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Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]
MessageSujet: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Ven 22 Avr - 13:22

L'eau s'enflamme de vapeur délicate, enroulant mon corps dans autant de tourbillons amoureux qu'il existe d'étoile au cœur des yeux de mon Dieu. Le silence chante sa sonate muette autour de moi. Le marbre luit langoureusement comme pour magnifier ma solitude. Le soleil décline à peine mais l'heure est déjà bien avancée, le rituel qui résonne encore en moi a couvert ma peau de cendres et de sueurs, l'eau en effacera la marque avant que je ne puisse me délasser au cœur des bains princiers et lorsque ceux ci m'accueille, il ne règne que la douce musique de l'eau entre les colonnes de marbre délicat.

Cette terre impie s'enflamme. Westeros sombre dans le chaos et cela me fait sourire. Une courbe d'atroce ténèbres qui ne laisse rien deviner des songes qui me torturent et m'adorent. L'eau gorge les vagues noires de mes cheveux, purifiant la peau de mon corps comme un millier de caresses brûlantes.  Mes pas se détourne des jets continus pour s'égarer avec grâce auprès des bassins. Le liquide transparent et serein s'ouvre au grès de mes pas qui le pénètre. Doucement, sans heurts. La vapeur s'échappe en volutes blanchâtres et les murmures du Radieux étreignent mon âme. Il me faudra de nouveau m'écarteler a sa Gloire pour déchirer les voiles du temps qui ne vit pas encore. Bientôt. Très bientôt. Il me faudra agir avec bien plus de cruauté, de rage aussi froide que ma flamme embrase les sens. Mais paumes effleurent la surface cristalline, y traçant des sillons, des tourbillons qui demeurent à l'image de cette terre impure du toucher divin. Cela viendra, mon œuvre ne fait que commencer, j'entame à peine ma danse.

Le chuchotement de pas légers apaise le sourire qui pare mes traits, la délicatesse reprends ses droits au cœur de mes iris azur et lorsque je tourne la tête, je croise le chocolat féminin et à peine entraperçu.  La pudeur n'a jamais entraver mes gestes et la nudité n'est que l'expression d'une beauté donnée en cadeau à la naissance, je ne peux que l'exposer sans que la peau de mon front n'en rougisse.

« C'est une heure délicieuse pour se prélasser, ne trouvez vous pas Lady Martell ? »

La courbe indomptable de ma bouche se joue doucement de mes mots et laisse se peindre un sourire où navigue un amusement  langoureux. Je ne sais que les songes qui errent dans les couloirs sur cette femme. La discrétion de ma tâche à empêché cette rencontre, mais le hasard se charge toujours de remettre les choses dans leur ordre. Il existe une ironie de miel dans ce constat mainte fois éprouvé.
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Ven 22 Avr - 22:14

Mon corps fourbu m’imposait ses douleurs, après un entrainement aux côtés d’Elios Sand. Je les ressentais de moins en moins, mais elles étaient encore vive, et la chaleur du soleil dornien qui me ravissait habituellement me semblait attiser ces sensations qui ne se révélaient que bien des heures après ces combats éprouvants qu’il m’imposait. De la fraicheur du matin dont nous avions bénéficié, il ne restait rien, au contraire. L’étouffante chaleur nous accompagnerait plusieurs heures encore, alors que le soleil commençait tout juste à laisser place à une obscurité qui serait perturbée par les nombreuses lanternes qui seraient allumées ici et là par les servants des Martell. Les Jardins aquatiques étaient paisibles, et ce spectacle pouvait s’avérer assez surprenant pour les yeux qui n’y étaient pas habitués. Je les avais moi-même longtemps observées à la nuit tombée, à mon arrivée au sein de ma famille, de mes grands yeux d’enfant. Je m’émerveillais toujours devant cette vision, mais le cachais mieux, cependant.

Secouant la tête, je descendais de ma monture, que je laissais aux bons soins d’un jeune homme, faisant signe à la garde par trop conséquente qui m’était imposée depuis que j’avais tout avoué à ma sœur de me laisser là. Ils ne me suivaient pas dans les bains, quoi qu’ils restent à proximité. Je savais pertinemment qu’ils me suivraient, et qu’au moindre dérangement, ils pénètreraient dans la pièce gorgée de vapeur. Je pourrais me perdre dans l’une des nombreuses pièces couvertes des jardins aquatiques, celle de bains, celle où une haut constamment refroidie coulait, au milieu d’une vapeur d’une chaleur insoutenable, et bien d’autres encore, pour ne pas leur faciliter la tâche. Nous nous amusions souvent, Deria, Roward et moi, à nous y dissimuler, plus jeunes, faisant entrer dans une grande colère les femmes censées veiller sur nous.

Il était fort peu probable que nous partagions prochainement un tel moment, avec tout Westeros qui menaçait d’être consumé par les envies vengeresses de chacun, et je ne serai pas contre un feu dévastant le Bief, et tous les différents qui nous opposaient, dernièrement. Soupirant, je laissais mes gardes à l’extérieur, et me dévêtais, offrant mon corps et ma nudité à la chaleur qui émanait des bains. Si je m’attendais à être seule, j’adresse un sourire à la femme qui n’est pas tout à fait étrangère mais pas pour autant connue à mes yeux. Je la dévisage sans vergogne. Elle est d’une grande beauté, bien qu’inhabituelle à mes yeux. Aux yeux de beaucoup, supposais-je. Pour autant, elle ne ressemble à aucune personne que j’ai été amenée à rencontrer, et son identité ne fait que peu de doute, bien que je ne sache que peu de choses sur elle.

« Sans doute la meilleure, Dame Arya. La chaleur déclinera bientôt, suivant le soleil, et le contraste avec ces eaux bouillantes sera vite trop importante, mais il est idéal actuellement. »

Je ne détournais pas mon regard, alors que je me laissais glisser dans l’eau cristalline, bien curieuse au sujet de la femme face à moi.

« Trouvez-vous ce que vous désirez chez nous ? »



             
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Mar 26 Avr - 19:31

Doucement, mes mains ramènent les lianes lourdes et mouillées de mes cheveux sur un épaule laiteuse et ma bouche frémit doucement :

« je suis née dans la fange et la désespérance humaine, le Dame n'est donc pas approprié, usez de mon simple prénom, Lady Martell, comme le fait votre sœur. »

L'eau caresse mes jambes, délassant les muscles et vivifiant la peau. J'aime ces instants de délices tranquilles, telle une sérénité jetée sur mon âme bouillonnante. Je ne cache pas mon regard qui l'effleure, elle rappelle si fort la caresse intense de l'astre symbolique, tel un tatouage éternel sur sa peau caramel. Un pain épicé et moelleux qui devait ravir bien des cœurs et des âmes.

« Cela n'en sera que plus vivifiant, j'aime a sentir les frissons courir ma peau sous le souffle du froid. »

Je m'enfonce dans les bassins luxueux avec un soupir d'extase, fendant l'eau avec une délicatesse certaine. Lui tournant le dos, sa question fait naitre un sourire étrange qu'elle ne verra sans doute pas, mais je lui offre l'azur de mon regard par dessus mon épaule, réceptacle d'un secret qu'elle ne pourra jamais soupçonner.

« Dorne est un astre aimé de nos temples, Lady Martell, car ici, ils furent accueillit et aimé. Oui, ici dort mes désirs, certains versatiles, d'autre plus enivrants. »

Mon corps se meut avec une aisance certaine tant mes gestes s'allie d'onde. Une musique que je partage avec les flots qui m'entourent tel un écrin précieux.

« Je n'ai guère eu le loisir de m'entretenir avec vous depuis mon arrivée, je suis heureuse de voir cette lacune disparaître à la faveur d'un bain parfumé. J'ose espérer que cela ne vous déplaît pas également. »

il y a comme une larme d'arrogance s'échouant au coin de mes lèvres. Ou peut être n'est ce qu'une assurance offerte par l’irréel qui m'enivre.

« Votre cœur troublé s'invite parfois dans mes songes ces derniers temps et j'avoue être curieuse parfois à outrance, n'en prenez pas ombrage. »
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Sam 30 Avr - 0:00

Je ne m’attendais pas à cette rencontre, bien que je sache que la jeune femme se trouvait là. On murmurait sur son passage le nom d’une autre religion, connu par quelques dorniens parmi les plus anciens, et dont peu de textes parlaient… Elle m’intéressait, m’intriguait, pourtant. Peut-être étais-je davantage curieuse, parce que j’avais connu pendant mon enfance les Dieux Rhoynar, vénérés dans le bordel de ma mère, puis les Sept, et que chacun était le réceptacle de ma Foi. Elle était ensorcelante, avec ses boucles ébènes, et son flegme tranquille. Le sourire sur mes lèvres était sincère, et mon regard ingénu probablement.

« Dans ce cas, je crains que le Lady que vous m’octroyez ne l’est pas non plus. Je ne suis pas née dans la fange, mais au sein de ce que beaucoup considèrent la lie de la société, bien qu’ils ne s’en passent pas, Arya. Usez de mon prénom, si vous le souhaitez. »

Je n’étais, à vrai dire, toujours pas habituée à ce que l’on m’appelle ainsi. Et si par fierté de ma famille et de cet honneur qui m’était fait, je refusais que l’on me prive de ce titre, il n’en était rien en cet instant, et j’avais l’impression, erronée peut-être, que cela ne changeait rien aux yeux azue de la femme face à moi. Je lui adressais un regard étonné et curieux, à sa mention du froid.

« Le froid est-il habituel chez vous ? D’où venez-vous, exactement, Arya ? Je crains, pour ma part, trouver délicat ce souffle, habituée à la chaleur, bien qu’il soit par moment bienvenue après une journée de soleil trop vif. »

Chaleur que j’aime et adore, et dans laquelle je me glisse avec aisance, qui me comble, et à laquelle je m’abandonne. Je ne connais plaisir plus agréable ou presque, que celui d’un bain chaud pour se délasser.

« Peu sont les gens qui se remémorent réellement votre essor ici… Je ne souhaite pas vous froisser, mais vous m’intriguez, et il est pourtant difficile d’en apprendre davantage sur vous et sur votre Dieu. Vos Dieux ? »

Je n’étais pas réellement érudite, je n’avais eu la chance d’être instruite parce que Nymor Martell avait décidé de ramener ses enfants illégitimes à ses côtés, mais j’étais malgré tout curieuse de toutes ces choses que je n’avais pas connues durant mon enfance. Voulait-elle que ses temples revivent en Dorne ?

Je m’approche, quelque peu, de la jeune femme.

« Comment prendre ombrage d’une curiosité qui m’habite tout autant ? Mais dois-je croire réellement apparaître dans vos songes, ou n’est-ce qu’une image ? »

Et que savait-elle de mon cœur troublé ? Arya était une énigme.



             
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Jeu 5 Mai - 12:57

Le front s'incline à peine mais on ne peut nier que je prend note du cadeau offert.

« On ne saurait choisir sa naissance mais le reste demeure notre œuvre. »

Conclus je doucement dans un soupir amusé. Ma paume caressant la surface limpide de l'eau, ma bouche se fend d'un sourire délicat, presque fragile alors qu'il est évident que je ne suis guère.

« La divine cité de Pensos vit ma naissance et parfois, ses flancs se parent d'une neige aussi pure que l'âme d'un enfant. J'aime les souffles contraires d'un pays au multiples saveurs, Arianne, tout simplement. »

Le sourire qui pare mes lèvres s'imprime d'une étrange assurance. J'aime la colère et la rage. J'aime la tendresse et la douceur. En vérité, je suis une constante valse qui n'a qu'un rythme de vie enflammée. Une lueur dorée illumine mes iris, tel un fanatisme soyeux :

« Je ne suis pas froissée. Les raisons qui ont poussé mon culte a déserter ses terres se sont perdues dans le temps, néanmoins, nous n'avons pas oublié qu'un jour, Dorne nous a accueillit. Je n'ai qu'un Dieu, Arianne. Un seul et unique qui surpasse tout les autres. Un juge juste et droit aussi sombre que lumineux, aussi cruel que doux, le Radieux R'hllor auquel je fus donnée a ma naissance. »

Ma voix s’envoûte de l'amour que je peux lui porter. Eternel et constant, plus fort que ne sera la mort. S'ensuit un rire délicat, rythmé par le doux son de l'eau sereine qui nous entoure. La chaleur délie bien souvent les langues les plus folles.

« Mes songes possèdent parfois autant de vérités que de chimères. La parole de R'hllor n'est jamais aussi claire que l'eau. Cependant, n'y voyez nul intervention de sa part, je suis sa Fille mais aussi une femme qui sait observer et écouter. »

Mes cils voilent un instant l'azur de mes iris mais ne peuvent réellement en empêcher l'éclat :

« Les terres s'embrassent et les hommes courent a leur perte avide de sang, derrière eux sommeillent les femmes et leur douleur. La guerre est le lot de toutes terres, qu'elles soient bercées de soleil ou de neige. L'ambition des hommes est partout la même. Je ne peux donc pas ignorer les sombres pensées qui agitent Dorne.»
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Lun 16 Mai - 0:00

Même quand le sens de ses paroles était limpide, ou paraissait l’être, elle semblait mystérieuse et confier un secret d’une voix qui se voulait murmurante. Je me contentais d’acquiescer doucement, cependant, et de la questionner. Quelle curiosité que cité si différente de Lancehélion ou de tout domaine en Dorne, qui pouvait donner vie à une femme si particulière. Et de la neige… J’aimais profondément les terres qui m’avaient vue naître, plus que je n’en aimerai probablement aucune autre, mais cette blancheur immaculée qui y était prêtée devait être magnifique. J’aurai donné bien des choses pour avoir l’opportunité de voir ce spectacle si beau.

« Comment est-ce ? La neige ? Cela ne vous surprendra pas, si je vous dis que nous n’en avons pas ici. Mais je vous avoue que ma curiosité à ce sujet est grande. Je ne sais si j’aurai la chance d’en voir un jour, mais ce serait là une douce découverte à faire, je le pense. »

Ou cruelle, je suppose. Nos sables, notre soleil, nos déserts peuvent être dangereux pour qui n’en est pas familier. Beaux et immaculés, mais mortels. En était-il de même pour la neige ? Probablement. Peu importait. Je me laissais glisser dans l’eau, sans crainte aucune. Elle avait beau être d’une chaleur parfois étouffante, j’aimais son contact. Et quoi que curieuse, notre échange avec la jeune femme qui me faisait face ne rendait ce moment que plus agréable – bien que perturbant.

« Dorne n’est pas, je le crains, juge et bourreau, mais tolérant… Ce me semble. Nous vénérons après tout aussi bien les Dieux Rhoynar que les Sept. Peut-être même des gens vénèrent-ils encore votre Dieu ? Vous a-t-on fait part de disciples ici ? »

Pure curiosité, là encore. Les dorniens savaient que nulle religion n’était imposée en nos terres. Pas comme dans le Bief… Le Grand Septon pourrait bien traquer et brûler les bieffois qui admettaient ne pas vénérer les sept. S’il en était, il devait assurément prétendre l’inverse.

« Est-ce une coutume à Pensos, que de donner ses filles à R’hllor, Arya ? Est-ce un honneur, que de l’être ? Quelle importance a-t-il, dans les cités libres ? »

Ce ne serait pas bien différent d’enfants abandonnés remis aux septas, je suppose. Je plissais un instant les yeux, fronçant les sourcils. Dans ses songes ?

« Vous êtes malgré tout énigmatique, Arya… Et je ne sais comment réagir à votre confession, au delà du fait d’être intriguée. Mais que savez-vous donc de moi ? Qu’est-ce qui vous a poussée à penser cela ? Outre le danger qui menace Westeros, et plus particulièrement Dorne ? Avez-vous… vu quelque chose à ce sujet ? »



             
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Jeu 19 Mai - 18:20

Le plaisir s'invite au cœur de mes iris. Mes contrées. Mon monde. Abandonné derrière moi pour un desseins plus grand, plus fou. J'aime les mots de mes terres sur mes lèvres. Derrière la réalité de mes visions s’étendent les plaines rocailleuses de Pensos.

« Elle est aussi belle que l'aurore, illuminant l'horizon d'une clarté si pure qu'elle en brûle les rétines imprudentes. Duveteuse, légère, elle se joue des frissons qu'elle fait naître, c'est une enfant joueuse qui aime a se glisser entre la peau et le tissus. Mais c'est aussi une maîtresse avide de mort, une mort douce et cruelle, elle distille le sommeil pour emporter l'âme imprudente. Elle est le pendant des déserts qui encerclent Dorne. Les mêmes dangers, les mêmes beautés. Si l'on vous prête longue vie, j'espère que vous saurez apprécier ce spectacle un jour. »

L'amour s'éprend de mes mots, car je ne peux cacher l'attachement que provoque en moi ces contrées. Je ne suis que passion parfois, aussi haineuse qu'amoureuse mais en cette instant, je n'ai de reflet que celui d'une amante qui se languit d'une étreinte parfaite. Mes lèvres s'entrouvrent telle une rose en réveil :

« Non pas encore, mais je préfère jouer la partition délicate de la prudence, les Grands Septons dont l'ignorance n'a d'égale que leur stupidité déverseraient encore plus leur venin sur une terre qui ne le mérite guère. Le temps me laissera faire mon œuvre, car il m'appartient. »

Sablier divin résonnant au cœur même de ma poitrine, empreinte brûlante d'un amour enflammé qui ne peut se repaître du mortel. Ses questions m'amusent, m'enchantent aussi, car le début de tout attachement reste et demeure la curiosité. Dévoilée, exprimée, chantée par delà les mots, qu'importe. La malice enfantine irradie au cœur de l'azur de mes iris :

« C'est un honneur, croyez le...J'ai été éduquée, investie d'un Amour sans limite, je n'ai à regretter ma naissance et je loue ma mère d'avoir fait ce choix a chaque aube. Les Cités Libres aiment autant qu'elles craignent la Tour Enflammée, Arianne. Nous possédons un savoir, un pouvoir qui n'a aucun maîtres. Nous ne sommes les marionnettes des avidités, des ambitions, et cela provoque autant de fascination que de terreur. »

Mes mains trace lentement des arabesques délicates qui ne seront qu'éphémères reflets sur la surface lisse et fumante des bains. Un éclat rieur parsème mon regard, mais derrière la malice, la cruauté qui nage en chaque être et que je sublime parfois.

« Dorne plongera dans la tourmente, c'est ainsi. Ce que j'ai vu, les murmures que j'entends sont autant de cadeaux que de malédiction. Le sang coulera si fort que les fleuves en charrieront l'odeur. Je dépeins un seul reflet de ce qui me fut offert car les chants du temps possèdent leur propre immortalité, rien n'est jamais figé. Jamais. Quant à vous...Il me vient une saveur étrange lorsque je vous regarde, autant de blessures que de sourire, les crocs plongés dans la chair tendre de votre cœur, déchirant votre âme...Des tourments dont je ne peux deviner la nature mais je sens, ondoyants sur vos pas. »

Et puis je m'approche, si prêt qu'elle pourrait nommer toutes les nuances d'azur qui parsème les orbes de mes yeux.

« Cependant...Ne vous laissez pas submerger de peur aux mots que je prononce. Ils ont autant de saveurs qu'un océan furieux et bien plus d'éclats qu'une pierre jetée au soleil. »

Je lève une main, empaume sa joue et mes lèvres dessinent l'espace d'un instant la tendresse d'une mère, la bienveillance d'une déesse oubliée, la fureur d'une femme outragée dans les larmes.
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Jeu 2 Juin - 0:50

Quelles belles prunelles, emplies de cet éclat de… je ne saurai le définir, mais il s’agit surement de celui qui illumine les miennes, alors que je repense aux météores, ou à mes tout premiers jeux avec Deria. Des souvenirs d’une infinie douceur, et d’une certaine brutalité malgré tout, mais appréciables, au fond. Arya serait-elle comme tout le monde, au final ? Peut-être.

« Je n’ai eu recours à nul vervoyant pour savoir si mon existence serait longue ou non, mais je l’espère aussi. Cette froide maîtresse que vous dépeignez m’effraie quelque peu, mais elle m’attire aussi grandement. Je suppose que bien des gens ne connaissant pas Dorne pensent la même chose de nos déserts, qui sont pourtant un réel délice, si l’on sait ne pas craindre leur chaleur mortelle, ou s’en protéger et ne pas la provoquer. Souhaiteriez-vous y revenir, en tous les cas, Arya ? Ces terres, quand les avez-vous quittées ? »

J’aurai pu m’abstenir de poser cette question, à vrai dire, tant elle me fait penser à moi, en cet instant, pas plus de quelques semaines ou mois plutôt, alors que je me trouvais dans le Val ou dans le Bief. Si ma captivité dans le Bief m’avait été pesante, j’avais grandement apprécié le Val, atypique à sa façon, mais d’une beauté différente et enchanteresse aussi – quoi que bien moins que nos dunes et plaines de sable dorniennes.

« Vous m’en voyez heureuse pour vous. Sincèrement. Si être arrachée à ma mère fut particulièrement difficile, je suis consciente que c’était pour mon bien, malgré les inconvénients, et que j’y ai gagné beaucoup de choses. Je suppose qu’il en est de même pour vous. Quant aux Septons… Je ne suis pas certaine qu’aucun de leurs adeptes ne laissent trainer leurs oreilles où il ne faut pas. Mais j’espère que vous obtiendrez ce que vous méritez. »

Oui, simplement. Mais pouvais-je réellement croire que leur religion était sans entrave ? Ou même qu’elle n’était pas gouvernée par un noir dessein ? Si Arya nous avait aidés, elle restait mystérieuse et très discrète. Peut-être même était-ce un danger. Mais elle méritait notre confiance, malgré tout. Ou du moins, le voyais-je ainsi. Naïvement, peut-être. Je frissonnais, à ses paroles.

« Qui peut s’avouer exempt de tourments ? Ce n’est pas mon cas, et ça ne sera visiblement pas le cas de Dorne. Je réussirais à surmonter cela, mais vous me glacez les sangs – une ironie, n’est-ce pas, pour moi qui suis issue d’un peuple au sang chaud ? J’ose espérer que l’on puisse endiguer ce sang qui coulera, et préserver notre belle contrée… »

Perdue dans l’effroi que ses paroles ont fait naître, je ne prête qu’à peine attention à ses mouvements, et elle me surprend à se retrouver incroyablement proche de moi. Mais j’acquiesce, en l’entendant, pas certaine de la portée de ses paroles visant à me rassurer. Je crois. Ces éclats ne pourraient-ils pas toucher plus profondément, et en plus grand nombre, Dorne ? Je grimace, malgré moi. Le contact de sa main sur ma joue est malgré tout étrangement doux et réconfortant, apaisant dans la chaleur des bains, son visage se métamorphosant presque, non dépourvu de sa beauté, mais empreint d’une tendresse et compassion surprenante. Je suis assurément déroutée, mais je ne me dérobe pas de ce contact.

« Pensez-vous qu’ils puissent, au final, être bénéfiques pour Dorne ? »



             
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Mar 2 Aoû - 9:30

La lueur rêveuse scintille au cœur de mes iris, car il en est toujours ainsi lorsque les décors ensorcelants de ma contrée émerveillent ma psyché. C’est mon sang, ma flamme, mon âme dessinée sur la terre accueillante. Les mots d’Arianne entraine un rire délicat, aussi léger qu’une plume de phénix rejetée par le vent :

« Plusieurs lunes se sont montrées depuis que j’ai quitté mes rivages maintenant. Je suis une femme de la terre, je le crains et mon amour pour celle qui m’a vu naitre n’a pas d’égal, je suppose que c’est un sentiment que vous connaissez n’est-ce pas ? »

Mais mon retour ne sera qu’une volonté divine et non le désir égoïste d’une enfant parfois trop cruelle. La flamme s’adoucit lentement, comme nimbée d’un miel d’ocre au sucre éternel. Les temps s’annoncent terribles et sanglants. Je le sais, je le sens. R’hllor le divin s’agite sur son trône d’or et ses mots n’en deviennent que plus flous, que plus fous. Qui sait qui y survivra ou qui en mourra, cela n’a pas d’importance car la guerre et la mort prendront leur tribu sans distinction, aveuglément avide et terriblement envoutantes.

« il me suffira de couper cette oreille dans ce cas. »

Murmure fragile qui tranche par sa tissure, la teneur de mes mots. Parce que je peux être ainsi, d’une cruauté sans nom. Mais là n’est pas l’instant, ni le moment alors qu’une caresse maternelle lui sera offerte. Je suis une créature d’affect, guidée par des volontés bien plus puissantes que la mienne, mais mon cœur sait s’attendrir pour qui en est digne, cela est certain.

« Je suis une Conteuse d’horreur comme son contraire. La vérité est aussi cruelle que les mensonges et je ne suis pas assez généreuse pour en cacher les éclats sanglants. Le soleil se teintera d’écarlate car c’est ainsi que cela doit se passer, mais il ne sera pas l’unique lorsque tout s’embrasera. Nul ne peut arrêter le temps qui s’écoule mais mes murmures permettent parfois d’éviter l’écueil mortel. »

Ma paume retombe, amoureuse soudaine de la surface aussi lisse qu’un miroir et qui pulse uniquement au rythme de nos respirations languissantes.

« Il ne m’appartient pas d’en faire une bénédiction, Arianne. Je ne suis qu’une Messagère, que mes mots soient compris ou incompris ne dépend que de celui qui les reçoit, c’est ainsi. Craignez-vous que je ne sois qu’un serpent envoutant au cœur de votre Oasis ? »

Nulle colère ou vexation dans mes mots, je ne fais que les exprimer avec une douceur peut être trompeuse. Que l’on se méfie ou que l’on adule, je n’en ai cure car le chemin que je suis reste toujours hors de portée de ce que l’on croit.
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Ven 9 Sep - 7:46

Des propos doux et énigmatiques, accompagnés d’un rire cristallin et délicat. Elle était décidément un réel mystère, pour moi. Pas déplaisante, simplement déconcertante. Amicale, du moins en avais-je l’impression. J’acquiesçais à ses paroles.

« En effet. Je ne suis malgré tout pas aussi éloignée que vous de ma mère, et il doit m’être plus facile que vous de retourner à ses côtés… Quoi que les choses aient été quelque peu compliquées, dernièrement. »

Et étant donné que lors de ma dernière visite prévue, les choses s’étaient passées de manières quelque peu délicates, je doutais y retourner prochainement. Il fallait dire que se faire kidnapper par un fer-né, et les confessions qui avaient suivi au Bief, n’était pas engageant, pour que je me rende de nouveau aux côtés de sa mère. Il serait peut-être moins risqué de la faire venir à mes côtés, mais je ne voulais pas risquer sa vie – quelle qu’envie que j’ai de la voir.

Je fronçais les sourcils, hésitant à la prendre au sérieux ou non, mais elle semblait bien trop catégorique, pour ne pas dire vrai. Un frisson me parcourut l’échine, bien que je sache pertinemment que de telles mesures étaient parfois nécessaires – je l’acceptais même, et savais que je n’aurai pas hésité, si une menace se présentait réellement. Soupirant, je la fixais tout de même dans les yeux, la laissant poursuivre.

« Je ne peux, je le crains, saisir toute l’étendue de vos… dons, s’ils en sont, mais j’ose espérer que nous puissions les comprendre et les utiliser comme il se doit. Que nous ne leur fassions pas défauts, et qu’eux non plus ne nous fassent pas défaut. J’espère que nous saurons leur accorder l’attention et la réflexion nécessaire. »

Je fronce les sourcils, alors qu’elle éloigne sa main de ma joue, incertaine de la réponse qu’elle peut nous apporter.

« Je crains, surtout, que nous nous fourvoyons sur la façon d’agir. Vous n’êtes pas responsables de nos actions et de la façon d’agir, n’est-ce pas ? »

Si un serpent était là, alors il pouvait être instigateur d’actions, mais il ne choisissait pas à la place des coupables.



             
"The arms of House Martell display the sun and spear, the Dornishman's two favored weapons, but of the two, the sun is the more deadly."      

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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   Lun 24 Oct - 16:52

La douceur d'une femme. La douleur d'une femme. Il y a tellement en elle, reflet biaisé de cette volonté qu'elle affiche. Le sourire que je lui adresse recèle une cruauté bienheureuse :

« Le manque ne peut venir de ce que l'on ne connaît pas. Celle qui me donna naissance n'est qu'une ombre dont je ne peux distinguer les traits, néanmoins, je peux lui offrir ma reconnaissance car sans elle, R'hllor ne m'aurait jamais étreinte. »

Sa compassion devient un rire au cœur de mes iris nébuleuses. Sa tendresse bien étrange, se dresse contre la peur qu'éveille mes paroles. Le mensonge pourrait être mien, délivré aux accents de vérité, mais l'âme pure qui me fait face mérite la souffrance d'une vérité que je ne peux déformer. Ni cacher parce que je ne le désire pas.

« La vérité terrifie, quelle qu'elle soit. Une ombre qui recèle que ce que l'on ne veut voir, ce que l'on craint de voir. »

Elle ne nie pas, ni ne cherche a savoir. Cela me fait sourire, qu'elle conserve cette innocence cela est sans doute pour le mieux. Je suis l'étrangeté de cette contrée, que l'on m'approche ou me fuis, je laisse cette saveur délicatement amer sur la langue des menteurs.

« Non Arianne. Je me contente de répondre aux questions que l'on me pose, aux conseils que l'on attend. De mes mots, chacun est libre d'en choisir le sens. Une bénédiction, comme une malédiction. Je suis sans doute un peu de tout cela. »

Mes lèvres se déposent au coin des siennes. Une caresse qui ne possède qu'une douceur féminine, intransigeante et délicate. Mon pouce efface lentement la marque purpurine de mes lèvres, le sourire qui orne la ligne de ma bouche ne frémit pas et il ne mourra pas avant que je n'ai quitté cette pièce, enroulée d'un tissus aussi léger que la soie. Mes pas s'arrêtent un instant sur le marbre chaud :

« Je peux influencer les pensées, mais jamais je ne serais décision, celle ci vous reviendra toujours. Au revoir Arianne. »

Ma voix s'écoule comme le miel d'orchidée et résonne encore longtemps après que je n'ai disparue.
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MessageSujet: Re: Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]   

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Le hasard aime a se moquer des errants [Tour III - Terminé]
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