AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
[Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧
MessageSujet: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mar 9 Aoû - 1:05

Tout se bousculait, dernièrement, et il y avait fort à faire. D'une certaine façon, ce n'était pas pour lui déplaire. Plus il y avait d'agitation, moins on se focalisait sur son unique cas à elle, n'est-ce pas ? Et puis, au moins, ainsi, elle pouvait plus aisément se trouver des excuses et des justifications, qui s'avéraient alors bien plus crédibles qu'à l'accoutumée, et ce malgré le fait qu'en tant que Princesse, nul n'oserait jamais remettre sa parole en doute ni même publiquement la critiquer. Son père le Roi n'était certes pas le plus sanglant et impulsif des hommes, mais il y avait tout de même des limites, et un Lannister restait un Lannister, n'est-ce pas, avec leurs griffes si acérées et mortelles quand il le fallait. Dans tous les cas, en plus de lui fournir de nombreuses justifications pour expliquer ses dérobades, toute cette agitation permettait également à Megara de penser à autre chose, d'essayer au maximum de ne pas ressasser encore et encore tous ces maux qui l'affligeaient. Et en des temps semblables à ceux-ci, cela lui était plus que nécessaire. Elle était fiancée, désormais, et donc au pied du mur, en quelque sorte. Mais tout le monde était bel et bien fortement occupé dernièrement, au sein de la forteresse de Castral Roc, et même par delà ses murailles. Et charge revenait à ceux qui, parmi les Lannister, demeuraient en la forteresse de veiller à ce que la toute dernière arrivée parmi les leurs se sente la plus à l'aise possible. A savoir, la Princesse du Nord, Jeyne, née Stark, toute jeune épouse de Lyman et donc, aussi, toute jeune nouvelle Princesse du Roc.

En parlant de Jeyne, justement, Megara n'avait pas encore fait de réel pas vers elle. Oh, bien sûr, elle s'affichait polie et courtoise en sa présence, et ne disait absolument rien de mal derrière son dos, pas plus qu'elle ne se montrait critique de ses actions ou du fait qu'elle intègre la Maison Lannister. Ce n'était pas elle, ça, de critiquer les gens, de se permettre d'être fourbe, sournoise, langue de vipère et fielleuse. Les gens ne pensaient pas cela d'elle, jamais. Ils avaient sans doute bien d'autres défauts à lui accoler, car nul n'était parfait, et que sa prise de distance par rapport aux gens depuis son adolescence faisait que nombre de questionnements se soulevaient à son égard, mais, en tout cas, ils lui épargnaient d'être qualifiée de mauvaise et de mesquine, que les 7 en soient remerciés ! Avec elle, Jeyne avait amené toute une escorte, ce qui était tout à fait normal, légitime et compréhensible, d'autant plus via son rang, et le fait qu'elle ne venait tout de même pas d'épouser n'importe qui. D'une certaine façon, Megara se montrait tout autant curieuse et prudente à l'égard des membres de cette escorte qu'à l'égard de Jeyne elle-même. Elle ne les connaissait pas, alors, évidemment, prudence et réserve étaient de mise, encore plus parce qu'il y avait encore et toujours ce terrible secret qui lui rongeait l'existence et qui mettait sa réputation en péril. Sa réputation, et pas que. Qui disait nouveaux arrivants disait risque que tout ceci soit découvert, surtout si elle se montrait trop imprudente.

Mais peut-être tout ceci était-il dans sa tête, et sa mère lui avait demandé de tout de même faire un effort, concernant Jeyne. Sans doute parce que la situation était loin d'être facile pour elle : ce mariage si récent, cette arrivée en un royaume qui n'était pas le sien, et le fait que Lyman ait dû si rapidement partir assurer ses devoirs princiers ... Il fallait qu'elle fasse un effort, oui. Mais, pour l'instant, elle ne savait trop comment aborder les choses. Devait-elle tenter une approche directe, au risque de décontenancer sa belle-sœur dont elle ignorait tout de l'opinion qu'elle entretenait à son égard, ou devait-elle plutôt tenter d'entrer en contact avec l'une de ses demoiselles de compagnie ? Les 7 semblèrent avoir décidé de cela pour elle, car, ce matin, en pénétrant dans la bibliothèque de la forteresse, accompagnée, comme toujours par son garde attitré, qui resta à l'extérieur, afin de veiller à assurer sa protection et sa sécurité et à la prémunir de la présence de tout mâle, Megara ne put que constater qu'une autre qu'elle était déjà en ses lieux. La demoiselle était nordienne, et si sa mémoire était exacte, elle se prénommait Lynara, et était la cousine de Jeyne. C'était du moins ce qu'elle avait cru comprendre. En de telles circonstances, elle ne pouvait décemment pas tourné les talons et prétendre n'être jamais venu ici, pas plus qu'elle ne pouvait l'ignorer et la regarder de haut. Cela ne serait ni poli ni digne d'elle-même.

    ❧ Lady Lynara ... ❧ Elle lui adressa son sourire qui se voulait le plus poli, avant de lui adresser un petit signe de tête, après s'être suffisamment approchée d'elle. ❧ Je ne vous importune pas, j'espère ? ❧ Dans le fond, était-ce une réelle question ? Megara la formulait parce qu'il en allait ainsi selon les règles de la politesse, mais dans le fond, jamais on ne lui avait adressé une réponse négative. Hormis lorsqu'il s'agissait de son frère ou de sa sœur, et que ceux-ci voulaient quelque peu la taquiner.
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Ven 19 Aoû - 20:37

Les choses se précipitaient, et je peinais à éloigner tout cela de mes pensées, alors que les seuls propos sur toutes les lèvres étaient le mariage imminent de l’aînée des filles Lannister, et ses préparatifs. Castral Roc se métamorphosait, et j’avais l’impression que quelque soit l’endroit où je posais les yeux, je ne pouvais pas y échapper. Je n’étais pas certaine d’avoir réellement envie d’oublier cela, mais je ne m’impatientais pas de voir cette union être célébrée. Pas comme j’avais pu m’impatienter, pour celle de Jeyne. Jeyne, qui était elle aussi accaparée par les préparatifs, en plus de son future rôle de Reine et les attentes de la Reine Jordane à ce sujet. Si je bénéficiais de cet apprentissage auprès d’elle, parfois, par bonté de la Reine – ou désir de me préparer à mon rôle de maîtresse d’une maison noble, je ne savais guère -, je tentais d’éviter tout le reste. Je serai forcée suffisamment tôt d’y faire face, et je ne voulais pas que ça arrive pour le moment. Même si, inconsciemment, je devais l’accepter petit à petit. Peut-être. Les quelques lettres, neutres et presque désagréables, échangées avec Gareth y contribuaient surement. Bien que savoir qu’il n’y avait pas d’incidents notables – pour Lyman aussi bien que lui – me tranquillisait.

Peu importe. Seul un lieu se trouvait dépourvu de toute agitation indésirable et déplaisante. Et il me plaisait de découvrir la vaste bibliothèque, et tous les ouvrages rassemblés par les Lannister. Au moins étais-je sûre que personne ne m’interromprait ici. Il était facile de me perdre dans les rayonnages, et de m’y dissimuler. Personne ne m’y chercherait, de toute façon – Jeyne exceptée, mais elle savait, elle devait savoir que je n’avais besoin que de m’isoler quelques temps, et que tout irait mieux après. Que je trouverais la force de me comporter ainsi, du moins.

Je ne savais pas réellement ce que Jeyne devrait faire, aujourd’hui, mais j’avais déjeuné tôt, peu de nobles étant déjà levés alors que la lueur du jour commençait à apparaître. Je ne m’étais pas non plus attardée, craignant d’affronter des regards hypocrites et désagréables. Ou qui se feraient mielleux, par souci d’être bien vus par la cousine et proche de leur nouvelle Princesse et future Reine. Si j’avais pu passer inaperçue auparavant, c’était bien moins le cas maintenant. D’où le havre de paix que je trouvais à la bibliothèque. Je levais légèrement la tête, en entendant des pas approcher de l’endroit où je me trouvais. Plusieurs tables étaient disséminées, à différents endroits, aussi ne pensais-je pas que qui ce soit s’approcherait. À tort.

Je me levais précipitamment, et esquissais une révérence, dissimulant ainsi une grimace fort malvenue. Je craignais que la rougeur sur mes joues, elle, ne puisse être si aisément masquée. Mais je ne pouvais pas faire l’affront à la Princesse de garder la tête baissée, alors qu’elle m’adressait la parole. Pas plus que je ne pouvais lui dire que j’aurai souhaité être seule. Ce n’était pas réellement le cas, à vrai dire, je craignais juste de lui parler, et qu’elle puisse lire en moi comme dans un livre ouvert. Mais on ne se connaissait pas, elle n’était pas Jeyne, ça ne devrait pas arriver, n’est-ce pas ? C’était un bon entrainement, pour arriver à mentir. Déglutissant, je hochais la tête, forçant un sourire.

« Pas du tout, Princesse. J’espère que vous vous portez bien. J’aurai voulu, ou plutôt dû, évoquer le mariage à venir, qui devait probablement l’angoisser, mais j’étais incapable d’aborder le sujet. Encore moins avec elle que qui que ce soit d’autre. J’espère que vous… que tout se passe bien, malgré l’absence de votre frère. Malgré les troubles dans le Royaume… » Je m’étais arrêtée à temps, mais j’avais failli me répéter, comme si je n’avais pas affirmé que j’espérais qu’elle se porte bien juste avant.


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mer 24 Aoû - 23:19

Il était de ces monarques qui tendaient moins que d'autres à faire de différences entre leurs fils et leurs filles. Il était sans doute surtout de ces parents qui appréciaient de voir leurs filles être suffisamment cultivées pour ne jamais rester assises à la table de leurs époux sans rien comprendre à ce qui se disaient, sans rien saisir des récits journaliers que leurs maris pouvaient bien leur faire une fois réunis dans leur chambre à coucher. Peut-être que, dans le cas de Megara, cela tenait beaucoup à la personnalité de ses deux parents. Loren n'était pas un misogyne de la pire espèce, ni même une brute épaisse. Il savait sans doute tout autant vous combattre sur un champ de bataille que sur le terrain oratoire. Quant à Jordane, c'était une maîtresse femme, tout le monde en convenait, et elle n'hésitait jamais à prendre part à l'exercice du pouvoir. Sans doute un peu trop selon certains, mais à Megara, cela plaisait beaucoup. Parce que les gens craignaient sa mère, et qu'elle se sentait alors un peu plus à l'abri que d'autres de la moindre agression envers sa personne. Tout le monde savait à quel point sa mère était protectrice, et à quel point s'attaquer à l'un de ses enfants revenait à réveiller la dangerosité qui rodait en elle. Megara n'avait pas hérité de ce trait de la personnalité de sa mère, mais bien plus de la légèreté de son père. Cependant, elle avait suivi les pas de sa mère en s’instruisant suffisamment pour ne pas rester bouche bée sans rien comprendre lorsqu'on lui parlait de diplomatie, de géographie, ou d'économie. Cela n'était peut-être pas ses champs de connaissances préférés, mais au moins, elle avait plus que de basiques notions les concernant !

La bibliothèque de Castral Roc avait toujours été l'un des lieux préférés de Megara, et ce depuis qu'elle était toute petite. Certes, il ne s'agissait pas forcément du mausolée culturel le plus impressionnant du continent, mais les Lannister n'avaient absolument pas à rougir du contenu de ses rayonnages. Et puis, de toute façon, pourquoi faut-il toujours tout comparer ? Ne serait-ce pas plus simple d'accepter les choses et les gens tels qu'ils étaient ? Megara n'avait jamais apprécié toutes les comparaisons qu'on avait faîtes entre Nymeria et elle. Elle s'était toujours sentie mal à l'aise et gênée pour sa sœur. Elle lui souhaitait tout le bonheur du monde, et ne s'était jamais avisée de lui faire le moindre réel reproche. En se mettant des dizaines de fois à sa place, elle s'était dit que c'était injuste pour elle d'être perçue comme étant obligée de suivre les mêmes traces qu'elle. Elles n'étaient pas jumelles, après tout, et les différences, même au sein d'une fratrie, c'était bien, non ? Et puis, sa sœur restait un être suffisamment raisonnable pour ne pas avoir un esprit dérangé et un comportement dépravé sans rédemption possible ... Dans ces moments là, lorsque cela tonnait entre sa mère et sa cadette, comme à bien d'autres moments, sans pour autant venir ici pour quelque raison précise que soit à chaque fois, Megara appréciait venir en ces lieux. Le silence régnait, ici, là où les ouvrages vous promettaient milles aventures, milles connaissances, la possibilité de revivre ces quelques grands amours qui avaient pu émailler la lignée des Lannister ... Et, visiblement, dans le Nord aussi, certaines familles ne manquaient pas de laisser leurs filles avoir libre accès à ces sources de savoirs qu'étaient les bibliothèques. A moins que cela ne soit qu'une énorme découverte pour Lynara qui, de fait, souhaitait en profiter au mieux. Mais une once d'instinct amenait Megara à ne pas s'orienter sur une telle piste.
    ❧ Je vais aussi bien que je peux aller, je vous remercie de vous en soucier. ❧ Il n'y avait aucun mensonge là dedans. Juste la stricte vérité, baignée d'une once de politesse bien placée. Comptes-tenus de sa situation et de son passif, oui, Megara allait aussi bien qu'elle pouvait espérer aller, avec tout ce que cela sous-entendait. ❧ Lyman saura régler la situation au plus vite, je n'ai aucun doute là-dessus. C'est le prince héritier, il a été formé pour prendre la relève de nos parents, et j'ai toute confiance en lui. ❧ Ce qui ne l'empêchait pas de s'inquiéter, de se réveiller en pleine nuit sans réussir à immédiatement se rendormir, ou à faire des rêves peuplés de cauchemars. Sans parler du fait qu'à présent, Gareth se mêlait à toute cette somme de préoccupations et de bouleversements nocturnes ... ❧ La paix reviendra, j'en suis sûre. Vous n'avez pas à vous en faire. Votre séjour parmi nous ne sera pas émaillé plus longtemps de troubles tels que ceux-ci. A ce sujet ... Puisque vous êtes la cousine de ma belle-sœur, vous allez restée parmi nous en tant que sa dame de compagnie, ou envisagez-vous de retourner auprès des vôtres ? ❧
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mar 20 Sep - 22:44

J’étais déstabilisée et désemparée par cette présence, que je n’attendais pas réellement. Pas du tout, à vrai dire. La princesse Megara, jusqu’à présent, s’était davantage intéressée à Jeyne – à raison. Après tout, elles étaient sœurs maintenant. Je n’étais que la relique de l’ancienne vie de la princesse du Nord et du Roc. Même si rien ne pourrait mettre à mal l’amour qui nous liait l’une et l’autre. Respirant un peu plus difficilement, je laissais passer quelques secondes, à sa remarque. Que dire de plus, sinon évoquer son fiancé ? Je ne voulais pas y songer, mais je n’avais, je le craignais, guère le choix.

« Votre frère et votre promis reviendront assurément en bonne santé, et aussi promptement qu’il leur sera permis… » Que de paroles creuses, bien peu habituelles pour moi. Je ne savais vraiment comment parler à la princesse, sans qu’elle ne soit ennuyée ou désireuse de partir. Ou sans que je n’ai à masquer mes véritables émotions.

« J’y suis habituée, princesse. Aux troubles, puis au retour de la paix. Je suis certaine que nous célébrerons le retour des soldats qui se sont joints à ce voyage dans la plus grande joie, et l’allégresse qui s’y prête. » Avant que ne revienne le malheur, et les désagréments. Je me taisais à ce sujet toutefois. L’Ouest n’était pas le Nord, et peut-être avais-je entièrement tort. Sauraient-ils jouer assez finement pour être épargnés par les troubles qui semblaient prêts à déchirer tout Westeros ? Le Roi Lannister n’était pas mon oncle, et il était moins prompt à se battre.

J’adressais un regard surpris à Megara Lannister. « Si je le puis, si votre famille le désire et m’y autorise, je souhaiterai rester aussi en compagnie de ma cousine… Je suis restée à ses côtés si longtemps, que je ne saurai vivre autrement. Si je pouvais seulement trouver un époux qui permettait cela… Mais je ferai selon la volonté de ma famille. »

Je chassais l’image fugace qui s’était imposée à mon esprit, feignant ne pas avoir eu cette pensée pour Gareth. Cela n’arriverait jamais, à moins qu’il n’arrive malheur à la jeune femme en face de moi, et je ne souhaitais pas cela. Ne le souhaiterais jamais.

« Resterez-vous donc à Castral Roc, princesse ? Ou peut-être vous verrez vous dotés d’un domaine, votre promis et vous ? »

Je ne savais laquelle de ces deux possibilités m’était la plus déplaisante.


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mer 28 Sep - 23:36

Bien qu'issue de la très haute société, car on ne pouvait guère être située plus haut dans la hiérarchie du Royaume du Roc lorsqu'on se trouvait être l'aînée des filles du roi, Megara réalisait peu à peu que, dans le fond, elle en savait très peu sur les autres royaumes, ou plutôt bien moins qu'elle pourrait le vouloir. Elle était curieuse, cela avait toujours été dans sa nature profonde, et nul n'avait jamais rien fait pour corriger tout ceci. Mais dans le fond, on avait bien plus accepté d'étancher sa curiosité concernant toutes ces choses bien peu conséquentes et concernant ce qui pouvait toucher ou concerner le royaume dans lequel elle était née, celui sur lequel régnait ses paroles, celui qu'hériterait son frère. Sans doute parce que, d'elle-même, elle avait situé sa curiosité à un niveau plus plus personnel et national que continental. Elle était ainsi en mesure de vous énumérer le nom de toutes les grandes familles du royaume, de vous égrainer le nombre de leurs enfants dans les branches principales, et de nommer chacun des Lords et de leurs épouses. Elle pouvait agir ainsi jusqu'aux plus petites familles, pourvues qu'elles soient de sang noble. De la même façon, bien évidemment, elle connaissait le nom des autres familles pouvant bien régner sur les autres royaumes du continent, et elle connaissait aussi les grandes familles non royales mais non moins nobles qui pouvaient compter, ou être menaçantes. Particulièrement celles du Bief, surtout dernièrement ... Mais elle ne savait au final que très peu de choses du Nord, par exemple, et elle le réalisait progressivement.

Preuve en était via son face à face avec Lynara, alors que cette dernière lui offrait des mots visant sans nul doute à la rassurer, alors même que Megara ne savait trop à quel point son interlocutrice avait bien pu être instruite en diplomatie et en politique. Elle prenait alors les paroles reçues telles qu'elles lui parvenaient, sans les juger ni même les jauger. De la même façon, pas un seul instant elle ne tentait, ne serait-ce qu'un peu, de mettre à plat la confession offerte pour la faire coïncider avec quelque réalité que ce soit. Peut-être cela pouvait-il l'amener, en d'autres temps, en d'autres lieux, et en d'autres présence, à être naïve, mais dans les faits, Megara n'avait pas connu ces troubles, au Nord, contrairement à son frère. Elle ne pouvait donc juger de par elle-même, et s'arroger le droit de dire ce qui était vrai et ce qui ne l'était pas.
    ❧ Vous m'envoyez désolée de me voir confirmer que les temps de paix ne furent guère florissants, ces derniers mois, en votre royaume ... Et je conçois fort bien que vous ne vous attendiez pas forcément à renouer avec de tels horizons en suivant votre cousine jusqu'ici. Cela n'est pas mon royaume, celui au sein duquel je suis née, celui sur lequel ma famille règne depuis Lann le Futé. ... Mais j'ai toute confiance en mes parents et en mon frère. ❧
Megara ne pensait pas à mal en interrogeant de la sorte Lynara sur son futur ou non en ce royaume. Elle ne pensait jamais à mal, cela n'était pas dans sa nature, et lorsqu'elle apercevait quelque douleur ou gêne dans les yeux de l'un des siens, elle s'était toujours hâtée de tout faire pour que tout ceci disparaisse. Elle ne connaissait pas Lynara, et cherchait simplement à se renseigner tout autant qu'à faire la conversation. Aucun rendez-vous et aucune entrevue n'avait été fixé entre elles, et leur présence, en ces lieux, toutes deux en même temps ne tenait guère que de la rencontre fortuite, rien de plus, rien de moins. Megara n'avait pas de grandes difficultés à faire naturellement la conversation, le souci se situait ailleurs pour elle, dans sa volonté de se tenir à l'écart des gens, de demeurer dans l'ombre, loin des regards menaçants, épieurs et indiscrets. Cela lui coûtait que de rogner sur sa nature profonde, mais tout sacrifice a un prix, n'est-ce pas ? Mais en de tels instants, elle refusait de voir à mal, et de craindre quoi que ce soit, du moins s'y efforçait-elle. Nul homme n'était présent en ces lieux, et Lynara ne la connaissait pas suffisamment pour la percer à jour, pour découvrir ce qui était anormal chez elle, par rapport à d'habitude, n'est-ce pas ?
    ❧ Je suppose que si les vôtres vous y autorisent, ma mère n'y verra aucune objection. Quant à vous trouver un époux, je suppose que votre cousine pourra sans doute vous y aider, soutenue par mon frère ... S'il vous est permis de rester auprès de ma belle-sœur, s'entend. ❧ Lorsqu'en retour, Megara reçut une question assez semblable à la sienne, sans s'en étonner ni même s'en offusquer, cela la contraignit cependant à marquer un temps d'arrêt. Pour bien formuler les choses, et pour ne pas apparaître trop condescendante. ❧ Il semble en effet prévu qu'il en soit ainsi. Il me reviendra de seconder Jeyne, et je resterais une Lannister, avec tout ce que cela implique. Mes enfants seront possessionnés, et titrés, par respect pour leur rang, et par affection des miens. ❧
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mer 12 Oct - 13:09

Je dévisageais la Princesse face à moi – surement plus qu’il ne convenait de le faire, mais je ne pouvais m’empêcher de le faire. Pas uniquement car elle aurait droit à ce bonheur qui ne serait pas mien – mais en était-ce seulement un pour elle, que d’épouser Gareth ? Je déglutissais, avant de lui sourire sans grande joie, mais pas avec tristesse non plus.

« Vous me voyez désolée que vous ayez à être confrontée à cela, Altesse. Aussi difficile que ce soit, de craindre pour nos hommes, nous y sommes habituées. Ce n’est pas votre cas, et si j’aurai préféré que ma cousine soit dans un royaume paisible, vous devez être tout aussi affectée. Mais vous connaissez bien votre famille, vous ne devez pas placer votre confiance en eux légèrement. »

Surement pas. Mais cela, je ne le savais pas réellement. Pas plus qu’elle n’était avertie de mes propres secrets. Secrets qu’elle ferait mieux de ne jamais savoir. Elle ne pouvait pas blâmer son promis, pour quelques baisers échangés, cependant, si ? Mais moi, une jeune femme de noble naissance, me laisser aller à de telles errances… Je retenais bien difficilement une grimace, alors que j’exprimais mes espoirs, en réponse à ses questionnements à ce sujet. Si seulement elle savait ce qu’il en était réellement. Mes joues se parsemèrent d’un léger rouge, ou du moins en avais-je l’impression. Pourvu qu’elle pense que ce soit du à notre sujet de conversation, et à l’idée de prendre époux.

« J’avais évoqué la possibilité avec Sa Grâce Votre Mère, brièvement. Elle n’y semblait pas opposée, et m’avait même indiqué pour m’aider dans cette entreprise. Mais elle a très probablement des choses plus urgentes à traiter – dont le procès des Clégane, et son issue. Elle m’a, je dois vous l’avouer, impressionnée par sa façon de diriger d’une main inflexible, et la confiance qu’elle a eue en Jeyne est un honneur. Encore plus celle qu’elle a eu en moi, pour me permettre d’y assister, et de conseiller ma cousine si elle en ressentait le besoin. »

Il m’était plus facile de parler de Jordane, et de son talent, ainsi que de sa disposition à nous inclure dans les affaires du Royaume – elle le devait pour Jeyne, il n’en était rien pour moi.

« Je ne doute pas que vous serez un soutien important pour elle. Vous connaissez mieux les mœurs et coutumes de votre Royaume qu’elle, même si elle s’y familiarise progressivement. Je serai toujours présente pour elle, mais je ne suis pas sotte au point de penser que j'y suffise. Pensez-vous que nous puissiez devenir amies, Megara ? Nous entraider, pour aider Jeyne ? Vous ne devez pas la connaître tant que cela, encore, mais c’est une personne qui compte énormément pour moi, et j’ai son bonheur à cœur. »


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Lun 17 Oct - 16:16

Le tonnerre avait déjà grondé au-dessus des Terres de l'Ouest, et pas seulement lors de ces jours de grandes tempêtes, rares, mais non pas tonitruantes lorsqu'elles surgissaient. Megara avait toujours été émerveillée par ces journées là, et spécialement par ces nuits là. Elle n'hésitait jamais à se relever pour se diriger sur son balcon et observer la colère de la nature partout alentour. Elle avait toujours su qu'elle ne risquait rien, ou en tout cas pas grand chose, logée là où elle était, au sein de cette forteresse qui n'avait nulle égale sur ce continent, mais cela ne l'avait jamais empêchée de frissonner de plaisir et d'appréhension en s'imaginant le Roc tout entier tremblé et menacé de s'effondrer. Les choses n'avaient jamais autant tremblés, pour elle, que maintenant. Peut-être s'agissait-il d'une somme de circonstances et de hasards qui faisaient que tout survenait en même temps. Mais Megara pressentait que tout ceci avait un petit quelque chose de bien plus profond. Ne serait-ce que parce qu'elle observait bien comment se comportait sa mère et comment elle réagissait. Sans parler du fait que c'était bien la première fois que Lyman s'éloignait de leur foyer pour une mission si conséquente ... Mais tout ceci n'était sans doute rien comparé au tonnerre qui avait éclaté avant leur naissance, à son frère, sa sœur et elle. Lorsque feu leur grand-père avait été tué, et que leur père avait dû s'illustrer plus que de raison en tant que prince héritier puis tout jeune monarque. Et Megara espérait grandement que l'Histoire n'en viendrait pas à se répéter, quoi que son père n'ait pas encore lui-même sorti les griffes.
    ❧ La paix recouvrera sa place, je ne peux songer à ce qu'il en soit autrement. Cela vaudra mieux pour nous tous, et il sera bien plus appréciable pour moi que ma belle-sœur puisse alors réellement connaître le vrai visage du Roc. ❧
Insistait-elle réellement sur ces pronoms personnels destinés à marquer le lien qui existait désormais entre Jeyne et elle ? Pas vraiment. Cela tenait bien plus de l'exercice de répétition, pour appuyer la vérité et apprendre progressivement à ce que tout ceci soit naturel, comme s'il en avait toujours été ainsi ou presque. Et elle espérait également que cela ne pourrait que faciliter l'entente avec la toute nouvelle Princesse du Roc, puisque, après tout, leurs chemins n'étaient pas fait pour se séparer de si tôt ! Mais voilà qu'elle semblait d'ores et déjà quelque peu mettre la cousine de Jeyne dans l'embarras, à en voir le rosissement de ses joues, ce qui n'était pas réellement son intention. Mais Megara connaissait plus que de raison un tel état émotionnel, et il n'avait jamais été dans son caractère de souligner de telles choses. En entendant son interlocutrice flatter sa mère, la plus âgée des filles princières ne put que sourire et sentir naître en son cœur une douce chaleur. Fierté et orgueil étaient si appréciables en de telles circonstances, et on ne lui avait jamais enseigné à s'en cacher : cela n'était pas de son rang que d'avoir honte d'être une Lannister et de se sentir malaisée d'en apprécier toutes les retombées, tous les privilèges et tous les avantages.
    ❧ Mère ne sait se contenter d'une seule tâche à la fois, sans que cela n'entache son efficacité et sa droiture. Elle est née Crakehall, mais j'ai toujours pensé que les Dieux avaient fait naître une lionne parmi les sangliers. Nul n'est si féroce ... Quant à la Princesse Jeyne, elle représente l'avenir du royaume, au bras de mon frère. Et Mère ne laisserait jamais une non-initiée aux affaires du Roc à la tête du royaume ! C'est une excellente pédagogue et enseignante. On apprend beaucoup à son contact. ❧
Megara ne revenait pas sur le fait qu'elle, elle n'avait pas été aussi ostensiblement présente lors du procès des Clegane. Elle ne se sentait nullement en position d'infériorité, et ne se sentait pas non plus en nécessité de devoir se justifier ou encore de devoir se défendre. Elle avait écouté et observé via une position dérobée, celle qu'elle fréquentait toujours en de tels évènements, lorsqu'elle ne se sentait pas d'être exposée publiquement mais qu'elle se souciait tout de même de ce qui se disait et se décidait. Bien évidemment, sa mère avait su qu'elle était là, mais pas forcément qui que ce soit d'autre. Et par la suite, elle avait pu discuter de tout cela avec sa mère, qui l'encourageait même à être plus curieuse, plus intéressée et plus investie, aussi, en lui laissant lire et parcourir tout parchemin dont la lecture pourrait être digne d'intérêt. Cela n'empêchait pas un certain nombre de courtisans et de Lords de sans nul doute la penser plus ingénue et superficielle qu'elle ne l'était réellement. Cependant, la question de son interlocutrice la déstabilisa quelque peu, bien qu'elle n'en laisse que peu paraître, de par sa pratique et son entraînement à tout ceci.
    ❧ Et bien ... Je suppose que cela pourrait être convenable, oui. Cependant, ce genre de relation ne s'acquiert pas en un jour, et vous devez sans doute en avoir entendu parler, mais je ne suis pas si prompte que cela à m'ouvrir à tout le monde. Pas que vous fassiez partie du tout venant, Lady Karstark, mais je ne vous connais presque pas ... Pour le bien de ma belle-sœur, je suppose cependant que ... Que nous pouvons tendre à travailler à cela, sans doute. ❧
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Ven 21 Oct - 12:08

Je n’étais pas certaine qu’elle ait raison, concernant la paix. L’Ouest était relativement épargné, jusqu’à maintenant, mais qui pouvait garantir que cela durerait ? Je le souhaitais malgré tout sincèrement, aussi n’insistais-je pas. « Elle en sera ravie, j’en suis certaine. Elle a déjà pu découvrir bien des nouvelles choses, ici-même. Vous ne connaissez pas le Nord, mais l’Ouest est bien différent. » Oui, rien n’était comme sur nos terres de naissance, à Jeyne et moi. C’était quelque peu effrayant, mais aussi agréable que de découvrir un Royaume si éloigné du nôtre. J’espérais simplement que ce que j’avais désiré avant d’y venir se concrétiserait, et que nous aurions une vie, sinon paisible, plaisante – ce que je ne parvenais pas réellement à imaginer, actuellement, mais je m’efforçais de le cacher à ma vis-à-vis.

« Je ne peux que le constater un peu plus chaque jour. Sans prendre part physiquement aux combats, elle est au cœur de tout cela, encadrant ce qui se passe dans l’Ouest d’une main étonnement ferme, mais secourable si le besoin s’en fait sentir. Je ne la fréquente bien évidemment pas autant que ma cousine, mais je crois qu’elle veille par moment à m’inculquer quelques notions de la politique de l’Ouest – elle est intelligente, et sait l’oreille attentive que me porte ma cousine. Elle ne voudrait certainement pas qu’une erreur naisse de mon ignorance et de mon inaptitude à la conseiller. » Oui, c’était une certitude. J’avais appris aux côtés de Jeyne, auparavant, mais son rôle à Winterfell était bien différent de celui qu’elle occuperait ici. Elle était seule là-bas, en l’absence des hommes partis au combat, ce ne serait pas le cas ici.

La tournure que prenait la discussion me mettait assurément mal à l’aise, mais tout le monde ne parlait que de ça, dans les couloirs du palais, et il aurait été malpoli d’ignorer les fiançailles de la Princesse, et son union plus proche que jamais, bien que j’aurai souhaité ne pas en parler. Je devais apprendre à cacher le trouble qui me prenait, malgré tout. Et je ne le faisais pas de la meilleure des façons, à proposer une amitié à Megara Lannister, quand j’aurai du la fuir.

« Je ne souhaite pas m’imposer à vous, ou même vous déranger, par cette requête, Princesse. Ni même forcer les choses. Je ne suis pas aussi ouverte que ma position me l’impose non plus. Mais sachez que je ne chercherai jamais à vous nuire. Et si l’on peut me reprocher une chose, c’est ma trop grande franchise. Je ne vous cacherai pas qu’il me semble important que je puisse bien m’entendre avec vous, pour le bien de Jeyne, mais je ne m’imposerai pas. Vous êtes Princesse du Roc, je suis Dame d’une maison du Nord, votre volonté primera toujours. » Je ne voulais pas l’acculer, et n’étais pas en position de le faire. Je n’étais pas non plus naïve, pas autant que nombre de jeunes femmes de la Cour, et n’attendais pas que l’on devienne les plus proches qu’il soit.


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Ven 28 Oct - 1:15

Sans doute existe-t-il dans chaque famille des êtres un peu plus originaux, aux esprits plus affûtés que ceux des leurs et de leurs contemporains, ou qui considéraient la vie d'un œil tout à fait différent. Sans doute parce qu'il doit être impossible à tout le monde de rester dans le droit chemin, de se plier aux cérémonials, ou de simplement obéir. C'était un concept partiellement étranger à Megara. Dans la forme, elle ne se voyait pas être de ces personnes là, elle pour qui la perfection était accessible et se devait de toujours être poursuivie. Mais dans le fond, elle comprenait tout de même de telles logiques, peut-être parce que sa sœur était sans doute un peu de cette trempe là. Via Nymeria, mais pas uniquement, Megara avait donc déjà pu côtoyer, dès toute petite, un certain nombre de personnes dénotant quelque peu dans le paysage et les convenances habituels. Sa mère, déjà, n'était pas l'épouse de monarque la plus conventionnelle, et c'était peu dire, puisque, bien que née sans couronne ni même titre princier, elle assurait le pouvoir et la royauté comme si c'était pourtant le cas. C'était inné, instinctif, chez elle, et Megara lui enviait en partie son caractère. En partie seulement, car être aussi directe, droite, ambitieuse, cinglante et coupante, cela l'effrayait aussi quelque peu. Et puis, il y avait aussi eu ce très vieil oncle, qu'elle n'était étrangement jamais réellement parvenue à replacer dans l'arbre généalogique. Même son père n'avait jamais trop su la renseigner plus que ça, lui expliquant à chaque fois qu'elle lui posait la question que ce vieil oncle était déjà présent au sein du Roc à sa propre naissance, et que, depuis, il n'avait presque pas vieilli. Loren l'avait donc toujours connu âgé, et il en était allé de même pour Megara, jusqu'à ce qu'il disparaisse, un beau matin, sans qu'on ne sache trop ni pourquoi, ni comment, ni vers quelle destination, et ce alors que Megara ne devait pas avoir plus de 4 ans.

Ce vieil oncle là l'avait éveillée à la curiosité, laissant derrière lui tous ses vieux ouvrages dont bon nombre de pages étaient devenues illisibles avec le temps. Elle se souvenait de lui pour son grand âge, ses mystères, ses histoires si étranges, merveilleuses et exotiques, aussi. Il avait toujours prétendu avoir fait mille et un voyages, avoir connu le temps où Rugissante était encore à la hanche des Rois du Roc, et l'avait toujours poussée à faire la différence entre ce que l'on croit savoir et ce que l'on finit par réellement apprendre par soi-même. Malgré tout, de par son rang princier, et ses inclinaisons toutes féminines, Megara n'était guère jamais allée plus loin que le Val ! En l'occurrence, n'ayant jamais foulé les terres nordiennes, tout ce qui s'en rapprochait appartenait pour elle au domaine des simples connaissances formelles. Oh, oui, il lui avait toujours fait forte impression, ce si vieil oncle qui apparaissait pour tous comme ayant toujours été là, un peu comme le trône royal ... Et Megara avait toujours eu de la mémoire pour ces gens différents, qui vous marquent et vous font forte impression. Elle ne s'en laissait pas entièrement compter par eux, fort heureusement, mais ils avaient cependant toujours pu exercer une certaine aura sur elle, malgré tout ... En tant que Princesse, née dans un royaume sur lequel, depuis sa naissance, aucune réelle dangereuse rixe ou guerre ne s'était menée, Megara avait été élevée dans la perspective de craindre le moins de choses possible, et de toujours se sentir assurée dans sa position princière qui la plaçait au-dessus de bien des bourrasques, de bien des dangers, de bien des périls. Sans doute était-ce vaniteux, mais dans l'Ouest, c'était surtout tout princier.
    ❧ Mère ne laisse en effet rien au hasard, même si l'on ne comprend pas forcément immédiatement les raisons et motivations de toutes ces décisions. Elle a toujours un plan, du moins, c'est toujours ainsi que j'ai perçu les choses la concernant, et je n'ai encore jamais été détrompée, ce qui n'est pas pour me déplaire. Et si Mère vous distille des notions politiciennes et diplomatiques concernant notre royaume, cela va dans le sens de mes précédentes paroles : elle n'exclut d'ores et déjà pas le fait que vous épousiez l'un de nos Lords. ❧
Sans nullement chercher à être inquisitrice, hautaine ou quelque autre défaut du même acabit, Megara observait tout de même plus en détail son interlocutrice. Elle était plutôt jolie, une beauté toute nordienne sans nul doute. Ses cheveux si bruns dénotaient clairement avec la ribambelle de chevelures blondes qui peuplaient la cour, mais sans doute n'était-ce pas une si mauvaise chose ? La diversité ne faisait pas de mal, n'est-ce pas ? Et puis, les Lannister n'étaient pas non plus exactement connus pour se marier entre cousins, même si la majorité de leurs époux et épouses était tout de même originaire de leur royaume ... Un instant, si bref qu'il en fut presque invisible en l'esprit de Megara, la princesse se mit à songer à la couleur de la chevelure que pourraient bien avoir les neveux et nièces que lui donneraient Lyman et son épouse. Et c'est lorsque son esprit tenta de s'aventurer vers ce même questionnement, les concernant Gareth et elle qu'elle se décida à reprendre la parole et à cesser sa discrète petite observation physique des traits et attributs de Lynara.
    ❧ Vous ne vous imposez pas Lady Karstark, rassurez-vous. ❧ N'était-ce pas là une réponse des plus polies et respectueuses des conventions sociales, digne de son rang ? ❧ J'en conviens, il n'est pas aisé de savoir ce que je pense et ressens réellement. Tous vous le dirons ici, je suis l'archétype de la parfaite princesse, et une princesse sait maîtriser ses émotions et sentiments, tout comme elle sait arborer les masques princiers des conventions, de la politesse, du respect et de la discrétion. Cependant ... Cependant, il ne m'est jamais défendu ou déconseillé de tourner les talons lorsqu'une présence m'ennuie, m'insupporte ou me déplait. Considérez donc que tant que je me tiens face à vous sans vous quitter, c'est que votre présence ne m'est pas désagréable ou lassante. Si j'osai ... Si j'osai, je vous dirai même qu'il m'est mille fois préférable d'être présentement en votre compagnie plutôt qu'en toute autre : j'ai la sensation qu'on ne m'adresse majoritairement plus la parole que pour me solliciter en vue de mes futures noces. Je sais que cela est normal et attendu, mais ... Enfin ! Puis-je savoir quel ouvrage vous étiez venue consulter ? ❧
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mer 16 Nov - 16:13

Dire qu’il était curieux de discuter avec la princesse de l’Ouest aurait été une réalité, mais ça n’était pas déplaisant pour autant. Malgré la gêne ostensible, et la jalousie que je m’efforçais de reléguer au plus profond de moi. Comment justifier une marque d’hostilité involontaire, qui ressortirait à cause de cela ? Non, je ne pouvais pas me laisser aller à ces pensées négatives, alors qu’elle était probablement victime des décisions de sa famille, tout comme moi. Je retenais avec une grande difficulté la question qui me brûlait les lèvres, à savoir si elle trouvait son promis à son goût. Je ne désirais nullement la réponse et, si je l’avais, j’étais certaine qu’elle me déplairait. Je clignais des yeux un bref instant, alors que la jeune femme semblait se perdre dans ses pensées. Je gardais le silence, résistant à l’envie de m’éclipser, prétextant que Jeyne m’avait demandé de ne pas la rejoindre trop tard, afin de l’aider. Un rictus apparut sur mes lèvres, alors que je pensais qu’elle était sûrement en train de régler quelque détail du mariage de la jeune fille face à moi, et que je n’avais aucune envie de m’en mêler. Si la peine qui m’habitait était conséquente, elle serait bien pire encore si je devais me mêler des préparatifs de l’union.

Soupirant silencieusement, je levais la tête en essayant de dissimuler mes émotions, alors qu’elle reprenait la parole. Je ne savais si je devais être inquiète ou rassurée des propos qu’elle tenait sur sa mère. Si cela s’avérait vrai, et je n’en doutais pas, alors elle pourrait manipuler les gens pour qu’ils respectent et apprécient Jeyne comme cela se devait d’être. Bien que Jeyne n’ait nullement besoin d’aide pour se faire apprécier, le fait était que ces gens-là restaient manipulateurs, si j’en croyais toutes les discussions que j’avais eues avec la famille royale, et qu’ils pourraient être la cause de nombreux soucis pour ma cousine. Un sourire, léger, presque triste, prit place sur mon visage, quand elle m’affirma que sa mère devait accepter son union à une figure éminente de l’Ouest. Le soulagement disputait sa place à la rancœur, en moi. Je ne pouvais nier qu’il s’agissait là de l’opportunité de réaliser mon souhait le plus cher, celui de rester auprès de Jeyne pour toujours, mais si j’avais pu obtenir cela avec quelqu’un que je chérissais…

« Princesse, la force de votre Mère l’honore, et elle doit être d’un grand soutien pour vous, et vos frère et sœur. J’espère qu’elle le sera envers ma cousine, qui fait maintenant partie de votre famille. Mais vous me voyez rassurée par ce que vous me dites. L’avenir nous dira si jez peux réellement rester au sein du Royaume de l’Ouest, mais peut-être ai-je moins à craindre, à présent, de retourner auprès du reste de ma famille, et d’être contrainte de quitter Jeyne. »

Oui, c’était aussi simple que ça. J’endurerai toutes les peines qui me seraient infligées, pour son bien-être, pour veiller à ce dernier, et lui apporter mon soutien. Mais ça n’en rendait pas aisé pour autant, de penser plus encore à ces sacrifices que je devais faire, dans ce but. Elle n’y était pour rien, pas plus que je n’y pouvais quelque chose, mais nos Dieux étaient bien cruels. Peut-être ne toléraient-ils pas que je désire rester dans des terres qui ne les vénéraient pas, et qui avaient oublié leur puissance. Je hochais la tête, en l’entendant – bien que je doute qu’elle m’en informerait, si je l’importunais. Mais peu importait. J’écoutais, sans mot dire. Je ne pus que sourire, en l’entendant décrire ses devoirs et les acquis qui en découlaient. Jeyne était si éloignée de cela, plus… brute, quoi que raffinée. Le sourire sur mes lèvres s’élargit, malgré moi, alors qu’elle poursuivait. J’avais peu à cœur d’être réellement amie avec elle, mais ses propos me plaisaient, à mon insu.

« Je ne sais si vous y êtes habituée ou non, Altesse, mais n’ayez crainte d’oser, en ma présence. La franchise ne m’impressionne pas, ou elle ne me rebute pas, du moins, j’y suis habituée. Quoi que je sois flattée, de vous entendre dire cela. Et je ne vous adresserai pas la moindre félicitation, pour vos fiançailles, à moins que vous ne le désiriez. Et je ne m’offenserai pas, ou peu, si vous désirez que ma compagnie vous lasse et vous indiffère, si cela venait à en être le cas. Vous ne vous attendez sûrement pas à entendre cela, mais tous les caractères ne sont pas faits pour s’associer ou tous les gens pour s’apprécier, et c’est là quelque chose que je peux comprendre. D’autant que votre position vous prédestine à être la cible de mille regards et attentions, de milles sollicitations pas toujours désirées… J’espère que vous ne prendrez pas ombrage de mes propos, ce n’est que ce que j’ai pu constater, dans l’ombre de Jeyne. Vous êtes sûrement peut-être proches que vous ne devez l’imaginer, de vos vécus probablement similaires. »

Et cela me troublait beaucoup. Bien trop. Si elle s’était montrée injurieuse ou déplaisante, hautaine ou méprisante… L’envier et ne pas l’apprécier aurait été bien plus simple. Au lieu de cela, je me prenais à apprécier sa façon d’agir. Je retenais un soupir, avant de lui répondre.

« Quelques ouvrages pour connaître l’histoire de votre royaume, Princesse. Les avez-vous déjà consultés ? Vous devez avoir entendu beaucoup de conteurs, vous la raconter. J’espérais trouver des livres de contes, en plus de livres d’histoire, mais votre bibliothèque est incroyablement grande. »


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero



Dernière édition par Lynara Karstark le Mer 21 Déc - 20:03, édité 1 fois
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Dim 20 Nov - 1:27

La famille était une entité très importante aux yeux de Megara. Sans doute les gens ne le réalisaient-ils pas assez, particulièrement lorsqu'ils étaient extérieurs au Royaume du Roc, mais les Lannister avaient, contrairement à ce qu'on pouvait penser, une féroce force de cohésion et de soutien familiaux. Attaquez vous à l'un d'entre eux, et vous aurez très rapidement tous les lions à vos trousses. Sans parler du fait que ces lions là ont les griffes acérées, et des crocs capables de vous atteindre jusque dans votre chair. Megara n'avait jamais craint pour elle-même, mais toujours pour les siens. Elle savait que ces soucis et déboires personnels rejailliraient toujours sur le restant de sa fratrie ainsi que sur ces royaux parents, et cela l'avait toujours rendu encore plus encline qu'elle ne l'était naturellement à faire attention à tout, et à se préoccuper d'avoir toujours la meilleure des attitudes et des images. Parce que cela lui importait, narcissiquement, mais surtout parce qu'elle savait que la moindre faute de sa part serait si vite associée aux siens. Dans un autre domaine, la Princesse qu'elle était n'avait jamais craint d'être un jour blessée ou attaquée par qui que ce soit sans que justice ne soit faite et rendue. Sa mère était née Crakehall, mais elle n'en était pas moins capable de faire de votre existence une longue descente vers les abimes. Son père, lui, avait beau ne pas être un monarque des plus belliqueux, il n'en restait pas moins un Lannister, très attaché et très protecteur envers sa portée, et particulièrement envers ses filles. Dès lors, Megara n'avait nullement besoin d'être rassurée concernant le charisme et l'aura de ses parents, mais cela n'était jamais pénible que de l'entendre être une énième fois confirmé. Particulièrement lorsque les éloges venaient d'êtres nés à l'étranger.
    ❧ Mère doit tout à fait avoir consciente de l'enjeu majeur que représente l'éducation de votre cousine et de ma belle-sœur aux affaires du royaume. Le Roc n'est pas toujours uniquement gouverné par le souverain légitime et issu de la lignée des Lannister, mais également par sa reine. Une reine du Roc que Jeyne deviendra un jour, puissent les Sept faire qu'il en soit ainsi. Je n'ai donc nulle crainte concernant le soutien que Jeyne recevra de ma mère, pour peu qu'elle ne s'effraie pas de la personne qu'est la Reine du Roc. ❧ Sans doute n'était-ce pas forcément si courant que ça qu'une reine, une future reine et une reine douairière en viennent à vivre sous le même toit. Les égos devaient apprendre à composer avec cette situation, et il était entendu que prime en premier lieu l'autorité et la carrure de la reine officielle, celle dont l'époux n'était ni décédé, ni encore seulement prince héritier. ❧ L'avenir nous renseignera quant à votre future situation, oui ... Mais je conçois que si vous deviez regagner vos contrées, la séparation puisse vous être douloureuse à toutes deux. La raison d’État doit cependant passer avant tout le reste, il en va ainsi lorsque l'on nait au sein d'une noble famille. ❧
Megara devait le reconnaître, cette conversation n'avait rien de désagréable, et la changeait grandement du type de discours qu'elle aurait très bien pu entendre de la bouche d'une jeune noble de l'Ouest, dans une situation semblable. Lady Karstark venait du Royaume du Nord, là où bien des choses étaient différentes, à commencer par la religion, même si la Maison Manderly faisait tout de même exception à la règle concernant ce sujet. Il était donc attendu que Megara puisse comprendre que si des choses demeuraient immuables, d'autres, en revanche, étaient typiques à chaque royaume et à chaque contrée, à plus forte raison lorsque le Nord était dans la balance. Cela ne l'empêchait pas de rester sur la réserve, comme elle en avait pris l'habitude depuis plusieurs années maintenant, alors que peu importait, en ces instants là, l'origine sociale de la personne face à elle, tout comme les affinités et origines plus variées et complexes de l'interlocuteur auquel elle s'adressait. De plus ... De plus, ces grandes différences entre elles faisaient que Megara était bien incapable de réellement connaître Lynara, de savoir qui elle était, quel était son caractère, et à quel point elle pouvait se fier à ses propos. Là où la Princesse du Roc était en mesure de quelque peu cerner les jeunes filles nobles du Roc en se référant à ce qui était connu de leur Maison, concernant son interlocutrice présente, en revanche ... Bien sûr, elle n'était pas dans le flou total la concernant, et savait très bien, par exemple, pour quelle raison Lynara et Jeyne étaient liées par le sang. Mais de là à se targuer de pouvoir aller plus loin ...
    ❧ Toutes les vérités ne sont pourtant pas bonnes à dire ou à entendre, pourtant ... Concernant mes fiançailles, si vos félicitations sont sincères et honnêtes, je n'aurai aucune difficulté à les accepter. Pourvu que vous les pensiez réellement ... ❧ Sans doute était-ce même attendu de Lynara, d'après le protocole, les usages de respect et de politesse, ou d'après les conventions sociales. Mais Megara n'était pas demoiselle à être absolument à cheval sur ces valeurs là. Bien sûr, elles étaient importantes, parfois même cruciales, mais elles ne valaient en aucun cas valeur de véracité si l'on s'y pliait et référait uniquement par obligation et réflexe. Du moins était-ce ainsi que Megara voyait plus ou moins la chose. ❧ Et bien, au risque de vous surprendre, j'ai parfaitement conscience que tous les êtres ne peuvent s'entendre. S'entendre avec tout le monde, n'est-ce pas, dans le fond, ne s'entendre avec personne ? Mon cercle de proches et de confidents est très limité, car il se doit d'en être ainsi. La hiérarchie l'exige, et les convenances aussi. Je suppose que cela ne peut dès lors qu'apporter plus de prestige, de sincérité et de fierté si l'on se trouve faire partie des rares privilégiés, car l'on sait alors qu'il n'y a nulle feinte, nul mensonge, et nul geste réflexe dans mon affection ... Cela n'empêche effectivement pas les multiples sollicitations et cela ne brise en aucun cas le schéma de l'attraction et des attentions intéressées. ❧
Chacun n'a-t-il pas son fardeau, son lot de devoirs et d'obligations quant à son rang ? Les avantages s'accompagnaient toujours de devoirs que l'on préférerait fuir, et de loin, pourtant, il fallait s'y plier, car il en allait ainsi des choses depuis la nuit des temps ou presque. Il fallait tenir son rang, et ne pas décevoir, car l'on vous attendait toujours au tournant. C'était en des perspectives telles que celles-ci que Megara se prenait parfois à se demander ce qu'il avait pu en être de certains de ses ancêtres, et en particulier de Lann le Futé, qui avait tout de même gravi les marches jusqu'à pouvoir gouverner sur Castral Roc, à force de ruses et de manipulations. Mais tout ceci datait d'il y a si longtemps que nul n'était vraiment en mesure de pouvoir expliquer ce qui s'était passé. Faire la distinction entre ce qui appartenait à la légende pure et ce qui se baisait sur des faits avérés était aujourd'hui tout bonnement impossible, même pour les Lannister, à moins que ceux-ci n'en sachent plus que ce qu'ils voulaient bien en dire, et qu'ils ne demeurent mutiques que pour nourrir encore plus les histoires et légendes. D'ailleurs, c'était ce à quoi semblait s'intéresser Lynara, d'une façon plus générale. Et Megara esquissa un sourire à ses propos.
    ❧ Il fallait bien un lieu en mesure de pouvoir conserver en ses rayons la masse d'ouvrages accumulés par ma famille depuis si longtemps ... Certaines mauvaises langues disent que nous entreposons tout autant notre or dans nos coffres que nos richesses au sein de cette immense forteresse. ❧ Elle esquissa quelques pas, tout en posant le regard sur l'une des grandes échelles mouvantes qui servaient à atteindre les rayonnages les plus hauts. L'objet était tellement lourd qu'il était impossible de le mouvoir en étant seul. De toute façon, Megara n'y avait jamais grimpé. Cela aurait tout à la fois été dangereux et inconvenant. ❧ Père et Mère ont toujours veillé à ce que je sois instruite et cultivée, et je dois avouer que, de toute façon, j'ai toujours été avide de savoirs et de connaissances. Je ne peux cependant prétendre avoir déjà lu tous les ouvrages de cette bibliothèque : 10 vies n'y suffiraient sans doute pas ! Mais, oui, je connais l'histoire de mon royaume, parce qu'elle croise et s'entrecroise avec l'histoire de mes ancêtres. Et qu'il est attendu de tout enfant royal qu'ils connaissent son peuple et son royaume. Nos gouvernantes nous lisaient bien des extraits de ces ouvrages, pour nous endormir, et leur lecture était une heure d'enseignement comme une autre. Cependant ... Je suppose que les livres de finance et de géographie vous intéresseraient moins que les livres des mythes et légendes. Quant aux livres de conte, on en trouve pléthore en ces rayonnages ! Il vous faudrait cependant les demander à Mestre Aethon : il connait bien mieux l'ordre de rangement de cette bibliothèque que moi ! Ou alors, il me faudra voir dans les appartements de ma sœur : sans doute n'a-t-elle pas encore rapporté tous les ouvrages qu'elle a emprunté ... ❧
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mer 21 Déc - 21:39

Les propos de Megara étaient particulièrement curieux, pour moi – je n’avais jamais connu le Nord avec une reine, et si Jeyne avait rapidement gagné une place importante, en l’absence des hommes et de son père le roi, cela n’avait malgré tout rien à voir. Megara Lannister avait, elle, pu observer sa mère à cette place toute sa vie durant, ou du moins, je le pensais. Sa réputation de reine féroce et talentueuse datait de bien longtemps, je doutais qu’il en soit autrement. J’écoutais attentivement, malgré tout. Tout ce que je pouvais apprendre me serait plus qu’utile.

« Ma cousine est forte, princesse. Elle saura relever ce défi, et s’illustrer, comme votre mère a pu le faire par le passé. En bénéficiant de son enseignement et de son expérience, elle se révèlera à la hauteur de la tâche. Si quelqu’un en est capable, c’est bien elle. Je ne connais pas de personne plus apte à prendre la relève de votre mère - sans vouloir vous offenser, je ne vous connais que très peu, princesse, et je ne doute pas que sa Majesté Jordane ait pu vous former convenablement, vous et votre sœur. Comment aurait-il pu en être autrement, après tout ? Être éduquée par une si grande reine, et ne pas avoir acquis ses talents serait des plus surprenants. Mais n’est-ce pas raison d’État, que d’épauler ma cousine dans son rôle de princesse et future reine ? Bien que ce sort me semble doux, quoi qu’il ne l’ait pas été à ses débuts. Mais je me plierai bien évidemment à ce que l’on m’impose. »

Si ça n’était pas le cas, alors… Alors sûrement aurais-je fuit avec Gareth. Et si cette idée m’effrayait, elle était aussi bien trop tentante. Je m’efforçais malgré tout de l’ignorer, feignant de ne pas sentir mes joues qui me brûlaient. J’aurais préféré ne pas enchainer d’ailleurs sur ce sujet difficile mais je n’étais pas en mesure de l’ignorer. Il était sur toutes les lèvres, et il aurait été mal vu de ne pas lui adresser mes félicitations. Je hochais légèrement la tête. « Je sais combien les unions peuvent s’avérer complexes pour les nobles, encore plus pour les princesses je suppose, alors je ne peux que souhaiter que vous y trouviez votre bonheur. » Quant à les penser réellement… Que ce ne soit pas une union déplaisante, oui, qu’elle vive une union heureuse avec l’homme pour lequel battait mon cœur…

J’étais incapable d’ajouter quoi que ce soit, qui ne trahisse pas la douleur qui m’assaillait. Et le changement de sujet fut le bienvenu, bien que surprenant. Je ne me serais jamais attendue à une telle confession de sa part. Pas plus que je ne me serais attendue à ce qu’elle m’avoue tout cela. « Ce serait mentir, que de dire que vous ne me surprenez pas. Mais n’est-ce pas là le fardeau de votre rang, que de feindre cette entente avec tout le monde ? Tout en privilégiant certaines personnes, pas toujours choisies par vous, pour vous attirer le soutien des nobles ? Loin de moi l’idée de vous insulter et de vous qualifier de calculatrice, mais n’est-ce pas là une qualité indispensable pour une future reine ? Si oui, et je suis consciente de la délicatesse de cette demande… Pensez-vous pouvoir apprendre une telle chose à ma cousine ? Et à moi si le cœur vous en dit. Vous aurez ma promesse que jamais je n’utiliserai cela contre vous, uniquement pour aider ma cousine, et par extension votre Royaume qui est le sien. »

Je parlais probablement bien trop, et m’engageais aussi peut-être trop, mais j’étais parfaitement sincère malgré tout. Et réellement désireuse de mettre entre les mains de Jeyne tous les outils nécessaires à la place qu’elle allait occuper prochainement au sein de l’Ouest.

« Et c’est tout à l’honneur des vôtres. Bien des gens négligent l’importance de l’Histoire. Peut-être pourrais-je, si vous le désirez et après avoir suivi les conseils de mestre Aethon, vous transmettre les livres que j’aurai pu emprunter. Non pas que vous en ayez besoin, ceux-ci vous appartenant, évidemment. Mais si cela vous intéressait… »

Je laissais échapper un petit rire malgré moi, en l’entendant parler de livres de finance. Malgré l’inconvenance qui pouvait être associée à ce geste. « Excusez-moi, altesse. Je ne me moque guère de vous, mais je dois avouer que vous lire des ouvrages sur la finance pour vous endormir est assez amusante. Cela dit, je ne peux que vous approuver. Mais concernant la géographie, je ne suis pas certaine. Vous devez avoir de splendides paysages, et si vos ouvrages comportent quelques peintures, alors je prendrais plaisir à les découvrir. Mais parlez-moi de votre sœur : vous entendiez-vous bien avec elle ? Elle était donc friande de livres d’histoire ? »


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mar 27 Déc - 1:22

On ne pouvait juger les choses et les gens qu'en se basant sur ce que l'on avait déjà vu, ou, à défaut, sur ce que l'on connaissait. En tout cas, il semblait bien plus pertinent et éclairé de s'en tenir à un tel raisonnement, plutôt que de s'aventurer à avoir des prétentions et à se faire présomptueux. Mais Megara était sans doute mal placée pour donner son opinion sur la chose, puisqu'elle était, depuis toujours, dans la modération, le respect et la prudence. De par son caractère, sa nature profonde, et son rang. Lorsque vous étiez Princesse, très rares étaient ceux que vous voyiez chaque jour à être du même rang que vous, et pour cause. Dès lors, nombre d'entre eux pouvaient tout à fait chercher à s'élever, et pour cela, rien de mieux que de vous faire chanter si vous commettiez un impair ou que tournait autour de vous un vilain petit secret. Dans le même temps, vous attiriez inévitablement bien plus le regard des étrangers, de ceux qui étaient de votre royaume sans vivre à la Cour, ou bien encore de ceux qui étaient tout bonnement originaires d'un autre royaume, d'une autre contrée. Dès lors, Megara se devait de faire preuve de mesure et de prudence dans son échange avec la Nordienne, tout comme elle devait certes l'écouter, sans non plus croire à tout ce qu'elle disait les yeux fermés. Y croire et le réfuter étaient deux choses distinctes, tout comme douter en était une troisième, et se faire sa propre opinion en incorporant ce que l'on savait et ce que l'on apprenait était encore une quatrième chose distincte.
    Et bien, votre cousine chercherait-elle une meilleure ambassadrice pour vanter ses mérites qu'elle ne trouverait meilleure candidate que vous ! Un sourire amusé prit place sur ses lèvres. L'affection de Lynara pour sa cousine ne manquait pas de transparaître, et en tant que Lannister, Megara pouvait comprendre qu'on ressente le besoin de défendre l'un des siens, ou tout du moins de mettre ses qualités en avant. En effet, Nymeria et moi avons pu bénéficier des conseils et enseignements de Mère, mais aucune d'entre nous n'était destinée, depuis le début, à lui succéder. Ou plutôt à succéder à Père. La suite des paroles de Lynara portait cependant un peu plus à la réflexion, ce qui poussa bel et bien Megara à prendre son temps avant de lui répondre. La raison d’État demeurera toujours, mais elle varie en fonction de l'identité de notre souverain, qui elle-même change dès lors que l'on se marie à un noble étranger ... A l'heure actuelle, la raison d’État ne peut vous être dictée que par Torrhen Stark, alors je suppose que si c'est sur ses ordres que vous demeurée auprès de Jeyne, et bien vous pouvez vous sentir pleinement légitime ... Il est attendu de moi la même chose, que je soutienne, épaule et conseille ma belle-sœur. Cette forteresse est mon logis, le Roc est mon royaume, et je les chéris bien trop pour que cette nouvelle mission me pèse de quelque façon que ce soit ! Quant à sa future union maritale ... Mon fiancé est un homme respectable, et jeune. Cela m'évite de légitimement pouvoir songer à bien des tourments. Et mon frère le respecte, et le porte dans son estime, ce qui, compte-tenu du caractère de Lyman, est un bon indicateur.
Il était tout autant étrange qu'intéressant de discuter de tout cela avec une personne issue d'un autre royaume. Le Roc et le Nord étaient éloignés de plusieurs jours de trajet, que ce soit par les voies maritimes ou terrestres. Bien des choses étaient différentes entre les deux royaumes, ne serait-ce que leur climat. Ou bien encore leurs croyances, leur taille, leur richesse, et leurs origines, également. Cependant, cela faisait bien longtemps que Megara n'avait pu obtenir un avis étranger. C'était comme un léger vent frais, et sa curiosité ne pouvait en être que piquée. Elle voyait peu de raisons qui feraient dire à Lynara des choses qu'elle ne pensait pas, ou tenir des raisonnements allant à l'encontre de ceux qui étaient naturellement les siens. Bien sûr, cela ne dépouillait pas totalement cette discussion entre elles de tout risque, et la prudence et la retenue devaient tout de même quelque peu demeurées. Mais cela n'altérait en rien le fait que tout ceci avait un petit quelque chose de vivifiant. Dans le même temps, il en découlait une certaine exigence de réflexion et d'explication. Le niveau n'était pas trop élevé pour Megara, loin s'en fallait, mais, cependant, il était vrai que cela nécessitait, pour chacune d'entre elles, de prendre la peine de poser ses mots et de bien s'exprimer.
    Vous avez raison. Il doit bien exister une part de manipulation, ou tout du moins de calcul. Il existe des êtres insouffrables dont on ne peut cependant pas entièrement se passer. Et il convient alors d'aller au delà de son ressenti pour placer les intérêts avant l'affect. Mais je ne détiens pas de pouvoirs trop considérables, dès lors, ces rouages essentiels mais que je n'apprécie pas forcément ont surtout affaire à Mère, à Père ou à Lyman. D'un autre côté ... Ne pas faire cas de ceux dont l'ambition est bien trop avide pour leur rang, des prétentieux, des arrogants, des présomptueux, c'est les remettre à leur place. Mais il faut effectivement toujours prendre garde : ces êtres là, plus que les autres, guettent votre chute, et cherchent parfois à la précipiter, voire à la causer. La jeune femme marque une pause, avant de reprendre. J'apprendrais tout ce qu'il faudra apprendre à votre cousine, dans la mesure de mes capacités et de mes connaissances, bien sûr. Ce sera mon rôle, après tout ... Cependant ... J'avoue que vous m'intriguez quelque peu. Souhaitez-vous que je vous dresse une liste, ou que je vous confie quelques informations essentielles à savoir sur chacun, ou s'agit-il d'une demande plus générale ? Quant à vous inclure dans tout ceci ... Je suppose que ce sera de bon ton, si vous veniez à demeurer en ce royaume en y épousant l'un des nobles.
Megara ne se souvenait plus exactement lequel de ses ancêtres avait ordonné la construction d'un tel lieu de savoir. Bien sûr, la Bibliothèque du Roc ne rivalisait pas exactement avec celle de la Citadelle, mais, tout de même, on y trouvait une somme de savoirs et de connaissances non négligeable. De toute façon, se souvenir du commanditaire de tout ceci n'avait sans doute que peu d'importance, car cela ne s'était pas fait en un jour, et depuis lors, on n'avait de cesse de garnir encore et encore les rayonnages de nouveaux savoirs, de nouveaux ouvrages, sans parler des phases de restauration qui avaient lieu de temps à autre. N'entrait pas ici n'importe qui. Déjà, il valait mieux savoir lire, et avoir de bons yeux, la calligraphie était parfois petite et serrée. Ensuite, il fallait avoir les mains propres. Pendant longtemps, cela avait été une règle un peu abstraite pour Megara et le restant de sa fratrie, lorsqu'ils étaient encore enfants. Par la suite, ils avaient compris, à moins que les quelques menaces de coups de bâtons du Mestre n'y soient surtout pour quelque chose ! La saleté engrange la prolifération de mauvais germes, qui se font ensuite un plaisir de se reproduire, encore et encore, au sein des vieux ouvrages, quand ils ne se nourrissent pas des pages, d'origine végétales !
    Cela est envisageable, je pense, d'autant plus que cela ne m'engage en rien à les lire, s'il s'avère que c'est déjà chose faîte ! Le rire de son interlocutrice la désarma quelque peu intérieurement, très probablement parce qu'en tant que Princesse de l'Ouest, Megara ne pouvait concevoir que la finance puisse être un sujet jugé étrange si enseignée à des enfants. Cependant, visiblement, Lynara ne pensait pas à mal, et elle s'excusa même de son éclat de rire, à sa façon, ce qui poussa la jolie blonde à lui répondre par un sourire poli, se voulant apaisant. Le Royaume du Roc est le plus riche de tout le continent, et nombreuses sont les Maisons Vassales des Lannister possédant plus de richesses que certains grands pans de régions étrangères. Il est donc nécessaire de comprendre comment tout ceci fonctionne, où prospecter, comment, dans quels domaines investir, dans quelle mesure ... Toutes ces choses sont sans doute typiques du Roc, je suppose. Quant à s'endormir sur de tels récits ... L'une de mes Septas, plus jeune, disait toujours que cela menait à des rêves dorés ! Amusée quant à ce souvenir, Megara secoua quelque peu la tête de gauche à droite. Certes, nous avons de magnifiques paysages, et de nombreuses enluminures et peintures de renom. Mais ... Je dois avouer avoir quelque perdu l'habitude d'observer les peintures des ouvrages que l'on trouve ici. Je ... Je peins et dessine à mes heures perdues, et sans doute ai-je chercher à fuir tout risque de reproduire ce qui a déjà été fait, sans innovation ni touche personnelle. Finalement, la jeune femme resta en arrêt quelques temps, muette et immobile, avant qu'un large sourire épanoui et digne de son âge ne s'affiche sur ses lèvres. Si vous voulez que je vous parle de ma sœur, alors mieux vaudrait nous asseoir ! Car Nymeria est ... Nymeria est l'un des êtres les plus chers à mon coeur, et je pourrais vanter ses louanges pendant des heures et des heures. Megara tira vers elle l'un des grands fauteuils en velours pourpre et accoudoirs dorés, avant de s'y installer et d'enjoindre Lynara à faire de même, d'un signe de la main. Nymeria est ... C'est une vraie aventurière, bien plus courageuse et indépendante que je ne le suis. Elle ose, elle va à l'encontre de ce dont on nous a instruit, elle est pétillante, jeune, passionnée ... Et effectivement friande d'histoire. Je crois que tout a commencé le jour où elle a appris qu'elle avait une très prestigieuse homonyme.
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mer 18 Jan - 19:20

La princesse m’arracha un sourire, alors qu’elle affirmait que je vantais les mérites de Jeyne mieux que quiconque – chose aisée, alors qu’elle n’avait rencontré que peu de gens la connaissant, et aucun aussi bien que moi. Mais je ne disais malgré tout que la vérité. « Sans doute devrais-je faire preuve de plus de mesure, en parlant d’elle, mais je ne dis malgré tout que la vérité. Je ne souhaite pas que qui ce soit prenne ombrage de ses qualités. J’ignorais la pensée motivée par… je ne sais quoi, l’envie honteuse que j’ai d’être à sa place peut-être, qui me fit la voir comme pas aussi apte que ma cousine. Elle n’avait rien fait pour mériter cela. Je suppose que vous apprendrez à mieux connaître Jeyne, petit à petit, et que vous le verrez par vous-même. Sur ses ordres, et avec accord de mes parents. Vous n’avez pas tort en disant que la raison d’État varie selon nos souverains, mais vous savez comme moi que nombreuses sont les influences qui modèlent chaque action et chaque choix, n’est-ce pas ? Si je n’avais pas épaulé Jeyne à la mort de ma tante, si je n’avais pas émis le désir de l’accompagner, alors peut-être serais-je restée à Winterfell, ou retournée parmi ma famille à Karhold, en attendant d’épouser un homme du Nord. Notre avenir est tout tracé, mais nous pouvons, de quelque manière bien que limitée, l’influencer, je ne peux que croire en cela. Vous me voyez en tout cas rassurée de vous entendre dire que votre nouvelle place vous agréée, et que vous ne la dépréciez pas. J’espère que ma franchise ne vous offensera pas, mais il serait tellement aisé pour vous de ne pas apprécier cette étrangère propulsée dans votre famille, alors que par sa même présence, elle bouleverse l’ordre établi depuis votre naissance. Ou rend réel, du moins, ce à quoi vous avez dû être préparée. Mais vous vous en sortez admirablement, face au changement. C’est en tout cas ainsi qu’il en paraît, à mes yeux. »

Oui, c’était réellement le cas. Je me contentais de hocher la tête, à ses propos sur Gareth. Comment le nier, alors que je ressentais tant de choses contradictoires, face à la femme destinée à épouser cet homme qui avait fait forte impression sur moi, et même à la simple pensée que j’avais de lui ? Je baissais un instant mes yeux sur le livre que je consultais avant, espérant dissimuler ainsi mon trouble, et priant silencieusement les Anciens Dieux qu’elle n’en remarque rien. Elle ne me connaissait guère après tout, elle pourrait peut-être ne pas déchiffrer les expressions de mon visage. Je l’espérais ardemment.

Je relevais le regard, alors qu’elle faisait à son tour preuve de franchise, concernant les intrigants qui pourraient nuire à la Cour, à la famille royale, ou même à sa propre personne. Rien ne l’obligeait à en faire preuve comme moi auparavant, et j’appréciais qu’elle ne prenne pas de gants, même si cette pensée me dérangeait. Je m’étais tenue éloignée, autant que possible, de l’aînée des filles Lannister, et cette conversation me prouvait que j’avais eu raison. Comment la voir autrement que comme une rivale face à laquelle je n’avais aucune chance ? Je savais de toute façon ne pouvoir prétendre à Gareth, mais cela n’apaiserait pas pour autant la douleur de cette découverte. Pas plus que je pourrais ne pas souffrir de savoir qu’elle est une jeune femme intelligente, raffinée, et dont l’idiotie n’est pas un trait de caractère.

« Vous faites preuve d’une analyse très intelligente, et je mentirais si je vous disais que ça ne me rassurait pas, pour Jeyne. Elle serait entre de bonnes mains, si je devais rentrer dans le Nord. Ne pensez pas que je dise ça à la légère – comme toute jeune femme évoluant dans l’ombre d’une Cour Royale, j’ai appris à manier quelque peu l’hypocrisie. Pas assez, je pense, goûtant fort peu de cela, mais je peux vous affirmer penser réellement ce que je dis. Je suis consciente que vous ne pouvez me croire sur parole, et je ne vous ferai pas l’affront de vous le demander, mais peut-être vous en rendrez vous compte de vous-même, princesse. Quant à la manière de procéder… Je suis bien trop peu familière des nobles évoluant dans votre cour, ou même de son fonctionnement, bien que j’ai pu l’observer au cours des dernières semaines, pour vous répondre. M’autorisez-vous à y réfléchir ? Je serai tentée de vous demander ce qui, selon vous, siérait le mieux à cette requête que je vous ai faite, mais je ne voudrais abuser de vos bonnes dispositions, ou de votre gentillesse. » C’en était, partiellement du moins. Elle devait penser avoir tout intérêt à rallier Jeyne à sa cause, mais peut-être lui prêtais-je des intentions qu’elle n’avait pas. Je ne pouvais affirmer que ce soit le cas, à vrai dire. « J’espère réellement que cette chance sera mienne, car la séparation avec Jeyne serait dure, et je ne suis pas certaine d’avoir ma place ailleurs qu’à ses côtés. Mais la volonté d’autrui est à considérer pour cela. » Oui, et ma capacité à trouver le bonheur, malgré la peine qui écrasait mon cœur en ce moment.

Je me laissais aller à rire, malgré moi peut-être, et je retenais une grimace face à sa réaction, m’excusant promptement. Je ne me riais guère d’elle et ne voulais pas l’offenser, aussi décidais-je de croire que son sourire indiquait que ça n’était pas le cas. Si ça l’était… je n’étais pas certaine de pouvoir y changer quoi que ce soit, pour le moment du moins. À défaut, je l’écoutais attentivement, réellement curieuse de ce qu’elle me narrait. C’était sans doute un de mes défauts, que la curiosité. « C’est tout à voir honneur, que d’empêcher vos influences. Je ne me pense pas douée pour le dessin, pas plus que ce que l’on attend d’une jeune fille du moins, mais je serai ravie de pouvoir observer vos créations, si vous me le permettez. Et je vous fais la promesse de ne guère les comparer à quoi que ce soit d’autres. Je pourrais vous montrer les miens, si vous le souhaitez, mais je ne voudrais vous infliger cela. »

Je penchais légèrement la tête, en la voyant se figer soudainement, craignant d’avoir été trop loin, avant qu’elle ne se laisse aller à sourire, me rassurant bien malgré elle. Je ne pus m’empêcher de voir la similitude entre sa sœur et elle, et entre Jeyne et moi, mais je gardais le silence à ce sujet. Il serait malvenu de me hisser au même rang qu’elle, titre que je ne porterai jamais – et dont je ne voulais pas, à vrai dire. Je m’asseyais cependant non loin d’elle, rapprochant un fauteuil, tout en ignorant la gêne que ça faisait naître en moi. « Je regrette de ne pouvoir la rencontrer. Mais dites m’en plus sur cet homonyme qui est le sien ? J’ai entendu parler de Nymeria Martell, mais probablement moins bien que vous. »


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Dim 29 Jan - 23:20

La force de la famille n'était jamais à oublier ou à dévaluer. C'étaient à ceux de notre sang que l'on devait beaucoup. Parce que l'on était leur figure d'autorité et que, donc, on leur devait de bien s'en sortir, de leur faire honneur, de leur permettre de vivre de mieux en mieux. Ou parce qu'on était leur débiteur, que c'était d'eux que dépendait notre avenir, notre progression social ou notre train de vie. D'une façon ou d'une autre, on ne pouvait jamais couper toute ramification entre ceux de notre sang et nous-même. On vivait sous leur joug, sous leur bienveillance, on les abhorrait ou on les vénérait, mais, toujours, cela revenait invariablement à se positionner quelque peu par rapport à eux, d'un côté ou de l'autre des nuances de sentiments et d'émotions. Certes, sans doute certaines Maisons portaient-elles bien plus haut que d'autres leur ancrage très familial, jusqu'à parfois en faire montre jusque sur leur blason, ou dans leur credo. Mais chaque Maison avait tout de même son propre rapport à la famille, à la filiation, aux liens du sang. Et chez les Lannister, on ne prenait pas ça à la légère, à leur façon à eux. Ainsi, si ses parents n'avaient jamais rien fait pour créer une réelle relation complice entre leur fils et leurs filles, ils avaient su laisser Megara et Nymeria développer une très forte relation, créant ainsi un binôme, un duo, aussi différentes et complémentaires pouvaient-elles être l'une de l'autre. Et même si, effectivement, on ne pouvait que parler de duo et non de trio au sein de la fratrie Lannister, il n'en demeurait pas moins que les cadettes respectaient leur aîné et qu'il ne leur serait jamais venu à l'idée de le critiquer ou de l'offenser publiquement. De la même façon, sans doute Lyman n'aurait-il jamais laisser qui que ce soit s'en prendre à ses sœurs. Le fait était que, pour l'instant, Megara ne pouvait en avoir la preuve, car telle terrible occasion ne s'était pas encore présentée. Fort heureusement, d'ailleurs, même si, pourtant ... Même si, pourtant, il y aurait eu matière, et plus que cela, pour que ce soit le cas, si Jordane n'avait pas su si étroitement verrouiller ce qui se devait de l'être. Il y avait donc un certain devoir, chez les Lannister, que de faire front lorsque cela leur était possible et permis. Et Megara n'envisageait pas un seul instant de se défausser de ce précepte concernant Jeyne, sous prétexte que celle-ci n'était pas née Lannister. Jordane et Arcissia non plus n'avaient pas vu le jour en tant que Lannister, mais cela n'empêchait pas leur fille et petite-fille de fortement les chérir !
    Il n'est jamais entièrement de mauvais ton de vanter les qualités d'un être qui nous est cher, vous savez. Il s'agit juste d'apprendre à disperser tout brouillard des sens provoqué par l'affection familiale. Défauts comme qualités nous apparaissent toujours bien plus grands chez un être cher à notre cœur ... Megara prit un temps pour analyser et réfléchir aux dernières paroles de son interlocutrice. Tout comme elle, Lynara ne semblait pas croire mordicus à la prédestination totale et figée. Alors, ce à quoi réfléchissait la Princesse du Roc, c'était plutôt à ce qu'avaient pu vivre et éprouver, ensembles, les deux cousines, là-bas, dans ce Nord si lointain, en des temps déjà perturbés. J'en conviens, tout comme vous. Il serait tellement triste que cela ne soit pas le cas, si l'on ne pouvait jamais s'écarter ne serait qu'un instant du chemin tout tracé, tout en en restant parallèle ... La vie aurait-elle du sens et du goût, si tel était le cas ? Et bien évidemment que je ne déprécie pas votre cousine. Après tout, ma situation n'a que peu changé, voire même pas du tout, concernant mon rôle de Princesse du Roc. J'en demeurerais toujours porteuse du titre, par droit du sang, et je serais toujours l'aînée des Princesses nées Lannister. Ce sont des choses qui sont miennes, dont je ne pourrais jamais être dépossédées, des choses dont Jeyne ne me dépouille donc pas. Et concernant la place que j'occupe ... Cela aussi a toujours été mien. S'il était advenu malheur à Père lorsque nous étions encore jeunes, j'aurais tout autant dû épauler Lyman que maintenant. Cela aurait sans doute été un peu plus compliqué, sans doute, mais cela aurait tout de même été le cas. Tout comme c'est le cas depuis que je suis en âge de pouvoir réellement commencer à tenir un rôle public. Dans les faits, je suppose donc que les grands changements ne sont en réalité uniquement intervenus que dans l'identité et le prestige social de mon futur époux. Et dans le fait que cette union fait que je continuerai de vivre à Castral Roc même après mon mariage. Je suis cependant bien aise de savoir que vous me jugez tenir mon rang, c'est ... appréciable. Et je vous sais franche dans ce compliment.
Lynara n'avait après tout rien à gagner à la brosser dans le sens du poil, comme dirait Grand-Mère Arcissia. La jeune femme n'avait rien à obtenir de Megara, du moins, rien qui ne puisse être converti en espèces sonnantes et trébuchantes, ou en acquisitions de titres, de fonctions, ou de privilèges de cour. Si ce n'était peut-être son amitié, ou à défaut, une certaine inclinaison positive et appréciable. Il était vrai, après tout, que cela n'était sans doute pas si négligeable que cela, car s'il était de notoriété publique que Lyman et Megara ne possédaient aucune grande connivence, et que la sœur n'avait pas forcément plus que cela l'oreille de son héritier royal de frère, il n'en demeurait pas moins qu'elle pouvait l'approcher à sa guise, sans avoir à demander audience, ou à se faire annoncer à plusieurs intermédiaires avant de pouvoir le voir. Sans parler du fait que Megara avait bel et bien l'oreille de ses deux parents, à plus forte raison que celle de son frère. Et cela pesait dans la balance, tout comme le fait que, lorsqu'elle parlait, il était de bon ton de l'écouter, car il ne viendrait jamais à l'idée de quiconque de la bafouer, ou de l'ignorer. Cependant ... Cependant, présentement, Lynara n'avait nul besoin d'agir en ce sens, puisqu'elle possédait déjà l'oreille de Jeyne, qui pouvait se targuer, elle, d'être bien plus proche de Lyman que ne l'était Megara, en plus de posséder elle aussi tous ces privilèges princiers ! Mais ces histoires de franchise et d'hypocrisie, de loyauté et de fourberie seraient sans tout toujours dans l'air du temps, et toujours présentes, d'une façon ou d'une autre, dans certaines préoccupations dès lors que l'on portait un titre et que, donc, on possédait des vassaux, ou que l'on dominait en classe sociale et en prestige ne serait qu'une personne. Il fallait donc vite apprendre à ne pas se faire croquer et à savoir rappeler à tous qui l'on était, même si cela pouvait vous coûter, et que vous ne vous retrouviez pas armés comme il le fallait de façon instinctive et naturelle, sans rien faire et sans œuvrer pour accéder à tout ceci.
    Il est vrai que je reste prudente et mesurée, vous concernant, ce que vous comprendrez sûrement, Lady Karstark, car nous ne nous connaissons pas, et que vous êtes issue d'un Royaume et d'une Maison que je connais bien peu, mais vous n'avez encore faire preuve d'aucun des signes avant-coureurs que l'on m'a enseignée pour repérer les hypocrites, les manipulateurs et les menteurs. Et Mère ne m'a en rien mis en garde contre vous, et son avis à elle est bien plus aiguisé et fiable que le mien. Cependant, je pense que vous n'avez pas encore cerner mes défauts, et que, donc, cela vous pousse à avoir une image trop parfaite de moi. Mais peut-être que cela me convient quelque peu. Un léger sourire naquit sur ses lèvres, bien que son regard, lui, fut bien plus expressif quant à son petit trait d'humour. Cependant, Megara sut reprendre son sérieux pour continuer la conversation engagée. Je ne vois aucune raison de vous pousser à me répondre dès maintenant, puisque vous n'envisagez pas de nous quitter tout de suite, visiblement. Quant à vous donner quelque conseil quant au choix à adopter en priorité ... Je pourrai vous confier l'un des dictons de ma grand-mère paternelle, la Reine douairière Arcissia Lannister : Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours.
Sans doute Megara n'en prenait-elle réellement conscience que maintenant, mais l'arrivée de Jeyne et de Lynara bouleversait tout de même quelque peu l'ordre et la continuité établis, dans le sens où toutes deux n'étaient pas de bref passage, qu'elles n'appartenaient pas au flot des courtisans, et qu'elles ne constituaient pas réellement une délégation étrangère. En tout cas, ce n'était certainement pas le cas pour Jeyne, quant à Lynara, elle était rattachée à sa cousine, et ne représentait donc pas réellement le Nord, n'est-ce pas ? Du moins n'était-ce pas là sa mission. Dès lors ... Dès lors, Megara se montrait-elle sans doute un peu plus ouverte avec elle. Et prenait réellement cas du fait qu'elles la découvraient, et qu'elles ne savaient donc pas tant de choses sur elles, la poussant alors, elle, à expliquer, ou en tout cas à prendre conscience de tout ceci. Car il ne serait venu à l'idée d'aucun sujet du Roc possédant quelque sang noble d'ignorer que les enfants Lannister avaient été instruits, et qu'ils l'avaient également parfois été dans des domaines plus annexes, moins cruciaux, mais tout autant intellectuels ou manuels que ne l'étaient les formations plus habituelles inculquées à des enfants royaux.
    Père dit qu'il s'agit là de l'un de mes dons. Grand-Mère dit simplement que j'ai l'oeil pour les détails, et que je m'intéresse moins à la futilité, à ce qui est vide de sens ou simplement là pour les apparences et l'esthétisme ... Il est fort possible que vous puissiez poser les yeux sur l'une de mes créations si vous vous rendez dans l'antichambre des appartements de mon frère et de votre cousine. La dernière fois que j'y suis allée, le tableau de falaises de Port-Lannis au crépuscule d'une lune de sang y était encore accroché au mur, à moins que Lyman ne l'en ait décroché depuis. Nymeria aussi avait eu le droit à un tel cadeau, bien que le sujet en soit différent, tout comme en avait été l'occasion. Megara n'était pas de celles qui dépense pour faire des présents. Elle préférait investir sur le fait-main, car c'était plus original, plus personnalisé, et que cela n'avait pas de prix, que c'était unique, et que cela valait donc bien plus que tous ces présents que des sommes astronomiques pouvaient s'acheter. Sans parler du fait que cela l'occupait, elle qui détestait rester sans rien faire, d'autant plus depuis le début de sa malédiction, sans doute par peur que, n'ayant rien à faire, son corps ne se choisisse lui-même ces distractions répréhensibles. Finalement, elle en venait à parler de Nymeria, un sujet tout aussi intéressant pour Megara. Je suppose que elle aussi aurait apprécié de vous rencontrer, ne serait-ce pour vous entendre parler du Nord ... Effectivement, ma chère petite sœur est l'homonyme de Nymeria Martell. Je suis loin de tout connaître d'elle, mais je veux bien essayer d'être la plus complète possible. La Reine Nymeria était originaire de Ny Sar, au cœur d'Essos, et a dû fuir ses terres, accompagnée de nombreux Rhoynar, lorsque les Valyriens ont gagné du terrain. Elle a fini par débarquer à Dorne, à la tête d'une flotte de 10 000 navires. Une flotte qu'elle a elle-même fait brûler, pour signifier aux siens qu'il n'y aurait nul retour en arrière. Et puis, elle s'est associée à Lord Mors Martell, qu'elle a épousé, et au sein d'une sorte de guerres des rois et des lords dorniens, ils ont fait plier tous leurs adversaires, donnant naissance à la Principauté actuelle. Et à la règle de stricte primogéniture pour les héritages. Le Roc n'est pas Dorne, mais ... Je dois dire que les usages de l'Ouest me conviennent : une fille n'a pas la priorité sur son frère, mais elle l'a en tout cas sur ses oncles et cousins, en termes d'héritage. Mais il me semble qu'il en va de même au Nord, non ?
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Jeu 2 Fév - 23:23

La princesse semblait avisée, et faire preuve de prudence quant à ce qu’on lui avançait. J’espérais qu’elle réaliserait bientôt par elle-même ce qu’il en était, du réel caractère de Jeyne, et qu’elle en viendrait à l’apprécier, si ça ne commençait pas déjà à avoir lieu. Qu’importent mes difficultés avec la personne face à moi, et plus grandes encore étaient-elles de constater que j’aurai pu l’apprécier en d’autres circonstances, que je pourrais l’apprécier, même, si j’apprenais à la connaître, malgré tout, je devais lui reconnaître qu’elle pourrait beaucoup pour ma cousine, et serait une excellente compagne. Pas au point de me supplanter, je l’espérais…

« Le discernement est nécessaire, mais je ne peux vous cacher que j’en manque, dès lors que cela concerne Jeyne. Quand j’en parle à d’autres qu’elle, du moins. Mais je ne m’étendrais pas sur les propos que je peux lui tenir en privé – non pas que j’en ai honte, mais vous devez connaître l’importance de la réputation d’une princesse, et l’intimité qu’elle partage avec sa cousine, au point de la laisser la guider quand elle se fourvoie, n’est pas à partager. Bien que je vous fasse confiance avec cette confidence. C’était à moitié vrai – je ne craignais pas tant que ça, à affirmer que j’avais l’attention de ma cousine, mais rien ne me disait que Megara ne chercherait pas à en profiter. Qu’elle ne me semble pas ainsi, et j’aurai presque souhaité qu’elle ne soit qu’une manipulatrice ambitieuse digne des gens de l’Ouest si cela avait pu faciliter des pensées peu aimables que je ne pouvais m’empêcher d’avoir par moment par jalousie, indiquait peut-être que je me fourvoyais. Je crois pourtant que c’est ce que l’on attend de nous, et que si quelqu’un surprenait cette conversation, un sermon nous attendrait – ou nous aurait attendu, plus jeunes, je ne sais réellement si cela a encore lieu d’être. Mais la vie aurait un goût différent, alors que nous trouverions des moyens de déjouer l’attention des autres, de la détourner de ces règles étouffantes que l’on nous impose, ne croyez-vous pas ? Peut-être, oui. Vous avez certes raison, il en est de même pour moi – je serais toujours l’ainée de ma famille, et leur premier enfant, quoi qu’il puisse se passer. C’est un bonheur inestimable, je crois, que d’être entourée de votre famille et de ne pas avoir eu à endosser ce rôle trop tôt, Altesse. Jeyne a eu à le faire, malgré elle, et si elle a fini par se révéler et par exceller, cela a été une charge que je ne suis pas capable moi-même de comprendre, un réel fardeau par moment, alors qu’elle n’aurait souhaité que pleurer sa mère. En cela, peut-être serez-vous donc complémentaire : vous avez eu plus de temps à vous préparer à votre rôle, quand elle a été propulsée dans le sien. » Je hochais la tête sans rien ajouter de plus quant à son union, ses propos confirmant à la fois mes craintes et espoirs : espoirs de voir Gareth, et crainte de ne pas supporter cette vision.

Je m’efforçais de sourire un instant, sans me moquer mais amusée malgré tout. « Si vous trouvez ces signes avant-coureurs sur moi, Altesse, je vous prie de m’en avertir. Je ne leur coure pas après, et je ne souhaite pas vous offenser en disant cela, mais j’ai l’impression qu’ils pourraient m’être plus utile que la franchise dont vous m’êtes grée d’avoir fait preuve tout à l’heure. Je ne peux me targuer d’être menteuse, je crains à vrai dire que j’en suis une bien piètre, mais je devrais peut-être m’efforcer d’aller à l’encontre de cette tendance naturelle. Quant à vos défauts, n’importe quelle courtisane vous dirait que ceux-ci n’existent pas. Je ne vous ferai pas cet affront, mais peut-être puis-je vous accorder la qualité de savoir fort bien les dissimuler, au sein de vos qualités ? Bien sûr, vous allez me dire à nouveau que je ne chercher qu’à vous flatter et que je ne vous connais pas assez pour l’estimer, et vous aurez probablement tout à fait raison. C’est cependant ce qu’il conviendrait de dire, n’est-ce pas ? » Je lui souris légèrement, plus amusée que je ne le pensais d’échanger avec elle, alors que je m’efforce d’ignorer tous les désagréments.

« Si je puis rester, je le ferai, en effet. Et je serai réceptive à tout conseil que vous me donnerez, Princesse, y compris si je dois apprendre à pêcher seule. Je ne reculerai devant rien pour aider Jeyne, pour aider sa nouvelle famille, aussi difficile soit la tâche. » Elle comprendrait ce qu’elle voudrait de cela. « Je ne manquerai pas d’y accorder de l’attention, je suis intriguée de les découvrir, maintenant. Peut-être pourriez-vous m’expliquer, sitôt que je les aurai découverts, ce qui vous a inspirée. »

Ou peut-être était-ce trop demander. Je haussais les épaules, laissant la conversation dériver sur la famille Lannister ; et une personnalité du Sud que la sœur de Megara Lannister idolâtrait. « L’occasion se présentera peut-être, dans le futur. Mais elle a pour homonyme une femme valeureuse, comme on en voit peu par chez nous – dans le Nord, du moins, votre Mère étant un réel exemple de femme valeureuse. Pensez-vous que votre sœur possède la force de Nymeria Martell ? Je l’écoutais attentivement me parler des droits de lignée dans son Royaume, que je ne savais pas identiques aux nôtres. En effet, si mes frères décédaient, je serai à la tête de ma famille à leur place, à moins que mon père n’ait un autre fils. »

J’hésitais un instant, avant de poser une autre question. « Pardonnez ma franchise, et croyez bien que je ne colporterai pas de telles rumeurs, mais auriez-vous souhaité régné, Princesse ? Posséder votre propre Royaume ? Je ne veux pas vous être désagréable, par cette question. Je suis simplement curieuse de vos envies et rêves d’enfant, et de ceux que vous avez eu plus tard. »


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mer 8 Fév - 23:27

Pour Megara, était-il plus aisé de parler ainsi avec Lynara Karstark ? Le fait était que ce n'était pas forcément vrai, mais que dans le même temps, ce n'était pas forcément faux non plus. La demoiselle venait du Nord. Et cela signifiait beaucoup. Pour ainsi dire, sans pour autant pouvoir tout expliquer, cette simple petite information était indispensable pour comprendre la situation. Car elle se disait qu'il ne serait jamais dans l'intérêt de la Nordienne de s'en prendre à elle ou de colporter quelque sale rumeur à son propos. Jeyne avait épousé Lyman. A ce titre, elle était devenue Princesse du Roc, et l'on ne pouvait donc plus lui refuser le statut de Ouestienne, bien qu'elle soit née Nordienne et qu'elle le resterait toujours. Pour Lynara, la situation était tout à fait différente. Et si, effectivement, les courtisans pourraient tout à fait prêter l'oreille à ses propos si elle dénichait quelque information croustillante, elle n'aurait rien à y gagner, car ils la verraient toujours comme une étrangère, et ne l’incluraient jamais dans leur cercle. Oui, les choses étaient aussi tranchantes que cela, et même la douce Megara en avait conscience ... Bien qu'elle ne cautionnait pas une telle attitude.
    Je comprends tout à fait. L'intimité familiale est une chose précieuse, et s'il ne vous viendrait donc pas à l'esprit de vous épancher auprès de moi de tout ce que Jeyne et vous pouvez partager, de mon côté, il m'est évident que mes discussions et paroles, ainsi que la quasi totalité de mes échanges avec ma famille ne peuvent que vous demeurer secrètes. C'était la plus stricte et la plus pure des vérités, présentée sans mauvaises intentions ni pensées déplacées. Megara n'ambitionnait en rien de remettre les points sur les i ou de recadrer les choses, comme le rapport hiérarchique entre elle. Ce n'était pas dans sa nature, et son ton tout comme ses expressions faciales faisaient tout à fait comprendre qu'il ne s'agissait que de paroles terre à terre, aussi neutres que si elle s'était mise à parler du soleil ou du chant des vagues qui se fracassaient en contrebas du roc que surmontait la forteresse royale. Quand à la suite ... En toute sincérité, je n'ai que très peu été sermonnée dans ma vie. J'ignore même s'il s'agissait vraiment de sermons ou bien de recadrages maternels ... Bien que cela puisse être dur à croire, si l'on connaissait tous les tenants et tous les aboutissants des actes et paroles qu'elle avait pu avoir, c'était la stricte vérité. Même lorsque ... Même lorsqu'elle avait dû se confier de ces choses là auprès de sa mère, jamais Jordane ne l'avait culpabilisée ou assommée de reproches. Jamais. Il me reste encore à vraiment pouvoir goûter à tout ceci. J'ai peut-être déjà pu le humer, via ma sœur, mais ... Mais sans doute votre expérience est-elle bien plus probante que la mienne sur ce point là !
En tout cas ... En tout cas, sans le savoir, Lynara se méprenait sur toute la ligne à son sujet, ou du moins le faisait-elle partiellement. Megara avait dû endosser un certain rôle bien plus tôt que prévu, bien trop tôt, et encore, il aurait été préférable pour tous, et particulièrement pour elle, qu'elle ne l'endosse strictement jamais ! La jeune femme n'avait jamais été dilettante, elle avait toujours su avoir une certaine maturité toujours matinée d'une pointe plus ou moins conséquente d'innocence. Bien sûr, elle avait déjà été enfant, mais les déviances strictement puériles et immatures n'avaient jamais eu de réelle place dans son quotidien. Elle n'avait pas été boudeuse comme avait pu l'être Lyman, pas plus qu'elle n'avait été une boule d'énergie incapable de se conformer au carcan princier. Elle avait donc toujours été mature, mais, brusquement, elle avait dû l'être encore bien plus. Encore bien plus que certaines femmes d'un certain âge qui, certes, avaient pu avoir bien d'autres sommes de préoccupations, mais pas celle-là, jamais celle-là. Megara avait dès lors été confrontée à une somme de responsabilités, et si sa mère avait tout fait pour effacer toute trace et s'assurer qu'aucun point de non-retour n'était franchi, la jeune femme avait tout de même dû faire des ajustements, prendre des mesures, suivre un certain mode de vie tout à fait nouveau pour elle. Si, à la Cour, cela passait pour une certaine froideur mise sur le compte de différentes raisons selon les courtisans que vous pourriez interroger à ce sujet, dans les faits, il en était tout autre. Mais dans des conditions telles que celle-ci, méprises et erreurs valaient mieux que la vérité. Une vérité à laquelle Megara ne pouvait jamais réellement échappée, quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, et peu importait également ce à quoi elle pensait. Alors, elle cachait tout ceci derrière un sourire de façade, courtois et poli. Et toujours un peu honnête, aussi.
    Si cela peut vous rassurer, pas plus que je ne manquerai de soutenir ma belle-sœur, je ne manquerai pas de porter à votre connaissance tout signe qui me ferait soudainement douter de votre honnêteté, Lady Lynara. Tout simplement parce que, dès lors, si un tel cas de figure venait à se présenter, Megara elle-même prendrait soudainement bien plus garde à ce qu'elle dirait et ferait en présence de la Nordienne ! N'est-ce pas dans l'éducation princière, et peut-être même, à moindre échelle, noble, que de savoir montrer l'exemple ? Dès lors, il faut masquer ce qui risquerait de ne pas cadrer avec le modèle que l'on se doit d'être. Nos qualités doivent inspirer ceux qui tournent leur regard vers nous. Et il ne faudrait pas les encourager, d'aucune manière que ce soit, à faire montre de comportements répréhensibles et à blâmer ... J'espère cependant que la somme de mes qualités est la principale responsable d'une mise en pénombre de mes défauts, plutôt que je ne doive tout ceci à d'excellents talents de dissimulatrice et de manipulatrice ... Mais effectivement, il est visiblement attendu de tous de prétendre que je suis vierge de tout défaut, cependant j'ignore si cela m'agrée tant que ça. Peut-être était-il tout autant attendu de Lynara qu'elle se drape d'ores et déjà d'ambitions si vertueuses et si louables, mais, en tout cas, il ne venait pas vraiment à l'esprit de Megara de remettre en cause l'attachement entre les deux cousines tout droit venues du Nord. Dès lors, elle ne remettait pas en question les ambitions de son interlocutrice quant à Jeyne. Ce sera avec plaisir, même s'il est fort possible que vous ne puissiez plus rien voir de tout ceci. Il revient maintenant également à la Princesse Jeyne d'ordonnancer l'agencement et la décoration des appartements de mon frère, puisqu'ils sont désormais également les siens.
Et la conversation dérivait sur Nymeria, sans que cela ne heurte ou ne froisse Megara, bien au contraire. Mais, oui, la question d'un futur retour de sa cadette au Roc, ou d'un voyage vers le Val, était une source de peine et d'inquiétude pour elle. Car des zones de combat séparaient aujourd'hui géographiquement les deux royaumes, et que tout ceci n'était que potentiel et hypothétique, pour l'instant ... Oui, c'était douloureux, mais parler de Nymeria lui faisait tout de même suffisamment de bien pour ne pas ternir son sourire ou quelque peu éteindre l'éclat de son regard.
    Nymeria Martell a vécu il y a plusieurs générations de cela, je ne connais donc d'elle que ce qu'en racontent les livres et les histoires. Et si les écrits demeurent bel et bien à travers le temps, ils ont aussi tendance à modifier la réalité pour l'embellir, la transformer, et en gommer toutes les aspérités, tous les points d'ombre. Je ne peux donc pas certifier de quelque ressemblance entre la vraie Nymeria Martell et ma sœur, mais ... Mais j'aime à penser que ma Nymeria à moi partage bel et bien des points communs avec son homonyme. Qu'elle a hérité de Mère sa force. Certains disent que c'est elle, la vraie future lionne ... Pourtant ... Pourtant, si malheur survenait à Lyman avant même qu'il ne devienne père, ce serait à Megara qu'incomberait la charge d'assurer la pérennité d'une couronne du Roc ceinte par un Lannister. Soit par elle si elle n'avait alors aucun enfant, soit via les enfants que Gareth et elle auront alors déjà eu ... Et Nymeria, aussi forte et déterminée qu'elle soit ne pourrait absolument pas contribuer à tout ceci, si ce n'était, peut-être, en la soutenant et en l'encourageant, et en veillant à ce que le Val demeure allié du Roc. Bien évidemment, toutes ces questions pouvaient légitimement en soulever certaines autres dans l'esprit de Lynara. Et même si celle-ci n'y voyait sûrement pas à mal, cela n'empêcha pas Megara de quelque peu se raidir, et d'adopter une posture bien plus princière que jusque là. Si vous vous inquiétez d'une quelconque jalousie de ma part à l'égard de votre cousine, soyez-en vite détrompée. Car, non, je n'ai jamais ambitionné, ni même rêvé ou encore espéré être un jour Reine du Roc. Lyman a toujours été l'héritier de notre lignée, en sa qualité de mâle, et parce qu'il est de toute façon mon aîné. Mais j'ai effectivement été élevée pour pouvoir un jour assurer la position de consort royale, si jamais mon mariage m'amenait à endosser ces atours. Mais la question ne se pose plus, aujourd'hui, et une partie de moi en est sans doute soulagée. Lynara y comprendrait ce qu'elle voudra, compte-tenu de la précision finale. Une partie, oui, mais une partie seulement ... Et sur le moment, Megara ne s'inquiétait nullement d'avoir probablement adopté un ton plus officiel et moins proche, car ses pensées étaient partiellement ailleurs. Je demeurerai toujours une Lannister, et c'est ce qui importe. Par moi pourra continuer de couler le sang des nôtres, ainsi que leur nom, et leur réputation, et leur royauté, si la situation l'exige.
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Lun 13 Fév - 8:11

Les paroles de Megara ne surprirent pas Lynara – comment aurait-ce pu être le cas ? Si la Nordienne n’envisageait pas trahir les échanges qu’elle avait avec sa cousine, il lui semblait tout aussi inconcevable que Megara agisse différemment, que cela soit vis-à-vis de sa famille ou de ses proches. C’était un fait, une chose qui ne pouvait être autre, et elle aurait à vrai dire bien mal considéré la jeune femme en face d’elle, si elle lui avait dit l’inverse – soit parce qu’elle serait terriblement naïve, bien trop, soit parce qu’elle essaierait de se jouer d’elle. Et elle ne pensait pas lui avoir donné de raisons d’agir ainsi.

« Je ne suis pas familière des sermons, non plus – quelques remontrances, peut-être, en effet. Bien peu de la part de ma mère, qui n’a pas quitté Karhold, mes frères nécessitant sa présence bien davantage que moi, qui plus est. Mais il a du arriver que nous manquions une leçon ou son début du moins, emportées par notre enthousiasme, et guère conscientes du temps qui passait. Je ne le regrette malgré tout pas – c’est cela qui, je pense, a fait l’essence de notre relation avec Jeyne. Bien que nous ne sommes pas si dissipées que cela. Et peu importe que vous les respectiez à la lettre – l’important est, je crois, de ne point se compromettre et de profiter des richesses de la vie, n’est-ce pas ? »

C’est du moins comme ça qu’elle le voyait, pour la roture aussi bien que pour les nobles. Elle s’arrêta un instant, consciente que ses paroles avaient pu être mal perçues. « Je ne souhaitais, ne souhaite pas à vrai dire, diminuer la valeur de vos actes en disant que vous y êtes préparée – je suis bien consciente que tout cela doit être difficile, et que si vous vous en sortez sans accroc, cela sera faire preuve d’excellence. Elle ne voulait pas la flatter ainsi, elle ne désirait pas passer pour une intrigante, mais clarifier ses intentions. La princesse Lannister finirait surement par comprendre cela, de la part de Lynara. C’est certainement le cas, mais est-ce réellement une façon de se montrer, que de paraître parfait en tous points ? Comment leur faire comprendre que vous êtes aussi l’une des leurs ? Je sais qu’il est de coutume d’agir ainsi, mais n’est-ce pas une façon d’encourager les oppositions, parfois ? En faveur de votre approbation, du moins ? Si vous vouliez laisser entrevoir quelques défauts, alors cela vous servirait sûrement, en ce sens. Mais je comprends cette position difficile.

La brune s’arrêta un instant, écoutant sa vis-à-vis, sur des sujets biens plus futiles et bien plus faciles à aborder. « Vous savez, Altesse, je ne suis pas certaine que ma cousine se permette de tout enlever ainsi – surement y ajoutera-t-elle quelques petites choses, mais elle ne chamboulera pas toute une décoration en un instant. Surement désire-t-elle conjuguer ses goûts à ceux de Lyman, et je n’ai pas de doute quant au fait qu’elle même habilement le tout. »

Oui, assurément. Elle la connaissait suffisamment bien pour savoir cela, d’autant plus quand son époux et elle s’entendaient aussi bien que cela. Elle ne connaissait en revanche pas du tout la sœur de la princesse, et elle appréciait que celle-ci lui en parle. C’était une certain façon d’abolir cette distance qu’elle ressentait depuis son arrivée au Roc, n’est-ce pas ?

« Je peine à croire que votre mère ait pu mettre au monde autre chose que des lionnes – et cela n’inclut pas votre frère, je ne voudrais pas qu’il croit que je colporte de tel rumeur à ce sujet, dit-elle un petit sourire sur le visage, mais vous pouvez l’être de façon différente, vous savez ? Je ne peux rien affirmer, ne vous connaissant pas assez, mais je pense que vous devez l’être à votre manière. »

Oui, elle était sincère, même si rien ne lui permettait d’étayer cela. Elle ne pouvait toutefois dire tout ce qui lui passait par la tête, sans mesurer quelque peu ses propos, et peut-être ne se comprenaient-elles pas. Lynara ne voulait pas suggérer que Megara soit Reine du Roc, mais bien d’un autre royaume. Elle retint un froncement de sourcils, incertaine de ce que voulait lui dire celle qui était maintenant la sœur de Jeyne. Devait-elle s’en méfier ? Elle était quelque peu perdue, à vrai dire. « Je n’aurai pas osé penser que vous vouliez la place qui est de droit celle de Jeyne, par son mariage. Sans doute me suis-je mal exprimée, je ne voulais parler que de cours étrangères, et de régner sur un autre Royaume. Je ne m’autoriserais pas à remettre en cause votre loyauté à votre frère et à son épouse, évidemment.

Je suppose que cela doit être un fardeau certain, d’endosser de telles responsabilités, je ne peux que comprendre. Et je suppose que l’on attend de vous cela, pour votre sang, pour votre famille…
»

Elle n’avait pas grand chose à répondre – Megara Lannister ne se confiait plus sur sa sœur, et son ton s’était fait moins affable. Était-ce là un sujet sensible ? Difficile à déterminer.

|HJ| Désolée si c'est un peu brouillon, je l'ai fait de manière assez fragmentée ^^"


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Dim 19 Fév - 0:45

Être adulte, c'était sans doute ne pas forcément se souvenir qu'un jour, nous aussi, on a été jeune. C'était probablement aussi oublier que l'on avait pas toujours été celui ou celle que l'on était aujourd'hui, que l'on avait commis des erreurs pour en arriver jusque là, que l'on avait dû vaincre ou gommer ses défauts, apprendre à se recentrer sur ses qualités, tout en n'oubliant pas de rester humain, malgré tout. Peut-être qu'à plus forte raison, ce genre d'omissions ne pouvait que s'accentuer lorsque l'on devenait parent et que l'on se mettait à juger nos enfants, à leur reprocher ces gestes et ces actions que l'on avait pu nous même commettre auparavant ... Megara n'était pas mère. Pas encore. Jordane s'était toujours assurée que cela ne soit pas le cas, car, tant qu'elle n'était pas mariée ... Il n'y avait nul besoin d'expliquer les décisions prises par la Reine du Roc concernant sa fille aînée, et celle-ci avait très bien compris les choses, ne renâclant dès lors jamais à boire ces thés de lune que sa mère voulait lui voir ingérer. Dès lors, non, Megara n'avait encore jamais donné la vie. Mais cela ne l'empêchait pas de réfléchir à tout ceci, au fait que vos parents pouvaient vous reprocher des choses sans être pour autant forcément en colère ou furieux contre vous. Peut-être aussi parce qu'elle avait pu entendre son père lui expliquer tout ceci, lorsque, parfois, Megara s'était quelque peu montrée attristée et effrayée des réactions et exigences de sa mère, alors qu'elle n'était encore qu'une enfant.

Loren avait toujours été le plus doux et le moins réprobateur, bien que lui aussi avait pu avoir ses propres exigences. Et sa fille aînée avait toujours su qu'il lui resterait toujours allié, quoi qu'elle puisse dire ou faire, parce qu'il était comme ça, son père. Un vrai lion, avec toutes ses qualités et tous ses défauts. Les lionnes sont toujours celles qui attrapent leur progéniture par la peau du cou pour l'amener là où elles voulaient qu'elle soit. Et vous aviez alors intérêt à ne pas vous agiter en tout sens. C'était comme prendre un chaton par la peau du cou : la petite boule de poil se laissait faire, se relaxait même, jusqu'à presque en devenir malléable. Un geste instinctif, appris par sa féline de mère. Alors, gros ou petit matou, c'était la même chose ... Quant aux mâles ... Les lions se laissaient plus souvent mordiller, grimper dessus, attraper la queue, en restant allongé, tel des rois, sans rien faire. Jusqu'à une certaine limite, mais quand même. Et Loren aussi, il savait sortir les griffes et montrer les crocs, contrairement à ce qu'en pensaient les gens. La mémoire, ça va, ça vient, mais Megara savait très bien que, jeune homme, alors qu'il était encore prince, et durant les tous premiers mois de son règne, son père avait combattu, vaillamment et brillamment, contre le Bief. Mais ça, les gens l'omettaient souvent, dans leurs jugements et leurs critiques. Tout comme ils ignoraient qu'il pouvait être de très bon conseil ! D'ailleurs, Lynara se trouvait présentement avoir la même déduction que lui, enfin, plus ou moins ...
    J'ai déjà entendu de tels propos de la bouche de mon royal père Lady Lynara ... Je ne peux donc que convenir que vous ne devez pas être loin de la vérité : il faut profiter de ses primes années, et ne pas oublier de vivre, quand même un peu. Ou quelque chose comme cela. Il lui paraissait assez étrange et tout nouveau de voir quelqu'un réagir face à elle comme le faisait actuellement son interlocutrice. Celle-ci semblait parfois lui donner la sensation de craindre d'avancer sur des œufs, et de craindre également les réactions qu'elle pourrait bien avoir. C'était ... C'était assez nouveau, oui, car habituellement, les gens étaient bien plus mielleux avec elle, et ne semblaient jamais vraiment craindre de la froisser, étant donné que Megara n'était de toute façon pas connue pour sa susceptibilité. Et, honnêtement, la princesse ne savait pas forcément quoi penser de l'attitude de Lynara : devait-elle s'efforcer de la rassurer, ou au contraire balayer tout ceci d'un revers de la main en partant du principe que, si elle n'en parlait pas, peut-être que la Nordienne comprendrait qu'elle n'était pas à cheval sur quelque code, étiquette ou respect hiérarchique ? Elle opta plus ou moins pour la seconde option, en lui adressant un sourire poli qui ne trembla d'aucune hésitation. Cela lui laissait du temps pour réfléchir à sa réponse, aussi, quant au restant des propos de la jeune femme. Je suppose que je me repose sur mes actes pour leur fournir matière à ne jamais oublier que je suis moins aussi une sujette du Roc. Ma loyauté à mon royaume et à mon peuple n'a jamais pu être remise en cause de quelque façon que ce soit. J'ai déjà pris part, à mon échelle, au financement de quelques actes de charité, destinés au peuple, car je suppose que tant que le peuple ne gronde pas contre la famille royale, nulle révolte ne peut éclater, et que nul noble doué d'un tant soit peu de raison n'oserait se mettre le peuple local à dos en vilipendant sur notre compte alors que ce même peuple nous aime. Mais les récents évènements de Falwell ne vont pas forcément dans ce sens là. Alors les seuls défauts que je peux être parfois amenée à laisser paraître doivent pouvoir être inversés en qualités, je suppose ...
Megara ne pensait pas vraiment que Jeyne, à peine arrivée au Roc, se soit chargée d'intégralement transformée ses appartements en y ôtant toute référence au Roc et en n'y incluant que des objets provenant du Nord ou le lui rappelant. Cependant ... Cependant, Megara n'avait pas encore réellement fait connaissance avec sa belle-sœur, et elle savait très bien que les portraits de façade ne reflétaient pas toujours la vérité à laquelle on ne pouvait se retrouver confronté qu'en petit collectif, une fois en privé. Et bien que Jeyne ne lui ait fournit aucune raison de penser qu'elle jouait un rôle, Megara se gardait tout de même d'avancer quelque assurance que ce soit. En tout cas, Lynara ne lui avait pas montré la moindre propension, jusqu'à maintenant, à verser dans l'hypocrisie et le mensonge, alors, si elle lui assurait que sa cousine saurait ne pas entièrement tout redécorer dans ses appartements, il était possible pour la Princesse du Roc de croire à cela, la poussant à ne pas réagir ou surenchérir. Le sujet était clos, alors que Megara souriait à son interlocutrice en hochant doucement la tête, de haut en bas. Mais continuer d'évoquer son frère, même comme cela, au passage, ne lui déplaçait pas forcément, et Megara ne se montrait absolument pas courroucée d'entendre Lynara se défendre de quelque allusion quelque peu piquante envers Lyman. Bien au contraire ! Son aîné se prenait souvent trop au sérieux, montait sur ses grands chevaux princiers et se permettait de ne pas toujours les estimer, Nymeria et elle, à leur juste valeur.
    Mon frère a toujours revendiqué sa masculinité, ainsi que sa virilité. Enfin, si j'en crois l'une de mes Septas qui, plus jeune, me disait que plus une épée était longue, plus un homme voulait rappeler à tous qu'il était un homme. Mais il est vrai qu'avec ses beaux cheveux blonds ... Fort heureusement pour nous, les murs de cette bibliothèque n'ont pas d'oreilles. Du moins ne sont-ils pas censés en avoir ... Il était quelque peu plaisant de s'amuser un peu aux dépends de Lyman, même s'il était assez vilain d'agir ainsi, puisque le principal concerné n'était point là pour pouvoir se défendre ! Peut-être suis-je mal placée pour me juger moi-même ? Ou peut-être n'ai-je pas encore trouvé quelque domaine dans lequel me sentir réellement et légitimement lionne ... Le temps m'apprendra ce qu'il en est, sans doute. Mais je vous remercie de croire en moi, visiblement.
Avoir de l'ambition n'était pas répréhensible en soit. Seul importait ce qu'on en faisait. C'était en tout cas ainsi que ses deux parents, l'un comme l'autre, lui avaient expliqué la chose. Sans doute parce qu'on attendait quand même un peu d'elle qu'elle fasse montre d'ambitions, qu'elle ne se contente pas de ce qu'elle avait ou plutôt qu'elle ne se repose pas sur celle qu'elle était et sur les avantages qui allaient avec. Et ils n'avaient pas été déçus la concernant, même si elle œuvrait et agissait en ce sens à sa manière à elle, moins conventionnelle et habituelle que d'ordinaire, sans doute. De tous les enfants royaux du Roc, sans doute Megara avait-elle été la plus plus portée sur les études et le pluralisme de celle-ci. Son caractère calme avait sans doute grandement aidé, car la concernant, rester assise sur une chaise pendant des heures à parcourir les écrits de multiples ouvrages ne lui avait jamais été une plaie. Lyman et Nymeria, eux, avaient toujours fini par vouloir aller courir, batailler ou se dépenser physiquement, voire même les trois à la fois. Cependant, l'aînée des princesses natives du Roc se garderait bien de s'estimer grande érudite. Il y avait toujours plus à apprendre, à connaître, à découvrir. Ses ambitions à elle se décuplaient dans un tel contexte, et elle voulait être reconnue à sa juste valeur, ne pas être uniquement perçue comme jolie, douce, délicate et charmante. Et elle ne voulait pas non plus être seulement la sœur de son frère, ou la fille de ses royaux parents. Elle voulait qu'on se souvienne d'elle tout autant pour ce qu'elle faisait et disait que pour celle qu'elle était, de par sa naissance. Alors, oui, Lynara avait touché un point sensible, sans doute sans le savoir, mais Megara avait aussi réagit par réflexe. Finalement, face à la réponse de son interlocutrice, sans doute réalisa-t-elle la portée du ton qu'elle avait employé et de l'attitude qu'elle avait adopté, la poussant à se radoucir quelque peu.
    J'ai été élevée pour devenir reine, alors je pense que j'aurai pu savoir faire mes preuves, si mes fiançailles actuelles ne me menaient pas vers un tout autre destin. J'ai effectivement pu en rêver, que d'être reine. Cela n'était pas une perspective déplaisante, et hiérarchiquement, j'aurai enfin réellement été l'égale de mes parents, puis de mon frère, ainsi que de ma sœur, très probablement. Mais dans le même temps ... Dans le même temps, je me suis toujours dis que d'épouser un roi ou un prince héritier serait simplement le signe d'une alliance étrangère, d'un arrangement, certes pas financier, mais d'un arrangement quand même. Je n'aurais ceinte la couronne royale que parce que mon mari serait roi, et non pas parce qu'on aura réellement estimé qu'elle me revienne, en récompense de mes qualités, et de par le mérite. Mais je crois que je ne réalise cela que maintenant, alors que je ne deviendrais reine que s'il arrive malheur à mon frère avant que tous deux nous ayons pu devenir parents. Que les Sept nous en garde. Elle prenait un instant pour respirer, s'oxygéner l'esprit, avant de reprendre. J'ai toujours été élevée pour cette probable perspective. J'ignore ce que c'est que de ne pas être princesse, que de ne pas grandir en s'entendant dire que je deviendrais sans doute reine, un jour. Alors ... Est-ce un fardeau, quand ce poids a toujours pesé sur mes épaules sans que je n'ai jamais connu la légèreté d'une vie sans tout ceci ? ... Je ne voulais pas vous effrayer ou vous décontenancer par ma réaction. C'est juste que ... Aujourd'hui, la seule possibilité pour moi de ceindre la couronne royale serait de devoir faire face à la mort de mon père et mon frère, pas forcément dans cet ordre là, d'ailleurs, sans que Lyman n'ait pu avoir d'enfants et alors que je n'en aurais pas encore eu moi-même. Et je ne veux pas penser à de telles éventualités. Je ne veux pas souhaiter le malheur de mon frère ainsi que celui de mon père. Mais le pire serait peut-être de me retrouver régente, car cela signifierait que la couronne sera sur la tête de l'un de mes enfants, ou de l'un de mes futurs neveux, suite à la mort de ses deux parents ... Oui, ce sujet m'est assez sensible, veuillez donc comprendre ma réaction.
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Mar 28 Fév - 7:53

De tels propos de la part de son père ? Cela, assurément, surprit Lynara. Elle ne connaissait pas personnellement le roi de l’Ouest – qui avait de toute évidence bien mieux à faire que de tenter de se familiariser avec toutes les jeunes femmes qui rejoignaient un jour sa Cour, mais il avait la réputation de ne pas être comme tous ses pairs, et peut-être en était-ce une manifestation ? L’aînée, elle, n’avait jamais eu l’occasion de tenir une telle conversation avec son père, partie bien jeune de Karhold, et n’ayant vu qu’à peu d’occasions sa famille, hormis quand son père rentrait d’un nouveau combat, pas réellement en état de se soucier de donner de tels conseils à sa fille. Elle ne s’en sentait pas froissée pour autant – après tout, cela lui avait permis de trouver une amie, plus qu’une cousine, une sœur même, en Jeyne. Elle hocha la tête, souriant, sans rien ajouter – concernant son père, ou son investissement auprès du peuple. Elle était intelligente, et déjà formée à savoir satisfaire le peuple, même si elle devait se contenter de cela. Une réelle princesse.

« Il était tout à votre honneur de ne pas négliger votre peuple, Altesse, même si vous semblez mettre un point d’honneur, justement, à l’associer à un intérêt pour votre propre personne, et la place de votre famille au sein du royaume, plus qu’à un réel intérêt pour eux. Ne prenez pas mal mes propos, mais croyez-vous réellement agir sans bonté d’âme, ainsi faisant ? » Lynara en doutait. Ou doutait du moins qu’elle lui avouerait si directement être manipulatrice de cette façon.

La nordienne haussa les sourcils, quand son vis-à-vis se mit à parler de son frère, en des propos… surprenants, avant de se laisser aller à rire, non sans avoir jeté un regard hésitant autour d’elles. « Vous vous jouez de moi, princesse. Vous n’oseriez pas dire de telles choses, si vous pensiez que cela puisse être rapporté à votre frère, qui en serait probablement peu enjoué. » Elle affirmait cela avec bien plus d’assurance qu’elle n’en avait, tout à fait incertaine que ce soit là la vérité, qu’elle énonçait. Mais elle se voulait convaincante.

La princesse lui arracha un léger sourire, en l’entendant. Elle ne la connaissait en effet pas, mais elle lui semblait malgré tout agréable… bien qu’elle ne sache pas à quel point elle lui disait la vérité. Se considérait-elle réellement si peu lionne ? Elle devait pourtant l’être davantage qu’elle ne le prétendait. N’avait-elle pas observé sa mère, puis reproduit ses gestes, avant de se les approprier, toute sa vie ? Lynara présumait peut-être de ce qu’il en était réellement, mais elle peinait à croire la différence, aussi se contenta-t-elle de sourire en haussant les épaules.

Le sujet qu’elles abordèrent était plus délicat, et sans nul doute que Lynara aurait mieux fait de ne pas en parler, quand bien même elle l’eut fait inconsciemment. Même si la voix de Megara Lannister semblait moins… hostile, bien que ça ne soit pas réellement ce que Lynara ressentait, elle continuait à ne pas se sentir parfaitement à l’aise. Son franc-parler, parfois sans réfléchir, lui causerait des torts, un jour. Elle ne savait si elle devait espérer que ça soit ou non le cas, en la personne de la princesse. Une part d’elle répugnait à l’approcher mais l’autre, plus objective, moins personnellement impliquée, devait lui reconnaître une conversation agréable et enrichissante.

« Je ne souhaitais pas vous imposer de telles pensées, et j’espère que vous voudrez bien pardonner mes paroles, dont la portée a dépassé ma pensée. Je ne sais si vous avez pu le constater, mais la disparition de votre frère serait aussi source de malheur pour ma cousine, et je ne le souhaite à personne, ni à elle, ni à vous. Il ne s’agit là que de la maladresse d’une jeune femme, peu habituée à contrôler ses paroles, et qui n’avait pas pensé à la portée qu’elles pouvaient avoir. Mais si vous m’y autorisez, je vais me retirer, afin de ne pas commettre quelque autre maladresse, que je pourrais regretter. Je ne souhaite pas m’attirer votre ire, altesse. »

Elle ne fit pas un geste de retrait, pour autant, attendant d’être congédiée par celle qui lui était supérieure en tout – non sans ressentir une légère colère à ce sujet, savamment dissimulée sous la gêne, espérait-elle.

|HJ| Je vois mal Lyna rester après une telle maladresse, mais à toi de voir si Meg la retiendrait ^^


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Dame de compagnie de Jeyne Stark
Âge du Personnage: 17 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
The sun of winter
Messages : 2669
Membre du mois : 138
Célébrité : Astrid Bergès Frisbey
Maison : Karstark
Caractère : Opportuniste, respectueuse, attentionnée, imprévisible
The sun of winter
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   Ven 3 Mar - 0:19

Megara, tout comme son aîné et sa cadette, avait grandi au sein d'un certain nombre de préceptes qu'elle se devait de respecter. Mais comme ses parents n'avaient rien de tyrans en puissance qui vous tiennent à l'écart de toute source de savoirs et qui réprimandent votre curiosité, ils les avaient tous les trois encouragés à voir plus loin que le bout de leur nez, ou tout du moins d'essayer. Tout comme iles avaient également pu les enjoindre à ne pas obéir aux ordres et aux règles juste pour se montrer disciplinés et obéissants. Un message qu'ils leur avaient directement délivré, mais qu'ils avaient également pu faire passer via les précepteurs, leurs septas, et tous ceux qui avaient pu participer, de près ou de loin, à leur éducation et à leur apprentissage savant et manuel. Mais sans doute la fratrie Lannister partait-elle dès le début sur de bonnes bases, puisque, après tout, jamais personne ne s'était encore plein de quelque cervelle vide de leur part, pas plus qu'il n'y avait eu de réels griefs contre leur fainéantise à chercher à comprendre, à apprendre, ou à savoir. L'inverse s'était même plutôt produit.

Nymeria avait pu se voir reprocher son hyper activité et ses envies d'apprendre elle aussi toutes ces choses qu'on semblait ne vouloir réserver qu'à Lyman. Ce dernier, lui aussi, avait pu se voir conseiller d'être quelque peu moins obstiné à vouloir à tout prix poursuivre les objectifs journaliers qu'il se fixait en oubliant parfois l'heure du déjeuner ou de quelque réunion de famille. Quant à Megara ... Il n'y avait pas eu besoin pour elle de se sentir assaillir par ce mal qui la rongeait pour être passionnée de lectures, de travaux manuels et d'arts, quitte, elle aussi, à commettre quelques impairs, comme ne pas voir le temps passé et finir par constater que la nuit était déjà tombée alors qu'elle était encore tout à son art ! Dès lors, les grands préceptes qu'elle avait pu recevoir, en compagnie de son frère et de sa sœur, n'étaient jamais tombés dans l'oreille d'une sourde. Et parmi ces grandes idées défendues par ses parents, il y en avait toujours eu une qui, particulièrement, avait retenu son attention et l'avait marquée, et ce depuis le plus jeune âge. Il ne suffit pas de naître Princesse, il faut aussi s'employer à le devenir. Et cela sous-entendait bien des choses ! Dès lors, sans se sentir blessée par les paroles de Lynara, elle resta cependant quelque peu en arrêt. Quelle image se faisait-elle des Lannister ? Ou bien alors ... Était-ce vraiment l'impression que donnaient les membres de la Maison des Souverains du Roc ? Megara devait-elle y voir quelque insinuation, ou quelque reproche ?
    Je me soucie vraiment de mon peuple, Lady Karstark. Il est dans son intérêt de pouvoir vivre au sein d'un royaume en paix, et si cela ne peut être le cas, au moins faut-il que ce royaume les protège, leur assure quelque prospérité et ne foule pas du pied leur vie et leur devenir. La royauté est faîte pour cela. Le roi se doit, en quelque sorte, d'être le père et le protecteur de son peuple. Et je suppose qu'il pourrait s'agir d'un raisonnement biaisé de ma part, puisque je ne peux après tout pas être juge et partie, mais si la royauté était un système si répréhensible que cela, elle ne serait pas également appliquée dans toutes les autres grandes régions du continent. Il se trouve que le Roc est dirigé depuis toujours par les miens. Par les Castral, puis Lannister, nous avons simplement changé de patronyme. Mes intérêts et ceux des miens se confondent régulièrement avec ceux du peuple. Et si quelques révoltes semblent gronder, dernièrement, nul n'a encore demandé notre tête, ou notre destitution. Je pense que cela parle de lui-même. Mais sans doute ses principes ne vous sont-ils pas étrangers. Après tout, Torrhen Stark doit tout autant assumer cette charge que mon père.
Heureusement, la conversation se faisait un peu plus apaisé et moins formelle dès lors que Megara laissait planer quelque mystère quand à ses paroles concernant la possibilité que tout ce qui se dit et se fait à Castral Roc, et particulièrement au sein de la forteresse royale, puisse être rapporté. Le fait était que, pourtant, il n'y avait rien de faux à tout ceci. Les oreilles trainaient, surtout celles des serviteurs, ce qui était assez retors, les concernant, car en règle générale, ils savaient se faire si discrets qu'on en venait à oublier leur présence. Et dans des instants comme ceux là, on ne prenait plus forcément attention à nos paroles ou à nos actes. Fort heureusement, avec une Reine comme Jordane Lannister, personne n'osait réellement propager rumeurs et secrets de façon trop conséquente ou trop éventée. Lynara n'avait donc pas à s'en faire, car il serait malvenu de la part de quiconque d'essayer de créer quelque tension entre Lyman et Megara. Pas que cela en viendrait à briser un quelconque lien de connivence ou de complicité particulier, mais, tout de même, il n'y avait rien de plus inconsidéré que de tenter de dresser deux Lannister l'un contre l'autre. Megara n'était certes pas des plus menaçantes ou terribles, mais elle restait Princesse, avec des droits et privilèges supérieurs à ceux du personnel domestique, et donc ... Donc, si la Reine sa mère avait vent de telles manigances, la volée de bâton ne saurait se faire attendre. C'était qu'elle était plus que protectrice, sa mère, une vraie lionne, pourtant née sanglier ! Alors, plutôt que de détromper Lynara, Megara ne répondit rien, mais elle espérait tout de même que cela n’effraierait pas trop son interlocutrice. Il se trouvait juste que, sur le moment, elle trouvait quelque peu savoureux le fait de semer un infime doute dans l'esprit de la jeune femme, sans forcément pouvoir se l'expliquer. Ses paroles, finalement, elle les réserva à quelque peu remettre les choses en place auprès de Lynara, avec le plus de douceur et de diplomatie possible.
    Lady Lynara, loin de moi l'idée de vous soupçonner de vouloir voir advenir quelque malheur à l'un des miens ... Concernant votre cousine, n'ayant pas encore eu l'occasion de réellement nouer quelque véritable lien avec elle, j'ignorais qu'elle était déjà si attachée à mon frère. Quant à votre liberté de paroles ... Je ne sais trop si elle est réellement plus libérée que ce à quoi le Roc est accoutumé, ou bien si sa franchise et son amplitude de ton et d'interrogation se différencient sans commune mesure de l'art oratoire de l'Ouest, ainsi que de ses jeux de dupes et de sous-entendus quelque peu teintés d'intérêt et de manipulation. L'observant un instant, restant dans une attitude neutre, ni compatissante ni accusatrice, Megara finit par reprendre la parole. Je ne saurais donc vous retenir, Lady Lynara, si vous craignez de vous embourber ou de vous sentir mal à l'aise. Sachez cependant qu'il vous en faudrait bien plus pour vous attirer ma ire, et que vous n'avez créer auprès de moins aucun réel grief. Apaisez vous donc, et ne craignez pas de m'avoir offensée. Notre échange m'a simplement été bien peu commun de par son ton et ses sujets, cela change, et me sort quelque peu de ma zone de confort. Rien de bien dramatique, cependant, d'autant plus que vous avez attiré ma curiosité quant à vraiment faire connaissance avec ma toute jeune belle-sœur. ... Au plaisir de nous revoir, Lady Karstark.


Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Princesse du Roc
Âge du Personnage: 17 printemps
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Messages : 1408
Membre du mois : 22
Célébrité : Tamsin Egerton
Maison : Lannister
Caractère : Ambitieuse ♦ Naïve ♦ Attentive et vive d'esprit ♦ Nymphomane ♦ Curieuse ♦ Secrète ♦ Loyale ♦ Méfiante ♦ Généreuse
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: [Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧   

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
[Terminé - Livre III]Il y a à frémir face aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ❧
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Terminé - Livre I]"Je veux juste rentrer chez moi..."
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Promenons-nous dans les bois... [Livre 1 - Terminé]
» C'est un charnier sentimental que je laisse derrière moi [Livre 1 - Terminé]
» Ce n'est qu'un détail. [Livre I - Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bloody Crown :: 
Pays Sudiens
 :: Les Terres de l'Ouest :: Castral Roc
-
Sauter vers: