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And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|
MessageSujet: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Mar 5 Juil - 23:20


J’ouvris les yeux quand une brise fraîche me caressa la joue, chassant quelques mèches d’ébène de mon visage. Mon regard se riva aussitôt vers la fenêtre, d’où les derniers rayons de soleil filtraient encore. Le crépuscule parsemait le ciel de ces nuances colorées, d’or et de nuit se mêlant. J’entrevoyais cette étoile bleue, parmi tant d’autres de lueurs timides qui s’éveillaient dans les cieux… L’œil du Dragon, toujours à même d’indiquer le Nord. Jamais perdu. Il suffisait de le suivre scrupuleusement en évitant la côte pour parvenir à Peyredragon, depuis la Capitale Dornienne. De là, il était aisé de se rendre dans le Val où se trouvait peut-être encore Rhaenys…

Je poussai un profond soupir, las. L’inaction me pesait. Elle était bien trop favorable à la réflexion à mon goût, et même aux remords. D’autant que j’avais l’impression d’entendre encore de lointains échos de la bataille de Lancehélion. Derrière mes paupières closes, tout se rejouait inlassablement… Différemment. Il arrivait même parfois que cette flèche salvatrice ne parvienne pas à me sauver à temps, remplaçant mes songes par des ténèbres. Etrangement rassurants. J’avais privilégié la vitesse à la prudence. Une réaction qui me paraissait appropriée… Prompte et violente. Ce n’était pas la première fois que je me ruais à la mêlée sans en peser toutes les conséquences, mais personne ne m’avait tiré en arrière cette fois-ci. J’aurais dû poser pied à terre avant que l’on ne me provoque ma chute. Ma blessure était constamment présente pour me rappeler cette cuisante erreur, à m’élancer au moindre mouvement. Marcher était un supplice, mais ne pas chercher à le faire était pire encore. Peut-être avais-je cherché cette mort, libératrice. J'avais cru les voir me tendre la main, m'inviter à les rejoindre, au plus fort de la bataille. J'avais accouru vers eux, avec l'énergie du désespoir. Ne me restait-il plus que les morts pour unique consolation ? Rhaenys me paraissait toujours plus lointaine, pervertie par ce Roi venu du Nord. Mais qu'aurais-je pu faire d'autres que de la laisser voler de ses propres ailes ? Elle n'avait pas besoin d'un amant dans son sillage, qui plus est de son frère, pour nouer une alliance solide. J'avais moi-même fort à réaliser en ces terres arides, même si je doutais parfois de l'utilité et du véritable résultat de toutes ces manœuvres politiques.

Tu aurais dû rester auprès d'elle. Tu n'aurais pas dû la laisser partir. Je cillai, en réalisant que ce fantôme me paraissait encore plus réel que les précédents. La fièvre chutait, pourtant. J'étais en bonne voie, mais cela ne m'empêchait pas de les entendre me murmurer à l'esprit, à cristalliser mes propres hantises. C'était ce qu'aurait pu me souffler Aegon, de son vivant.

- Va-t-en. Je connais ma place, et toi tu oublies la tienne. Mon frère est mort.

Autant de mots assénés, comme des coups d'épée dans l'eau. Je grimaçai en silence, quand je repassai à la verticale pour m’appuyer sur ma jambe valide. Je parvenais avec peine à reposer l’autre au sol, en boitant méchamment jusqu’au dehors où je me laissai retomber sur la méridienne installée là. La douleur m'aidait à chasser ces images entêtantes, celles de Visenya qui me tendait la main quand je fixai cette hache s'abattre et sonner le glas, celles d'Aegon qui chargeaient à mes côtés tel un guerrier spectral. Je passai ma main sous ma cuisse pour m’assurer qu’elle ne s’était pas rouverte bêtement. Ils avaient bien visé à l’articulation, de quoi s’assurer que je ne reprenne pas les affrontements… Et ainsi fauché, je n’avais pas eu l’occasion de me relever à temps pour assurer ma propre survie. Si je connaissais le nom de cet archer, nul doute que je me serais empressé de le remercier. J’avais cru mon heure arrivée, quand ce fer-né m’avait surplombé, hache brandie, prêt à m’abattre. Il n’avait jamais pu finir son mouvement, jamais pu porter le coup fatal. Je n'étais pas certain d'avoir ressenti du soulagement à le voir s'effondrer sur moi, mort. De l'effroi, peut-être, qui tentait de percer derrière cette frénésie d'en découdre. Cette rage, qui n'était pas celle de vivre, mais ne respirait que le besoin de vengeance. Je ne pouvais pas oublier. Je ne le pourrais sans doute jamais.

Je sursautai légèrement, au simple son de la porte qui s'entrebâillait, subitement sur le qui-vive alors que je sombrais l'instant d'avant dans une douce torpeur. Deria Martell. Qui d'autres ? Nous étions promis. Il était logique qu'elle vienne s'enquérir de ma santé. A vrai dire, elle était peut-être même passé les jours précédents, mais je n'en avais aucun souvenir. La fièvre avait dû me faire délirer un certain temps. Je me repositionnai, tant bien que mal, à tenter de trouver la position la plus confortable dans mon état. Je restai finalement avachi, ma jambe blessée reposant mollement sur la méridienne et mes omoplates contre l'accoudoir. En cet instant, j’incarnai parfaitement bien le rôle du grand lézard à bouger d’emplacement en fonction de l’inclinaison du soleil, gagnant invariablement le balcon à l’aube et au crépuscule pour profiter de la tiédeur ambiante.

Je soufflai, à voix basse :

- Vous ne m'en voudriez pas si je ne me lève pas pour vous saluer, Princesse.
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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Mer 6 Juil - 23:54

Combien de fois avais-je arpenté ces couloirs ces derniers jours ? Sans doute de trop nombreuses fois pour que cela ne se remarque point, alors que mes appartements étaient situés plus loin. Mais trop des miens étaient blessés et logés par ici. Et de toute manière, je n’avais que faire de ce que les gens pouvaient bien en penser.
Je passais la plupart de mon temps à étudier les cartes et les plans, les emplacements de mes troupes et les renseignements qui me parvenaient, quand je n’étais pas en train d’aller voir l’avancée des travaux au port ou de rendre visite aux blessés et familles touchées. Certes, je pourrais m’en abstenir, peut-être le devrais-je, ce n’était pas forcément mon rôle. Pourtant, j’aimais cela et j’avais besoin d’aller à la rencontre de mon peuple. Tant pour leur montrer qu’ils n’étaient pas délaissés, que pour moi-même, comme pour me rassurer en voyant de moi-même qu’ils étaient toujours là, fiers et inébranlables.
Ce qui avait été brûlé ou détruit était reconstruit. Les vies brisées guériraient également. Car nous étions bien tel que les étrangers nous voyez. Indociles et fiers. Comment pourrait-on ne serait-ce que songer à ployer le genou alors que notre royaume avait toujours été le plus indépendant et le plus sauvage de tous ? Je ne sais s’ils avaient juste voulu porter un coup ou s’ils avaient voulu réellement nous toucher et nous affaiblir, même moralement. Mais sur cela, ils avaient plus qu’échoués.
Et, si j’avais cessé les premiers jours, j’étais repartie courir le matin dans les dunes, tout en repensant aux paroles de ma grand-mère les concernant. Les dorniens sauraient survivre dans le désert, nous le connaissions et il faisait partie intégrante de ce que nous étions… Ce serait une idée à exploiter. Cela aurait au moins le mérite de les surprendre. S’ils venaient pour autre chose que brûler mon arsenal… J’en parlerais à Barristan et aux autres, il nous faudrait y réfléchir.

Et aujourd’hui, je n’avais pas dérogé à mes habitudes. J’avais signé des ordres de réparations, encore, envoyé quelques corbeaux, avant d’essayer une nouvelle fois de trouver la prochaine cible potentiel, avant de réfléchir à nouveau à un plan d’attaque. Et nous avions commencé à réfléchir à la possibilité réelle de faire rapidement évacuer les villes au besoin, laissant les rues et demeures vident à tout agresseur potentiel. Et j’avais passé la fin d’après-midi en ville, du côté du marché, saluant et souriant aux commerçants.

Et voilà comment j’arrive devant les appartements du prince Baratheon, un bouquet de fleurs diverses et variées, principalement sauvages et s’épanouissant en terres arides, odorantes et colorées, dans les bras. Je passe devant les gardes, qui me saluent et ouvrent la porte. Je rentre en silence, ne voulant pas le réveiller. Son sommeil était bien assez agité sans avoir besoin d’en rajouter. Et si cela n’était nullement étonnant, surtout après une bataille, en étant blessé qui plus est, les quelques mots et phrases qui lui avaient échappées en ma présence, alors qu’il dormait sans pour autant se reposer, l’étaient davantage. Si jamais j’avais pu douter de sa douleur ou de sa difficulté à faire face à la perte de sa famille, ces derniers jours avaient suffi à me convaincre qu’il conservait beaucoup plus qu’il n’était souhaitable. Les prénoms de son frère et de sa sœur étaient revenus régulièrement, reflets des fantômes qui le hantaient bien plus que de raison.

Je stoppe après avoir fait quelques pas, écarquillant les yeux en ne le voyant pas dans son lit. Et je l’aperçois alors que je tourne la tête. J’avance vers lui quand il prend la parole. Et à ma surprise se mêle une légère colère. Je pose délicatement les fleurs sur la table non loin de lui, les sourcils froncés même si je tente de prendre une voix neutre.

« Etant donné que vous n’auriez pas dû vous lever du tout Prince, je ne peux guère vous le reprocher en effet. »

Je me tourne vers lui et l’observe une seconde. Au moins a-t-il pris soin d’allonger sa jambe… Je retiens un soupir, avant d’aller chercher un vase jetant les fleurs presque fanées s’y trouvant déjà. Je reviens vers lui et entreprends d’y disposer celles que j’ai ramenées. Oui, cela aussi sans doute n’est-ce pas à moi de le faire. Mais ce n’est pas bien compliqué, n’est-ce pas ? Et puis, ça m’évite de trop le regarder et de risquer de m’emporter plus que de raison. Je laisse le vase sur la table pour le moment et me tourne vers lui.

« Je vais éviter d’aller faire mander mon mestre, il risquerait soit de vous vilipender, soit d’avoir une crise d’apoplexie en vous voyant ici. » Je secoue la tête, alors qu’une ombre d’exaspération transparaît malgré moi dans ma voix. « N’avez-vous pas songé à demander de l’aider pour vous déplacer ? Vous avez failli vous vider de votre sang, nous avons failli vous perdre et vous, vous vous levez et marchez et… »

Je lève les yeux au ciel et soupire, la mâchoire légèrement crispée, avant de me forcer à reprendre un ton calme et à esquisser un sourire.

« Je suis malgré tout heureuse et soulagée de vous voir assez remis pour vous voir vous déplacer Orys. Même contre tout bon sens. »



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Dernière édition par Deria Martell le Lun 18 Juil - 19:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Mar 12 Juil - 14:58


J’eus une expression contrite, la tempe reposée contre le haut du dossier comme si ma tête était devenue trop lourde. J’étais divisé entre agacement et amusement devant son attitude furibonde. Peut-être aurais-je sauté sur l’occasion pour l’envoyer sur les roses en temps normal, à lui asséner que je n’avais besoin de personne pour veiller sur moi et qu’elle ne se croit surtout pas capable de me dicter ma conduite mais… A vrai dire, une telle lassitude s’était emparée de moi que je me contentais de soupirer devant ses vaines protestations. Elle était chanceuse, quelque part. Dans son cas, mieux valait sans doute m’avoir ainsi que bien portant et prompt à la riposte.

J’orientai mon regard vers elle, sans mot dire, suivant avec attention ses mouvements alors qu’elle prenait la peine de remplacer les fleurs fanées par d’autres. C’était étrange qu’elle tienne à réaliser cette tâche elle-même, sans recourir à ses servantes, d’autant plus que cela m’importait peu contrairement à elle. Si c’était pour me faire plaisir, il existait de nombreuses autres attentions, plus concluantes, qu’elle aurait pu m’adresser. Enfin…

Je désignai du menton l’entrée de ma chambre avant de lui glisser :

- Il existe une règle d’or à respecter quand on franchit le seuil de cette porte : On ne crie pas sur les blessés.

Parce que, crier, elle savait très bien le faire. A se demander si cela ne supplantait pas les convenances dans notre… Quel mot devrais-je utiliser pour le qualifier en vérité ? Qu’importe. J’avais enfin trouvé une position confortable, et ne comptais pas bouger à nouveau de sitôt. Je lâchai, ce qui n’avait ni des allures d’excuses, ni même de justifications, pour couper court à toutes ses protestations :

- J’avais envie d’être là.

Je n’avais pas d’autres mots pour lui signifier que, peu importe à quel point elle jugeait mon attitude irréfléchie et irresponsable, je n’aurais pas pour autant agi autrement. Elle n’avait tout simplement pas les moyens de me faire entendre raison, et ils étaient devenus très peu à réussir ce tour de force d’ailleurs. J’eus un mince sourire alors qu’elle poursuivait sur sa lancée, à lever les yeux au ciel et s’énerver sans même que je ne participe activement au débat pour une fois.

Je tournai la tête vers elle pour la fixer un temps.

- Vous exagérez mon état. Je vais très bien. Et s’il m’était nécessaire de requérir de l’aide pour ne serait-ce que me déplacer de mon lit au balcon, il aurait peut-être mieux valu que ce fer-né me fauche.

Ca risquait de l’énerver à nouveau, mais je n’en avais cure. Peut-être même que je le recherchais inconsciemment, malgré les circonstances, simplement pour la voir folle de rage. Un léger doute filtrait néanmoins dans ma voix. Je n’avais repris mes esprits qu’après quelques jours. Depuis la bataille, c’était le trou noir. Je n’avais pas la moindre idée dans quel état ils m’avaient retrouvés. J’avais continué de me battre, même à terre, jusqu’à ce que mes jambes ne puissent définitivement plus me porter et qu’il ne soit plus en mon pouvoir d’influer sur le cours de la bataille. Nos ennemis étaient en déroute, rattrapés par les fantassins venus en nombre pour nous prêter main-forte. L’adrénaline m’avait maintenu à flots pour observer cette débâcle, sans savoir ce qu’il était advenu sur les autres fronts où était Anders et le Dayne, mais une fatigue accablante m’avait rapidement rattrapé. J’avais certainement perdu beaucoup de sang, en effet. De là à ce que ma vie fut réellement en danger… Peut-être, mais si cela pouvait me permettait de les revoir, je recommencerais sans hésiter.

- Et je suis heureux de voir que vous n’avez pas perdu de votre piquant malgré les circonstances.

J’avais eu le temps de prendre connaissance des rapports quant à la situation de Lancehélion, et d’échanger quelques missives difficiles avec le Conseil Restreint et ma propre sœur. J’aurais peut-être dû m’abstenir de les rédiger avant d’être pleinement rétabli, d’autant que j’avais largement minimisé ma situation auprès de Rhaenys. Inutile de l’inquiéter, alors qu’elle avait déjà beaucoup à penser, et était suffisamment remontée contre Dorne ou moi-même pour ne pas rajouter de l’huile sur le feu. Si j’avais pensé arranger les choses à un moment donné, j’avais maintenant l’assurance de m’être fourvoyé en me retrouvant pris entre les flammes du Dragon et du Soleil.

Je me passai une main sur le front, chassant ces pensées néfastes pour me concentrer sur l’instant présent :

- Comment se portent les vôtres, Princesse ? Se remettent-ils correctement après avoir été touché en plein cœur ?
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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Lun 18 Juil - 20:10

M’attendais-je à ce qu’il proteste et s’énerve à son tour ? Sans doute m’y étais-je préparer mentalement oui. Il a un caractère plus qu’irascible et susceptible, et a cette manie de prendre aisément de travers ce qu’il souhaitait. Ce n’est pas sans me rappeler Anders… Ou moi-même par moment il est vrai.
Mais en vérité, son soupir est plus exaspérant encore qu’une quelconque tentative de justification ou d’emportement, agissant ainsi comme si je n’étais pas en mesure de pouvoir lui reprocher certaines choses, comme s’il n’avait cure de ce que je pouvais dire.

Et si moi j’évite de le regarder, dans le but de ne pas m’énerver seule et sans réelle raison, je sens son regard qui me suit alors que j’arrange les fleurs. Et je me rends compte que oui, cela peut–être… surprenant ? Singulier ? Que sais-je encore. Mais que m’importe ce qu’il pense. Cette tâche simple a au moins le mérite de retenir mon attention et d’apaiser un peu la colère que j’ai senti apparaître à sa vue sur le balcon.
Je le regarde pour de bon en haussant les sourcils.

« Vraiment ? Fort heureusement, je ne suis point en train d’outrepasser cette règle, n’est-ce pas ? Qui plus est, si vous êtes assez en forme pour vous déplacer seul, le terme blessé devient tout relatif. »

Et je ne crie pas. Je parle certes un peu sèchement, un peu exaspérée, mais ma voix reste parfaitement calme. Je le fixe et soupire à mon tour pour de bon, alors qu’il se contente d’énoncer un simple fait. Il avait envie… Je lève les yeux au ciel, avant de me détourner et d’aller m’appuyer contre la rambarde. Certes, même allongé, la vue restait magnifique. Et je sais que j’aurais agi de même. Rester recluse dans un lit ne m’avait jamais convenu, quelle qu’en soit la raison. Mais cela, il n’a aucunement besoin de le savoir. Et si je parviens un instant à me calmer à cette pensée, je m’énerve légèrement à nouveau. Lui avait été grièvement blessé. Lui… Je plisse les yeux alors qu’il me fixe et me répond.

« Exagérer ? Croyez-vous que j’essaie de vous tromper en affirmant que vous aviez perdu beaucoup trop de sang ? Que Mestre Elkin a réellement craint pour vous ? Non, je n’exagère absolument pas. Et si vous allez mieux, et non pas très bien, maintenant, cela n’a pas toujours été le cas ! Et auriez-vous sincèrement préféré mourir plutôt que de faire preuve d’une once de jugeote ?
Je vous en prie, cessez un peu de vous comporter comme un enfant gâté, buté et égoïste Orys ! Cette blessure n’est même pas encore cicatrisée, quelle vanité de votre part de refuser ainsi toute aide ! »


Je secoue la tête et inspire profondément. Oui, je connais fort bien l’idiotie des hommes. Oui, je sais comment ils peuvent se montrer d’une suffisance aussi stupide que déplacée. Mais si je m’irrite de son comportement, je parviens à ne pas crier. Même si le ton est un peu monté.
Je le dévisage alors qu’il se permet un trait d’humour. Qu’il est agaçant.

« Avouez qu’il aurait été dommage que je devienne terne et morne. Vous seriez désemparé si vous aviez à faire à moi lorsque je suis triste ou maussade. Alors ne vous plaignez pas, cela vous donne l’occasion de pouvoir faire preuve d’esprit et de sarcasme. »

Je lui souris en finissant de parler. Parce que oui, j’étais persuadée qu’il n’apprécierait guère de me voir affligée, ou morne, ou peu importe… même si je conçois pouvoir être un tantinet… agaçante également parfois. Je lui jette alors qu’il semble perdu dans ses pensées, et je retourne à l’intérieur, chercher une carafe de vin et deux verres, que je pose sur la table à côté des fleurs. Je remplis les verres et lui en tends un alors qu’il reprend la parole. J’esquisse un sourire, rapprochant une chaise non loin de lui. Je le regarde et ne peux m’empêcher de sourire.

« Vous me demandez si les Insoumis sont prostrés à terre ou en train d’affuter leurs lames Orys ? »

Je regarde vers l’horizon, portant le verre à mes lèvres pour y boire une gorgée, avant de reprendre plus sérieusement.

« Les fer-nés n’étaient pas ici pour faire plus de dégâts, ils voulaient simplement accéder à l’arsenal, qu’importe ce qui se trouver sur leur chemin. Objectif atteint. Nous avons eu de lourdes pertes. Beaucoup trop d’innocents… » Mon ton est un peu trop acerbe à la mention des pêcheurs. « Mais ce n’est pas important. Le port est déjà en train d’être reconstruit, tout comme l’arsenal. » Même si le coût a été bien plus important que ce je peux laisser entendre. J’'inspire et secoue la tête. « Les morts ont été pleurés et ils seront vengés. Les blessés se remettent, et se relèvent déjà pour certains… »

J’esquisse un sourire en le regardant. Oh, une si légère pique, comment aurais-je pu éviter ?

Mis en hide par Rhae, infos confidentielles


« Je vous remercie de lui avoir demandé de l’aide…
Et d’avoir risqué votre vie pour les miens. Ils ne l’oublieront pas. Je ne l’oublierais pas. »


Qu’il risque sa vie pour son futur royaume était un témoignage, une preuve plus qu’autre chose pour bon nombre de soldats, voire de nobles. Et peu importait ses raisons d’alors. Il avait saigné au combat pour Dorne. C’était une démonstration suffisante pour la plupart de mes Insoumis. Et pour moi.



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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Lun 1 Aoû - 0:30


Ma tête retomba lourdement contre le haut du dossier. Elle n'avait pas tardé à engager les hostilités, ce qui ne me tira qu'un grondement désobligeant avant de fermer les yeux. Certes, elle ne criait pas, mais elle aimait à contourner les règles comme cela pouvait lui chanter. Une manie fort dérangeante, qui lui avait déjà joué des tours, en des circonstances bien plus sérieuses que celle-ci. Je songeais aux nombreuses missives échangées récemment avec le Conseil Restreint, qui restait étalée pour certaines sur ma table de chevet, quand je n'avais pas daigné les brûler immédiatement. Toute cette politique me fatiguait. Ma place était sur un champ de bataille, non à jouer les médiateurs entre deux royaumes qui ne parvenaient plus à s'entendre.

- Vous devriez arrêter de tourner les choses comme cela vous arrange, Deria. Pas avec moi, en tout cas.

Assez. Je n'avais pas envie de jouer, alors autant que les choses soient claires, car je craignais que la conversation se révèle aussi peu agréable que les fois précédentes... Les choses ne s'étaient pas arrangées, bien au contraire. Je l'observai, alors qu'elle levait les yeux au ciel avant d'aller admirer la vue. Quand elle me fit face à nouveau avec sa colère, je ne pouvais pas nier l'avoir recherché.

Ses reproches passèrent sur moi comme une tempête inquisitrice. Les insultes ne parvenaient, après tout, jamais à me perturber si elles étaient à mon encontre. L'avis des autres sur ma personne ne m'avaient jamais importé d'aucune façon. J'attendis simplement que l'instant passe... J'aurais bien été en peine de tenir la cadence imposée, me contentant de lancer dans un bref sourire, une ultime bravache :

- Je suis touché de votre inquiétude, Princesse.

Je notais l'effort consenti, à ne pas crier malgré tout. J'haussai les épaules à sa remarque, déclarant rapidement forfait :

- Peut-être, mais pour l'heure, je n'ai pas assez d'énergie à revendre pour vous supporter ainsi sur la longueur.

Il était vrai que je risquerais de m'ennuyer si elle ne faisait pas preuve de tant... D'ardeur. Si elle pouvait mieux l'utiliser, ce serait parfait. Je la suivis du regard alors qu'elle ne semblait justement pas tenir en place, retournant vers l'intérieur pour revenir avec une carafe de vin et des verres. Je lui rendis un mince sourire de remerciement alors qu'elle me tendait le breuvage. C'était nettement mieux.

Je bus longuement à mon verre tandis qu'elle me parlait de ses Insoumis avec toujours cette même élan de fierté dans la voix. J'aurais dû orienter la discussion aussitôt vers son peuple, si j'avais su... Sa première question n'était que rhétorique, et je ne pris même pas la peine d'y répondre. Elle était incroyablement optimiste après ce que j'avais jugé comme une défaite. Je reposai ma coupe sur la table, en économisant mes mouvements. Elle avait rapproché une chaise pour se tenir à ma hauteur, m'évitant ainsi de la suivre du regard comme un fauve en cage.

- Je vous remercie pour votre confiance, Deria, même si je crains de l'avoir mal utilisé en me jetant si promptement à la bataille... J'aurais peut-être pu minimiser davantage les pertes, même si nous avons dû agir dans la précipitation. C'est un coup dur porté à Lancehélion, et nous n'avons malheureusement pas pu redresser la chaîne pour les prendre à leur propre piège mais... Ils ne s'en sont pas sortis indemnes non plus. Ils vont devoir panser leurs plaies à leur tour avant d'espérer mener un nouvel assaut d'ampleur.



Fataliste, peut-être. J'avais l'impression de me battre depuis longtemps pour des causes perdues, et saigner pour la principauté de Dorne ne suffisait pas. Peut-être avais-je réussi à me faire entendre de ses hommes, à les mener à la bataille et les souder autour de moi... J'étais pourtant tombé au combat, et nous avions échoué à retenir nos ennemis, ou même à sauver l'arsenal des flammes. La situation de Dorne était critique, difficile à redresser. Néanmoins, l'armada pourrait leur assurer de respirer suffisamment pour se refaire.

Je relevai la tête en l'entendant me remercier, ce qui était étrangement doux comme son à mes oreilles après ses remontrances. Je lui rendis un nouveau un mince sourire, teinté d'une certaine lassitude, avant de lâcher à demi-mot une cruelle vérité :

- Je dois vous l'avouer... Je me suis davantage battu pour moi-même que pour les vôtres. Je brûlais d'envie d'en découdre avec nos ennemis. Vous m'avez donné une occasion inespérée... Ce serait plutôt à moi de vous remercier. Vous m'avez confié la défense de votre cité. Je n'oublierais pas cette confiance que vous m'avez accordé.

Mon sourire se fit plus franc, presque amusé.

- Ni comment vous l'avez scellé.
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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Mer 3 Aoû - 23:07

Par les Sept, ai-je réellement mérité cela ? Non que j’ai jamais rêvé d’un époux trop conciliant ou obéissant, loin de là, pas même dans ma jeunesse alors que je me pâmais devant quelques chevaliers. Mais j’avoue qu’il parvientà m’agacer bien plus rapidement que je ne le saurais l'avouer. Ses soupirs dédaigneux et sa façon de grogner avant de fermer les yeux, comme si cela pouvait me faire disparaître, ou tout du moins lui faire oublier ma présence, ont bien plus de facilité à me porter sur les nerfs que nos précédentes disputes. Ou tout autant. Exaspérant, il est exaspérant. Ou est-ce parce qu’il ne me traite nullement comme il devrait ? Tout prince et promis qu’il soit, je demeure Princesse de Dorne. J’ai depuis longtemps compris qu’il n’est pas réellement homme à respecter le protocole, et en temps normal, c’est une chose que j’apprécie. Mais pas lorsque je suis déjà agacée par son attitude et qu’il se comporte en enfant. Pas alors qu’il fait fi de toute considération quant à son état de santé.

Je m’efforce de demeurer calme et de ne point me m’énerver, consciente de mes propres contradictions. Et puis, je n’y changerais rien, s’il est assez stupide pour risquer sa guérison, malgré les recommandations. Mais il ne m’aide pas, persistant dans son attitude suffisante et arrogante. Même son sourire semble se moquer. Je le fixe, la mâchoire contractée, avant de hausser les sourcils.

« Pensiez-vous donc que je ne me soucierais nullement de votre sort ?
Si vous preniez un tant soit peu en compte les avis et sentiments des autres, sans doute feriez-vous davantage attention à votre propre santé, et sans doute ne serais-je pas obligée d’être celle qui vous rappelle dans quel état vous étiez. Que vous le croyiez ou non, je n’ai nulle plaisir à vous tourmenter ou à m’emporter ainsi. »


Je le fixe encore, avant d’inspirer profondément en fermant les yeux. Et je parviens à esquisser un sourire en parlant, essayant de reprendre un sujet plus léger, moins sensible, si l’on veut. Pas assez d’énergie… Mon sourire se fait un peu moqueur alors que je hausse légèrement les épaules.

« Je suppose que ce court trajet vous à épuiser plus que de raison. Mais je sais faire des efforts, je vais tacher de me montrer moins… véhémente, pour le moment. »

Comme pour le prouver, ou pour finir de me calmer, je lui sers un verre de vin, avant de m’installer à ses côtés, sur une chaise. Ce qui me donne droit à un léger sourire. Je saurais m’en contenter. Qui oserait dire que je suis exigeante ?
Et je lui parle des miens, des pertes subies et du renouveau déjà en court. Nous n’avons guère le temps de nous apitoyer il faut dire, alors que les dangers ne cessent de s’accroitre autour de nous. Et surtout, mon peuple s’est déjà montré terriblement patient jusqu’à présent, bien davantage que je ne l’aurais escompté.
Je bois quelques gorgées alors qu’il me répond, mon regard dérivant au-dessus de la ville, avant de revenir vers lui.

« Ce n’était nullement à vous de songer à tout ceci. J’aurais dû… » J’esquisse un sourire un peu triste et ma voix se charge de regrets. « Je connais pourtant tout cela, les déploiements, mes troupes, mes terres… Nous avons agi dans la précipitation, mais j’ai fait nombre d’erreurs que je n’aurais point dû commettre. Et leur plan était bien préparé, qu’ils prennent les tours et coupent la chaine en premier lieu était plus que logique. » Je secoue la tête. « Vous avez, vous et mes hommes, admirablement bien défendus ma ville. Ils ont effectivement subi de lourdes pertes. Sans doute sont-ils à présent dans un des ports du Bief, à réparer leurs navires et à soigner leurs blessés. Au vu de la situation, Lancehélion s’en sort plutôt bien, n’ayez crainte. »



Je hoche la tête alors qu’il commence à parler, esquissant un sourire en réponse au sien. Pense-t-il que je ne sache cela ? Mais même si c’était le cas, au final, il avait néanmoins combattu pour défendre ma cité et les miens. Et si mon sourire se fait un peu plus grand quand il parle de confiance, je me fige néanmoins en le regardant à sa dernière phrase. Se moque-t-il ? Ou joue-t-il ?
Je hausse les épaules, reprenant comme si de rien n’était.

« Vous êtes un combattant émérite, il me semble vous avoir déjà mentionné que je vous faisais confiance à ce sujet. J’ai déjà bien du mal à protéger mon frère et je me sens malgré tout coupable de ne pas l’avoir envoyé à vos côtés. Mais le peuple avait besoin d’être rassuré ici aussi…
Qu’aurais-je dû faire ? Vous gardez enfermé ?
Vous avez démontré aux miens que vous pourriez les mener et que votre épée n’est pas uniquement décorative. Ne me remerciez pas pour cela. Mon peuple a besoin de croire en son prince. »


Je le fixe.

« Et j’ai besoin de croire en vous. »

Je me penche vers lui, lui retournant un sourire amusé à mon tour.

« Et il me semble que vous aviez apprécié cette façon de le sceller. Ou ai-je mal interprétée vos réactions ? »

Je me penche encore, allant jusqu’à frôler son nez du mien.

« Peut-être devrais-je m’en assurer, ne crois-tu pas ? »

Et, contrairement à la première fois, mes lèvres vont doucement, avec hésitation, effleurer les siennes, s’y attardant alors que je souris contre sa bouche.



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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Dim 14 Aoû - 18:04


Je ne l'écoutai même plus, alors qu'elle continuait sur sa lancée. Mais c'était à craindre, elle peinait presque davantage à ne pas s'emporter quand je faisais la sourde oreille que quand je ripostais. J'étais las, dépité. De toute évidence, elle avait décidé de ne retenir que le mauvais, et moi de simplement attendre que la tempête passe. Je ne la connaissais pas encore suffisamment pour savoir qu'elle était la meilleure attitude à adopter avec elle. Sans doute ses frères et sœurs auraient-ils pu me mettre sur la voie, même si les conseils d'Anders en la matière me paraissait plus que douteux. Je n'étais pas certain qu'ils s'en sortent mieux que moi avec ses propres sœurs, ce qui nous ferait encore un point commun.

Je ne répondis pas, me contentant de souffler dans un sourire à me reprocher de ne pas faire attention aux avis et aux sentiments des autres, ni même à mon propre état. Elle commençait à bien me connaître, finalement. Devrait-elle réellement encore s'en étonner ? Quant au plaisir qu'elle devait éprouver à s'emporter et me chercher querelle, j'émettais davantage de doutes, même si je ne pouvais nier l'attention qu'elle m'accordait de la sorte.

- Hm... Vous avez terminé ?

Je lui rendis son regard, l'air hagard. Ce sourire de façade ne m'annonçait rien de bon, mais après un tel déchaînement, autant de coups dans l'eau, elle devait avoir décidé de recourir à d'autres méthodes plus efficaces. J'accueillis la coupe de vin avec un plaisir que je ne cherchais pas à dissimuler. Je l'écoutais, cette fois, avec bien plus d'attention, maintenant que l'incident était clos et que nous devions sur des sujets plus stratégiques.



J'avais l'impression de reconnaître ma défaite. C'était peut-être la lassitude qui parlait pour moi, ou il existait des domaines où les ombres étaient incapables d'agir... J'avais eu l'occasion de réfléchir longuement, dans ce lit, incapable de bouger, jusqu'à ce que cela me cantonne à la folie. Je n'étais pas certain que ce qui en était sorti se révélait bénéfique. Je me sentais dépassé, en proie aux fantômes. Je le savais pertinemment, dès qu'il me sera donné l'occasion de pouvoir marcher à nouveau, mon humeur s'améliorera drastiquement. En attendant, il ne restait que ces bribes qui filtraient parfois, et la rendaient méfiante sans raison aucune. Pourtant, j'étais sincère.

- Non. J'ai pu prouver ma valeur auprès de votre peuple, en défendant le cœur de votre royaume comme s'il s'était agi du mien. C'était un pari risqué, mais cela ne peut-être que bénéfique, à faire taire quelques doutes quant à cette alliance maritale. Vous vous êtes assurée de légitimiser la position de votre Prince-Consort.

Je n'étais pas dupe, pas à ce point. C'était dangereux, mais concluant. Je n'étais plus seulement le Champion qui avait défait leurs princes à Goeville, mais aussi celui qui avait mené les troupes pour la sauvegarde de leur cité. De cette bataille était aussi ressorti du bon, d'autant que Dorne était plus que jamais impliqué dans notre conflit. Le retour en arrière n'était plus possible.

- Ma lame n'est pas ressortie vierge de cet affrontement. J'espère qu'il me sera donné encore de nombreuses occasions de la tremper dans le sang de nos ennemis.

Je la fixai, longuement. Croire... C'était important.
Quand je pensais qu'elle n'avait pas relevé, elle se pencha ostensiblement, ravivant subitement mon intérêt. J'entrouvris la bouche, mais aucune parole ne franchit finalement mes lèvres. Elle était subitement si proche que le fil de mes pensées m'échappa, les sens en éveil. Je frôlai ses lèvres, venant cueillir ce sourire qu'elle affichait, et qui était communicatif. J'avais comme l'impression de les découvrir pour la première fois, de prendre cette peine, à faire les choses bien. Ils n'étaient plus question de prendre à l'autre, mais d'être à l'écoute de ses propres sensations. Je bridais ma frustration, d'être face à une si belle femme depuis longtemps, qui devait bientôt m'appartenir, sans pouvoir établir de contact prolongé de par nos précédents. Peut-être bien me l'étais-je aussi refusé, mes pensées constamment tournées vers Rhaenys... Je n'étais pas vraiment ici, pas à l'instant présent, mais ses missives me revenaient en mémoire comme autant de coups assénés. Elle n'avait pas tardé à attribuer cette place vacante, piétinant ce stupide espoir de retour en arrière.

Mes mains se refermèrent sur la taille de la Dornienne, pour l'attirer à moi. Je me doutais que mes blessures risquaient rapidement de se raviver, mais en attendant, je comptais bien profiter un peu de ces quelques attentions, ses lèvres bien plus agréables à s'animer ainsi.
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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Mer 17 Aoû - 12:13

Il ne m’écoute pas et ne prête aucune attention à ce peux dire. Et ça ne fait que m’exaspérer davantage évidemment. E si je me rends bien compte que je ne me comporte nullement comme la suzeraine que je suis, je n’en ai cure. Il est mon futur époux, je n’ai pas envie de me comporter autrement, c’est aussi simple que cela.
J’essaie toutefois de me calmer et ne pas m’emporter alors qu’il ne réagit pas, ou presque. Et si les muscles de ma mâchoire se crispent une nouvelle fois malgré moi, je me contente de le dévisager un instant en silence. Terminé ? Je ne sais trop. Sans doute. Même si je suis toujours agacée. Malgré cela, je soupire en secouant la tête. Sans doute est-il réellement quelque peu fatigué malgré tout.

Et maintenant que nous abordons des sujets plus militaires, moins personnels en quelque sorte, il semble m’accorder plus d’attention. Ai-je déjà indiqué le trouver particulièrement exaspérant ?

Et si nous ne quittons pas le sujet, pas vraiment, nous restons dans la politique quelque part, nous revenons sur un terrain moins enclin aux disputes et controverses, à savoir lui et ses prouesses au combat. Je lui souris.

« C’est effectivement une des conséquences positives de cette bataille. Mon armée et mes nobles vous ont suivis. Tous ont pu vous voir combattre sans hésitation pour leur royaume. Mon prince-consort a réussi à prouver qu’il serait un dirigeant digne d’eux. »

Et si ça n’avait été le but premier, je ne pouvais dire nier que cela avait compté et que le résultat avait été probant. Cela ne ferait taire tout le monde, mais la grande majorité apprécierait et accepterait néanmoins beaucoup plus aisément un prince combattant avec eux, pour eux.

« Vous n’en n’êtes pas ressorti indemne non plus… Mais si vous êtes présent, s’ils  nous attaquent à nouveau, enfin je veux dire ici, vous en aurez l’occasion… Sinon, vous serez dans la Baie, aux premières loges non ? »

Je lui rends son regard, un mince sourire aux lèvres. Ce n’était sans doute pas le meilleur moment, et de loin, pourtant je n’avais pas de réelle hésitation. Je l’avais toujours trouvé séduisant, et insupportable, et je ne sais si cette pseudo distance établie m’était due en partie ou en totalité. Une fois les premières disputes passées, et la situation éclaircie à ce sujet, je n’avais pourtant pas cherché à l’éviter. Il savait mieux que quiconque à quoi s’en tenir me concernant, et c’était très bien ainsi. Pourtant, malgré ses dires, il n’avait jamais tenté, lui, de m’approcher.

Mon sourire s’agrandit un peu alors qu’il ne répond pas. Je finis de m’approcher, mes lèvres allant effleurer les siennes avec légèreté. Et contrairement aux baisers échangés à Goëville, celui-ci est plus doux, plus hésitant. Amusant d’ailleurs de songer à cela, alors que bientôt nous serons unis, comme si cela devenait plus… Je ne sais, plus important. Et peut-être est-ce le cas. Et il ne reste sage que peu de temps. Avant qu’il ne m’attire à lui et que je ne finisse par m’assoir à ses côtés, sans pour autant interrompre ce baiser qui se fait plus profond. Je plaide coupable, alors que je pose une main sur son torse, l’autre montant dans ses cheveux, et que ma langue franchit la barrière de ses lèvres pour rejoindre la sienne.

Je finis malgré tout par quitter ses lèvres, déposant des baisers le long de sa mâchoire avant de murmurer à son oreille.

« Je n’ai pas imaginé, c’est toujours ça… » Je mordille son oreille. « Mais tu es blessé, mieux vaut que tu te reposes, n’est-ce pas ? »

Et si je me recule un peu, je ne cherche nullement à me défaire de son emprise ni à m’éloigner de lui. Je reste contre lui, à une dizaine de centimètre, l’observant le regard pétillant.

« Tu as déjà fait trop d’efforts, il ne serait pas raisonnable de continuer. »



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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Mer 17 Aoû - 23:17


Je ne pouvais retenir une simple pensée amusée, devant son comportement. J'étais trop las, pour ces sottises... Mais, étrangement, je venais d'avoir le dernier mot en ne lâchant que des bribes de phrases, ce qui me contentait plus que je ne l'aurais avoué. Je la détaillai, du coin de l'œil. Sa mâchoire se crispait, furibonde. Je la trouvais presque plus attirante avec ces expressions de colère gravées au visage. Plus tard... Ma remarque était sincère. Et je peinais à aligner deux pensées cohérentes quand nous nous mettons subitement à échanger sur quelques sujets de préoccupation. Je sentais la douleur lancinante à ma jambe, impossible de trouver une position qui soit convenable. Je supportais mal cette inactivité, pourtant, et même si mon humeur chancelait, je devais reconnaître que sa présence était une distraction bienvenue.


Elle se fendit d'une remarque amusée, comme pour chasser toutes ces préoccupations de mon esprit, ou me faire croire à ses intentions louables après m'avoir vilipendé sur mon comportement. Des fois, elle était difficile à suivre... Surtout à l'entendre me complimenter sur ce qui ressortait de cette bataille. Je n'étais peut-être pas parti me battre pour ces raisons, mais il existait quelques bénéfices certains.

- C'est un bon début.

J'eus une grimace mauvaise, alors qu'elle me rappelait que, même si j'avais fait couler le sang ennemi, je n'avais pas fini cette mêlée sur mes deux jambes. Je m'attendais si bien à une remarque cassante que de l'entendre parler de mes prochaines batailles dans la Baie de la Néra sonnait étrange à mes oreilles. Parce qu'elle l'acceptait mieux que je ne l'aurais cru.

- Oui. J'irais certainement où le conflit me portera, mais pas maintenant.

Non... Pas maintenant. Cette discussion prenait une tournure pour le moins inattendue, et guère recherchée à la base, mais qui me plaisait assez. Nous avions pris notre temps pour nous apprivoiser, et même si les désaccords étaient fréquents, force était de constater que nous avions finalement réussi ce tour de force de passer un temps certain ensemble, dans une même pièce, sans forcément nous disputer ou faire des reproches. La fatigue, la frustration, aidaient à ce que les dernières barrières de mon esprit s'affaissent. Il m'était arrivé de faire quelques allusions, mais finalement, nous n'avions pas réellement franchi le pas avant maintenant. Et c'était... Singulier, à être ainsi à la recherche de l'autre, alors que nous n'étions auparavant qu'à nous heurter. Peut-être parce que les enjeux devenaient tout autre, ou que le passif était lourd. Cela devait-il encore m'importer ?

Elle était plus proche encore, juste contre moi. J'appréciais subitement la place réduite qu'offrait cette méridienne, et mes mains qui avaient refermées son emprise sur sa taille commencèrent à s'attarder sur ses courbes. Sa robe ne laissait pas tellement place à l'imagination, et je pouvais les glisser directement sur sa peau dorée par le soleil. Ses doigts dans mes cheveux m'électrisaient, comme s'il était nécessaire de me rappeler à quel point je l'avais toujours désiré. Nous échangions un baiser plus profond, plus passionné, me poussant à la déraison. Elle s'arrêtait, l'espace d'un instant, pour murmurer à mon oreille avant de la mordiller. Je refermai une main sur sa cuisse comme pour l'emprisonner, un léger rire filtrant de mes lèvres.

- Arrête de parler...

Toujours... Tellement bavarde. Je vins chercher à nouveau ses lèvres, pour l'inciter à le faire, lui volant un baiser.

- Je croyais que tu l'avais compris à force...

Et un autre, furtivement, à glisser ensuite à la frontière de ses lèvres :

- Depuis quand suis-je raisonnable ?

Je soulevai sa robe, pour glisser ma main sous le renfort du tissu, à la remonter jusqu'à mi-cuisse. Je continuai à l'embrasser, à prolonger l'instant cette fois. Je ne m'arrêtai que lorsque mes mains remontèrent sous ses fesses pour la soulever et la positionner sur moi, avant de reprendre de plus belle.
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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Lun 22 Aoû - 15:16

J’avais la désagréable sensation de marcher sur des œufs avec lui. Ou du moins, qu’il le faudrait. Ce qui ne me convenait nullement. Je n’avais aucune intention de devoir prêter attention à ce que je devais dire ou faire avec lui, même si cela ne lui convenait point. J’avais l’habitude de parfois élever le ton avec les miens, en particulier avec Anders, et cela ne m’empêchait nullement de les aimer. Certes, nous n’en étions point-là avec Orys, mais je pouvais l’apprécier ou l’estimer même si nous nous disputions.
Mais peu importe dans l’immédiat, je lui ferais grâce de quelques mots supplémentaires concernant son état, vu qu’il semble fatigué…


Et je conserve ce léger sourire alors que nous revenons vers des sujets plus légers, mais non moins importants. Lui et son… intégration, son acceptation parmi les miens. Qu’il s’en soit rendu compte ou non n'avait guère d'importance en vérité, mais par cette bataille, il avait marqué l'esprit des miens, et c'était tant mieux.

« C'est un bon début oui. Charge à vous de continuer ainsi. »

Et si je ne peux m'empêcher une énième allusion concernant sa blessure, je suis tout de même consciente qu'il n'attendra pas forcément longtemps avant de retourner au combat. Et ce même si ce n'est pas ici.

« Certes, pas maintenant. Et je crains que le conflit ne soit bientôt partout malheureusement. »

Que cela me dérange ou non qu'il parte si loin n'est pas réellement la question, cela a été convenu ainsi, et nous ferons donc. Même s'il n'en est nullement question pour le moment.
Pour le moment, l'atmosphère change, sans aucun doute sous mon impulsion, alors que je m'approche, l'interrogeant presque avant d'oser aller plus loin. Qu'il me plaise était certain, et que je lui plaise également, il me l'avait bien fait comprendre. Pourtant, nous en étions encore à nous chercher et nous découvrir. Ce qui n'était pas si étonnant au final, entre les disputes et sa récente blessure. Et ce n'était pas plus mal. Nous avions appris à nous connaître, un tant soit peu, même si c'était resté assez superficiel jusque-là, dans tous les sens du terme.

Assise près de lui, contre lui, je laisse sa chaleur m'envelopper. Je souris contre ses lèvres, poussant un soupir alors que je sens ses mains sur moi. Et inconsciemment, je me tends vers lui, ma main s'attachant dans ses cheveux, quand le baiser devient plus intense et profond. Sentir ses mains sur moi est bien plus enivrant que je n'oserais l'avouer. Gouter à ses lèvres et à sa peau est bien assez troublant pour que j’en veuille davantage.
Et si je m'arrête, exagérant sans doute, pour murmurer quelques mots inutiles à ses oreilles, je frémis en sentant sa prise sur ma cuisse. Et je souris en l'entendant rire, son plus qu'agréable à mes oreilles. Je lui rends doucement son baiser, mon sourire s'agrandissant légèrement quand il poursuit.

« Que tu n'aimes pas m'entendre parler ? Oh, j'ai bien compris. Mais je ne vais pas me taire pour te plaire, il te faudra bien t'y faire. »

Et tout en parlant, ma main passe sa tunique, effleurant sa peau sans s'y attarder, avant de lentement remonter sur son torse. Et mon cœur bat déjà trop vite alors qu'il soulève ma robe. Je laisse de côté toutes autres pensées, profitant de ce baiser bien davantage encore que des précédents. Je retiens ma respiration pourtant quand ses mains remontent et me soulèvent, et mes lèvres rejoignent aussi vite les siennes, prenant sans hésitation ce qu’il m’offre. Je m'installe convenablement, gémissant contre ses lèvres en le sentant contre moi.

« Tu devrais être raisonnable... » Je lui souris. « … Ou je le devrais l’être pour toi... »

Mes mains descendent et s'emparent de son haut que je fais passer par-dessus sa tête sans plus de cérémonie. Je bouge un peu au-dessus de lui.

« Mais tu as de la chance, je n’en ai aucune envie pour le moment. »

Je me redresse et le fixe quelques instants, laissant mes mains glisser sur son torse. Et je suis du bout des doigts les cicatrices qui parcourent sa peau, me demandant s’il se souvient de chacune et s’il me racontera un jour tout ça, avant de remonter les yeux vers lui un mince sourire aux lèvres. Je me penche à nouveau, dévorant ses lèvres, tandis que mes mains descendent se charger de lui retirer ce bout de tissu bien trop gênant. Et je stoppe, ancrant mon regard dans le sien, quand j’y arrive enfin.
Je l’embrasse à nouveau, avec plus d’hésitation, avant de mordre doucement sa lèvre, enlevant son bas pour de bon. Pourquoi hésiter, c’est stupide, ce n’est pas comme si nous ne savions pas à quoi nous attendre. Ou est-ce juste le fait qu’il va devenir mon époux sous peu qui me fait tergiverser ainsi ? Cela change-t-il réellement quelque chose ? Je reste néanmoins à le dévisager quelques secondes comme si cela allait me donner la réponse.




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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Dim 25 Sep - 20:20


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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Dim 23 Oct - 18:29




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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Mer 9 Nov - 23:00

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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Jeu 24 Nov - 17:22




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MessageSujet: Re: And we blaze through your skies |Tour III - Terminé|   Mar 3 Jan - 14:15


- Ils reviendront.

Cruelle vérité, inéluctable. Dorne était la première cible, la plus évidente même, sur ces eaux troubles. Bien malgré eux, ils représentaient un rempart pour les autres royaumes de l’Est, dont Peyredragon. J’osais espérer qu’ils seraient tous prêts à faire cause commune, contre ce même ennemi présent sur tous les fronts. Dans le cas contraire, nul doute que notre désunion leur assurerait la victoire.

- C’est mon rôle de protéger, bien au contraire. Que ce soit Peyredragon, ou Dorne, d’ailleurs.

Un simple rappel, des engagements qui étaient les miens, ou qui le deviendront bientôt. Nous les honorions d’ailleurs bien plus tôt que prévu, ce qui fut loin de me déplaire… Même si je sentis cette douleur lancinante dans ma jambe me rappeler à l’ordre, dès que l’instant passa, et que les souffles se firent moins erratiques. En d’autres circonstances, j’aurais préféré mener la danse, mais ne pouvait vraiment m’en formaliser dans mon état actuel, et puis… Nous avions longtemps retardé l’échéance, alors que visiblement, nous en mourrions tous les deux d’envie. Cette étreinte brève vient bien de nous le prouver.

Nous nous retrouvions un peu à l’étroit, sur la méridienne, ce qui était plus agréable encore finalement. Sa peau contre la mienne, son rire qui la balayait d’un souffle… Et ses baisers, sans cesse renouvelés. Je fermai les yeux, pour profiter de l’instant, avant que ma blessure ne me rappelle cruellement à ma condition actuelle. Je grondai bassement, bougeai un peu, à sentir ce liquide chaud perler à nouveau. La plaie avait dû se rouvrir.

Je poussai un soupir profond, à l’évocation de ma sœur, dans un moment pareil. C’était bien moins approprié qu’elle devait le croire… Mais je ne voulais pas avoir à regretter. J’eus un sourire plus prononcé, à l’évocation de ce mariage et de la nuit qui devait en suivre. Voilà une bonne raison de se ménager, oui. Et après tout, Rhaenys ne m’avait-elle pas fait comprendre qu’elle avait eu tôt fait de me remplacer ? Il était temps que je la laisse repartir, que je m’efface, comme je l’avais fait quand mon frère la convoitait… Et que je me permette aussi de vivre, sans entrevoir constamment leurs fantômes, sans les chercher du regard sur le champ de bataille. Deria m’offrait cette chance, et c’était à moi de la saisir.

Je glissai mes bras dans son dos, poursuivant en quelques lentes caresses, et restai paupières closes à savourer les attentions qu’elle me gratifiait en retour. Un nouveau soupir, de contentement. Je murmurai à son oreille, avec douceur :

- Je vais me lever, mais pas tout de suite. Reste encore un peu, s’il te plaît.
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