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Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Dim 27 Mar - 23:16

Quelques jours étaient passés, depuis que nous étions arrivés dans l’Ouest. Je ne m’y sentais pas réellement à mon aise, mais l’installation au château prenait assez de temps pour ne pas m’en laisser à penser qu’il me serait difficile de prendre mes marques ici. Cela importait de toute façon peu. J’avais décidé de venir ici en sachant que je pourrais ne jamais m’y plaire, et c’était le risque à prendre, pour veiller sur ma cousine. Je me l’étais promis, ainsi que je l’avais promis à son frère et à Bowen. Elle était extrêmement sollicitée, aussi me contentais-je d’être là, et de ne pas me faire envahissante. Elle apprenait à connaître les princesses Lannister, ainsi que les autres dames de la cour. Elle se devait d’être amicale, tout en conservant la majesté qui était caractéristique de la Princesse du Nord à Winterfell. Elle serait leur Reine, elle se devait de se faire respecter, tout en se montrant assez amicale pour s’en faire des alliées.

Et je devais aussi me lier à elles, dans ce même but. J’avais eu bien du mal à le faire. Je m’efforçais d’ignorer ce qui me préocuppait, et m’agaçait à vrai dire, mais il était plus difficile de le faire que je ne le pensais. Savoir Gareth parti pour des affaires urgentes alors que ses fiançailles avec l’aînée des filles Lannister étaient annoncées à toute la Cour avait été rude… J’avais su cacher presque habilement ma colère, à cette annonce, comprenant mieux qu’il m’ait évitée et ne m’ait pas parlé de ces lieux ouestriens que nous avions traversés, que j’aurai pu découvrir. Mauvaise, je m’étais dit que j’avais été prévenue lors de leur mascarade pour qu’il vienne au Nord, et que j’aurai du savoir dès lors qu’il était indigne de confiance. Preuve en était que j’apprenais cela d’un autre. Je m’étais attachée à lui comme toute jouvencelle stupide, alors que j’aurai simplement du cesser de le fréquenter dès lors que son prince et lui avaient été démasqués. La colère que je ressentais avait été alimentée par chaque indiscrétion, chaque chuchotement que l’on était à ce sujet, chaque félicitation adressée à la Princesse – hypocrite, j’en étais sûre, pour avoir entendu sans qu’on ne sache réellement que j’étais là nombreuses dames probablement jalouses dire qu’il était indigne du rang de la princesse.

Jusqu’à ce que Lord Kenning revienne, et que sa sœur soit introduite auprès des Lady de la Cour. Et qu’elle reçoive des condoléances, pour le malheur qui s’était abattu sur sa famille. La perte de ses parents, de sa sœur par alliance. Je ne les connaissais pas, mais malgré la crainte constante que nous avions de perdre des hommes de notre famille dans le Nord, je n’avais pas directement été confrontée à une telle perte. Et je me sentais honteuse, de mon manque de considération, et de la colère futile que j’avais ressentie. Oh, la blessure était loin d’être apaisée, mais elle disputait la place à la honte immense qui m’assaillait. J’avais hésité, avant d’approcher le Lord. Le futur Prince. Peu certaine de ce que je pouvais lui dire. Lui-même se faisait absent. Il n’était arrivé que l’avant-veille, et il lui faudrait certainement du temps. Était-ce raisonnable de me rendre à ses côtés, de lui apporter… de lui apporter quoi ? Mon soutien ? Pouvais-je seulement le faire ?

Je ne pouvais de plus pas demander où se trouvait le futur marié, pas au mépris de toutes convenances alors… je devais le chercher seule. Si seulement la chose était possible. Surtout sachant que je n’avais aucun repère, dans ce château. Soupirant, je prenais la décision de me rendre auprès de mon faucon. Il cohabitait avec les corbeaux. Je ne m’attendais pas à y trouver celui que je cherchais, pour autant. Dans un silence relatif étant donné le bruit de mes pas sur le sol et celui des oiseaux sur mon passage, je posais ma main sur son épaule, incertaine de ce que je pouvais faire ou dire. Sans doute venait-il d’envoyer une lettre, peut-être au reste de sa famille… Difficile de prendre la parole et de ne pas dire quoi que ce soit de maladroit.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Lun 28 Mar - 17:12

Ce matin j'ai regarde le soleil se lever, après avoir à peine réussi à dormir quelques heures. Le soulagement que j'ai ressenti en passant les portes de mes appartements s'est couplé à une certaine forme de honte. Celle de me sentir chez moi entre ces murs, bien plus que je n'ai jamais pu l'être à Kayce et d'avoir enfin l'impression d'être à ma place, alors qu'à quelques lieues de là, mon frère se débat avec tout ce qu'il va avoir à faire les prochains jours. Oh je sais pertinemment que j'ai mon rôle à tenir à la cour, maintenant plus que jamais, que c'est lui et les autres membres de la fratrie qui m'ont poussé à reprendre le cours de mon existence mais, pour autant, je me sens mal à l'aise, comme si je les avais abandonnés.

Et c'est sans compter sur les regards des gens que je croise.
Visiblement, l'annonce des fiançailles n'a pas trainé et tout le monde est au courant. J'aurais aimé être là pour en parler avec Megara mais, ne sachant pas quand je reviendrais, il était plus pertinent d'agir de la sorte. Je n'ai pas encore eu l'occasion de parler avec la Princesse seul à seul depuis que je suis revenu et je redoute quelque peu le tête à tête, j'avoue. Mais je ne vais pas y échapper longtemps. D'ici là, d'ici à ce que je reprenne un semblant de contenance, j'ai évité tout le monde, à l'exception de Lyman, qui ne m'aurait de toute façon pas laissé faire. Tout le monde a eu la courtoisie de ne pas insister et de me laisser m'enfermer à ma guise. Après tout, je ne suis revenu que depuis deux jours, j'ai encore un peu de répit avant de devoir endosser mon rôle habituel.

Je ne sais même pas comment j'ai atterri là en fait. J'ai l'impression d'avoir marché comme un somnambule jusqu'à la volière, sans songer au but de cette petite sortie. Alors que mon regard se perd dans le vide et je reste debout au milieu des volatiles, un parchemin en main et totalement indécis quant à ce que je vais faire, j'entends du bruit dans les escaliers. Je me retourne brièvement, juste le temps de reconnaitre la silhouette de Lynara et je sens mes mâchoires se contracter et je songe l'espace d'un instant à quitter les lieux, avant de réaliser que c'est impossible vu qu'elle arrive par la seule issue possible. Je me retourne, fixant mon attention sur les quelques volatiles, comme si c'était exactement ce pourquoi j'étais venu. Peut-être qu'avec un peu de chance, elle fera ce qu'elle à faire ici et s'en ira en m'ignorant totalement. Cette attitude serait totalement justifiée eu égard au comportement que j'ai eu avec elle, d'autant plus qu'elle doit savoir pour Megara maintenant.

Pourtant, je sens sa main se poser sur mon épaule et j'ai un léger sursaut, incapable pour l'heure de me retourner à nouveau. C'est stupide, je le sais bien mais je glisse mes doigts entre les siens et je les serre quelques instants avant de souffler, avec un rire qui sonne faux.

"Je suis venu ici pour envoyer une missive à Kayce, pour prendre des nouvelles. Avant de me rendre compte que j'étais incapable de savoir à qui l'adresser. C'est tellement stupide."

Je ne sais même pas pourquoi je lui dis ça, probablement pour justifier ma présence ici, pour donner l'impression que je ne suis pas totalement perdu, que je sais ce que je fais ou quelque chose du même acabit. Je chiffonne le morceau de parchemin que j'ai entre les mains avant de me décider à lui faire face. Je n'ai guère dormi ces derniers jours et je ne dois pas avoir l'air particulièrement avenant mais je la fixe longuement dans les yeux avant de reprendre, dans un murmure à peine audible.

"Je suis désolé."

Elle n'imagine même pas à quel point et je ne me rends vraiment compte que maintenant, alors que je la regarde encore et toujours. Je lève une main dans sa direction, gagné par l'envie stupide de lui toucher la joue et incapable d'ajouter quoi que ce soit de plus. Je l'effleure du bout des doigts avant de faire un pas en arrière.

"Vous vous êtes perdue ?"

J'ai essayé de prendre un ton plus léger, naturel, mais c'est un échec cuisant. Pourtant, je ne veux pas laisser le silence s'installer encore une fois.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Mar 29 Mar - 1:16

Je mets plus de temps qu’il n’aurait du m’en falloir, à retrouver mon chemin vers la roukerie. Parce que je n’avais pas de repères, pour le moment, dans la citadelle, mais aussi parce que je ne perdais pas de vue la volonté que j’avais de trouver le futur Prince. Autant que je craignais de le voir au détour d’un couloir. Je ne savais absolument pas ce que je pourrais lui dire, comment je pourrais ne pas laisser voir tout ce qui m’avait traversé l’esprit, pendant les quelques jours qui s’étaient écoulés, depuis notre arrivée dans le Sud. Rien n’avait été facile, que ce soit l’acclimatation à ces lieux bien trop étranges ou de devoir démêler mes souvenirs, à la vue du mariage qui allait être célébré. J’avais écrit de nombreux courriers pour Bowen et Jon, dans lesquels j’essayais sans grand succès de masquer l’amertume que je ressentais devant la fausseté des gens de l’Ouest : entre les reproches indiscrets devant la qualité de ce mariage, quoi qu’ils se fassent discrets car il serait certainement mal perçu de critiquer un proche du Prince en ces temps peu joyeux pour lui, et la fourberie que j’avais présumée de la part de Lyman Lannister et Gareth Kenning… Je n’avais réussi à écrire que dès lors que j’avais su l’entière vérité. C’était donc une raison pour me rendre à la volière, en plus que de venir voir mon faucon – et éventuellement celui de Jeyne, elle n’avait pas pu se dégager de temps pour cela, pas encore. Elle trouverait elle aussi ses marques, elle y arriverait. Tôt ou tard.

Je ne pus retenir une grimace, alors que je voyais celui que je cherchais, de dos, mais aisément reconnaissable. Peut-être aurais-je pu reculer, partir, le laisser seul ? Il m’avait entendue, d’abord, puis vue, je ne pouvais pas en douter. Qu’il ne prenne pas la peine de réellement se retourner, comme s’il m’intimait de quitter sa présence, me peine plus que je ne saurai le dire, et ravive aussi la colère qui m’habitait il y a tout juste quelques jours, un bref instant. S’il ne voulait pas le voir, qu’il ait l’audace de me le dire. Je secoue pourtant la tête, faisant taire ces mots peu charitables, et l’élan de compassion que j’ai ressenti me revient. Je ne voudrais pas lui donner l’impression de le prendre en pitié, car ça n’est pas le cas. Bien que je n’ai pas vécu une perte aussi… proche, et probablement douloureuse, la mort n’est étrangère à personne dans le Nord. Alors peut-être devrais-je le laisser seul, mais je ne peux m’y résoudre. Je sens mon cœur qui se serre, alors qu’il saisit ma main, alors que le rire sans chaleur ou joie qui émane de lui se fait entendre. Je déglutis. Je suis sotte, dans quel était m’attendais-je à le trouver ? Je presse ma main dans la sienne, persuadée que ça ne changera rien à sa détresse.

« Vous pouvez écrire à votre frère que Lady Alys se porte aussi bien que possible, et que les Ouestriennes présentes à la cour des Lannister entretiennent nombre de distractions, pour l’aider à s’accoutumer à ce déracinement. » Était-ce Lady Alys, ou Lady Kenning ? Son jeune âge me dirigeait vers la première option, mais elle avait perdu la femme de son frère, et je n’aurai su dire si elle avait des sœurs, et si celles-ci portaient encore le nom Kenning ou si elles étaient mariées ? Sans doute valait-il mieux ne pas évoquer la possibilité qu’elle soit la seule Lady Kenning qui vive, dans tous les cas. Je serrais légèrement les lettres que j’avais en main. Inutile de lui dire que ce que je venais de lui suggérer provenait de mes propres courriers à ma famille. Les situations n’étaient pas comparables, bien que les mots puissent l’être. Leur sens, leur portée, n’étaient pas les mêmes. Je le regarde pourtant froisser le parchemin qui attendait ses mots, ou en contenaient certains bien trop confus pour qu’il ne puisse se permettre de l’envoyer. « Je peux vous aider à formuler votre lettre, si vous le souhaitez, Gareth. »

Nous ne sommes pas à l’abri des oreilles indiscrètes, et peu me chaut pourtant. Que je ne connaisse pas suffisamment les lieux ni les personnes qui pourraient nous écouter pas plus que le reste, pas davantage que la détresse de l’homme devant moi. Je tressaille bien malgré moi, devant son regard qui trahit bien trop de choses, pour moi du moins, devant le ton de sa voix, devant les propos que je n’aurai pas voulu avoir à entendre. Parce que je ne sais pas comment réagir. Je ne peux pas lui dire qu’il n’a pas à l’être. Je n’y crois pas, et je sais que si je lui réponds, alors l’offense ressurgira. Et je ne peux pas. Pas maintenant.

« N’en dites rien. »

Je suis brusque, mais je ne peux rien dire de plus. Encore moins alors que je vois la détresse dans son regard désorienté, ses yeux rougis par la fatigue, que je sens sa main sur ma joue. J’hésite à poser ma propre main sur la sienne, ou à ôter cette dernière, mais il ne m’en laisse pas le temps, alors qu’il recule. Je recule aussi, me rapprochant de l’une des ouvertures permettant aux volatiles de s’envoler, incertaine de l’attitude à adopter. Incertaine de ce qu’il est possible ou convenable de faire. Je fais abstraction de sa voix, essaye de sourire à sa question, à l’idée de mes nombreux égarements en si peu de jours. Le cœur n’y est pas réellement.

« Pas vraiment. Ou pas en arrivant ici, du moins. Je me suis retrouvée plusieurs fois sur le chemin des cuisines, ou celui des quartiers des serviteurs, alors que je cherchais à rejoindre ma cousine, mes appartements, ou tout simplement les dames de la Cour afin de me divertir, ou même de pouvoir me restaurer. En venant ici, il semblerait que je sois plutôt allée vers la ménagerie… Or, si des animaux s’y trouvent, ils n’ont ni l’aspect ni la taille de nos faucons à Jeyne et moi, ou des corbeaux à qui j’espérais pouvoir confier des courriers pour notre famille. »

J’avais malgré tout adopté un ton plus léger que je ne m’en croyais capable.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Mer 30 Mar - 22:17

Je n'arrive toujours pas à savoir si je suis heureux ou pas de la voir. Je me rends compte que j'en avais envie, besoin et que j'aurais probablement du le faire dès mon retour, quelles qu'en soient les conséquences. Je repense, l'espace d'un instant, à cette sensation d'apaisement que j'avais pu ressentir en sa compagnie, dans les Bois Sacrés de Winterfell et je me demande si la chose serait encore possible. Quand je serre sa main, elle me rend mon étreinte, même brièvement et je ferme les yeux quelques instants, poussant un profond soupir. Je suis las, mais je dois tenir bon, coûte que coûte.

Mais la façon dont j'évoque le courrier, cet air totalement perdu que je dois avoir, tout cela ne doit guère jouer en ma faveur. Alors, quand elle me répond, je secoue la tête, le regard toujours rivé sur ce fichu morceau de papier.

"Je ne sais même pas ce que mon frère a envie d'entendre. Et en fait, pour être parfaitement honnête, j'étais parti pour écrire à mes parents, pour leur parler d'Alys. C'est idiot n'est ce pas ?"

Ca l'est encore plus que je ne voudrais bien l'admettre. Surtout quand on sait le nombre de fois incalculables ou j'ai pu remettre à demain l'envoi de ce genre de missives. Même dans le Nord j'ai été un bien piètre correspondant et je commence doucement, mais surement, à me laisser gagner par les regrets, quand bien même j'ai parfaitement conscience que c'est une mauvaise idée.

"Mais… merci pour les conseils. Je ne sais pas si elle saura s'acclimater mais au moins elle se change les idées. Et après ce qu'elle a pu vivre, c'est nécessaire. Elle est beaucoup trop jeune pour continuer à se morfondre. Quant à votre proposition… "

J'ai un silence, fronçant les sourcils.

"Je suis pas persuadé que mon frère soit prêt à avoir des nouvelles rassurantes. Il a perdu son épouse et j'ai été incapable de trouver la moindre parole de réconfort. Moi qui me suis toujours vanté d'être beau parleur, voilà qui m'aurait été bien utile."

Et je continue de la regarder, incapable de détourner les yeux, cherchant son regard sans bien arriver à saisir pourquoi.  Je reprends la parole, m'excusant alors que je ne devrais probablement pas le faire maintenant, pas de cette façon, et sa répartie est un peu brusque, comme je pouvais de toute façon m'y attendre. Une part de moi, celle que je ne dois surtout pas écouter, est satisfaite de voir qu'elle est touchée, quand bien même nous n'avons pas clairement évoqué le sujet. Mais l'autre, celle qui prend le plus de place, s'en veut, à un point que je ne soupçonne même pas encore.

"Si je ne vous le dis pas maintenant, je n'aurais peut-être jamais l'occasion de le faire Lynara."

Je ne sais pas ce qui nous attend une fois que nous serons ressortis d'ici, si nous aurons vraiment l'occasion de nous voir seul à seul, ce qui ne devrait plus arriver si je ne veux pas lui porter préjudice. Alors je la fixe, incapable d'en dire plus, sachant pertinemment à quel type de réaction je m'expose. Cela ne m'empêche pas d'effleurer sa joue, tout en songeant que j'aimerais la serrer dans mes bras, ce qui serait encore une plus mauvaise idée. Je me recule et elle fait de même alors que mon regard se perd dans l'espace qui nous sépare maintenant. Je ne suis qu'un idiot.

Et, alors qu'elle essaie de se montrer légère, de donner le change, au lieu de lui en être reconnaissant, je m'en veux un peu plus. Je m'étais engagé à lui faire découvrir Castral Roc et, au lieu de ça, je l'ai laissée se perdre, sans même me soucier de ce qui pouvait lui arriver. Je finis par répondre, essayant de jouer le jeu.

"J'avoue, j'aurais aimé voir votre visage quand vous avez découvert la ménagerie. Je ne sais pas s'il y en a une ailleurs mais, lorsque j'étais enfant, c'était un endroit où j'adorais passer du temps. Et j'espère que les dames de la Cour se sont montrées aussi accueillantes qu'elles le devaient."

Mon ton n'est pas aussi amène que d'ordinaire et je n'ose même pas imaginer la tête que je dois avoir. Je devrais m'en aller, la laisser tranquille, pour de bon, mais j'en suis incapable, pas maintenant. Je me recule encore d'un pas, manquant de heurter un des perchoirs et soupirant, partagé entre l'agacement et le dépit face à mon attitude.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Ven 1 Avr - 2:08

Je peine à croire que le jeune homme devant moi soit le même que celui que j’ai appris à connaître dans le nord, celui qui a su bien malgré moi me faire rire et me faire oublier la colère que son prince et lui avaient fait naître. Il est difficile de le voir aussi désemparé, aussi incertain de l’attitude à aborder, alors que ça n’est pas quelque chose que j’associais à lui. Ça n’était pas quelque chose que j’aurai cru un jour voir transparaître sur son visage. Ça en rend difficile de ne pas être plus familière, de ne pas m’en approcher plus encore, pour l’étreindre comme j’aurai pu le faire avec Jeyne, comme j’avais d’ailleurs pu le faire de nombreuses fois avec Jeyne. Mais je ne le connaissais pas assez, et c’était un homme. Les hommes n’en étreignaient pas d’autres, et n’étreignaient pas les demoiselles de cette façon non plus. Alors il était tout aussi bien que je ne le fasse pas.

« Pourquoi cela serait idiot ? C’est si… récent. Il est évident que vous aurez ce réflexe, ou cette envie. Et il n’y aurait aucune honte à le faire, quitte à brûler ces mots que vous écrirez, mais je doute qu’il s’agisse là d’une attitude attendue ou bien vue, pour un homme. Mais ça n’a rien d’idiot. Vous ne devriez pas penser ainsi. Je me taisais un court instant, hésitant à poursuivre. Si j’étais confrontée à une telle situation, je me serai adressée à nos dieux, pour qu’ils puissent transmettre ce que je pensais à mes parents. Cela ne peut vous réconforter, mais je leur aurai certainement parlé. »

J’hésitais, et si je ne buttais pas sur mes mots, c’était uniquement parce que je ne voulais pas me comporter différemment malgré tout. Ne pas céder à la compassion excessive, ni à la colère malvenue étant donné les circonstances. « Si Jeyne et moi pouvons l’aider, soyez sûr que nous le ferons. » Je grimaçais bien malgré moi. J’étais sincère, mais… Il me serait difficile d’apprendre à connaître la sœur de celui qui… celui à qui je m’étais bien trop attachée, à tort. Mais elle n’y était pour rien, et je n’étais pas sûre qu’elle ait face à elle des gens réellement bienveillants. Peut-être avais-je tort de penser cela, malgré tout.

« Je ne connais pas votre frère, mais cela n’allègerait-il pas quelque peu la peine et le poids qu’il doit ressentir, que de ne pas avoir à s’inquiéter pour votre sœur, pour vous ? Il ne doit pas être idiot, et saisira bien la nuance de la chose, mais essayera peut-être de se raccrocher à l’espoir qu’elle puisse réellement s’acclimater à la cour de l’Ouest… »

Je ne veux ni me montrer indélicate ni brusque, mais je suis malgré tout parfaitement sincère, quant à ce que je dis. Je ne peux affirmer que je ne fais pas erreur, surtout en sachant que je n’ai jamais vu la famille Kenning, mais il ne pourrait être cruel au point de vouloir qu’ils soient tous plus malheureux qu’ils ne doivent l’être, n’est-ce pas ? Est-il seul, là-bas, sans aucun soutien qui pourrait lui faire souhaiter que sa sœur revienne à ses côtés ? « Quant au fait que vous n’ayez pas su quoi dire… Rien ne nous y prépare, jamais. Et je ne doute pas que votre frère ait apprécié votre présence, malgré le silence dont vous avez peut-être fait preuve. Seul cela a du compter. »

En étais-je certaine ? Thea n’avait pas toléré réellement la présence de qui que ce soit, à la perte de sa sœur, fuyant aussi sûrement les habitants de Karhold que les visiteurs, y compris sa propre famille. Je ne pouvais pas pour autant lui dire cela. Pas même après qu’il ait tenté des excuses, auxquelles j’espère avoir mis fin. Auxquelles j’aimerai mettre fin. C’est sans compter son insistance. Jamais l’occasion de le faire ? Quelle importance ? Pour qu’il parvienne à nouveau à me convaincre qu’il n’avait pas le choix, et ne faisait qu’obéir à son prince ? Qu’il endorme à nouveau ma méfiance, pour mieux recommencer ? J’hésite à lui intimer de se taire une nouvelle fois, et à partir, mais pourtant je reste là. Je croise les bras, je me recule, sans rien ajouter. S’il veut parler, qu’il le fasse. Peut-être achèvera-t-il de me convaincre de fuir. De le fuir. Sauf qu’il s’approche bien malgré moi, et que je sens sa main sur ma joue. Mon cœur, ce traître, fait un bond. Et se serre, en croisant à nouveau son regard. Je serai en colère contre lui plus tard… Je ne peux pas être aussi cruelle, pas maintenant. Alors sans lui laisser le temps de parler encore plus, je lui coupe la parole, pour détailler mes allers et venues dans Castral Roc, mes égarements à des lieux où je n’aurai pas du être. Souriant, essayant de rire de moi, comme lorsque je lui avais évoqué que je risquais de marcher sur la cape aux couleurs des Stark de Jeyne, au mariage, et de m’étaler au sol devant tous. Si mon ton était léger, il ne l’était pas autant qu’il aurait pu l’être, mais ça n’était rien en comparaison à celui de Gareth. J’essayais de l’ignorer, cependant, pour conserver le mien.

« Je ne m’y suis pas attardée, quelque peu impressionnée par les animaux présents… Inutile de préciser que je n’étais guère rassurée. Il me reste donc à la visiter. Cela devait être spectaculaire et terriblement impressionnant, à découvrir en n’étant qu’un enfant. Quant à ces dames… Elles se sont montrées très affables, et ont fait beaucoup pour nous accueillir, à Jeyne et moi. La future Reine du Roc méritait bien cet honneur. » Je n’avais pas été négligée, loin de là, mais je ne pouvais oublier les murmures de certaines ladys moins… proches des princesses Lannister, et de fait moins importantes. Des intrigantes. Je ne voulais guère l’importuner avec cela, malgré tout.

J’hésitais un instant à poursuivre, grimaçant malgré moi. J’essayais de lutter contre ma colère et la froideur qui ne manquerait pas de transparaître dans ma voix, tout en restant ferme. « Si vous souhaitez en dire davantage, aloes faites le, mais sachez que je ne vous garantie pas de garder mon calme. Que je ne vous garantie pas de me sentir n’être qu’un jouet que vous pouvez manipuler, ou que ma colère et ma honte ne ressurgiront pas. Je ne veux pas vous infliger cela, Gareth, mais je ne saurai pas limiter mes réactions. Je le devrais, mais je n’en suis pas capable pour le moment. »

|HJ| Désolée d'intervertir la discussion sur la découverte des lieux et celle sur les excuses, mais je pourrais pas justifier qu'elle poursuive une conversation légère s'il poursuit comme ça J'espère que c'est pas trop maladroit


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Mar 12 Avr - 22:55

Je sens le regard de Lynara peser sur moi et je suis encore et toujours partagé par les sentiments qu'elle provoque chez moi qui se confrontent à ceux que je dois ressentir. Je laisse filer un silence à ses propos avant de secouer la tête et de souffler, à mi-voix.

"C'est idiot parce que j'ai toujours repoussé le moment où j'écrivais à ma famille. Je pensais avoir le temps et je trouvais toujours mieux à faire. Voilà que je me laisse envahir par les regrets alors que je sais pertinemment que ça ne sert à rien. Quant au reste…"

Je me frotte doucement la nuque, grimaçant de douleur alors que j'ai à peine retrouvé une mobilité partielle de mon épaule. Comme si tout le reste n'était pas suffisant pour que s'ajoute ce désagrément supplémentaire. Enfin, à bien y réfléchir, c'est une douleur physique, tangible, à laquelle je peux me raccrocher.

"Je ne saurais dire quelle attitude est bien vue ou attendue pour un homme. Enfin si, je dois probablement garder la tête haute, me montrer fort, distant ou je ne sais quelle idiotie dans le même genre. Mais je n'y arrive pas. J'ai l'impression d'être à nouveau cet enfant terrorisé par ses premières nuits au Roc à chaque fois qu'il y avait de l'orage. Je cherche mes parents mais ils ne sont plus là."

Je cille à ce constat que je n'avais pas encore osé évoquer à haute voix et, l'espace d'un instant, je me sens encore plus idiot. J'aimerais pouvoir m'adresser à ses dieux, aux miens, peu importerait. Mais c'est bien quelque chose qui ne m'a pas effleuré une seule fois depuis que c'est arrivé. Quand elle évoque ma sœur, j'ai un bref hochement de tête, sans bien savoir quoi répondre. Et puis, une fois de plus, je reprends, sans vraiment réfléchir.

"Merci pour elle. En temps normal son caractère est semblable au mien. Certains la décrivent comme adorable, d'autres comme insupportable. Mais, avec ce qui s'est passé, je sais qu'elle essaie de faire front pour que je sois fier d'elle et qu'elle n'a personne à qui se confier réellement. Je ne sais même pas à quoi elle peut bien penser en ce moment. Et vous avez raison pour le reste. Mais je me rends compte que se montrer raisonnable et cohérent peut être hors de portée pour lui."

Et voilà qu'elle continue encore et toujours à se montrer compatissante, à l'écoute, qu'elle relève chacune de mes absurdités et qu'elle fait une réponse pertinente, qui devrait me réconforter si je n'avais pas idée du mal que cela peut lui causer. Mais voilà que je me fais encore plus idiot et que je tente de m'excuser. Propos qu'elle repousse avec une certaine brusquerie, ce qui ne m'empêche pas de me rapprocher et d'effleurer sa joue. Si Lynara ne fuit pas, elle change de sujet sans même me laisser le temps de rajouter quoi que ce soit. Je sens mes mâchoires se contracter mais je l'écoute et j'abonde en son sens, ne me sentant guère le courage d'insister à nouveau.

"La ménagerie vous plaira, je vous l'assure. Et oui, c'était impressionnant quand j'étais enfant et il m'arrive encore de l'être lorsque j'ai passé du temps sans la voir. Comme ça sera surement le cas quand j'y retournerais un jour prochain. Cela faisait déjà longtemps que je n'y étais pas allé avant notre départ pour Goeville mais là, j'ai l'impression que ça fait une éternité. Et ces dames ne se sont-elles pas montrées un peu trop affables justement ? Trop pour être parfaitement honnêtes ?"

Je sais à quoi elles ont déjà pu être confrontées et, l'espace d'une seconde, j'ai retrouvé ma mine habituelle, m'inquiétant pour les deux jeunes femmes. Elles sont capables de les affronter mais j'aurais aimé être là pour les aider de mon mieux. Mais, avant que je n'ai le temps de trop en dire à sujet, elle finit par accepter de parler du reste.

Et, sans savoir si je regrette ou non qu'elle ait choisi de le faire, je hoche doucement la tête à ses propos et je laisse filer un silence, cherchant mes mots.

"Je… merci pour votre franchise. Vous savez, l'espace d'un instant, totalement stupide, j'ai cru qu'il serait possible de demander votre main si les choses continuaient de la sorte entre nous. Je n'aurais probablement eu aucun argument convaincant à exposer à votre famille et une telle union n'aurait rien apporté à personne mais, je ne sais pas, cette idée avait quelque chose de plaisant. Avant que la réalité ne se rappelle à moi."

Je lève alors les yeux et je me résous enfin à la fixer avant de déglutir.

"Vous n'êtes pas un jouet Lynara, vous ne l'avez jamais été. Je ne vais pas vous faire l'affront de vous dire que je n'ai pas eu le choix, que je ne voulais pas vous faire de mal même si c'est la vérité. L'affection que j'ai pour vous est sincère mais nous savons tous les deux qu'elle n'a pas la moindre importance, surtout lorsque l'on parle de mariage princier. Je ne veux pas vous perdre et pourtant, je ne peux rien vous offrir. Alors je comprendrais que vous me détestiez, que vous soyez en colère ou tout ce qui vous passera par la tête et ce sera uniquement ma faute."

Je me rends compte que je n'aurais probablement pas dû parler de la sorte. Mais je ne sais pas comment lui dire les choses autrement. J'ai besoin d'elle, plus que je ne l'aurais cru et je n'ai pas le droit de lui demander d'être là pour moi. Pas après tout ce que je viens de lui dire.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Jeu 14 Avr - 22:27

Le ton de sa voix et le désarroi sur son visage me serrent le cœur, et pourtant je ne suis pas certaine de trouver les mots. J’ai été confrontée à la mort, oui, mais jamais aussi… proche. Jamais aussi forte, probablement. Difficile, pourtant, de ne pas répondre. Et j’aurai pu faire demi tour, l’ignorer, plutôt que de rester là, et de chercher son contact. J’avais été idiote, et je le mettais sûrement dans l’embarras à cause de ce besoin d’être à ses côtés, ou même de le confronter à ce que j’avais appris à notre arrivée. Alors même que je ne voulais, au final, rien en dire, parce qu’il devait être affligé d’une peine bien trop grande et que je n’étais pas cruelle.

« Ils doivent être fiers de vous, quel que soit l’endroit où ils se trouvent, et je suis sûre qu’ils ne vous tiennent pas rigueur de ce que vous n’avez pas fait. Quant au fait que vous regrettiez de ne pas leur avoir écrit… Vous avez pensé à eux, vous ne les oubliiez pas, et vous êtes aux côtés de ceux qui ont maintenant besoin de vous. Vous êtes un Kenning exemplaire, Gareth, j’en suis certaine. »

Pouvais-je vraiment affirmer ça, alors que je ne connaissais personne de sa famille, et que j’avais été prête, quelques minutes auparavant, à l’accuser de fausseté et de mensonge – à nouveau ? Je ne savais pas. Mais je le pensais réellement, malgré les reproches que j’avais à lui faire. Après tout, ne s’était-il pas précipité au domaine de sa famille ? N’avait-il pas ramené sa sœur avec lui, afin qu’elle n’ait pas à affronter cela seule, là-bas ? Son frère s’y retrouvait-il donc seul, avec des domestiques ? Je me gardais de poser cette question, cependant. Tout comme je ne lui affirmais pas que je prierai les Anciens Dieux pour le repos de leurs âmes, et de la sienne. Cela n’aurait aucun sens pour lui.

« Je ne vais pas vous dire le contraire… Mais je suis persuadée que le Prince n’attend pas cela de vous, et que vous pouvez avoir suffisamment confiance en lui pour vous accorder le répit dont vous avez besoin dans ses appartements. Sur Jeyne, aussi, et sur les Princesses, peut-être ? »

Je me gardais de citer nommément Megara, ou même de m’évoquer. Que j’en ai l’envie ou pas, que je l’estime possible, ce serait surtout inconvenant et source d’embarras. Et je me refuse à être plus proche de lui que ne devrait l’être une simple dame de compagnie de la Princesse du Nord et de l’Ouest, présente à Castral Roc. Bien que je ne devrais pas être là, en ce cas. Après aujourd’hui, je me fais le serment de ne plus être en contact avec lui. Je me sens bien maladroite, en tout cas, à ne pas savoir comment agir, que dire, et à évoquer des choses sans même être sûre ne pas le blesser ou de ne pas commettre d’impair. Je retiens un soupir et une grimace, relevant la tête vers lui.

« Je… Si vous le souhaitez, vous pouvez lui dire qu’elle peut se confier à moi, si elle en ressent le besoin. Elle a grand besoin de soutien, et peut-être bien est-ce mon cas aussi. Je la suppose digne de confiance, et bien différente de beaucoup de lord et lady de l’Ouest… »

Je n’évoquerai pas les conversations surprises à mi-voix, quand on ne me prêtait pas attention, et je ne savais pas s’il comprendrait réellement, mais cela avait, en fin de compte, peu d’importance. C’était idiot de ma part, de me proposer pour aider sa sœur, mais je ne pouvais m’en empêcher. Et ce que je… Gareth ne devait pas m’empêcher de soutenir une jeune femme démunie, aussi peu habituée que moi peut-être aux jeux de cette cour, et surtout une jeune femme très affectée, supposais-je, par une perte aussi cruelle.

« Est-il seul sur son domaine ? Ou est-il avec d’autres membres de votre famille ? Pour… peut-être, ne pas céder à des impulsions regrettables. Malgré la difficulté de cela. »

Je me mêlais beaucoup trop du drame qui touchait la famille Kenning, et je m’en mordrais très probablement les doigts, dans peu de temps. Mais il serait bien trop pénible et douloureux de l’abandonner comme cela, dans l’état dans lequel il était. Oui, vraiment trop. Et pas une chose que j’étais à même de faire. Peu importait la peine que ressentirai plus tard.

« Peut-être pourrez-vous la faire découvrir à votre sœur, si elle ne la connaît pas déjà, ainsi qu’à Jeyne et moi ? Les Princesses Lannister accepteraient même peut-être de nous accompagner, si elles ne sont pas occupées ailleurs ? »

Ce serait inconfortable, mais je ne pouvais pas solliciter de nous y rendre avec ma cousine et sa sœur, sans songer à sa fiancée et à sa belle-sœur. Bien que je sois persuadée que la complicité qu’il doit partager avec Megara Lannister sera douloureuse. Peut-être cela me dissuadera-t-il réellement de chercher sa compagnie, ou de me montrer amicale avec lui, de tenter de le réconforter.

« Quant à ces dames… Très probablement. Et passant davantage inaperçue que ma cousine et la famille royale, sans doute ais-je surpris des propos que je n’aurai pas du entendre. Mais ils étaient méprisables, et cela n’importe que peu. Je sais au moins à quelles langues de vipères je ne peux guère me fier. Pardonnez-moi de mon jugement, cependant… Je ne souhaite dénigrer ainsi des gens que vous avez fréquenté toute votre vie durant. »

Il ne me laisse de toute façon pas l’occasion de m’appesantir là-dessus ou même d’ignorer le sujet de son futur mariage, m’imposant d’en parler. Que je le prévienne qu’il risque de provoquer ma colère n’y change rien, pourtant. Soupirant, je croise les bras inconsciemment, attendant qu’il dise ce qu’il a sur le cœur. Peu importe le mal que ça peut me faire, ou la colère que ça peut susciter. Je ne suis pas enchantée, cependant, de devoir entendre ce qu’il a à me dire, même si je n’ai aucune idée de ce qu’il va me dire.

Et si je voudrais cacher ce que je ressens, ce que ses paroles font naître en moi, je crois bien en être incapable. La tristesse infinie qui me prend, surtout. S’il fuit mon regard, je ne suis pas capable de l’affronter non plus. Comment ais-je pu me fourvoyer à ce point, agir de la même façon que je le reprochais à nombre de jeunes filles à la cour ? Je suis idiote, tout simplement. Pourtant, je l’écoute, et ne sait pas comment réagir. Je sens son regard sur moi, alors que le silence retombe. Attend-il une réponse de ma part ?

« Je devrais aussi, sûrement, vous remercier de cette franchise que je vous ai demandée. De cette honnêteté qui me fait plus de mal qu’il ne serait convenable de le reconnaître, alors que je songe à tout ce que je perds, alors que j’aurai peut-être pu m’en approcher. Alors que la blessure n’en est que plus cruelle. Alors que je me sens particulièrement  bête, moi qui ai longtemps été peu amène envers ces jeunes femmes qui se laissaient séduire. Et cette réalité est bien cruelle… »

Je voudrais avoir son courage, celui de le fixer dans les yeux, mais je ne suis pas certaine de pouvoir le faire. Pas du tout, même. Je déglutis, recule légèrement comme pour échapper à la tentation, et croise enfin son regard. Je ne sais pas ce qu’il peut y voir, mais je crois préférer ne pas le savoir. Je l’écoute attentivement, plutôt que de me questionner, encore. J’aurai tout le temps d’y penser, durant les jours à venir.

« Qu’attendez-vous de moi, à me dire ça, Gareth ? Sans doute ais-je été amère et injuste envers vous dans mes pensées, parce que je suis blessée, sans doute accueillerais-je avec joie, plus tard, ces confidences, mais que voulez-vous que je vous réponde ? Que l’affection que je ressens pour vous n’est pas davantage feinte ? Comment voulez-vous que je me sente, à savoir que vous allez épouser une princesse, et que je ne serai sûrement jamais à la hauteur d’une telle opportunité d’alliance ? Comment puis-je penser à autre chose que le fait qu’il sera douloureux de vous voir, heureux et complices, mariés ? Parents, peut-être ? Comment pourrais-je prétendre aller bien, alors qu’il m’est impossible de ne pas savoir que d’ici peu de temps, je devrais retourner dans le Nord, cesser d’être un soutien pour Jeyne, qui n’aura surement par ailleurs plus besoin de moi, parce que je suis déjà âgée, et que je vais devoir me marier ? Alors je suis en colère, oui, et triste. Pour nombre de raisons. Blessée, aussi. Dois-je vous conter tout ce qu’il en est ? »

Je lui en dis trop, beaucoup trop. Je ne devrais pas avouer tout ce qui me tracasse. Je ne devrais pas lui signaler tout cela, alors qu’il a subi un drame bien plus important. Mais je l’ai prévenu que je ne contrôlerai pas forcément mes réactions.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Ven 15 Avr - 19:20

Depuis mon retour j'ai réussi à rester de marbre devant tout le monde ou presque. Lyman fait exception bien évidemment, il m'est de toute façon impossible d'arriver à lui cacher quoi que ce soit. A dire vrai, je n'ai jamais essayé mais je supposer qu'il verrait rapidement si j'étais en train de lui mentir ou de lui cacher quelque chose. Et il s'avère que, pour la première fois depuis longtemps, je n'arrive pas à garder mon masque habituel devant Lynara. La façon dont elle me regarde, sa compassion que je sais non feinte, tout cela fissure doucement mais surement le mur que j'essaie d'ériger entre elle et moi sans le moindre succès. Je serais incapable de dire comment elle réussit ce tour de force mais ce n'est vraiment pas une bonne chose.

Quand elle évoque ce que mes parents peuvent penser là où il sont, mon cœur se serre et j'ai un bref hochement de tête. J'aimerais comme elle être aussi dévote et croire qu'ils peuvent vraiment encore être là d'une certaine façon mais je n'y arrive pas.
Finalement la force de l'habitude n'a pas réussi à me convaincre mais je n'ai pas envie de la contredire, d'autant qu'elle arrive tout de même à apaiser mon tourment l'espace d'un instant. Je laisse filer, avec un sourire qui ne gagne pas mes yeux et d'un ton loin d'être celui que j'ai quand il me prend le loisir de plaisanter.

"Je ne suis pas exemplaire Lynara, je pensais vous l'avoir déjà dit non ? Je ne sais s'ils m'en tiennent rigueur ou non, dans tous les cas, je le ferais suffisamment pour tout le monde. J'espère juste que le temps finira par faire son office."

Je pousse un profond soupir, me demandant s'ils seraient vraiment fiers de moi ou pas. Si l'homme que je suis en train de devenir est à la hauteur de leurs espérances. Me savoir marié à Meg les auraient enchantés et j'espère qu'ils ont eu le temps de l'apprendre avant tout ça.

"J'aurais aimé qu'ils soient là pour nous accueillir, j'aurais tiré la joue d'Alys qui aurait couiné et se serait réfugié derrière Mère et rien de tout cela ne serait arrivé. Mais nous ne serions probablement pas là."

Et j'aurais fait ce que j'avais prévu, j'aurais agi comme le dernier des rustres et des égoïstes face à Lynara pour ne pas lui faire regretter quoi que ce soit à mon égard. Mais ce n'est pas le cas et je me retrouve à chercher du réconfort auprès de la dernière personne qui devrait le faire. Pas avec tout ce que je peux lui faire subir en parallèle. Je secoue la tête avant de souffler, d'un ton calme.

"Lyman aimerait ne pas avoir à me demander cela. Mais il n'aura pas le choix. Le protocole et nos obligations ne souffriront pas d'un deuil trop long. Il y a beaucoup de choses à venir Lynara et la guerre gronde de tous les cotés. Je ne peux pas me permettre de fléchir, pas avec la position que je me veux avoir auprès du Prince et avec tout ce monde qui n'attend que ça."

Je ne relève pas le fait qu'elle ait évoqué les princesses, j'en suis même étonné. Je songe brusquement à Nymeria que je n'ai pas vue non plus depuis mon arrivée mais j'ai peur qu'elle soit trop triste pour moi pour que j'arrive à le supporter. Et quand Lynara évoque le fait de prendre soin de ma sœur, je la fixe un instant, fronçant les sourcils. Après tout ce qui se passe elle est encore capable de penser à ce genre de choses ?

"Merci. Vraiment. Alys n'est pas habituée du tout à la vie à la cour et j'ai peur qu'elle soit complètement perdue. Mais je suis persuadé que vous allez bien vous entendre, elle vous plaira j'en suis sûr."

Ca ne devrait pas avoir la moindre importance et pourtant cela en a pour moi, sans que j'arrive à saisir pourquoi. Je pousse un léger soupir quand elle m'interroge sur mon frère et je suis incapable de dire quoi que ce soit l'espace d'un instant alors que je me demande s'il serait capable de ça.

"Je n'ai jamais vraiment su s'il s'entendait réellement bien avec son épouse ou pas et je ne me suis jamais posé la question. Voilà qui fait de moi un bien piètre frère n'est-ce pas ? Mais mes sœurs ainées sont avec lui. Mon autre frère a du partir en même temps que moi je le crains, il avait des affaires à régler. C'est l'avantage d'avoir une fratrie particulièrement nombreuse, il est impossible de rester seul bien longtemps."

L'idée de lui faire découvrir la ménagerie, accompagnée de Jeyne et de Lynara a quelque chose de plaisant. Comme si ce que j'avais pu imaginé l'espace d'un instant se faisait réel. Il n'en est rien évidemment et ce serait une bien mauvaise idée, surtout avec les princesses en plus. Mais je joue le jeu et j'ai même un bref sourire à cette idée, hochant la tête.

"Ce serait amusant oui. Ne serait-ce que pour voir vos mines émerveillées devant des animaux que vous n'avez jamais du voir en vrai. Il faudra que nous en reparlions rapidement."

Le reste de ses propos m'arrache un rire, le premier depuis bien longtemps. Il est loin d'être aussi vivace que d'habitude mais il n'est pas feint. Et je lève une main dans sa direction soufflant, d'un ton presque amusé.

"Oh, nul besoin de vous excuser à ce propos. Je vous avais prévenue, les gens de la cour sont les spécialistes des faux-semblants et des couleuvres qu'ils aiment à glisser derrière le dos des gens. J'y suis habitué depuis le temps même si cela ne veut pas dire que j'apprécie. Et j'imagine très bien les demoiselles à qui vous faites allusion. J'aime à croire que vous apporterez un vent nouveau avec Jeyne."

Si elle a soigneusement évité le sujet qui reste en suspend entre nous, elle finit par en reparler et ses propos me touchent, bien plus que je ne le voudrais, que je ne le devrais. Je la regarde longuement sans rien dire, ne sachant pas vraiment comment aborder la chose avant de continuer avec une franchise probablement malvenue. Moi qui suis habitué à manier les mots, voilà que je fais tout le contraire et que je lâche tout, sans chercher à enrober mes propos d'une quelconque façon que ce soit.

"Je ne veux pas vous blesser et pourtant, quoi que je fasse, ce sera le cas. A défaut d'autre chose, je préfère être franc avec vous, même si ce n'est probablement pas des plus judicieux au vu de notre situation. Et je n'ai pas cherché à vous séduire, à dire vrai, je l'ai été tout seul, à l'instant même où je vous ai croisée sur le pont de ce navire."

J'aurais mieux fait de m'abstenir de lui adresser la parole ce jour-là, nous n'en serions pas là. Et je suis pourtant incapable de savoir si je le regrette réellement ou pas.

"Je ne sais pas ce que j'attends de vous. A dire vrai, je n'aurais même pas du vous dire tout ça, je m'étais promis de faire ce qu'il faut pour vous faire croire que je me moquais de vous et de votre présence mais j'en suis tout simplement incapable. Je ne sais pas comment vous devez vous sentir et pourtant, une part mesquine de moi est satisfaite de voir que vous êtes touchée par ce qui se passe, quand bien même ça ne changera rien."

Je m'arrête, fermant les yeux quelques instants, saisissant réellement tout l'impact de ce qu'elle vient de dire.

"Je ne veux pas que tu repartes dans le Nord mais ce serait tellement mesquin de vouloir que tu restes alors que j'en épouse une autre et qu'il va falloir que je fasse effectivement en sorte que cette union soit heureuse, par respect pour elle et tous ceux qui nous entourent. Et qu'il ne faut pas se leurrer, quand bien même je n'ai pour Meg que l'affection d'un frère en cet instant, nous ferons ce qu'il faut pour avoir des enfants. Je ne veux pas te blesser mais je n'ai pas envie de m'éloigner de toi. C'est totalement idiot parce que ce serait la meilleure chose à faire, pour toi surtout."

Je me suis mis à la tutoyer sans même m'en rendre compte et surtout, je me suis avancé jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres d'elle. Et, comme je sais que l'occasion ne m'en sera probablement plus jamais donnée ou que, tout du moins, je ferais ce qu'il faut pour que ça n'arrive plus, je fais ce que je ne devrais pas. Je la prends dans mes bras et je l'embrasse. Une part de moi espère lâchement qu'elle sera suffisamment furieuse pour me gifler à nouveau et partir, je n'aurais pas à le faire moi-même, tandis qu'une autre espère qu'elle me rendra juste mon baiser.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Ven 15 Avr - 23:22

Aucune de ses réactions ne s’accorde à celles auxquelles j’ai été habituée. Il semble tellement différent, tellement… je ne sais pas. Il est difficile de lui faire face, de fuir la colère et la sensation de trahison, pour compatir. Bien que je le fasse sincèrement, malgré tout. Peut-être que cela ne durera pas, mais il paraît tellement perdu que je suis bien incapable de réagir autrement. Encore moins alors qu’il me parle de ses regrets, de sa culpabilité, peut-être. Surtout pas alors qu’il tente de sourire, sans être guère convaincant.

« Il ne s’agit pas là de me dire ce que vous pensez, Gareth, encore moins quand votre opinion est influencée par tout ce que vous n’avez pas pu faire, et par ce que vous vivez maintenant. Ce qui importe est ce que vos parents peuvent penser de vous. Et jamais parent ne ressentira quelque chose d’aussi fort que l’amour et la fierté de ses enfants. Vous finirez par le réaliser, tôt ou tard, et par croire ce que je vous dis quant à vos parents. »

Je ne peux m’empêcher de grimacer, cependant, en l’entendant parler de ce qu’il aurait souhaité. Je suis incapable de répondre quoi que ce soit. Il est tellement sincère et démuni que c’en est beaucoup trop touchant, et horrible pour lui. Je déglutis, avant de le regarder.

« Cela doit être difficile à imaginer pour vous, mais vous pourrez revivre ça, un jour, Gareth. Même si vous ne devez pas pouvoir l’envisager pour le moment, Alys retrouvera cette habitude de couiner, et vous celle de la contrarier… Mais il faut, comme vous le dites, laisser le temps faire son office. Ne précipitez pas les choses, et ne vous laissez pas trop vous blâmer de ce que vous auriez voulu faire avec vos parents. »

Je parlais sans savoir, et c’était certainement facile à dire dans une situation pareille, mais bien moins évident à réaliser. Je ne pouvais même pas lui affirmer qu’il aurait mon soutien, pour traverser tout cela. Je ne pouvais absolument pas lui offrir une telle chose, pas étant donné les circonstances. Il était promis à une autre, et je ne pouvais me faire souffrir autant. Mais le Prince était son ami, et lui devait pouvoir le lui apporter. Je l’espérais, du moins.

« L’attitude que vous devrez avoir au sein de la Cour et celle que vous pourrez adopter au sein de vos appartements, ou de ceux du Prince, loin des regards scrutateurs et malhonnêtes, ne sont pas les mêmes. Si les évènements qui embrasent Westeros force le temps, sans doute pourrez-vous vous laisser aller, au moins quelques instants, dans ces lieux hors du temps, n’est-ce pas ? »

Je taisais cela, mais je le lui souhaitais, malgré… malgré tout. Quels que soient les torts que j’avais à lui reprocher, je n’étais pas cruelle au point de souhaiter son malheur, et d’espérer qu’il ne puisse faire son deuil et que la tristesse prenne le meilleur de lui. Et peut-être obtiendrait-il un bonheur certain, venant de ce mariage… Mais cela, je me refusais à y penser, ou même à l’envisager.

« Elle mérite certainement que des gens se soucient d’elle, et sans arrière-pensée. Et… vous pourrez nous présenter, peut-être. Je ferai en tout cas de mon mieux, pour qu’elle ne soit pas en permanence en tête à tête avec son chagrin, ou… »

Ou avec des jeunes femmes, qui en toute innocence, ou en toute innocence feinte, la questionnerait sur des sujets délicats, comme la mort de ses parents, ou la surprise des fiançailles et, de toute évidence, la rapidité anormale avec laquelle devait être célébré le mariage. De nombreuses familles importantes de l’Ouest étaient déjà conviées, après tout. Je ne finissais pas ma phrase, incertaine de vouloir lui infliger ce que j’avais entendu, et encore moins de vouloir évoquer cela avec lui. Bien que le doute se soit insinué dans mon esprit, bien malgré moi… Et je ne pouvais décemment pas dénoncer l’attitude des femmes ouestriennes, que nous ayons déjà évoqué cela avant ou non.

« Vous ne réussirez pas à me convaincre de cela, Gareth. Vous aviez d’autres obligations, et d’autres tâches à accomplir, ici, à Castral Roc. N’avez-vous pas été comme un frère, pour le Prince ? S’il ne faut que cela, je n’ai jamais rien fait pour mes frères, à part demander à notre Roi de les placer auprès d’un illustre guerrier, qui a pu les protéger pour leur premier combat, chance que n’ont pas eu beaucoup d’entre eux. Si je leur ai écrit, je n’ai que rarement pu les voir, bien que Karhold n’ait pas été si loin. Je ne me suis pas non plus souciée de ma tante, qui aurait dépéri à la mort de sa sœur, la Reine Sigyn, la mère de Jeyne, si je n’avais été là, et qui a extrêmement mal vécu que j’aille vivre à Winterfell. Cela ne fait pas de vous ou de moi de piètre membre de nos propres familles, simplement des gens qui comprennent où se situe leur devoir, au détriment d’autres choses parfois. Votre frère a-t-il des enfants ? J’espère en tout cas que vos sœurs pourront lui apporter le soutien dont il a sûrement besoin. Pensez-vous qu’il assistera aux… festivités ? »

Une manière détournée comme une autre, de parler de son union. Si seulement je pouvais ne pas y assister, personnellement… Mais je doute que ce soit possible. Voir un sourire apparaître sur ses lèvres me réconforte quelque peu, même s’il est bien faible, comparé à ceux que j’ai pu lui voir.

« Si vous en avez l’humeur ou le besoin, je suis certaine que personne ne s’opposera à un tel souhait des trois princesses de l’Ouest, et Jeyne saura convaincre ses nouvelles sœurs de cela, j’en suis persuadée. »

Impossible de dissimuler la tristesse sur mon visage, à cette pensée. J’étais jusqu’à présent cette sœur que ma cousine n’avait jamais eue, et bien qu’elle ne me mette pas à l’écart une seule seconde, je ne pouvais m’empêcher d’en avoir peur, malgré tout. Je m’efforçais cependant de la chasser, et de sourire à nouveau. Ce qui est facilité par le rire qu’il laisse échapper, presque malgré lui on dirait, mais qui me réchauffe bien malgré moi le cœur. Ce traitre, qui ne devrait pas agir ainsi.

« Êtes-vous certain que cela soit possible ? Je ne me permettrais pas de dire que vos Princesses sont ainsi, pas alors qu’elles ont été réellement plaisantes et ont tout fait pour que notre arrivée se passe bien, mais les choses ne sont-elles pas ainsi depuis bien trop longtemps pour changer ? »

Je grimaçais bien malgré moi, mais j’avais du mal à imaginer une habitude provenant de contrées à l’opposée de celles où nous nous trouvons prendre racine dans la leur. Et bientôt, cette réserve fut oubliée, alors qu’il abordait le sujet que j’avais tenté d’éviter et que je n’aurai pas voulu évoquer. Je ne voulais pas m’énerver contre lui, pas dans de telles circonstances, mais je ne pouvais affirmer que ça ne serait pas le cas. Ou pire… que je lui livrerai la vérité. Je n’étais pas certaine de vouloir le faire, mais je ne pouvais affirmer pouvoir m’en empêcher. Une nouvelle grimace me fut arrachée, mais de gêne, alors que je rougissais. C’était sûrement idiot, de réagir ainsi à ses paroles sur notre rencontre, et pourtant… Je ne contrôlais pas cela non plus. C’était assez embarrassant, à vrai dire… J’étais incapable de répondre, et il ne semblait de toute façon pas en avoir fini, alors…

« Je me serai encore plus blâmée de l’idiotie de m’être attachée à vous, davantage encore que je n’aurai été en colère contre vous, si vous aviez agi ainsi, vous le savez ? Je ne sais trop quoi en penser, mais cela me rassure, que vous en soyez incapable… Et je ne devrais probablement pas vous dire cela. »

Mais je n’aurai rien du lui dire, de tout ce que je venais d’avouer, n’est-ce pas ? Je relève le regard sur lui, avoir surprise, entendant la familiarité dont il fait preuve… Choquée, peut-être. Mais puis-je vraiment l’être, alors que nous parlons librement de choses que nous ne devrions absolument pas évoquer ? Alors que c’est infiniment plus dérangeant d’avouer de telles choses à un homme destiné à une autre ?

« Il faut que… que je me marie, pour ne pas repartir. Et je… je ne connais personne susceptible de faire un époux convenable. Ou de vouloir se lier à une famille du Nord. Et ne nous leurrons pas, Jeyne n’aura pas besoin de moi, à l’avenir… Ni personne. Tôt ou tard, plus rien ne me retiendra ici. »

Ou plus rien ne devra me retenir ici. Je ne peux répondre à ce qu’il me dit sur son futur mariage, sur ses enfants. Si je lui ai dit ne pas vouloir évoquer ça, je le pense toujours, encore moi sur ce qui en résultera. Comment supporter ce bonheur qu’ils finiront forcément par partager ? Je secoue la tête, me reconcentrant sur ses paroles.

« Je suis déjà blessée, Gareth. Et je ne veux pas rentrer non plus, quoi qu’il en soit. Que je n’ai aucun avenir ici ou non. Et quant au fait de nous éloigner l’un de l’autre… »

Je suis incapable de finir ma phrase. Serais-je capable de ne pas le fuir, en le voyant marié ? Je n’ai pas vraiment le temps d’y penser, qu’il me surprend en m’embrassant, en me prenant dans ses bras. Si je devrais le repousser, si je veux le repousser, je lui rends son baiser bien malgré moi, avant de m’éloigner comme si je m’étais brûlée. Je ne peux pas. Et lui non plus. Je grimace, encore, fuyant son regard, probablement plus rouge que je ne l’ai jamais été en sa présence. Et je hais ce que je vais faire, d’avance. J’ai soigneusement évité la question, jusqu’à présent, mais je ne peux pas ne pas le questionner.

« Pourquoi ton mariage ne peut-il pas attendre ? »


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Sam 16 Avr - 17:44

Je garde le silence, la gorge nouée, alors que je l'écoute me parler de mes parents et de la fierté qu'ils devraient ressentir. Je n'arrive pas à la croire évidemment, mais je me raccroche pourtant à ce qu'elle me dit, comme si cela pouvait réellement marcher et me permettre de croire enfin que je n'ai pas failli et que je les ai vraiment rendus fier de moi.
Je hoche doucement la tête quand elle continue et je me contente de souffler, d'une voix un peu éraillée.

"J'espère. Pour Alys surtout, elle mérite de retrouver sa joie de vivre habituelle."

Laisser le temps faire son œuvre. Et pourtant, comme je l'ai déjà dit à Lyman, le temps est devenu trop précieux pour que je compte réellement sur lui. Surtout avec tout ce qui ne va pas manquer d'arriver. Mais qu'au moins, je sois capable de faire bonne figure en public, de montrer un enthousiasme non feint à mon prochain mariage, ce serait une première étape de franchie et je pourrais être utile à Lyman de la sorte.

"Il est vrai que je peux me comporter autrement dans l'intimité de mes proches ou en public. Mais je n'ai pas envie de rajouter du poids sur les épaules de Lyman, il a déjà bien assez à faire comme ça."

Comme tout le monde avec tout ce qui se passe en moment. Je prends une profonde inspiration, essayant tant bien que mal de me reprendre, de ne pas paraitre trop désemparé alors que j'ai sans conteste déjà fait bien trop de mal à Lynara mais c'est plus difficile que je ne le supposais.

Je lui adresse un sourire de remerciement quand elle me propose de lui présenter ma sœur. Je sais que ma cadette sera entre de bonnes mains, bien plus que si elle était entourée par des ouestriennes mal avisées cherchant à m'atteindre à travers de fausses bonnes intentions. Quand elle me parle de son propre rôle dans sa famille, j'ai un sourire bien malgré moi avant de souffler, à mi-voix.

"Savoir où est son devoir oui. En dépit du reste. Vous êtes un bien meilleur exemple que moi, au moins vous n'en venez pas à culpabiliser d'avoir fait ce qui s'avère être le choix le plus judicieux. Mais j'avoue avoir du mal à être vraiment objectif quant à tout ce qui se passe et à y voir de bonnes choses. Et oui mon frère a deux filles et un fils, tous en bas âge, le plus vieux n'a que 6 ans. Il devrait venir au mariage oui, comme le reste de la famille. Si tout se passe bien."

Impossible de ne pas noter son hésitation quand elle a parlé de mon union sans le dire clairement. Mais je ne peux pas lui en vouloir et je suis même heureux de l'entendre parler de la ménagerie même si je ne peux manquer de voir son visage s'assombrir. Je penche la tête vers elle et je lui réponds, dans un murmure.

"Vous êtes sa première sœur Lynara, vous avez toujours été à ses cotés et rien de ce qui pourra se passer ne changera cela. Vous avez une place toute particulière dans son cœur."

Puis, d'un ton normal.

"J'aimerais beaucoup oui. Ce serait amusant. Peut-être même que Lyman se joindrait à nous."

Quelle curieuse équipée ce serait là. J'essaie de l'imaginer un instant, fronçant les sourcils, mais sans succès. Alors je reporte encore et toujours mon attention sur Lynara, exercice bien trop facile au demeurant et je continue, amusé.

"Jeyne m'a obligé à être totalement honnête et je ne parle même pas de vous. Si vous avez réussi à ce tour de force, vous êtes capables de changer cette cour, je n'ai aucun doute là-dessus."

A moins qu'elles ne trouvent plus facile de se couler dans le moule mais ça, je n'ai pas envie qu'elle envisage cette hypothèse tout de suite. Je n'ai de toute façon pas vraiment le temps de m'y pencher que la discussion se fait encore plus pesante et que je perds le peu de barrière que j'avais vainement tenter d'ériger.

Je laisse échapper un profond soupir à ses propos et je secoue la tête.

"Je devrais pourtant être capable de faire cela. Si je n'étais pas trop égoïste pour le faire car cela impliquerait forcément de vous perdre. Il serait plus facile pour nous deux que j'arrive à vous mettre en colère, à me trouver insupportable ou que sais-je encore."

C'est à son regard étonné que je me rends compte que je me montre bien trop familier pour notre bien, une fois de plus. Mais cela m'est venu si naturellement que je me vois difficilement faire machine arrière. Dans l'immédiat en tout cas.

"Te marier. Oui, c'est normal…"

Je n'aime pas cette idée et pourtant je peux difficilement lui en tenir rigueur, surtout avec ce qui se passe. Mais je ne veux pas qu'elle s'en aille. C'est stupide, d'autant que je ne pourrais rien lui apporter mais je n'arrive guère à être objectif la concernant. Alors, je souffle, me maudissant moi-même à mesure que je parle.

"Jeyne aura toujours besoin de toi, ne crois pas le contraire. Et elle n'est pas la seule. Loin de là. "

Le regard que je lui jette doit en dire suffisamment long alors que je déglutis et que je continue, toujours sur le même ton.

"Je suis persuadé que nous pourrions te trouver un mari pour que tu ne partes pas d'ici. Si c'est vraiment ce que tu veux."

Evidemment que je ne partage pas cette envie mais si c'est le seul moyen de la garder à Castral Roc, je manque assez d'objectivité la concernant pour être prêt à agir de la sorte. Je ne sais pas quoi dire de plus, de peur de la blesser encore plus si la chose est possible mais visiblement, je suis déjà allé trop loin et les propos qu'elle tient me touchent encore plus que je ne l'aurais cru. Alors, à défaut d'être capable de trouver les mots qu'il faut, je l'embrasse et quand elle me rend mon étreinte, je ne peux m'empêcher de la serrer un peu plus fort contre moi avant qu'elle ne s'éloigne. Je la relâche à regrets, ignorant cette voix qui me souffle que je n'aurais jamais du faire ça alors qu'au vu de ses joues rouges je n'ai qu'une envie, c'est recommencer.

Voilà qu'elle fuit mon regard et je pousse un profond soupir avant de me figer à sa question. Que pourrais-je bien répondre à cela ? Et surtout, je me demande brusquement ce qu'elle sous-entend par-là. Alors je souffle avec un sourire désabusé.

"Tu as mal posé la question Lynara. Ce qu'il faudrait demander plutôt c'est, n'étais-je pas au courant bien plus tôt, avant même de monter dans le Nord et n'ai-je pas gardé le silence tout ce temps, me jouant de toi durant des mois ? Ou encore, est ce que je n'ai pas fait quelque chose de répréhensible qui sous-entend la nécessité de marier Megara au plus vite ? Je suppose que c'est cette version qui doit être la plus populaire dans les couloirs du Roc. Ou alors, est-ce qu'il n'y a pas une raison totalement autre, politique, qui n'a rien à voir avec moi ?"

Je me rends compte que je me suis fais sarcastique à mesure que je parle et je n'ai pas envie de lui faire subir ça. Alors je reprends, à mi-voix.

"Je suis navré. Mais j'espère simplement que tu n'imagines pas que cela puisse être l'une des deux premières options. Megara est l'ainée. Si elle n'est pas mariée avant Nymeria, cela poserait des problèmes. Nymeria est promise à Ronnel et tout deux semblent réellement épris l'un de l'autre. Et l'Ouest comme le Val veulent que cette union soit célébrée au plus vite pour assoir les alliances avant que le continent ne finisse par s'embraser totalement ce qui se saurait tarder. Il avait été visiblement déjà décidé que Megara serait mariée à un noble de l'Ouest, pour réaffirmer les liens entre la famille royale et les vassaux. Et je n'ai appris que juste avant notre départ de Winterfell que je serais l'heureux élu, en remerciement de ma loyauté envers Lyman."

Je me rapproche à nouveau d'elle et je continue, mâchoires contractées alors que j'effleure l'une de ses joues toujours rouges.

"J'aurais vraiment aimé qu'il en soit autrement. Je m'étais surpris à imaginer tout un tas d'hypothèses mais dans aucune d'elles tu ne finissais mariée à un inconnu ou, pire encore, tu ne retournais dans le Nord… Le mariage aura lieu dans un mois."

Et je me tais, incapable de dire quoi que ce soit de plus, de faire quoi que ce soit.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Sam 16 Avr - 22:29

Sa voix me serre le cœur, comme tout le reste. Et pourtant, je parle, je tente de la réconforter, alors que je suis incapable de savoir ce qu’il ressent. Tout comme j’étais incapable de me mettre à la place de Jeyne, il y a des années de cela. J’étais parvenue, pourtant, alors que les mois passaient, à la sortir de cette tristesse, et à lui redonner goût à la vie. Mais je ne pouvais me permettre d’adopter la même attitude avec Gareth, pour nombre de raisons. Je me contente de hocher la tête, alors qu’il m’avoue espérer que sa sœur aille mieux. Inutile de lui dire que je le souhaite pour lui avant tout : il doit le savoir, et ce ne serait de toute façon pas convenable.

« Je crains qu’il ne s’agisse d’un des grands défauts que je suis incapable d’outrepasser, mais vous devriez apprendre à vous laisser aller, quelques fois, auprès des gens qui comptent pour vous, et pour qui vous comptez. Aussi difficile et égoïste que cela puisse paraître. Et Lyman sera surement rassuré de vous voir vous laisser aller devant lui, plutôt que de vous voir encasser jusqu’à n’en plus pouvoir. »

Je présumais beaucoup, connaissant à peine le prince, mais je ne pouvais pas penser différemment de l’homme qui avait conquis ma cousine, et qui la rendait heureuse… semblait-il. Il faudrait voir si cela durait, mais ça n’était pas le moment. C’était trop récent, et d’autres affaires bien plus… difficiles, ou concernant bien plus de monde, accaparaient l’attention de tous. Posant mon regard sur lui, je cherchais la meilleure façon de l’apaiser, alors qu’il s’accablait un peu plus encore, de son absence auprès de sa famille.

« Vous savez… Je me suis souvent reproché de ne pas m’investir comme je le devais auprès des Karstark, comme je le faisais auprès des Stark. Je le fais encore, surtout après avoir vu l’état dans lequel se trouvait ma tante Thea, et son incapacité à surmonter la séparation qu’elle vit d’avec sa sœur, la Reine Sigyn décédée il a y plusieurs années maintenant, ou notre départ à Jeyne et à moi. Ça n’en rend pas moins inévitable de m’être éloignée, progressivement, même si notre appartenance à la même famille fait que je lui voue une grande affection, et que je me sens coupable de ne pas pouvoir redonner à ma tante cette joie qu’elle a manifesté à ma naissance, et les années qui ont suivi. Mais je n’étais pas dans la même situation que vous, et cela n’est pas comparable. Si cela vous aide, dites-vous qu’Alys, Lyman et… votre future épouse, qu’eux tous comptent sur vous. Et qu’ils sont votre famille. Vous ne laissez pas votre frère seul, ni sans soutien ou aide. Lui et ses enfants seront soutenus par vos sœurs. Et vous pourrez vous assurer de son état à votre mariage. Peut-être même pourriez-vous y passer quelque temps avec votre jeune épouse, au début de vos noces. Cela apporterait un peu de renouveau aux lieux, de joie qui doit vous sembler les avoir quittés… »

Il m’est difficile de prononcer de telles choses, réellement, alors qu’elles me blessent, me déplaisent, et font renaître ma colère. Je ne peux pas réellement les éviter cependant, aussi les évoquais-je aussi vite que possible, malgré une légère hésitation, pour bien vite changer de sujet. Pour un tout aussi déplaisant, mais moins risqué, peut-être. Bien que je n’ai pas réellement envie d’avouer de telles choses, et que ma pensée se transforme en mots bien malgré moi. Incapable de rajouter quoi que ce soit, sans admettre que je ne peux pas m’empêcher d’en douter malgré tout, je hoche la tête, laissant probablement ma tristesse transparaître quelque peu encore. Je m’efforce malgré tout de prendre un air un peu plus enjoué, alors que nous parlons de la ménagerie.

« Je vous fais confiance pour organiser tout cela, alors, et que nous puissions faire cette découverte ainsi. »

Peut-être devrais-je plutôt fuir, lui dire que le prince et lui seraient certainement trop occupés pour se libérer pour une chose aussi futile, mais je ne peux bien malgré moi pas m’y résoudre.

« Dans ce cas, je vais vous prendre au mot, et faire de mon mieux pour espérer y arriver. Quant à vous… puissiez-vous rester totalement honnête, en toute situation. »

Ou non. Je savais parfaitement que je ne voulais pas de son honnêteté, sur un sujet en particulier. Je le lui avais dit, mais sans être très convaincante visiblement, car il l’amenait malgré tout dans notre conversation. Je secouais la tête, alors qu’il affirmait avoir voulu me repousser et nourrir ma colère. Je savais qu’il aurait aisément pu le faire, mais je ne le voulais pas. Je… non, je ne voulais même pas l’imaginer. Pas une seconde. Alors je restais interdite, pendant qu’il insistait. Peut-être aurait-ce été la meilleure solution, oui. Mais j’étais persuadée qu’elle aurait été encore plus difficile à vivre. Peut-être avais-je tort. Je n’en savais rien. Rien du tout.

Je toussotais en l’entendant me parler aussi familièrement, comme pour dissimuler la surprise qui devait être apparue sur mon visage. J’étais malgré tout persuadée qu’elle n’en serait que plus visible, mais j’agissais bien malgré moi, la stupeur prenant le dessus sur la raison qui me dictait de rester impassible. J’en étais bien incapable de toute façon. Et pourtant, je répondais avec… non pas une froideur, car ma voix était tout sauf nette, mais avec… logique. Oui, c’était le seul mot qui me venait à l’esprit. Une logique qui me blessait. Cela me peinait plus que je ne le reconnaitrai jamais, de devoir admettre que rien ni personne ne me retiendrait ici plus tard, quand bien même je ne voulais pas en partir. Quand bien même la situation me blessait et était difficile à vivre. Je hochais doucement la tête, alors qu’il prenait conscience de ce que je disais, le répétant sans pourtant trouver cette idée agréable, semblait-il. Mais il n’a pas le droit de s’y opposer. Pas alors que… Pas avec ce qu’il vient de dire. Je hoche encore la tête, en l’entendant dire que Jeyne aurait toujours besoin de moi. Je l’espérais, de tout mon cœur. J’avais la sensation d’être une petite fille qui avait peur du rejet, et peut-être l’étais-je encore. Je déglutissais difficilement, en l’entendant poursuivre sur le fait qu’elle ne sera pas seule à avoir besoin de moi, incapable de réagir autrement, impossible d’ignorer le sens de ce qu’il dit, vu son regard. Rassurée, de le savoir, et… je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je ressens. Et si mes joues se sont parées de rouge en l’entendant, je blêmis en entendant sa proposition. Je balbutie, même, en répondant.

« Je… Il le faut. Si tu es sérieux, alors… Je… Oui. »

Ces mots m’écorchent, mais je ne peux pas ne pas les prononcer. Non, je dois… m’y résoudre. Ou partir. Et je ne veux pas partir. Et il me sort de ces pensées bien peu engageantes, en m’étreignant et en m’embrassant, par surprise, sans réellement que je ne m’y attende. Il faudrait que je m’éloigne, mais je ne le veux pas, non. Je lui rends son baiser et son étreinte, avant de m’éloigner. Avant de laisser la raison prendre le pas. Une seconde, seulement, alors que je pose cette question que j’aurai mieux fait de ne jamais demander, qui va me faire encore plus mal que tout le reste. Et chaque phrase, le ton de sa voix, tout cela me blesse encore plus que je n’aurai cru possible de le faire. Pense-t-il vraiment que j’ai une telle idée de lui ? Je ne cacherai pas que certaines de ces choses m’ont effleuré l’esprit, mais pas au point d’envisager qu’il ait déshonoré la princesse et espéré ne pas avoir à en affronter les conséquences. Pas au point d’imaginer qu’il ait pu me mentir, tout ce temps. Je l’ai accusé, avant, oui, mais pourquoi ne m’aurait-il pas tout dit, à ce moment là ? Non, l’opinion qu’il a de moi me blesse plus sûrement que tout le reste.

« Évidemment, je n’ai pu qu’écouter et croire ce qui se dit ! Pire, le répéter, même ! Je ne suis qu’un serpent, colporteur de poison ! C’est certain ! Et ça n’est pas parce que l’idée de ce mariage m’est douloureuse, non ! Simplement que je me délecte de ce que je pourrais conter aux jeunes femmes qui parlent en se croyant discrètes ! Ou de ce que je pourrais soutirer comme information à Alys ! »

Je ne hausse pas le ton, parce que n’importe qui pourrait nous entendre, mais peut-être bien réussira-t-elle à m’agacer et à me remonter contre lui. Sauf que le changement de ton dans sa voix me stoppe net, ainsi que ma colère. Et que les raisons rationnelles qu’il m’apporte contribuent à la calmer totalement… Ne les rendant pas plus faciles à accepter. Surtout alors que je me remémore sa distance, peu avant le mariage, jusqu’à… jusqu’à maintenant. Je baisse le visage, comme pour dissimuler la rougeur de mes joues, ma gêne, et aussi ma tristesse, incapable cependant de ne pas poser mes yeux sur le sien, en sentant sa main sur ma joue. Incapable de ne pas grimacer, alors que je vois son visage sévère.

« Je crains que l’une ou l’autre ne doive se réaliser, malheureusement… »


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Sam 16 Avr - 23:58

Depuis que j'ai rencontré Lynara, j'ai réalisé plus d'une fois à quel point elle pouvait m'être apaisante mais, en cet instant, c'est encore plus flagrant que d'habitude. Alors, au lieu de tourner les talons et de faire ce qu'il faudrait pour ne pas la heurter davantage, je me montre idiot et je fais tout pour profiter de quelques instants volés en sa compagnie. Je me rends compte que j'attends beaucoup trop d'elle alors que je m'efforce de n'être une charge pour personne. J'ai vraiment mal choisi mais il est trop tard pour faire marche arrière.

Et, à ses propos, je la fixe quelques instants avant de souffler, à contrecoeur.

"C'est exactement ce que je suis en train de faire. Mais je trouve le résultat peu concluant au vu des émotions que je peux lire sur vos traits. Je n'ai pas pour habitude d'accabler les gens avec mes problèmes et quand je le fais, j'ai l'impression d'être particulièrement malavisé ou de ne pas choisir le moment."

Ou la personne. Je sais très bien que je peux m'épancher auprès de Lyman et qu'il est présent depuis mon retour à Castral Roc. Mais il m'a rappelé tout aussi vite quelles étaient les taches que nous avons à accomplir. Elles ne sauront attendre que j'aille mieux mais je ne me vois pas le dire à Lynara et je préfère garder le silence pendant qu'elle reprend, abordant sa propre situation. Je reste sans voix devant la lucidité et devant le recul qu'elle peut avoir quant à mes proches. Je ne suis pas persuadé que je pourrais agir de la sorte si elle était concernée et je réponds, pensivement, sans même me rendre compte du mal que ces mots peuvent lui faire.

"Peut-être. J'ai depuis longtemps le sentiment d'être plus proche des Lannister que de ma famille de sang et ça s'est accentué avec notre voyage dans le Nord et je sais précisément où est ma place même si cela n'empêche en rien la culpabilité que vous évoquez. Et je suis vraiment navré pour votre tante. Je ne l'ai que peu croisée mais elle n'a toujours pas l'air vraiment remise de tout cela, je me trompe ?"

Je ne suis pas sûr d'avoir envie d'entendre la réponse, comme si ce qu'elle va dire sur sa sœur était un présage de ce qui attend mon propre frère. Pourtant ma raison me souffle que les situations sont bien différentes et qu'il est bien entouré, comme elle l'a si justement souligné. Mais ça ne change rien à cette angoisse sourde qui ne fait que croitre à mesure que passent les jours.

La légèreté quand nous parlons de la ménagerie est peut-être feinte de nos deux cotés mais elle permet une pause bienvenue dans une discussion bien trop pesante. Pourtant, elle ne dure guère et je me contente de hocher la tête à ses propos et répondre, avec un mince sourire.

"Je ferais ce que je peux oui."

Je ne peux guère m'engager plus, nous le savons tous les deux et, au reste de ses propos, j'ai une grimace involontaire, qui n'a rien à voir avec la confiance que j'ai en ses capacité à affronter la cour de l'Ouest.

"Je ne suis pas persuadé que vous aimerez toujours que je sois honnête envers vous Lynara. La vérité blesse souvent bien plus qu'on le voudrait. Que je le voudrais en tout cas. Et je ne suis pas habitué à l'honnêteté en toutes circonstances."

Et pourtant je le fais en ce moment-même. Probablement de la pire des façons d'ailleurs. Et ses réponses me touchent, me font en dire trop, beaucoup trop même alors que je lui fais comprendre que j'ai besoin d'elle, contrairement à ce qu'elle semble croire. Sans bien savoir pourquoi, je lui parle de son propre mariage, faisant écho à ses paroles et, alors que je sens un poids peser sur mon estomac, j'évoque l'idée de lui trouver un époux. Quelle idée stupide. Mais quand je la vois blêmir, je me rends compte que j'ai en fait touché dans le mille et que je dois continuer dans cette voie, quand bien même je n'en ai pas envie.

"Je n'ai jamais été aussi sérieux. S'il faut en passer par là, nous le ferons."

Là, ce serait le moment idéal pour m'en aller. Mais non, je commets l'idiotie de l'embrasser, de l'étreindre alors que je viens de lui proposer de lui trouver un bon parti. Me voilà vraiment devenu le dernier des imbéciles. Surtout quand elle me demande le pourquoi d'un mariage aussi précipité. Je me fais plus sec, énonçant tout haut ce que je crois être des non-dits alors que ce n'est visiblement pas le cas. Et j'ai un rire sans joie quand elle se tait alors que je me pince l'arrête du nez avant de souffler, d'un ton que j'essaie de garder neutre avec une réussite toute relative.

"Je ne te savais pas sarcastique. Ce n'était pas ce que je voulais dire, tu le sais bien. Mais je ne sais pas quelles idées stupides les gens ont pu essayer de te glisser dans la tête pendant mon absence et tu serais dans ton bon droit de te méfier de mes motivations après ce que j'ai pu faire. Et peut-être que j'ai besoin d'entendre que ce mariage t'es douloureux. Tout comme ton propre mariage qui ne manquera pas d'arriver me blesse déjà par avance."

J'ai réussi à la mettre en colère et je me rends qu'il s'en faudrait de peu pour que je la pousse à bout. Je devrais le faire mais non. Je lui explique les choses aussi posément que possible et visiblement je fais mouche. Cela ne doit guère lui plaire, en tout cas à sa place je n'aimerais pas ce que j'entends mais, une fois de plus, elle semble se montrer bien plus raisonnable que moi.

Alors à ses propos, ma main glisse sous son menton pour le relever et accrocher son regard. Je garde le silence, impassible, mon regard rivé dans le sien avant de finir par lâcher, d'un ton neutre.

"Je sais. Mais tu ne retourneras pas dans le Nord. Je ne devrais pas te dire ça, je ne devrais même pas m'en mêler au vu de ce que j'éprouve pour toi mais ta place est ici, avec nous. Quel que soit le mal que cela pourra nous faire à tous les deux."

Ma main quitte alors son menton pour se poser sur son épaule et je l'attire vers moi pour la serrer tout contre moi, mes lèvres effleurant le sommet de son crâne. J'ai envie de lui dire à nouveau à quel point je suis désolé mais j'ai peur que ce soit inutile.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Dim 17 Avr - 21:34

Ce qu'il faisait maintenant ? Auprès de moi ? Ce n'était pas ce que je lui avais signalé ni même ce que j'avais voulu dire. Il était tout sauf sage de sa part de chercher du réconfort auprès de moi. Sa fiancée serait plus à même de le lui prodiguer - ou au moins serait-il plus raisonnable que ce soit le cas. Et à me dire cela, sachant les circonstances, il m'empêchait toute retraite. Comment pourrais-je le laisser, alors que cela me semblait déjà difficile avant, et qu'il n'était de toute évidence pas dans son état normal ? En même temps, je n'aurai pas du chercher sa compagnie dès le départ même s'il n'était pas volontaire de le trouver ici même, auprès des corbeaux et autres volatiles. Je pouvais ne blâmer que moi, pour cette situation délicate et malgré tout difficile à vivre.

« Ce sont vos émotions qui importent, en ce cas, et non les miennes. Et si je ne peux le supporter davantage, alors il convient que je vous le dise et mette fin à cette conversation. Mais vous ne devez pas vous en soucier. »

Je me retenais de lui dire que Lyman ou même Jeyne seraient des choix plus avisés, cependant. Je doutais qu'il ne le sache pas, et le préciser ne ferait que nous mettre mal à l'aise. À vrai dire, peut-être était-ce là la solution pour me retenir d'en dire trop ou de trop rechercher sa compagnie. Mais je ne pouvais m'y résoudre. Le repousser et le voir en permanence... Secouant la tête, je reposais mon regard sur lui, m'évitant de penser que je le verrais dorénavant en compagnie de sa fiancée puis épouse, heureux et indifférent à mon sujet.

Je déglutis difficilement en l'entendant. Les Lannister vont devenir sa réelle famille. Il doit... en être heureux, soulagé même que son mariage le délivre de ce fardeau qu'est la culpabilité qu'il ressent à les préférer à sa réelle famille. Non, je suis injuste. Peut-être. Je me contente de hocher la tête à ce sujet, sans rien ajouter réellement, saisissant l’occasion alors qu’il embraye sur Thea.

« C’est… délicat. Bien qu’elle n’ait que peu bougé de Karhold, la demeure de ma famille, ces dernières années, elle y a grande liberté, y compris celle de se murer dans sa solitude, et dans sa souffrance. Je ne sais combien de temps encore mon grand père tolèrera cela, mais cela ne l’aide pas à se sortir de cette torpeur qui lui est bien trop familière maintenant… Je ne sais quel serait le sort le plus envisageable pour elle, cependant, et pour la famille. Si nous la forcions à se marier, nul ne peut prédire les conséquences. Pas plus que si nous la laissons agir à sa guise. Mais c’est là un choix épineux. Qui pourrait nuire à beaucoup de monde, et de bien des manières. »

Oui, c’était là la plus cruelle des vérités. Et le dilemme auquel ma famille était confrontée. J’espérais que Gareth aurait la réserve de n’en souffler mot à personne, sans pour autant le dire, ni même penser qu’il pourrait colporter une telle information. Peut-être étais-je encore naïve, mais je ne voulais pas me résoudre à penser qu’il pourrait causer du tort au Karstark de cette manière. Je n’avais même aucune idée de la façon dont il pourrait exploiter une telle information.

« Mais ma tante a toujours été assez spéciale, d’aussi longtemps que je me souvienne, et s’est noyée dans son affection pour la Reine, puis pour moi. Sans doute est-ce simplement une conséquence de celle qu’elle a toujours été… J’étais malgré tout bien jeune. »

Soupirant, je secouais la tête, préférant changer de sujet, et notamment parler de la ménagerie, qui devait être splendide. Effrayante, peut-être, si elle était peuplée de tous ces animaux exotiques, à mes yeux de fille du Nord, du moins, qui ne devait en connaître réellement aucun. Je lui adressais un sourire enjoué et sincère, en l’entendant dire qu’il tenterait de nous y mener. Les choses ne seraient sûrement pas si simples, mais… L’idée me réjouissait. Même si je ne devais y aller qu’avec les Princesses, sa sœur et ma cousine.

Je grimaçais, malgré moi, alors qu’il m’affirmait que son honnêteté ne pourrait pas toujours me plaire. Il avait raison, je ne lui aurai pas dit que je ne souhaitais pas aborder son union prochaine, sans cela. Il avait malgré tout insisté pour m’en parler, et pouvais-je réellement le blâmer, moi qui lui avais demandé son honnêteté permanente, sur nos terres ? Il était tellement plus facile de la désirer alors que j’étais chez moi, sur mes terres, dans des lieux apaisants et où je pouvais laisser échapper ma contrariété et mon chagrin en étant certaine de n’être surprise par personne… Ici, le pourrais-je vraiment ?

« J’en suis consciente, cruellement consciente des blessures qu’elle peut infliger. Mais n’avez-vous donc pas retenu qu’elle était préférable à la dissimulation, qui pouvait mener ensuite à voir les choses sous un jour plus noir ? Et vous n’y êtes pas habitué, mais sûrement êtes-vous en train d’en voir ses… nécessités. Vous ne m’auriez pas dévoilé ce que vous venez de me dire, alors que je vous avais sommé de ne rien en faire, et vous ai averti de mes possibles réactions, n’est-ce pas ? »

Et bien que je ne le blâme pas d’y avoir tenu, ce qui serait d’une hypocrisie sans nom, je ne suis pas à l’aise pour autant. Moins encore alors que nous évoquons mon futur… à Castral Roc, ou dans le Nord. Je ne désire nullement cela non plus. Mais il doit être conscient que si mon désir de rester veut se concrétiser, alors… Alors j’ai le devoir de me trouver un mari. Je l’ai toujours eu, mais encore davantage maintenant.

« Merci. »

Le timbre de ma voix est certainement tout sauf engageant, et probablement pas aussi chaleureux que ne devrait l’être celui d’une jeune femme qui reçoit une telle aide, mais comment être heureuse, quand cette aide vient de celui que je voudrais voir occuper cette place ? Je ne peux être reconnaissante, pas encore. Plus tard, peut-être… Oui, plus tard. Mais il ne semble pas m’en tenir rigueur, pas alors qu’il m’étreint, qu’il réveille toute l’affection que j’ai pour lui, en m’embrassant. Pas alors que mes joues se teintent d’écarlate, gênée de ses actes, et gênée d’en vouloir encore alors qu’il est réservé à une autre, qui devait être la destinataire de ces baisers. Je finis par m’éloigner cependant, et si j’avais voulu alimenter ma colère encore davantage, je ne m’y serai pas mieux prise que je ne venais de le faire involontairement.

« Je ne me savais pas ainsi non plus. Mais peut-être puis-je donner le change mieux que je ne le pensais. Et si j’ai pensé bien des choses, je n’aurai pas l’indécence de te croire aussi… dépourvu d’honneur. Le croire reviendrait à me blesser encore davantage, car alors tout aurait été faux. Et je ne veux pas, je ne peux pas croire ça. Et j’ai plus de discernement que celui de simplement croire des ragots colportés par des mégères. Quant à la douleur que je ressens à l’idée de te voir uni à une autre… Pourrais-tu réellement penser qu’elle n’existe pas ? Quant à mon futur mariage… Tu seras probablement avec ta promise depuis plusieurs mois, et peut-être parfaitement heureux. »

Ma voix se brise à cette idée, alors que je l’aurai voulue égale, et ne trahissant rien de mes craintes. Il semblerait que cette traitresse ne me laisse pas le choix, pour autant. Et cela ne s’améliore pas, avec la suite de ses propos. La peine n’en est nullement atténuée, mais je ne peux lui crier que c’est injuste, et bien trop difficile, n’est-ce pas ? Et n’ais-je pas moi-même été éduquée dans l’idée de faire un mariage satisfaisant et suffisamment grand pour apporter à ma famille une fierté certaine ? Alors comment pourrais-je avouer en cet instant haïr cela ? Haïr ces obligations que j’ai longtemps considérées comme nécessaires et dérisoires, auxquelles j’étais prête à obéir sans le moindre souci ? Et le pire est que, bien malgré moi, j’y suis encore prête. Je le ferai sans hésiter, pour ma famille. Et égoïstement, pour rester auprès de Jeyne, si j’ai cette chance.

Je sursaute légèrement, en sentant sa main relever mon menton pour fixer mes yeux dans les siens, incapable de dissimuler la peine dans les miens, bien que je le souhaiterai. Je le souhaiterai vraiment. Je ne peux lui infliger cela. Je ne peux m’infliger cela : je devrais ne pas me laisser aller, la cacher bien mieux que je ne le fais. Mais je n’en suis pas capable. Pas plus que je ne le suis de ne pas grimacer, en l’entendant, son regard contredisant le ton de ses paroles. Je hoche la tête sans rien dire, et le laisse faire, incapable de m’éloigner et de partir comme je devrais le faire.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Lun 18 Avr - 19:01

Je n'aurais pas du lui dire ça, à dire vrai, j'aurais mieux fait de tourner les talons quand nos regards se sont croisés et que, comme à chaque fois que cela arrive, mon cœur a un raté. A chaque parole que je prononce je me rends compte que je m'enfonce un peu plus, que je perds totalement ce peu de distance que j'avais réussi à gagner après ma discussion avec Jeyne à Winterfell. Et je m'en veux terriblement, ce sentiment s'ajoutant à cette culpabilité que j'éprouve avec la perte des miens. Je laisse échapper un bref soupir avant de secouer la tête.

"Je n'ai guère l'habitude de penser en premier à mes émotions. Ou d'y penser tout court à dire vrai. C'est un exercice que je n'apprécie guère même si l'on pourrait croire que j'aime me centrer sur ma petite personne."

J'ai presque réussi à prendre un ton amusé à mes derniers mots même si le cœur n'y est pas du tout. Mais je n'aime pas que l'on se préoccupe de moi à ce point-là. Mais je continue de parler malgré tout, lui confiant certaines choses que je n'ai fait qu'aborder avec Lyman. Elle se contente de hocher la tête et, sans bien savoir pourquoi, la culpabilité se fait un peu plus virulente. Alors je pousse un profond soupir, me focalisant sur la propre famille de Lynara plutôt que d'avoir à me pencher sur la mienne.

"Je peux comprendre que la situation est bien délicate. Il est peut-être plus simple de la laisser faire à sa guise et pour elle de continuer à se focaliser encore et toujours sur sa souffrance. Le changement si elle se mariait serait radical mais surement salutaire non ? Même s'il est vrai qu'on ne peut deviner les conséquences. Et qu'une réaction trop vive pourrait porter préjudice au nom des Karstark."

Comme le fait d'être avisé de l'état de sa tante qui, au reste de ses propos, ne semble vraiment pas être en pleine capacité de ses moyens. Je hoche doucement la tête, me demandant s'il est utile de préciser que je serais évidemment discret sur le sujet. Si l'état de la tante de la future Reine de l'Ouest est connu à la Cour, il est fort probable que certaines personnes mal intentionnées s'en servent contre Jeyne et il en est hors de question. Je me contente alors de répondre, à mi-voix.

"Je ne sais si je peux être utile en quoi que ce soit mais s'il vous vient une idée, n'hésitez pas."

Lorsque nous évoquons la nécessité d'être honnête, je me crispe, incapable de savoir comment gérer tout cela. Lynara a bien dû s'en rendre compte et ses propos me le confirment alors que je sens mes mâchoires se contracter. Je laisse filer un instant de silence avant de souffler, à contrecoeur.

"Si, bien sûr que si. J'ai vu les méfaits que pouvaient avoir la dissimulation, surtout entre nous deux. Mais dans l'immédiat, je songe plutôt au mal que la vérité peut vous faire. Et à choisir entre vous cacher des choses pour vous protéger et vous blesser en vous disant la vérité, quand bien même vous voulez la connaitre, j'avoue être pour le moins partagé. Quand bien même, comme vous l'avez si bien souligné, je sais que c'est nécessaire. Je ne sais ce qui va se passer une fois que nous serons sortis d'ici et je vous avoue ne pas avoir envie d'y réfléchir mais vous êtes…"

Je secoue la tête, incapable de finir ma phrase et me rendant compte que je risque d'en dire encore beaucoup trop. D'autant que je ne peux me permettre d'être totalement franc sans impliquer ou dévoiler des secrets qui ne m'appartiennent pas, quand bien même cela lui permettrait de comprendre totalement la situation. Alors, je préfère parler de son futur mari, quand bien même cela me blesse bien que cela ne devrait. Je m'engage à quelque chose que je ne devrais pas mais je le ferais, quoi qu'il en coûte, même si c'est pour la voir finir par être heureuse ailleurs.

"Bien."

Mon ton s'est fait un rien tranchant, sans que je puisse m'en empêcher. Elle doit bien voir que l'idée ne m'enchante pas plus qu'elle mais elle est nécessaire pour qu'elle puisse rester là. Mais ce que je fais ensuite contredit fortement cet engagement à lui trouver un mari. Je m'arrête, alors d'en vouloir plus et me conduire de façon encore plus déplacée et sa question réussit à réveiller une certaine colère, de son coté comme du mien. La question qui fâche évidemment. Pourtant à ses propos, je garde le silence, mon regard fixant le sol quelques instants avant de souffler, d'une voix peu assurée.

"Merci. De ne pas songer à tout cela me concernant. Quant à la douleur que tu peux ressentir, elle ne fait que rasséréner mon égoïsme et j'en suis navré. Mais elle fait l'écho à ce que j'éprouve pour toi et il est certain que…"

Je pousse un soupir, avant de reprendre, d'un ton à peine audible.

"Comment veux-tu que je songe à être heureux avec une autre quand nous sommes là tous les deux ? Ce sera peut-être le cas, plus tard. Mais là, maintenant, nous ne sommes que tous les deux et j'ai du mal à penser à ceux avec qui nous allons partager nos vies."

Si j'arrive finalement à détacher mon regard du sien c'est uniquement parce que je la prends dans mes bras. Son contact m'apaise, bien plus que je ne le devrais, que les circonstances ne le devraient, et je ferme les yeux quelques instants avant de souffler, dans un murmure.

"Je ne peux pas te laisser partir loin de moi."

Pas comme ça, pas maintenant. Et pourtant, il faut que je la relâche, que je m'en aille ou que je la laisse partir. Je pourrais dire avant qu'il ne soit trop tard mais c'est déjà presque le cas. J'en ai déjà bien trop dit, moi qui ne me confie jamais de la sorte. Je desserre un peu mon étreinte  pour la fixer à nouveau, nos deux visages tout près l'un de l'autre. Trop près d'ailleurs pour que je ne songe pas à quelque chose de stupide. Mais je ne bouge pas d'un pouce, incapable de le faire, me rendant compte que ce moment sera probablement le dernier du genre. En tout cas il faut que ce le soit, pour son bien. Et aussi pour celui de Megara qui ne mérite pas cela.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Mar 19 Avr - 21:51

J’ai beau lui dire qu’il doit faire en sorte de s’épancher sans vraiment se soucier des autres, je ressens l’envie qu’il ne le fasse pas auprès de moi, pas alors que ça n’est pas agréable, aussi bien que je suis touchée qu’il me fasse confiance à ce point. Si c’en est, et pas uniquement parce qu’il est incapable de se taire plus longtemps et que, malheureusement, j’étais la seule oreille à portée. Je ne fais pas mieux, cependant, alors que je confie sur ma famille des indiscrétions que je ne devrais jamais dire à qui que ce soit qui n’a appartient, pas même quelqu’un en qui je pense avoir confiance. Et pourtant… Je ne contrôle pas vraiment ce que je dis, soit parce que cette conversation ne me laisse pas en pleine possession de tous mes moyens, soit parce que c’est là le seul sujet vers lequel je pouvais naturellement dévier, sans que cela semble bizarre. Peut-être un peu des deux. Je n’ai dans tous les cas pas réellement choisi de dévier vers un tel sujet. Je soupire à mon tour, à sa question concernant ma tante et une possible union. Je m’apprête à lui dire qu’à son âge, il est probable que personne ne la croit intacte pour son mari, et que personne ne veuille d’elle. Quiconque la connaîtrait un peu, pourtant, saurait que ce n’est pas le cas. Peut-être faudrait-il, à vrai dire, la marier à quelqu’un de la belle-famille de Bowen. Peut-être nous accorderait-il cela ? Je me gardais bien de le dire à haute voix, malgré tout.

« Veuillez m’excuser, votre question m’a fait réfléchir et je me suis égarée dans les méandres de mes pensées. Je ne saurai quoi vous répondre. Ce serait là l’issue la plus heureuse, et je ne peux que l’espérer, y compris pour ma tante. Mais je ne peux parier là-dessus… »

Non, qui le pourrait, de toute façon ? Je pouvais simplement espérer que ça ne porte préjudice à personne. Ayant fréquenté la reine Lannister durant plusieurs mois, il était surprenant qu’elle n’ait pas fait d’éclat suite aux paroles malavisées de ma tante à son encontre, et j’espérais qu’elle ne retardait pas le paiement fait à cet affront qu’elle avait subi. Il y avait pire, mais je doutais qu’une Reine aussi implacable le voit ainsi. Me crispant légèrement, je hochais la tête à sa proposition, ne sachant quoi répondre. Un remerciement muet devait se lire sur mon visage, mais guère plus. Que pourrait-il bien faire, à propos d’un sujet aussi délicat ? Rien, probablement.

Je grimace à sa réaction à mes propos. Évidemment, ils n’ont rien de plaisant. Mais s’attendait-il à ce que je dissimule la pensée que je lui avais déjà affirmée au préalable ? Il était sincère à mes dépends alors que je lui avais prié de ne pas l’être, ayant reconnu à demi mots que je pouvais comprendre qu’il ne soit pas toujours aisé de dire la vérité ni même de l’accepter quand on la recevait, comme moi en ce moment même en l’occurrence, mais je restais persuadée qu’il n’était pas utile de la dissimuler. Bien que j’ai voulu qu’il ne me parle pas de son union, dont j’étais de toute évidence déjà avertie et ce par un autre que lui, mais pour ne pas avoir des propos que je regretterais. N’était-ce pas déjà le cas ? Quand bien même ils n’étaient pas ceux auxquels j’aurai pensé…

« Alors pourquoi avoir insisté pour évoquer votre mariage, Gareth ? Pourquoi avoir décidé, malgré tout, d’en parler avec moi ? Je ne vous juge pas, mais je vous avais dit ne pas vouloir en parler, vous auriez pu saisir l’occasion de ne pas avoir à en parler, de ne pas avoir à me blesser ainsi… Je ne vous le demande pas réellement, vous l’avez déjà exprimé, je crois, mais ne pensez-vous pas à même d’être plus honnête, alors que vous avez pris cette décision de vous-même, quand j’étais prête à tolérer une dissimulation que j’ai toujours eue en horreur ? Ou peu s’en faut. »

Que pouvait-il se passer, quand nous sortirions d’ici ? Que nous partions dans des directions opposées, pour ne plus jamais nous adresser la parole à moins d’être entourés de bien des gens et que nous nous y retrouvions contraints ? Au pire, nous aurions pu nous quitter en mauvais termes – ce qu’il avait envisagé, de toute évidence, si j’en croyais ses confessions. Je serrais les dents, en un rictus peu avenant, à cette idée qui me déplaisait fortement, même si elle serait la plus raisonnable, à vrai dire. Mais je ne pouvais m’y résoudre… Je lui adressais un regard interrogateur, en ne l’entendant pas finir sa phrase, sans oser lui demander ce qu’il voulait dire. Et bien vite, je l’oublie, alors que nous évoquons un sujet encore plus déplaisant, alors que je n’aurai pas cru cela possible… Je lui suis reconnaissante de vouloir m’offrir son aide, mais aussi agacée. Il serait tellement plus simple que je puisse m’unir à la personne que je désire réellement. Bien que je sache que ça n’est pas possible, cela n’en rend pas la chose facile pour autant. Et je sais, à son ton, qu’elle ne l’est pas non plus pour lui.

Inspirant, comme pour me donner du courage, je ne fais rien pour apaiser les tensions, alors que je pose une question que beaucoup pourrait considérer comme déplacée. Qui l’est sûrement, et ne me regarde en rien. Mais je ne demande pas les causes de ce mariage soudain, je déplore, bien malgré moi, qu’il doive avoir lieu. Je voudrais retenir mes paroles, mais, encore une fois, elles dépassent ma raison.

« Qui y sera convié ? Devrais-je… être présente ? Il me semble délicat de ne pas m’y trouver, et ce serait pourtant bien plus enviable. Comment croire que l’on puisse ne pas remarquer mon absence, si ça avait lieu en présence de bien des nobles de l’Ouest, de ma cousine, en plus de la famille Royale ? Bien que ma cousine en fasse partie, je ne pouvais m’empêcher de la différencier légèrement… Peut-être pourrais-je me faire porter souffrante. Je secouais la tête, à ma propre attention. C’était stupide. Et Lynara Karstark ne fuyait pas, aussi déplaisante que soit l’épreuve à affronter. « Ignorez cette question, je n’aurai jamais du la poser. Je vous prie. »

Je déglutis, hochant doucement la tête alors qu’il me remercie. Il n’a aucune raison de le faire. Mon cœur se serre en revanche, en l’entendant. Je ne sais comment réagir à son aveu concernant ma douleur, bien qu’il me l’ait déjà dit, d’une autre façon, alors je garde le silence, et ne détourne pas mes yeux des siens, malgré le besoin que j’en ai.

« Parce que tu la connais et l’apprécies… Comment ne pas croire que tu seras un mari et un père heureux, alors que… »

Alors que rien du tout. Inutile de dire que je ne m’entendrais probablement pas avec mon futur époux, parce qu’il sera simplement heureux d’être mariée à une jeune fille pourvue d’une dot généreuse, et qui pourra lui donner des enfants. Que je ne le connaitrais pas, et qu’il en sera probablement ainsi pour toujours. Je me laisse aller à l’étreinte de ses bras, refusant de le laisser déceler tout ce que je pense dans mon regard, toute la peine et l’effroi à l’idée du futur qui m’attend.

« Je n’ai aucune envie de partir. »

Si seulement le temps pouvait s’arrêter… Son mariage ne pas avoir lieu, ni le mien, ou mon retour vers le Nord… Si seulement. Qu’il me regarde de nouveau me trouble, pas alors que je ne sais pas ce que je lui renvoie, et je voudrais ne pas avoir à penser à tout cela.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Jeu 21 Avr - 13:15

Je me rends compte, alors qu'elle évoque sa propre vie à Winterfell, les siens, que je suis loin d'avoir le monopole des malheurs, surtout ces derniers temps. J'ai eu du mal à songer à autre chose qu'à ma personne ou à imaginer de quoi l'avenir va être fait, dans ce domaine plus que les autres, mais discuter avec Lynara me permet de remettre certaines choses à leur place, de réaliser quel est mon rôle dans cette histoire et, surtout, que je ne dois pas essayer de tout porter. J'en suis de toute façon incapable alors que je songe à tout ce qui attend mon frère mais aussi tout ce que je vais devoir faire pour Lyman et la famille royale. Je ne pourrais de toute façon pas me scinder en deux et j'ai depuis longtemps fait mon choix inconsciemment. Et, consciemment, c'est quand j'ai insisté auprès du lionceau pour partir dans le Nord avec lui. Quand je l'ai poussé à dire oui, pour être sûr d'être auprès des miens, de ceux qui importaient le plus pour moi. Avoir mauvaise conscience n'y changerait pas grand-chose de toute façon, je commence doucement mais surement à le comprendre.

A ses propos, j'ai un sourire et je secoue doucement la tête.

"Ne vous excusez pas pour cela. Il est normal que vous ayez bien des choses en tête et je suis désolé de rajouter encore du poids sur vos épaules. Vraiment."

Et le reste de la discussion me met plus à mal à l'aise que je ne l'aurais cru. Je ne suis pas un adepte de la franchise en temps normal et je ne suis pas persuadé que cette situation s'y prête vraiment. A dire vrai, je suis même persuadé du contraire alors qu'elle me répond et je laisse filer un silence, cherchant les mots qui pourraient la blesser le moins possible. Mais le mal est fait depuis longtemps déjà, je ne suis pas sûr d'arriver à faire marche arrière sans créer encore plus de dommages. Alors, je souffle, à mi-voix.

"… parce que vous êtes la seule personne, hormis Lyman, à qui je n'ai jamais rien caché. Rien qui ait vraiment de l'importance en tout cas. Et que je ne veux pas que cela change. Quand bien même vous étiez prête à gober un mensonge et que je m'étais préparé à être aussi imbuvable que possible pour que vous vous éloigniez de moi sans regrets, j'en suis incapable dans l'immédiat."

J'ai un soupir alors que j'évoque l'idée de la marier. Evidemment, je préfèrerais que les choses restent ainsi, que rien ne change, que nous ne quittions jamais cet endroit et qu'elle soit à moi mais ça ne fonctionne pas de la sorte, je le sais bien. Alors je profite de ces moments volés, sachant que c'est totalement déraisonnable avant qu'elle ne pose une question qui pourrait à nouveau me mettre en colère. Je fronce les sourcils, sans bien comprendre pourquoi elle demande ça avant que la lumière ne se fasse et que je ne secoue la tête avec une grimace.

"Je ne sais pas, je ne me suis pas occupé de tout cela, c'est Megara et sa mère qui s'en chargent. Je n'ai même pas pris le temps de les voir depuis mon arrivée ici. J'ai du mal à … m'intéresser à tout cela, surtout que nous allons devoir bientôt partir avec Lyman pour quelques jours. Il semblerait que ce soit en petit comité et j'aimerais vous dire que vous n'êtes pas obligée de venir mais votre absence sera remarquée, j'en suis désolé."

Quand bien même, à sa place, je ne suis pas persuadé que j'aurais le courage d'affronter le mariage de Lynara. Enfin, la question finira bien par se poser et j'espère lâchement ne pas être présent à Castral Roc quand cela arrivera. Je ne suis qu'un idiot alors que je continue de m'épancher, de lui dire ce que je pense vraiment, me morigénant de ne pas être en mesure de garder mes bonnes habitudes d'enrober la vérité voire de la travestir totalement. J'ai un soupir quand elle reprend la parole, faisant une fois de plus preuve d'une raison à laquelle je ne suis pas préparé. Evidemment que j'apprécie Megara, même si c'est que comme une sœur et malgré les problèmes causés par son état de santé. Et comme je lui ai dit, je ferais tout pour que ce mariage fonctionne autant que possible.
Mais, dans l'immédiat, ce n'est pas ce que j'ai envie d'entendre, ce que j'ai envie de penser. Je fais preuve d'un égoïsme qui m'est peu habituel et qui, une fois sortis de là me frappera de plein fouet.

"… alors que ? J'ai des sentiments pour toi ? Que j'apprécie Megara comme une sœur ? Quoi d'autre ? Je sais, les choses vont changer, elles le devront de toute façon mais j'ai du mal à m'imaginer un avenir où nous devrons nous côtoyer sans être proches."

Alors que je la serre dans mes bras, elle ne cherche pas à se soustraire à mon étreinte. Je serais incapable de dire à quel point c'est une mauvaise chose alors que les pensées se bousculent dans mon esprit, que je me dis qu'elle mérite bien mieux que ce que je suis en train de faire. Et pourtant, à sa réponse, je souffle, tout contre son oreille.

"A quel point est-ce égoïste d'être heureux que tu n'aies pas envie de partir ?"

Enfin, je ne suis même pas sûr qu'on puisse vraiment dire que j'en sois heureux. Il serait bien plus simple qu'elle me repousse pour de bon et qu'elle s'en aille loin de moi. Ce serait lâche de la laisser faire et si je tiens vraiment autant à elle que je le dis, je vais devoir rompre notre étreinte. Mais pas tout de suite, pas alors qu'elle me regarde comme ça.

Et, alors que ma conscience me souffle de la relâcher, mon pouce effleure sa mâchoire avant que je ne l'embrasse de nouveau, faisant preuve cette fois de beaucoup moins de retenue que je n'ai pu le faire avec elle. Pour un peu, on dirait un baiser d'adieu. Et c'est qu'il doit être, je ne devrais plus l'approcher et encore moins la toucher. A cette pensée, je la serre un peu plus contre moi, comme si cela pouvait retarder le moment fatidique.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Jeu 21 Avr - 22:21

Je serre les dents, en entendant ses excuses. Partiellement agacée par le fait qu’il s’excuse encore, alors qu’il aurait très bien pu ne pas me choisir comme dépositaire de tout ce qui l’accablait, et qu’il pourrait cesser de penser importuner les autres quand il ne devrait penser qu’à lui, et partiellement satisfaite qu’il puisse ainsi s’exprimer et tenter d’expier sa peine, même s’il s’accuse encore de ne pas garder cela pour lui. S’il n’était pas face à moi, ma réaction serait surement bien différente, mais il est difficile d’avoir une conversation avec quelqu’un et de recevoir de telles confidences, sans être l’un en la présence de l’autre, n’est-ce pas ? Je me contente cependant de hocher la tête, ne lui signalant pas une nouvelle fois de trouver un nouveau confident, ce que je n’ai et n’aurai pas le courage de faire, ou de cesser de penser au fait qu’il puisse importuner les gens.

Et soyons honnête, ces quelques mots ne sont rien, comparé à la suite, à laquelle je ne m’attendais pas. Je suis incapable de cacher combien ses mots m’affectent, combien cette confiance, si c’en est, qu’il a en moi me touche, et combien elle me saisit. Pas plus que je puis dissimuler le mal que cela me fait, de me dire que cette entente que nous aurions pu avoir a été réduite à néant, sitôt qu’il a eu l’opportunité d’épouser une princesse. Je le crois, je ne sais pas réellement pourquoi, quand il me dit qu’il aurait souhaité m’épouser, mais ça n’en rend pas moins ce constat amer. Je voudrais pouvoir lui dire qu’il ferait mieux d’agir ainsi, pour me faire partir, pour me faire croire que le portrait que j’avais eu de lui lorsque nous avions découvrir la supercherie de son identité dans le Nord, avec Jeyne, d’un être fourbe et manipulateur, me ferait sûrement moins de mal que le jeune homme attentionné et lui aussi contraint à un mariage qu’il n’a pas désiré, comme je le serai et comme je m’étais préparée à l’être toute ma vie, que j’ai face à moi. Je n’ai pas la force, pourtant, de lui dire cela. Pas la force de lui dire quoi que ce soit, tant ma gorge me semble nouée et sèche. Je fais un pas vers lui, comme pour saisir sa main, mais je me recule en prenant conscience du danger de cette proximité.

« Désolée… »

Je ne suis même pas certaine de savoir pourquoi je m’excuse. De reculer ? De ne pas pouvoir le laisser me repousser, ou de ne pas fuir par moi-même ? D’avoir recherché sa présence, même si j’avais perdu l’espoir de le trouver et ne pensais pas le voir ici ? De ne pas avoir feint de ne pas le voir, en y parvenant ? De tout ça, peut-être. Ou de la question que je vais poser ? Comment ne pas lui signaler que je n’ai aucune envie de le voir se marier, de le voir aussi rejoindre cette famille dont j’ai déjà l’impression qu’elle va me dérober ma cousine qui est comme ma sœur, que je souffrirais difficilement d’assister à cela ? Je ferme les yeux malgré moi, le voyant froncer les sourcils. Comment lui expliquer tout ce qui se cache derrière cela ? Que je préfèrerais me prétendre souffrante, ou peut-être même l’être réellement, si cela peut m’éviter de raviver une plaie encore plus profonde et qui durera bien plus longtemps ? Je secoue la tête, rouvrant les yeux. Avant même qu’il ne m’apporte une réponse, je sais déjà que je ne pourrais pas prétendre une quelconque faiblesse m’empêchant d’y assister. Pour moi, pour mon honneur et mon orgueil, bien que je ne l’avouerai pas, et pour ma réputation. Si la cousine et dame de compagnie de la Princesse du Nord et de l’Ouest n’assistait pas à un mariage princier parce qu’elle était indisposée, cela serait probablement un affront ou une faiblesse. Je refusais de donner l’image de l’un ou de l’autre.

« Je ne pourrais pas fuir, malgré la difficulté, malgré la peine… Malgré l’envie. J’avais inconsciemment baissé la voix, en reconnaissant ce sentiment bien peu flatteur ou honorable. Sans doute ne l’aurais-je pas dit, si je n’avais pas répondu impulsivement. Je me gardais de préciser qu’une Karstark ne fuyait pas et ne faillait pas à son honneur ainsi. Peut-être devrais-je, pour le faire ouvrir les yeux sur ma… fierté, et mon orgueil. Peut-être. Grimaçant, je secouais la tête comme pour signaler que le sujet était clôt. Où devez-vous donc vous absenter de manière si urgente ? Si vous êtes en mesure de me le dire, veuillez m’excuser pour mon indiscrétion… »

Je n’étais pas réellement sincère en m’excusant, mais je ne pouvais décemment faire preuve d’intérêt ou d’inquiétude comme ça, alors qu’il pouvait ne s’agir que de formalité. Mais tout sujet convenait, plutôt que mon obligation d’assister à une union qui serait,à terme, heureuse, j’en étais persuadée.

« Alors que tu rentres dans une famille qui est la tienne depuis des années déjà, que tu connais et dans laquelle tu as parfaitement ta place. Que tu auras une épouse que tu estimes et qui a ton affection, et que tu apprendras probablement à accepter en tant qu’épouse, que vous allez former une famille dans laquelle je n’aurai aucune place, alors que je serai si proche, et pourtant sans lui… »

J’espérais qu’il ne saisirait pas l’allusion à Jeyne, dans cette phrase, qui était tout aussi concernée que lui. Je lui avais parlé de mes appréhensions, que je n’aurai dû confier à personne et ne confierai même pas à ma cousine, bien qu’elle le comprendrait au premier regard, mais je ne voulais pas qu’il imagine un seul instant à quel point cela m’inquiétait vraiment et me rendait d’autant plus vulnérable. Qu’il me prenne dans ses bras parvient à éloigner tout cela de mon esprit, cependant, alors que je raffermis l’étreinte. Cela ne durera surement pas, il sera de toute façon hors de question que l’on fasse preuve d’une telle proximité dans le futur, mais je ne peux me résoudre à m’éloigner.

Je déglutis difficilement, à cause de la proximité dont il fait preuve, et de sa question. Elle était si… dure à accepter. Comment pourrais-je lui répondre, alors que le chagrin me prend, à l’idée de tout ce qui aurait pu être et ne serait jamais, et à l’idée égoïste que je suis moi aussi heureuse, autant que possible vu les circonstances, qu’il veuille me retenir dans l’Ouest ? Je suis bien incapable de répondre malgré tout, et me contente de lever encore les yeux vers lui, avant de me laisser surprendre par sa main sur mon visage, bien vite remplacée par ses lèvres, pour un baiser qui me trouble énormément. Qui est bien plus… je ne saurai le décrire, mais il éveille en moi des sensations qu’aucun e ses précédents baisers n’a fait naître, et que je ne suis même pas sûre de comprendre. Je ne m’y soustrais pas, alors que ma raison me dicte de le faire, mais je crains que ce soit trop difficile. Et je suis, malgré l’idiotie, satisfaite de le sentir me serrer davantage encore contre lui, alors que nous ne devrions surtout pas.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Ven 22 Avr - 13:17

Je ne sais pas pourquoi je m'obstine à m'excuser de la sorte. Si vraiment je regrette de lui avoir parlé, je n'ai qu'à cesser et à quitter les lieux. Mais je m'épanche, me confortant dans la présence rassurante de la jeune femme dont la compagnie me fait plus de bien que je ne l'aurais soupçonné. Et je me sens tout autant coupable même cela ne change pas grand-chose à cette situation à laquelle je ne suis pas habitué et que je suis totalement incapable de gérer.

Le reste de mes propos la touchent, bien trop pour que je n'ai pas envie de la serrer dans mes bras, de lui dire ce que je pense vraiment. Et l'envie de tout lui avouer m'effleure un instant, avant que je n la chasse aussi loin que possible. Elle ne dois jamais savoir. Comme tous les autres. Si je me montre un piètre fiancé pour Megara alors que je me comporte de la sorte avec la jeune nordienne, je ferais en sorte d'être un bien meilleur mari et de plus agir comme ça. En tout cas, je ferais tout pour. Mais malheureusement, l'image de la jeune lionne s'évapore alors que mon regard se perd dans celui de Lynara et que je la fixe, un rien décontenancé par ses propos.

"Dois-je vous demander de quoi vous êtes désolée ou me dire que vous l'êtes de me savoir si enclin à me confier de la sorte ?"

Nous savons tous les deux qu'elle devra assister à ce mariage qu'elle ne souhaite pas voir arriver. Une part de moi ne le veut pas non plus mais l'autre, celle qui est fidèle envers et contre tout à la famille Lannister, sait que c'est la meilleure chose à faire. Et je me rends compte qu'il serait plus aisé pour moi aussi de ne pas la voir ce jour-là. Il me faudra surement l'ignorer autant que possible, oublier sa présence pour ne pas faire de mal à Megara et ne pas mettre la famille royale dans l'embarras. J'ai un soupir à ses propos et je hoche doucement la tête.

"Je sais. Et je ferais de même quand ce sera à mon tour de vous voir unie à un autre."

Même si je serais capable de me montrer bien plus lâche qu'elle, à n'en pas douter. A sa question, j'ai une moue pensive, me demandant ce que je peux lui dire ou non et je reprends, d'un ton plus tranquille.

"Il semblerait qu'il y ait eu de l'agitation sur certaines terres de l'Ouest. Il nous faut y remettre un peu d'ordre et Lyman, en tant que futur souverain, va s'en charger. Il va de soit que je ne peux le laisser y aller seul et que j'aurais surement fort à faire là-bas."

J'en profiterais également pour sonder les environs et remplir mes autres missions mais ça, je préfère ne pas en parler à Lynara, au risque de l'inquiéter pour rien. Elle n'a pas besoin de cela, surtout avec tout ce que je peux lui dire depuis qu'elle est entrée dans cette pièce. Je déglutis difficilement au reste de ses propos. Une fois de plus, elle fait preuve de bien trop d'objectivité pour que ce soit agréable à entendre.

"Je ne sais pas. J'aimerais te dire que tu auras toujours ta place auprès de nous mais tu as l'air tellement persuadée du contraire. Ou alors cette place ne te convient pas, ce que je peux tout à fait  entendre. Mais nous ne pouvons pas imaginer un avenir sans toi, que ce soit Jeyne ou moi."

Je sais pertinemment que je ne suis pas au centre de ses préoccupations et je peux difficilement lui en dire plus, si ce n'est qu'elle devrait aller parler à sa cousine. Jeyne se fera effectivement sa place à la cour mais j'ai du mal à imaginer qu'elle laisserait sciemment Lynara de coté. Alors, je fais quelque chose d'idiot probablement, mais la seule chose qui me parait lui montrer à quel point je peux tenir à elle, à quel point sa présence m'est nécessaire.
C'est déraisonnable et cela ne nous mènera nulle part mais je l'embrasse comme je ne l'avais encore jamais fait avant. Et, au bout d'un moment, je finis par lâcher, dans un murmure, sans desserrer mon étreinte.

"Tu sais, je me suis dit, l'espace d'un instant, que j'aurais aimé te rencontrer avant. Avant que tout cela ne se décide, peut-être que nous aurions eu une chance. Et après je me dis que tu n'aurais probablement pas apprécié celui que je pouvais être avant de venir dans le Nord."

J'ai un sourire un peu triste avant de l'embrasser de nouveau, ma min glissant le long de son échine alors que je garde l'autre posée sur sa joue. Je pourrais rester longtemps comme ça alors que je la garde tout contre moi mais je me rends compte que je risque de déraper encore plus et de tenter quelque chose que je regretterais.
Alors je souffle, tout contre ses lèvres.

"Il faut que je m'en aille. J'ai beaucoup trop envie de rester avec toi pour qu'il soit raisonnable de le faire."

Mais je ne bouge pas, j'en suis encore incapable. Je déglutis alors que ma main glisse le long de son cou pour se poser sur son épaule et que mon regard continue de chercher le sien. C'est trop tôt, beaucoup trop tôt pour accepter de la laisser pour de bon.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Ven 22 Avr - 23:53

Je le regarde sans être certaine de comprendre ce qu’il me dit. Désolée de le savoir enclin à se confier à moi ? Ce n’est pas là ce que je voulais dire, quand bien même il y aurait un fond de vérité dans sa phrase.

« Je suis persuadée que vous savez autant que moi les conséquences de vos confidences, quand vous me les destinez, mais je ne m’excusais ou ne me sentais pas désolée pour cela… Je ne sais réellement pourquoi. De vouloir être proche de vous, et de n’être que trop consciente de la difficulté de ne pouvoir réellement l’être, peut-être. »

En réalité, le nombre de choses dont je pourrai être désolée est bien plus important, mais je ne veux pas y penser, au risque d’affecter davantage encore mon humeur. Elle est déjà bien trop instable, et il conviendrait certainement que je ne cède pas à tous ces sentiments, toutes ces sensations, qui s’agitent en moi. Chose peu aisée, alors que nous évoquons son mariage futur, et bien trop proche à mon goût. Et le mien, qui me laisse une impression amère et peu agréable. Je m’étais toujours attendue à ne pas m’enthousiasmer le jour de mon union à un homme dont je deviendrais la propriété, mais pas à ce que cela se fasse en de telles conditions, et encore moins de m’attacher à un homme et d’avoir la naïveté de croire qu’il pourrait faire mon bonheur. Je pouvais accuser Gareth de bien des torts, en son absence, mais la vérité était que j’étais tout autant sinon plus coupable que lui, d’avoir osé croire en ces chimères. Soupirant, je secouais la tête, en signe de dénégation.

« Vous n’y serez sûrement pas obligé, pas en tant que membre de la famille royale. Je peine à croire que les Lannister puissent assister au mariage d’une nordienne, quand bien même il s’agirait de celui d’un de leurs vassaux. Vous savez, et je ne devrais pas vous dire cela, mais j’ai toujours espéré faire un beau mariage, pour mes parents, avec un héritier ou un cadet qui hériterait de terres, mais je suis lucide, ce ne sera surement pas le cas. Quel intérêt à me marier avec un banneret important de l’Ouest, pour l’Ouest ou même le Nord ? Aussi, ce sera surement un mariage sans importance, et auquel la famille royale n’aura nulle obligation de se présenter. »

Ou peut-être pas. La cohésion de la Royauté et des vassaux est plus importante en ces temps troublés qu’elle ne le serait en temps de paix, et faire ainsi preuve de respect et de reconnaissance me semble nécessaire, mais je ne suis pas rompue à la politique qui influence les relations entre nobles et régnants. Je ne peux qui plus est pas imaginer que Jeyne ne soit pas à mes côtés en une telle journée, surtout si elle s’annonce aussi lugubre que je ne le pense.

« Veuillez m’excuser de nouveau. J’agis de manière condamnable en vous évoquant un sujet dont vous ne désirez pas parler. »

Je ne peux m’empêcher de grimacer, en entendant les propos de Gareth quant à leur absence à venir. Vont-ils être confrontés au danger ? Surement bien moins que dans le Nord, malgré le fait que le Roi du Nord n’ait guère eu le moindre intérêt à exposer le Prince de l’Ouest à la mort, mais je ne peux malgré tout que m’inquiéter, bien que je n’en dise verbalement rien.

« J’espère que cela sera couronné de succès, et sans perte/ »

Ou peut-être n’étais-je pas capable de me taire, bien que je ne dise pas directement le tracas que cela me causerait très probablement. Je devais être rompue à l’inquiétude de toute façon, état fréquent dans nos terres du Nord, je pourrais donner le change facilement. Du moins je l’espérais.

« Peut-être est-ce ma façon inconsciente de fuir, ou de masquer les peurs que la nordienne que je suis ne parvienne pas à s’acclimater à ces lieux. Ou celle que je sois contrainte de retourner dans le Nord. J’aime ces terres, mais je me suis fait le serment d’être toujours là pour Jeyne, et je ne le pourrais plus. Je ne suis persuadée de rien, simplement effrayée que ce soit le cas. Et je ne parviens pas à faire taire cette pensée sournoise et insidieuse. Mais je ne souhaite pas t’importuner avec cela. »

Aussi… irréfléchi que ce soit, je m’abandonnais à son baiser, qui me troublait bien plus que les précédents, qui me semblaient plus sages, et je rougissais je crois, au tourbillon de sensations qui m’assaillaient, que je n’arrivais même pas à identifier.

« Et peut-être n’aurais-tu pas apprécié celle que j’aurai été, si les circonstances avaient été autres, et que j’avais su ta réelle identité. Beaucoup de choses auraient pu être différentes, alors. Et je le souhaiterai vraiment, que l’issue puisse être plus heureuse… »

Je raffermis un peu plus notre étreinte, bien consciente que je devrais y mettre fin, mais sa proximité rend la chose difficile, sinon impossible. Encore plus, alors qu’il m’embrasse, et reste tout près de moi. Je crois que je suis gênée, autant que je me sens bien, pourtant.

« Je ne veux pas que ce soit la dernière fois que nous puissions nous parler… »

Confession dérisoire et stupide, mais que je suis incapable de taire.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Lun 25 Avr - 7:38

A son regard, il est aisé de deviner que ma question la déroute. A dire vrai, elle me déroute moi-même et je ne sais pas vraiment de quelle façon lui faire comprendre ce que j'ai en tête. D'autant que je ne suis pas sûre de ce que j'ai à l'esprit. Je secoue brièvement la tête à ses propos avant de souffler, à mi-voix.

"Et bien à dire vrai non. Vous savez très bien que je ne suis guère habitué à ce genre de confidences et à la relation que nous pouvons avoir. Alors je ne sais pas du tout ce que cela pourra donner."

Probablement rien de bon à la réflexion.  Et, au reste de ses propos, je me fige quelques instants, touché une fois de plus alors que je sais qu'elle n'est que trop sincère dans ce qu'elle dit, qu'elle ne cherche pas à m'amadouer ou à me rassurer ou que sais-je encore.

"Ne soyez pas désolée pour ça. Vraiment pas. Ou alors il va falloir que je m'excuse pour la même chose. Ce n'est pas comme si nous avions prémédité tout cela, cette envie et ce besoin que nous avons d'être ensemble. Il va seulement falloir trouver comme gérer tout cela pour que vous en souffriez le moins possible."

Peu m'importe mon sort si elle arrive à se sentir heureuse à nouveau. Voilà qui me suffirait largement. Les autres sujets que nous abordons sont tous aussi délicats, pour ne pas dire qu'ils le sont encore plus mais nous ne pouvons guère les ignorer. Ce serait plus facile dans l'immédiat certes mais sur la durée ce serait probablement bien plus compliqué, à chaque fois que nous allons nous croiser. Déjà qu'au vu de ce que nous sommes en train de nous dire, notre prochaine rencontre risque d'être des plus difficiles à vivre pour nous deux. J'ai une moue pensive avant de secouer la tête.

"J'aurais une obligation morale si elle n'est pas factuelle. Je ne peux pas vous demander d'assister à ma propre union et songer à me défiler lorsque ce sera mon tour. Quand bien même je n'aurais pas envie de voir ça. Quant à l'idée d'un grand mariage. Je vous avoue n'avoir jamais été dans votre position. Je n'ai jamais eu la pression de faire un mariage intéressant pour ma famille, étant l'avant dernier d'une grande fratrie et vivant à la cour, ils n'avaient pas besoin de moi pour nouer une alliance. J'ai même cru un instant que je pourrais choisir moi-même vu que cela ne risquait d'impacter ni la succession, ni ma vie ici."

J'ai un sourire un peu amer avant de reprendre, d'un ton toujours aussi sérieux.

"Mais c'est un luxe que nous n'avons pas évidemment. En ce qui vous concerne, si c'est vraiment ce que vous voulez, si vous cherchez un mariage d'importance, je peux pas m'engager à le trouver mais au moins à chercher des partis qui pourraient correspondre. N'oubliez pas que vous êtes la cousine de la future Reine de l'Ouest et la personne qui lui est le plus proche, vous êtes un bien meilleur parti que vous ne semblez le croire. Sans même parler du reste…"

Je la fixe quelques instants avant de froncer les sourcils au reste de ses propos.

"Je n'agis peut-être pas de manière condamnable moi aussi ? Si vous le souhaitez, nous pouvons dire que tout ce que nous disons aujourd'hui ne peut être condamnable ni ne mérite d'excuses. Cela restera entre nous. Qu'en pensez-vous ?"

Quand elle grimace, je me rends compte qu'elle doit à nouveau s'inquiéter pour moi, pour ce que nous allons faire avec Lyman. Je ne peux pas vraiment entrer dans les détails de peur de ne faire qu'accroitre son inquiétude et j'ai un bref sourire que je veux rassurant.

"Oh à n'en pas douter. Il s'agit surtout de rappeler quelle est la réelle figure d'autorité dans l'Ouest. Nous ne serons pas seuls et je vous donnerais régulièrement des nouvelles si vous le souhaitez."

Et brusquement, je me fais plus familier. Le peu de barrières que nous avons s'effrite de toute façon peu à peu et je n'ai de toute façon plus grand-chose à lui cacher. Je peux comprendre ses appréhensions même si je ne peux pas y faire quoi que ce soit. Rien de ce que je dirais ou ferais ne pourra vraiment l'aider mais je ne peux m'empêcher de lui répondre, à voix basse.

"Tu n'es pas du genre à fuir quoi que ce soit. Cela ne risque pas de commencer maintenant, quelle que soit la difficulté à laquelle tu es confrontée. Je n'ai aucun doute quant au fait que tu trouveras ta place ici même si j'ai peur d'être un frein à ton acclimatation. Jeyne a besoin de toi et je ne vois rien qui pourrait changer cet état de fait, quel que soit le temps qui passera, sois en assurée. Et tu ne m'importunes pas, jamais, enlève-toi ça de la tête pour de bon."

Je ne sais si le fait de l'embrasser confirme ou pas mes propos. Je sais seulement que j'en ai cruellement envie, que le simple fait de lui parler ne me suffit plus et que je sais que ce moment sera le dernier en son genre. Et quand je vois qu'elle ne cherche pas à se dérober, mon peu de résolution s'envole alors que je la serre un peu plus contre moi.

"Tu veux dire que tu m'aurais évité ? Que nous n'aurions jamais discuté de la sorte ? Que tu aurais eu la confirmation que les ouestriens sont des idiots imbus d'eux-mêmes ? Et que j'aurais cru qu'il est impossible de discuter avec une nordienne sans avoir l'impression de sentir le blizzard passer dans la pièce ?"

J'ai un bref sourire à cette image, mes lèvres toujours contre les siennes. Il est vrai que les choses auraient été bien différentes si nous n'avions pas joué à ce petit jeu qu'elle m'a reproché plus tard. Peut-être que cet attachement aurait été moins fort. Mais il est impossible de revenir en arrière et je ferme les yeux un instant à sa confession avant de répondre, sur le même ton qu'elle.

"Je n'en ai pas envie non plus. Mais je ne peux pas te faire l'affront de demander à ce que l'on devienne amis, confidents ou que sais-je encore. Pas avec tout ce que je viens de dire, de faire, cette envie de te garder dans mes bras et…"

J'ai un bref soupir, m'interdisant de dire tout haut ce qui me vient réellement en tête. Evidemment que j'ai envie qu'elle soit à moi, de ne pas réfléchir à toutes les conséquences que cela pourrait impliquer mais j'ai encore moins le droit de songer à cela qu'au reste. Le préjudice qu'elle aurait à subir serait bien trop important et je ne pourrais pas l'aider.

Sans bien savoir pourquoi je souffle alors, fronçant les sourcils.

"Tes joues sont bien rouges. Tout ce que je dis te gêne tant que ça ?"

Je devrais probablement arrêter de lui parler de la sorte ou de me comporter comme ça mais je n'arrive toujours pas à m'y résoudre. J'effleure alors une de ses joues du bout des lèvres avant de me pencher et de l'embrasser dans le cou, à la naissance de la clavicule. Et je reste comme ça, mon souffle contre sa peau, ne relâchant pas mon étreinte, toujours pas résolu à faire ce qu'il y a de mieux pour elle.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Lun 25 Avr - 9:32

Je fronce les sourcils, surprise par sa réponse. Non ? Il n’envisage pas un instant les conséquences que peuvent avoir ses confidences, sinon me mettre mal à l’aise et m’attrister ? La colère me reprend un instant, et pourtant, je m’efforce de ne pas y laisser libre cours. Ça n’est pas le moment, plus le moment peut-être, et il serait malavisé de ma part de la laisser s’exprimer ainsi. Ou plus sage, peut-être, mais je ne suis pas certaine d’en avoir la force ou de pouvoir ne pas me montrer pathétique en lui criant combien il peut me blesser. Et je ne veux pas le rendre encore plus… accablé, peut-être, qu’il ne l’est à cause de tout ce qu’il doit endurer. Non, je ne peux guère faire cela. Alors je me tais, et je le regarde sans savoir comment réagir. Si je parle, mes mots dépasseront forcément ma pensée ou ma volonté, et je ne peux m’y résoudre. Garder le silence est surement la meilleure solution.

« Je crains qu’il soit bien trop tard pour ça. Mais j’affronterai tout cela comme je le peux, vous avez bien trop à penser pour vous en soucier. »

C’était une réalité, quand bien même je n’étais pas certaine de pouvoir supporter cela et d’y faire face, sans trop souffrir. Mais je ne comptais pas le lui avouer. Et j’étais persuadée pouvoir prétendre être heureuse, et faire en sorte qu’il ne se rende compte de rien. Peut-être même arriverais-je à y croire moi-même, si je le vois amusé et insouciant en compagnie de son épouse, peut-être me forcerais-je à l’être, et le deviendrais-je réellement. Que cette idée me serre trop le cœur pour le moment et fasse naître en moi une tristesse bien plus grande que je ne l’aurai cru n’y changeait rien.

« Vous savez tout comme moi que ne pas y être présente n’est pas un choix réel pour moi, aussi ne devez-vous pas vous sentir obligé de faire cela. Je ne vous cacherai pas vouloir, de manière très égoïste, avoir des visages connus et rassurants à mes côtés en une telle journée, d’autant plus si je ne connais nullement mon époux ou ne m’entend pas avec, mais je ne peux décemment vous imposer une si cruelle journée. » Pas alors que j’en souffrirai moi-même beaucoup trop, quand le sien aurait lieu. « Je suis l’aînée, bien que je n’hérite de rien, fille d’une famille importante du Nord, et mes frères perpétueront le nom Karstark et hériteront de Karhold. Pour leur honneur, pour cela, je dois faire un bon mariage. Je crains malheureusement qu’en ces temps troublés, il n’y ait aucun intérêt politique à une union de plus entre le Nord et l’Ouest. Si je pouvais épouser un noble d’une famille importante, alors peut-être en retirais-je une simple satisfaction, mais je peine à croire cela possible. À moins que je… »

Je m’arrêtais et secouais la tête, incapable de poursuivre. Je n’étais pas une intrigante, et je ne demanderai à personne d’intervenir en ce sens, pas même à ma cousine. Et son mari, sa famille, avaient bien d’autres intérêts à privilégier. Soufflant légèrement, je faisais écho à son sourire en ornant mon visage de ce qui ressemblait davantage à une grimace qu’à un réel sourire.

« Cette opportunité vous a malheureusement été enlevée… Quant à votre aide, je ne veux pas que vous me croyez… intéressée ou écervelée et simplement motivée par l’appât du gain ou de la renommée que cela pourrait m’apporter. Mais je vous serai reconnaissante de votre aide, quelle qu’elle puisse être. Malgré la position délicate dans laquelle vous seriez ainsi placé. Je ne veux pas, croyez-moi,vous infliger une telle peine. Je crains cependant ne pas y parvenir seule. Et j’ose espérer que nulle rancœur ne naîtra en vous à mon égard, si réellement vous m’aidez à cela. Quant à ma position, j’en suis consciente. Mais je ne suis pas certaine qu’en ces temps troublé, cela importe le plus. Mais je ne suis pas au fait des manigances et des actions de nobles de l’Ouest, pour entrer dans les grâces de la famille Royale. Peut-être suis-je plus naïve que je ne le pense. »

Je me suis excusée de ne pas garder le silence sur un tel sujet, et je ne repousse pourtant pas son aide, alors que je le devrais. Mais la vérité est que je serai bien démunie, sans elle, à devoir m’acclimater à ces lieux nouveaux, et manigancer pour trouver un mari. La vérité partielle, du moins, car aussi déplaisant que soit le sujet, que Gareth ne fuit pas devant la possibilité de m’aider même pour cela me touche beaucoup plus que je ne saurai le dire, et la simple idée qu’au moins cela empêchera que les relations entre nous se rompent totalement… Je ne devrais pas penser ainsi, mais je ne peux me résoudre à détruire tout espoir.

« Faisons ainsi, alors. Mais… »

Rien. Je ne peux lui dire que nous devrions nous efforcer de ne pas nous peiner plus que de raison, mutuellement. Il est déjà trop tard, et je crains que nous en soyons bien incapables pour le moment. Je ne sais s’il saisit que je m’inquiète, mais j’efforce de ne pas le dévoiler, alors que je l’interroge. Son sourire assez… assuré fait taire légèrement mon appréhension.

« Ce serait bienvenue de votre part. »

Oui, autant que l’est son étreinte, et le baiser qu’il m’offre. Je devrais le repousser, ne pas désirer une telle chose d’un homme fiancé à un autre, mais je ne le peux. Non, je ne suis pas en mesure de le faire.

« J’espère que tu as raison, et que je puisse y parvenir. Mais ne t’accuse de rien. S’il y a un frein à cela, c’est pour le bien de Jeyne et de la princesse, qui sont toutes deux au centre des regards. Et cela me permet de savoir à quoi m’attendre, et de la part de qui. Passer inaperçue, malgré mes craintes, me permet au moins d’essayer de voir qui peut être digne de confiance et qui ne peut pas l’être. Je l’espère, du moins. Mais je ferai de mon mieux, et je te fais le serment de ne pas me restreindre, à cause de toi. Bien que je ne sois pas certaine de comprendre pourquoi tu serais un frein à cela. Quant à Jeyne, je suis sûrement injuste envers elle, et effrayée de la voir bien trop accaparée par sa nouvelle vie. Peu de gens le savent, mais j’avais coutume de me dérober à la vue de tous, dans des endroits improbables, quand je suis arrivée à Winterfell, pour laisser libre cours à mon chagrin et à ma conviction que je ne m’y plairais pas. Je ne peux faire de même ici, mais il n’est pas facilede laisser aller son anxiété, aussi librement que je laissais aller mes larmes à l’époque. Quant au fait de t’importuner… Le fait que tu ne veuilles toi-même pas confier tes états d’esprit troublés revient au même, n’est-ce pas ? Je crois que nous devons tous deux travailler là-dessus. »

Peut-être n’y arriverions-nous jamais. Mais nous étions malgré tout plus proches que je ne l’aurai pensé alors qu’il s’obstinait à me parler de son union proche. Je pensais lui crier la blessure que je ressentais, le repousser et lui dire qu’il s’était, une fois de plus, joué de moi, et lui intimer de ne plus jamais me parler. Et rien de tout ça n’arrivait. Nous ne pouvions pas prévoir nos réactions, et cela valait aussi si notre rencontre avait été différente.

« Sûrement. Pour l’un et pour l’autre. Et tu aurais probablement cru que, sans pour autant me jeter à la gorge de ces beaux partis, j’étais superficielle et désirais seulement trouver un époux digne de moi. Sans tenter de me faire voir telle une beauté affable et sage, mais malgré tout comme une jeune fille digne, intéressante et qui ferait une bonne épouse. Sans doute aurais-tu exercé celle que j’aurai pu être. Sans doute l’exècrerais-tu maintenant encore. »

Oui, très probablement, à vrai dire. Mais si… Si je pouvais compter sur son aide, alors peut-être ne devrais-je pas me montrer ainsi.

« Mais je crains que le blizzard eut été encore trop doux, en revanche. »

J’ai un sourire amusé à cette idée, alors qu’il n’a été, de ma part du moins, confronté qu’à un bref épisode de fureur glaciale, et qu’il n’a aucune idée de l’étendue qu’elle peut avoir. Je ne sais réellement si je veux que ça continue, ou s’il vaudrait mieux pour lui comme pour moi qu’il subisse une si forte rafale qu’il ne veuille plus s’y confronter, mais j’ignore sciemment ses pensées. Le sentir si près de moi y contribue aisément, bien que je sois gênée de notre proximité, autant qu’elle me trouble et me plait… je crois.

« Sera-t-on pour autant capables de n’être… rien ? Le supportera-t-on ? Je n’en suis pas certaine, pour ma part. Et je sais que je ne veux pas me déloger de tes bras, bien que ce soit déraisonnable, et que je devrais ne pas écouter cette envie qui est la mienne. »

Je déglutis, ignorant sa phrase non terminée, incertaine de vouloir savoir ce qui lui passe par la tête, et ma gêne s’accentue alors qu’il l’évoque, et signale la rougeur sur mes joues. Ce qu’il dit, ou ce qu’il fait. Ne se rend-il pas compte de l’intensité du baiser qu’il m’a donné, qui avive des sensations que je n’ai jamais connues auparavant ? Je secoue la tête, contre lui, en signe de dénégation.

« Ce n’est pas ce que tu dis, c’est ce que… Tu n’es pas habitué à vivre une telle situation, mais je n’ai jamais quant à moi reçu de telles attentions. Ni ressenti de telles… choses. »

Je ne sais si c’est possible, mais je crois que mes joues sont maintenant écarlates, et pour peur je passerai pour malade ou ensorcelée, ou… Je ne sais pas. Toujours est-il qu’il ne me facilite pas la tâche, en raffermissant notre étreinte et en déposant ses lèvres à des endroits où je ne les attendais pas, m’arrachant une expression de stupeur, alors que mes joues s’embrasent encore davantage en les sentant dans mon cou, de même que mon ventre. Si cela me surprend, ça n’en est pas moins agréable mais aussi… perturbant. Je ne sais que dire, ou comment réagir, alors que je sens son souffle sur moi, et ses bras autour de moi. Je sais simplement que j’aimerai rester là.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Jeu 28 Avr - 19:02

Je ne sais pas ce que peut réellement ressentir Lynara. Probablement parce que j'arrive déjà pas vraiment à me rendre compte pleinement de ce que j'éprouve, mais aussi parce que j'ai encore du mal à la cerner. Je ne sais ce qu'elle attend de moi, ce qu'elle voulait vraiment et il serait peu avisé de lui demander maintenant, pas avec tout ce que je viens de lui raconter. Mais, quand elle fronce les sourcils, à la gêne palpable qu'elle éprouve, je me rends bien compte qu'il y a bien des choses que je n'arrive guère à cerner. Je me fige alors à ses propos et je sens mes mâchoires se contracter alors que je prends une brève inspiration.

"J'aurais du réfléchir avant de vous dire tout cela. Il est trop tard pour faire marche arrière et j'ai peur qu'il soit inopportun de vous dire que j'aimerais vous aider à l'affronter."

Et pourtant j'aimerais pouvoir l'aider, pouvoir la faire rire et sourire. J'en suis tellement loin en cet instant que je regrette amèrement d'être venu ici, de ne pas avoir tourné les talons. Parler de nos mariages respectifs n'est pas pour nous aider à voir les choses plus sereinement, plus calmement. Je m'agite intérieurement à l'idée de la savoir unie à un autre quand je n'arrive même à réfléchir à mon propre mariage, quand bien même j'ai beaucoup d'affection pour Megara.

"Vous ne m'imposerez rien. Mais si vous me considérez comme un visage rassurant, je ferais tout ce qu'il faut pour être là."

Et je me rends compte que je dis la vérité. Je n'ai pas le droit de faire preuve de cette lâcheté si tentante, si facile alors qu'elle est prête à affronter l'orage aussi fièrement que possible. A ses propos, j'ai un bref hochement de tête avant de souffler, à mi-voix alors que sa voir se meurt.

"… à moins que ?"

Je la fixe, un peu inquiet, guettant le reste de ses propos sans être sûr que j'ai réellement envie de les entendre. Et je laisse filer un silence avant de secouer doucement la tête et de reprendre, la fixant avec sérieux.

"Pas une seconde je ne pourrais me dire que vous êtes intéressée ou écervelée. Quand vous avez appris que j'étais un lord, le plus proche ami du Prince de l'Ouest, dois-je vous rappeler votre réaction ? Aucune courtisane ou s'approchant n'aurait agi de la sorte. Vous êtes spontanée, sincère et si effectivement vous cherchez à faire au mieux pour la grandeur de votre famille, vous n'êtes pas comme ça. Je ne pourrais vous tenir rigueur si vous souhaitez un bon parti, ce serait hypocrite de ma part. Mais je vous garantis que vous pouvez être un parti plus qu'intéressant."

C'est idiot de me dire que si je lui choisis son époux, elle m'en sera peut-être reconnaissante et acceptera de continuer à me parler, que nous devenions amis ou que sais-je encore. Je devrais… je dois couper tout lien avant que sois incapable de le gérer mais je n'en ai pas envie. C'est probablement déjà trop tard de toute façon. J'ai un bref hochement de tête à sa réponse, hésitant à lui demander de finir sa phrase. Mais je n'ai pas envie d'entendre la réponse, de l'entendre se montrer raisonnable alors que je n'ai pas du tout envie de faire de même. Je me contente alors de souffler, lorsque nous parlons de notre voyage à venir.

"Je ne pourrais pas vous laisser sans nouvelle. Surtout si vous en demandez."

Je repense un instant à nos échanges quand nous étions dans le Nord avant de perdre le peu de retenue que j'avais encore avec elle. C'est idiot, stupide, mais terriblement apaisant de la sentir dans mes bras, de sentir son souffle et la façon dont elle réagit à mon étreinte. Je la garde dans mes bras alors que je reprends la parole, me refusant à la lâcher et j'ai un bref hochement de tête.

"J'en suis persuadé. Tu es observatrice et tu sais à qui te fier. C'est déjà le plus important. Quant au fait d'être un frein… je ne veux pas que tu te sentes mal à l'aise avec quiconque à cause de moi. Et je peux te montrer des endroits où tu pourras … et bien faire tomber les masques et laisser libre cours à tes inquiétudes sans prendre le risque d'être surprise. Si tu veux."

Après tout, j'ai bien cherché et trouvé ces endroits il y a bien des années. Si je ne peux pas réellement veiller sur elle comme je le voudrais, au moins pourrais-je peut-être faire cela. Et je ne peux m'empêcher d'avoir un sourire au reste de ses propos.

"Il y a bien des choses sur lesquelles il va nous falloir travailler. Mais peut-être pourrions-nous arriver à quelque chose. Je me suis rarement confié de la sorte et…"

Je fronce les sourcils, sans finir ma phrase. Je ne peux pas lui demander ce genre de choses, surtout pas alors que je l'embrasse de nouveau, que je la serre contre moi avec une toute autre envie que celle d'en faire ma confidente. A l'évocation de ce que nous aurions pu être, je suis partagé entre l'amusement, la nostalgie et une humeur que je n'arrive pas à définir. Du regret probablement alors que je l'écoute avec attention, profitant encore et toujours de sa présence.

"Je serais resté bloqué sur les apparences, sans chercher à savoir qui tu es réellement et me raccrochant à mes habitudes et à ce que je crois savoir des jeunes femmes en âge de se marier et qui vivotent autour des princesses. Et qui cherchaient encore et toujours à me coincer dans un mariage qui leur apporteraient une place à la Cour. Mais tu n'es pas cette femme, loin de là."

Mon sourire réapparait quand elle évoque le blizzard à son tour. Il a certes été doux mais assez déstabilisant pour que je ne sache plus où j'en suis depuis que je l'ai croisée. Mais ça ne peux pas le lui dire. Le reste des ses propos me trouble et j'ai un silence avant de secouer la tête.

"Je ne veux pas ne plus rien être pour toi. C'est égoïste et tu ne mérites pas ça. Mais je ne sais pas ce que je peux t'offrir. Ce que tu voudrais attendre de moi. Et je veux pas te relâcher."

Je l'embrasse à  nouveau, avant de me faire trop téméraire alors que je vois ses joues rougir de plus belle. Alors je l'interroge, sans réussir à m'en empêcher. Et, à sa réponse, je resserre mon étreinte de plus belle, comme si cela pouvait nous permettre de ne jamais sortir d'ici pour affronter le monde extérieur, alors que mes lèves remontent le long de son cou, m'attardant beaucoup trop longtemps pour ne pas avoir de plus. J'arrive pourtant à me détacher de sa peau avec difficulté pour déglutir, incapable de lui répondre quoi que ce soit dans l'immédiat.

Ma main glisse encore, alors que j'effleure du bout du pouce le col de la robe de la jeune nordienne. J'ai un bref soupir et mon regard se perd un instant avant que je ne la fixe à nouveau dans les yeux, esquissant un sourire un rien amer.

"Tu n'imagines pas à quel point j'aimerais te faire ressentir d'autres choses. Te faire oublier à quel point tout cela peut te toucher. Et apprendre à vivre avec ce que tu me fais éprouver."

Ma main retombe dans le vide et je me pince les lèvres. Je l'embrasse alors doucement avant de reculer d'un pas, puis de deux, toujours incapable de la quitter des yeux et me sentant encore plus désorienté que lorsque je suis entré dans la volière.

"Il ne faut pas que je reste."

J'aimerais qu'elle me retienne, qu'elle fasse un geste dans ma direction, tout comme j'ai envie qu'elle ne fasse rien pour ne pas lui faire plus de mal, regretter ce que je peux éprouver pour elle. Enfin, pour cela, c'est déjà trop tard. Moi qui me vante depuis toujours d'être quelqu'un d'assuré, voilà encore une chose qui a changé depuis que je suis parti d'ici il y a quelques mois.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Lun 2 Mai - 20:21

Je fronce, encore peut-être, les sourcils en l’entendant. Trop tard pour faire marche arrière ? Voudrait-il réellement effacer tout cela et y renoncer ? L’idée me déplaisait, et je crains bien être incapable de le cacher.

« Et qu’auriez-vous fait, alors ? Vous m’auriez évitée ? Ne comprenez-vous donc pas que cela m’aurait tout autant fait souffrir, si ce n’est plus ? Vous blâmer pour… je ne sais, vous être joué de moi ou quoi que ce soit d’autre, n’aurait pas adouci la peine, ne l’aurait pas atténuée. Pas un seul instant. »

Il me croirait ou non, mais en plus de me blâmer d’avoir été futile et irréfléchie, je me serai blâmée de m’être leurrée et d’avoir inventé tout ce que j’avais cru réel. Mais il était inutile de lui dire ça. Je brulais d’envie de lui dire que je voulais qu’il m’y aide, mais… Ce n’était ni sage ni intelligent. On en viendrait à se faire plus mal qu’autre chose, je le crains. Comme c’était actuellement le cas. Je retins un soupir, quoi que difficilement. Je secoue légèrement la tête. Je devrais lui permettre de fuir.

« Il sera une distraction, et une douleur incommensurable. Vous voir en ce jour où je devrais penser à mon époux uniquement… Il n’y a aucune conviction dans mes paroles, si ce n’est celle de le laisser se dédouaner de sa présence. Je pensais à Jeyne avant tout. Elle saura me rassurer et me préparer au mieux à cette journée. »

Je ne pouvais retenir une grimace. Bien sûr qu’avoir Jeyne à mes côtés serait un grand réconfort, mais serait-ce suffisant ? J’en doutais fortement. Mes propos seraient-ils, eux, suffisants pour tenir Gareth éloigné ? Je ne pouvais que l’espérer, et prier pour cela. Les Anciens Dieux ou les Sept, bien que je ne puisse me résoudre à l’idée d’en prier d’autres que ceux que je chéris et connais.

« À moins que je ne demande à Jeyne cela comme une faveur, ou à son Prince. À son prince, qui ne me doit rien, et n’a aucune raison de le faire. Mais je vous ai déjà dit n’être pas une jeune intrigante, et il est hors de question que je fasse cela. La bonté de Jeyne est déjà bien trop grande, pour qu’elle aille au delà. »

Envisageait-il seulement que je puisse penser une seconde à profiter de la place nouvelle qu’occupe ma cousine au sein de l’Ouest, et de me servir d’elle ? Surement pas. Mais peut-être cela changera-t-il son point de vue à mon sujet. Peut-être. Ou alors devrais-je simplement me jeter au cou des nobles les plus influents, afin de négocier, peut-être, une union. Dans tous les cas, dans une franchise dont je devrais peut-être me passer, je finis par lui dire bien plus de choses que je ne le voudrais, y compris que son aide serait la bienvenue, quand je devrais faire en sorte qu’il m’oublie. Il va se marier, rejoindre la famille royale, et son avenir est tout tracé.

J’ai un mince sourire, sans joie, en me remémorant ma colère alors que j’apprenais sa réelle identité. Sans doute aurais-je mieux fait de l’ignorer ou de chercher à le manipuler. Nous n’en serions surement pas là.

« Merci, Gareth. »

Je ne saurai dire plus, parce que malgré ma tristesse ou ma gêne, ses propos me touchent, davantage encore en sentant qu’il est parfaitement sincère. Mais je ne suis pas certaine de l’être autant qu’il ne le pense, en parlant du fait que je ne cherche que la grandeur de ma famille. En partie, mais sans doute étais-je un peu orgueilleuse. Mais je me garderais bien de le lui montrer. Parce qu’alors, il se détournerait assurément de moi. Plus tôt qu’il ne serait contraint de le faire, une fois marié, du moins. Alors je me contente d’acquiescer, de le remercier. Nous verrons ce qu’il en sera plus tard.

« Même si je ne le demande pas, ce qui ne sera pas toujours aisé étant donné votre entourage, votre… fiancée, faites le. Ne me faites pas vous en implorer, ma fierté n’y survivrait pas. »

Si j’essayais de faire de l’humour, c’était probablement raté. Mais j’avais le mérite d’essayer, quand bien même je ne faisais réellement qu’énoncer une vérité, à vrai dire. Mais il n’avait nul besoin de le savoir – quoi que, mon orgueil avait été piqué à vif, alors que j’avais découvert sa supercherie et celle du Prince, il n’avait pu l’ignorer. Je ne le croyais pas, du moins. Mais il me distrait de mes pensées peu agréables, en me prenant dans ses bras, me surprenant alors que je pensais qu’il voudrait simplement garder ses distances pour... par respect pour sa fiancée, peut-être. Je ne veux pourtant pas qu’il s’éloigne, pas alors qu’il m’apaise davantage encore que grâce à tous les mots et toutes les assurances de me garantir un mariage qu’il m’a donnés.

« Aussi observatrice que je l’ai été de votre décision au Prince et à toi ? Je m’arrêtais un instant, grimaçant. Pardon, je ne voulais pas dire ça. Mais j’ai particulièrement manqué de jugement, je crois, à ce moment là. Et je ne laisserais rien être un frein. Je l’espère, du moins. Quant aux différents endroits où être certaine d’être… seule face à mes pensées, ce serait appréciable, et je te serai reconnaissante de partager cela avec moi. »

Même si, égoïstement, j’espérais ne pas l’y trouver, si je m’y rendais. Ou peut-être espérais-je l’inverse. Soupirant, je secouais légèrement la tête pour éclaircir mes pensées et, surtout, me retenir de dire une telle chose – l’une ou l’autre des deux pensées qui m’avaient traversé l’esprit.

« Et ? »

Où voulait-il en venir, et que voulait-il dire ? Nulle part, peut-être, ou alors ne veut-il pas en parler du tout. Sinon, pourquoi m’embrasserait-il, à cet instant ? Quelle importance, alors que de sentir ce contact m’étourdit encore un peu, et me trouble davantage encore, même si je m’efforce d’ignorer un peu tout ce que je ressens, et surtout l’envie qu’il recommence, encore.

Je lui souris, en tout cas, presque sincèrement, à son portrait. Combien de nordiennes autour de Jeyne ai-je pris pour cela ? Et peut-être étais-je en tort, à vrai dire ? Mon sourire s’amoindrit un peu, en l’entendant me dire que je ne l’étais pas. Il ne pouvait pas être sûr de cela, et j’espérais ne pas lui montrer le contraire, alors que je… qu’il faudrait que je me marie. Que je trouve un mari. Je laisse bien malgré moi échapper une grimace, que j’espère qu’il ne verra pas.

« Je ne le veux pas non plus mais… je ne veux pas bafouer ta femme ou même la… faire souffrir. »

Je le laisse faire pour autant, incapable de l’arrêter, incapable d’en avoir seulement envie, et incapable aussi de ne pas frissonner de ses gestes, que jamais aucun n’a eu envers moi, et qui me… je ne sais pas, ce qu’ils me font, mais c’est effrayant et agréable à la fois. Même si sa main le long de mon col me fait un peu paniquer, autant qu’elle me donne envie de savoir ce qu’il a en tête. Ou peut-être n’aurais-je pas du le souhaiter, et surement n’aurais-je du rien dire, parce que si j’avais pensé être rouge au point de ne pas pouvoir l’être davantage, je me suis fourvoyée, alors que je me sens rougir encore plus. Et être effrayée, et en même temps savoir… en savoir plus.

Mais je ne peux pas. Je suis incapable de parler, je crois, mais mes yeux trahissent certainement la surprise, la curiosité et la panique, aussi, un peu. Oui, très certainement. Et si je suis soulagée, de sentir sa main retomber, l’amertume et la déception à le voir reculer après m’avoir embrassée à nouveau sont encore plus présentes.

« Ne me fuis pas. Et ne m’ignore pas. »

Pas comme tu l’as fait à Winterfell. J’ai conscience de la supplique dans ma voix, mais je suis bien incapable de réagir différemment.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Mer 4 Mai - 21:07

J'aimerais qu'elle soit indifférente à ce que je lui raconte, qu'elle ne donne pas cette impression d'être constamment touchée par ce qui m'arrive, ce serait bien plus simple pour moi de jouer mon rôle habituel. C'est probablement pour ça que je n'y arrive pas avec elle. Et pourtant, je vais devoir m'y résoudre et cette pensée s'insinue doucement mais surement dans mon esprit. Il n'y a de toute façon pas d'autres alternatives et je sais qu'il ne faudra plus que je la recroise quand je serais sorti d'ici. Ou alors, pas en tête à tête. Ce serait idiot. Mais, au lieu de mettre fin à cette discussion, je reste là, envers et contre toute raison.

"Oui. C'eût été la meilleure chose à faire, nous le savons tous les deux. Vous auriez souffert, le temps de vous accoutumer à l'idée que je ne vous apporterais rien de bon. Et la douleur se serait atténuée au fil des jours."

Ou elle le fera, il n'y a pas d'autre option de toute façon.  Au reste se de ses propos, je fronce les sourcils, me demandant si elle pense réellement ce qu'elle ou si elle me donne l'opportunité de fuir cette journée. Je laisse alors échapper, d'un ton aussi neutre que possible.

"Je vois.  Je ne serais pas là si c'est ce que vous souhaitez donc. Mais Jeyne ne vous laissera jamais en un jour pareil, c'est certain."

J'ai été un peu plus sec que je ne l'aurais cru. Mais c'est trop tard et j'avoue n'avoir guère apprécié ce qu'elle vient de dire, quand bien même j'aurais du m'y attendre. J'ai alors du mal à faire autre chose que de hausser légèrement les épaules au reste de ses propos, retrouvant un semblant de contenance alors que je songe à ce qu'elle va devoir faire pour trouver un époux qui ne l'éloigne pas d'ici. Evidemment que l'idée ne me plait pas mais ce n'est pas comme si grand-chose pouvait me satisfaire ces derniers temps.

Si j'arrive à esquisser un sourire quand elle me remercie, ma maigre tentative d'humour ne fonctionne guère. Je me contente de souffler, à mi-voix.

"Je vous donnerais autant de nouvelles que possible. Je m'en voudrais d'égratigner votre fierté."

Et de la blesser un peu plus. D'autant que je tire un réconfort égoïste à l'idée de pouvoir lui donner des nouvelles, quand bien même je sais qu'une fois sorti de là, l'idée me paraitra pour le moins déplacée. Alors, au lieu de réfléchir à tout ce qui va changer une fois hors d'ici, je profite de sa présence, tant qu'elle ne me repousse pas. Quand elle grimace, je ne peux m'empêcher de sourire un peu plus franchement.

"Je ne suis pas persuadé que tu aies manqué de jugement. Il était plus simple d'accepter notre petite mise en scène pour tout le monde, que ce soit toi, le Roi ou Jeyne. Mais je t'indiquerais certains endroits, même si je ne pourrais pas forcément t'y accompagner."

Ca, nous le savons tous les deux. Au vu de la façon dont je me comporte avec elle, il serait totalement stupide de prendre le risque de recommencer, quelle que soit mon envie. Je secoue brièvement la tête à son interrogation, avant de murmurer.

"… et rien qui ne doive être dit. Pas maintenant."

Qu'elle me rende mes baisers ne peut pas vraiment m'inciter à m'arrêter ou à me comporter convenablement. Si nos échanges peuvent nous arracher des sourires, la réalité se rappelle à nous bien trop rapidement et, à sa réponse, j'ai un soupir, alors que j'effleure son front de  mes lèvres.

"Je sais. Et elle ne mérite pas que je lui fasse ça."

Pourtant, au lieu de m'éloigner d'elle, je l'embrasse de plus belle et je dis des choses que je devrais taire. Je peux voir un flot d'émotions contradictoires passer dans son regard alors que je m'éloigne d'elle. Et elle reprend la parole. Je ne sais pas si je dois regretter ou non ce qu'elle dit.  

Je me fige alors que je la regarde, sans savoir quoi faire, incapable de lui répondre quoi que ce soit. Il faut que je m'en aille, ce sera mieux pour nous deux. Voilà ce que je devrais dire. Mais j'en suis totalement incapable. Alors je me précipite vers elle et je l'embrasse sans aucune retenue, la plaquant contre moi sans la moindre hésitation.

Si mes doigts n'ont fait qu'effleurer son col quelques instants plus tôt, il se font bien plus audacieux alors qu'ils se posent sur sa poitrine et que je la serre encore plus contre moi. Mon autre main enserre sa taille et je ne me rends même pas compte que je la soulève légèrement pour l'appuyer contre le mur. Mais c'est à ce moment-là que j'entends un bruit violent impossible à ignorer. Un claquement de porte je crois. Le vent surement. Ou quelqu'un. Et je réalise ce que je suis en train de faire.

Alors je la relâche tout aussi brusquement, le souffle court tandis que je déglutis avec difficulté.

"Je suis désolé. Tu ne mérites pas ça non plus."

Et, sans attendre qu'elle me dise quoi que ce soit, je me retourne et je file dans les escaliers, sans un regard en arrière. Il faut que je parte le plus loin d'ici et le plus vite possible. Je manque de m'égarer à plusieurs reprises, alors que je connais cet endroit bien mieux que ce que j'ai pu connaitre Kayce et cette pensée me trouble un peu plus, comme si j'en avais besoin. Je finis par arriver tout de même aux écuries et j'ignore totalement ce qu'on me dit, ce qui se passe autour de moi. Tout ce qui compte c'est de partir de là. Et de retrouver mes esprits avant tout.


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MessageSujet: Re: Avec juste l'innocence d'une plume... [Tour II - Terminé]   Lun 9 Mai - 18:15

Je soupirais, à l’entendre. M’accoutumer à cette idée ? Que la douleur s’atténue ? Je ne pouvais affirmer que ça ne serait pas le cas, mais penser qu’il ne m’apporterait rien de bon ne me viendrait jamais à l’esprit. Il me serait infiniment plus amer de devoir renoncer totalement à lui, plutôt que de me résigner à ce que rien ne soit jamais possible entre nous – c’était ainsi, malheureusement.

« C’est là bien mal me connaître, que de croire que je renoncerai à votre présence, simplement pour cela. Si elle m’est difficile, j’ose croire que nous pouvons prendre sur nous, et rester en aussi bons termes que possible, plutôt que de nous ignorer. Qui plus est, vous êtes l’homme de confiance du Prince, je suis celle de la Princesse. Qu’imaginez-vous, sinon que nous allons nous voir à de multiples reprises ? Je ne prétends pouvoir être impassible ou ne pas en souffrir, mais peut-être alors les élans de mon cœur finiront-ils par s’apaiser, à défaut de disparaître. »

Et il me serait bien plus douloureux, sous bien des aspects, que lui puisse envisager ne plus jamais être en contact avec moi. Je me plierai à sa décision, s’il le décide, mais je ne l’accepterai pas de bon cœur. Assurément pas. Il ne me laisse cependant guère le temps d’y penser, alors qu’il me parle d’un ton bien trop désagréable pour que je puisse supporter ce mensonge que je lui sers, pour… pour son bien. Oui, c’est assurément pour son bien. Il me semble. Grimaçant, je m’avance pour prendre sa main, avant de reculer subitement, sans même la toucher.

« Ce n’est pas… »

Ma voix se brise, alors que je me raisonne. J’ai obtenu ce que je voulais, au prix de mon honnêteté et en ayant recours à ce procédé que j’exècre, il est hors de question de revenir sur ce que j’ai dit. Et peut-être finira-t-il par réellement me déprécier, déçu de ma malhonnêteté. Peu importe. Il s’agirait là surement de la meilleure chose à venir pour lui. Ou non… Comment le croire, alors qu’il cède à mon caprice, de vouloir de ses nouvelles. Il serait sage de ne pas le faire, mais j’en suis incapable.

« Vous m’en voyez rassurée. »

Difficile de dire plus, alors que je viens malgré tout de le repousser, de lui dire que sa présence à mon mariage n’était pas requise. Si mariage il y avait, dans l’Ouest. Soupirant, je secouais légèrement la tête, ignorant ces sombres pensées et me concentrant sur la conversation. Pour être encore bien peu à mon aise.

« Surement… Je t’en serai reconnaissante. Et il est bien évident que je devrais les trouver seule… Peut-être m’égarerais-je, pour en trouver certains que tu n’as pas découvert toi-même. »

J’en doutais. Mais si un jour c’était le cas, alors je le garderai surement pour moi. Non pas parce que je ne voudrais pas le voir, mais parce qu’il serait trop risqué que nous nous rencontrions, dans un de ces lieux. Je me crispais légèrement, à l’idée que le hasard nous joue des tours, et nous y amène. Espérons qu’il n’en verrait rien. Je haussais un sourcil, en l’entendant, mais il me prit de court en m’embrassant, et m’empêcha de le questionner davantage. J’aurai pourtant voulu savoir ce qu’il s’était retenu de dire, malgré tout. Mais je voulais moins que cela mettre fin à ses baisers, quand bien même cette idée parsemait mes joues de carmin, de gêne, de honte, et de chaud aussi surement. La réalité ne laissait cependant aucun répit…

« Je ne la connais pas, mais… »

Les mots ne passèrent pas mes lèvres, mais je devrais. Essayer de la connaître. Je ne m’en sentais cependant pas capable, et Jeyne était suffisamment intéressante pour que je m’efface derrière elle, auprès de la Princesse de l’Ouest, du moins, mais… Mais je savais que si les circonstances étaient différentes, je l’aurai fait. Non pas par cupidité de me lier à une princesse, mais simplement par savoir vivre. Je ne pouvais cependant pas le dire. Je n’étais pas prête à le faire ou à simplement accepter l’idée, non. Et m’abandonner aux baisers de Gareth est beaucoup plus simple que de penser à tout cela.

Et si mes propos me semblent lui signaler de partir alors même qu’il s’éloigne, parce que je ne peux pas aller plus loin et qu’il le sait, que jamais je n’agirai ainsi, peut-être me suis-je mal exprimée, je ne peux retenir un cri de surprise, alors qu’il se montre plus téméraire, ni de tressaillir en entendant un claquement au loin, alors que je me suis figée sous ses gestes, surprise, choquée, et peut-être foule d’autres sentiments que je m’efforce d’ignorer. Je glisse au sol, restant debout mais chamboulée, alors qu’il s’éloigne, incapable de dire quoi que ce soit. Le cœur battant, l’esprit bien trop troublé, et la honte, aussi. Jamais je n’aurai du le chercher. Je me penche, pour ramasser la missive que je comptais envoyer, et m’attèle à retrouver mon calme en l’attachant à la patte d’un corbeau, m’y reprenant à plusieurs fois. Avant de partir en regardant devant moi, et prend la direction des appartements de Jeyne, avant de réaliser que c’est une mauvaise idée, et de m’enfermer dans les miens.


Le doute est une force. Une vrai belle force. Veille simplement qu'elle te pousse toujours en avant. © Pierre Bottero

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