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L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]
MessageSujet: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   Dim 19 Juin - 12:16

Le cri perçant du faucon fendit le silence tranquille de la citadelle des montagnes, il transperça l'air et s'éteignit en quelques secondes aussi soudainement qu'il avait commencé. Ysilia suivit la splendide course de l'animal qui traversait les courants d'air ascendants avec une grâce et une puissance incommensurable. Anya avait maintenant l'allure accomplie d'une femelle faucon ayant atteint la pleine maturité et la jeune Royce était fière du travail qu'elle avait réussi à accomplir avec elle. Devenu obéissant, l'animal avait pu lui donner du fils à retordre car il savait être têtue et pensait toujours savoir ce qui était bon ou non. Jouant d'un main douce dans une technique des plus ferme Ysilia avait su s'approprier la fidélité de l'oiseau qui n'écoutait qu'elle, refusant même de s'alimenter lorsque sa jeune maîtresse n'ayant pas de temps à lui consacrer ne pouvait lui rendre visite. Elle avait su se faire une place toute particulière dans le cœur de l'animal et la chose était réciproque, ainsi la demoiselle avait terriblement peur qu'il lui arrive malheur dans le Nord, ou pire encore qu'elle ne puisse l'emporter avec elle. Ainsi elle avait décidé de passer tout son temps libre avec l'oiseau, gravant à jamais de beaux souvenirs dans son esprit avant de devoir abandonner tout ce qui lui était connu derrière elle. Après un joli arc de cercle parfaitement maîtrisé le faucon vint docilement se poser sur le gantelet de cuir que portait Ysilia. Arborant un grand sourire elle caressa avec joie les belles plumes lisses à la jonction du cou, ce qu'affectionnait particulièrement Anya.

L'après-midi venait seulement de tendre son voile sur l'air frais de la montagne et si ce n'était guère une atmosphère de pleine chaleur au moins le temps était des plus cléments et favorables aux activités d'extérieurs. Malgré tout le jeune femme avait revêtue des accoutrements pour le moins masculins, en cuir de la meilleure facture, ayant sur le col et les épaules de du duvet pour que le froid ne pénètre pas dans ses vêtements et n'entaille pas sa précieuse peau nacrée. Ses longs cheveux étaient noués d'une tresse épaisse qui la rendait libre de ses mouvements et lui permettait d'être bien plus à l'aise que dans ses robes d’apparats. La Royce avait prévu de passer toute la journée dans les jardins royaux, au sein de la fauconnerie qui était attenante aux appartements des invités du roi. Elle espérait que le roi du Nord ne jetterait pas un œil dans sa direction, ou qu'il ne la reconnaîtrait guère dans ces atours bien différents de ceux qu'elle arborait d'ordinaire. Rien ne permettait de savoir ce que l'homme mûr pensait de ce genre d'activité, surtout pratiquée par une femme et Ysilia ne désirait guère provoquer son courroux tant il l'intimidait déjà dans une apparence de calme.

Malheureusement pour elle, un jeune messager apparut pour déjouer ses plans et perturber sa sérénité. Intriguée Ysilia se vit indiquer que le roi du Nord, Torrhen Stark en personne la faisait mandée et souhait la recevoir immédiatement dans ses appartements. La jeune fille en fut des plus déconcertée, mais rapidement elle remis en place le petit cache-œil sur la tête du faucon et le confia aux bons soins du fauconnier. Elle fit savoir au messager qu'il pouvait informer le roi de son arrivée et elle se précipita dans ses propres appartements afin de revêtir une tenue plus appropriée. En effet, elle ne pouvait se présenter devant son futur beau-père dans des oripeaux masculins et si peu conventionnels. Elle mit donc à son grand malheur un certain temps pour enfiler une robe convenable, aux armoiries de sa maison et qui la mettait en valeur. On laissa ses longs cheveux dénoués, ils ondulaient quelque peu mais elle n'avait guère le temps de les arranger en une coiffure sophistiquée. Tout en s'activant à se rendre présentable Ysilia sentait son cœur battre à tout rompre. Jamais elle n'avait pour l'instant eu l'occasion de se retrouver seule à seule avec le vieux loup et elle n'était pas du tout tranquille à cette idée.

C'est pleine d'angoisse et de questionnement qu'elle se présenta donc devant la porte gardée du Roi du Nord. Elle se demandait s'il l'avait vu en compagnie de son faucon, s'exerçant à un art de tradition masculine et s'il n'allait pas s'en trouver courroucé. Modeste dans ses apparats Ysilia était bien plus noble et digne que ce que sa tenue voulait bien dire. Elle ne voyait pas quel honneur il pouvait y avoir à écraser ses interlocuteurs par le vaste et l'opulence, car c'était bien plus l'honneur et la grandeur d'âme qui incombait à ses yeux, mais en cela peut être était-elle bien trop idéaliste. Après s'être fait annoncée elle pénétra dans les appartements que le roi Ronnel son cousin, avait accordé au roi du Nord. Dans toute la pièce on sentait la présence écrasante du héro de guerre qu'était Torrhen Stark, il écrasait ses interlocuteurs par sa stature et sa présence. Ysilia ne comptait absolument pas s'en faire un ennemi et elle se devait de briller auprès de lui pour couronner sa maison de prestige. Exécutant ainsi une révérence parfaite que son éducation lui avait enseigné elle ne croisa son regard pénétrant que le temps de ses paroles, pour ensuite le fuir comme le font les jeunes filles bien élevées. La timidité ne l'aidait guère.

« Mes hommages votre Altesse. Je m'excuse de ne pas m'être présentée plus prestement, mais j'étais absorbée dans des activités et non convenablement apprêtée pour vous faire face. Je suis honorée que vous souhaitiez passer du temps en ma compagnie. »

Ces phrases pouvaient semblé apprises par coeur et inlassablement répétées, donc sans aucune originalité. Mais Ysilia avait bien trop peur de la réaction de l'homme qui lui faisait face pour se targuer d'effronterie ou d'une quelconque liberté d'esprit. D'autant qu'elle ne savait guère quelle serait sa réaction ou quelles étaient ses attentes vis à vis de sa future belle-fille. Elle se tut donc, attendant qu'il expose clairement les motifs qui l'avait conduit à demander une telle entrevue.
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MessageSujet: Re: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   Lun 27 Juin - 23:08

Ils sont partout. Je les vois, ils dépassent la ligne. Les hommes resserent les rangs. Ils sont partout. La neige tombe, pas encore très fort et nous ne frissonnons point. Nos fourrures nous tiennent chaud. Le combat et le sang plus encore. J'ai les yeux humides. Comme à chaque fois que je mise ma vie. Comme à chaque fois que j'endure des coups. Père aurait honte. Il serait là, à vociférer. Ce n'est pas à proprement parler de la peur. Mais Père n'est pas là. Père ne le sera plus jamais, même si je n'en sais rien encore. La ligne tient bon. Trente hommes de Winterfell. Face à des dizaines de sauvageons. Les Mormont avaient répondu à une autre alerte, plus tôt dans la matinée. Quand les barques furent repérées, il était trop tard. Un de mes hommes les plus endurants fut envoyé chercher du renfort. Et nous étions là depuis. Une ligne sur deux rangs. Dos à dos. Entouré des barbares qui débarquent. Weyton s'est pissé dessus, mais personne ne l'a remarqué. Rickard a tué un ennemi, l'a renvoyé dans les eaux froides et noires de la Baie. Mais il a écopé d'une estafilade en retour. Gurner, un sergent de mon père, s'effondre. Deux flèches percent son dos et il s'étouffe dans son propre sang, face contre neige. Une piqueuse se fend dans ma direction. Je ne sais comment réagir. Je ne sais plus.


On voit toujours un dernier carré comme quelque chose d'éminemment héroïque. Ce n'est pas le cas.


C'est désespéré, c'est cruel. C'est sans espoir. On est là, on pourrait se dire pour la gloire. Pour le futur. La renommée. Pour une fête immortelle en son nom propre. Ce n'est pas le cas. Ca sent la merde des mourants. On entend le cri des blessés,le ressac des vagues sur les rochers. Le cliquetis des armes. Les sauvageons ne s'approchent pas. Ils craignent notre acier, notre maille. Ils se tiennent à distance. Bolger tombe d'une javeline qui lui perce la cuisse. La meute lui tombe dessus. Le carré se désagrège. Mon plus jeune frère hurle « Winterfell ! » d'une voix de crécelle. Aucun de mes frangins n'est véritablement un homme. Oh, ils l'ont prise, la Mormont. Mais ce n'était qu'un jeu. Je suis le seul adulte dans cette marmaille à peine sortie de l'enfance. Ils vont crever là, ces gosses Stark. Parce que j'ai été trop fier pour reculer. Je n'ai même pas encore de vraie barbe. J'ai parfois mal au foie, comme dirait mon père, mais je ne sais rien des tourments des anciens. Et je suis là, jeune et frais comme un gardon.


Tout prêt pour l'abattoir.


La piqueuse se fend et je réagis d'instant. Hurlements au poing. Comme au tout début. Au diable Père et Glace. Hurlements fait partie de moi depuis des années. Sa mâchoire disparaît dans une bruine de sang. Et la sauvage se jette sur moi. Me crache son sang à la figure, me hurlant des malédictions dans sa frustre langue natale. Je tire mon poignard en entendant Ryman hurler. Le bruit des sabots.



| Ryman! |


Haletant, je me réveille en sursaut. Le soleil est déjà levé. Il transperce à peine la cime des montagnes ; mais éclaire déjà ma chambre. Je suis seul. Nu sous les fourrures de ma couche. En sueur. Je dégouline. Le cœur bat la chamade, manque d'exploser dans ma poitrine. Je me calme. Doucement. Lentement. J'ai besoin de quelqu'un.


Je n'ai personne.


Sigyn est mon premier réflexe. Dix ans bientôt qu'elle est partie. Brandon est le second. Mais il est mort, lui aussi. Rhaenys. Je ne veux brusquer ses songes avec les miens. Je suis le Nord. Le Nord ne rêve pas du passé. Il se tient devant l'abîme de son propre avenir. Je me lève. Je me lave dans l'eau glacée qui m'a été préparée la veille, abandonnée là pour un bain que je n'avais pas pris. Je me rince à la dure, comme en campagne. J'avale une corne de bière tiède, à moitié éventée. Ce pays a des vins et des liqueurs de renom. Mais rien ne vaut la bière brune et épaisse du Nord. Je mange. Je fais mander ma future brue, si le Val sait m'appâter avec ce mariage qui n'est que le cache-misère d'un plan que j'espérais plus vaste. Mais plan il doit y avoir. Mon fils joue déjà sa vie.


On m'a dit beaucoup de bien de la jeune Royce.


J'enfile, plus par habitude qu'autre chose, une tenue toute militaire. Dont je suis capable de me vêtir seul. Pas de cape. Pas d'épaulières. Juste la maille serrée d'un cavalier, les bottes d'un troupier, Hurlements au côté, dont la caresse du pommeau, infiniment plus familière que celle de Glace, me rassure toujours. La jeune femme rentre dans la pièce. Taille moyenne. Port noble, pas encore royal. Bien faite. Je me demande si c'est bien à elle que je pense pour mon fils. Impossible à savoir. J'entends encore les cris de Ryman. Si jeune. Plus que mon Jon, qui est à six cent kilomètres d'ici à risquer sa vie. Je suis plus froid encore que je ne le pense, quand les mots passent ma bouche. Le Roi du Nord a sa réputation. Ambivalente. Un fêtard et un ivrogne, ou alors le plus froid des glaciers, que même le soleil de Dorne n'a su faire fondre. Je suis ici pour mon fils, je suis ici pour le futur. Je me tiens debout, et lorsqu'elle fait sa révérence, je m'incline à mon tour. A peine. Roi, plus prince et certainement plus galant depuis qu'une Karstark, jadis, conquit et broya la jeune âme que j'étais.



| Je ne demande aucune préparation pour me faire face autre que le courage, ma jeune demoiselle. Je suis ravi de faire votre connaissance. Sa Grâce Sharra Arryn m'a vanté votre beauté et votre intelligence. Quand votre sœur a fait beaucoup pour vous placer aux côtés de mon fils. |


J'avance. Je teste. La contourne. Je suis ici pour être un soldat. Jon sera bientôt Roi, de toute façon. Je suis ici pour la guerre.


| Il me tardait de vous rencontrer, lady Royce. |


Je la contourne tout à fait. Joints mes mains derrière mon dos. Admire la vue. Pense au nombre de morts qu'il faudrait pour le fou à tenter un assaut.


| Je tenais à cette rencontre informelle, dame Ysillia. Parce que j'irais sans détour, et parce que l'étiquette sudienne s'arrange peu de mes manières frontales. Connaissez-vous mon fils ? Que vous a-t-on dit de lui? Que vous a-t-on conté sur sa famille, sur son pays ? |


Ton simple, sérieux. Pas monocorde ; je suis curieux. Mais je ne suis pas là pour m'amuser.





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MessageSujet: Re: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   Lun 11 Juil - 12:41

L'homme qui lui faisait face restait beau, malgré la froideur de son attitude et de ses paroles, malgré le poids des âges et de bien des douleurs qui avaient dû s'abattre sur lui, il restait particulièrement séduisant, bien que clairement pas dans les critères romantiques de la jeune demoiselle. La stature l'écrasait presque et sa révérence achevée Ysilia n'osa pas bouger d'un pouce, de peur de commettre un affront au protocole si particulier qui entraînerait de facto un anéantissement de toutes ses chances de se voir fiancée au prince du Nord. L'échange commença sous des paroles qui tirèrent un sourire à la demoiselle. Car si la timidité pouvait lui être handicapante et parfois paralysante, Ysilia Royce ne manquait pas de courage et de détermination, et cela elle pouvait parfaitement en référer au Roi du Nord et elle estimait que cela devrait lui plaire. Repoussant une mèche folle de sa longue chevelure qui avait décidé de se rebeller la demoiselle tentait tant bien que mal de se détendre face à la légende militaire qui lui faisait face. Elle avança d'un pas, pour rompre un peu avec le formalisme de la situation, car s'il avait souhaitait cette entrevue absolument non officielle c'était certainement pour pouvoir la détailler un peu mieux, tant physiquement que psychologiquement.

« Je suis également plus qu'enchantée de faire votre connaissance. Votre réputation vous précède et je suis quelque peu intimidée je l'avoue d'être en présence d'un tel homme. Cependant si je sais où est ma place je ne manque guère du courage que les nordiens affectionnent, car j'assume aussi bien mes paroles que mes actes mon seigneurs. »

Il énonça les soutiens de la demoiselle, et surtout la grande implication de Lyra Royce dans cette affaire. Le sourire d'Ysilia s'agrandit et une bouffée de fierté comme d'affection s'étendit dans sa poitrine. Sa famille était réellement un pilier pour elle, valeur qu'elle partageait apparemment avec la famille Stark, du moins de ce qu'on avait pu lui enseigner. Étrangement elle se retrouvait dans cette famille si éloignée d'elle, tant géographiquement qu'au niveau du rang social. Ysilia devait énormément à cette famille, car après tout Sharra Arryn, la Reine Régente du Val était sa tante par alliance et avait dû être très persuasive pour faire considérer au roi du Nord ce mariage comme avantageux pour les deux parties. Il ne fallait en effet pas perdre de vue que la demoiselle n'était issue que d'une famille de rang secondaire, et beaucoup diront qu'elle ne mérite en rien un prince héritier. Cependant Ysilia n'avait que faire des rumeurs de couloirs, un seul avis comptait à ses yeux, c'était celui de l'homme qui se dressait devant elle.

« Je ne doute point des merveilleux mots que mes parentes ont dû vous adresser à mon sujet. Je ne suis malheureusement pas assez objective pour les confirmer ou les infirmer. Il ne revient qu'à vous de juger je le crains mon seigneur. Je ne puis qu'espérer vous plaire. »

Ysilia n'est pas demoiselle à se vanter, ou à faire florilège de ses atouts, elle sait parfaitement qu'un oeil habile et expérimenté saura les déceler. Il serait malvenu devant Torrhen de faire preuve d'un excès de zèle ou de confiance en soi. Elle le voyait bien, tournant autour d'elle comme un loup curieux de savoir s'il en fera sa proie ou son égal. Rien ne servirait de courir pour le fuir, autant l'affronter. Ysilia finit alors ses mots avec fermeté mais douceur et amabilité. Elle ne voulait absolument pas vexer le Vieux Loup, mais surtout lui démontrer sa modestie, et son courage à faire face à son regard inquisiteur et à son inspection sans en souffrir le moins du monde. Elle ne tomberait pas dans son piège, elle saurait lui montrer ses capacités oratoires sans avoir besoin de les vanter. Ysilia fut malgré tout surprise lorsque l'homme lui avoua la hâte qu'il avait de la rencontrer. Sa sœur avait-elle donc été si excellente vendeuse que son client ne pouvait plus attendre de jauger lui-même la marchandise. Cela fit craindre à la demoiselle de ne pas être à la hauteur de tous les compliments qui avaient pu être énoncés à son propos. Ce n'était malgré tout pas le moment de s'avancer dans ce genre de réflexion qui ne ferait que faire douter la demoiselle, lui faisant perdre sa confiance en elle et basculer l'entretien dans un échec cuisant de son fait. Chose qu'elle voulait éviter à tout prix.

« Cette hâte m'honore d'autant plus votre Altesse. J'espère que l'attente ne fut pas trop frustrante et que ce que je suis à la hauteur de vos attentes. »

En effet Ysilia osait elle aussi questionner le Vieux Loup. Après tout il s'agissait d'un entretien informel et il n'était pas exclut que la demoiselle puisse elle aussi obtenir quelques réponses à ses interrogations. Ysilia sent la présence de l'homme dans son dos et se raidit légèrement, inquiète de deviner la déception sur son visage ou autre émotion négative. La demoiselle écoute donc en silence le roi lui exposer les raisons de cette entrevue informelle, ce qu'elle comprit parfaitement. D'autant que la guerre était déjà bien engagée entre le Nord et Harren le Noir. La nécessité de former des alliances et de les consolider par des mariages était la plus sûr manière d'obtenir des hommes supplémentaires et ainsi de mettre tout les atouts de son côté afin de gagner les affrontements. Ysilia avait beau être plus que novice dans l'art de la guerre, celui de la politique ne lui était pas étranger et il allait de paire dans de nombreux autres domaines. Les questions commencèrent donc et c'est avec la plus grande franchise que la demoiselle y répondit, calmement, tout en cherchant dans l'attitude de l'homme quelque indice lui signifiant qu'elle marquait des points.

« Je ne connais point votre fils, tout du moins pas personnellement, mais j'ai eu le bonheur de recevoir un courrier de sa main qui a su je dois le dire m'émouvoir et attiser ma curiosité. On me l'a décrit comme un futur grand homme, déjà vaillant combattant et excellent stratège, mais assez réservé et peu enclin aux bavardages inutiles. J'ai pu l'observer de mes yeux au tournoi de Goëville et je dois dire que tout est vrai, même si je ne savais pas alors qu'il pourrait m'être destiné. »

Elle prit une petite pause, le temps de reprendre son souffle et de rassembler ses connaissances, et surtout de réfléchir à ses paroles pour décrire au mieux ce qu'elle connaissait des Stark et de leurs contrées.

« Votre famille, les Stark a toujours régné sur le Nord, vous être l'un des derniers royaumes à vénérer les Anciens Dieux, et à respecter les coutumes des premiers-hommes, ainsi l'homme qui prononce la sentence doit être l'exécutant de celle-ci. Vous nous protégez depuis des millénaires contre les invasions sauvageonnes de par vos liens étroits avec la Garde de Nuit. Votre pays et vos terres peuvent paraître primitives, hostiles et dangereuses, mais elles n'en sont pas moins belles et mystérieuses, emplies de légendes captivantes et forgeant des hommes dignes, des combattants hors pair et fiers, qui ne supportent pas la domination ou d'étrangers sur leurs terres ou leur mode de vie. Vos hommes sont droits et fidèles, peut être trop directs, mais il vaut mieux franchise qu'agréable poison dans la parole. Voilà le résumé de ce que je peux vous dire, car vous connaissez votre propre histoire et il nous faudrait bien plus que quelques heures pour la passer en revue Sire. »
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MessageSujet: Re: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   Mar 12 Juil - 23:16

Les choses allaient encore avancer à toute vitesse. Dans dix ans, dans cent ans, on épluchera à la loupe les événements de ces derniers mois et des prochains, et l'on se dira avec détachement qu'untel aurait dû agir ainsi. Que lui aurait dû agir autrement. Que lui a été rapide, que lui a tergiversé. Tout ce qui est évident aujourd'hui pour ceux qui suivent les événements... C'est qu'au fond, personne n'a la plus petite idée de ce qu'il va se passer. L'avenir est préparé par les parieurs, il s'agit avant tout d'une succession de calculs plus ou moins réfléchis, plus ou moins assumés. Je me rends bien compte que la marge d'erreur grossit avec le temps. D'un autre côté... Il n'y a plus rien à attendre de ce futur si on espère encore s'en tirer sans perdre de plumes. Personne ne s'en sortira les mains propres. Rhaenys l'avait compris. Martell peut être aussi. Durrandon, c'était certain. Comme Hoare. Lannister et Arryn, c'était moins évident. Gardener n'était mû que par l'instinct de survie. Une force terrible... Si elle est utilisée à bon escient. Qu'importe. Je suis ici pour discuter avec ma potentielle future bru. La jeune femme est quelque peu tétanisée mais affronte la situation. Je ne sais encore quoi penser d'elle, c'est trop tôt. Je joue l'avenir de mon fils et celui de ma dynastie, sur ce coup de dés. A moi de savoir si je vais lancer ou si au contraire, garder le poing fermé. Bon point pour la Royce, elle reconnaît ses limites et son anxiété, sans trop en faire. Elle place un compliment en même temps qu'une qualité. Habile. Mais je ne viens pas uniquement pour juger de son verbiage.


| Ne soyez pas intimidée ; ce serait reconnaître une quelconque faiblesse, et si le Nord aime le courage, il déplore chaque lacune. |


Je suis sérieux, je n'ai qu'un rien de politesse dans le fantôme de sourire qui orne mes traits. Je sais ce que je suis venu négocier dans le Val. Je sais ce que je suis prêt à accorder à Sharra Arryn et ce que j'attends d'elle en retour. Toutes nos petites coucheries n'y changeraient rien. En politique, le compromis n'est pas le fruit d'affections ou d'accointances privées. Je ne suis pas ce genre de gouvernant. Je suis le Loup de Winterfell. Et j'ai soif de sang depuis bien trop d'années maintenant, pour me montrer aussi raisonnable qu'un Lion ou un Cerf. La jeunesse a l'air fière du brillant portrait qui lui a été fait par ses aînés. Je me lève à mon tour, vers la petite table qui me sert déjà de bureau, encombré de cartes et de comptes-rendus en train de sécher par le bataillon de copieurs formés par Rorshar à Winterfell depuis tant d'années. Je sers deux coups de ce vin épais et sirupeux des coteaux du Val, une boisson bien différente de celles que j'affectionne d'ordinaire.


| N'espérez pas, ma demoiselle. L'espoir n'est jamais suffisant pour emporter une décision. Il faut plutôt du courage et de la détermination dans ce que l'on veut vraiment. |


Car les Dieux n'exauçaient que ceux qui se battaient, peu importe la forme que prenait le combat. Je savais que la belle allait tout faire pour me plaire. Ce n'est pas tous les jours qu'en tant que sœur cadette d'une grande maisonnée minée par une mauvaise gestion passée, d'après les rumeurs, qu'on obtienne l'espoir d'arriver à une position de pouvoir presque absolu sur le cours des véénements. Je me rapproche d'elle, lui tendant une coupe. Sourire toujours aussi poli peint sur mes traits.


| Cela, très chère, il est encore trop tôt pour le dire. |


On pouvait me taxer de beaucoup de choses, mais certainement pas de mensonge. Je préférais affronter lé vérité bien en face. Cela évitait les désillusions et les malentendus, quitte à me montrer abrupt dans mes propos. Je ne chercherais pas à convaincre qui que ce fut de ma gentillesse et de ma galanterie ; j'étais franc et direct, sans détour. La jeune femme, potentielle future princesse, me répond qu'elle ne connaît pas mon fils. Bien sûr qu'elle avait été émue et excitée quant à la proposition qui avait été faite à sa maison, et surtout à sa propre personne. Je souris un peu plus franchement que précédemment quand elle parlait de mon fils. Intéressant, qu'il ait cette image. Image qui était souvent la mienne.


| Le Prince du Nord est effectivement vaillant, bien qu'on puisse encore le taxer de témérité. Excellente stratège, il est nordien et il est Stark. La pâte est donc bonne. Mais tout comme vous, mon fils a encore tout à prouver. |


Je n'avais pas parlé du reste, car pour le moment, le caractère de mon fils, jeune homme plutôt arrangeant, n'entrerait pas en ligne de compte. Il allait épouser un con et un nom et vice versa, avant d'épouser l'amour. C'était cruel mais néanmoins vrai. Je n'avais pas non plus menti à Jeyne quand je l'avais promise au Prince Lyman... Dont elle s'était finalement bien vite accomodée, trp heureuse sans doute de découvrir un nouveau monde moins pesant que le Winterfell de son enfance. Je haussais un sourcil quand la jeune femme décrivit le Nord comme primitif d'aspect, ou débitant des lieux communs comme notre conception de la justice. J'opinais lentement du chef, buvant une gorgée de vin alors que je faisais signe à la jeune femme de prendre place dans le fauteuil en face du mien. Mon discours se fait plus sérieux, d'un ton égal, mais se rafraîchissant au fur et à mesure...


| Quelle farandole de connaissances, votre mestre serait probablement très fier de vous. Vous l'avez dit, le Nord protège Westeros des sauvageons. La dernière campagne contre eux m'a coûté dix mille morts. Dix mille. Plus que tout ce que votre Roi a perdu dans sa guerre contre l'Orage voici quelques années. J'ai perdu une ville majeure, des dizaines de villages et de bourgs. A l'ouest, les côtes sont sans cesse assaillies de pillards, de tueurs et de violeurs venus des îles de Fer. Je ne viens pas vous promettre une vie facile, lady Royce. Nul faste, peu de richesses, un confort spartiate à côté d'ici. Les Stark défendent le Nord, s'usent et saignent depuis des milliers d'années alors qu'au sud du Neck règnent l'opulence et la prospérité, même en temps de guerre. Dites moi seulement, Lady Royce... Ce qui vous donne l'impression que vous êtes digne, d'épouser mon fils et de perpétuer cette lignée de guerriers? |


Test, bien sûr. Je l'avais amenée là où je voulais. La suite ne dépendait que d'elle.






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MessageSujet: Re: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   Mer 13 Juil - 23:52

La pleine journée s'étalait au dehors, mais malgré les rayons du soleil la température restait relativement fraîche et humide. L'altitude ne permettait que des extrémités dans le climat et n'offrait jamais la quiétude d'une douce chaleur comme cela pouvait se voir dans les plaines. Pendant quelques secondes Ysilia essaya de se figurer les variations climatiques du Nord. Certes elles ne devaient pas beaucoup différer de celles du Val dans ses pires moments, la demoiselle se persuadait ainsi qu'elle serait capable de survivre à ce temps présent en permanence. Il est vrai que la neige et le froid pouvaient avoir leurs bons côtés et leurs activités spécifiques, mais les pointes de soleil que pouvaient connaître le Val permettait réellement de conserver un bon moral. Cependant les nordiens avaient certainement appris à s'y faire, et ne connaissaient certainement pour la plupart que cela, Ysilia devrait s'en contenter et tenter d'apprivoiser tant ce peuple que toutes les particularités de son territoire. La demoiselle sort vite de ce genre de considérations qui n'ont pour le moment rien à faire dans cet entretien et se concentre de nouveau sur le souverain qui lui répond de ne point être intimidée. C'est chose aisée à dire pour cet homme dont rien ne semble pouvoir l'effrayer. Néanmoins à ses mots Ysilia tient à lui montrer son tempérament courageux et tenace et se redresse quelque peu, faisant montre d'une plus grande assurance, car elle sait bien qu'il ne dit pas cela que pour son bien. Le royaume du Nord ne pourrait souffrir d'une future souveraine timorée et par trop en manque de confiance en elle. Il lui fallait donc changer au plus vite ce trait de caractère, non seulement pour plaire au Roi Loup mais aussi pour se montrer digne de ce titre qu'elle obtiendrait peut être.

« Vous avez raison Sire, nous avons tous nos faiblesses, mais le véritable courage est de les dépasser en sachant en faire nos plus grandes forces. »

Enfin elle ose regarder l'homme dans les yeux et se confronter à ce regard puissant et écrasant est quelque chose de nouveau pour cette demoiselle bien élevée. Cependant l'échange ne dure pas bien longtemps puisqu'il se déplace pour aller chercher un peu de vin sur une table croulant de cartes et autres papiers. Ysilia est curieuse de tous ces plans et des secrets qu'ils peuvent receler, pourtant si elle suit Torrhen du regard elle ne s'attarde pas sur eux. La curiosité peut être une très bonne amie, ou alors une tare terrible apportant moult malheurs. C'est quelque peu surprise qu'elle prend en silence le verre que son interlocuteur lui tend, tout en lui affirmant qu'il ne sert à rien d'espérer. Ysilia n'est pas de son avis, mais avant de le lui dire elle marque une petite hésitation devant le breuvage. D'ordinaire il ne lui était pas permis de s'en rassasier et elle avait vu assez vite les ravages que ce genre de boisson pouvait avoir pour en être quelque peu rebutée. L'alcool changeait les hommes et les femmes en des êtres stupides, incontrôlables et désinhibés. Si cela était bien pratique pour combattre la peur lors de la veille de batailles ardues, il n'était aucunement utile dans cet entretien. Malheureusement Ysilia n'eut aucune échappatoire cette fois et dû affronter cette nouvelle expérience, car le roi s'offusquerait sûrement qu'elle refuse quoique ce fut de sa part. Poliment elle attendit qu'il prenne une gorgée pour en faire de même.

« Si l'espoir est aussi impuissant que vous le déclamez ni les Anciens Dieux, ni les nouveaux ne servent à l'humanité. C'est une force puissante, qui peut très bien se révéler redoutable si on sait l'utiliser. La foi tout comme l'espoir ont parfois fait penché la balance dans la prise de décision mon Seigneur. Dans toute entreprise il y a une part que l'on ne saurait contrôler, malgré tout le courage et la détermination. Entre ici l'espoir, et je me sais suffisamment pourvu des autres pour ne solliciter que le dernier ingrédient qui fait la réussite Sire. »

Un petit sourire accompagnait ce trait d'esprit de la jeune femme, elle n'avait après tout pas tord. Dans l'histoire, des guerres, des révolutions et même des cœurs avaient pu voir le jour par le seul espoir fou d'une personne. Ysilia n'ajoutait plus rien, se contentant d'écouter attentivement le souverain, tout en prenant place sur le siège qu'il lui indiquait. Calme et réfléchie la demoiselle eut tout de même un petit rire lorsque Torrhen évoqua son fils en des termes si sincères. Certes la demoiselle s'était suffisamment laissé aller dans ses rêveries du prince charmant, il était à présent temps pour elle de redescendre sur les terres cruelles de Westeros où il est plus que rare que le grand amour gouverne dans les mariages royaux. Le roi n'est pas dupe non plus et la demoiselle se demande brièvement si ce n'est pas l'expérience qui l'a rendu si pragmatique ou si cela était toujours l'apanage des hommes d'être insensibles au romantisme. L'amour était un piège de femme, la passion un jeu pour les hommes et un poison pour tout cœur trop fragile et non préparé. Certes Ysilia a une vision réaliste de son futur époux, tout comme du royaume que le dirigeant lui a demandé de décrire. Malgré cela elle se doute et sait que ce n'est pas cela qu'attends cet homme bien trop empressé pour jouer avec les mots. C'est alors que le sujet tant attendu tombe enfin. Il pose clairement les termes de ses exigences et c'est à la prétendante d'abattre son jeu par une réponse qui saura le satisfaire.

« Votre sacrifice est inestimable, et ne se compte pas seulement sur la brève période du début de cette guerre. Je ne sais ce que l'on vous a promis, mais je sais ce que je vaux. Je vous livrerais donc mes arguments, sans fioritures ni embellissement au grand dam de mon éducation sudienne. Un peuple de sacrifié comme le votre doit pouvoir bien plus compter sur les épouses restant en arrière que les autres. Vous ne pouvez vous permettre de n'avoir qu'une bru agréable à regarder et suffisamment intelligente pour se taire en société. La plupart des demoiselles étant du rang de votre fils ont appris à n'être qu'un symbole, une incarnation d'un trophée de beauté pour glorifier l'égo masculin. De mon côté, de par l'incompétence flagrante et navrante de mon père, et les soins attentifs de ma sœur, j'ai appris la logistique et l'intendance. J'ai des notions d'économie et de diplomatie, je l'ai d'ailleurs parfois secondée au premier plan pour faire renaître des cendres une maison à l'agonie. La guerre est l'alliage dans lequel les hommes du Nord se forgent, mais si elle ne peut attendre, un royaume ne peut se diriger sur un champ de bataille. De plus, je suis dotée de patience, de calme et de douceur. Des qualités indispensables pour je pense soigner et soulager les douleurs psychologiques que le commandement en campagne exige. Je ne me fais guère d'illusions, ce mariage ne sera pas celui de l'amour triomphant mais un partenariat pour la prospérité de votre royaume. Mes valeurs principales sont la famille et l'honneur. Et je dirais qu'une souveraine doit être la mère bienveillante de ses sujets et l'épouse aimante qui saura trouver un moyen de soulager son époux éprouvé. »
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MessageSujet: Re: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   Ven 22 Juil - 11:29

Quand on est Roi, on apprend à ménager ses aspirations, à les mâtiner de principes mais surtout, de la froide puissance de la nécessité. Je n'avais jamais vraiment su comment faire pour allier tous les outils à ma disposition sans jamais avoir le sentiment d'exploser. J'avais appris auprès du meilleur, pourtant. Mais mon père était bien trop limité par ses principes, nés d'une autre époque, d'un moment de notre histoire qui nous engonçait dans des travers qui, si on les laissait prévaloir, pouvaient très bien provoquer à terme notre perte. J'avais dû changer, aussi vite que Westeros changeait autour de nous. J'avais bien eu conscience, forcément, que plus rien ne serait jamais comme avant à partir du moment où Harren le Noir avait attaqué le Nord, puis le Val. Un souverain de Westeros cherchait à faire plier tous les autres. Rien de nouveau en soi, si ce n'était qu'il était le premier, sans doute, à être parfaitement capable d'y arriver par ses seuls moyens. C'était assez inquiétant. Quand j'avais compris qu'il pouvait réussir, je n'avais eu de cesse de préparer dans l'ombre mon Royaume à la grande guerre, la seule qui comptera aux yeux des générations à venir. Celle qui allait forger, par la force des choses, au destin de tous. Je souris aux belles paroles de celle qui, un jour, pourrait peut-être devenir princesse puis Reine du Nord.


| Il y a des faiblesses qui, malgré tout, ne se transformeront jamais en forces. |


La jeune femme lutte contre sa timidité et surtout, sur l'intimidation que je provoque en elle. Je suis habitué d'avoir ce genre d'influence ; on imagine souvent le Roi du Nord ou comme un sauvage, adepte de la ripaille et de la vie la plus simple qui soit, martiale et relativement hédoniste. Ou alors, comme un homme, qui défendant des principes honorables, ne peut qu'être abordable en retour. Ma présence de glace en refroidit plus d'un, dans les faits. Elle aussi, l'aura connu. Je bois ma coupe de vin, m'en ressers une. Cette boisson n'est pas mauvaise, mais j'ai envie d'une bonne bière brune, lourde, dans laquelle on pourrait presque trouver son compte pour manger également. Je souris aux paroles de la jeune femme à propos de l'espoir.


| Ne confondez pas les dieux du Nord avec vos divinités sudiennes. Ils ne nous apportent pas l'espoir. Ils nous apportent la force, ainsi que la rédemption par la bravoure. Ils nous jugent, ils nous suivent. Mais c'est bien à nous de prouver notre valeur, de prouver que nous sommes dignes de leur intérêt. Les Dieux ne créent pas l'espoir. Ils l'entretiennent. |


Je prends donc le problème de cette union le plus frontalement possible, étant incapable d'emprunter un quelconque chemin détourné, pour lequel je n'aurais que bien peu d'intérêt. Je ne veux pas me perdre ni en arguments ni en explications. C'est au Val de convaincre le Nord. Si Sharra avait accepté ma proposition initiale, j'aurais signé le contrat de mariage les yeux fermés. Ce n'était pas le cas, et les gains attendus n'étaient pas les mêmes pour le Val ou pour le Nord. Elle continue de me flatter, de me brosser dans le sens du poil. Elle comprend bien sûr les enjeux de la position d'une dame de Winterfell. Les dames du Nord n'ont jamais eu directement des places de leader politique ou militaire, sauf en de rares exceptions ou cas de force majeures. Cela ne veut pas dire que leur rôle est secondaire ou négligeable. Je pars d'un petit rire quand elle me parle de « soulager un époux éprouvé ».


| Vous marquez le point, jeune dame. Je n'attends en effet pas que la future femme de mon fils ne soit qu'un objet plaisant au regard, bien que vous le soyez sans aucun doute. Je vais vous dire de façon très brutale ce que j'attends de ma future bru. J'attends qu'elle soit aussi féconde que gironde. Car le Nord a sans arrêt besoin de fils, la guerre engloutissant les princes comme la roture. Comme vous le dites, ce mariage ne sera pas celui d'un amour absolu. En tous cas, pas dans un premier temps. Je me suis lancé avec mes fils dans une guerre qui peut durer très longtemps. Il vous faudra alors endurer deux choses. La première, sera la rude vie nordienne. Organisation des communautés, préparation de l'intendance du royaume et des armées, politique féodale. La seconde, sera la vie conjugale. Il vous faudra accepter, si les événements l'exigent, de n'être que montée à l'occasion par un mari qui ne pourra être fort présent, qui aura l'esprit encore sur le précédent champ de bataille, ou déjà focalisé sur le prochain. Je ne noircis pas le tableau. Mon fils est un jeune homme bon, plein de fougue et de courage. La guerre à venir sera terrible pour tout le monde, y compris pour lui. Le fait qu'il soit prince du Nord ne l'épargnera absolument pas. Peut-être que les événements vous laisseraient être ensemble, décider de concert, fonder une famille en étant tous deux sans arrêt présents. Mais peut être que ce ne sera pas le cas, jamais. |


Je ne lui parlerais pas tout de suite de mon propre mariage. Je voulais d'abord voir ce que cela lui évoquait. J'avais été brutal, mais sincère. Mon fils avait d'abord besoin d'une matrice pour engendrer une descendance qui nous assurerait des appuis et des alliés. Mais je savais qu'il avait une certaine capacité à s'attacher... A une seule femme, je n'en savais rien. Mais il les aimait déjà.





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MessageSujet: Re: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   Lun 5 Sep - 12:34

Ysilia n'arrivait pas à jauger son interlocuteur, certes elle n'avait jamais pu se vanter d'exceller dans cet exercice, mais d'ordinaire elle réussissait à savoir si elle entrait plus ou moins dans les bonnes grâces de la personne lui faisant face. Malheureusement Torrhen Stark, grand guerrier semblait également exceller dans l'art de dissimuler ses émotions et ses pensées. Son esprit impénétrable ne laissait aucune ombre sur son visage et ainsi la jeune demoiselle restait dans un mystère le plus total. En conversant avec le souverain Ysilia comprit de plus en plus l'écart qui pouvait exister entre leurs deux peuples, elle aurait voulu en connaître d'avantage pour pouvoir pallier ses lacunes et surtout pour pouvoir plaire bien plus au souverain en se conformant à ses attentes. Cependant la jeune femme ne voulait pas poursuivre plus avant un débat stérile et inutile aux vues des derniers évènements. De plus elle ne voulait pas paraître têtue ou effrontée en soutenant son point de vue en dehors de toute raison. Il était certes intelligent de montrer son désaccord ou sa capacité d'élocution par une argumentation opposée. Mais Ysilia devait reconnaître que le Roi du Nord n'avait en rien tords, et qu'il lui faudrait totalement effacer sa timidité pour pouvoir être à la hauteur du rang qu'on attendait d'elle.

« Je ne peux donner tords à votre Majesté en effet. Je saurais donc me débarrasser de ces faiblesses. »

Pour le reste, Ysilia ne répondit point, elle n'était certes pas du même avis que Torrhen mais se gardait bien de le lui signifier plus avant. Elle ne fit que hocher la tête respectueusement avec un sourire de compréhension. Si c'était ce qu'il voulait, elle ferait ses preuves, encore plus par les actes que par de simples mots et discours stériles. Malheureusement il devrait attendre de la voir en action pour pouvoir réellement jauger des capacités de la valoise. Malgré tout Ysilia n'avait aucun doute sur ses dons dans les matières qui intéresseraient certainement Torrhen Stark, car la gestion d'un foyer et d'un domaine son des talents indispensables à posséder pour pouvoir faire survivre une maison aussi prestigieuse que celle des Stark dans un climat aussi rude. Elle comprenait bien entendu la position mal aisée du souverain, contraint de croire sur parole des promesses de bru modèle, mais Ysilia saurait le convaincre qu'elle représentait le meilleur choix possible.

La demoiselle fut quelque peu déstabilisée lorsque son interlocuteur, à la fin du discours qui devait mettre en exergue toutes les qualités qui ne manqueraient pas de plaire au souverain, celui-ci eut un petit rire. Ysilia ne sait si c'est une expression de moquerie ou au contraire une sorte de contentement. Toujours est il que cela ne plut pas du tout à la gente dame qui perdit un peu de confiance en elle. Elle avait cru l'impression mais ce ne fut guère le cas. Au contraire l'homme se fit alors plus grave. Sans fioriture aucune il lui expliqua alors la dure réalité de ce que serait ce mariage. Ysilia n'en fut pas étonnée car elle avait deviné la plupart des éléments que le souverain lui exposa, mais elle fut tout de même saisie de la rudesse avec laquelle la chose lui était mise devant les yeux. Certes ce ne serait pas chose aisée, ni même plaisante, mais Ysilia avait un sens du devoir sans faille. Elle s'était préparée à n'être vue que comme une matrice potentielle, ce n'était guère un problème, mais la perspective de pouvoir être bien plus suffisait à compenser quelque peu les autres désagréments de cette situation. Néanmoins quelque chose au fond d'elle-même lui intimait de fuir, de provoquer un grave affront qui mettrait fin à cette union décidément bien malheureuse pour elle, bien qu'extrêmement profitable à son pays. Prenant malgré tout appuis sur les conseils donnés par le souverain quelques temps plus tôt Ysilia se redressa alors face à l'homme et soutint son regard avec une dévotion peu commune.

« Sire, ce n'est certainement pas à votre personne que j'apprendrais que l'exécution de son devoir est rarement chose plaisante et aisée. Si elle apporte un peu de réconfort et de bonheur, alors c'est presque déjà un miracle en soit. Je me suis renseignée, documentée et préparée. J'ai considéré toutes les possibilités, et je pense être en effet une option très appréciable pour votre fils. Ma sœur a déjà mis au monde un héritier mâle, ce qui prouve que mon sang peut parfaitement permettre la même chose. Je m'attendais à n'être qu'une matrice, et c'est d'ailleurs une grande partie du rôle auquel on m'a préparé. Tout comme d'ailleurs la tenue d'un foyer, et comme je vous l'ai dit celle d'une maison. Je saurais faire prospérer et perdurer votre maison. Votre climat ne m'effraie point, pas plus que la perspective de solitude dans ma tâche, en cela au moins je pourrais vous prouver au-delà de toute parole stérile à quel point mon discours était vrai. Ma sœur a su faire renaître de ses cendres notre maison, faisant même de notre cité un lieu d'importance incontestable. Elle m'a enseigné ses talents, alors je pense qu'il me sera parfaitement possible de gérer l'intendance de votre royaume, de le maintenir dans sa prospérité et de m'occuper des situations de crises inévitables. Vous avez besoin à l'arrière d'une personne efficace et digne de confiance, aux qualités indiscutables et dévouée. Pour ce qui est de mon futur époux, je goûterais chaque instant en sa compagnie avec bonheur, et me languirais de ses absences. Mais je saurais vivre notre couple dans la configuration qui sera celle que notre époque voudra bien me donner. »
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MessageSujet: Re: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   Mer 7 Sep - 20:04

[HJ je conclue vu que le nanar date un peu, pour nous libérer tous les deux vu que la chrono a pas mal avancé]


Je préférais mettre tout de suite les points sur les I de la jeune femme. Non pas qu'elle me soit antipathique, pas plus qu'elle ne se soit montrée désagréable ou que sais-je encore. Mais j'étais honnête. Peut-être pour une large partie parce que j'avais moi-même subi les affres d'un mariage empli de déconvenues, de déceptions. Surtout pour ma propre femme d'ailleurs, qui avait estimé vouloir vivre un autre type d'existence. Je ne lui jetais pas la pierre ; il y avait des choses qui nous tombaient toujours dessus sans crier gare. Je voulais la tester pour voir de quel bois elle était faite ; on ne pouvait me reprocher en tous cas, en tant que père et Roi, de vouloir m'assurer de la validité d'un mariage qui pouvait représenter tout le futur de mon fils aîné, voire de toute ma lignée. Je savais bien que je pouvais paraître discourtois, mais peu m'importait. Ce qui comptait avant tout, c'était de pouvoir tester les limites d'une dame qui pouvait devenir Reine du Nord dans un futur plus ou moins proche. La jeune femme me garantit pouvoir transcender ses faiblesses. Jusque là, je ne pouvais que la croire, et accepter ce qu'elle me disait pour ce que c'était ; une simple promesse.


Je notais aussi que ses silences, peut être plus que ses paroles, étaient éloquents. Je ne comptais pas la forcer à me répondre, à me donner des informations, des indications, si elle ne le désirait pas. Je note toutefois, qu'elle ne semble sciemment pas vouloir me brusquer ; je note une déférence dans son regard comme dans son attitude, qui en disent long sur les sentiments que je lui inspire. Tant mieux. La jeune femme lâche quelques lieux communs sur le sens du devoir, des mots qui, elle le sait, peuvent faire mouche chez un monstre de devoir comme un souverain. Je lui offre un sourire ténu.



| Vous êtes décidément parfaite, ma jeune dame. J'ai ouï dire de la réussite de votre famille, qui est en effet impressionnante. Elle a su se placer admirablement bien auprès du Roi, à ce que l'on dit. Et votre courage personnel, tout comme vos principes, vous honorent. Vous m'avez donné matière à réfléchir et je vous en remercie, ma dame. |


Je me lève, signifiant la prise de congé.


| Je vous remercie pour votre temps et pour cette discussion. Je vais devoir vous laisser et rejoindre le conseil du Roi, afin d'y échanger avec votre souverain. Je vous dis à bientôt sans doute, Dame Royce. |


Je déposais un baise-main sur sa main, avant de sortir.







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MessageSujet: Re: L'avenir a un goût de risque à prendre pour être fructueux [Tour III - Terminé]   

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