AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
(flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly
MessageSujet: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   Sam 30 Juil - 22:15

blackout
Serena & Mila & Arnaut & Trystan
Holy water cannot help you now. See I've come to burn your kingdom down. And no rivers and no lakes can put the fire out. I'm gonna raise the stakes, I'm gonna smoke you out.

L’Omble est plongée dans un songe étrange. Il y a les échos lointains d’un grondement régulier ; un va-et-vient lancinant… Le souffle d’un aquilon enragé glisse sur les promontoires. La mer vacille sous les nuages obscurs, et ses rouleaux éternels viennent échoir sur le rivage, blancs d’écume. La Nordienne dérive à l’abandon, écoutant la berceuse océane. Elle se laisse emporter par la quiétude apparente, et elle flotte… Légère, si légère, qu’un sourire béat étire ses lèvres. Les flots impétueux s’élèvent contre les roches aiguisées, mais la jeune femme demeure entre les abysses profondes et protectrices. Tout est si calme, en ce bas monde. Ses yeux errent vers la surface miroitante, caressée par les rayons d’un Soleil timide et fuyant. Serena dérive dans le grand bleu, et ses jambes nouées, couvertes d’écailles émeraudes, fendent les eaux. Sa peau d’albâtre, découverte, scintille légèrement ; et ses cheveux, si noirs, ondulent au dessus de sa tête. Les paupières closes, la suave créature savoure le silence… Alors la chaîne d’argent qui orne sa poitrine s’enroule autour de son cou, et les pupilles exorbitées s’ouvrent brusquement. Les lèvres de la jeune femme s’animent, et elle tente de pousser quelques cris… Muets. En vain elle se débat, portant ses fines mains contre le cruel collier. La panique s’enlise en son sein, pour elle qui est désespérément seule dans l’abîme. Les chainons enserrent de plus en plus la gorge d’ivoire, jusqu’à percer la peau tendre. A la première goutte de sang, Serena se réveille.  

La Dame d’Âtre inspire une large gorgée d’air frais, et son torse se soulève au rythme saccadé de son coeur. Elle se redresse d’un coup. Son regard de givre peine à distinguer les alentours, car la pâle lueur du Soleil éblouit son champ de vision. Désorientée, Serena tâte le sol humide avec ses paumes ; du sable ? Vraiment ? Elle plisse ses yeux, et elle aperçoit bien l’onde miroitante à ses pieds, qui vient et se retire. Interloquée, la Nordienne tente de se relever complètement, mais une vive douleur à la cuisse droite l’en empêche. Mais que diable fait-elle ici ? Alors s’échappe un faible gémissement des lèvres de la guerrière, victime d’un mal de tête… infernal. Il semble que des sabots s’abattent et piétinent son crâne. La jeune infortunée porte quelques doigts tremblants contre sa tempe, et elle maudit les hommes et les dieux. Tout est confus en son esprit. Au dessus de sa tête passent des oiseaux de mer, dont le cri strident suscite un râle de Serena. Genoux repliés, la Dame du Nord contemple l’étendue bleuâtre devant elle ; comme si la mer viendrait lui murmurer, par ses roulements itératifs, la raison de sa présence en ces lieux. Quelle matinée morose et grise… Des larmes s’écoulent de la voute céleste, fines et nombreuses. La guerrière frissonne sous ses vêtements détrempés… Accoutrement qui, d’ailleurs, ne lui appartient pas. Certes, elle porte sa tunique et ses bas habituels, mais par dessus… Qu’est-ce… Une robe de troubadour ? Par les Anciens Dieux !

Soudain, l’Omble a l’ingénieuse idée de regarder autour d’elle, à la recherche d’un compagnon quelconque de galère. Ses yeux hagards tombent sur une forme étendue, non loin. La jeune femme décide de ramper jusqu’au corps, prenant appui sur ses avant-bras. Elle est certaine qu’un bleu se mêle à la blancheur de sa jambe… membre qui lui cause une vive douleur. Péniblement, la Nordienne avance. Il s’agit d’un homme, planté face contre sable. Torse nu. Ses longs cheveux emmêlés couvrent un pan de son dos. Serena croit entendre un grognement venant de lui. Qui est-ce ? Lui aurait-il infliger sa blessure ? La guerrière s’assure d’avoir un poignard à sa portée ; soulagée de sentir la dureté d’une lame dans sa botte. Elle franchit les derniers mètres, et l’inconscient ronfle doucement. La Dame d’Âtre se redresse sur sa cuisse gauche, et ses deux mains poussent le flanc du malotru… laissant découvrir… Arnaut Karstark ! Serena reste immobile, prise de stupeur. Mais… Que… Pourquoi ? Elle prend la décision de troubler le sommeil du Nordien. D’une voix rouée, elle l’apostrophe : « Mon Lord ! ». Aucune réponse. L’Omble tapote son épaule. « Lord Karstark, réveillez-vous ! ». Mais non, l’homme de Karhold reste impassible. S’impatientant, Serena s’écrie : « Arnaut Karstark ! Bon sang ! Si vous poursuivez ce rêve, je jure d’épouser votre charmante soeur ! ». C’est à peine si une réaction lui est accordée ; l’homme fronce les sourcils. Alors la fille du Sénéchal, fermant les yeux sur les représailles éventuelles, lève sa main qui s’abat sur la joue tendue du Karstark. Mais encore engourdie, et captive du froid, la gifle est moins soufflante que désirée. Et il semble que le dormeur — enfin ! — s’extirpe de sa torpeur. C’est en levant ses yeux au ciel pour adresser un quelconque remerciement, que la jeune femme discerne deux autres formes, sur le rivage.  
Made by Neon Demon


Dernière édition par Serena Omble le Lun 1 Aoû - 17:48, édité 1 fois
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   Lun 1 Aoû - 10:40

Mila dormait, d'un sommeil trouble et agité. Dans ses rêves cauchemardesque, elle déambulait à travers un immense hall qu'elle n'avait jamais vu auparavant, évitant sans cesse des centaines et des centaines de personne sans visage. Autour d'elle, des voix riaient, s'esclaffaient, chantaient, criaient, mais dès qu'elle essayait de croiser un regard, elle ne voyait qu'une peau lisse, encadrée d'une ribambelle de cheveux. La panique, peu à peu, se saisissait d'elle, et la faisait courir de plus en plus vite tandis que la foule se resserrait sur elle. Elle ne pu bientôt plus que marcher, tendant les bras pour essayer de sortir de cette masse d'êtres oppressants puis tomba au sol, bientôt englouti par l'obscurité. Le bruit fut alors remplacé par un silence glaçant. Mila poussa un cri, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Elle agitait les bras avec hargne, hurlant en silence toute sa frustration et sa peur. Pourquoi était-elle si terrifiée ? Elle n'en avait aucune idée, mais cet effroi lui brûlait les entrailles. Elle respira alors un grand coup, et réalisa que l'air avait une odeur de sel. Il y eu alors un cri, bien trop réel pour appartenir au monde onirique, qui l'arracha brutalement à ce qui l'entourait.

Elle se réveilla dans un sursaut, le cœur battant la chamade. La lueur du soleil l'aveugla un court instant, avant que ses yeux ne s'habituent. Pendant qu'elle était aveugle, elle enfonça ses mains dans le sable qui l'entourait, surprise de rencontrer cette matière granuleuse et humide. L'odeur de sel ainsi que le sol sur lequel elle se trouvait l'avait mis sur la voie, mais une fois sa vision retrouvée, elle tourna la tête et se retrouva face à la mer, le souffle coupé. La première question qui lui vint tandis qu'elle retrouvait son esprit rationnel fut de se demander comment elle s'était retrouvée là. Elle fouilla instinctivement dans ses souvenirs mais fut stoppé par un mur noir et opaque. Elle secoua la tête, et se rendit compte que cette dernière était très douloureuse. Elle avait également la nausée, que l'air marin apaisé un peu. Elle respira à nouveau, plusieurs fois, et fit le point sur sa santé physique. Elle n'avait pas de blessure apparente, seulement son mal de crâne. Elle avait perdu une partie de ses vêtements, pour ne garder que les bandelettes en cuir qu'elle portait lorsqu'elle s'entraînait. Ses cheveux étaient emmêlés, des grains de sable y étaient accrochés.

La bâtarde laissa son regard se promener autour d'elle, et ce dernier s'arrêta sur une forme, étendue près d'elle. C'était un homme, couché en chien de fusil, qui lui tournait le dos. Un peu hésitante, mais néanmoins déterminée, Mila l'attrapa par l'épaule et le tourna vers elle. Dès qu'elle vit son visage, elle poussa un cri et le lâcha aussitôt. Trystan Manderly ! Mais que faisait-il là lui aussi ? Elle se rappela alors que quelque chose l'avait tiré de son sommeil. Un cri. Elle se redressa sur ses genoux, encore chancelante, et observa les alentours jusqu'à apercevoir une autre silhouette un peu plus loin. Une femme ? Mila cligna des yeux, essayant d'affiner sa vision. Il s'agissait bien d'une femme, et pour une raison obscure, son visage lui était familier. Sans réellement savoir pourquoi, comme si la certitude était encrée en elle au fer rouge, elle lança :

- Lady Omble ?

Comment pouvait-elle sûre qu'il s'agissait d'elle ? La bâtarde n'en avait aucune idée, mais elle était plutôt sûre d'elle. Sa voix était cependant tremblante et enrouée. Un autre homme était allongé à côté de Lady Omble, mais elle ne pouvait voir son visage. Comment s'étaient-ils tous retrouvés là, étendus sur la berge. Mila n'avait toujours aucun souvenir, juste une brume épaisse et inconfortable.
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   Mar 2 Aoû - 13:21

Un néant…Froid…Humide… Salé ? Il s’en moque. Son esprit dérive entre folie et absence, perclus dans un abime salvateur. Une bribe, un soupçon de conscience tente de le raisonner, il chasse l’odieuse pensée et retourne dans sa douce vacuité. Il ronronne, profitant de cet implacable sommeil qui l’étreint. Il ressent un froid mordant, quel est l’imbécile qui a bien pu laisser une fenêtre ouverte à cette période de l’année ?  Pour un tel égarement, le responsable subira mille tourments… Il marmonne, une étrange matière pénètre sa bouche, rugueuse, sableuse ? Il tente de recracher l’intrus mais sa gorge est désespéramment sèche. Il sent une main le retourner, son corps impitoyablement entrainé par le mouvement, il ne souhaite pas résister. Un cri résonne. Quelqu’un payera cher pour avoir troublé son repos… mais plus tard, Manderly souhaite poursuivre son repos. Il se tortille, travaillant son environnement pour prendre la forme d’un cocon salvateur, tentant désespérément de fuir ce froid qui le glace jusqu’aux os. Il savoure le retour du repos salvateur. Un brusque désir insatiable le saisit, il meurt désespérément de soif. Il entend un ruissellement.

La prise de conscience est un mur sur lequel vient se fracasser la douce torpeur du chevalier. Il se redresse soudainement, yeux révulsés et bouche mi ouverte. Il se sent basculer en arrière… Ou serait-ce l’avant ? Ses yeux sont aveugles à son environnement, il n’a de conscience que pour ce désir. Son appétit le guide et le voilà qui bondit en avant. Le mouvement est trop brusque, trop soudain. Il sent son corps chanceler vers l’avant alors que son environnement défile en sens inverse. Il bat des bras, tentant désespérément de se raccrocher à l’atmosphère qui l’entoure, en vain. Trystan s’effondre face dans le sable. Il est pris de convulsion, tel un animal grattant le sol à la recherche de sa pitance. Dans une immense gerbe de sable, le revoilà debout pour la curée. Il fend l’air, exalté, un loup hurlant sur une plage balayée par les vents. Dans sa course il sent quelque chose se détacher. Les chaines qui tel un Prométhée moderne le retenaient à sa triste existence se sont-elles brisées face à sa démence ? Il n’en a cure. Le voilà qui vole, absurde avatar d’un dieu solaire. La délivrance est proche et il se jette dans l’eau salée tête la première. Toujours pris au piège de sa folie, il lape l’étendue maritime, avalant de grandes gorgées d’eau de mer.  

Il se laisse bercer par le courant. Hagard il tourne son regard vers le ciel et les cormorans qui tournoient autour de lui. Il a froid et prend alors conscience de sa nudité. Par les sept enfers, quelle était cette farce ? Il émerge des limbes et retrouve le sable froid de la plage. Son regard est attiré par une étoffe blanche gisant négligemment sur le sol, balloté par le vent. Il comprend alors que le pagne était ce quelque chose qui quelques minutes plus tôt avait quitté ses hanches lors de sa folle cavalcade. Il s’en approche d’un pas chaloupé, laissant toute sa virilité s’exprimer. Il ne cherche d’aucune façon à cacher cette nudité qui reste pour le moment son unique parement,  n’était-il pas seul sur cette plage ? Il se baisse pour ramasser le morceau de tissu et s’en ceint le bassin, cachant par là même ses attributs virils. Que fait-il ici ? Tant de questions se bousculent en son sein, néanmoins ces interrogations pouvaient attendre. Il aperçoit en effet d’étranges symboles sur son torse, enchevêtrements de lignes et de motifs marins aux nuances sombres. Il caresse ces arabesques et se rend compte de leur relief, des tatouages ? La chair est encore légèrement vive de la récente scarification. Perplexe il entreprend un examen approfondi de son corps. Aucune autre marque, rien de notable à déplorer à l’exception de sa nudité et de ces motifs pectoraux. Quant à son visage… Il se rend compte que sa chevelure et sa barbe sont ornées de nombreuses algues et autres goémons, triste représentation d’une divinité de l’océan. Ses doigts se posent sur sa joue. Sa peau est collante et colorée. Du maquillage ? Ses doigts continuent leur exploration, tâtonnant à la recherche de l’origine de ce phénomène. Il comprend rapidement que ses deux yeux sont ornés de khôl, l’eau ayant fait dégouliner la mixture le long de son visage. Quel triste déguisement.

Trystan éclata de rire face à la situation. Toute cette histoire lui rappelait ce lendemain de la fête des vierges avec Hermia et quelques-unes de ses amies. Une nuit remplie de plaisirs charnels et de liqueurs sirupeuses… Il ne put réprimer un sourire face au flux de souvenirs qui l’assaillait. Un sourire bien vite effacé par une migraine fulgurante. Il porta ses mains à ses tempes et les massa doucement, tentant de calmer la souffrance. Bah du jus de citron et un coq braisé suffiraient à faire passer l’affreuse douleur se dit-il. Il reconnaissait la plage et il se savait qu’à quelques kilomètres de Blancport. Il s’apprêtait à prendre la route lorsqu’il prit conscience de la présence de trois individus sur la plage. Voilà qui était embarrassant… Deux femmes, parfaitement éveillées et un homme… encore inconscient. Trystan étouffa un juron. Par pitié, ne me dite pas que le drôle était mêlé à cette histoire, pas encore… Il tentait de se souvenir de ces deux jeunes femmes mais il était encore trop éloigné pour apercevoir leur visage. Fines et élancées, elles étaient vraiment à son gout, et ce malgré leur drôle d’accoutrement. Si quoique ce soit avait pu se produire entre eux trois, il pouvait au moins se gargariser d’avoir su les choisir. Si quoique ce soit avait pu se produire… Il se mordit la lèvre inferieure. La situation commençait à lui échapper. Si Serena venait à apprendre l’histoire, qu’il avait fricoté avec deux paysannes, on retrouverait des morceaux des deux jouvencelles à travers tout Westeros et quant à lui… Lui, il était probable qu’elle aille le suspendre au château des Manderly par ses attributs, utilisant son pauvre corps comme pierre à aiguiser pour sa hallebarde. Un retour à Pentos était à envisager compte tenu des évènements récents.

Il s’approchait du petit groupe et son regard s’arrêta sur un objet incongru dans le sable. Juste à côté d’une des jeunes filles, il reconnut un trident de bronze. Un trident ? Il n’y avait qu’un objet de ce genre à Blancport et il ornait la statue de triton qui accueillait les navires dans la rade. La statue était la fierté de la famille et son ainé en était éperdument « amoureux ». Trystan en était persuadé, s’il l’avait pu, son frère l’aurait épousé tant son amour pour la pièce de métal était grand. Le chevalier fit mentalement le tour des affaires à empaqueter. S’il devait prendre la fuite il pouvait espérer un départ dans l’heure. Il n’était maintenant qu’à quelques pas lorsqu’il reconnut la plus jeune des deux, à côté du trident. Son visage…la bâtarde des Mormont ! De toutes les donzelles du port il avait fallu qu’il jette son dévolu sur elle ! Les dieux avaient de l’humour, un humour véritablement déplaisant au gout du Manderly. Son esprit bouillonnait, il devait trouver une échappatoire à toute cette mascarade. Il était de plus en plus près et voilà qu’il pouvait discerner le second minois. Par pitié ne me dite pas… Serena ? Et…
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   Mar 2 Aoû - 17:50


Blancport
Serena & Mila & Trystan


Jim Croce - Time in a Bottle

D'épais nuages de vapeurs s'échappaient de ses narines dans un bruit sourd. Un épais filet de bave pendouillait depuis sa lèvre inférieur. Sa vision était quelques peu réduite à cause du couvre chef qu'il portait et qui s'étalait sur l'ensemble de son faciès. Ses deux mains, épaisses et recouvertes de corne ancéraient le manche d'une hache aux dimensions démesurées. Sa couleur rougeoyante et les gouttes qui en tombaient laissaient à penser qu'elle n'avait pas servis à couper du bois ces derniers temps, mais plus à couper des bras, des jambes, voir même scalper dans des bonnes journées. Son pas était lourd, il faisait presque trembler le sol, comme si son poids avait été multiplié par dix et que ses pieds euent été d'acier.
Face à lui, un homme tout en armure, bien que cette dernière était dans un mauvais état, enfoncée de toute part, elle semblait avoir été piétinée, peut être était-ce l’œuvre de son ancienne monture qui, après l'avoir désarçonné, lui aurait foncé dessus. Bien qu'il semble parfaitement constitué, l'adversaire est obligé de lever les yeux très haut s'il veut regarder Arnaut dans les yeux. Ce premier ne semble pas pressé de l'attaquer, tandis que le second paraît prendre un malin plaisir à savourer l'instant, testant les réflexes de son ennemis par quelques feintes de corps, tournant autour de lui pour vérifier son jeu de jambes. Il le sait, il va gagner ce combat haut la main. Quand enfin il se décida à se mettre au travail, il prit le temps de prévenir le condamné à mort. Mais à la place d'un simple cri de rage, c'était un véritable beuglement bestiale, une tempête sonore et olfactive, à mi-chemin entre le meuglement et le cri de guerre, entre l'odeur de viande refoulée et de porc grillé. Les énormes bras soulevèrent la gigantesque hache par dessus la tête monstrueuse dans un cliquetis horrible, les crânes humains servant d'ornements s'entrechoquèrent autour de son cou. Finalement, Arnaut chargea, ses sabots bovin frappèrent le sol avec force broyant toutes formes de vie qui osaient se trouver sur son chemin, la marque qu'ils laissaient par terre rappelaient étrangement les marques sur le plastron du chevalier. Ses pattes poilus sont incroyablement puissantes, il est difficile de savoir si un cheval aurait permis à l'homme de s'enfuir face à tant de vélocité. Penchant sa tête en avant, il se prépare à l'impact. Un crâne de taureau lui sert de casque, rajoutant deux cornes mortelles à celles, déjà immenses du monstre. Percutant le guerrier, il enfonce profondément le plastron déjà bien abîmé, il entend le craquement des côtes sous la pression. Se redressant, il soulève de nouveau son arme et dans un nouveau meuglement, il l’abat avec force sur le torse de celui qui était partis retrouver ses ancêtres. Avec la lame toujours planté dans son torse, il souleva le cadavre le secouant victorieusement sous les meuglements victorieux de la harde qui se tenait derrière lui. C'était sans compter sur Kholek-le-borgne. Il avait toujours été jaloux de sa personne, cette nouvelle victoire triomphante était sûrement de trop. Il abattit sans ménagement sa gigantesque masse d'arme sur le côté gauche du visage bovin d'Arnaut qui sombra immédiatement dans les ténèbres.


¤ ¤ ¤


Arnaut sortir petit à petit de sa torpeur. Ses membres s'éveillaient un à un tout comme ses sens. La première chose qu'il remarqua, c'est qu'il faisait jour, la seconde, c'est qu'il avait du sable plein la bouche, la troisième, c'est que l'absence de salive avait rendue sa bouche pâteuse comme jamais, la quatrième était que quelqu'un était assis à califourchon sur lui, la cinquième, c'était qu'il était bien simplement vêtu. Se relevant brutalement, Arnaut tendit le bras, attrapant à la gorge la personne qui l'avait prise pour un siège. Ses bras, bien qu'anquilosés par une nuit difficile, restait fort et sa prise était ferme, il n’eut aucun mal à la repousser avec cette seule prise. Il alla même jusqu'à la plaquer au sol avec cette seule main, il lui fallut quelques instants pour réaliser qu'il s'agissait d'une personne qu'il connaissait bien, malgré son accoutrement, on reconnaissait Serena Omble, la fille d'une grande personne. Lâchant sa prise, il se redressa complètement, cherchant à déterminer où il se trouvait, et pourquoi ni Kikoup, son épée favorite, ni Krac'torss, son fléau d'arme lourd, n'était sur lui. "Par le plus grand des hasard, saurais-tu comment nous sommes arrivés ici, et comment se fait-ce que ni toi, ni moi ne sommes habillés comme il conviendrait de l'être." Lança-t-il le plus naturellement du monde comme si rien ne c'était passé. Lançant un regard désespéré sur l'horizon, il distingua deux formes. Tentant tant bien que mal de se rappeler de la soirée de la veille, il n'obtint en réponse de son questionnement intérieur qu'un long bourdonnement qui sifflait à ses oreilles. Il avait tous les syndromes du lendemain de cuite aiguë. Rien de très rassurant quand on se réveil avec son ex-apprentis à califourchon dans un costume de troubadour tout en étant à moitié habillé. "Par les anciens Dieux, où est-ce que nous sommes arrivés ?" Lâcha-t-il en attendant que les deux silhouettes déclinent leur identité.
Emi Burton
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   Jeu 4 Aoû - 0:54

blackout
Serena & Mila & Arnaut & Trystan
Holy water cannot help you now. See I've come to burn your kingdom down. And no rivers and no lakes can put the fire out. I'm gonna raise the stakes, I'm gonna smoke you out.

Qu’est-ce que… ? Par tous les Dieux ! L’Omble pousse un grognement étranglé, alors qu’une main de fer enserre son cou. Elle suffoque, tentant vainement de murmurer le nom de son assaillant. Face à une telle violence, la Dame d’Âtre ressent le doux poison qui infiltre, petit à petit, ses veines… L’excitation causée par un danger imminent. Impavide, la jeune femme griffe l’avant-bras tendu ; ses ongles pointus lacèrent la chair avec voracité… Puis son dos percute le sable humide, et un gémissement plaintif s’échappe de ses lèvres incarnates. Elle aperçoit le vaste firmament, indifférent et tavelé de nuages obscurs… La trajectoire erratique d’un oiseau marin. Sa bouche, entrouverte sous l’effet de l’asphyxie, arbore un étrange sourire ; frémissant sous le souffle entrecoupé et haletant. « Arnaut… Arrête… ». La guerrière remonte son genou, qui vient percuter le bas ventre du Karstark. Le Nordien se redresse, et Serena repose, alanguie et vannée, sur l’arène morose. Elle tousse à maintes reprises, désorientée. Exaltée. Sa tête, auréolée d’une crinière noirâtre, dodeline de droite à gauche ; une joue blême effleure les grains froids… Méandres solitaires et unis bordant le tumulte des flots. Un rire sans joie, grinçant et saccadé, passe la gorge brûlante de l’Omble. Qu’il aurait été étrange de mourir entre les bras de son maître d’armes. Le friselis de l’aquilon caresse la peau d’albâtre, et la guerrière frissonne. Son rire glacial retentit de plus belle, presque maniaque.

D’une minute à l’autre, l’impétueuse Serena s’immobilise. Seul vestige de l’action passée : sa poitrine qui se soulève encore avec rapidité. Les yeux de l’Omble fixent un point abstrait, mornes. Vides. Elle entend vaguement la voix du Karstark, rauque et bourrue. Répliquant d’un ton froid et neutre : « Je l’ignore, mon Lord… Au moins, nous nous réveillons sur le rivage de Blancport, et non pas dans une chambre miteuse aux draps souillés. Imaginez l’embarras ». La Nordienne ignore les stances démentes qui susurrent son prénom, pour l’attirer vers une vésanie sourde, et elle ajoute : « Je vais demeurer là… Réfléchir un peu, sur le sens de la vie… Tout ça. Profiter de l’air marin ». En vérité, la Dame d’Âtre souffre grandement ; sa cuisse est ravagée d’un mal inconnu. Elle écoute l’écho lointain des vagues rugissantes, et quelques doigts se risquent à palper le cou rougi. Sous sa paume, une peau tendre et lisse, parsemée de gouttes. Et l’Omble avale sa salive de travers. Son pendentif ! Son damné pendentif ! Disparu. Le bijou céladon ne pare plus ses clavicules. La jeune femme retient un long soupir. L’aube néfaste se révèle bien cruelle pour la Nordienne.

« Lady Omble ». La guerrière tourne doucement la tête en direction de la voix soudaine ; une silhouette se dessine dans l’horizon céruléen, sombre et svelte. Qui est-ce ? Serena plisse des yeux, songeuse… L’étoffe de sa robe, en lustrine, grigne alors qu’elle roule sur son flanc avec précaution. Elle plante son coude dans le sable, et sa joue vient reposer contre la paume ouverte. « Hm, plait-il ? Et vous êtes ? ». Brisée de fatigue, rompue par son mal de tête lancinant, la guerrière rêve du silence. Et de vêtements secs. Mais elle arpente les plaines de l’oubli, en ce jour ; les souvenirs de la veille fuient face à ses doigts crispés. Et il lui faut retrouver le pendentif. « Trystan ? », demande-t-elle, stupéfaite. Mais… Lui aussi ? « Par les Anciens Dieux, dîtes-moi que quelqu’un se souvient de la… soirée d’hier ». Ou plutôt, la beuverie. S’adressant à Arnaut : « Lord Karstark, seriez-vous assez aimable pour m’offrir votre bras, ainsi que votre douceur légendaire, car il m’est difficile de tenir debout. C’est comme si vous m’aviez haché la jambe avec votre masse d’armes… ».

Relevée, la Nordienne titube légèrement, et elle hisse de douleur. Ventre dieu… ! Alors l’Omble est captive d’un songe étrange. Une taverne… Tumultueuse et bruyante ; quelques rires gras, des jurons échangés… Des danseuses affriolantes… Et des pichets de vin. En grand nombre. Serena dansant avec… « Mila ». Les paupières closes, la guerrière grince des dents à l’apparition fulgurante de ces images. Des lambeaux de sa pensée. La Dame d’Âtre qui s’étale, riant aux éclats, sur la masse d’armes du Karstark. D’une voix étouffée, la fille du Sénéchal suggère : « Peut-être que nous devrions commencer par Le Gros Trident Boursouflé… Il me semble que nous avons « savouré » quelques rafraichissements là-bas. Assurément, nous retrouverons les entrelacs de notre mémoire…  Enfin, je l’espère. Qui pour nous guider ? Trystan ? ».  
Made by Neon Demon
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   Ven 5 Aoû - 11:23

Alors que Mila peinait à comprendre ce qu'elle faisait là, Trystan Manderly ouvrit les yeux. Il avait toujours cette lueur amusée dans le regard, même lorsqu'il s'éveillait, ce qui exaspéra la bâtarde. Il se redressa et éclata de rire, comme si tout cela n'était qu'une gigantesque blague. Sans prendre la peine de regarder attentivement autour de lui, il se dirigea vers la mer, dans laquelle il s'immergea. Lorsqu'il revint sur la berge, le seigneur sembla la reconnaître, et son expression se figea. Il n'avait plus l'air de trouver cela drôle à présent. La jeune femme se retint de lui offrir un sourire acerbe, se souvenant malgré tout qu'il s'agissait d'un chevalier et d'un noble. Non loin d'eux, la femme, qui semblait être Serena Omble, parlait avec un autre homme. Mila fronça les sourcils. Une fois encore, il lui sembla connaître cette personne, mais elle ne parvenait pas à se rappeler son nom. Lady Omble avait crié quelque chose peu de temps auparavant... Ah oui, Lord Karkstark ! La bâtarde déglutit difficilement. Que faisait-elle au milieu de tous ces seigneurs ? Elle n'aurait jamais du se retrouver là ! Leur avait-elle tenu compagnie la veille ? Elle ne parvenait pas à s'en souvenir, tout n'était que brouillard.

- Hm, plait-il ? Et vous êtes ? lança Lady Omble.

Elle s'adressait visiblement à elle. Mila soupira. Elle pourrait peut-être s'en tirer sans trop de dégâts, si personne ne connaissait son identité. Enfin, c'était sans compter sur le Manderly, qui, lui, savait qui elle était. Pourquoi était-il étendu à côté d'elle ? Des idées absurdes traversèrent l'esprit de la jeune femme, elle les chassa aussitôt. Il était impensable qu'elle ait commis quelques extravagances de cette sorte, non, il devait y avoir une autre explication. En tous cas, l'hypothèse d'une soirée très alcoolisée semblait pour le moment la plus probable. La bâtarde n'avait que rarement eu l'occasion de s'enivrer, mais elle connaissait les effets de ces terribles boissons. Elle avait plusieurs fois entendu son maître d'arme se plaindre de douloureux maux de tête et de perte de mémoire après des fêtes un peu trop arrosée, et c'était exactement ce qu'elle ressentait. Essayant de se redresser sur ses jambes, la jeune femme déclara :

- Mila Snow, Madame. De la Maison Mormont.

Elle se racla la gorge, sentant sa voix partir dans les aiguës. Lady Omble était plus ou moins dans le même état qu'elle, les cheveux emmêlés et les vêtements couverts de sable. Elle ne portait pas de robe ou autre habits de Dame, mais plutôt une tenue de troubadour, ce qui interpella la bâtarde. Pourquoi une Lady comme elle possédait pareil accoutrement ? Etat-ce en lien avec leur soirée de la veille ou s'habillait-elle toujours ainsi ? Mila aurait souhaité lui poser la question, mais ce n'était peut-être pas le moment. Il était d'abord préférable de comprendre comment ils s'étaient tous retrouvés là.

- Trystan ? Par les Anciens Dieux, dîtes-moi que quelqu’un se souvient de la… soirée d’hier.

Ainsi donc, elle connaissait le Manderly elle aussi. La bâtarde fouilla dans son esprit en quête d'information à ce sujet. Des fiançailles lui revenaient en mémoire, mais elle n'en était pas vraiment sûre, cela devait remonter à longtemps. Ce genre d'affaire avait tendance à changer, en fonction des attentes et demandes des Maisons concernées. Une fois encore, Mila était contente d'échapper à ce genre de chose. Cela finirait sans doute par lui tomber dessus, le jour où sa belle-mère voudrait se débarrasser d'elle. Bon courage à elle pour lui trouver un mari ! Qui voulait épouser une bâtarde ? Lady Omble se tourna vers Lord Karkstark pour lui demander du soutien et se mit sur ses jambes. Mila avait encore du mal à rester droite, elle utilisait ses mains pour garder l'équilibre, mais la nausée la menaçait encore. Elle espérait vraiment ne pas vomir, pas devant tous ces gens importants.

- Peut-être que nous devrions commencer par Le Gros Trident Boursouflé… Il me semble que nous avons « savouré » quelques rafraichissements là-bas. Assurément, nous retrouverons les entrelacs de notre mémoire…  Enfin, je l’espère. Qui pour nous guider ? Trystan ?

Lady Omble semblait elle aussi se questionner sur leur présence ici. Personne n'avait l'air de se souvenir du pourquoi du comment. Mila aurait bien proposer que chacun s'en retourne chez soi sans poser de question, mais elle était elle-même curieuse de savoir ce qu'il s'était passé. Enfin, avait-elle vraiment envie de savoir ? Il ne s'était probablement rien produit de terrible ou de honteux, n'est-ce pas ? Elle coula un regard vers Trystan, priant tous les Dieux qu'elle connaissait de ne pas avoir fricoté avec cet homme. Ce n'était pas qu'il était disgracieux, mais il risquait fort de devenir son mentor et il était hors de question qu'il y ait quoi que ce soit entre eux. Fidèle à elle-même, la bâtarde resta discrète et n'ajouta rien, prête à suivre le petit groupe, espérant qu'elle se ferait oublier.
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   Jeu 11 Aoû - 11:26

Oui, il avait été pris de stupeur, peut-être même de frayeur, en voyant les deux jeunes femmes sur la plage mais là, maintenant, en constatant que celles-ci étaient dans un embarras plus grand que le sien, il ne put réprimer un rire. C’était un éclat joyeux, clair, tonitruant, de ceux qui ont tendance à vous saisir et à contaminer votre auditoire… Ou était-ce un rire de fou ? Cessant cette fantaisie, il se pencha pour ramasser le trident qui gisait au sol. Armé de cette fourche, il était le digne avatar d’un dieu marin depuis longtemps tombé dans les limbes. Malgré ce petit imprévu, il gardait à l’esprit sa mission de rapporter l’emblème avant quelqu’un ne découvre sa disparition, mais pour le moment il devait s’occuper de ces trois drôles. Il se tourna vers Serena, un sourire moqueur aux lèvres. Tête légèrement penchée, il savait que son aptitude nonchalante ne pouvait que la faire enrager.

Trystan : Serena… Cette tenue…. Tu es si ravissante ! As-tu déjà mis sur pied cette futur reconversion dont tu m’as tant parlé hier soir ? Je suis persuadé que notre Roi serait ravi de t’avoir à ces festins, le comblant de tes cabrioles et autres pitreries.

Evidement l’allusion était fausse, il ne se rappelait de rien mais il ne pouvait s’empêcher de se jouer d’elle. La belle devait en effet fulminer face à une telle situation, oscillant entre panique et fureur. Il était peu probable que celle-ci ne savoure autant que lui ce lendemain de débauche. Le chevalier avait néanmoins conscience de la blessure à la jambe de la jeune femme et s’en inquiétait, espérant que la lésion n’aurait aucune conséquence dans un futur proche. Il passa rapidement en revue les options à sa disposition pour la soulager de sa peine mais malheureusement tout lui faisait défaut. Seule une visite au mestre du château pourrait espérer apaiser cette douleur. Trystan se pinça la lèvre inferieure, seul signe trahissant son impuissance à aider celle qu’il aimait. Au moins le buffle Karstark avait eu la mansuétude de la soutenir. Au temps tolérait-il la présence des deux femmes dans ce genre de situation, mais celle du cavalier était pour Trystan plus que déplaisante. Les deux hommes ne s’appréciaient guère et cela pour de nombreuses raisons, leur tempérament et leurs manières opposées ou tout simplement en cause leurs antécédents « conflictuels » lors de leurs rares rencontres. Le seigneur nordien faisait partie des rares personnes que Manderly méprisait. Il était l’archétype du soldat brutal et sanguinaire, le trop loyal serviteur satisfait de servir tant que le sang coulait dans son sillage. Trystan le regarda quelques instants et se retint du moindre commentaire le concernant. Ils avaient pour le moment suffisamment de problème sans que leur animosité ne refasse surface. Il se détourna et se dirigea vers la dune qui bordait le front de mer. Au passage, il gratifia Mila d’un petit coup de trident dans les côtes, suffisant pour la faire réagir mais pas assez pour la blesser. Il dépassa la bâtarde, arborant une mimique facétieuse et d’un signe de la tête lui fit signe de le suivre.

Trystan : As-tu besoin d’un bain de mer pour te réveiller, Snow ? Cela peut s’arranger…

Le chevalier s’élança à l’assaut de la dune de sable sans véritablement prêter attention à ses compagnons. Il s’éloigna de quelques pas avant de se retourner, constatant qu’aucun n’avait esquissé le moindre mouvement.

Trystan : L’alcool vous aurait-il transformé en pierre ? Moi aussi j’adore l’air marin mais j’imagine qu’une aussi noble assemblée a probablement des occupations plus importantes en cette douce matinée ?

Il n’attendit aucune réponse et reprit son ascension. Arrivée au sommet, il se retourna pour observer le panorama qui s’offrait à lui. Les vastes étendues marines, battues par le vent, les serpentins de sable tracés par les bourrasques d‘Eole ou encore les arabesques que laissaient les vagues à chaque va-et-vient. Il appréciait la beauté du moment. Sans un regard en arrière il prit la direction, seul de Blancport. Le déroulé de la soirée ne l’intéressait guère, il fallait avant tout limiter les conséquences de ses actes. Il ne fut bientôt plus qu’une silhouette fantomatique entre les majestueuses dunes de sable, triste souvenir d’une soirée à oublier.

Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   Sam 27 Aoû - 3:29


Blancport
Serena & Mila & Trystan


Jim Croce - Time in a Bottle

Quelle étrange assemblée ils avaient là. La bâtarde qui les avait rejoint semblait assez impressionnée par la présence de ses congénère. Que pouvait-elle craindre ? Arnaut doutait que de la part de Serena comme de la sienne, il puisse exister une mise à l'écart vis à vis d'une personne appartenant à une caste inférieur. Surtout dans une situation comme celle-ci. Le futur Lord de Karhold allait faire son entrée dans une auberge à moitié nu, alors savoir comment avait été conçu l'ensemble de ses partenaires de mésaventure était sans doute le cadet de ses soucis. Il n'était pas particulièrement intéressé par sa propre apparence, seul l'importait l'aspect pratique de sa tenue, mais dans le cas présent il se devait de prendre en compte son statut, auquel cas son crédit auprès de ses pairs ou même de ses hommes en serait affecté. Les rumeurs allaient bon train et le cavalier aurait grand mal à les arrêter avant qu'elles arrivent aux oreilles des mauvaises personnes. Étrangement, celui qui semblait le plus à sa place était certainement celui qui s'intéressait le plus à son apparence. Du moins c'est l'image qu'il donnait de sa personne. Arnaut n'appréciait pas particulièrement son homologue masculin, trop dans le paraître, pas assez dans l'utilitaire, son attitude n'était pas appréciable non plus, il avait sans cesse besoin de se mettre en avant et de se retrouver au centre des regards. Ce dernier s'était élancé à l'assaut d'une dune sans attendre le reste de la troupe, en voilà un qui était frais comme un gardon. Le doyen du groupe aurait bien répondu à cette nouvelle provocation, mais il doutait que Serena, qu'il soutenait malgré la différence de taille, eu appréciée de se faire un petit sprint pour rejoindre le brun. Elle s'était parée d'un capuchon ainsi que d'un foulard qu'elle avait gardée jusque là à ses côtés, les deux bouts de tissus ne laissaient apparaître que quelques traits de son visage, ne permettant pas à une personne qui ne l'avait pas côtoyée un minimum de la reconnaître. Arnaut sentait une pointe d'exaspération subtilement dosée à une pointe de frustration pousser à grand coups de botes son sang froid, le Nobliau n'avait pas pris la peine d'attendre la troupe alors que celle-ci tardait à monter la montagne sablonneuse. Sans doute valait-il mieux pour l'intégrité des dents du dénommé Trystan qu'il se défoule à porter la Nordienne blessée. Stoppant son ascension, il saisit la jeune femme derrière les genoux et la soutenant par la même occasion par les épaules. S'il avait les mains occupées, sans doute serait il plus ardus d'anéantir le fuyard, bien qu'une paire de jambe et un crâne solide pourrait suffire à le mettre or d'état de nuire. L'énervement lui faisait petit à petit perdre sa bonne fois, après tout, il n'avait jamais réellement observé le Manderly à l'oeuvre, mais au fond ces violentes pensées lui procuraient un certains plaisir presque sadique.  


¤ ¤ ¤


Finalement, les trois compères atteignirent le sommet. On distinguait au loin la ville de Blancport, lieu qui avait certainement vu leur dernière bribes de consciences se noyer dans des flots alcooliques. Bien avant cette assemblage de construction dont le style s'approchait de ceux qu'on pouvait retrouver plus au Sud, on discernait tant bien que mal la silhouette quasi nue du prince charmant. "Je suppose qu'on doit suivre le cavalier solitaire." Grogna-t-il. Reprenant la marche, Arnaut força le pas, tentant de rattraper celui qui leur avait faussé compagnie au risque de faire un faux pas. Petit à petit, le soleil se faisait de plus en plus fort, même s'ils ne se trouvaient pas dans un désert, devoir porter un certain poids au milieu d'un terrain escarpé et traître, décuplait la force des rayons de l'astre du jour. Tentant de rester concentré sur l'entreprise qu'il accomplissait, le soldat ne pouvait s'empêcher de penser à ce qui c'était passé la veille. Même si l'ensemble restait flou certaines bribes semblaient pointer de nouveau le bout de leur nez. Après un temps qui sembla être une éternité, la troupe fut à portée des portes de la ville. "A présent, place à la recherche du propriétaire de notre trouvaille, à moins que quelqu'un sache précisément où il se trouve."



HRP:
 
Emi Burton
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: (flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly   

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
(flashback) Blackout, ft. Mila Snow, Arnaut Karstark & Trystan Manderly
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Version n°13 - Spécial Blackout !
» Tiens tiens tiens... Comme on se retrouve... {Flashback} [Ryuuku Gakuen]
» Dessin de Snow'
» Présentation de Dark'Snow Day
» [RP Flashback] Entre Nymphomanie et Psychopathie...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bloody Crown :: 
Pays Nordiens
 :: Le Nord :: Blancport
-
Sauter vers: