveaux conflits ? Autant l’espérer. D’un autre côté …

« Peut-être qu’il faut du temps, tout simplement. Epouser un inconnu, ne pas savoir quel appui il sera, s’il ne voudra pas contester un trône bancal … Il serait étrange, en toute honnêteté, qu’il n’y ait pas … des indélicatesses.

Même si j’espère que ça n’a pas été … trop. Deria a suffisamment à s’occuper ainsi. 

Je ne peux pas t’en dire plus, Argella n’est pas venue me voir encore … Trop d’affaires royales.»


Robb n’avait jamais su accepter les torts de ses proches. Aussi la situation le mettait vraiment mal à l’aise. En fait, elle le peinait réellement. Coincé dans sa chambre, il ne pouvait rien faire pour aider, et le rejet d’une partie de sa famille par une autre l’agaçait au plus haut point. Prisonnier d’égoïsmes étrangers à lui-même, il ne pouvait que compter les points, chercher à se tenir le plus au courant … Et vitupérer contre le sort qui le rendait aussi inutile. S’il ne pouvait apaiser ceux qu’il aimait, conduire les armées dorniennes ou tout simplement être présent … Il ne servait à rien. Il était un poids. Et cette réalisation lui brûlait la gorge avec toute son acidité délétère.

« J’espère juste être remis pour les mariages. Des danses et des beuveries, voilà de quoi fortifier un homme avant la bataille ! »

Le ton était à l’amusement bravache, mais le cœur n’y était pas. Et si ce n’était pas possible ? Et s’il arrivait en infirme, devant se contenter de voir Baratheon conduire Deria tout le long ? Regarder tous s’amuser et lui ruminer ? Il ne le supporterait pas. Autant rester avec une énorme pinte de vin dans sa chambre et se saouler proprement en toute intimité.

« On peut même prendre de l’avance puisque tu le proposes … Je n’ai rien contre une bonne bouteille. A force de boire du lait de pavot, je vais ressembler à un de ces Autres de glace dont parlent les contes pour enfants … »

Sourire d’ange.

« Et ça m’aidera à ne pas m’enfuir ! Mobiliser des gardes pour veiller un de leurs commandants … Ce serait un peu ridicule, tu ne trouves pas ? »
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Mer 21 Déc - 16:58

Si Arianne hocha simplement la tête à l’idée des frasques d’Argella non dénuées de vérité, elle éclata tout simplement de rire à la mention des dix-huit jeunes femmes que son ami aurait séduites. Elle le reconnaissait bien là, à se vanter et à affirmer de telles choses.

« Dix-huit uniquement ? J’en attendais tellement plus de ta part, ton palmarès est bien bas. Ton charme frondeur n’aurait-il donc pas réellement agi pour surpasser l’inimitié entre le soleil et les fleurs ? Sans doute ont-elles eu peur que tu les fanes. »

Oui, sûrement. Après tout, rien qu’un regard de dornien risquait de les abimer – comment ou pourquoi, elle ne le savait pas trop, mais sûrement le pensaient-ils tous. Peu importait, elle ne voulait pas gâcher le sourire qu’il avait réussi à faire naître sur son visage pour le moment. Sans doute était-elle bien naïve, cependant, de croire que leur discussion pouvait simplement être dénuée de complications ou d’agacement. Chose peu aisée, quand Arianne avait majoritairement en tête l’attitude de la nièce de son vis-à-vis, qui pourrait être sa cousine étant donné leurs âges proches.

Elle haussa les épaules, à l’entendre. « Quelles que puissent être les… difficultés, cela n’exempte pas la reine Durrandon de la politesse qu’elle doit à un prince – certes inférieur à elle, mais malgré tout de haute lignée et d’importance. Elle semble oublier cela, ou ne l’avoir jamais appris peut-être. Peut-être est-ce le cas, et peut-être suis-je chanceuse que ma sœur et mon frère ne soient pas comme cela. Sûrement, à vrai dire, et je ne serai jamais assez reconnaissante à Deria, pour tout ce qu’elle fait pour nous. Mais je peine à comprendre un tel manque de jugement. »

Elle haussa à nouveau les épaules, souriant plus faiblement. « Mais peu importe. Je préfère amplement profiter de passer un bon moment avec toi, que de parler de ta nièce, et de ses manquements. Après tout, tu es bien plus avenant – et agréable. »

Elle était parfaitement sincère. Robb était une partie importante du fait qu’elle appréciait sa vie à Lancehélion, et avait peu regardé en arrière, malgré les brimades. Elle était consciente de sa chance, de l’avoir dans sa vie, tout comme ses frères et sœur.

« J’ai confiance en toi, pour te voir danser de manière fort drôle, alors que tu seras enivré par nos alcools les plus forts. J’ose espérer que tu feras un spectacle mémorable pour ta nièce, et tous nos invités. Qu’ils se souviennent longtemps de ce mariage. Quand tu n’auras plus l’allure d’un vieillard, je m’efforcerai de venir danser avec toi, pour t’entrainer à faire bouger tes petits muscles. »

Elle se moquait avec beaucoup de tendresse. Et elle rit à nouveau, en l’entendant quémander à boire. Elle sera là, pour veiller qu’il n’abuse pas, aussi fit-elle signe à un serviteur non loin, de ramener tout cela, alors qu’elle prenait place à côté de son ami, le forçant à se décaler – cela ne lui ferait pas de mal.

« Ca vous apprendra l’humilité, jeune Dayne. Être l’Épée du matin va à l’encontre de cela, n’est-ce pas ? »



             
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Mar 3 Jan - 16:53

Entendre Arianne exposer les torts de sa propre nièce mit Robb singulièrement mal à l’aise. Ainsi, les rumeurs étaient vraies, comme il s’y était attendu. En vérité ? Cela ne le surprenait pas. Du peu qu’il connaissait Argella, il savait qu’elle avait un caractère indépendant, buté, à l’image d’un père qu’elle avait trop idolâtré pour ne pas lui ressembler au moins un peu. Il avait paru évident au jeune homme quand il était allé dans l’Orage que l’Arrogant faisait peu de cas des racines dorniennes de sa fille, et ce, comme tous les hommes qui épousaient des étrangères et se contentaient d’élever leurs enfants uniquement dans les coutumes de leur contrée. C’était la tradition, aussi délétère soit-elle pour les générations futures. Voilà pourquoi le Dayne ne croyait pas aux traités de paix scellés par mariage. Ils ne duraient que le temps d’une vie … Quand ils duraient. Puis les enfants prenaient le pouvoir, et élevés dans l’unique perspective de leur grandeur, avaient tôt fait d’oublier les belles paroles de leurs aînés. Sinon, comment expliquer l’état de guerre permanent de Westeros ? Tous ceux espérant pacifier ce continent à coups d’unions, de promesses, n’étaient que des fous imbus de l’importance qu’ils accordaient à leurs paroles. On ne changeait pas les coutumes. On ne changeait pas plus le cœur des hommes. Tôt ou tard, l’Ouest oublierait que sa nouvelle princesse venait du Nord, le Nord se moquerait de ses cousins de Peyredragon, ou l’inverse … Et l’Orage n’aurait que faire de partager un nom avec Dorne. Mais cela, Robb ne le disait pas. Il eut été déplacé de critiquer les efforts de Deria, et si incongru dans sa bouche. Oh, il aurait aimé y croire … Mais son caractère désabusé ne pouvait se laisser prendre à pareil espoir. A force d’observer les autres, de voyager, d’être celui à qui l’on parlait sans fard, à moitié aviné, il avait fini par comprendre avec acuité les vicissiitudes de sa place, et du pouvoir. Voilà pourquoi il ne s’en mêlait jamais. Voilà pourquoi il détestait être dans cette position d’arbitre des élégances entre sa famille adoptive et une branche de sa famille d’origine. Aussi, prenant une profonde inspiration, il finit par souffler, pesant chaque mot, parlant très lentement, comme s’il réfléchissait, pour une fois, avant d’émettre le moindre son :

« Je n’en suis pas moins navré d’entendre confirmer ce que j’avais deviné … »

Il laissa échapper un profond soupir, avant de dire doucement :

« Le problème c’est que … Quand il s’agit de pester sur Peyredragon, j’agis comme un dornien. Je vois les manquements, les indélicatesses, la manière dont Deria est … tendue quand on aborde le sujet. Je réagis en sujet, en ami.

Mais Argella Durrandon est ma nièce. On attend de moi que je soutienne cette union, que j’excuse la fille de ma sœur. Et dans le même temps, que je condamne son attitude. Je ne sais pas vraiment comment réussir cet exercice d’équilibriste. Mes frères sont plus doués que moi à ce petit jeu. Moi … Je me contente d’espérer que les choses s’arrangent et de jouer la sourde oreille. C’est plus facile. »


Avec un mince sourire, il ne put s’empêcher d’ajouter :

« Tu sais le pire ? Je suis sûr que Roward et elle pourraient s’entendre. Elle a beau prétendre le contraire mais quelque part, elle tient infiniment plus de Dorne que de l’Orage. Peut-être qu’avec le temps … Je l’espère pour lui, en tout cas. Comme je l’espère pour Deria et Baratheon.

Enfin, tu as raison … N’en parlons plus. Buvons, à la place ! »


Se décalant en voyant le serviteur arriver, il éclata d’un grand rire en l’entendant imaginer son comportement au mariage à venir, et lui envoya une bourrade affectueuse sur l’épaule, gentiment, pour ne pas lui faire mal, de sa main valide, avant de continuer, attendant d’être servi à défaut de pouvoir le faire lui-même :

« Il y a intérêt, si je ne danse pas avec les plus belles, mon aura va cruellement en pâtir. Tu ne m’infligerais pas pareille humiliation, voyons ! »

En parlant humiliation … Immédiatement après son ultime phrase, l’humeur du Dayne s’assombrit instantanément. Peut-être sans le vouloir, Arianne avait réveillé les blessures mal cicatrisées infligées par les fer-nés, et qui ne dépendaient aucunement des capacités du mestre pour se refermer. Aussi il laissa tomber avec amertume, ayant perdu soudainement toute appétence pour le vin :

« Je ne sais pas. De toute manière, j’ai toujours été une piètre Epée du Matin. Autant ne pas changer cela. Barristan m’en voudrait d’être enfin un Dayne digne de ce nom. »

Le ton était plus rogue qu’il ne l’aurait voulu, et il s’en voulut instantanément.

« Navré. »

Il n’ajouta rien. Le connaissant, cela signifiait beaucoup, se contentant de serrer son verre avec force. Et fatalement, ce qui devait arriva quand, dans un bruit cristallin, ce dernier explosa sous la pression, lui arrachant un grommellement de douleur profond alors que quelques éclats se logeaient dans sa chair. Comme hébété, il regarda le sang couler de ses doigts, avant de murmurer, accablé :

« Briser des verres … On dirait que j'ai trouvé un adversaire à ma mesure. »


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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Mer 18 Jan - 19:22

Arianne n’était pas réellement charitable, ou ne contrôlait pas réellement ses mots, alors qu’elle confrontait Robb aux manquements de sa nièce. Elle était plus douce, en temps normal, mais elle peinait à mesurer ses paroles et ses actes, depuis quelques temps. Et alors qu’elle aurait du ne pas infliger la déconvenue qu’ils avaient affrontée à son ami, elle ne pouvait s’en empêcher. La faute à toutes celles qui leur avaient été infligées, peut-être, la faute aux tensions constantes qui les menaçaient… Elle n’en savait pas réellement grand chose, si ce n’est que rien n’était simple, en ce moment. Mais le ton adopté par Robb signifiait que ça ne l’était pas pour lui non plus, et la culpabilité assaillit Arianne, rougit ses joues de honte et de colère à la fois. Elle ne devrait pas le mêler à cela, pas alors qu’il n’est pas au meilleur de sa forme, en plus. Alors elle baisse la tête, et l’écoute sans l’interrompre.

Elle se retient difficilement, pourtant, quand il affirme que sa nièce pourrait bien s’entendre avec Roward. Comment le croire, quand chacune de ses paroles est une insulte, quand chacune de ses paroles est un affront, et qu’elle n’hésiterait visiblement pas à le trainer dans la boue, à écraser de ses talons toute tentative de lier l’Orage à Dorne, pour satisfaire son égo ? Sa propre fierté s’enflamme, mais elle n’a pas envie de s’insurger véhément, elle n’a envie de bouleverser davantage encore l’homme en la compagnie de qui elle se trouve, pour simplement rétablir ce qu’elle estime être la vérité. Alors elle se tait, hoche la tête alors qu’il lui suggère de boire. Une bien plus sage option, en l’instant. Comme la perspective de tout ce qui pouvait être sympathique au mariage.

Elle savait que Robb n’était jamais aussi atteint qu’il voulait le prétendre, même si comme bien des dorniens, il appréciait les alcools qui étaient leur apanage, mais il aimait surtout rire et ne pas se prendre au sérieux. C’était ce qui les avait rapprochés, et qui avait scellé leur amitié peu commune.

« Comme si tu allais avoir le moindre mal à danser avec de très belles femmes – nulle n’égalera les dorniennes à tes yeux je l’espère, mais nos invitées seront parées de leurs plus beaux atours, et désireuses de se faire voir, de faire parler d’elle. Quoi de mieux que notre illustre guerrier, qui a bravement défendu nos terres ? Mais je te promets une danse, et même plusieurs si tu te sens à la hauteur de la tâche ! »

Comme dans leurs jeux d’enfants, et comme dans les nombreuses réceptions organisées à la Cour par sa grand-mère de son vivant, puis par sa sœur après cela. Son cœur se serra un instant, leur souvenir étant toujours douloureux pour elle, afin qu’elle ne réalise avoir malgré elle ternit l’humeur de Robb, alors que son verre se brisait entre ses mains, que sa voix se faisait bien moins amène en réponse à la maladresse d’Arianne.

Se redressant, elle déposa un léger baiser sur la joue de son ami, l’enserrant de ses bras. « Tu sais bien que je n’en pensais rien, et que tu es à la hauteur du titre qui est le tien, de l’arme que ta famille t’a confiée. Et si Barristan ne mesure pas mieux ses mots que moi, il est malgré tout fier de toi, et de tout ce que tu as accompli. Tu n’as pas volé le droit d’être l’Épée du Matin, et si c’est ton droit de naissance que d’être un Dayne, tu l’as acquis plus d’une fois. Je ne tolérerais pas cette moue blessée sur ton visage, pour une ineptie comme cela ! Souris, et je te resservirais pour remplacer ce verre brisé. Et je te promets que j’allègerais ton humeur bien morose. »

Faisant signe à un serviteur, elle s’empara d’une serviette déposée en même temps que les verres et le vin, pour essuyer le sang et l’empêcher de couler davantage, avant qu’on leur amène de quoi bander sa main coupée. Pourvu que ça empêche Robb de voir la mine sombre qui était maintenant celle d’Arianne, alors qu’elle ne pouvait s’empêcher de garder en tête la déception terrible qu’elle avait infligée à sa propre famille, et le fait qu’elle-même n’était pas à la hauteur de ce nom qui était maintenant le sien. Deria aurait probablement mieux fait de l’exclure de la famille à nouveau, et de ne plus la tolérer à Lancehélion… Elle sentait la brûlure de la honte dans tout son corps, à l’idée d’avoir trahi les Martell, quand même Orys Baratheon se battait davantage qu’elle pour cette principauté qu’elle chérissait tant.



             
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Mar 31 Jan - 18:39

Immédiatement, Robb se sentit atrocement désolé de son geste d’humeur, en voyant la mine d’inquiète d’Arianne et les débris de verre à terre, ses excuses achevant de le mettre mal à l’aise. Formidable, il était un rustre en plus d’être un imbécile. Heureusement que l’aînée des Martell n’était guère le genre de personnes à s’offusquer de son comportement, car beaucoup auraient tourné les talons ou lui auraient reproché vertement d’avoir insinué qu’ils avaient été mal avisés. Mais Arianne n’était pas ainsi, et même si elle se méprenait, elle ne lui en voulait pas, accentuant un peu plus ses remords.

Jamais le jeune homme n’avait voulu que sa compagne se sente coupable. Au contraire même. Il avait simplement été incapable d’étouffer sa hagne envers sa propre faiblesse, ses doutes qui rejaillissaient de nouveau, lui qui était parvenu à les contenir depuis deux ans. Le Dayne avait toujours cette impression d’avoir usurpé le titre tant convoité d’Epée du Matin, de n’avoir jamais été le candidat idéal. Il savait que beaucoup le pensaient. Certes, personne ne contestait sa vaillance ou ses talents arme au poing … Du moins, officiellement. Néanmoins, ses frasques de jeunesse ne correspondaient pas forcément à l’idéal de chevalerie associée au porteur d’Aube. En cela, Barristan avait été un bien meilleur candidat, battu de justesse, d’ailleurs. Jusqu’alors, il s’était accroché, avait fait taire les critiques à l’aide de ses prouesses guerrières. S’il chutait aussi misérablement … Alors, il n’aurait plus rien pour lui. Sauf qu’il se demandait comment l’expliquer à son amie, qui n’avait peut-être pas conscience du poids qui reposait sur les épaules du benjamin au blason violacé. Se dégageant de son étreinte, il fit une tentative :

« Non, non, je ne voulais pas dire que … Je sais que tu ne le penses pas. Ne t’excuse pas. Je suis désolé, je n’aurais pas dû … avoir ce geste en ta présence. Seulement … »

Robb inspira, fermant mécaniquement son poing et le rouvrant quelques instants plus tard, le sang perlant sous les écorchures dues aux éclats :

« Je ne suis pas vraiment … Enfin pendant longtemps, je n’ai pas été le modèle de chevalerie que devrait être l’Epée du Matin. Et je ne le suis pas vraiment … Ne dis pas le contraire, nous le savons tous. Mais au moins, sur le terrain martial … Personne ne pouvait critiquer. Personne ne pouvait dire que j’avais usurpé mon titre. Et là … Là, ce n’est plus pareil. On attend de moi que je sois un porte-étendard, toujours debout.

Pas une loque qui se fait berner par le premier fer-né. En me faisant surprendre de la sorte, j’ai mis la branche principale en délicatesse vis-à-vis des autres qui vont pouvoir nous regarder de haut, et asticoter Barristan plus que de raison …

En cela … J’ai failli. Et je comprends sa colère. A l’heure où nous devrions être unis … Je ne lui facilite pas la tâche, à rouvrir les ambitions de certains. »


Il détendit un peu sa main, laissant un serviteur la bander et appliquer de l’onguent, avant de souffler :

« Je suis content de savoir que tu crois autant en moi. Sincèrement. Bon, ce n’est pas à proprement parler une découverte mais … C’est toujours agréable.

Et ça vaut bien un sourire. »


Robb lui offrit son plus beau, un peu faux bien sûr, avant de se rendre compte qu’il n’était pas le seul à arborer un air morose. Etait-ce sa faute ? Evidemment, il ne voyait pas ce que ça aurait pu être d’autre.

« Tu sais, quand une jolie femme dit à un homme blessé qu’elle veut alléger son humeur, la coutume veut qu’elle soit plus enjouée à la tâche. »

Sur le coup, il n’avait pas pensé à mal. Mais en entendant ces mots prononcés par sa propre voix … Il se dit que la confusion risquait de régner. Et ce n’était pas exactement ce qu’il voulait …

« Ça sonnait moins … Euh … Egrillard dans ma tête. Pardon, je ne voulais pas insinuer … Oui non, évidemment, et toi non plus. Forcément. Qu’est-ce que je dis, moi …

Ah, je suis peut-être définitivement fatigué … »


Et Robb de partir dans un rire atrocement gêné … Décidément, il n’en ratait pas une, aujourd’hui. Pour un peu, il aurait avalé un litre de lait de pavot pour se réveiller une semaine après et oublier cette kyrielle d’idioties …


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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Mar 7 Fév - 20:13

La bonne humeur s’envola vite, alors qu’elle avait une parole malheureuse. Robb avait beau être l’un de ses plus proches amis, elle peinait quelque fois à le comprendre, ou à se faire comprendre, sans faire preuve de maladresse. Elle se mordit la lèvre, bien malgré elle, à l’entendre si affecté. Si affligé. Elle souffrait réellement de le voir lui-même souffrir ainsi. Presque autant que pour la Principauté et pour sa famille, elle aurait tout fait pour que Robb n’ait à souffrir de rien. Quand elle ne causait pas la souffrance qui l’assaillait… Elle tressaillit, presque imperceptiblement, alors qu’il se dégageait de ses bras, comme s’il ne pouvait tolérer le contact. Mais qu’importe, qu’elle soit blessée par ce qu’elle prenait pour un certain rejet ? Elle devait l’écouter, le laisser parler, et peu importait qu’elle prenne ombrage de tout cela.

« C’est pourtant à toi, et à nul autre, que l’ancienne Épée du Matin a confié cet honneur, et le droit de porter cette arme spectaculaire. Qu’importe, que ton attitude ne soit pas exemplaire ? Tu es dornien, sois fier de celui que tu es, porte en étendard tes convictions et ta façon d’être, et ne laisse personne, personne, pas même toi, te convaincre que tu usurpes ce titre. Ce n’est pas le cas, et ça ne le sera jamais.

Tu t’es fait berner par un fer-né ? Et alors ? Ils sont persistants, fourbes et malhonnêtes – personne n’a rien pu prévoir. Ni Deria, ni moi, personne. Vous avez fait de votre mieux. Et tu crois réellement que Barristan n’a que ça à penser ? Il ne te blâmera pas, de t’être battu valeureusement. N’est-ce pas ce que l’on dit de mon frère, de mon beau-frère ? Tu n’échapperas pas aux honneurs qui te sont dus.
»

Elle serra les poings, incertaine de ce qu’elle allait ajouter. De ce qu’elle devait dire, pour le choquer, et le faire oublier son apitoiement. La colère voila un instant ses yeux, alors qu’elle se sentait obligée de confier cette honte, ce dégoût qu’elle avait d’elle-même. « Et quand tu recommenceras à t’apitoyer sur ton sort, à tort, alros rappelle toi ce que je vais te dire. Yoren Pyke m’a convaincue que je… que j’étais attachée à lui. Que je comptais pour lui. A fait naître des sentiments indignes, que je voudrais pouvoir arracher de mon esprit, chaque jour qui passe. Et de mon cœur. J’ai fait bien pire que toi, et tu ne pourras pas égaler ma trahison. Pas alors que j’ai dissimulé tout ça à la Princesse de Dorne, à ma famille. Que j’ai manqué à mon devoir de protéger la Principauté de ses ennemis. Tu as fait ce que tu devais faire, et tu l’as bien fait. » Sa voix s’était faite plus dure, parce qu’elle haïssait devoir confier de telles choses.

Elle s’apaisa légèrement, pourtant, devant le sourire qu’il se força à lui offrir. Tout n’était pas perdu, n’est-ce pas ? Elle peinait à faire preuve de bonne humeur, pourtant. Elle grimaça, alors qu’il s’embrouillait lui-même, lui faisant remarquer qu’elle n’était guère convaincante, et se perdant dans une pensée très éloignée du type de relation qu’ils avaient. « Nous sommes en Dorne, tu crois réellement me choquer ? Mais je peux te chercher quelqu’un qui saura s’occuper de toi ainsi, si c’est ce que tu veux… » Et ne plus lui imposer mes erreurs, aussi.



             
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Jeu 2 Mar - 13:35

« Pardon. »

Rarement quelques mots avaient été aussi doux aux oreilles de Robb que ceux prononcés par sa meilleure amie à ce moment-là. Elle avait su le rasséréner, au moins un peu. Oui, son grand-oncle avait toujours eu une préférence marquée pour son homonyme, qui n’avait cessé de s’accentuer avec les années, et le jeune homme avait souvent soupçonné que le rôle joué par leur proximité et son dévouement à rester auprès du vieillard dans ses derniers jours n’avait pas été anodins dans la décision de toute sa fratrie de lui accorder sa succession. Et quelque part … Il lui ressemblait plus qu’il ne l’aurait cru, à mener une sorte de double vie à l’insu de tous. N’était-il pas l’amant caché, lui aussi ? Celui qu’on ne soupçonnait pas, tant il paraissait apprécier les putains et non les femmes du monde ?

Sans compter qu’en effet, lui au moins avait combattu, ce qui n’avait pas été le cas de Barristan, resté auprès de Deria. Certes, nul doute qu’Arianne n’avait eu aucune intention malicieuse en le nommant, mais ce simple fait procura une forme de plaisir pervers à Robb, qui ne put s’empêcher de penser que son aîné serait bien malavisé de lui faire des reproches. Il avait saigné pour Dorne. Et recommencerait bientôt, il en avait la certitude et l’envie. Rester plus longtemps à ruminer, alors que la guerre était à leurs portes, ne lui ferait que du mal. Et surtout … Il était temps qu’il se détache de la Princesse, sous peine de commettre impairs et fautes qui finiraient par porter un coup douloureux à l’assise des Martell, ce dont il ne voulait à aucun prix. Son sens du devoir ne se limitait pas au champ de bataille, et s’il n’était pas le plus sage, il avait conscience de ses errements.

« C’est juste que … Les armes sont mon seul véritable domaine d’exception, ce qui a toujours gouverné ma vie. Echouer, ou avoir le sentiment d’un échec … C’est remettre en cause qui je suis. Et ce n’est pas un sentiment agréable à supporter.

Quand bien même il serait illégitime. Tu as raison. Il faut croire que je suis toujours le même jeune idiot qui ne sait pas accepter les honneurs à moins d’avoir la sensation qu’il ne pouvait pas faire plus. »


Un mince sourire apparut sur son visage alors qu’il ajouta, retrouvant ses accents joueurs :

« Et laisser à Baratheon toute la rançon de la gloire dornienne serait intolérable, tu ne trouves pas ?

Je ne parle pas d’Anders … Il n’arrivera pas à passer les portes de Lancehélion, sinon. »


Puis, Arianne dévoila les dessous de sa captivité. Et instantanément, Robb vit rouge. Une colère à nulle autre pareille déforma ses traits. Une haine abominable, incandescente, pure, profonde déchira ses entrailles, embrouilla ses sens tandis que sa mâchoire se contractait en une expression proche de celle d’un chien fou et enragé du désert. Ce nom de Pyke, il le vomissait, le honnissait. Que la tête du bâtard apparaisse dans l’embrasure de la porte, et il se faisait fort, à l’instant, de saisir son épée et de la ravager jusqu’à ce qu’il n’en reste rien, pas même un os. Son poing se serra à nouveau, douloureusement, contracté à l’extrême, et la brûlure dans ses jointures qu’il ressentit immédiatement lui procura un plaisir soudain, malsain, car il l’arracha à ses pensées macabres pour le forcer à réfléchir. A se contenir. A ne pas se lever, bras bandé, pour courir jusqu’aux écuries et massacrer le premier mannequin de bois venu afin de défouler sa hargne sur un malheureux objet qu’il se ferait un plaisir pervers de réduire à néant. A la place, il inspira profondément, avant de cracher :

« Je le tuerai. Un jour. Je te le jure devant les Sept. J’étriperai ce fils de chienne pour tout ce qu’il t’a fait. Et sa tête ornera la pique la plus longue que je trouverais. »

Robb évitait généralement les serments. Il n’en avait fait que peu au cours de son existence, estimant qu’ils engageaient sa foi et son honneur de chevalier, et se jugeant souvent indigne de les tenir. Mais celui-là, il comptait clairement le remplir, dut-il traverser les mers pour cela. Jamais il ne pourrait pardonner à quiconque d’avoir fait tant de mal, avec tant de perversité, à une âme aussi douce, charitable qu’Arianne. C’était sans doute l’une des femmes les plus exceptionnelles qu’il ait rencontré, et l’une des rares personnes honnêtement désintéressée, profondément dévouée, presque pur au sens noble du terme qu’il ait jamais rencontré. Non pas qu’elle n’ait pas défauts, évidemment … Cependant, il y avait chez la fille de Nymor Martell une abnégation dans la délicatesse, dans l’aide à autrui que bien peu partageaient dans les contrées de Westeros. Et voir flétrie ainsi tout cela, voir vaciller la jeune femme l’enrageait un peu plus. Sa main calleuse, pétrie par des années à manier l’épée se posa sur son épaule, brusquement, et il souffla, tête contre tête, front contre front, ramenant cette proximité qu’il avait fui tantôt :

« Ecoute bien ce que je vais dire. Parce que je ne le répéterais pas. »

Ses iris violettes se perdirent dans les brunes un instant, et il déclara, avec une force vive, inébranlable :

« Tu n’as pas trahi Dorne. Je t’interdis de le dire. Je t’interdis de le penser. Tu entends ? »

Son regard s’était fait de fer.

« Tu étais prisonnière. A la merci d’un être qui pouvait abuser de toi à sa guise. Te tuer d’un geste. D’un ordre. Et il ne l’a pas fait. Il s’est joué de toi. Il a profité de toi. De cette situation abominable. De son pouvoir sur toi.

Qui aurait résisté, parmi toutes celles que nous connaissons ? Parmi ceux que nous côtoyons ? Qui n’aurait pas pensé un instant, qu’après tout, il y avait pire, qu’il y avait les cadavres au fond des mers ?

Tu n’étais pas libre Arianne. Quoiqu’il t’ait dit. Quoique tu te sois dit. Ni dans tes gestes … Ni dans tes pensées. Tu étais … ce qu’il voulait faire de toi. Et le fait que tu sois revenue, que tu aies surmonté tout cela, que tu tiennes encore et toujours aux côtés de ta famille, que tu aies accepté d’être otage pour permettre à tous de revenir à Dorne lors des événements de Hautjardin, que tu soutiennes Deria contre vents et marées dans toutes ses décisions, même celles qui ne te plaisent pas forcément …

Ils te font confiance, Arianne. Et ce que tu as vécu … Je n’ai pas de mots pour le qualifier. Parce que j’ai mal à l’idée qu’un fer-né ait pu ainsi avoir tant de pouvoir sur une femme libre de Dorne. Mais cela n’enlève rien à qui tu es, à tout ce que tu as fait et continue de faire pour le royaume. »


Doucement, il conclut :

« Reste. Je me moque de toutes celles que tu pourrais m’amener. Elles n’ont aucune importance. Elles n’en ont jamais eu réellement.

Et surtout pas maintenant. »


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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Jeu 9 Mar - 15:56

Il n’était pas commun que Robb s’excuse, et même si elle n’attendait pas cela de lui, elle en était touchée. Elle lui adressa un petit sourire, avant de reprendre la parole. Croyait-il réellement les inepties dont il essayait de se convaincre ? Probablement. Mais elle ne comptait pas le laisser faire. Il valait bien plus qu’il ne voulait le reconnaître, qu’il n’arrivait à le voir, du moins, et c’était le rôle d’Arianne que de lui ouvrir les yeux.

« Si tu réussissais tout le temps, tu serais insupportable, et je ne voudrais même plus de toi comme ami, aussi égocentrique que tu le serais. Tu devrais forcer le passage des portes, tellement ta fierté prendrait de place. Laisse la se faire malmener, un peu, et laisse moi te dire que tu as été exemplaire, malgré tout. Et que tu as fait aussi bien que tu le pouvais. Personne n’a douté de ta bravoure, et d’autres ont eu un sort bien moins favorable… Alors sois heureux que je puisse te reprocher d’être buté et de dire des âneries. »

Elle plaisantait, preuve en était du sourire sur son visage, mais elle avait réellement craint de le perdre et de ne plus jamais le revoir. Elle l’avait craint, pour tous ses proches, et pour les gardes qu’elle connaissait plus ou moins… Non, elle ne pouvait pas imaginer tout cela, pas après les nuits d’angoisse qui avaient été les siennes, quand ils s’étaient fait attaquer.

« Laisse un peu de fierté à Orys Baratheon, qu’il soit un valeureux Prince aux yeux des nôtres. Mais aie au moins son égale pour toi, qu’il ne t’éclipse pas. Ou que personne d’autre ne t’éclipse. »

Elle faisait allusion à Anders, mais elle ne pouvait se résoudre à prononcer son nom sans buter, sans balbutier, sans se sentir mal ou sans trahir son mal-être. Et aussi proche était-elle de Robb, elle ne pouvait lui confier ça. Et il fallait croire que penser à son frère annihilait toutes ses capacités de raisonnement, en plus de savoir Robb mal, à cause des fer-nés. Sans l’un et l’autre, se serait-elle confiée ? Peut-être, mais pas de cette façon. Pas à ce point.

Elle le regretta aussi, à voir la colère se saisir de lui, à le voir se blesser plus encore, en serrant ainsi le poing de son bras blessé, ravivant probablement la blessure. Elle s’en voulait, de l’avoir mis dans une telle colère, quand elle aurait mieux fait de garder ce secret pour elle, et pour elle seule. Encore une fois, elle se fourvoyait et agissait stupidement. Soupirant, elle saisit sa main, essayant de l’amener à desserrer son poing, tout en fuyant son regard alors qu’il cherchait le sien. Elle hocha la tête, incertaine, indécise, bien qu’elle ne puisse plonger ses yeux dans les siens comme il le cherchait. Elle écouterait.

Elle écouterait, même si elle ne pouvait accepter, même si elle ne pouvait le croire. Bien sûr, que Yoren avait eu ce pouvoir sur elle, mais… Robb était dépourvu d’objectivité, il la valorisait, comme il n’aurait pas du le faire. Il n’avait aucune idée de l’affection qui était née en elle pour le fer-né… De l’affection qui, peut-être, existait encore. Elle en doutait, mais elle s’en voulait quand même, ne pouvait prévoir ses réactions. Elle finit par relever les yeux, regardant les siens, alors que les larmes coulaient malgré elle, traîtresses qui dévoilaient ses émotions, le conflit en elle, et son mal-être. Elle aurait peut-être dû partir, finalement, lui envoyer une femme qui saurait prendre soin de lui. Elle s’en sentait pourtant incapable, mais elle s’appuya contre lui, recherchant du réconfort, incapable de lui répondre.



             
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Lun 13 Mar - 0:02

« Personne ne peut éclipser l’Aube, voyons, Arianne. Ni auprès de Dorne … Ni auprès de personne. Le Soleil se lèvera toujours. »

Poète Robb ? Presque. Et pourtant, il y avait dans cette métaphore filée un brin de vérité qu’il se gardait de dévider, n’ayant jamais su à quel point Arianne était au courant de la vie intime de sa sœur, et de la sienne par conséquent. Néanmoins, ses propos, non dénués d’humour, signifiait avant tout qu’il ne comptait pas s’abaisser devant le nouveau Prince de son royaume. Orys Baratheon devrait gagner son respect, et si sa charge pour défendre Lancehélion avait considérablement aidé, les rumeurs qui le disaient sur le départ sitôt son mariage prononcé n’avaient pas manqué de le refroidir nettement. Qu’était-ce donc qu’un homme qui, une fois la fille épousée, la principauté offerte, se carapate pour l’autre bout de Westeros afin de rentrer dans les jupons de sa damnée sœur ? Si on ajoutait à cela les relations notoirement tendues entre Peyredragon et Dorne, le manque tête des alliés du Soleil face à la flotte de fer, on obtenait un tableau peu flatteur pour les Targaryens et leur royal bâtard. A courir deux lièvres en même temps, le futur époux de Deria risquait de dilapider tout le crédit qu’il venait de se constituer par le sang versé. Au moment de faire les comptes, ce dont les dorniens se souviendraient, ce serait de son absence au moment le plus critique. L’offensive sur la capitale n’était qu’un prélude. Tous en étaient conscients, et ce n’était pas les festins sans fins qui éloignaient la guerre des têtes. Le Dayne lui-même y songeait plus que de raison. C’était un point qu’il tenait à aborder avec sa meilleure amie, même s’il n’avait pas encore trouvé le temps de le faire. Il voulait lui faire part de sa résolution nouvelle. Il n’en eut pas le temps.

La voir aussi bouleversée lui fendait le cœur. Bien sûr, il avait sûrement réagi trop brusquement, et elle devait s’en vouloir, sans compter que ses mots convenus n’avaient guère dû apaiser ses tourments. Mais il n’avait pu s’en empêcher … Robb était ainsi, entier, ses réactions n’avaient jamais rien de calculé, il se contentait de vivre l’instant, et cet aspect se retrouvait dans son caractère emporté et colérique. Certes, on le disait nonchalant … Mais c’était pour mieux tromper son monde. En vérité, sur les sujets importants, il était capable de prendre la mouche plus vite que n’importe qui et de provoquer en duel tout importun remettant en cause ses talents martiaux, sa famille ou son royaume. Il savait simplement quand il pouvait se laisser aller à quelques incartades, et quand il convenait de faire profil bas. Finalement, il y avait une forme de sagesse étrange dans son comportement, quoique ce soit le fruit d’un hasard de caractère et non d’une réelle réflexion poussée sur les conséquences de ses actes.

Lentement, sa main s’enroula autour des doigts de la jeune femme, tandis qu’il la laissait mesurer les paroles qu’il venait de prononcer, appuyant doucement de ses phalanges pour lui signifier discrètement son soutien, cherchant son regard qu’elle fuyait avec tant de convictions. Puis, ne supportant pas ce triste spectacle, ces larmes dont il se sentait tributaire, coupable de les avoir fait versés par son emportement, il n’y tint plus et délia leurs mains, pour porter son pouce à sa joue et entreprendre d’essuyer lentement, méthodiquement, les gouttes d’eau douce qui coulaient sur la peau mate et si délicate. Il recueillit chaque perle avec délicatesse, lentement, et finit par déposer un baiser sur la dernière, comme pour l’aspirer, la faire disparaître entre ses lèvres, et faire passer à travers ce simple geste, si intime, et pourtant sans aucune arrière-pensée, tout ce qu’il ne pouvait pas dire. Et il finit par l’entourer de son bras valide pour la serrer contre lui, sans mot dire. Tout était superflu.

« Pleure. Ne te retiens pas. Si ça te fais du bien. Je serais là pour toi. »

Pour essuyer ses larmes.

« Toujours. »

Même quand la guerre l’emportera. Les séparera.

« Dis-toi juste que … De toute la famille princière, j’ai toujours considéré que tu étais la meilleure pour conseiller Deria. Et que sans toi … Les Martell n’auraient jamais été ce qu’ils sont aujourd’hui. On fait tous … des erreurs. Certaines … Très graves. Qui peuvent même attenter … aux interdits qu’ont posé les dieux.

Cela ne veut pas dire qu’on n’a pas une chance d’être à nouveau … meilleur. Deria a besoin de toi, comme Dorne. Ce que tu as fait, quand tu étais prisonnière n’a pas d’importance. Personne ne t’en voudra pour ça … Enfin, peut-être des imbéciles mais … Ceux-là ne comptent pas, on est bien d’accord ?

Je ne sais pas quoi dire pour t’apaiser, je n’ai jamais … été doué pour ça. Mais je sais que tu es quelqu’un de bien, Arianne. C’est toi que j’ai toujours regardé quand je devais prendre un modèle un peu moins … turbulent.

Et c’est toujours le cas, tu sais. »


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   Lun 3 Avr - 12:28

Elle s’en voulait, Arianne, de faire preuve d’aussi peu de considération pour son ami, en se laissant aller à ses états d’âme. Il avait bien d’autres choses, plus importantes, plus cruciales, à considérer que le mal-être qui l’animait depuis de nombreux mois maintenant. Et pourtant… Elle ne pouvait s’empêcher de pleurer, incapable de contenir les larmes qu’elle avait retenues tant de fois. Elle pressa cette main qui avait rejoint la sienne, essayant d’y puiser force et réconfort, malgré la détresse qu’elle ressentait, pour cesser d’infliger ce spectacle à Robb. Elle culpabilisait, de faire peser ce poids supplémentaire sur ses épaules, alors qu’il n’avait guère besoin de cela, mais elle ne pouvait nier que l’étreinte qu’il lui offrait, même légère, lui réchauffait le cœur.

Si elle pleura un peu plus encore en le voyant essuyer ses larmes, touchée plus qu’elle ne saurait le dire par son amitié indéfectible, elle finit par se calmer sous ses gestes visant à mettre fin aux sanglots qui la retenaient prisonnière, prisonnière de son chagrin, de sa honte et de son mal-être. Elle s’efforça de sourire, sourire bien peu convaincant mais sincère, qui ne trahissait pourtant pas la moitié de sa reconnaissance et de son amour pour Robb. Elle savait la chance qu’elle avait de l’avoir pour ami, mais il le lui montrait un peu plus chaque fois. Elle-même passa son bras autour de la taille du Dornien, doucement, pour ne pas le blesser ou raviver sa douleur, s’appuyant sur lui.

« Merci… je sais que tu es là pour moi. Plus que je ne le mérite, mais je l’apprécie. Toujours. »

Oui, c’était peut-être la seule chose réelle en totalité, dans ce qu’ils s’étaient dit, ce qu’elle lui avait confié. Jamais elle ne cesserait de l’apprécier, d’apprécier qu’il soit là pour elle, et tout ce qu’il faisait pour elle aussi.

« J’ai pourtant tellement dévié de ce modèle que tu crois voir en moi... Mais je vais essayer d’en être digne, je t’en fais le serment. »

Ce n’était certes pas ce qu’il lui disait, mais si elle pouvait redevenir celle qu’elle était, alors…



             
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MessageSujet: Re: Le soleil de notre enfance perdue [Tour III - Terminé]   

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