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Argella Durrandon ∾ Notre est la fureur
MessageSujet: Argella Durrandon ∾ Notre est la fureur   Jeu 28 Avr - 0:04


An 0, Mois 7, Semaine 1.


Ils sont tous là. Certains ont l'air prêt à en découdre, d'autres, les plus jeunes, sont d'avantage terrifié. Elle n'en mène pas large non plus. Le coup d'épée qu'elle a reçu la fait terriblement souffrir, sa respiration est saccadée pendant qu'elle s'approche de la foule réunie. Pas seulement des soldats, des habitants, les femmes et leurs plus jeunes enfants, ou encore les vieillards. Tous l'observent, dans l'expectative de ce qui va leur arriver désormais. Piégés dans leur forteresse, suite à une défaite.

Ils étaient trop nombreux, eux pas assez. Ils ont décimé ses renforts, fait prisonniers d'autres, il est de son devoir de les libérer, mais elle ne commettra pas la même erreur. Ils n'étaient pas préparés, fallait-il pour autant abandonner ses renforts ? Non, elle ne l'aurait jamais permis, elle serait une bien piètre princesse sinon. Indigne de monter, le moment venu, sur le trône qui lui reviendra.

Mais elle a échoué à protéger son royaume en laissant Hoare les envahir, combien de femmes découvriront qu'elles ont perdu, pères, frères, époux ou encore fils ? Ceci aurait pu être évité, si elle s'était méfiée un temps soit peu du Bief. Elle a considéré l'amitié entre sa mère et la Reine du Bief comme acquis, père aussi probablement, une erreur qu'ils répareront bien assez tôt. Comme ces maudits traîtres qui ont tendu une embuscade à son père, ils le paieront amèrement. Pourvu que sa mère ne rentre pas, pourvu qu'elle trouve un royaume dans lequel elle sera en sécurité le temps qu'ils abattent Hoare.

Elle ne peut guère s’apitoyer sur le sort de l'orage, sur sa défaite ou encore ses blessures physiques. Tout ça c'est dores et déjà transformé en fureur. !

« Nous avons été pris au dépourvu, pendant que votre Roi mène la bataille contre Harren Hoare dans la Baie de la Néra, son fils, le Prince Hoare a profité de notre territoire sans défense. Il a contracté une alliance avec le Bief, et envahi et pillé notre royaume. Il nous assiège désormais, il a gagné une bataille, il n'a pas gagné la guerre. Tant qu'Accalmie sera debout, nous nous battrons pour nos terres, nos familles, notre Roi. Pour l'Orage !

Le conflans était à nous, avant qu'Harwyn Chenu, des îles de fer, s'en empare, allons-nous aussi leur laisser Accalmie ? Accalmie n'a jamais été prise, pas même par les Andals au bout de 7 sièges et assauts. Le Prince n'est guère plus qu'un homme, tandis que notre forteresse n'est jamais tombée face aux tempêtes, je vous le répète, allons-nous laisser ce maudit Prince s'en emparer sans en subir les conséquences ? »


Elle est satisfaite, lorsque les acclamations vont tous en son sens. C'est déjà ça, tant que les hommes ne souhaitent pas laisser tomber leur forteresse, il y a des chances d'abattre l'ennemi. C'est à elle de s'assurer qu'ils ne perdent pas cette hargne, plus longtemps ils seront enfermés et plus elle enflera.

« L'orage est à nous, votre Roi Argillac et nos ancêtres se sont battus pour nous, nous ne sommes jamais tombés entre les mains ennemies sans combattre. Vos pères ! Vos oncles ! Vos frères ! Défendent en ce moment même les terres qui nous reviennent, prouvons leur qu'ils ne se battent pas pour rien ! C'est à nous qu'il revient, aujourd'hui, de défendre nos terres. C'est une lourde responsabilité, la victoire ne se fera pas sans sacrifice de notre part. Ils ont sacrifié pour nous, nous devons sacrifier à notre tour. Nous allons nous battre pour vos femmes, vos plus jeunes enfants, vos futures femmes, vos futurs enfants. L'orage combattra pour l'avenir de ceux que nous laissons derrière nous, ils n'auront pas nos terres et nous reprendrons ce qui nous revient de droit ! »

Nouvelles acclamations. ''vous devez vous ménager princesse.'' lui rappel le mestre qui vient de la soigner, elle lève la main pour le faire taire. « Ça viendra. Occupez-vous des autres blessés. » Elle aura tout le temps de se ménager pendant qu'elle préparera le plan d'attaque, encore faut-il trouver le moyen de contacter le reste de ses troupes. Il semblerait que les Dieux aient placé sur son chemin un ennemi bien plus intelligent et redoutable qu'elle ne l'estimait. Est-ce que ça l'effraie ? Point du tout, elle ne serait pas à cette place si elle s'effrayait d'un rien. Pour autant, elle se promet de ne plus le sous-estimer.

« Certains parmi vous sont jeunes, d'autres n'ont plus la vigueur de leur jeunesse, certains parmi vous ont l'expérience, en grande majorité, vous n'en avez aucune, profitez de l'expérience et de l'entraînement des plus aguerris. Profitez de ce répit, travaillez d'arrache-pied à vous améliorer. Le moment venu, nous ferons regretter à ce Prince de nous avoir assiégé et pillé nos terres. »

Il regrettera d'avoir posé le pied sur les terres de l'Orage.

« Ce soir et les soirs à venir, je partagerais vos repas. Nous affrontons la même épreuve, le temps de ces dîners, je ne serais pas votre Princesse, je serais votre obligée. »

Elle veut les connaître, elle veut savoir qui elle envoie sur le front et ils la connaîtront en retour. D'un signe de tête, la princesse en termine avec son discours et s'en retourne à l'intérieur. Épuisée, physiquement et émotionnellement. Le contre coup d'une bataille, la partie qu'elle déteste le plus. C'est d'autant plus difficile que l'ennemi doit se gausser d'eux de l'autre côté des murs d'Accalmie.




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MessageSujet: Re: Argella Durrandon ∾ Notre est la fureur   Dim 21 Mai - 15:17



Au peuple des terres de l’Orage

Nous vivons des moments difficiles, la guerre ne pardonne pas, ni nos gens, ni nos terres, ni nos ressources, elle nous mène à devoir prendre des décisions difficiles. C’est pourquoi, moi, Argella Durrandon, Reine des terres de l’Orage, j’ai choisi de me fédérer à l’Empire Braeneryon naissant. J’ai fait le choix de voir mon royaume vivre en paix, sur des terres prospères. J’ai l’espoir que cette guerre sera la dernière, que nos hommes combattent avec bravoure, pour nous, pour la dernière fois.

J’ai placé ma confiance en l’Empire, ils ont confié la leur en nous. Portons nous garants et fiers de mener ce combat. Pour la paix, pour Westeros uni contre l’adversité et non plus dissocier par nos luttes séculaires. Mettons nos différends de côté pour un avenir glorieux et prospère.

La Foi est notre religion, nous la respectons depuis l’arrivée des Andals et rien, ni personne, ne pourra s’y mettre de travers, je m’en porte garant, j’élèverais mes futurs enfants avec cette même garantie. La Sainte Croisade est en marche, la Foi accuse nos voisins du Nord et du Sud d’hérétiques, nonobstant l’aide qu’ils nous ont apporté. Dorne est venu à notre secours, malgré nos années de différends, avant même que notre alliance ne soit effective.

La religion n’est pas une guerre que je souhaite mener, je vous demande humblement de rester uni avec moi. Ayez foi en moi, en mes futurs enfants, foi en l’Empire. Prônons la tolérance, cette même tolérance que l’Empire respectera, nous pouvons tous cohabiter avec nos croyances différentes. J’en suis convaincue.

Argella Durrandon,
Reine des terres de l’Orage,
Reine fédérée de l’Empire.

Épouse de Roward Martell,
Prince Consort des terres de l’Orage et Prince de Dorne.


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MessageSujet: Re: Argella Durrandon ∾ Notre est la fureur   Mar 5 Sep - 20:42

Bois du Roi. An 0, Mois 12, Semaine 4.




La jeune femme pose le regard sur ce qu’il reste des actes du Boucher. Les corps ont été enterrés depuis longtemps, quant au reste, tout est là. Ici et là, partout, des milliers de piquets, vestiges de prisonniers purement et simplement exécutés. Elle observe un homme de sa garde, dans la quarantaine, errer sur les vestiges avec une expression démuni et chagriné, probablement en train de se demander où a été exécuté son fils, un autre y a perdu son frère.

“Argella.” Murmure-t-on dans son dos. Elle reconnaît la voix, mais ne se retourne pas. Si ses gardes l’ont laissé passer, c’est qu’il ne représente pas de menace, voilà des semaines qu’ils ont cessé de l’interpeller chaque fois que le prince déchu tente de l’approcher. Il fait partie des hommes en qui la Reine accorde une confiance totale, elle ne craint pas que Kevan lui plante un couteau dans le dos. Ce dernier garde le silence, respecte son voeu de silence, patiente jusqu’à ce qu’elle rompe le silence.

La Reine a bien du mal à retenir ses émotions, sa souffrance, sa haine. Ici, est mort son père. Tout cela, elle veut le regarder en face, le graver dans sa mémoire, ne jamais oublier pourquoi elle se bat. Venger son père, venger tous ses orageois, ses hommes, ses pères, frères, fils. De ses femmes faites veuves, ou pleurant leurs fils, ou encore victimes non-consentantes de l’ennemi et porteuses de leurs bâtards. Ou de ses enfants, devenus orphelins.

“Est-ce qu’il te manque ?” S’enquit-elle.  Cette relation qu’elle partage avec Kevan est aussi intense que particulière, parfois, il suffit de quelques mots pour qu’ils comprennent où veut en venir l’autre. L’homme s’avance d’un pas, se place sur un pied d’égalité d’Argella. Il a respecté son silence et son recueillement, mais il ne manque pas de savoir s’imposer quand il le veut. Malgré la trahison de son peuple, il reste le Roi légitime du Bief, et il sera Roi le moment venu. “Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à lui.” Répond-il en faisant mention de son frère. “A elle, aussi, parfois.” A Tricia ?

“Pourquoi ?” Pour quelle raison s’intéresse-t-il à sa belle-soeur ? “Elle est veuve...” Sa voix est… Indescriptible, elle tourne son regard vers lui à la recherche de ce qui lui fera comprendre le sens de ses mots. Il lui jette un regard lourd de sens. Tout est dans le veuvage et que ne donnerait-il pas pour qu’elle soit elle-même veuve ? Ou simplement toujours célibataire. Que Roward disparaisse tout simplement. La situation est des plus complexe pour lui, perdre un frère, et à la fois désirer que la femme qui a donné l’ordre de sa capture qui a mené à sa mort, devienne veuve. Comme sa belle-soeur. Elle détourne les yeux de ceux douloureux de son amant.

La guerre est laide, Argella a toujours baigné dedans, de par les faits d’armes héroïques de ses ancêtres, comme de son père. Mais depuis qu’elle y fait face depuis quelques mois, force est de constater que la guerre ne l’embellit pas, bien au contraire. Les décisions qu’elle prend l’affligent, et malgré tout, elle continue de se battre pour faire entendre sa voix parmi ses conseillers les plus retors à voir une femme sur le trône.

“Si les choses venaient à devenir… Différente. M’épouseras-tu ?” La jeune femme fige son regard sur un piquet au lointain. Elle se mentirait si elle n’espérait pas cette demande depuis qu’ils ont abordés certains sujets officiels avec Rhaenys, pour autant, elle ne s’est pas vraiment interrogée sur ce qu’elle répondrait. Argella ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, si elle désire ardemment certaines choses et s’en emparent, d’autres points réclament davantage de réflexion et de patience. Kevan choisit ce lieu pour lui faire une demande ? Ce lieu qui a vu tant d’hommes mourir. Ce maudit endroit qu’elle considère comme la tombe de son père, même si le corps de ce dernier repose dans une sépulture digne de ce nom à Accalmie, en compagnie de tous leurs ancêtres. C’est ici qu’il y a vécu ses derniers instants.

Puisqu’elle a tué son frère, ça doit lui sembler juste de faire sa demande à un tel endroit. Kevan est ainsi, aussi rigide que tendre, quand il souhaite quelque chose, il n’y va pas par 4 chemins. “T’ais-je déjà laissé entendre l’inverse ? Ne t’ais-je pas déjà offert ma main et mon royaume par le passé ? Ne t’ais-je pas promis ma fidélité en dehors de mon mariage ?” Répond-elle, pas vraiment fâchée, mais mauvaise. Leur relation ne cesse de se compliquer, et malgré tout, ils s’aiment comme au premier jour.

Elle dévie son regard pour voir les poings de son amant se crisper, jusqu’à former des poings, ses lèvres ne sont qu’une ligne de contrariété. “Tu m’as dit que tu étais Reine, seule décisionnaire, pourtant, tu l’as épousé lui.” Gronde-t-il, amer, colérique. Encore cette énième accusation. Il y a de nombreuses choses que Kevan n’encaissent pas, ou mal, elle ne peut lui enlever ça, elle ne peut les réparer non plus.

Là, devant elle, la jeune femme revoit le pâle reflet de son père. Elle ne peut le quitter des yeux, consciente qu’il est le fruit de son imagination, un souvenir qu’elle ne veut pas voir s’effacer. Grand, fier, arrogant, il regarde sa fille avec de la fierté mêlé de tristesse dans les yeux. Du moins, c’est ce qu’elle veut voir. Que penserait-il de son allégeance à l’Empire ? Penserait-il qu’il s’agissait de la meilleure décision à prendre pour leur royaume ? Ou au contraire, de la pire, celle qui verra Accalmie tomber ?

Elle aime à croire que c’est la meilleure. Qu’il s’agit du dernier combat, qu’ils vaincront, pour la paix et la prospérité des générations à venir. Auquel cas, les regards du dragon et du loup se seraient porter sur son royaume dès qu’ils auraient vaincu le Noir, une guerre aurait succédé à une autre. L’Orage n’aurait pas survécu à une guerre face au Bief, puis face à ce qui est devenu l’Empire. Tant d’hommes tombés pour un combat perdu d’avance. L’identité des orageois repose sur la certitude d’être forts, de fiers combattants aguerris, des hommes plus courageux que quiconque. S’ils tombent, ces hommes ne s’en relèveraient pas, la honte les assailliraient.

Argella ne leur imposera pas cela. Il faut savoir faire des sacrifices pour le bien des autres, prendre la décision au nom des autres. Quand bien même ils pensent comme elle, avec la fierté et la combativité qui les caractérisent, tous ont la crainte de finir par ployer le genou face à un ennemi de plus en plus puissant. Dans ces conditions, elle a fait le choix de porter le blâme, porter le poids d’une décision qui les sauvera tous, qui ne leur fera pas ressentir la honte de s’être battu pour perdre.

Elle leur donne l’excuse idéale, elle en porte la responsabilité. La plupart pensent qu’elle est lâche, mais un jour, ils comprendront qu’elle ne pouvait être plus courageuse qu’en cet instant.

“Kevan, tu vas me laisser parler sans m’interrompre... Je venais seulement d’être couronnée, je comprenais à peine les responsabilités qui me tombaient dessus, la guerre était à ma frontière, j’étais menacée par le Conflans et par le Bief et alors que tu aurais pu convaincre ton frère que nous pouvions devenir des alliés au lieu d’ennemis, au lieu de le convaincre de ne pas s’allier aux mauvaises personnes, tu as accepté d’épouser cette Princesse des îles, une ennemie. Je n’ai pas accepté d’épouser le Prince Roward, ce n’est pas le Bief qui est venu à notre secours, c’est Dorne. Je t’ai lancé l’appel de la dernière chance, tu as été trahi et tu as disparu. Je t’ai cru mort, mais mon royaume se trouvait de plus en plus en danger à cause de cette lettre, ton frère a juré de nous faire tomber et j’avais plus que jamais besoin d’alliés. Je n’ai pas eu le choix, entends-le bien parce que ce sera la dernière fois que je le dirai. Je n’ai pas eu le choix, ou mon royaume tombait.”

“J’ai tout abandonné pour toi.” Insiste-t-il. “Il a fallu que je te le demande.” Répond-elle du tac au tac. C’est ainsi depuis leurs retrouvailles, attaque sur attaque, chacun garde une certaine rancune sur les événements passés et à venir. “Tu n’as pas eu le choix non plus, ne crois pas que je ne le sais pas, mais comprends que je ne l’ai pas eu non plus. Deria a voulu précipiter les choses, elle se doutait que j’aurai pu tout annuler, pour peu que j’aurai eu l’assurance de ta survie et de ta venue jusqu’à moi. Tu as sans doute fait des choix plus difficiles que les miens, tu as été forcé de tout abandonner pour seul résultat, me voir marié à un autre. Je serais folle de rage aussi à ta place n’en doute pas.”

“Tu n’es pas idiot, tu sais bien que dans ma position, je n’aurai pu t’épouser sans cette assurance de pouvoir compter sur le Bief comme alliés, et ce, malgré le laisser passer qui a permis aux riverains de nous envahir, de tuer tant d’hommes, mon Père...”
Lance-t-elle en appuyant ses propos par un geste désignant la scène macabre des piquets et de la déchéance de l’endroit. “Ta fuite, ta défection, plus notre mariage dans la foulée, nous aurions eu comme ennemis Dorne, en sus du Bief et des Riverains. Nous serions assurément tombés. Est-ce là un prix à payer pour pouvoir s’aimer ? Je ne sacrifierai pas mon royaume pour cela, tu le sais.”

C’est sans doute pour cela qu’il lui en veut autant, parce que lui n’a pas hésité à tout abandonner. Elle, a préféré son royaume. Ca fait mal de le dire, ça doit faire mal de se l’entendre dire, mais c’est la vérité. Aujourd’hui, elle doit penser à son royaume avant elle-même. Kevan se renfrogne, il doit ruminer les pires insultes dans cette tête qu’elle apprécie pourtant, plus que tout. Hormis son royaume, paradoxalement.

“Tu as épousé un salopard, tu m’as convaincu de me lier à l’Empire, tu as tué mon frère, et ultime insulte tu portes son rejeton....” Sa paume claque contre son avant-bras tandis qu’il interrompt le poing qui allait assurément laisser une marque sur sa joue. Ce n’est pas seulement l’enfant de Roward qu’il insulte, c’est l’enfant d’Argella. Elle ne peut rester de marbre face à une telle attaque. Les gardes autour se resserrent à vive allure, la lame d’une épée tranchante menace le cou de Kevan. Gawen ordonne qu’il la relâche, elle entend dans sa voix qu’il sera prêt à l’égorger, s’il ne s’exécute pas.

La Reine et le Roi s’affrontent du regard, lèvres closes, pincés. Il finit par relâcher son avant-bras, ils s’écartent d’un pas chacun. “Votre Majesté ?” S’enquit son garde. “Tout va bien, continuez de surveiller les environs.” Assure-t-elle et en quelques gestes sa garde s’éparpille. Kevan et Argella sont toujours aussi furieux, mais ils n’en viendront jamais à s’entretuer. Au bout d’un moment, à se lancer des regards furibonds, elle baisse les armes la première.

Il veut seulement plus, être plus, lui qui a tout perdu, ne pas se sentir comme un moins que rien, alors qu’il avait tant par le passé. Mais il y a des moments, où il pousse sa patience à bout. Argella ne doit pas oublier tout ce qu’il a perdu, par amour pour elle. Il manque de tact, il aurait dû faire une demande plus formelle ailleurs, elle l’a mal pris, trop renfermée dans sa douleur. La jeune femme fait le premier pas, elle brise la distance pour prendre les mains de son amant et les serrer entre les siennes. De la haine à l’amour, il n’y a qu’un pas.

“Je n’avais aucune sympathie pour Dorne, je n’en ai pas plus aujourd’hui, bien que je serais toujours reconnaissante de leur intervention qui nous a permis de survivre. Mais le Prince ne sera pas un bon Roi pour mon royaume contrairement à ce que semble croire ma chère Mère, pas s’il continue de courir derrière les jupes de sa soeur dès que cette dernière l’appel. Ils ne cessent de me donner raison. Je suis persuadée qu’ils tenteront de s’annexer l’Orage, il en est hors de question, ainsi j’ai court-circuité leurs ambitions. Lorsque j’ai rallié l’Empire, cela a été pour de nombreuses raisons, l’une d’elle a été que mon royaume ne tombe jamais entre les mains de la Princesse et de son frère. La guerre fait tomber des têtes, pour l’instant, je retarde le plus longtemps possible son couronnement, pour des raisons autres que celles qu’il pense savoir.”

Devant Kevan, devant le mirage de son père, qu’ils soient témoins, elle donne une explication, une des multiples raisons qui l’a poussé à rejoindre l’Empire, en sus des paroles de l’Impératrice lorsqu’elle était encore simplement Reine de Peyredragon. En plus du retardement du couronnement de son époux, qu’elle espère secrètement qu’il ne lui revienne pas. Elle donne à Kevan, un de ses nombreux secret, avec ça, plus tout ce qu’il sait déjà, il pourrait la détruire.

Pour une femme qui prétend haïr les manipulations, l’hypocrisie, il semblerait que sa mère ait réussi à l’ancrer en Argella, plus que sa fille ne le pensait de prime abord. Elsle délaisse ses mains pour s’emparer de son visage et le pencher vers elle, ses lèvres se posent sur les siennes. “Ne doute jamais Kevan, ne doute jamais de mes sentiments à ton égard et ne doute pas de ma réponse à ta question. Tu sais qu’en matière de mariage, je n’ai jamais souhaité quiconque d’autre que toi.” Parce qu’elle n’a jamais cessé de se battre, d’espérer de pouvoir un jour devenir la femme de Kevan.

Il ne peut douter qu’elle l’aime, leur relation depuis son arrivée à Havrenoir il y a quelques mois n’a rencontré que des difficultés. A commencer par la fidélité qu’elle a promis à son mari le temps qu’elle tombe enceinte, une fois la grain implanté il a été l’un des premiers à l’apprendre et lui a demandé une promesse en retour, qu’elle lui soit fidèle. La vie est une multitude de concessions, elle avait accepté, mais ça ne signifiait pas que leur relation s’en trouve apaisé.

L’homme, le Roi, resserre ses bras autour d’elle et la sert contre lui. Les deux amants sont capable de violences autant que de tendresses l’un envers l’autre, c’est ce qu’elle aime, ce dont elle a besoin, d’un homme fort capable de la dompter, pas d’un diplomate. De Kevan et nul autre que lui. “Nous sommes des alliés, en tant que tel je vais te confier le commandement de 500 de mes chevaliers, je sais que tu es capable de les mener à la victoire, de t’attacher leur loyauté le temps que tu t’entoures de tes propres hommes.” La fougue avec laquelle il l’embrasse lui confirme que la confiance qu’elle lui porte est inestimable. Ils ne craignent pas d’être interrompu, ou vu, elle est volontairement restée en arrière de l’avancée du corps principal, pour se recueillir en ce lieu et Kevan avait décidé de l’accompagner. La garde fait le reste, s’assure qu’aucun intrus ne les espionne.

“Le Bief n’oubliera pas l’aide de l’Orage et de l’Empire dans ma lutte. Ce sera un honneur de mener tes hommes et j’espère qu’ils auront ce même honneur de combattre avec moi. Viens, j’ai quelque chose pour toi.” Tandis qu’il s’empare de sa main pour l’entraîner à sa suite, elle avise le sourire qui illumine son visage. Il avait besoin de ça, retrouver le commandement, même si ce n’est pas celui de ses hommes, c’est un début.

“Attends un peu.” Demande-t-elle avant de poursuivre. La Reine se retourne sur les vestiges du massacre du Boucher. Sur le mirage de son père et son expression toujours indéchiffrable, elle déglutit péniblement, l’émotion est toujours vorace, entre la tristesse et une vengeance qu’elle ne pourra guère mener si la rumeur dit vrai au sujet de la mort du Boucher. Cet endroit est un tombeau ouvert. “Quand l’arrière garde nous aura rattrapé… Détruisez tout.” Ordonne-t-elle. Gawen se chargera de faire passer le message, tandis qu’elle se détourne pour suivre Kevan jusqu’à leurs chevaux quelques mètres plus loin.

“Je ne peux t’offrir de cadeau qui ne scandalise pas, mais je peux t’offrir un compagnon de vie que tu pourras prétendre avoir trouvé. Il te sera loyal, t’accompagnera partout où tu iras, te protègeras de jour comme de nuit, te tiendra compagnie lorsque je ne serais pas à ton côté. Accepte le, en gage de mon amour.” Dans le même temps, il ouvre une sacoche et en sors une boule de poil noir et feu qui se met à japper férocement. Il tend l’animal à la jeune femme qui s’en empare sans hésiter.

“Je ne peux t’offrir un dragon, mais je peux t’offrir un compagnon aussi féroce que toi.” Ajoute-t-il. Un chien, il lui offre un chien. Et ce dernier tente de lui mordiller quelques doigts pour retrouver sa liberté, mais elle le tient fermement. “C’est un Rottweiler. En général ils sont utilisés par les commerçants pour leur protection, mais aussi par les bergers pour guider leurs troupeaux. Ces bêtes sont de très bons protecteurs.” Explique son amant tandis qu’elle est sans voix. “Je l’ai trouvé ce matin, près du corps de sa mère je pense. Il semblait prêt à tout pour la protéger, j’ai pensé à toi.”

La jeune femme se met à rire, comme elle n’a pas rit depuis bien longtemps. Elle est touchée par le geste, par la pensée qui s’est imposée à lui, par ce cadeau inestimable. L’animal se retrouve dans l’étreinte qu’elle impose, ses doigts venant lui gratouiller la peau derrière les oreilles et cela semble apaiser l’animal, du moins ne tente-t-il plus de la mordre de ses petits crocs, ni de lui échapper. “Je t’aime Kevan.” Est la seule chose qu’elle est capable d’énoncer entre deux rires de joies.






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