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Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]
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MessageSujet: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mar 4 Oct - 8:33

Lynara avait attendu le retour du Prince et de la garde qui l’accompagnait avec sa cousine, comme sa position l’exigeait. Elle ne s’était guère attardée, toutefois, se contente des politesses d’usage, ne sachant guère la réelle réussite de leurs actions. Des échos leur étaient parvenus, rendant leur succès incertain. Les bardes contaient leur bravoure et leur gloire, mais les murmures n’allaient pas tous dans ce sens. Cela ne concernait guère la Nordienne, en tous les cas. Pour l’instant, du moins. Se prétendant indisposée, elle avait fini par s’éloigner de la foule, et s’était retranchée dans ses appartements, pour écrire quelques courriers qu’elle n’enverrait probablement pas. Son père était assurément sur les fronts, de même que ses cousins, et elle n’aurait pas pu leur faire parvenir. Quant à sa tante, Théa, elle n’avait plus eu de nouvelles depuis quelques temps. Cela la préoccupait, mais la sachant taciturne, elle n’avait pas insisté. Elle la contacterait sûrement prochainement… Le temps passa assez rapidement, plus qu’elle ne le pensait, et elle confia soigneusement ces missives à un coffret qu’elle verrouilla prudemment, avant de sortir.

Le dîner ne serait pas encore servi, aussi avait-elle le temps de se rendre dans les jardins ou à la ménagerie. C’est toutefois Port Lannis, qui retint son attention. Elle y était allée quelques fois, et elle pouvait aisément se fondre dans la foule, en quête de cette quiétude de ne pas être confrontée aux autres nobles. Indifférente aux gens qui évoluaient autour d’elle, protégée par sa garde, elle observait les diverses petites boutiques, et ces robes si différentes des leurs lorsqu’elles se trouvaient à Winterfell, auxquelles elle s’était maintenant habituée. Elle ne s’intéressa pas à grand chose, toutefois, si ce n’est cette parure élégante et raffinée, qu’on aurait pu croire à l’effigie des Lannister. La bague était sertie d’un joyau rouge, et le collier d’un lion, à l’image de la famille de sa cousine. Jeyne s’était admirablement débrouillée, lors du procès des Clegane, plus digne que jamais, et digne de sa belle-mère aussi. Qu’elle pense l’avis de Lynara biaisé n’y changeait rien. Satisfaite de son achat, elle revint sur ses pas, afin de déposer son présent dans ses appartements – elle l’offrirait à Jeyne en privé.

Elle ne désirait s’empresser toutefois de rejoindre Castral Roc – le banquet qui serait donné en l’honneur des revenus ne s’accordait guère avec son humeur, qu’elle ne voulait teinter davantage, et elle ne pouvait s’imaginer contempler les soldats et les nobles qui s’étaient joints au voyage félicités par la Cour du Roc, pas plus qu’elle ne voulait entendre les vives félicitations qui ne manqueraient d’être adressés aux Lannister, pour la bravoure dont avaient fait preuve leur Prince et le fiancé de leur Princesse. Au lieu d’hâter son pas, elle fit signe à sa garde de se diriger vers les falaises, qui surplombaient une mer qui l’impressionnait. Lynara ne savait pas nager, aussi se gardait-elle de s’en approcher, mais elle la trouvait fascinante et belle, indomptable comme elle l’était. Elle évitait de s’avancer plus que nécessaire vers le bord, peu désireuse de chuter. Craintive, quelque peu, bien que subjuguée par la vue qui se présentait à elle.

Des bruits de pas, cependant, attirèrent son attention, la surprenant, et elle se retourna assez vivement. Elle ne put empêcher une grimace d'orner son visage. Elle ne pensait pas le trouver ici, et n'était pas certaine de vouloir le voir. Plutôt sure de ne pas le vouloir. « Messire. Je ne souhaite pas vous importuner dans ce lieu où vous deviez souhaiter être seul, je vais rejoindre mes appartements. » Elle avait reculé d'un pas, préférant ne pas s'avancer sans savoir la direction qu'il prendrait et comment le contourner.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Ven 7 Oct - 9:23

Je suis cerné de toutes parts. Impossible de leur échapper et je ne vois aucune issue à cette confrontation. De toute façon, je suis en infériorité numérique et je me dis qu'il vaut mieux que je rende les armes au plus tôt. Et pourtant, impossible de m'y résoudre. Je peux sentir les aiguilles transpercer le tissu et donc ma peau alors que la couturière réajuste ma tenue pour le mariage, j'ai envie de lancer à la tête du jeune homme à mes pieds ces souliers trop petits qu'il tente de me faire essayer et surtout, je n'en peux plus de les entendre discuter de la couleur qui m'ira le mieux au teint.

Heureusement, je suis sauvé par une apparition que je bénis. Ma sœur, qui semble s'être particulièrement amusée du spectacle, s'approche et leur lance, d'une voix assurée que je ne lui connaissais pas.

"Ses Altesses ont déjà décidé des couleurs pour le marié. Je serais vous, j'éviterais de changer ce qui est prévu, au risque de fortement les contrarier."

Je m'approche alors d'Alys, tandis qu'ils me laissent enfin tranquille et je l'embrasse sur le front.

"Tu me sauves la vie tu sais."

Elle sourit largement avant de me montrer la sortie.

"Tu devrais t'enfuir avant qu'ils ne changent d'avis. Je m'occuperais d'eux, ne t'en fais pas."

Et je lui décoche un clin d'œil avant de filer sans demander mon reste. Le diner sera bientôt servi mais j'ai tout de même le temps d'aller prendre l'air et, je l'espère, de me changer les idées. Reste dans le château en lui-même serait trop risqué. Je pourrais tomber sur quelqu'un qui me demanderait mon avis sur les fleurs. Et je n'en ai pas le moins du monde, même si je songe qu'il faudrait tout de même que je vois Meg pour avoir l'air de savoir ce qui se passe. Je suppose que l'anecdote concernant mes essayages risque de l'amuser. Ou de lui faire lever les yeux au ciel. Voire les deux. Cette pensée m'amuse et j'ai un mince sourire alors que je prends la route pour les falaises non loin du château, perdu dans mes pensées.

C'est là que je reconnais une silhouette familière. Bien trop familière. Je me fige un instant, me demandant quoi faire, si je dois rebrousser chemin avant qu'elle ne me voit ou si je dois rester. Je reste indécis quelques instants mais c'est suffisant pour qu'elle remarque ma présence. Et qu'elle prenne la parole.

Je laisse filer un sourire un peu triste et je souffle alors, la fixant avec attention.

"Bien. Nous en sommes là donc."

Je prends une profonde inspiration avant de reprendre, d'un ton neutre que je déteste.

"Je ne voulais pas interrompre votre promenade lady Karstark. Je suppose que vous vous souvenez que j'apprécie tout particulièrement cet endroit pour profiter de la vue et d'un peu de tranquillité. Ca ne veut pas dire que je souhaite que vous partiez mais je n'ai guère le droit de vous demander de rester je suppose. Vous devriez cependant éviter de trop vous approcher du bord. Avec la pluie de la nuit dernière, vous pourriez glisser."

Par tous les Sept, je me demande si je pourrais faire pire à dire vrai. Je secoue la tête, mon regard se détournant d'elle alors que je fixe l'horizon, laissant filer un silence en espérant qu'elle ne partira pas tout de suite. Tout en souhaitant qu'elle le fasse, ce serait bien plus simple à gérer, en toute lâcheté, bien évidemment. Et, comme je sens toujours sa présence non loin de moi, je reprends, m'installant sur l'herbe, ma voix retrouvant son ton naturel alors que je me fais plus pensif.

"J'ai souvent songé à t'emmener ici pour te montrer la vue. Elle change à chaque fois qu'on vient et c'est comme découvrir un nouvel endroit. C'est pour ça que je t'en avais parlé, je me suis dit que tu apprécierais. Et personne ne vient jamais ici."

Je tourne la tête dans sa direction mais mon regard s'arrête sur les gardes non loin. Alors je souffle, en les désignant d'un mouvement du menton.

"Tu peux leur dire de rentrer. Je te ramènerais saine et sauve. Enfin, sauf si tu préfères ne pas rester seule avec moi, ce que je peux comprendre."

Et je reporte mon attention sur la vue, sans bien savoir ce que je voudrais vraiment, songeant qu'il aurait été tellement plus simple de ne pas m'attacher autant à elle, de me contenter de l'asticoter comme j'aurais pu le faire avec les autres dames de compagnie de Jeyne. Rien de bien méchant et, surtout, rien de conséquent. Mais, bien évidemment, ça ne marche pas aussi facilement.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Dim 9 Oct - 1:32

L’aînée Karstark pensait être seule, avec ses gardes du moins, et profiter d’un peu de quiétude. C’était pourquoi elle n’était pas revenue immédiatement entre les murs du château, auprès des autres Dames, ou dans ses appartements. Si elle apprenait à apprécier les particularités de l’Ouest, ses gens, ses divertissements, elle n’avait pas perdu son goût pour ces moments de solitude, durant lesquels elle se ressourçait. Elle n’avait trouvé nul lieu qui l’apaisait autant que lorsqu’elle se trouvait face au barral à Winterfell, alors elle continuait à chercher. Elle ne savait si le bord escarpé de cette falaise pouvait le devenir, mais bien qu’elle craigne quelque peu de chuter, cette vue avait quelque chose de grandement plaisant et d’ensorcelant.

Elle tressaillit, en se retournant et en voyant Gareth à proximité. Elle ne s’était pas attendue à le trouver là, et si son cœur avait fait une embardée, elle n’était pas certaine de pouvoir qualifier de bonne ou mauvaise cette vision qui se présentait à elle. Une chose était sûre, ses préoccupations concernant le fait de chuter ou le moment pour remettre à Jeyne le présent qu’elle lui avait acheté avaient quitté son esprit, dès le moment où elle avait vu l’ami du Prince. Ses épaules se levèrent, en l’entendant – comme une excuse et une peine informulées. Comment pouvait-elle agir autrement ? Les préparatifs du mariage étaient presque finis, il serait celui d’une autre d’ici quelques jours. Et il avait cessé de lui écrire, alors qu’il lui avait promis de ne la laisser ni dans l’incertitude ni dans l’inquiétude. Cela voulait tout dire, n’est-ce pas ? Et pourtant, la tristesse bien tangible dans ses paroles meurtrit le cœur de la nordienne, plus qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle n’aspire qu’à se retrouver entre ces bras, qu’à sentir ses lèvres sur les siennes, et son cœur se serre davantage encore à cette pensée.

« Puis-je réellement agir autrement, avec les festivités à venir ? »

Sûrement se serait-elle plus épanchée, s’il n’avait repris la parole quasiment aussitôt. D’une voix qui lui semblait glaciale, déplaisante et détestable. Elle avait certes tenté de mettre de la distance entre eux, ma sa voix n’était pas aussi assuré que celle de l’inconnu lui faisant face – car pour la repousser aussi durement, tout en lui demandant de rester et de prendre garder à ne pas chuter du haut de la falaise, il ne pouvait qu’être indifférent à son sort, n’est-ce pas ? Pourquoi lui demander de rester, en ce cas ? Elle fronça les sourcils, incertaine de la réponse à apporter, sentant la colère flamber en elle, tout comme la détresse de se voir ainsi traitée. Elle s’apprêtait à faire demi-tour sans un mot de plus, alors qu’elle souhaitait expier tout le mal que sa distance lui faisait, quand elle s’était convaincue de l’éviter et qu’il était venu vers elle, mais il reprit la parole, d’un ton plus… émotif ? Elle secoua légèrement la tête, n’ayant pas réellement remarqué qu’il s’était assis. Et l’émotion la submerge, elle qui voudrait ne rien ressentir, engourdir son esprit et son cœur. Son corps, aussi. Annihiler toute douleur.

« Je ne suis pas venue ici dans l’espoir de t’y croiser… Je voulais simplement éviter l’agitation, à Castral Roc. Tout ce qui se déroule là-bas. Tout. Dans son désir de fuite, elle avait même oublié ces confessions qu’il lui avait faites. Ou peut-être son inconscient l’avait-il menée ici même. C’est splendide. J’aurai préféré le découvrir en ta compagnie… Viens-tu ici exactement, ou y a-t-il d’autres merveilles insoupçonnées d’où observer la mer qui se déchaîne en contrebas ? Je ne m’y rendrais pas, je ne souhaite pas t’importuner… Tu n’es pas obligé de répondre. »

Il lui était aisé de converser avec lui. Bien trop, à vrai. Elle n’aurait pas du être en mesure de parler aussi légèrement, pas avec toutes les émotions conflictuelles qu’elle ressentait. Souvent la peine, quelques fois la colère, d’autres fois une indifférence feinte qu’elle essayait de rendre prédominante. Se mordant légèrement la lèvre, elle fit signe aux gardes de retourner au château, précisant que le capitaine de la garde princière veillerait à la protéger et à l’y ramener. Peut-être n’aurait-elle pas du. Surement n’aurait-elle pas du. Mais si ce doit être la dernière fois qu’elle lui parle, alors peu importe à ses yeux les racontars, les langues de vipère, les menteries. Elle hésitait à le rejoindre, à s’asseoir. Elle le souhaitait, mais cela serait particulièrement imprudent. Et insensé. Surtout à la vue de tous.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mer 12 Oct - 12:14

Il aurait été bien plus judicieux de faire demi-tour. Avec un sourire ou même une grimace, peu aurait importé. Et puis, ce n’est pas comme si maintenant, j’envisageais ce mariage comme une punition. Megara et moi sommes bien différents et pourtant, j’aime à croire que nous pourrons trouver un vrai terrain d’entente pour que notre union se passe le mieux possible, malgré les obstacles. Et l’attachement que je développe pour elle est réel, contrairement à ce que j’aurais pu croire au début. Il n’est pas uniquement lié à son sang, au fait que c’est une Lannister et que j’ai toujours été lié aux enfants royaux, mais bien à elle. Et ce, sans compter l’attirance que je peux éprouver pour la jeune femme depuis notre dernier tête à tête. Pourtant, je ne fais pas marche arrière et je me rapproche de la jeune Karstark, sans vraiment savoir comment agir.

Je ne peux décemment pas l’éviter constamment, quand bien même j’en aurais la capacité. Le château est grand mais je ne veux pas être encore plus lâche que j’ai déjà pu l’être. J’ai un profond soupir à sa répartie et je ferme les yeux un instant avant de souffler, d’un ton incertain.

"A dire vrai, je ne saurais dire comme vous devez réagir lady Karstark. J’ai déjà du mal à appréhender mes propres réactions face à tout ce qui se passe pour ne pas songer à me faire juge de celles des autres. Je comprends pourtant que les festivités à venir vous … dérangent. Enfin, je ne saurais dire si c’est le terme approprié. Mais, comme je vous l’ai déjà dit, je ne vais guère aimer le jour où vous vous marierez, quand bien même ce sera déplacé. Et ça ne change rien. Je vais épouser Meg et je ferais mon possible pour être heureux avec elle. Quoi que je puisse éprouver par ailleurs."

Je ne sais pas si j’aurais dû lui dire tout cela de la sorte mais je ne veux pas lui mentir. Que ce soit par nos obligations ou ce que je peux éprouver qui, dans le fond, n’a aucun poids dans la balance. Je finis pourtant par changer de ton, par redevenir un peu plus moi-même alors que je reprends et qu’elle répond à son tour. Je grimace à ses propos avant de souffler, d’un ton léger qui ne convaincrait personne.

"Alys m’a aidé à fuir les couturiers. C’est pour ça que je suis ici. Pour profiter d’un peu de calme. Je ne m’attendais vraiment pas à te croiser là et je sais que je ne devrais pas le dire, mais ça me fait quand même plaisir. Malgré les circonstances."

Evidemment que sa compagnie me manque, quand bien même il serait plus que déplacé de la chercher de nouveau. Mais là, c’est uniquement le hasard qui m’a mené à elle, je n’ai rien provoqué. Même si je le fais un peu en lui soufflant de chasser ses gardes. Elle ne répond pas vraiment, se contentant d’évoquer le paysage et je réponds, pensif.

"J’avoue que j’aurais aimé voir ta tête en découvrant la vue pour la première fois. Quand j’étais enfant, je me souviens avoir été terrorisé lors de ma première tempête. Ici elle était autrement plus impressionnante. Et pourtant, j’y suis revenu, à plusieurs reprises."

Je déglutis alors qu’elle finit par renvoyer ses gardes, me demandant si j’ai bien fait. Et je chasse cette pensée avant de lui répondre, avec une ombre de sourire.  

"Tu ne m’importunes pas. Je serais allé ailleurs sinon en te reconnaissant. Au point où nous en sommes, je n’aurais pas été à un camouflet près n’est- ce pas ?"

Je laisse filer un silence, me perdant à nouveau un instant dans la contemplation du paysage, non sans laisser quelque peu vagabonder mes pensées. J’en ai besoin et la présence de Lynara, quand bien même je devrais être bien plus sur les nerfs au vu de notre relation, se fait toujours aussi apaisante. Et, au bout d’un temps que je serais incapable de définir, je finis par me relever et par lui jeter un regard de bas en haut, esquissant un sourire amusé bien plus sincère que je ne l’aurais cru.

"Lady Karstark, vous sentez-vous de faire un peu d’escalade ? Ou en tout cas, de vous aventurer loin des sentiers battus ?"

Je lui désigne d’un mouvement du menton un semblant de chemin qui serpente non loin et qui descend vers la mer. Il est visiblement abrupt et difficile à pratiquer mais je reprends, d’un ton toujours aussi léger.

"Un peu plus bas, il y a un endroit où nous adorions aller avec Lyman. Mais il n’est pas facile d’accès. Et je crois que sa mère m’aurait arraché la tête si elle avait su où je l’embarquais pour qu’il ait un peu de tranquillité. Tu devrais te mettre pieds nus, ce sera plus facile. Enfin, si tu veux venir."

J’hésite un instant avant de tendre la main dans sa direction. Je ne devrais pas faire ça mais il n’y a rien de mal non ? Je veux juste lui montrer un endroit qui m’est important. Rien de plus. De toute façon, je n’ai pas le droit d’attendre quoi que ce soit d’elle. Qu’elle m’adresse encore la parole est déjà bien plus que je ne l’aurais cru possible.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Dim 16 Oct - 14:57

Elle soupira à son tour, alors qu’il lui disait qu’il ne souffrirait pas réellement de ce mariage – ou qu’il ferait tout pour que cela se passe bien. Elle mentirait, en disant que cette idée ne lui déplairait pas. Elle ne voulait pas que Gareth soit malheureux, mais l’idée qu’il puisse être heureux avec une autre, et l’oublier… Elle était égoïstement satisfaite, qu’elle ne soit pas la seule à avoir cette pensée déplacée, vis-à-vis du fait qu’il se mariait, malgré tout.

« Je ne devrais pas dire ça, pas penser cela, mais il est réconfortant de savoir que je ne suis pas la seule à être confrontée à de tels tourments, encore maintenant… Votre silence, pendant que vous étiez au loin, répondant à votre devoir, m’a fait craindre l’inverse. Peut-être devrais-je le souhaiter pour vous, mais je crains de ne pas en être capable. Avez-vous écrit à la princesse ? »

Cela ne la regardait pas, mais elle n’avait pu s’empêcher de le demander. Il lui avait écrit, aussi, mais… pas tant que cela. Peut-être était-ce pour le mieux, peut-être aurait-elle du ne pas lui soutirer cette promesse, que de lui écrire. Ça aurait été la solution la plus sage, assurément. Mais elle ne serait pas là, si elle agissait ainsi. La jeune femme mesurée et distante avait cédé la place à une étrangère perdue et désemparée depuis bien longtemps.

« J’espère que vous me pardonnerez ma franchise, et l’égoïsme dont je peux faire preuve. Mais j’ai le sentiment que tout m’échappe lentement, et que ça n’ira pas en s’améliorant. Mais je ne souhaite pas vous accabler avec cela, vous n’en êtes pas fautif, et il ne revient qu’à moi de parvenir à ce à quoi j’aspire. »

Oui, il convenait qu’elle se trouve l’époux qu’elle méritait, et se construise un futur à la Cour du Roc, aux côtés de Jeyne. Et elle ne pouvait plus se leurrer au sujet de l’avenir qu’elle n’aurait pas avec Gareth. Elle sourit doucement, à ses propos sur Alys, retenant une grimace de justesse et de dire qu’il aurait du s’y plier avec affabilité. Après tout, n’avait-il pas dit lui-même qu’il comptait rendre ce mariage heureux ?

« Vous vous entendez bien, tu dois être soulagé de l’avoir à tes côtés. Je… je suis contente, aussi, de me trouver là. Que tu me trouves là. Même si je devrais partir. Veux-tu que je… Non ? »

Elle aurait voulu affirmer qu’elle ne partirait pas, mais elle n’en a pas envie. Autant ne pas essayer de s’en convaincre. Ils ne l’avaient pas fait auparavant, ils n’allaient pas le faire maintenant. Elle releva la tête vers lui, confuse. Que pouvait-elle lui dire ? Elle aurait aimé découvrir tout cela avec lui, la ménagerie, le royaume… « J’aurai voulu cela aussi. Mais je n’ai pas encore vu de tempête. Je pense que ça ne doit pas être comme l’Hiver, chez nous. Quel âge avais-tu ? N’est-ce pas dangereux, de se trouver ici lors d’une tempête ? »

Son sourire me rassure quelque peu, alors que j’essaye de me convaincre de ne pas avoir agi avec idiotie, en signalant à mes gardes que le capitaine de la garde du prince veillerait sur moi, et me ramènerait au château. Ils ne pouvaient réellement objecter face à cela. Lynara le regarda intrigué, alors qu’il prenait cet air malicieux qui le caractérisait bien. Il l’intriguait, tout en l’effrayant peut-être quelque peu. Elle était curieuse, pourtant, et il semblait si sûr de lui. Il n’aurait pas réellement risqué la vie de son Prince, de toute façon, si ? Elle lui sourit à son tour doucement, alors qu’il lui demandait à nouveau si elle voulait venir. Elle ôta ses chaussures, les abandonnant derrière elle, en saisissant la main de l’homme.

« Allons-y. »


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Lun 17 Oct - 11:23

La distance instaurée avec la jeune femme est, à défaut d’être agréable, plus que nécessaire. Je suis allé beaucoup trop loin la dernière fois que nous nous sommes retrouvés tous les deux et il est hors de question que je laisse les choses s’égarer de la sorte à nouveau, surtout pour elle. Quand bien même je me rends compte, alors que je l’observe avec attention, que l’attachement que j’éprouve est tout sauf feint. Et surtout, tout sauf convenable. Je laisse alors filer, en réponse à ses propos, sentant mes mâchoires se contracter légèrement.

"Vous ne devriez pas non. J’aurais préféré que vous vous moquiez de cette union à venir. Et ne pas être la source de tant de tourments."

Je laisse filer un soupir, hésitant avant de reprendre en secouant la tête.

"Je vous avais promis de vous écrire. Mais c’était une mauvaise idée, nous le savons tous les deux. Et je me suis dit que vous seriez suffisamment indisposée par mon silence pour vous détacher de moi. Quant au fait d’avoir écrit à Meg… vous voulez vraiment une réponse ?"

Je lève les yeux vers elle, la fixant un instant et esquissant un sourire un peu triste avant de l’écouter sans l’interrompre, mes sourcils se fronçant tout de même à ses propos.

"Dans la mesure où je suis tout de même responsable en grande partie de ces tourments, je ne peux que me sentir fautif Lynara. Quand bien même je peux comprendre le reste. Les choses… peuvent tout de même s’améliorer non ? Sans que vous n’ayez à partir loin."

Et puis, la mince barrière que j’ai tentée d’ériger en la voyant s’effrite, quand bien même j’essaie de la faire tenir un peu plus longtemps. Je me réfugie derrière l’évocation d’Alys et j’ai un sourire en hochant la tête, mon regard se perdant un peu dans le vide alors que je reprends la parole.

"J’ai de la chance oui. J’ai vraiment eu peur qu’elle ne se remette pas du tout de la mort de nos parents mais l’avoir fait venir ici était visiblement une bonne idée. On dirait qu’elle revient à la vie. Difficilement mais elle est bien entourée."

Je ne sais à quel point Lynara a pu veiller sur elle et, surtout, à quel point il serait déplacé de la remercier pour cela. Alors je me contente de hausser brièvement les épaules, me focalisant à nouveau sur la jeune femme, tout en essayant de trouver une réponse correcte à apporter à sa question.

"Je ne veux pas que tu partes non."

Bien, ce n’est pas du tout la réponse à apporter. Mais vraiment pas. J’ai un soupir et je secoue la tête, avant de reprendre, un ton plus haut.

"Je ne devrais pas te dire ça. C’est … je suis heureux de t’avoir trouvée là car il est peu probable que nous aurions réussi à passer du temps ensemble volontairement. Enfin, ne nous leurrons pas, ça ne serait pas arrivé, nous savons tous les deux que c’est une mauvaise idée. Ca n’enlève rien au fait que je suis assez stupide pour ne pas avoir envie que tu t’en ailles."

J’esquisse un sourire, mon regard se détournant du sien pour observer les alentours. Dans d’autres circonstances, j’aurais été ravi de lui montrer tous ces endroits dont nous avons parlé. Mais, évidemment, les choses ont évolué bien différemment de ce que j’avais imaginé. Non pas prévu, je n’étais pas allé jusque-là.

"Il y a rarement des tempêtes, encore moins aussi fortes que celle dont je me souviens. J’avais 9 ans de mémoire, j’étais là depuis quelques mois à peine. J’étais persuadé de m’être enfui, alors que j’étais probablement escorté par un ou deux gardes et je me suis retrouvé planté là, à entendre le tonnerre gronder et à voir les éclairs tomber tout près. Trop près d’ailleurs, l’un d’eux a même touché les rochers en contrebas. J’ai eu la peur de ma vie. Et les jupes de ma mère étaient bien trop loin pour que je puisse m’y réfugier."

Je laisser filer un silence et mon sourire s’agrandit quand elle glisse sa main dans la mienne. Je la serre un instant alors que je regarde les chaussures qu’elle abandonne dans l’herbe avant de souffler, d’un ton malicieux.

"Il ne faudra pas oublier de les récupérer."

Et je l’entraine avec moi, marchant avec plus de précautions qu’habituellement alors que nous suivons un sentier boueux et des plus sinueux.

"Suis bien mes pas, ça ne devrait pas être trop compliqué."

Il ne faut que quelques minutes pour arriver en contrebas, là où la falaise s’est assez érodée pour laisser place à une espèce de plateforme protégée des intempéries autant que possible. Il suffit de tendre la main pour toucher les vagues qui s’écrasent contre les rochers. Je m’arrête alors, jetant un regard à la jeune femme avant de souffler, en lui désignant des bouts de bois et ce qui ressemble vaguement à une couverture roulée en boule dans un coin.

"Nous nous étions fait une espèce de tente. Je vois que personne n’a vraiment mis les pieds ici depuis des années. Amusant, je pensais les enfants du coin un peu plus audacieux."

Je réalise alors que je tiens toujours la main de Lynara dans la mienne et je la relâche, avec un sourire d’excuse avant de continuer, comme si de rien était.

"Si je ne dis pas de bêtises, nous avons même gravé nos noms sur la roche quelque part."

Et je me dirige vers les restes de notre tente improvisée, plissant des yeux  pour essayer de retrouver les inscriptions. Avant de me figer et de les montrer du doigt à la jeune femme.

"Voilà, c’est là. Autant dire que nous n’étions définitivement pas doués pour la gravure."

Je relève alors les yeux, mon regard accrochant celui de Lynara et je reste immobile, incapable de savoir quoi faire ou quoi dire. Voilà qui est un peu fâcheux, autant le dire tout de suite.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mar 18 Oct - 20:00

Elle garda le silence, un instant, alors qu'il éludait sa question... Avec une autre question, qui voulait tout dire, et lui serra le cœur. Peut-être était-ce là l'impulsion nécessaire pour qu'elle parte, et abandonne cette illusion qu'était sa relation avec Gareth. Elle ne peut s'empêcher, pourtant, de réagir.

« Peut-être est-ce la solution pour que je vienne à m'en moquer... De savoir que vous lui écrivez, que vous l'aimez, peut-être. Vous dites que vous espérez construire une vie paisible, plaisante, avec elle. Briser mon cœur, aussi douloureux que ça puisse être pour moi et pour vous - je ne vous ferai pas l'affront de prétendre que vous ne ressentiriez rien à cette idée -, est peut-être la seule solution. Si vous ne le faites pas maintenant, et si vous en venez à ressentir cette félicité dont vous parlez, ce que je vous souhaite, alors ça arrivera très certainement. »

Elle était triste autant qu'amère, devant ce constant, si bien que sa voix semblait ne refléter aucune émotion. Les sentiments conflictuels qui se disputaient en elle rendaient difficile perceptible quoi que ce soit.


« Je vous ai laissé faire, et je suis la seule coupable de ces tourments que je m'inflige, Gareth. Je devrais me raisonner, et accepter qu'il est intolérable de ne pouvoir renoncer alors que vous allez sous peu être l'homme d'un autre, marié et peut-être père. Et comment pourrais-je affirmer qu'elles vont s'améliorer ? Ce serait mentir, de dire qu'il ne sera pas difficile de vous voir heureux avec la Princesse, sans être certaine un jour de pouvoir goûter un tel bonheur. Mais je ne suis pas pessimiste, sans doute s'amélioreront-elles, oui. »

Elle ne pouvait rien reconnaître de plus, bien qu'elle soit sceptique pour le moment. Si elle n'en disait rien, et si elle appréciait la petite Alys, elle connaissait peu les autres ouestriennes, et craignait de s'éloigner de Jeyne. Il n'en était rien, pour l'instant, mais elle ne pouvait ignorer ses craintes et son cœur qui se serrait, à l'idée qu'il n'y ait rien pour elle dans l'Ouest, qu'elle doive retourner dans le Nord... Elle supportait peu l'échec, mais la douleur en serait insoutenable. Deviendrait-elle renfermée comme sa tante ? Elle déglutit puis grimaça à cette idée, qui lui semblait encore plus déplaisante que de ne pas trouver ce qu'elle avait souhaité, dans l'Ouest.

« Si elle souffre, elle fait preuve d'une grande force d'âme, et le goût qu'elle a de vivre en fait quelqu'un de très plaisant. C'est une jeune fille qui se fera bien des amis. Je suis ravie d'avoir pu la rencontrer. »

Elle espérait lui avoir été d'une certaine aide, pour qu'elle s'acclimate. Mais peut-être était-ce plus simple pour la jeune Kenning, ouestrienne de naissance, alors même que Lynara se sentait parfois décalée au sein de cette cour. Son cœur se serra encore, alors qu'elle l'entendait dire qu'il ne souhaitait pas son départ. Elle aurait voulu lui dire qu'elle pouvait se contenter de se fondre dans le décor, et de ne pas troubler la quiétude qu'il pourrait obtenir avec Megara, mais elle en était tout simplement incapable. Elle ne voulait pas lui mentir. Et il aurait su aussitôt que c'était le cas, de toute façon.

« Je ne devrais pas souhaiter rester, ou même apprécier que tu sois là, malgré les conséquences à venir, apprécier que tu me demandes de rester. Savoir que ma présence ne t'est pas intolérable, malgré l'union qui t'attend, même si nous nous serions l'un et l'autre évités... Et la stupidité est peut-être contagieuse, alors. »

Elle lui sourit aussi - elle ne refusait pas cette contagion, elle l'accueillait volontiers, à vrai dire. Sûrement se maudirait-elle plus tard, mais elle ne pouvait se résoudre à être raisonnable. Elle finit même par rire, brièvement, légèrement. Pas avec autant de joie que si aucun étau n'enserrait son cœur, mais c'était tout de même un rire, un peu sincère.

« La sensation d'être libre et loin de toute surveillance est sûrement nécessaire pour grandir sans s'opposer à sa famille, je suppose. Toutes les mères doivent savoir ça, sûrement, et réussir à convaincre leurs enfants qu'ils sont bel et bien seul, n'est-ce pas ? La jeune femme ne l'avait pas réellement connu, avec ses parents. Si elle appréciait le royaume dans lequel elle avait toujours vécu, ce qu'elle venait de dire s'appliquait peu à une femme. Encore moins en connaissant les dangers du Nord - les sauvageons, les bêtes sauvages et réellement dangereuses... Non, elle n'avait que peu connu cela. Peut-être aurais-je l'aubaine d'observer une belle et impressionnante tempête, ici... »

Peut-être. Mais elle oublia bien vite cette pensée, alors qu'il la conviait dans un lieu entouré de mystère, d'après ses propos peu clairs, et qu'elle abandonnait ses chaussures pour ne pas risquer de se blesser en le suivant, tout en saisissant sa main.

« Je ne manquerai pas de les récupérer, quoi que le contact de l'herbe soit plaisant. »

Elle laissa échapper un petit rire, parce que l'herbe, au contact de la voute de ses pieds, la chatouillait, adressant un regard d'excuse à Gareth. Laissant sa main dans la sienne, elle observait chacun de ses pas, retenant une grimace au contact de certains cailloux, et se rattrapant involontairement à son bras, qu'elle laissait échapper aussitôt, après avoir glissé, même si elle craignait de s'être blessée. Elle n'aurait qu'à dire que le sol humide à proximité de la falaise l'avait fait glisser non loin de son bord, et, dans sa volonté de s'éloigner pour ne pas tomber, à se tordre la cheville, si c'était réellement le cas. Peu importait, à vrai dire, alors qu'ils parvenaient à une plateforme terminée par une sorte de corniche à proximité de l'eau. Elle était un peu effrayée, à l'idée de cette immensité près d'elle, alors qu'elle ne savait absolument pas nagée. Elle hésitait à s'asseoir pour toucher l'eau, dont les vagues lui semblaient violentes, mais il s'éloigna, et c'est avec regret et soulagement qu'elle le suivit. Un sourire lui échappa, à l'idée du prince et de son compagnon de jeux, se construisant un abri sommaire, dans cette caverne.

« Vous avez du bien vous amuser... Tu peux peut-être reconstruire la tente, que j'essaye de m'imaginer un peu l'enfance que vous avez eu ? »

Elle haussa les épaules, pour masquer le désarroi qu'elle ressentait, à l'idée qu'il ait lâché sa main. Elle ne devait pas y accorder d'importance, et le rejoint pour regarder leurs deux noms, sur la roche, s'agenouillant en réprimant une grimace alors qu'elle appuyait sur sa cheville. Peu importait. Il observait les noms, et c'était une bonne chose, il n'aurait rien vu de ça. Elle se laissa aller à rire en voyant les traces brouillonnes, pas réellement déchiffrables.

« Vous auriez du essayer de reproduire vos blasons, on n'aurait pas su qu'il s'agissait de vous, peut-être. Mais c'est un beau souvenir, que vous partagez... »

Jetant un œil aux alentours, elle se saisit doucement d'une pierre - si elle n'avait jamais gravé quoi que ce soit dans la pierre, elle savait dessiné. On l'attendait de toute jeune femme, après tout, n'est-ce pas ? Était-ce si différent de la broderie, ou du dessin, justement ? S'approchant des parois, veillant à ne pas écraser les restes de la tente, elle tenta de faire un petit lion, avec une couronne. Pour Lyman, et peut-être pour Jeyne. Elle ne voulait pas profaner le lieu de leurs souvenirs, mais simplement montrer qu'il serait toujours présent, quelque part. Elle était certaine qu'il ne ressemblait pas à grand chose... Elle toussa légèrement, quand son regard croisa celui de Gareth. Elle n'aurait pas du le suivre.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mer 19 Oct - 16:08

Je me fige un instant à ses propos, réalisant que, dans le fond, tout aurait été bien plus simple si j’avais suivi mon idée première de faire ce qu’il fallait pour qu’elle ne m’apprécie pas. Mais je suis visiblement bien trop égoïste pour ça et j’ai été particulièrement stupide ne pas couper toute relation avec la jeune femme avant qu’il ne soit trop tard. Car ça l’est, à n’en pas douter. Quand j’écoute ce qu’elle dit et que je trouve ses paroles pleines de sens, m’y retrouvant d’une certaine façon. Et pourtant, ça ne rend pas la situation plus agréable à gérer, bien au contraire.

"L’amour et le mariage ne vont pas particulièrement de pair, nous le savons tous les deux. Pour autant, j’ai de l’affection pour Meg, je ne vais pas vous le cacher. Et je suis un très mauvais correspondant épistolaire. Il faut vraiment m’arracher une promesse pour que je fasse l’effort d’écrire. Je sais pour autant que … briser ce qui peut nous lier est la meilleure des solutions. Et pour autant, je n’arrive pas à m’y résoudre. Alors que ce serait le mieux pour vous."

Autant être honnête, jamais je n’aurais cru tenir ce genre de discours un jour et avoir une telle conversation. J’ai un profond soupir quand elle reprend et je secoue la tête, sourcils froncés.

"Je ne suis pas un jouvenceau qui ne sait pas se tenir. Je savais ce que je faisais et je n’aurais pas dû aller aussi loin. Savoir que vous m’avez laissé faire n’est qu’une piètre excuse. Et pourtant je… passons. Je suis tellement désolé pour tout cela."

Et pourtant, nous savons tous les deux que je ne pourrais rien faire, que rien ne changera. Oui, je serais surement père, quand bien même ce ne seront peut-être pas réellement mes enfants et à cette pensée, j’ai une grimace que je ne peux réprimer.

"Et je ne sais même pas quoi faire pour vraiment vous aider. A part vous aider à trouver quelqu’un qui pourra … faire votre bonheur. Mais je trouve l’idée tellement saugrenue que j’ai du mal à m’y faire. Comme le reste d’ailleurs."

Je me frotte la nuque avant d’esquisser un sourire à l’évocation d’Alys. Je suis heureux de l’avoir près de moi, en dépit des circonstances même si je me demande parfois si elle n’aurait pas préféré rester vivre à Kayce. Cette pensée me dérange quelque peu, ayant insisté pour qu’elle puisse se joindre à la suite de Jeyne mais je ne peux guère m’y attarder, n’ayant de toute façon pas d’autres options à lui proposer. Et la renvoyer là-bas, alors que tout est devenu si morne, est juste inconcevable.

"Elle a toujours été bien plus douée que moi pour paraitre toujours de bonne humeur, quelles que soient les circonstances. Mais j’ai peur que cette tragédie l’ait bien plus touchée qu’elle ne voudra jamais l’admettre. Et je ne peux pas y faire grand-chose malheureusement. Mais je suis heureux de savoir qu’elle a l’air de se faire apprécier des bonnes personnes."

Je lui jette un regard en coin alors qu’elle ne fait que me conforter dans mes envies. Ce qu’elle ne devrait pas faire bien évidemment, mais nous avons visiblement largement dépassé ce qui devrait se faire ou non.

"Ta présence m’est loin d’être intolérable, c’est bien le problème. J’aurais préféré qu’il en soit autrement, j’aurais eu plus d’aisance à te démontrer à quel point je ne suis qu’un idiot qui ne mérite même pas ton attention. Et j’ai beau essayer de t’éviter, je me rends compte que ce n’est pas non plus l’option la plus intelligente. Surtout si tu épouses un ouestrien et que tu restes ici. Je t’avoue, je ne sais pas comment agir avec toi, d’autant que je ne dois surtout pas faire comme j’en ai envie."

Je laisse filer un soupir avant de me focaliser sur le reste, sur ce qui nous entoure plus exactement. Et je hoche doucement la tête à ses propos.

"Je pense que tu es une des personnes les mieux placées pour me comprendre mais j’ai toujours essayé de faire en sorte de rappeler à Lyman qu’il n’était pas qu’un prince mais aussi une personne à part entière. Et pour cela, il fallait s’éloigner du giron familial, même si je savais pertinemment que nous étions suivis de plus ou moins près. Pour qu’il puisse se forger sa propre personnalité sans être dans l’ombre de ses parents. Je ne saurais dire si mon entreprise a été réellement couronnée de succès mais je t’avoue ne pas être mécontent de ce qu’il devient. Et si j’ai une part de responsabilité dans tout cela, aussi infime soit-elle, j’en suis heureux."

Et j’arrive à esquisser un vrai sourire quand elle parle de la tempête.

"Elles sont rares, le temps a tendance à être particulièrement clément ici. Mais j’espère que tu en verras une oui. C’est un spectacle à ne pas rater."

Je ne sais pas pourquoi je lui propose cette balade. Par inconscience probablement. Et je ne peux m’empêcher de rire quand elle se déchausse et qu’elle me suit, oubliant un instant à quel point c’est une mauvaise idée alors que ses doigts s’entremêlent aux miens et que je l’emmène un peu plus bas.

"C’est amusant, l’endroit était bien plus impressionnant dans mon souvenir. Mais il faut dire que je n’ai pas mis les pieds ici depuis des années. La perspective est quelque peu différente. Enfin je peux dire que oui, nous nous sommes bien amusés. Et je peux essayer de la reconstruire, même si le bois est en piteux état."

J’essaie de ne pas me focaliser sur son absence de réaction quand je lui lâche la main, me confortant dans l’idée que j’ai bien fait alors que je lui montre nos prénoms gravés sur la pierre. J’ai une moue pensive à ses propos et je hausse brièvement les épaules.

"S’il aurait déjà été hasardeux de dessiner une main qui descend des nuages avec un éclair, je n’ose même pas imaginer quelle tête aurait eu notre lion."

Et visiblement, elle s’essaie elle aussi à la gravure. Si le dessin n’est pas parfait, il est facile de reconnaitre le lion et j’ai un sourire en l’observant. Avant que son regard ne croise le mien. Je me fige un instant, la fixant sans rien dire avant de me rapprocher d’elle. Beaucoup trop. Et de m’arrêter en toussotant, à quelques centimètres de son visage alors que j’attrape un des morceaux de bois qui traine juste à côté d’elle.

"Hum… tu dessines bien mieux que nous. Certes, ce n’est pas un défi bien difficile à relever mais il est important de le noter."

Je baisse les yeux et je commence à remonter la tente tant bien que mal, avec un résultat plus qu’approximatif. Mais j’arrive à esquisser un ombre de sourire alors que je suis toujours incapable de la regarder et que je reprends la parole.

"Voilà, c’était à peu près comme cela. On ne voit plus les broderies sur le tissu mais de mémoire, c’était des fleurs. Personne ne l’a jamais réclamé quand je l’ai… emprunté je ne sais où."

Et c’est là que je me rends compte que je suis beaucoup trop près d’elle encore une fois. Mais je n’arrive pas à m’éloigner. Décidément, je suis encore plus stupide que je ne le pensais. Je n’aurais pas dû lui dire de venir. Et pourtant, je ne lui dis pas qu’il serait temps de remonter.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Ven 21 Oct - 16:52

Lynara secoue la tête, à ses paroles. Non pas pour nier que l’amour n’est pas forcément l’alliée du mariage, mais parce qu’elle n’est pas certaine de l’avoir su, même si elle en était convaincue. Elle aurait préféré l’avoir suffisamment su pour ne pas s’attacher ainsi à l’homme qui lui faisait face. Elle a un sourire désabusé, en l’entendant dire que l’on devrait briser tout lien entre nous. Quoi qu’elle puisse dire, quelle que puisse être la sagesse dont elle devrait faire preuve, elle ne peut se résoudre à être raisonnable. Elle déglutit, pourtant, lorsqu’il lui affirme ne pas être un jouvenceau incapable de se tenir. Devrait-elle se sentir flattée de cela, ou simplement regretter au contraire qu’elle n’ait pas été préservée de lui ? Elle est perdue, malgré la pensée qu’elle ne se serait sûrement jamais attachée à qui que ce soit, si ça n’avait pas été à lui. Ou qu’elle l’aurait fait auprès de quelqu’un qui se moquait d’elle, et aurait abusé de sa… naïveté. Oui, même si elle exécrait le reconnaître, elle s’était montrée bien naïve, elle qui se pensait grandement intelligente et en mesure de se prémunir de tout acte idiot. Il lui démangeait d’avouer cela, mais elle n’en fit rien. Qu’elle garde dans le secret de son esprit ce sentiment désagréable qu’elle pouvait ressentir à se dire ça.

« Est-ce vraiment possible ? Connaissez-vous quelqu’un auprès de qui je… je ne serai pas malheureuse ? Elle s’était arrêtée, involontairement. Elle ne pouvait croire réellement qu’elle aurait droit à ce bonheur. Pas à proximité de lui, pas en sachant qu’il l’oublierait. Elle aurait voulu le dire, lui faire croire que ce serait le cas, mais elle était incapable de mentir comme ça, absolument incapable. Cette pensée doit vous être aussi horrible qu’elle l’est pour moi, mais je crois que vous seriez le seul à pouvoir me conseiller quelqu’un qui pourrait réaliser cela… » Elle déglutit, prenant conscience avec effroi de la confiance qu’elle lui portait. Elle pourrait détruire tout ce qu’elle voudrait, elle ne serait pas en mesure d’oublier cela…

Elle le remercia silencieusement, pour elle-même, de parler de sa sœur. Ce serait bien plus facile, que de ressasser tout ce qu’il inspirait, après tout. Et elle l’appréciait réellement. « Il faut lui laisser du temps, je crois que rien d’autre ne peut y faire… » Elle toussa légèrement, en entendant la fin de sa phrase, ses joues se teinta de rose, de manière presque imperceptible. Elle ne pouvait démentir qu’il valait mieux que sa sœur se lie à elle, à ses yeux, mais elle avait du mal à l’entendre le dire, à refreiner le plaisir qu’elle en ressentait.

« Je suis aussi désemparée que toi, si ce n’est plus. Tu dis ne pas être un jouvenceau, et bien que je me targue d’être au-dessus de la… crédulité des autres, je ne le suis pas. Je suis incapable de me résoudre à faire comme si de rien n’était, et bien moins capable encore de savoir quoi faire d’autre. Je ne peux t’ignorer – même si je le voulais. Tu seras l’époux d’une Princesse du Roc, Prince toi-même peut-être, comment se pourrait-il que j’ignore tout de toi ? Tu feras l’objet de tous les murmures, de tous les racontars. Alors dans mon malheur, je préfère égoïstement que tu ne m’oublies pas, et j’en suis désolée pour toi. »

Oui, elle l’était sincèrement, mais elle ne pouvait changer ce qu’elle ressentait. « Je ne suis pas certaine que Jeyne ait apprécié mes paroles et mes éclats à ce sujet, mais je m’y suis investie, oui, grandement. En la réprimandant parfois, mais aussi en l’encourageant dans ses actions… C’est comme ça, je crois, que nous nous sommes autant rapprochées, pour ça, pour elle, que je suis là aujourd’hui, et je ne regrette rien à ce sujet. »

Non, elle ne regrettait même pas Karhold, sa famille. Elle avait échangé avec eux, et le manque s’était petit à petit estompé. Elle était jeune, très jeune, quand elle était partie. Suffisamment pour s’attacher à Winterfell autant qu’elle l’était au fort où elle était née.

« M’en montreras… » Les mots meurent sur ses lèvres, avant qu’elle ne finisse la phrase. Elle ne peut lui demander ça, elle doit apprendre à ne plus prononcer de telles phrases. C’est un sourire triste, qu’elle lui adressait, à la place de ses paroles jamais prononcées. Elle aurait pourtant voulu dire tant de choses, garder sa main dans la sienne, l’enlacer. Mais elle devait garder ses distances, ne pas l’approcher plus encore. Elle le fait inconsciemment, pourtant, à regarder les gravures sur la pierre. Le sourire qui perle sur ses lèvres est beaucoup plus sincère, alors qu’il réagit au fait de graver les symboles de leurs blasons. Elle saisit de quoi graver un lion, mais elle hésite à faire celui de Gareth. Elle le connait, s’en souvient presque trop bien, pourtant. Elle le commence, d’ailleurs, alors qu’il se rapproche pour regarder le lion. Elle doute vouloir qu’il le voit, mais il le fait, pourtant, se rapprochant et la troublant. Elle rougit bien plus, elle en est certaine, mais la pénombre le masque peut-être. Elle le dévisage un instant pendant qu’il tente de remonter leur abri de fortune, et dessine avec bien plus d’application la main frappant d’un éclair, encerclée de nuages, s’obligeant à ne pas le regarder. Peine perdue, alors qu’il revient à ses côtés, plus proche encore. Elle effleure sa main, malgré elle, ou volontairement, elle ne le sait pas trop.

« Il devrait montrer cela à Jeyne… Elle apprécierait de découvrir cette part de son enfance. Et vos compétences de vol. » Elle lui fait un clin d’œil, malgré la gêne qu’elle ressent.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Ven 28 Oct - 18:27

Avant, j'étais pétri de certitudes. Le monde qui m'entourait était facile, sans réelle zone d'ombres et sans que je n'ai à me soucier de rien. Mais, depuis quelques mois, tant de choses ont changé que j'ai vraiment du mal à savoir ce que pourrait être un comportement normal. Enfin, qui me ressemble réellement. L'exemple le plus flagrant de ce changement est juste sous mes yeux. Il y a quelques mois, je me serais probablement amusé avec elle, la jeune nordienne m'aurait trouvé insupportable, probablement arrogant, pédant et j'en passe. Et nous n'aurions tissé aucun lien. Je me rends compte que si je ne cesse de me répéter tout cela c'est qu'elle a pris bien plus d'importance dans mon existence que je le croyais. Cette pensée ne fait que m'égarer un peu plus et j'ai un profond soupir alors que la conversation prend une tournure que je n'imaginais pas non plus.

"Je… il faut que j'y réfléchisse. Mais je connais quelques jeunes lords fort sympathiques qui seraient ravis d'être liés à une femme comme vous. Maintenant, de là à ce que j'arrive à penser que l'un d'eux pourrait vous mériter, cela risque d'être un exercice un peu plus complexe."

Et pourtant, je songe à quelques noms, me demandant où ils peuvent être et s'ils ne sont toujours pas mariés. Peut-être un en particulier, alors qu'une part de moi me souffle que je détesterais probablement la voir mariée à l'un de mes proches. Mais est-ce que ce serait pire que de la voir repartir dans le Nord ou ailleurs ? Difficile à dire pour ne pas dire impossible, n'ayant jamais été dans ce genre de situation auparavant. Sans compter le fait que je ne sais même pas comment prendre le fait qu'elle attende de moi que l'aide réellement.

Parler d'Alys est à la fois plus simple et plus difficile à gérer. Pour ma part tout du moins. Cela réveille des sentiments que j'essaie de garder endormis, vis-à-vis de nos parents, de sa situation et de mon incapacité à réellement lui rendre le sourire. Mais Lynara semble soulagée de changer de sujet alors je continue en ce sens, hochant doucement la tête au reste de ses propos.

"Je suppose. Comme pour beaucoup de choses d'ailleurs. Mais… elle était bien plus proche de mes parents que moi, leur perte est déjà difficile pour moi, je n'ose guère imaginer ce qu'elle éprouve vraiment. Et je n'arrive pas à lui en parler."

Et, quand elle reprend la parole, je me retiens de soupirer. Il est étonnant de savoir à quel point ses paroles me plaisent et me déplaisent tout à la fois. Un paradoxe supplémentaire la concernant, que je dois tenter d'appréhender autant que possible. Pour ne pas la blesser. Ou en tout cas, essayer de le faire le moins possible. J'ai envie de la préserver tout en voulant profiter de sa présence et je sais pertinemment que les deux ne sont pas compatibles.

"Tu n'es pas … crédule. Enfin tu as peut-être une certaine candeur qui ne t'a pas forcément préparée au fait que je t'embrasse comme j'ai pu le faire mais je n'aurais jamais dû. Quand bien même c'était… appréciable. Et encore c'est un doux euphémisme parce que je refuse d'y songer. Ce serait malvenu. Surtout venant de moi. Je ne veux pas t'oublier Lynara mais ce serait le mieux pour toi. Toute autre attitude ne serait que te blesser d'avantage. Je dois probablement de toute façon déjà faire l'objet des racontars entre les soupçons quant aux raisons du mariage, de ma présence auprès de Lyman ou encore du fait que je passe du temps avec sa femme. Je n'y prête plus attention depuis longtemps, fort heureusement."

J'arrive pourtant à sourire quand elle reprend la parole et qu'elle parle de Jeyne. Evidemment qu'elle est la mieux placée pour comprendre au vu de sa relation avec la jeune louve. Que c'est probablement aussi pour ça que je me suis autant rapprochée d'elle, parce qu'elle fait partie des rares personnes totalement désintéressées que j'ai pu voir graviter autour d'une personne de sang royal. Voilà qui était une mauvaise idée mais, une fois encore, il est trop tard pour faire marche arrière. Je pourrais continuer de me targuer d'être stupide plus tard. Pour l'heure, j'ai un bref haussement d'épaules alors que je souffle, amusé.

"Je t'imagine bien la réprimer et cela m'amuse, j'avoue. Mais je suis content qu'elle t'ait encore à ses cotés aujourd'hui. Elle en a besoin plus que jamais, surtout au vu des vipères qui ne vont pas tarder à vouloir s'en prendre à elle. Quand bien même ce serait la chose la plus stupide à faire."

Je me fige alors qu'elle reprend et ne finit pas sa phrase. Et je la fixe longuement, avant de murmurer, essayant de me faire léger.

"Te montrer quoi Lynara ? Ma façon de dessiner ? Je te garantis que tu ne veux pas voir ça."

A sa demande, j'essaie de remonter tant bien que mal notre abri qui ne l'était vraiment que de non, la roche nous protégeant bien plus des intempéries que n'aurait pu le faire ces quelques morceaux de bois. Mais le faire me permet de me concentrer sur autre chose que sa présence que je n'arrive de toute façon pas à gérer comme je l'aurais voulu. Une petite voix continue de me souffler de remonter et de m'éloigner d'elle pour de bon, que nos chemins doivent vraiment se séparer, pour son bien mais, quand je lève les yeux dans sa direction, je la vois dessiner mon blason avec une application qui me laisse sans voix quelques secondes, avant que je ne souffle, amusé.

"Je suis impressionné de voir que tu connais mon blason, je ne pensais pas que tu aurais pris le temps de le mémoriser."

Et, stupidement, quand je sens ses doigts effleurer les miens, je me saisis de sa main et je la serre doucement, arrivant enfin à la regarder. Ce qui n'est pas vraiment la meilleure des idées, je l'admets. Mon pouce effleure le dos de sa main alors que j'esquisse un sourire.

"Je lui glisserais l'idée à l'occasion. Mais ce sont mes capacités de vol, pas les siennes, je refuse de partager mes exploits. Tu crois que voir cet endroit amuserait Jeyne ?"

Ma main libre gagne son visage avant que je ne secoue la tête, conscient de ma stupidité.

"Désolé."

Et pourtant, je continue d'effleurer sa joue du bout des doigts, sans la quitter des yeux. Qu'est ce que j'attends ? Qu'elle m'autorise à l'embrasser ? Ce serait tellement idiot, surtout après tout ce que je viens de lui dire. Et pourtant oui, une part de moi n'attend que ça. Tandis que l'autre continue de s'évertuer à me dire de la laisser tranquille.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Lun 14 Nov - 1:12

Le soupir qui s’échappe de ses lèvres fait écho à celui que Lynara pousserait, si elle se laissait aller, si elle exprimait cette confusion qu’elle ressentait face à tout ce qui se bousculait dans son esprit. Ce sentiment amer, aussi, à l’idée de converser de telles choses avec l’homme en face d’elle. Elle le lui avait déjà dit, ça n’était pas la première fois, mais ça ne rendait cela facile en rien. En rien du tout. Elle ne put qu’esquisser une grimace, en entendant ses dernières paroles, alors que son cœur s’emballait. Sa raison, elle, lui dictait de fuir celui qui provoquait des réactions d’une telle intensité.

« Pensez-vous que je puisse m’attacher à eux autant qu’à vous, Gareth ? Je ne dis pas cela en attendant une réponse, c’est la mienne, à votre affirmation quant au fait qu’ils puissent ou non me mériter. Je n’attends pas de cela que ce soit facile. Bien au contraire. Mais souhaitez-vous réellement m’entendre dire que la peine sera bien trop présente, le fardeau bien trop lourd à porter ? »

Le soupir s’échappe cette fois des lèvres gelées, alors qu’elle prend réellement conscience qu’elle ne pourra pas être heureuse, pas dans un premier temps, du moins. Comment l’être, alors que celui pour qui son cœur bat sera à une autre ? Qu’elle devra les voir, complices et aimants, au quotidien ?

« Ma cousine m’a dit, en votre absence, qu’elle me pensait amoureuse. L’êtes-vous, Gareth ? Je ne souhaite pas vous offenser, mais j’ai besoin… J’ai besoin de vous l’entendre dire. Je sais que c’est cruellement égoïste, et je ne vous en voudrais pas, si vous refusiez de me répondre. Je ne sais même pas pourquoi je vous confie cela. »

Ce n’est pas intelligent, de parler de ça. La nordienne retient une exclamation, alors qu’elle se mort la joue, involontairement, se maudissant de n’avoir su tenir sa langue. Quel besoin que de recourir à sa franchise qui, peut-être, était la seule chose qui lui avait attaché Gareth Kenning ? Pourquoi était-elle incapable de se montrer effacée, et fade ? Elle savait le faire, habituée qu’elle était à rester dans l’ombre de Jeyne – ce qui lui convenait très bien.

Tout comme parler d’Alys Kenning lui convenait bien mieux que de parler de tout cela. Pourquoi donc s’attarder sur des sujets si… préoccupants, alors que la sœur de l’homme était tout l’opposée ? Délicate, douce, et délicieusement agréable. Lynara appréciait sa compagnie, et la jeune fille devait le savoir. « Ce n’est pas ma place mais… Souhaitez-vous que je m’y essaye ? Nous nous côtoyons suffisamment souvent, et quelques fois en privé avec Jeyne. Après tout, nous sommes toutes deux ses dames de compagnie. Peut-être pourrions-nous l’amener à se confier, et à ne pas garder ce poids sur le cœur. Je ne vous rapporterai pas ses paroles, si cela arrivait, mais je pourrais vous dire qu’elle s’épanche, quelque peu, si cela vous rassure. »

Oui, elle était certaine qu’elle ne trahirait pas les confidences de la demoiselle placée auprès de sa cousine, mais elle pouvait comprendre l’inquiétude qu’il pouvait ressentir – si tel était réellement le cas. Elle même s’inquiétait pour ses frères, bien qu’elle ne le dise à personne. Et elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’ainsi, elle ne le laisserait peut-être pas s’éloigner. Pour le bien de sa sœur. Elle n’appréciait guère penser ainsi, alors qu’elle souhaitait sincèrement aider l’orpheline, mais elle ne pouvait s’en empêcher.

« J’ai peut-être été surprise, la première fois, mais ne t’ais-je pas laissé recommencer ? N’est-ce pas moi, qui ai recherché ta compagnie ? Tu as certes l’expérience que je n’ai pas, mais tu n’es pas le seul coupable. Et que tu m’oublies ne signifie pas que je t’oublierai – ni même que je serai prête à te laisser faire. Ou que nous n’en souffririons pas. Et quelle importance, que tu fasses l’objet de racontars ? Les ambitieux éconduits diront que tu as volé la pureté de la princesse par jalousie, mais si tu y es habitué, alors cela ne doit plus te blesser, n’est-ce pas ? »

Elle sait très bien, pourtant, au fond d’elle, qu’il veut la préserver elle. Lui dire que sa réputation n’a plus à souffrir des intentions qu’on lui prête, contrairement à la sienne, encore intacte. Si seulement c’était si simple. Aussi simple que de parler de sa relation avec Jeyne…

« Ton prince m’a dit, à peu de choses près, la même chose. Peut-être l’as-tu plus influencé encore que tu ne le pensais. Ou peut-être est-ce l’inverse. Mais ces vipères s’en mordront la queue. Ni Jeyne ni moi ne les laisserons faire. Quelles qu’en soient les conséquences. »

Elle soupira, en l’entendant dire qu’elle ne voulait pas voir cela. Croyait-il vraiment qu’elle ne serait pas heureuse de voir tout ce qu’il accepterait de lui montrer ? Elle se sentait pathétique d’espérer à la fois tant et si peu, mais elle ne pouvait le nier, ou même se mentir à ce sujet. C’était la vérité, qu’elle lui soit ou non plaisante. Elle se concentra sur sa gravure approximative, pour cacher son trouble, et ne pas répondre. Elle l’entendit avec soulagement remonter l’abri qui avait vu leurs jeux d’enfants naître et mourir, leurs plus grandes épopées se réaliser. Elle était étrangement sereine, ou presque, mais sa présence près d’elle suffit à la troubler de nouveau, alors qu’elle effleurait involontairement sa main. Elle le dévisagea avec sérieux, presque trop, la surprise se lisant dans ses yeux foncés.

« Je n’apprécie pas de le reconnaître, mais penses-tu réellement que je n’ai pas eu l’occasion de l’observer ? Plus qu’une jeune fille ne le devrait, peut-être, mais je ne peux le nier… »

N’avait-il pas observé le sien ? Était-elle la seule à avoir agi ainsi ? Elle souhaitait croire que non, mais elle n’osait le demander. Elle se laissa aller à un petit rire, en l’entendant vanter ses capacités de vol, malgré le trouble que causait en elle ce simple contact de leurs mains. « Mais sûrement en a-t-il fait preuve, de ce talent, à d’autres moments, n’est-ce pas ? Et cela amuserait Jeyne, oui, c’est certain. Elle a appris, par simple désir et refus de se conformer, à dresser un faucon. Elle est célèbre pour ses prises de position tranchées, quand on attend plus de mesure de la part d’une jeune fille. Elle ne peut que rire de telles frasques. Et apprécier, aussi, en découvrir davantage sur son époux. Je ne sais à quel point ils parlent, mais je doute qu’ils se confient tant sur leur passé. Je ne connais que peu son Altesse Lyman, évidemment, aussi puis-je me tromper. »

Oui, c’était la vérité. Mais elle n’eut plus le temps d’y penser, alors que la main de son vis-à-vis se posait sur sa joue. Elle frémit, sans bien savoir pourquoi, secouant légèrement la tête alors qu’il s’excusait. Elle ne pouvait lui en vouloir, ne le savait-il donc pas ? Elle hésitait à lui dire qu’il devait cesser de demander son pardon, ou partir. Elle savait que cela le pousserait à s’éloigner, et elle ne pouvait l’envisager. Elle l’aurait du, mais elle n’y parvenait pas. De nouveau. Sa main rejoint celle du jeune homme, hésitant à la repousser, ou à simplement rester là. Était-ce l’attente quant à sa décision, qui la fit ne pas bouger sa main ? Elle ne voulait pas y penser. Elle préférait profiter du moment présent, malgré sa crainte d’en ressortir le cœur en morceaux, bien plus encore. Elle inspira, prête à parler, sans bien savoir quoi dire. Elle se perdait dans ses yeux, et la raison lui soufflait de se lever, de briser le contact, de fuir. Au lieu de quoi, sur une impulsion, elle posa ses lèvres sur les siennes. Brièvement, pour les enlever aussitôt, rouge – de honte, de gêne, de culpabilité, elle n’aurait su le dire. Elle devait se reculer et partir, dès maintenant.


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Dernière édition par Lynara Karstark le Mer 21 Déc - 23:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mer 23 Nov - 11:52

Cette discussion se fait des plus improbables et je me demande à quel point je serais capable de respecter ce à quoi je m’engage. Le dire ainsi est une chose mais faire ce qui est nécessaire pour qu’elle trouve un mari risque d’être bien difficile à accepter. Je laisse filer un silence à ses propos, un rien à court de mots qui pourraient la réconforter ou, tout du moins, l’aider à s’éloigner de moi autant que possible. Je prends tout de même une inspiration, me décidant enfin à lui répondre.

"J’aimerais que ce soit le cas en tout cas. J’ai envie de vous savoir heureuse, ou tout du moins d’être avec un homme qui pourra être en mesure de vous apporter ce que je ne pourrais pas faire. Et j’espère que la peine s’atténuera, vous ne méritez pas de… enfin…"

Et je soupire de plus belle, me sentant de plus en plus ridicule. Avant de me figer et le fixer, un rien incrédule quand elle parle d’amour. Je fronce les sourcils, cherchant de nouveau mes mots alors que je me demande de quoi elles ont pu parler exactement pour en venir à cette conclusion.

"Les choses seraient bien plus simples si je ne l’étais pas. Je pourrais me comporter comme à mon habitude et me jouer de vous, comme j’ai pu le faire par le passé, sans me soucier de ce que vous pourriez ressentir ou de ce qu’il adviendra de vous une fois que je serais marié à une autre. Mais je ne suis guère habitué à ressentir ce genre de choses. Et encore moins à en parler."

J’hésite un instant avant de poser cette question dont je ne devrais même pas vouloir connaitre la réponse.

"Votre cousine a-t-elle raison à votre propos ?"

Voilà qui me fait sombrer un peu plus dans le pathétisme qu’engendre notre relation depuis que je sais que rien ne pourra en sortir. Enfin je l’ai toujours su d’une certaine manière mais il était plus facile de me leurrer quand je n’étais encore engagé à rien. Parler d’Alys m’est plus facile, quand bien même l’évoquer lève le voile sur des ressentis et des souvenirs que je m’efforce de mettre de côté, incapable que je suis à tout mener de front. J’ai un bref haussement d’épaules quand elle reprend la parole, sans bien savoir ce que je souhaite exactement.

"A dire vrai, je ne saurais dire si c’est votre place ou non. Je sais que nous nous ressemblons avec ma cadette, plus qu’elle ne voudra l’admettre. Et qu’il nous est difficile de nous confier réellement. Mais si j’ai pu le faire avec vous, peut-être en sera-t-il de même avec elle. Je ne suis pas persuadé qu’elle voudrait que je sois au courant de ce qui la tracasse mais si vous êtes près d’elle, je serais déjà rassuré sans que vous ayez à me le rapporter."

Difficile, pour ne pas dire impossible, de ne pas revenir sur le sujet qui nous tracasse tous les deux. Que ce soit parce que nous n’y pouvons rien ou que l’attirance que nous éprouvons est réelle, je ne saurais le dire, mais l’entendre me  parler de la sorte me rassure d’une certaine façon. Je reste pourtant le seul à blâmer de nous deux, quoi qu’elle en dise.

"Tu m’as peut-être laissé recommencer mais ça n’excuse en rien mon attitude. Je sais pertinemment que mes étreintes n’avaient rien d’innocent et n’avaient de toute façon pas vocation à l’être au vu de l’attirance que je peux avoir pour toi. C’était d’autant plus idiot de m’approcher de la sorte."

Je souffle alors, la mine un rien butée, songeant aux raisons premières de mon mariage à venir.

"Et je n’ai pas volé la pureté de la princesse. Je n’aurais jamais fait ça à Lyman ou à la famille royale. Je ne suis pas comme ça. Peu m’importe les racontars, je ne veux pas que tu puisses imaginer cela un seul instant, quand bien même je suis loin d’être un jeune sot innocent."

Je ne vais pas lui mentir à ce sujet, ce serait de toute façon la prendre pour une idiote. D’autant qu’il m’arrive encore de m’amuser lorsque j’en ai l’occasion ce qui, à mes yeux, n’a de toute façon rien à voir avec elle ou avec mon mariage à venir.

"Oh tu as eu l’occasion de discuter avec Lyman ? C’est une bonne chose. Et je ne saurais dire lequel des deux influencent le plus l’autre. J’aime à croire que c’est moi mais il a toujours été le plus pondéré de nous deux. Dans tous les cas, je maintiens la proposition faite à Jeyne, je serais là pour vous aider dans cette entreprise périlleuse, les vipères sont trop habituées à ma présence pour y prêter réellement attention maintenant. Enfin, sauf quand cela me concerne directement mais d’ici quelques semaines, tout rentrera dans l’ordre et je pourrais de nouveau me cacher dans l’ombre autant que possible."

J’arque un sourcil, un rien perplexe, voyant qu’elle ne répond pas à ma piètre tentative pour alléger l’atmosphère. Mais je ne dis rien, la fixant après avoir remonté cet abri de fortune tant bien que mal alors qu’elle me dévisage, avec cette mine bien trop sérieuse.

"Je ne pensais pas que cela pourrait avoir de l’importance pour toi. Et pourquoi ne devrais-tu pas y prêter autant d’attention ?"

Je finis tout de même par la dérider un instant, évoquant mes talents de vol sans bien savoir pourquoi. Et je souffle un rire à sa réponse, relevant les yeux vers elle, sincèrement amusé.

"Oh, Lyman est bien plus honnête que moi à n’en pas douter. Outre le fait que j’ai largement profité du prestige que m’apportait ma place à ses côtés, j’ai su jouer sur les deux tableaux et me faire assez discret quand je le voulais pour faire ce qui me passait par la tête. Il n’a pas eu cette chance et je suppose que le peu de fois où il s’est écarté du droit chemin, j’en suis en grande partie responsable … et témoin donc."

Je laisse filer un silence avant de reprendre, un brin plus sérieux.

"Je ne sais à quel point ils sont proches et discutent mais il semblerait que les choses aient démarré sous de bonnes auspices entre eux. Il est vrai qu’il serait amusant que Jeyne sache que son époux est capable de ce genre de petits tours. Tu pourras lui glisser de venir faire un tour dans les environs avec lui, en toute innocence bien évidemment."

Et voilà qu’elle se contente de secouer la tête alors que je m’excuse. Je m’apprête à lui demander ce qu’elle veut alors que je me fais de plus en plus hésitant. Mais je me fige quand je sens ses lèvres se poser sur les miennes, étonné par sa réaction et, j’avoue, un rien déstabilisé. Pourtant, c’est ce que je voulais non ? Ou alors aurait-il était bien plus simple qu’elle me repousse. Certainement. Mais je n’ai pas le temps d’y réfléchir qu’elle s’arrête et que je la vois rougir, sans pour autant s’éloigner, son regard toujours ancré dans le mien. Je sais ce qu’il serait intelligent de faire en cet instant précis, surtout pour elle avant de réaliser que j’en suis tout bonnement incapable. Je souffle alors, mon pouce continuant d’effleurer sa joue doucement.

"Il faudrait que je te laisse partir avant de faire quelque chose de vraiment stupide et qui ne pourrait que te faire du mal."

Et bien évidemment, au lieu de la relâcher, je l’embrasse à mon tour. Bien moins fugacement qu’elle a pu le faire, avant de passer une main autour de sa taille pour la serrer contre moi avec toute la douceur dont je suis capable. Juste quelques instants, avant de la laisser s’en aller pour de bon.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Jeu 22 Déc - 1:08

Lynara secoua la tête, comme pour l’enjoindre de ne pas continuer à dire de telles choses. Elle savait que ça n’était pas de la cruauté de sa part, mais cela n’en rendait pas facile pour autant de l’entendre. Même si elle le lui avait demandé. Bien qu’elle ait provoqué cette discussion. Et elle ne sait que répondre. Que dire, à ces mots ?

« Pas plus que vous ne le méritez… Enfin, peut-être que je comprends bien mal ce que vous tentez de dire. Je me sens tellement… maladroite, idiote même ; Et tant de questions se bousculent dans mon esprit. Tant de questions que je voudrais vous poser, ce que je n’ose pas faire. Je ne pense même pas que vous puissiez y répondre, si je vous le demandais réellement. Peut-être serait-il plus sage que je m’en abstienne, que je garde le silence, et que je ne cherche pas à savoir. Je ne sais ce qui serait le plus douloureux, entre cette incertitude, ou les réelles réponses. À supposer que vous vouliez me les donner. Et si vous ne le vouliez pas… Alors peut-être que ce serait encore plus dur, finalement. Je crois qu’il convient que je garde le silence. »

L’inverse de ce qu’elle venait de faire, à babiller sans fin, et à évoquer les tourments de son esprit. Tourments qu’il n’avait nul besoin de savoir, qu’elle était même mal à l’aise de confier. Mais elle ne se voyait guère faire autrement. Soupirant, elle détourna le regard, grimaçant par là, alors qu’elle parlait de ce qui lui traversait l’esprit, sans réfléchir le moins du monde. Et qu’elle confiait une discussion dont elle n’aurait jamais dû reparler. Qu’elle n’aurait même jamais dû avoir avec sa cousine. Mais elle ne pouvait rien cacher à Jeyne, même si elle envisageait de le faire. Et elle peinait, visiblement, à cacher ses états d’âme à l’homme face à elle.

« Pourquoi ne pas avoir agi ainsi, au début ? Je sais que je ne devrais pas revenir là-dessus, ou même y penser, mais… Je n’ai pas pu m’empêcher de ressasser les choses, durant votre absence, d’en souffrir cruellement, tout autant que je souffrais de vous savoir fiancé, et de ne pouvoir comprendre pourquoi. D’essayer, du moins, de me convaincre que je ne pouvais pas comprendre ce qui vous poussait à épouser une princesse. Une belle jeune femme, probablement très sympathique, et qui ferait de vous le réel frère du prince que vous servez depuis des années, et dont vous êtes très proche. Surement n’aurais-je pas dû, mais c’était bien plus fort que moi. »

Il lui coutait d’avouer tout ça, et elle butait au fur et à mesure que les mots s’échappaient de sa bouche, pour se confier ainsi, incertaine d’être réellement compréhensible. Peut-être, sûrement, aurait-elle préféré ne pas l’être. Son flot des paroles semblait toutefois intarissable, et seule sa question parvint à la faire taire, momentanément du moins, alors qu’elle cherchait ses mots. Cherchait en elle la réponse à cette question aussi difficile que douloureuse, qu’elle aurait sûrement préféré éviter – ce qui était bien trop tard.

« Je n’ai pas votre expérience, je ne me pense pas capable de pouvoir l’affirmer. Qu’est-ce que la croyance de jouvencelles comme moi, comme ma cousine, face à cela ? Je ne sais pourtant pas ce que cet attachement qui dépasse toute raison, que je peine à comprendre, puisse être autre chose que cela. Peut-être est-ce l’idée que se fait une jeune fille de l’amour, mais je peux vous affirmer ne jamais avoir ressenti un telle chose. Si j’ai pu voir des jeunes hommes à mon goût, dans le passé, ce n’était rien qu’une idée enfantine que je me faisais, je crois. Mais ais-je seulement répondu à votre question ? Je me perds, je le crains, dans les méandres de mon esprit brumeux. »

Et peut-être souhaitait-elle, inconsciemment, le perdre lui aussi, que tout cela soit oublié. Aussi sûrement qu’elle souhaitait son aide, pour démêler tout cela, et pour comprendre. Analyser, et pouvoir ainsi passer à autre chose, aussi intense soit la douleur qu’elle ressentait à cette pensée. « Pourquoi me demandez-vous cela ? N’est-ce pas évident pour vous ? Je ne puis croire être la première à m’éprendre de vous… » Elle avait beau se sentir idiote, elle ne l’était pas assez pour cela.

« J’ai appris à connaître Jeyne et à l’approcher à travers sa douleur, alors qu’elle traversait des épreuves similaires. Si je ne sais réellement ce que votre sœur ressent, je peux peut-être réussir à l’atteindre, à travers ses réserves et la détresse dans laquelle elle doit se trouver. Et Jeyne plus encore que moi, l’ayant vécu personnellement. Et je m’assurerai qu’elle ne vit pas cela de manière plus pesante qu’il ne le faille. Qu’elles ne le vivent pas ainsi. Déracinée comme elle l’est, sa mère doit manquer à Jeyne, plus qu’elle ne veut l’admettre, alors que votre fiancée et son époux sont épaulés par la leur, qu’elle-même l’est par sa majesté Lannister. Mais je veillerais à ce qu’elles aillent bien, l’une et l’autre. Même si ma cousine doit moins vous importer que votre sœur – à juste titre. »

La nordienne ne savait pas si elle aurait préféré s’attarder sur le sujet, un sujet qu’elle pouvait maîtriser et évoquer sans trop de difficultés, ou retourner à ce sujet plus personnel… plus délicat. Elle n’avait sans doute guère le choix, en réalité, mais elle n’appréciait que peu cette impuissance. Elle la ressentait déjà bien trop, au quotidien, pour goûter y être confrontée en présence de la source de tout cela, face à celui qui la réduisait à l’impuissance.

« Tu ne peux croire que je pensais cela sans conséquence, ou innocent, n’est-ce pas ? Ou même que je n’ai pas espéré plus… Que je n’espère pas plus, encore maintenant, malgré le fait que je sache que c’est proprement impossible. J’aimerai savoir comment anéantir cet espoir absurde et plus pénible qu’agréable, mais je ne pense pas en avoir la force… ou la volonté. Et si je t’ai déjà avoué me sentir idiote, ça n’est rien comparé à ce que je ressens lorsque je pense à cela, et à mon incapacité à me raisonner. Je crois que je préférerais encore être comme ma tante, froide, insensible et tout sauf agréable, face aux gens. Inconsciente de la réalité des choses, ou de la portée de mes actes. Car c’est d’être lucide face à tout cela, le plus difficile. Et si je suis lucide, alors je suis aussi peu excusable que toi. »

C’était une certitude pour elle, mais ils ne parviendraient probablement pas à un terrain d’entente. Elle l’aurait souhaité, pourtant. Il ne pouvait porter ce fardeau seul… Et même s’il aurait été plus simple pour Lynara de ne pas avoir de tels états d’âme, il n’était pas dans son caractère de les fuir. Un sourire désolé vient se poser sur son visage.

« Tu ne devrais pas avoir à te justifier auprès de moi… et j’ai honte d’évoquer ainsi les murmures qui parsèment les murs de Castral Roc. Je ne peux pourtant feindre l’indifférence, quant aux raisons qui te poussent à épouser Megara Lannister. Tu devrais savoir ce qu’il en est réellement : je suis blessée dans mon amour propre, et suis vexée de cet état de fait. »

Elle doutait d’être meilleure menteuse qu’il y a quelques mois de cela, mais peut-être avait-elle quelque peu amélioré cela, depuis son arrivée dans l’Ouest – même si elle le déplorerait sans le moindre doute, si tel était réellement le cas. Elle acquiesça, à ses paroles sur Lyman.

« N’avez-vous pas parlé de la surprise qu’il entend faire à Jeyne ? Il m’a mené dans les souterrains de Castral Roc, et je ne sais par quel miracle cela est resté secret, afin de me présenter une louve et les petits autour d’elle, alors qu’elle venait de mettre bas quelques temps auparavant. Ils étaient splendides, et il m’a demandé mon aide pour plaire à ma cousine. C’est un bon signe, pour leur relation, n’est-ce pas ? Elle se tut un instant, hésitant à formuler l’interrogation qui lui brûlait les lèvres et qui était probablement indiscrète. L’aime-t-il ? Ou a-t-il, au moins, de l’affection pour elle ? Je ne voudrais pas penser le contraire, et amener Jeyne à y croire aussi, s’il ne la voit que comme une femme quelques fois plaisante, et dont la couche est agréable à fréquenter… Les joues de Lynara se parsemèrent de rouge, alors qu’elle formulait cette pensée qu’elle savait bien indigne d’elle et à laquelle elle n’aurait pas du penser. « Et je sais que cela ne doit pas faire partie de l’aide que tu me proposes, tu es en droit de ne pas y répondre… Même si je te suis reconnaissante d’offrir de nous apporter ton aide, quand rien ne t’y oblige. »

Elle grimaça, à la pensée que la princesse aussi apportait son soutien à sa manière à sa cousine. Cette idée lui était bien moins agréable que le fait que Gareth le fasse. Elle se perdit dans ses pensées, ces dernières dérivant vers son tête-à-tête avec la princesse. Elle n’appréciait que peu l’idée qu’elle soit incapable de ne pas apprécier Megara Lannister. Elle secoua la tête, sans se soucier du fait que Gareth comprenne ou non ce qui venait de se passer, prenant un moment à se souvenir de ce dont il parlait.

« Dois-je vraiment te dire que je ne le reconnais que parce que j’ai pris le temps, lorsque tu n’étais plus sous couvert de l’anonymat dû à votre subterfuge, pour le regarder – parce que cela voulait dire que je te regardais toi aussi ? Et dois-je t’expliquer en quoi cela est peu convenable, pour une jeune fille à marier ? Je ne le regrette pas, je ne… il en est ainsi, mais c’est aussi une réalité, que ce que je viens de te dire. » Aussi honteuse soit-elle pour Lynara.

Elle accueillit avec plaisir le récit de leurs frasques, cependant, ressentant qu’on lui enlevait, même si cela ne devait être que temporaire, un poids sur le cœur.

« C’est la chance que nous avons, d’être dans l’ombre de futurs souverains. Importants, mais libres de nos mouvements. Dans une certaine mesure… »

Elle baissa la tête, certaine que son visage la trahirait, bien qu’elle ne puisse affirmer qu’il n’ait pas perçu cette étincelle de tristesse ou de déception, qui venait d’ornementer son visage. Elle s’obligea à la relever, et à sourire quoi que tristement.

« Je n’y manquerai pas. Il me sera facile de lui que j’ai décidé de profiter de la température clémente pour me rendre aux abords du château, et que ma curiosité m’a poussée à me rendre jusqu’ici. Jeyne me connaît assez bien pour savoir que ça n’est pas impossible, pas réellement. Et si elle se doute qu’il y a plus… T’opposerais-tu à ce que je me confie à elle ? Elle est la seule auprès de qui je peux le faire. »

La nordienne savait qu’elle le ferait, quoi qu’il lui dise. Elle culpabiliserait, mais le poids dans sa poitrine serait trop lourd, pour qu’elle n’en dise rien. Et elle savait qu’elle ressentirait dans tous les cas cette culpabilité lourde et écrasante, encore plus maintenant qu’ils étaient si proches, que leurs mains s’étaient rejointes sur sa propre joue, et qu’elle ne se forçait pas à l’impulsion de saisir ses lèvres. Se pensait-il toujours coupable, après cela ? Elle avait provoqué ce contact, pas lui. Même si sa main sur sa joue, ce pouce qui la caressait doucement, rien de tout cela n’y était étranger.

« Il le faudrait… »

Et pourtant, elle répondait à son baiser, posant sa main sur son bras, et s’appuyant contre lui, avec tendresse ou désespoir peut-être, murmurant, peut-être inaudible.

« Ne souffrons-nous de toute façon pas déjà assez… ? »


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mar 3 Jan - 21:01

Je fronce les sourcils de plus belle, réalisant à quel point je n'ai plus aucun de mes repères habituels quand je suis face à elle. Il serait tellement plus simple pour moi de tourner les talons et de l'oublier pour de bon, ou en tout cas de faire mine de le faire, mais je ne peux m'y résoudre, sans arriver à réellement saisir pourquoi. Quand bien même je sais que ce n'est qu'une question de jours avant que je n'ai d'autres choix. Je secoue alors la tête à ses propos et je la fixe longuement avant de répondre, à mi-voix.

"Vous n'êtes pas maladroite et encore moins idiote. Je… je ne sais pas si avoir des réponses à vos questions sera une bonne ou une mauvaise chose dans la mesure où je n'ai pas la moindre idée de ce que vous pouvez avoir en tête. Mais si vous devez le faire… je pense que c'est le meilleur endroit et le meilleur moment."

Pour ne pas dire le seul endroit et probablement le dernier moment. Avant longtemps en tout cas. La voir de la sorte, une fois marié, ne sera que pire encore et ne lui fera que plus de mal. Et je ne veux pas ça, malgré une attitude qui pourrait presque démontrer le contraire. Je hausses les épaules alors qu'elle reprend, sentant la mauvaise conscience s'insinuer comme un serpent dans mon esprit.

"Parce que votre compagnie m'était trop agréable, que je n'avais pas envie de me priver de quelque chose que je pensais pouvoir peut-être obtenir dans le fond. Et qu'après… c'était un peu tard pour reculer sans réelle raison. Quant aux motifs de ce mariage… ce qui me pousse à épouser Megara… c'est le devoir. Je l'apprécie, je ne vais pas vous le cacher, mais je l'ai vue grandir et… enfin peu importe. L'épouser est un symbole pour l'Ouest et très important pour ma famille et toutes les familles nobles qui se sont senties lésées de voir l'ainé se marier à une nordienne."

Je soupire profondément et je secoue la tête avant de reprendre, non sans une certaine amertume.

"Je ne suis même pas sûr que ce que je vous dis sert à quelque chose en fait. Ou si ça ne vous fait pas encore plus de mal. J'en suis désolé."

Encore et toujours. Combien de fois ai-je pu lui dire et le penser ? Combien de fois ai-je regretté de l'avoir embrassée et d'avoir recommencé. Non que je n'ai pas apprécié les instants partagés, c'est tout le contraire justement. Ces moments étaient bien trop agréables pour que j'ai le droit de continuer d'agir de la sorte. Et le sourire que je lui offre quand elle répond à ma question est plus triste qu'autre chose.

"Amusant, je ne pensais pas que vous entendre dire cela pouvait être à la fois aussi plaisant et blessant en même temps. Vous avez répondu oui. Et j'aurais préféré, pour vous, que vos paroles soient autres à dire vrai. Vous méritez bien mieux que d'ouvrir votre cœur à un imbécile qui va en épouser une autre."

Je la fixe alors, fronçant les sourcils à son interrogation et hésitant quant à la réponse à lui apporter. A dire vrai, je n'en ai aucune de sensée qui me vient à l'esprit. Il serait vaniteux de croire que des jeunes femmes ont pu tomber sous mon charme et pourtant, je me doute que c'est le cas, que ce soit réellement de moi ou de l'homme qui accompagne le prince de l'Ouest. C'est cette pensée qui me fait trouver les mots et je capte son regard en soufflant, avec un sourire un peu plus franc.

"Et bien disons que c'était la première fois que l'on tombait sous le charme du valet et pas de l'ombre du lionceau."

Je ne saurais dire si elle comprend vraiment ce que je veux dire par là ou non mais, dans le fond, je me demande si cela a une réelle importance. Elle sait déjà à quel point elle a pu prendre rapidement de l'importance pour moi et en rajouter serait inutile. Je l'écoute alors avec une attention non feinte et je secoue la tête à ses derniers propos.

"Le bien-être de votre cousine m'importe vraiment, n'en doutez pas. Certes, le sort d'Alys compte pour moi car elle m'est précieuse mais j'aimerais tout autant les savoir heureuses l'une et l'autre. Même si vous êtes tout autant déracinée et loin des vôtres."

Le reste.. la discussion se fait autrement plus délicate alors que nous avons tous les deux bien conscience de la stupidité de nos sentiments, de leur vacuité même. Pour autant, nous avons tous les deux été assez naïfs pour espérer qu'il en ressorte quelque chose. Et c'est encore pire de savoir qu'elle a pu y penser elle aussi.

"Je ne peux pas croire que tu n'y aies pas songé non. Mais je suis plus expérimenté que toi dans ce domaine et… enfin je savais plus que toi que je m'approchais dangereusement de limites que je n'aurais même pas dû effleurer. Et cet espoir… ce fichu espoir de croire que nous aurions pu … je ne sais pas en fait. Si ça se trouve, au bout de quelques jours, tu aurais voulu me fracasser le crâne avec une cruche pleine de vin."

Et je secoue la tête de plus belle, la fixant et me retenant de la serrer dans mes bras.

"Surtout pas. Les Sept soient remerciés que tu ne sois pas comme ta tante. Ce qui te fait souffrir aujourd'hui pourra être un cadeau plus tard. Tu rencontreras quelqu'un. Tu le mérites Lynara. Et tu te dois d'être heureuse. Ne serait-ce que pour retrouver ce sourire qui m'ont séduit et voir ces joues rougir, même si c'est pour un autre."

Je sens mes mâchoires se contracter quand elle évoque Megara. Leurs deux images ne vont pas ensemble dans mon esprit et pourtant, je suis soulagé qu'elle ne me pense pas volage au point de l'avoir déshonorée. Même si, dans le fond, ce serait plus simple.

"Je t'ai évoqué les raisons, même si elles ne doivent guère te consoler. Et nous savons tous les deux que si Jeyne t'avait demandé de faire de même, tu l'aurais fait, même si j'avais été à ta place."

Et, quand elle évoque Lyman et sa surprise, j'ai un sourire et je secoue la tête, non sans curiosité.

"Et bien non, je n'étais au courant de rien. Il avait peut-être peur que je vende la mèche ou que je le qualifie de romantique, va savoir. C'est effectivement un très bon signe pour leur relation. Et je suis content qu'il soit venu te voir aussi, c'est qu'il a confiance en toi et en ton jugement. Quant au fait de l'aimer… je pense qu'il l'apprécie oui, qu'il s'attache à elle. Il n'était guère enthousiaste à l'idée de ce mariage et je crois qu'il a été plus qu'agréablement surpris. Comme nous tous à dire vrai. C'est aussi pour ça que je veux l'aider. Vous aider donc. En espérant être vraiment utile."

Je lui jette un regard perplexe quand elle secoue la tête mais je n'insiste pas, troublé en voyant qu'elle s'est souvenue de mon blason. Et j'ai sourire en coin alors que je la fixe, me faisant malicieux l'espace d'un instant.

"Tu peux me le dire, je ne te ferais pas les gros yeux pour une telle inconvenance. C'est flatteur même que tu aies pris le temps de le faire quand bien même ça ne se fait donc pas pour une fille à marier. Je m'en moque."

Mon sourire s'efface quelque peu quand elle évoque notre place dans l'ombre de nos souverains. Libres oui, c'est certain. Mais j'ai pu découvrir la pleine mesure des limites qui se dressaient autour de nous. Plus qu'elle ne pourrait le soupçonner. Je préfère ne pas en rajouter, peu désireux de voir cette mine sombre qui a gagné son visage s'attarder encore plus longtemps par ma faute. J'arque un sourcil quand elle parle de raconter ce qui la tracasse à Jeyne et j'ai un bref soupir avant de souffler, avec une ombre de sourire.

"Tu serais capable de ne rien confier à Jeyne ? Non, ne t'en fais pas, je n'attends pas de réponse. Je suis moins même de toute façon incapable de lui mentir mais… ne t'accable pas plus que nécessaire. Comme je te l'ai dit, de nous deux, je suis le plus à blâmer."

Et encore plus alors que je me saisis de ses lèvres pour l'embrasser une nouvelle fois, contre toute raison. Et qu'elle ne me repousse pas n'est pas une bonne chose, bien au contraire. Elle devrait me fuir, me gifler, m'incendier ou que sais-je encore. Pas réagir de la sorte.

"Tu crois que les choses s'arrangeraient si je partais maintenant ?"

Tout en parlant, je la serre un peu plus contre moi avec un soupir, non sans l'embrasser de nouveau. Si l'une de mes mains continue d'effleurer son visage, l'autre reste sagement posée en bas de son dos, juste pour la garder contre moi. Rien de plus. Je n'ai de toute façon pas le droit à autre chose.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mer 18 Jan - 19:21

Le silence se fait inconfortable, au point que Lynara se demande si elle n’aurait pas mieux fait de garder le silence. Elle n’a aucune idée de la façon dont Gareth pouvait accueillir ses confessions, et qu’il s’abstienne de prendre la parole la mettait mal à l’aise, lui donnant l’impression de faire preuve d’encore plus de maladresse et d’inconscience. Qu’il lui affirme l’inverse ne contribuait pas à réellement effacer cette impression, même si elle se sentait légèrement moins mal à l’aise, elle même.

« Mais êtes-vous sûr de vouloir ou même pouvoir y répondre ? Si je ne sais pas comment agir ou réagir, je ne veux pas vous mettre dans l’embarras, si cela est possible… Peut-être suis-je déjà en train de le faire, sans même m’en rendre compte. Dites le moi, Gareth. »

Ou taisez-vous, et laissez moi là. Elle tait cette pensée, pourtant, incapable de le laisser s’échapper, de le laisser fuir à nouveau, sachant qu’il ne reviendrait peut-être plus. Si leur rencontre avait été fortuite, elle savait pertinemment qu’il l’avait déjà évitée, et elle essayait d’ignorer qu’il pourrait recommencer. Elle ne voulait pas l’y pousser, persuadée qu’elle n’en souffrirait que plus encore. Elle toussa brièvement, respirant de travers, alors qu’il répondait sincèrement. Plus sincèrement, peut-être, qu’elle n’aurait dû le souhaiter. Il lui fallut du temps pour reprendre contenance et trouver les mots qui exprimeraient ce qu’elle souhaitait dire.

« Vos paroles sont plus qu’énigmatiques… J’essaye de les comprendre, de donner raison et sens à ce que vous me dites, mais je n’en suis que plus perdue. Sûrement devrais-je garder cela pour moi, par ailleurs, ne pas vous divulguer ces faiblesses et tout ce qui peut en découler, mais c’est plus fort que moi. Je ne sais si j’en suis flattée, blessée, désemparée, ou tout cela à la fois. Et vous ne devriez pas vous excuser… Je vous pousse à ces confessions, alors que je devrais les fuir. Mais je ne peux m’y résoudre. »

Elle recula pourtant, un bref instant, résistant à l’impulsion de s’approcher de lui, et de lui affirmer qu’elle aimerait tellement comprendre. Ne pas être simplement tenue dans l’incertitude que provoquent ses propos. Jeyne le lui avait dit, mais elle n’avait pas eu plus d’informations, elle n’avait pas davantage compris. La réalité des choses semblait lui échapper, alors qu’elle se perdait plus encore dans l’incompréhension. Soupirant, elle releva le regard vers Gareth, toute aussi blessée par la tristesse qui se peint sur son visage suite à mes propos que par toute la situation.

« Je ne souhaitais pas vous mettre dans la même situation que moi, veuillez m’en excuser. Je cherche sûrement à rationnaliser et à me convaincre que l’avenir ne peut être aussi noir qu’il semble être à mes yeux pour le moment. Difficile d’outrepasser les sombres moments que j’ai l’impression de voir venir, alors que je serai seule, et que vous aurez tous de quoi vous réjouir… Je me sens incroyablement égoïste, de penser les choses ainsi, alors que je ne souhaite réellement que le bonheur de ma cousine, et même le vôtre, mais il m’est difficile de voir que vous allez avancer, et que je n’ai plus le moindre espoir, comme je pouvais en avoir à Winterfell, malgré ma crainte croissante à l’idée que je ne m’adapte pas à Castral Roc. Il m’est impossible de fuir ces noires pensées, alors qu’elles ne devraient guère traverser mon esprit. »

Il était pénible à la jeune fille d’évoquer de telles choses. Gareth en avait-il seulement conscience ? Le flot de ses paroles était fluctuant, elle qui était en temps normal pleine d’assurance, et peu à même de se laisser submerger par le doute et le désespoir. Elle s’en voulait, qui plus est, d’infliger cette cruelle vérité à Gareth. Mais elle était incapable de garder le silence.

Un sourire triste orne ces lèvres, alors qu’il clarifie sa pensée pour Lynara, alors qu’elle se remémore leurs échanges à Winterfell. « Les conséquences ont bien failli en être fort déplaisantes, pourtant… Mais ne croyez-vous pas que, bien qu’elles se laissent abuser par votre position d’ami du Prince, les jeunes femmes auxquelles vous… Elle s’interrompt brusquement, prenant conscience du déplaisir qu’elle ressent à évoquer un tel sujet, et de son incapacité à poursuivre sa phrase, même pour le bien de Gareth. Vos qualités surpassent votre position, et je doute que qui que ce soit puisse l’ignorer bien longtemps. »

Elle détourne à nouveau le regard, incapable de se confronter à lui, alors qu’elle vient de trahir la difficulté qu’elle avait à l’imaginer serrer d’autres jeunes femmes dans ses bras. Elle devrait s’y habituer, pourtant – elle le verrait, heureux, avec sa femme, elle en était persuadée. « Pourrais-je jamais m’habituer à vous voir faire preuve de tendresse envers votre future femme ? » Sa voix est basse, elle est bien incapable d’y insuffler la moindre force, et elle n’en pense pourtant pas moins. Elle ne saurait dire s’il l’entendra, mais la caverne intensifie les sons, et ils sont seuls. Ils sont seuls, et concentrés l’un sur l’autre – ou du moins, est-ce ainsi qu’elle voit les choses.

« Si vous pouvez veiller sur l’une et l’autre, je vous en serai éternellement reconnaissante, en ce cas. Et quelle importance, à mon sujet ? Je crains que cela ne change pas. » Elle exécrait faire preuve de tant de défaitisme, mais elle peinait à faire autrement. Alors qu’elle aurait préféré que la conversation reste légère, ce qui était loin d’être le cas.

« Nous ne serons jamais d’accord à ce sujet, je le crains. Tant concernant l’implication que nous avons chacun dans cette faute que nous avons commises en nous liant malgré nous, ou quant au fait que je ne t’aurai pas supporté. Mais peut-être suis-je trop idéaliste pour voir les choses autrement. »

Un rictus presque moqueur avait remplacé les émotions changeantes qu’elle ne cessait de ressentir, alors qu’elle savait toute l’ironie de se comporter de manière idéaliste, elle qui était persuadée ne pas l’être – à tort, pour certains points, pourtant. Sa voix se fait plus inflexible, pourtant, alors qu’il lui affirme qu’elle rencontrera quelqu’un et pourra être heureuse. Elle est incapable de le considérer, de l’envisager, ou de le croire réel. « Tu l’as dit toi-même, je suis seule, déracinée et isolée loin des miens. Cela n’arrivera pas – je crains que ce sourire ne s’élargisse que bien rarement, et que mes joues demeurent aussi pâles que lors des plus froids hivers dont Winterfell ait eu à souffrir. Mais le bonheur de Jeyne suffira à faire le mien. » Elle veut y croire de tout son cœur et de toute son âme, mais il lui est difficile de le faire, pourtant. Sa vie lui convenait parfaitement, auparavant, mais cela pourra-t-il toujours être le cas ? Elle n’en sait rien, à son plus grand désarroi.

« Je voudrais croire que tu aies raison, pourtant… » Les yeux de la nordienne se confrontent à nouveau à ceux de l’ouestrien, et si elle ne sait pas ce qu’ils expriment, elle espère ne pas implorer son réconfort, ne pas quémander malgré elle qu’il la convainque qu’elle a tort. Elle a vu le désespoir que la perte de sa sœur a causé chez Théa, et elle le craint. Peut-être est-elle prédestinée à la rejoindre, et à partager une retraite à Karhold avec elle… Peut-être. Peut-être est-elle faible, et son esprit est-il brisé. Elle n’en sait rien, mais elle sent ces peurs l’envahir, alors que le silence tombe, pensant.

« Je n’ai pas autant de valeur que tu sembles le croire, et ne serais pas promise à un prince. Bien que je ne puisse nier que la position de ma famille fait de moi une jeune femme à marier intéressante… Mais j’aurai agi ainsi que mon devoir me le dictait, oui, cela ne facilite pas pour autant l’acceptation de cela. N’aurais-tu eu aucune difficulté, si la situation était inversée ? » Elle regretterait peut-être la réponse, si elle était négative, mais elle n’avait pu s’empêcher de la poser.

« Jeyne aurait souffert d’un mariage malheureux et j’en aurai souffert avec elle, quand ton Prince aurait trouvé des exutoires bien plus facilement qu’elle… Mais je suis heureuse qu’ils semblent s’être réconciliés avec ce mariage qui les attendait l’un et l’autre depuis leur plus jeune âge, même si leurs promis auraient pu être autres. Si tu agis pour qu’il en soit toujours ainsi, alors tu auras toujours ma reconnaissance. »

Si elle lui avait demandé, partiellement par dépit, partiellement parce qu’elle lui faisait malgré tout confiance, son aide pour nombre de choses, elle ne releva pas cette nouvelle proposition, incapable de savoir quoi dire, ou quoi ajouter à nouveau pour ne pas se sentir embarrassée, l’embarrasser lui-même, ou raviver les tensions en se remémorant qu’elle avait sollicité son aide pour avoir un promis digne de ce nom.

« Ne l’ais-je pas avoué à mi-mots, à l’instant ? »

Le sourire de Lynara se fait plus doux et plus sincère, un bref instant. Elle ne regrette pas son inconvenance, en réalité, bien qu’elle l’évoque à voix mesurée. Elle secoua la tête, sans relever pourtant qu’il se blâme encore, bien qu’en désaccord. « Si tu me le demandes, peut-être. Ou s’il m’est trop difficile de le faire. Si elle a toute ma confiance et toute mon affection, le poids que j’ai sur le cœur… Elle s’arrêta brusquement, peu désireuse d’accentuer encore tout cela. Désolée, je devrais apprendre à me taire. »

Elle secoua la tête, comme pour retrouver ses esprits, chose impossible alors que les lèvres de Gareth rejoignaient les siennes, la perturbant davantage encore. « Comment pourrait-ce être le cas ? » Sa voix n’était plus tranchante, simplement dépourvue de vie, alors qu’elle lui répondait. Comment les choses seraient-elles en mesure de s’arranger ? Le savoir là, la serrant dans ses bras, ne l’aidait pas à y voir plus clair, ou à croire qu’elle cesserait un jour d’en souffrir. Pas alors qu’il l’embrassait, l’étreignait, et faisait preuve d’une tendresse dont elle avait besoin. Elle était presque apaisée, par ces gestes doux.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mer 25 Jan - 10:20

J’aimerais que les choses soient plus aisées pour elle comme pour moi. Qu’il y ait une évidence criante qui nous permette de suivre chacun notre route sans nous soucier de ce qui a pu se passer entre nous, de ces sentiments qui subsistent et auxquels je ne suis pas habitué. Mais bien évidemment, il n’en est rien et je ne peux guère lui faire l’affront de disparaitre, pas après tout ce que j’ai déjà pu lui faire, quand bien même ces confessions ne nous feront du bien ni à l’un ni à l’autre. J’ai un bref soupir à ses interrogations et je ne peux que hausser les épaules, la mine incertaine.

"Je n’en sais rien. Enfin en tout cas pour ce qui est de pouvoir y répondre. Si cela peut vous apporter un peu de soulagement ou vous éclairer alors oui, je veux essayer."

Ou alors ce serait une très mauvaise idée, une de plus. J’essaie de lui expliquer ce qui a pu me pousser à agir de la sorte sans réellement arriver à trouver mes mots. Ce qui, pour le beau parleur que je suis habitué à être, est des plus délicats à gérer. Pour autant, je ne suis pas sure qu’il serait mieux pour elle que je puisse lui dire vraiment de quoi il en retourne. Ce serait trahir Lyman et les Lannister, mettre Meg dans une situation délicate par ma faute, parce que je suis incapable de faire correctement mon devoir et que je suis aveuglé par des sentiments qui n’auraient même pas dû exister. Et qui pourtant subsistent encore et toujours.

"Je n’aurais pas dit énigmatiques mais plutôt peu claires. Je ne suis pas habitué à ce genre de situations ni à ce que je peux ressentir en cet instant. Alors, bien évidemment, je ne suis pas des plus cohérents ou des plus explicites. Et cela vous blesse encore plus que le reste. Vous devriez effectivement me fuir, même si je n’en ai pas la moindre envie. Mais cela vous épargnerait un peu."

La voir se reculer me blesse, plus que je ne voudrais bien l’admettre, quand bien même je sais que cette réaction instinctive est justifiée et que je n’aurais rien à en redire, quoi que je puisse en penser. Mon regard accroche le sien et je peux y lire le reflet de la propre tristesse qui me gagne à mesure que nous parlons. Et à laquelle nous n’y pouvons rien.

"Je… comprends. Et j’aimerais trouver les mots pour vous convaincre que vous arriverez à dépasser tout cela, que vous ne serez jamais vraiment seule et que les choses s’arrangeront, que tout ça ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir, que vous repenserez aux moments que nous avons passé sans tristesse mais plutôt avec un vague amusement à l’idée de vous être entichée d’un arrogant ouestrien. Mais je n’en sais rien. Et je suis incapable de savoir ce que je dois faire ou dire pour vous aider."

Et si j’essaie d’expliciter ce qui a pu me faire tomber sous son charme, je ne peux que froncer les sourcils à sa répartie, même si une ombre de sourire apparait fugacement avant de s’envoler.

"J’ai souvenir d’une gifle qui pourrait être effectivement qualifiée de déplaisante pourtant. Quant au reste… il n’est pas question d’ignorer des qualités dont nous pourrions débattre ou non de l’existence mais plutôt de s’en moquer. Tout comme je ne me souciais guère d’être apprécié pour ce que je suis vraiment, que ce soit auprès de vous ou de votre cousine. Vous avez changé bien des choses quant à ma vision que je pouvais avoir des gens autour de moi et ça, je ne peux faire mine de l’ignorer."

Je me fige un instant alors qu’elle évoque la tendresse que je finirais par avoir envers Meg et que je repense à mon tête à tête avec ma promise. J’aimerais tellement en cet instant précis lui dire la vérité, qu’elle comprenne vraiment de quoi il en retourne mais ensuite, que se passerait-il ? J’irais quand même épouser la jeune lionne et je tiendrais ma promesse d’essayer de rendre cette union aussi heureuse qu’elle pourrait l’être. Et j’abandonnerais Lynara. Parce que je n’ai pas le droit de faire autre chose, de la garder auprès de moi comme je le voudrais. Je soupire, secouant doucement la tête et tendant la main pour effleurer sa joue, avant de la laisser retomber dans le vide. A quoi bon ?

"Bien sûr que je veillerais sur elle."

Et ma voix se meurt, alors que je la regarde se faire triste, amère et j’en passe. Mon cœur se serre alors que je hausse brièvement les épaules à l’évocation de cette chimère que j’avais caressé l’espace d’un instant.

"Je le crains également. Et à quel point est-ce idiot d’apprécier le fait que tu as l’air persuadée que tu m’aurais supporté ?"

Et je laisse filer un instant de silence quand elle reprend, fronçant les sourcils quand elle parle, incapable de l’interrompre. Parce que si je le fais, ce serait pour l’embrasser ou dire quelque chose de stupide. Je me contente de secouer la tête et de souffler, dans un murmure.

"Le pire dans tout ça c’est que je me dis égoïstement qu’à cause de moi, de ce que j’ai fait, je ne pourrais plus voir ton sourire autant que je le voudrais. Et que c’est particulièrement injuste. Mais je maintiens que j’ai raison Lynara. Tu ne peux pas t’éteindre, il y a une force en toi qui te permettra de dépasser tout cela, j’en suis persuadé."

Parce qu’il le faut, qu’elle en a besoin et qu’elle ne peut pas rester brisée de la sorte à cause de nous. Dire que je m’en veux ne traduit tellement pas les sentiments qui peuvent se bousculer que je reste de nouveau silencieux quelques instants, la fixant avec l’envie de la prendre dans mes bras pour la consoler, pour la protéger de ce qui l’attend et celle, bien plus égoïste de ne l’avoir que pour moi l’espace d’un instant, aussi court soit-il.

"Tu as beaucoup de valeur à mes yeux. Et non, cela ne facilite en rien l’acceptation de la situation. D’autant que je n’aurais guère apprécié si tu avais été à ma place. Mais je crois que nous avions déjà acté que j’étais bien moins raisonnable que toi sur le sujet."

J’ai un bref hochement de tête lorsqu’elle évoque le mariage de Lyman et de Jeyne. Evidemment qu’ils seraient tous les deux accommodés d’une union malheureuse. Après tout, ce n’était pas le but de ce mariage. Et pourtant, de les voir s’entendre a quelque chose de rassurant.

"Je le suis aussi. Surtout en ayant appris à connaitre Jeyne. Je ferais ce que je peux oui, pour leur bien-être, comme je le fais depuis toujours pour les Lannister."

Quoi qu’il m’en coûte oui, comme le fait de ne pouvoir être vraiment avec elle. Evidemment, j’ignore savamment le fait que j’aurais peut-être dû en épouser une autre. Ou que cela aurait pu être son cas. Peu m’importe, en cet instant précis c’est mon devoir envers mon prince qui fait obstacle entre nous. Et je ne peux ni ne veux rien y faire.

Difficile de ne pas remarquer qu’elle passe le reste de mes propos sous silence. Et je me dis qu’elle fait bien, cela ne ferait que raviver une situation déjà difficile. Je ne peux que lui sourire en retour, effleurant du bout des doigts sa joue et murmurant, sur le même ton qu’elle.

"Possible, mais j’avais envie de te l’entendre dire."

J’ai un bref soupir alors que je la fixe un instant, pensif et j’ajoute, d’un ton précautionneux.

"Je… ne peux pas te demander ça. Ce serait malhonnête. Vraiment. Elle a toute ma confiance aussi et cela peut te soulager un peu, ce serait cruel de te demander de te taire."

L’embrasser est une mauvaise idée, surtout après tout ce que nous venons de dire. Et pourtant, je suis incapable de m’en empêcher, tout comme je ne peux pas ne pas la serrer contre moi, avec un mélange de douceur et de possessivité que je ne pourrais de toute façon plus m’autoriser à avoir à son égard. Je souffle, tout contre ses lèvres alors que je secoue brièvement la tête.

"Je ne sais pas Lynara. Je sais juste que je n’ai pas le moins du monde envie de te relâcher."

Et mes lèvres vont de nouveau chercher les siennes alors que ma main quitte sa joue pour glisser sur son cou, effleurer son bras pour se poser sur son ventre. Juste pour la garder contre moi, rien de plus.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Dim 29 Jan - 14:20

Essayer… Serait-ce suffisant, pour seulement apaiser Lynara ? Elle n’en savait strictement rien, et il ne semblait malheureusement pas en mesure de lui apporter l’assurance que ce serait le cas. Mais c’était déjà mieux que rien, surement. Elle ne pouvait trop lui en demander, sans passer pour… pour elle ne savait pas quoi, mais clairement pas ce qu’elle devait être. Elle avait déjà dépassé depuis longtemps ce que l’on attendait d’elle, mais ça ne facilitait en rien le fait de se restreindre et de ne pas aller trop loin dans ses propos ou dans ses gestes, ou même dans ce qu’elle attendait de Gareth. Elle était en tout cas totalement perdue, mais elle acquiesça, tout de même soulagée qu’il ne refuse pas de lui répondre.

« Mais je tente de vous pousser à vous confier, à m’expliquer tout cela, aussi ne pouvez-vous pas vous blâmer de ce que je peux ressentir. Je ne vous redirai plus, après cette fois, que je vous ai laissé prendre cette place auprès de moi, et que je suis donc tout aussi coupable que vous, si nous pouvons pour autant nous blâmer des élans de notre cœur. »

Elle ne répondit pas quant au fait de fuir… cela lui semblait impossible, bien trop dur, et elle était certaine de le lui avoir déjà démontré. Elle n’était même pas sûre que la décision lui appartienne – elle pourrait s’en aller, retourner dans le Nord, ou tout bonnement ignorer Gareth, si elle s’y forçait, malgré la douleur. Mais le premier serait compliqué étant donné la situation dans tous Westeros, et le second… le second serait un calvaire quotidien, et la priverait sûrement du même fait de Jeyne. Comment ignorer le beau-frère du futur roi, et continuer à fréquenter sa femme ? Non, elle peinait à s’imaginer cela possible. Elle garda pour elle ces biens sombres explications, malgré le fait qu’elle se soit reculé en y pensant. Il était inutile d’affliger l’ouestrien encore plus qu’il ne devait l’être. Tout ce qu’elle voit dans son regard lui serre le cœur et lui donne l’impression d’étouffer, pourtant.

« Je ne sais pas si, pour le moment, qui que ce soit puisse en convenir… Selon Jeyne, je dois laisser le temps faire son ouvrage. Et aussi insurmontable que cela me semble, je tente pourtant de m’accrocher à cela. Je peine à le faire, cependant. Peut-être que je ne le souhaite pas réellement, ou qu’il est trop difficile de laisser cet inconnu prendre la place, sans savoir ce qu’il adviendra de moi. Comprenez moi, j’ai toujours pensé que je finirais marié par quelqu’un proche de Jeyne, pour continuer à la servir, sans que je ne puisse espérer y trouver du plaisir. Puis je vous ai rencontré, et d’autres possibilités se sont offertes à moi… pour se retrouver écrasées face à ce devoir qui est le vôtre d’épouser la princesse, pour des raisons qui me sont absolument inconnues. Je suis plus que jamais dans l’incertitude, et incapable de croire en ce récit que vous dépeignez, bien que je l’aimerai. Mais cela ne doit pas vous tracasser – ce n’est pas à vous de vous inquiéter de ce qu’il advient de moi. »

Elle est bien sombre, et cela l’agace autant que la situation dans laquelle elle se trouve la peine. Elle n’a pas réellement l’habitude de se laisser aller à tant de désespoir, encore moins pour des choses qu’elle aurait qualifiées de futiles, il y a tout juste quelques mois de cela. Et elle sait que ses propos feront du mal à Gareth, mais elle ne peut faire taire sa franchise. Ce serait, plus que tout le reste, un affront. Elle est la première surprise, du sourire qu’il lui arrache bien malgré elle, en faisant référence à un geste malheureux qu’elle a pu avoir. Elle est passée outre la tromperie dont il a fait usage depuis longtemps, mais elle persiste à penser que c’était une réponse justifiée en réponse à leur petit stratagème, qui lui a causé plus de tracas qu’elle ne l’admettrait. Elle étouffe la pensée qui lui dicte qu’elle n’aurait jamais du donner suite, qu’elle aurait du l’agonir de reproches puis tourner le dos sans demander son reste. Elle n’arriverait jamais à rien, en se prenant à désirer qu’un tel revirement ait eu lieu. C’était bien trop tard, en tous les cas.

« M’en tenez-vous encore rigueur ? J’estime toujours avoir agi comme il convenait de le faire, vous savez. Encore plus si j’ai pu bousculer votre conception des choses. C’est probablement orgueilleux de ma part d’envisager les choses ainsi, mais je ne peux que croire que cela vous a rendu meilleur. »

Sans doute aurait-elle préféré le contraire, mais souhaiterait-elle vraiment que Gareth ne soit que manipulation, vilénie et superficialité ? Cela adoucirait peut-être sa peine, mais elle n’arrivait pas à croire qu’elle puisse se conforter de le voir ainsi, quand il s’est montré autrement dans le secret. Elle secoue légèrement la tête pour retourner à la réalité, et voir ce geste amorcé et aussi avorté, qui la peine plus qu’elle ne le voudrait. Est-ce un rejet, que de fuir le contact ainsi ?

« Je ne vous en remercierai jamais assez. Elle mérite que l’on prenne soin d’elle, et d’être bien entourée, et je ne suis pas sûre de pouvoir y parvenir seule. »

Si elle avait pu sourire, quelques instants plutôt, ce dernier se fana assez vite, malgré la culpabilité qu’elle ressentait à l’idée d’infliger ses humeurs à Gareth.

« Bien moins que tout ce que j’ai pu ressentir jusqu’à présent. Admettons que nous sommes prisonniers de sentiments que nous n’avons pas pu contrôler, plutôt que de nous dire que nous sommes idiots ? Je ne peux te qualifier de tel, et je peine à croire que nous ayons réellement pu faire autrement… »

Oui, ils s’étaient trouvés dépassés par ce à quoi ils étaient confrontés, et dont ils ne pouvaient s’extirper. Cela ne réconfortait guère Lynara, mais adoucissait sa peine, peut-être, plutôt que de fustiger pour cette situation inconfortable dans laquelle elle se trouvait.

« J’aimerai te croire, j’aimerai tant que l’avenir te donne raison. Cette force que je ne crois pas avoir pour le moment, j’aimerai la trouver, et qu’elle me guide vers un futur plus heureux que celui qui se profile à l’horizon. Je ne peux te promettre d’y arriver, mais je peux te promettre d’essayer. Te promettre qu’un jour, ce sourire ne sera plus forcé, mais aussi sincère qu’il a pu l’être par le passé. Qu’il peut, par moment, alors qu’il me prend par surprise. »

Elle délirait, n’est-ce pas ? Peut-être.

« Aussi stupide que cela puisse paraître ça me… réconforte. De savoir que j’ai de la valeur pour toi, même si ça n’était pas ce que j’entendais par-là. Ça a bien plus de valeur à mes yeux que toute celle que je pourrais avoir pour d’autres ; parce que je suis l’aînée d’une importante famille nordienne et la dame de compagnie de la princesse du Nord et de Roc. Mais je ne devrais pas m’accrocher à cela, n’est-ce pas ? Es-tu sûr de pouvoir affirmer que tu es bien moins raisonnable que moi ? »

Elle essayait d’alléger son ton, de faire de l’humour, sur son côté raisonnable, et même si son ton ne suivait pas tout à fait, elle n’avait pas totalement échoué non plus – ou du moins le croyait-elle.

« Je t’en remercie. »

Trois petits mots, qui aurait pu être insignifiant, mais le sujet était de trop grande importance pour la jeune fille, pour que cela soit le cas. Elle ne savait pas à quel point Gareth le prendrait au sérieux, mais elle avait pu voir l’importance de l’affection qui le liait à son prince, aussi n’avait-elle aucune peine à croire ce qu’il lui disait. Elle en avait bien plus à avouer l’avoir regardé, plus que de raison.

« Alors souviens-t-en, et chéris ce souvenir, si tu le peux. Si cela ne t’est pas trop douloureux, considérant… tout ce qui va arriver. Tout ce qu’elle peinait à exprimer sans ressentir de douleur, sans ressentir le détachement qui aurait du être le sien à l’évocation de son mariage. Elle a pris ta défense, tu sais. Elle ne t’a pas accablée, pour me réconforter. Cela te semblera peut-être curieux ; mais c’est ainsi qu’est notre relation. Nous ne disons que rarement ce que l’autre cherche à entendre, mais plutôt ce qu’il en est réellement, pour ouvrir les yeux à l’autre. Il lui aurait été si facile de dire que tous mes malheurs t’étaient imputables et que tu étais malhonnête, mais elle ne l’a pas fait. Elle n’était pas dure, mais elle était réaliste. Alors je me tairais, si tu me le demandais, mais elle mérite cette confiance que tu as en elle. Plus que quiconque, je crois… »

Elle trahissait de sa conversation avec Jeyne bien plus qu’elle ne le voulait, mais il lui avait prouvé être digne de confiance, lui aussi, finalement, non ? Elle n’était plus sûre de rien, surtout pas alors qu’elle se trouvait dans ses bras, mais de cela elle en était presque certaine.

« Alors garde moi dans tes bras, comme si c’était la dernière fois… Tu seras bientôt marié et le gouffre qui nous séparera ne pourra pas être plus grand. Laisse moi apprécier ton étreinte, une dernière fois. »

Ou plus encore – elle s’était déjà promis de ne plus chercher la présence de Gareth depuis qu’elle avait su qu’il était fiancé à la princesse, sans grand succès. Elle ignorait son échange avec Megara, malgré la honte qui ne manquerait pas de la consumer pour sa fausseté, profitant du moment présent, frémissant alors que la main de Gareth se déplaçait, lui rendant son baiser et l’embrassant à nouveau, passant distraitement sa main dans son dos puis dans ses cheveux, les yeux fermés. Comment pourrait-elle aller de l’avant ?


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Dim 5 Fév - 16:38

J'aimerais tellement trouver des réponses, sans même avoir à y réfléchir, sans me sentir impliqué plus que cela. Il serait bien plus évident de gérer la situation si ces fichus sentiments ne voulaient pas s'y mêler et compliquer le choses. Je ne sais pas ce qu'elle attend de moi et surtout, ce que je peux lui répondre, ce qu'elle aurait encore le droit de me demander ou ce que je pourrais lui apporter. Ce que j'ai le droit de faire ou non. Jusqu'où aller dans mes propos, dans mes réponses, sans la blesser d'avantage. J'aimerais juste pouvoir la soulager quelque peu, sans pour autant trahir la confiance que Lyman et le reste de la famille Lannister m'ont accordée. Bien trop de choses à prendre en considération alors que devant moi se tient la première jeune femme pour qui j'aurais éprouvé de vrais sentiments, sans ce voile que j'ai eu l'habitude d'apporter pour me préserver.

"Alors dites-moi ce que vous voulez entendre, ce que je peux dire que vous ne savez déjà. Je me suis attaché à vous plus que de raison, nous le savons tous les deux. Vous avez découvert des aspects de moi que je ne montrais guère avant de vous rencontrer et sans ces filtres que je m'amuse à distiller en temps normal."

J'ai un bref soupir avant de la fixer, tandis qu'elle laisse filer un silence au reste de mes propos. En même temps, je ne sais pas ce qu'elle pourrait répondre qui ne pourrait pas mettre en exergue le fait que c'était une idée aussi stupide qu'irréaliste. Je hoche doucement la tête quand elle reprend, sentant mon cœur se serrer avant de déglutir et de reprendre doucement, essayant de masquer mon hésitation.

"Je comprends. Bien plus que je ne pourrais vous l'avouer. Même si de mon coté l'idée d'un mariage ne m'avais jamais effleuré jusqu'à ce que je croise votre chemin et qu'il aurait probablement mieux valu pour nous deux que je n'y songe guère après. J'espère que Jeyne aura raison et que le temps fera son œuvre. Mais cela continuera de me tracasser, c'est évident, au vu de l'attachement que j'ai pour vous, votre avenir ne pourrait me laisser indifférent. Même si je ne peux donc guère y faire grand-chose."

Je songe aux échanges que j'ai pu avoir avec Jeyne à ce propos et j'avoue, je sens mes mâchoires se contracter quelque peu. Evidemment que je dois la laisser, que je ne dois pas l'approcher plus que de nécessaire mais il est difficile de songer à appliquer ces résolutions, surtout quand je la vois comme ça, si triste et si résignée. J'arrive pourtant à esquisser un sourire quand elle reprend la parole, même si la gaieté n'est pas vraiment le mot d'ordre de cette discussion.

"Je ne vous en ai jamais tenu rigueur. A dire vrai, votre réaction a été assez surprenante pour me séduire davantage. Et je ne sais pas si je suis vraiment devenu meilleur mais oui, vous avez réussi  à bousculer bien des choses. Et j'aimerais que ce soit encore le cas à l'avenir, même si c'est beaucoup demander."

Je sais, je ne devrais probablement pas lui dire ça, surtout pas de cette façon en tout cas. Mais je suis incapable de lui mentir, pas maintenant en tout cas. Pas avec tout ce qu'elle me dit et ce que je peux voir dans ses yeux. Je me retiens de la toucher, avec difficulté et je réprime un soupir avant de reprendre, d'un ton plus doux.

"Nul besoin de me remercier pour ça. C'est normal. Elle compte vraiment pour moi aussi maintenant."

Et je laisse filer un silence, nullement convaincu par ses propos. J'aurais aimé être capable de mieux contrôler ce que j'ai dis ou fait avec elle, nous n'en serions pas là. Et elle n'aurait pas aussi mal. Mais elle ne semble pas partager ce sentiment alors je reprends, après un temps d'hésitation.

"Et bien, je suppose que oui, nous pouvons admettre ça. Que ces sentiments nous ont surpris tous les deux et que nous ne nous attendions guère à tout cela."

Quand elle reprend, je fronce les sourcils avant d'esquisser une ombre de sourire. Et d'effleurer sa joue doucement. Je sais qu'elle possède cette force car c'est ce qui m'a séduit chez elle, autant que le reste, même si elle ne s'en rend plus compte. Et même si je dois la voir retrouver le sourire avec un autre, quand bien même j'en serais égoïstement blessé, j'en viens à souhaiter que cela arrive bien plus tôt qu'il ne le semble possible.

"Cette promesse… est un bon début déjà. Ton sourire est bien trop beau pour n'être sincère qu'à de rares occasions, quand bien même tu souriras à d'autres. Je veux que tu puisses le faire de nouveau. Et pour longtemps. Et tu as bien plus de valeur que je ne pourrais le dire à voix haute Lynara. Bien plus que je ne l'ai le droit de le penser surtout. En tout cas, je pense pouvoir affirmer que oui, je suis bien moins raisonnable que toi. Pourquoi ?"

Je laisse de nouveau filer un silence avant d'esquisser un nouveau sourire, bien plus spontané celui-là, quand elle parle de Jeyne.

"Sa considération me touche, même si je ne suis pas sûr de vraiment la mériter. Surtout si elle sait tout ce qui s'est passé. J'aurais pourtant presque préféré qu'elle te dise que j'étais un arriviste malhonnête qui s'était joué de toi, les choses auraient été plus simples à gérer par la suite. Mais je ne veux pas que tu te taises avec elle.  Je ne le fais pas moi-même et je me suis confié à elle déjà. Plus que je ne l'aurais cru possible. Parle-lui, si ça te soulage, si ça te permet d'avancer. Fais tout ce que tu dois faire pour être heureuse."

Sans moi donc. Parce que je n'ai pas mon mot à dire ou le droit de diriger sa vie. Alors pourquoi est-ce que je la prends dans mes bras ? Je n'en ai pas le droit, encore moins de l'embrasser de la sorte. Il serait tellement plus aisé qu'elle me repousse, que je n'ai pas à être raisonnable ou à me défaire d'une étreinte qui est certainement la dernière. Je me fige à ses propos et je souffle, avec un rire un peu triste.

"J'étais en train de me dire que je devais te relâcher, me faire raisonnable avant de faire quelque chose de totalement stupide. Je ne veux pas faire quoi que ce soit que tu puisses regretter ou qui te portera préjudice. Quand bien même t'avoir dans mes bras n'est pas suffisant à mon goût."

Et je l'embrasse de plus belle, la serrant contre moi dans une étreinte presque désespérée, ma main se crispant quand je la sens frémir contre moi. Comment pourrais-je la relâcher maintenant ?


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Ven 10 Fév - 10:44

Ce qu’elle voulait entendre ? Comment pouvait-elle le savoir, quand tant de secrets demeuraient ? Elle haussa les épaules, réprimant sa pensée première. Elle ne pouvait lui dire qu’elle aimerait comprendre ce qui le poussait à épouser Megara Lannister. Pourquoi lui, pourquoi ne pas proposer un autre parti ? Un meilleur parti, aurait-elle pu penser, compte tenu du fait que c’était une princesse, mais elle savait ne pas y croire elle-même. Comment la princesse aurait-elle pu préférer un homme qui serait surement tout sourire face à elle et se conduirait de manière répréhensible autrement, soucieux de sa position plutôt que de la personne ? Aussi douloureuse soit cette pensée, Gareth se comporterait mieux, n’est-ce pas ? Elle ne savait si elle préférait s’imaginer qu’il serait indifférent envers sa femme, ou l’inverse, à vrai dire. Soupirant, se crispant légèrement, elle secoua la tête.

« La seule chose de plus que je pourrais vouloir savoir et que j’ignore, vous ne pouvez me la dire, je le crains. »

Elle ne voulait pas se montrer ainsi, mais elle n’avait pas pu retenir cela. Il ne méritait pas cette… rancœur ? déception ? qui envahissait son cœur. Elle tentait de le convaincre qu’elle était la seule fautive, mais elle n’en était pas moins amère, quant à la façon dont les choses se déroulaient. Quant à la douleur que cela causait en elle. Elle savait avoir espéré stupidement, et elle ne se comportait malgré tout pas comme elle l’aurait dû. Qu’est-ce qui la retenait à ses côtés, sinon cette inclinaison interdite pour l’homme à proximité ? Elle se raidit légèrement, à ses propos.

« Ce serait tellement plus simple, de réussir à être indifférent l’un envers l’autre, n’est-ce pas ? C’est un tour cruel, que nous infligent les Dieux. Et comment pouvez-vous être sûr que cela continuera à vous perturber ? Vous allez prendre épouse, soutenir cet ami qui sera maintenant un frère pour vous, fonder une famille, probablement. Pensez-vous réellement avoir le temps de vous soucier de la Nordienne naïve qui n’a plus pour elle que ses illusions ? »

Elle n’était pas froide, à affirmer cela, au contraire. La détresse, désillusion, qu’elle ressentait faisait vibrer sa voix, et elle aurait préféré se taire, mais elle en était tout bonnement incapable. Ca n’était pas dans ses habitudes, initialement, mais il semblait la pousser dans ses retranchements – bien plus qu’elle ne pouvait le tolérer ou l’apprécier. Elle haïssait l’image que cela lui donnait, elle avait méprisé tant de femmes auparavant, et se retrouvait dans la même situation.

Ses yeux vinrent se confronter à ceux de Gareth, alors qu’il parlait de sa fureur suite à sa supercherie. Continuer à bousculer les choses ? Elle aurait aimé lui dire qu’elle le ferait, qu’elle le pouvait, mais devait-elle s’engager ainsi ? Il aurait tout, et elle… Le lui refuser lui était pourtant bien plus dur que d’envisager de ne plus jamais être en contact avec lui, ou de le voir évoluer avec une autre, en restant en retrait. Elle était complètement perdue, incapable de savoir que dire.

« Je… Je ne sais quoi répondre. S’il n’y avait aucune conséquences ou influence extérieure, alors peut-être pourrais-je vous dire que je ne vous laisserai pas redevenir l’imbécile arrogant qui s’est joué de nous, que, peut-être, je ne vous autoriserai pas à retrouver ces travers que vous estimez être les vôtres et que vous exagérez très probablement malgré tout, mais comment pourrais-je le faire, et rester sincère ? Je ne désire pas être écartée de votre vie, mais pouvez-vous seulement m’affirmer que j’y ai réellement ma place ? »

Elle se retint de dire qu’elle en doutait, tant parce que la pensée ne lui était pas agréable, que parce que c’était trop lui demander, pour le moment. Il n’était de toute façon pas stupide, n’est-ce pas ? Si des non-dits émanaient d’elle, ça n’était pas pour lui mentir, mais parce qu’elle était incapable de les prononcer.

« C’est une bonne chose, en ce cas. Si… Si les choses n’allaient plus avec Lyman, la protègeriez-vous malgré tout ? »

S’il ne voulait plus d’elle, s’il la blessait, émotionnellement ou physiquement… Si Lynara elle-même n’était plus là. S’il était blessé, et Jeyne vulnérable ? Si, si, si… Elle ne savait pas du tout de quoi le futur serait fait, et plus encore qu’auparavant, elle le craignait. Si elle était contrainte de revenir dans le Nord… ? Si elle se mariait et était isolée dans un domaine loin de tout ? Si… Elle secoua la tête, elle devait cesser de penser à ça. Et réellement réfléchir à son mariage, quand bien même la pensée lui donnait la nausée, actuellement. Un sourire lui fut arraché, malgré elle, triste mais bien présent, quand il lui accorda avoir raison, concernant les sentiments. Elle se contenta de hocher la tête, incertaine de la nécessité d’insister à ce sujet.

« Je ferai… de mon mieux. C’est tout ce que je peux te donner. Et tu te penses moins raisonnable, mais n’ai-je pas initié la plupart de nos échanges, de nos rencontres, alors que tu me fuyais ? Exigé des explications ? Cherché ta compagnie ? Est-ce là ce que doit faire une jeune fille encore libre de tous engagements, sans chaperon, face à un homme fiancé à une autre ? Je peine à te voir moins raisonnable que moi. »

Elle secoua la tête, plus vivement. Bien sûr que non, elle n’était pas du tout raisonnable, contrairement à lui qui cherchait à rompre le contact – ne le lui avait-elle pas reproché, justement, d’agir ainsi ? Elle s’apprêtait à lui répéter qu’elle ne saurait être heureuse, pas maintenant et peut-être jamais, mais elle se rappela sa promesse d’essayer de sourire, et garda le silence. Seule un sourire, bien plus triste qu’heureux, vint trahir sa pensée, alors qu’elle hochait la tête sans rien ajouter. Était-ce sa détresse, qui poussa Gareth à l’étreindre ? Elle n’aurait su le dire, mais elle s’y laissa aller, ayant besoin de ce réconfort… malgré cette pensée fugace, persistante mais discrète, qu’elle devrait fuir, et ne plus jamais poser les yeux sur lui.

« J’ai bien des choses à regretter, Gareth, ou je le devrais, mais je ne peux m’y résoudre. Peut-être que ce sera le cas plus tard, mais que puis-je y faire ? Il conviendrait que bien des choses ne se soient jamais passées, c’est malgré tout le cas. Qu’importe les conséquences, je ne partirai pas. Chasse-moi si tu le veux, j’ai l’impression que c’est la dernière fois que je peux te parler aussi franchement, t’avoir à mes côtés. Pensée égoïste et stupide s’il en est, pensée dangereuse et que je devrais ignorer, je le sais. »

Elle ne faisait pas un mouvement, pourtant, malgré l’inconfort certain dans lequel elle se trouverait si… Si plein de choses, auxquelles elle ne voulait penser.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mar 21 Fév - 16:08

Dire qu’elle rend mes pensées peu claires serait un doux euphémisme. Tout ce qui pouvait me paraitre comme évident et facile, avant que je ne la rencontre, semble s’être envolé à son contact. Et je me rends à quel point je peux être différent du jouvenceau enthousiaste qui était parti pour le Nord. A cause d’elle en partie, ou grâce à elle, je ne saurais le dire. Mais en cet instant précis, je ne sais pas si j’ai envie d’entendre ce qu’elle a à me dire, ou, pire encore, de ne pouvoir lui répondre. Je fronce les sourcils à ses propos avant de souffler, d’un ton hésitant.

"Si c’est sur les raisons réelles de ce mariage, je ne peux pas vous le dire effectivement. Même si oui, il y a plus. C’est tout ce que je suis autorisé à vous révéler. J’en suis désolé, vraiment."

Elle n’imagine pas à quel point. Quand bien même j’apprécie Meg, j’aurais préféré qu’il en soit autrement, pour elle comme pour moi.  Et je hoche doucement la tête à ses propos avant de soupirer et de laisser filer un silence, cherchant mes mots.

"Parce que j’aime à croire que je ne suis pas tant monstrueux que j’en oublierais les sentiments que vous avez fiat naitre en moi. Et dont j’ignorais tout avant de vous croiser. Même si oui, je sais qu’une vie des plus remplies m’attend et que j’ai de la chance, bien plus que je ne le mérite vraisemblablement."

Le fait qu’elle soutienne mon regard est plus compliqué que je ne l’aurais cru. Et pourtant, impossible de détourner les yeux, surtout en ce moment précis et au vu de ce qu’elle est en train de dire. Je sens mes mâchoires se contracter à ses propos et j’inspire doucement, mon regard toujours ancré dans le sien.

"Il est passablement égoïste de vous dire que oui, j’ai envie de croire que vous aurez encore une place dans ma vie, tout comme j’aimerais en avoir une dans la vôtre. Mais je ne peux rien affirmer, ce serait beaucoup trop présomptueux, quand bien même cela fait partie de ces nombreuses tares qui sont les miennes. Sans parler de toutes ces influences oui. Qui sont bien plus réelles et présentes que nous le voudrions tous les deux."

Je hoche la tête quand elle m’interroge alors sur Jeyne avant de répondre, d’un ton bien plus calme et assuré que précédemment.

"Elle est devenue Lannister maintenant. J’ai vocation à veiller sur elle et à la protéger, quoi qu’il se passe, quand bien même elle ne s’entendrait plus avec Lyman. Ou avec moi. J’ai appris à l’apprécier pour ce qu’elle, ce qui ne fait que renforcer ma détermination à son égard."

Le reste de notre discussion ne se fait pas plus facile, au contraire. Retrouver cette proximité avec elle que nous tentons de fuir tous les deux depuis mon retour est à la fois agréable et une très mauvaise idée. Pour autant, je ne peux m’empêcher de continuer de lui parler avant de soupirer au reste de ses propos.

"Je n’en sais rien. Je pourrais te répondre qu’étant plus âgé et plus expérimenté, je suis certainement moins naïf que toi quant aux conséquences de nos rencontres. Et pourtant, à t’entendre, tu savais exactement ce qui pouvait se passer."

Quant à me faire raisonnable… comment l’être quand elle ne repousse pas mon étreinte, quand nos lèvres se rencontrent et que je la sens frissonner contre moi ? Alors je n’arrive pas à m’y résoudre, mes mains glissant sur elle sans trop oser la toucher, sans bien savoir quelles limites donner à tout cela. Je me fige à ses propos, déglutissant alors que j’essaie de me persuader que je ne comprends pas ce qu’elle me dit, qu’elle parle de tout autre chose quand elle se moque des conséquences. Je ne me rends même pas compte que ma main a quitté son ventre pour se poser sur sa poitrine alors que je continue de la fixer sans rien dire. Je ne veux pas la chasser, je ne pourrais pas de toute façon, mais le reste serait bien plus grave, surtout pour elle.



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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Mar 28 Fév - 22:38

Une grimace de contrariété et d’incompréhension est tout ce qu’il parvient à lui arracher, alors qu’il évoque ce qu’il ne peut lui dire, et qui ne fait que la perdre encore plus, alors que le sens de ses propos lui échappe. Et qu’elle parle, sans même le vouloir, trop franchement encore. « Pourquoi n’est-elle pas laide, défigurée, déplaisante et vieille… Au moins, je pourrais donner un sens à ce que vous me dites, et ne pas me torturer l’esprit à savoir ce qui peut contraindre un tel mariage. Hormis des comportements nuisant à sa réputation, mais je vous crois, lorsque vous me dites que vous n’auriez pas fait cela. » Pas avec une princesse, pas avec la sœur de celui dont il était le plus proche, du moins, Lynara n’était pas dupe. Et elle ne savait ce qui la blessait le plus : qu’il respecte sa future femme au point de ne pas la traiter ainsi, ou de savoir ce qu’elle perdait.

« Pardonnez moi mes propos, mais comment voulez-vous que je puisse croire à une telle chose, quand vous aurez une épouse plaisante, belle aussi bien qu’aimable, et que vous serez officiellement un frère pour votre ami de toujours, gagnant en plus de cela en ma cousine une sœur exceptionnelle ? Je ne saurai penser que vous puissiez vous en souvenir. »

Elle se savait dure, cruelle, et peu affable, mais pouvait-il réellement en être autrement ? Elle était amère, en réalité, désillusionnée, et elle goûtait très peu à ce futur qu’elle ne parvenait d’ailleurs pas à entrevoir, mis à part le fait qu’il serait bien moins plaisant qu’elle ne l’avait espéré. Encore plus alors qu’il lui dit que bien qu’il voudrait la garder dans sa vie, cela ne dépendait pas que d’eux, loin de là. La pensait-il naïve au point de croire qu’elle ne le sache pas ? Elle hocha la tête, sans rien ajouter. Qu’y avait-il à dire de plus ? Rien, très probablement. Rien à ses propres yeux, en tout cas, sinon pour ouvrir un peu plus encore la plaie béante qui la faisait souffrir…

« Savoir exactement ? Comment le veux-tu ? Je ne peux que supposer, et savoir que je ne devrais pas. Même si la réalité m’échappe probablement. Même si Jeyne m’a parlé de… enfin.. Peu importe. »

Elle rougit jusqu’à la racine, teinte hautement visible sur son visage bien plus pâle que celui des ouestriens. Mais comment y songer, alors qu’il l’embrasse, la serre dans ses bras, et la touche même, sans qu’elle n’ose le repousser ? Sans qu’elle n’ait envie de le faire, si elle est honnête avec elle-même.



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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Dim 5 Mar - 22:13

A sa grimace, je ferme les yeux quelques instants, comme si ce geste allait me permettre de mieux appréhender ce qu'il y a à dire. Et pourtant, c'est loin d'être le cas, surtout quand elle reprend la parole et quand ses mots font mouche. Il serait plus simple pour moi aussi que Meg ne soit pas aussi avenante et à la compagnie aussi agréable. Je pourrais ne pas m'en soucier, ne pas me sentir coupable de passer du temps avec Lynara et j'en passe. Et pourtant, les choses ne sont pas comme je le voudrais, ce serait bien trop facile pour ma conscience.

"Nous savons tous les deux qu'il est vain de chercher à répondre à cette question. Et qu'effectivement, je n'ai rien fait qui pourrait ternir sa réputation. J'aimerais pouvoir vous le faire croire, ce serait plus simple pour vous. Et j'y ai songé, j'avoue. Mais je n'arrive pas à me résoudre à vous mentir à ce propos."

Et je soupire profondément quand elle reprend la parole, incapable de ne pas sentir l'amertume de ses propos. Il m'est surtout difficile de savoir quoi lui répondre pour la convaincre, pour qu'elle saisisse  quel point elle est importante pour moi et qu'elle gardera toujours une place particulière pour moi. Mais ça ne suffit pas, c'est une évidence et je sais qu'à sa place, je prendrais les choses encore moins bien. Je ne serais d'ailleurs surement pas là, à converser avec elle comme elle arrive à le faire.

"Parce que je vous le dis. Et que, comme je n'ai cesse de vous le rappeler, je suis incapable de vous mentir."

Je fronce les sourcils à sa répartie, incapable de dire quoi que ce soit durant quelques instants, la fixant alors qu'elle rougit et que de mon côté, j'essaie de ne pas trop imaginer ce qu'elle a pu apprendre de la part de Jeyne. Il est vrai que la réalité doit lui échapper et que ce qui pour moi parait évident ne doit même pas l'effleurer. Pourtant, elle doit avoir tout de même une idée de ce qui pourrait se passer réellement.

"… c'est idiot d'avoir supposé que oui, tu savais exactement ce qui pourrait se passer entre nous. Tu m'en vois navré. Vraiment. Et je ne sais pas vraiment de quoi tu as pu discuté avec Jeyne mais enfin… peu importe."

Je me rends compte que je m'emmêle les pinceaux et qu'il m'est bien plus facile de lui faire comprendre ce que je peux ressentir en l'embrassant. Et, une fois de plus, je me fais bien trop entreprenant, une part de moi espérant qu'elle me repousse. Ce serait bien plus simple pour moi. Mais elle n'en fait rien, au contraire et mes mains glissent sur son corps comme je n'avais encore jamais même osé l'imaginer avec elle.



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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Jeu 9 Mar - 20:46

Vain de chercher une réponse à cela ? Pas vraiment, mais pouvait-il seulement comprendre que cela l’apaiserait ? De se dire que la princesse avait quelque secret repoussant, qui n’en faisait pas l’aussi excellente femme qu’elle semblait être ? Que pouvait-il y comprendre, alors que ça n’était pas lui, qui risquait de perdre Lynara au profit d’un bel homme, galant, attirant, et qui semblait parfait ? La nordienne secoua la tête, sans rien ajouter, malgré la colère et la peine qui devaient se lire dans ses yeux et sur son visage. Ça n’était pas comme si cela changerait quoi que ce soit à la situation, ou pourrait convaincre Gareth de lui dire la vérité concernant cette union, presque précipitée. Mais peut-être essayait-elle de se convaincre qu’il y avait autre chose, derrière tout ça, que la simple récompense à un sujet et une famille qui s’étaient toujours montrés loyaux envers le royaume de l’Ouest. Peut-être était-elle simplement injuste, et que Gareth essayait de la conforter dans son opinion, pour atténuer les choses – pour lui faire croire qu’il le devait et n’en retirait aucun honneur ou plaisir. Elle ne savait pas réellement ce qui serait le plus dur, ou peut-être ne voulait-elle pas réaliser qu’elle souffrirait s’il était réellement enthousiaste à l’idée de ce mariage, et qu’il ne se souciait guère d’elle. Même si elle s’en voudrait car cela signifiait qu’il devait souffrir.

Comment aurait-elle pu remettre en cause sa sincérité, malgré tout, alors qu’il lui affirmait qu’il ne l’oublierait pas, comblé par sa vie future ? Elle avait pour seule envie de s’en convaincre, de croire que jamais elle ne serait une étrangère pour lui, mais pouvait-elle seulement se dire, et le penser réellement, que ça n’était pas des fables pour enfants dont elle se nourrirait ? Et ne se rendrait-elle pas malheureuse, encore plus malheureuse, à espérer de telles choses ? Probablement. Mais le savoir là, si près, la rendait incapable de penser posément, d’envisager les choses avec autant de pragmatisme. Il perturbait sa réflexion, et la déstabilisait.

« Je… On ne m’a jamais enseigné… ça. Je, je sais que je devrais être marié, que je dois me marier prochainement, si je veux rester dans l’Ouest, mais… Je n’en sais que peu. Je… »

Elle s’embrouillait encore plus, et accueillait avec bénédiction son baiser, qui l’empêchait de se rendre encore plus stupide, ou même de se ridiculiser, comme elle semble en bon chemin pour le faire.



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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Dim 19 Mar - 14:34

Cette discussion ne nous apportera rien de bon. Encore moins à elle qu'à moi. J'aurais dû passer mon chemin en la voyant, j'aurais dû rentrer au château, chercher Meg et lui proposer d'aller boire le thé pour discuter enfin vu qu'elle m'évite depuis l'annonce de nos fiançailles. Ou alors, je devais m'entrainer, passer mes nerfs sur une cible en bois. Tout sauf parler avec Lynara, me livrer de la sorte à cette jeune femme qui a bouleversé ma façon de voir les choses. Parce que je m'étais promis de faire ce que je pouvais pour ne pas la blesser, pour ne pas lui faire de mal. Et que là, je fais exactement le contraire. Pour autant, je suis incapable de m'arrêter, incapable de faire ce qui est bien pour elle et de faire preuve de la lucidité nécessaire en cet instant.

Si je suis sincère, si en cet instant je suis persuadé de ne jamais pouvoir l'oublier, de pouvoir toujours lui donner une place dans ma vie, une part de moi me souffle que les choses pourraient être bien différentes le jour où nous serons tous les deux mariés. La savoir unie à un autre a quelque chose de déplaisant à quoi je n'ai pas envie de songer et je ne peux m'empêcher de ciller quand elle reprend la parole, la fixant un instant, sans bien savoir quoi répondre.

"Tu… tu ne sais rien du tout ? Et tu n'as jamais parlé de rien avec Jeyne… ou quelqu'un d'autre ? Je sais que les femmes sont bien moins instruites dans ce domaine que les hommes. Après tout, on m'a emmené dans un bordel quand j'avais à peine 14 ans pour… savoir ce que j'avais à savoir. Mais je ne pensais pas que l'on vous cachait vraiment tout."

Cette révélation qui, au fond, n'en est pas vraiment une, pas tant que ça en réalité, me trouble encore plus que je ne l'aurais cru. Sa naïveté, son innocence, ont quelque chose de réellement déstabilisant. Et d'encore plus attachant. Alors, évidemment que je l'embrasse, comme pour la rassurer, comme pour … pour quoi au juste ? Pour lui faire comprendre que je serais là ? Voilà qui est ridicule, encore plus que le reste.



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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   Sam 15 Avr - 1:03

Elle ferait probablement mieux de tourner les talons, de renoncer, et de ne plus jamais poser les yeux sur lui. Mais par les Anciens Dieux, pourquoi est-ce si difficile, de se forcer à ne plus jamais pouvoir apprécier sa compagnie ? Il est bien trop tard, de toute façon, après qu’elle ait accepté de le suivre, n’est-ce pas ? Alors qu’elle lui dit n’avoir aucune idée de… enfin, de ce qui attend les jeunes femmes la nuit de leur mariage, les joues encore plus rouges qu’elles ne l’ont été jusqu’à présent. Comment pourrait-elle agir différemment ? Elle n’en avait aucune idée, mais si elle l’avait pu, elle se serait dissimulée quelque part, jusqu’à ce que sa gêne parte. Était-ce seulement possible, alors qu’ils abordaient un tel sujet ? Elle en doutait franchement.

Elle ne fuyait pourtant pas, ne changeait pas de sujet non plus, perturbée par la situation, et par ses bras qui l’enserraient, par ces baisers qu’il lui avait donnés, et qu’il continuait à lui donner. Qu’attendait-il réellement d’elle ? Cela lui semblait assez évident, mais… Il allait en épouser une autre, il n’était pas libre, et elle l’était encore moins. Une noble à marier, voilà plus.

« Je… On nous apprend, à l’approche de notre mariage… Pas avant. Jeyne m’a dit un peu de choses, mais… On ne peut pas nous amener dans un bordel, ça n’est pas convenable, pour des jeunes femmes. »

Si elle ne pouvait pas rougir davantage, elle pouvait être encore plus gênée, et la toux soudaine qui la prit, étouffant presque la fin de sa phrase, en était la preuve. Imaginer ces lieux de… dépravation, et encore plus Gareth dans l’un d’eux la mettait particulièrement mal à l’aise. Même s’il devait en avoir fréquenté plusieurs. Beaucoup. Elle grimaça, se mordant la lèvre involontairement, tentant sans grand succès de reprendre contenance. Le baiser fut une distraction bienvenue, pour étouffer cette gêne.



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MessageSujet: Re: Il faut savoir regarder le vide en nous [Tour III - Terminé]   

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