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N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]
MessageSujet: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Mer 23 Mar - 23:44

Je froisse la missive entre mes mains.
Cela fait à peine quelques jours qu’ils sont revenus et que nous avons discutés des armées. Quelques jours à peine que la princesse Argella m’a demandé de l’aide. Et à nouveau, encore, tout part en tous sens. Je me demande un instant si j’en suis responsable. Comme à chaque fois que je reçois une de ses missives, je me remets en questions et m’interroge. Contrairement à elle semble-t-il.
Je déplie la missive et l’aplatis à nouveau soigneusement. Essayer de respirer pourrait être une idée. J’inspire profondément.
A-t-elle vraiment du temps à perdre ? S’amuse-t-elle réellement à jouer ainsi avec ses alliés ? Ah, non, pardon. Il est vrai que nous ne sommes pas un allié sur qui elle peut s’appuyer. Il est vrai que je ne lui ai pas envoyé un tiers de mon armée, qu’elle a laissé stationnée inutilement, avant de s’en aller dans le Nord et de les abandonner sur place. Il est vrai que je n’ai envoyé ni un de mes plus grand capitaine pour la seconder, ni mon frère pour l’appuyer et diriger l’armée à ses côtés. Il est vrai que je n’ai pas précisé dans mes nombreuses missives que Ser Jordayne et mon armée lui obéirait.

Je me lève d’un mouvement vif, saisissant la lettre, avant de sortir de mon bureau. J’essaie de prendre sur moi, de prendre un visage neutre, mais au vu du regard de ceux que je croise, ce n’est guère réussi. Pour ce que j’en sais, il devrait être à l’extérieur. Mais je sais qu’il a également reçu une missive de la part de sa sœur. Il doit être dans ses appartements.
Toujours d’un pas vif, je m’y rends rapidement, mes gardes derrière moi.

Ne réfléchit-elle jamais ? Ne se demande-t-elle jamais jusqu’où elle peut pousser l’outrecuidance avec d’autres suzerains ?
J’ai dû, plus d'une fois, tempérer ma propre famille concernant Rhaenys Targaryen et ses propos à mon égard. Est-ce réellement à moi, Deria Martell, princesse de Dorne, que d’amoindrir les actes et les paroles de sa majesté aux yeux des miens ? Parce que bien souvent, elle allait trop loin ? Pourtant, je l’ai fait. Pour l’alliance. Pour ce que cela signifiait. J’ai temporisé, j’ai pris sur moi, sur mon propre orgueil pour épargner le sien.
Et pourtant, encore et toujours, elle parvient à aller plus loin et à me surprendre par son arrogance et son manque total de convenances.

Elle ne nous considère plus comme des alliés fiables ? Elle désire faire sans nous ? Elle pense avoir trouvé dans le nord un allié sur lequel s’appuyer plus certainement ? Soit. Grand bien lui fasse. Ce n’est aucunement moi qui aie besoin de soutien. Ce n’est aucunement moi qui aie tant besoin d’aide. J’ai consenti à prendre son frère pour époux. Tout légitimé et prince qu’il soit fait, il n’en reste pas moins un bâtard. Et si personnellement je n’ai absolument rien contre lui, ni contre cela, je doute que quiconque lui aurait offert une telle opportunité.

Et elle… malgré tout cela, malgré tous les efforts consentis, elle continue de se terrer derrière son chevalier dès que quelque chose ne lui plait pas. Elle continue de se lamenter, de critiquer et de récriminer à tout va. Bien. Elle ne vient pas à Dorne ? Pour le mariage ? Y aura-t-il encore seulement mariage ? Veuille-je seulement poursuivre réellement avec elle ?

Je grimace un sourire en me demandant la teneur de la lettre qu’elle a pu envoyer à Orys Baratheon. Pleurait-elle sur son épaule en lui disant à quel point sa future femme était vile et ingrate ?

Je pose les yeux sur la lettre une secondes. « Puisse vos déserts, vos montagnes et les orages vous protéger ». Quelle susceptibilité infantile et déplacée ! Quelle prétention ! Cela ne devrait plus m’étonner. Pas après tous les antécédents, pas après son couronnement de reines des sept couronnes. Pourtant, j’osais croire…
Je soupire et frappe deux coups rapide à la porte du prince. Avant d’entrer sans en avoir reçu l’invitation. Je suis chez moi et je peux tout autant faire preuve de grossièreté qu’elle n’est-ce pas ? Je fais un signe aux gardes qui se placent à l’extérieur en fermant la porte.

« Vos nouvelles sont-elles meilleures que les miennes Prince Baratheon ? » Je le dévisage, et je suis heureuse d’être toujours aussi furieuse. « Nous devons parler. De la reine votre sœur. »



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Dernière édition par Deria Martell le Mar 18 Avr - 14:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Lun 28 Mar - 17:19


Les mains croisées devant moi, mon regard ne cessait de s'attarder sur ces lignes qui me faisaient face, me dépeignant une situation bien plus précaire que je ne l'avais pensé au premier abord en m'aventurant dans les terres du Sud. Je me souvenais très bien des premiers échanges que nous avions eu avec Deria Martell, à mon arrivée à Lancehélion. Je sentais comme une volonté réelle de repartir sur de meilleures bases pour faire prospérer cette alliance, à la voir ainsi prendre sur elle pour que tout se passe au mieux... Comment avais-je pu me leurrer à ce point ? N'avait-elle agi ainsi que pour endormir ma méfiance ? A quoi bon ? Nous devions nous marier pour sceller l'alliance entre nos deux royaumes et, même si cette décision ne m'enchantait guère, j'avais fini par m'y résoudre. Après tout, elle était mienne, même si je ne consentais à m'éloigner de ma sœur que pour le bien de mon royaume. Plus d'une fois, j'avais songé à faire demi-tour pour repartir dans la Baie de la Néra, là où était ma place, où les combats allaient être bientôt livrés. Encore une fois, je serais absent au plus fort de la bataille, frustré de devoir rester en arrière pour mener des actions diplomatiques qui me dépassaient. Cette missive ne me laissait qu'un cuisant sentiment d'échec, car malgré ma présence à Dorne, tout allait en empirant pour mon royaume. Le soutien de la Princesse Deria Martell n'était que du vent. Elle revenait encore une fois sur ses accords passés, et Baâl qui me parlait de ce mariage... Qu'est-ce qui me disait encore qu'il en serait question ? Nous lui avions fait promettre de ne pas revenir là-dessus, mais que valait encore sa parole ? Le seul bienfait de cette vaste mascarade a été que Rhaenys soit libérée de ses engagements envers Dorne, afin de contracter de nouvelles alliances. Je ne pensais pas devoir dire un jour que les Stark étaient plus fiables que les Martell, mais à défaut de les apprécier, ils semblaient plus à même de respecter leurs engagements.

Je fulminai. Rhaenys comptait sur moi pour arranger la situation, mais elle avait parié sur la mauvaise personne. Je n'étais pas un diplomate, ni un politicien. J'étais un guerrier, et le seul terrain sur lequel j'excellais était un champ de bataille. Je froissai la missive avec l'intention de la jeter dans un feu... Inexistant. Les nuits étaient froides et les journées atrocement suffoquantes. J'arrivais aussi peu à m'adapter à ce climat qu'à ce royaume, mais je n'avais pas pris la peine de faire beaucoup d'efforts en ce sens. Ma cotte de mailles me manquait pour me sentir moins vulnérable, le seul avantage était les tenues fortement dénudées de ma promise... Mais cela n'allait pas me suffire pour calmer ma colère envers elle et diminuer la chaleur de cette pièce.

D'ailleurs, c'était sûrement elle que j'entendais arriver, frappant à la porte et entrant à la volée. Je ne devais pas être le seul à être énervé... Tant mieux. Je l'avais connu naïve et avenante, mais on ne pouvait réellement succomber qu'aux flammes n'est-ce pas ? Fussent-elles du dragon ou du soleil. Je me brûlerais.

Je m'arrêtai à sa hauteur, lui rendant son regard empli d'animosité. Je n'allais pas réussir à mâcher mes mots. Elle aurait dû attendre avant de faire irruption dans cette pièce si elle voulait éviter que nous proférions tout deux des paroles pleines de colère.

- Parler de ma sœur ? Je comptais plutôt vous parler de mon royaume que vous laissez livré à lui-même après lui avoir assuré un soutien militaire dont il ne pourra pas bénéficier. Cela fait partie de la devise Martell ? Insoumis, invaincus, intacts... Instables ? Il faut croire que vous n'avez plus besoin de vos plus anciens alliés, maintenant que vous avez su vous attirer les grâces de l'Orage... Quand comptez-vous honorer vos engagements envers les miens, Deria Martell ? A moins que vous ne décidiez de vous tourner finalement vers le Bief ? Avez-vous seulement écouté mes avertissements, alors que nous étions encore à Goeville ? M'avez-vous seulement écouté une seule fois depuis mon arrivée à Dorne... Sur quoi voulez-vous baser cette alliance, Deria Martell ? Je vous le demande franchement.
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Lun 28 Mar - 20:49

J’essaye de respirer et de décrisper mes poings. Mais j’ai bien du mal. Comme si je n’avais pas assez de chose à gérer actuellement, il aurait fallu que je prenne garde à la susceptibilité démesurée de la reine de Peyredragon. Avait-elle jamais porté attention elle à ce qu’elle écrivait, à la façon dont elle l’écrivait ? J’en doutais plus que fortement ou alors était-elle encore moins douée que son frère question diplomatie. Et tout cela datait de bien avant ma demande concernant l’alliance de Roward et d’Argella Durrandon. Je ne doutais pas qu’elle l’ait mal pris, sans doute à raison, même si au final, le nouvel arrangement était bien plus à son avantage. A leur avantage. Mais soit, s’ils ne désiraient voir que le négatif, charge à moi de leur rappeler ce que Dorne et moi-même leur apportions.
Peut-être devrais-je aller voir Arianne et en discuter avec elle. Non, elle serait sans doute encore plus en colère que moi. Ou peut-être pas cette fois. Cette fois, je suis suffisamment furieuse pour ne pas tenter de l’écouter de toute manière. Et en toute objectivité, autant voir directement avec l’un des principaux intéressés n’est-ce pas ?

Mes pas résonnent sur les murs en pierre, pâles reflets de l’agitation et de la colère qui m’habitent. Et cela ne s’arrange nullement alors que je rumine chaque pensée, chaque phrase écrite et chaque mot prononcé.
Arrivée devant ses appartements, je frappe et entre sans attendre de réponse, petit ouragan fulminant et furibond. Et visiblement, il semble aussi furieux que moi. Bien. Tant mieux. Il s’arrête face à moi, et me force à lever la tête pour le fixer. Mais s’il pense un instant m’impressionner de la sorte, il se trompe lourdement. Je suis plus petite que 90% des personnes que je croise, j’ai l’habitude.
Mes poings se serrent à nouveau alors qu’il parle et m’accuse, moi ?

« Comment osez-vous ?! Depuis ma première rencontre avec Rhaenys, je ne fais qu’aller dans son sens ! Depuis la première fois où nous nous sommes vus, j’ai toujours été la première, et la seule suzeraine à l’appuyer !
L’un d’entre vous se rend-il compte de qu’il dit ? L’un de vous mesure-t-il le sens et la portée de ses paroles ? Votre sœur n’a de cesse de se montrer inconsidérée et irrespectueuse envers moi !
Vous voulez mon opinion ? Elle ne vous plaira nullement, mais soit !

Votre sœur n’est qu’arrogance et prétention, elle est d’une susceptibilité qui ferait pâlir un dornien ! Je ne suis point sa vassale ! Je ne suis aucunement l’une des noblionnes qui l’accompagne, à qui elle peut distribuer des ordres ! Elle n’a aucunement le droit de me donner des conseils concernant un peuple qu’elle ne connait nullement ! Et pourtant, tout cela, elle le fait depuis son premier corbeau à mon intention. Et pourtant, je supporte et tache de poursuivre en arrondissant les angles pour ne pas la laisser. Pour ne pas vous laisser ! Avez-vous la moindre conscience de ce que cela implique et signifie pour moi, qui suis princesse de Dorne ? De ce que cela me coûte ?

Vous parlez d’honorer mes engagements ? La moitié des soldats promis étaient d’ores et déjà présents chez vous, attendant un ordre, une directive, quelque chose de votre part qui n’est jamais venu, alors même que vous veniez ici et que votre sœur s’en allait au Nord.
Mes engagements à votre égard consistaient à vous aider et à vous soutenir. Ce que j’ai fait. Tant militairement que logistiquement ! Ces hommes sont là pour protéger les terres de la Nera, que vous avez durement conquises, pour repousser notre ennemi loin de ces terres ! Hors, à l’instant présent, le Noir attaque plus bas, par l’Orage ! Pensez-vous qu’il faille le laisser avancer ? Pensez-vous que laisser le royaume de l’Orage seul face contre lui soit une idée lumineuse ? Que se passera-t-il s’il parvient à réduire à néant les quelques forces de l’Orage restées en arrière ? Pensez-vous qu’il soit judicieux de le laisser attaquer et bruler ces terres, afin qu’il puisse mieux vous prendre à revers sur la Nera ? »  


Je serre la mâchoire et reprend pourtant sans m’arrêter.

« Vous avez fait un effort considérable, pour accepter de revoir l’alliance, lorsque je l’ai demandé. Je ne le nie ni ne l’oublie.
Mais ai-je pour autant été injuste ? J’aurais pu proposer un noble à l’un des vôtres, j’aurais même pu vous proposer ma sœur ! Mais non. Je me suis proposée moi, Deria Martell, princesse de Dorne. A vous, Orys Baratheon, bâtard légitimé tout juste fait prince. Je vous offre un trône ! Je vous offre un royaume ! Je vous offre la possibilité de faire de votre nom un nom royal et que vos enfants soient les princes et princesses de ce royaume ! Ne venez surtout pas me dire que je privilégie l’Orage ! Oui, mon frère épousera Argella Durrandon et non votre sœur. Oui, je m’assure par-là, la sécurité de mes frontières nord et à terme la loyauté de ce royaume. Votre sœur, une fois libérée de cet engagement, s’est tournée vers le Nord et à conclu une nouvelle alliance avec eux. Ce qui vous assure un allié de poids supplémentaire ! Etes-vous réellement perdant dans tout cela ? »


Je me tais et le fixe, toujours furieuse, quand bien même il me surplombe.

« Mais à en croire votre sœur de toute manière, le Nord est dorénavant le seul allié dont vous semblez avoir besoin, puisque mes troupes ont quitté la sureté de votre ile pour aller combattre notre ennemi commun, sans que j’ai daigné demander la permission à sa majesté la reine Targaryen.
Vous désiriez savoir ce que je désire pour cette alliance ? Ce que j’ai toujours voulu. Une équité. Et non pas uniquement lorsque cela vous arrange de le rappeler. Qu’elle me considère comme une vassale est inacceptable. Qu’elle se cache derrière son conseiller lorsqu’elle se vexe est insultant.
Et si vous ne le comprenez, ni ne l’acceptez, je me demande ce que vous vous attendiez de cette alliance Orys. »



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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Jeu 31 Mar - 23:38


Elle leva le regard sur moi, répondant avec le même air de défi. Sa voix tonnait et, par tous les Dieux, elle ne me laissait pas l'occasion d'en placer une. Elle ne cessait d'hausser le ton comme si elle avait besoin de compenser sa petite taille d'une toute autre manière. La Princesse de Dorne ne se démontait pas, et je commençais doucement à perdre patience. Je faisais les cent pas devant elle pour contenir cette rage qui grondait et menaçait de tout consumer sur son passage, comme un tigre en cage. J'avais fini par apprendre la patience, à prendre sur moi, à force de manœuvres politiques qui m'usaient... Mais chassez le naturel et il revient immédiatement au galop. J'allais pour me servir un verre afin de me faire passer l'envie de l'étrangler. J'évitais scrupuleusement de l'approcher pour ne pas être tenté de la toucher, ou pire. Sauf qu'elle avait franchi les limites depuis longtemps, et mon poing s'abattit avec force contre la table comme un coup de tonnerre déchirant l'air durant la tempête qui menaçait dans cette pièce. La table tomba à la renverse, et des éclats de verre tintèrent au sol. Je sentis la douleur de ce choc violent me remonter le long du bras, ce qui m'aida à reprendre le contrôle alors que je lui rendais un regard implacable.

- Vous avez fini ?

Je pris une longue inspiration... Peine perdue. Ma voix était grondante, couvant une colère qui menaçait d'exploser à tout moment.

- La première suzeraine à l'appuyer ? Et la première à ne pas respecter ses engagements aussi. Et vous, comment osez-vous nous accuser de manque de respect et de considération alors que c'est précisément ce que vous venez de faire à plusieurs reprises envers mon royaume ? Parlons-en de votre susceptibilité, voilà typiquement pourquoi en temps normal les femmes ne sont pas aux commandes ! Êtes-vous bien trop occupée à vous offusquer de chaque parole proférée pour oublier l'intérêt de nos royaumes ? Toujours à en faire une affaire personnelle... Peut-être qu'elle n'aurait pas besoin de vous parler sur ce ton si vous preniez note de nos conseils. Vous n'avez pas écouté les miens, et regardez où vous en êtes actuellement avec le Bief, et votre propre royaume, au bord du soulèvement ! Quand pensiez-vous utile de nous avertir de vos démarches envers le Bief ? Il ne vous arrive jamais de vous remettre en question, Princesse ? Trop occupée à vous écouter parler peut-être ?

Je secouai négativement la tête, avant de lâcher un rire qui n'a rien de rassurant, écartant les mains.

- Oh, merveilleux ! La moitié de vos soldats était déjà sur place ? Et ils attendaient une de nos directives ? Bien ! Rappelez-moi le contenu de nos derniers échanges, Deria Martell ? Je vous demandais comment procéder pour le commandement de vos troupes avant d'apprendre, par une lettre de ma sœur et non de votre propre voix, que vous aviez finalement décidé de les envoyer vers l'Orage sans consulter personne ! Mais parfait, nous nous passerons de votre avis la prochaine fois que vous nous confiez vos armées. Après tout, vous aurez de bonnes raisons de vous plaindre d'être considérée comme une vassale, n'est-ce pas ? Si tant y est une prochaine fois...

Je nageai en plein délire. Il fallait croire que, depuis le début, je m'étais fourvoyé à propos de Dorne. J'avais soutenu à plusieurs reprises à Rhaenys que nous avions besoin d'eux, lui proposant de prendre le relais en tant que Main de la Reine quand leur comportement l'excédait. J'avais cru en cette alliance, et il fallait bien être sur place pour se rendre compte à quel point je pouvais me tromper. Baâl m'incitait à maintenir cette union alors que je n'avais qu'une envie, rentrer pour les assister sur le champ de bataille, rejoindre ma sœur sans tarder. Je venais de faire une belle erreur de jugement.

J'haussai le ton subitement, à bout de nerfs.

- Ces hommes sont là pour protéger les terres de l'Orage et non la Baie de la Néra ! Ce que vous avez fait ? Nous retirer ces troupes sans même nous avertir, mettant en péril toute notre stratégie et nos chances de gagner cette guerre ! Vous avez conscience de la portée de vos actes, ou vous contentez-vous de contracter et rompre des accords constamment sur un coup de tête ? Comment pouvons-nous encore nous fier à vous maintenant, dites-le moi ? Ce mariage, parlons-en ! J'ai incité à Rhaenys à accepter votre proposition, bien évidemment pour les opportunités qu'il représentait. Je ne nie pas qu'elles sont nombreuses, mais revenir dessus sur des points de détails, encore une fois parce que vous en êtes directement affectée, et souligner par la même tous les efforts que vous devez consentir pour le mener à bien... Vous me parlez encore d'équité ? De qui vous moquez-vous, Princesse ? Qui devrait se sentir insulté, dites-le moi ?

Je marquai une pause pour tenter de recouvrir mon calme, en vain. Je fulminai, mais au moins seul le mobilier avait réellement accusé le coup de ma colère, et je parvenais encore à argumenter quand bien même ses réactions me paraissaient totalement invraisemblables. Je devais penser à mon royaume et passer au-dessus, parce qu'on attendait de moi que je règle la situation et non que je ne l'envenime. Quelle plaisanterie de mauvais goût...

- Baâl est actuellement aux commandes à la Baie de la Néra et me remplace en qualité de Main de la Reine le temps de mon séjour à Dorne. Rhaenys est dans le Nord, vous l'avez dit vous-même ! Vous ne vous êtes pas offusquée de m'avoir comme interlocuteur fut un temps... Vous devriez vous estimer heureuse de le voir prendre le relais, ma sœur aurait été loin d'aussi bien vous recevoir. On en revient à votre susceptibilité légendaire, à vous vexer et vous sentir insultée pour si peu. Vous voulez savoir ce que je désire pour cette alliance ? Je ne serais pas un pantin qui se contentera d'hocher la tête à chacune de vos recommandations pour que vous puissiez vous sentir estimée et reconnue. Je ne prendrais pas la peine de ménager votre personne pour espérer vous rendre disposée. Prince-consort, cela signifie que nous gouvernerons ensemble, que vous serez bien obligée de m'écouter et me prendre en considération avant d'agir, et vous avez tout intérêt à ce qu'il en soit ainsi pour que notre alliance reste solide et perdure dans le temps.
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Ven 1 Avr - 11:31

Je ne le quitte pas des yeux alors qu’il commence à faire les cents pas et que je sens émaner la colère de lui par vagues. Mais il n’est point le seul à être ainsi en colère et emporté, même si je sens bien qu’il essaie malgré tout de ne point trop débordé. Je sursaute malgré moi alors que cette pauvre table fait les frais de son emportement. Les verres se brisent quand elle tombe, répandant au sol ce qui s’y trouvait. Je tourne la tête lorsque la porte s’ouvre pour voir apparaître les gardes, dont les regards font l’aller-retour entre lui  et moi.

« Tout va bien. Attendez dehors. »

Deran me dévisage une seconde avant de s’incliner et de sortir. Comme s’il n’y avait pas assez de commérages… Bien que je doute que ces deux-là s’amusent à colporter, je doute tout autant qu’ils soient les seuls à profiter de toute cette scène. Je le fixe à nouveau, la mâchoire serrée alors qu’il attaque à son tour.
Et j’essaie de me calmer et de me tempérer, réellement, car tout ceci n’avancera à rien si ce n’est à détruire le peu qu’il reste. Mais chacune de ses phrases met à mal ma fragile résolution et ne fait qu’attiser ma rancœur.
J’ai un rire sans joie.

« En temps normal ? Etes-vous en train de dire que votre sœur et moi ne sommes point aptes à gouverner Prince ? Etes-vous en train de dire que les hommes sont plus aptes parce que vous avez un phallus entre les jambes ? Etes-vous sérieux ? » Je désigne la table. « Parce que la colère et la fureur sont préférables à la susceptibilité ?
Je suis susceptible oui. D’autant plus lorsque l’on s’adresse à moi comme à une enfant. Je n’ai pas à tenir compte de conseils qui me disent comment tenir mon peuple quand ils viennent de personnes de connaissant même pas notre histoire ! Et aurais-je dû refuser l’invitation ? Je pensais que vous tout comme moi espériez ne pas déclarer la guerre à tous !
Quant à nos accords avec le Bief, vous pouvez tout aussi bien m'en demander les raisons, au lieu de m'accuser ainsi. »


Quant à me remettre en question, je le faisais sans cesse. Mais il faut croire que cela n’est point suffisant pour lui, pour eux. Je l’affronte du regard, alors qu’il poursuit.

« Dès que j’ai annoncé à votre sœur l’envoie de ces hommes, je l’ai averti qu’ils lui obéiraient. Pensiez-vous devoir m’avertir à chaque fois que vous vouliez les faire agir ? Je ne suis point sotte, je les ai envoyé pour vous aider, quel intérêt si vous devez me demander chaque minute mon autorisation ?! »

Je me mets à mon tour à faire les cents pas, davantage pour réfléchir que pour me calmer. Parce que je suis déjà plus calme. Même si ce n’est pas son cas à lui, et de loin. Je secoue la tête et inspire profondément. Je suis susceptible, mais je sais reconnaître, parfois, quand j’ai tort.

« Oui, ils vont aider l’Orage. Si ce n’est près des frontières faute de temps suffisant, j’espère qu’ils sauront arrêter et repousser l’ennemi.
Et j’aurais effectivement dû vous en parler. Même j’ai sincèrement pensé que si le royaume de l’Orage était ravagé, si l’armée restée en arrière-plan tombait, les fer-nés pourraient vous surprendre sur deux fronts à la Baie de la Nera ! »


Ma mâchoire se crispe à nouveau alors que je me tourne à nouveau vers lui, alors qu’il parvient à nouveau à m’exaspérer en quelques paroles. Pour aussitôt me faire soupirer alors que je le dévisage.

« Et il est excédent d’entendre votre sœur indiquer sans cesse à quel point Peyredragon offre davantage dans cette union et à quel point Dorne devrait être reconnaissant de votre générosité à son égard.

Mais je ne cherchais aucunement à vous insulter. Cependant, comprenez que mon peuple n’apprécie pas forcément que je m’unisse à un étranger, et qui plus est, même si j’ai moi-même légitimé ma sœur et mon frère, tous n’apprécient pas que vous soyez né du mauvais côté.
Toutefois… Vous avez raison. Et je m’excuse. »


Je laisse filer un silence, avant de reprendre, retrouvant un peu plus de froideur alors que je reprends ma marche.

« Quant au reste… Si votre stratégie consiste à laisser avancer le Noir sur des territoires alliés, je ne peux comprendre. Ils protégeront la Baie de la Nera en empêchant l’armée des fer-nés de la prendre à revers, est-ce si compliqué à voir ? Si le royaume de l’Orage n’est plus que ruine et incendie, vous serez encerclés ! Quelle chance aurez-vous alors ? »

Je lève les mains en secouant la tête.

« Je ne suis pas offensée d’avoir Ser Forel pour interlocuteur ! Je ne le dénigre point ! Ni lui, ni sa place auprès de la reine ! Mais quand bien même fus-je occupée, je ne charge point un tiers de s’occuper de vous quand les réponses ne me conviennent guère ! Et sa susceptibilité vaut amplement la mienne si comme vous dites, votre sœur est incapable de prendre sur elle pour me répondre comme moi je le fais avec elle.
Quant à votre stratégie que je mets à mal, peut-être auriez dû en informer Ser Jordayne, sans nul doute m'aurait-il dit la raison pour laquelle ils étaient en attente et oisifs, alors qu'ils devaient obéir à vos ordres.
Je ne peux malheureusement pas deviner ce que l'on ne me dit pas. »


Je stoppe près de la table, ramassant par réflexe une carafe miraculeusement intacte. Je vais la poser sur une commode.

« Je ne cherche point à être reconnue ou estimée si je ne le mérite pas, ne me confondez point avec votre sœur. »

Je le regarde. Et si je ne suis plus réellement en colère, même si elle reste tout juste en arrière-plan, je n’en reste pas moins intransigeante.

« Je vous ai dit, à vous ainsi qu’à la reine Targaryen, que je ne désirais aucunement un époux qui se contente de faire bonne figure.
Je souhaite être épaulée. Je veux que mon époux m’aide, me conseille, sois honnête, quitte à être trop franc comme peut l’être Anders avec moi. Je veux quelqu’un qui soit capable effectivement de me tenir tête et de me parler s’il est convaincu que j’ai tort.
Je veux quelqu’un qui fasse passer son royaume avant lui, avant moi, avant le reste. Je veux quelqu’un qui pense au bien-être et au futur de son peuple et qui fasse tout pour s’assurer son bonheur et son avenir.
Vous aimez Peyredragon et ses habitants, vous faites ce qu’il faut pour eux et c’est tout à votre honneur.
Mais ce royaume dont je parle, c’est Dorne. Ce peuple, ce sont les dorniens. Vous serez Prince Consort. Leur vie, leur volonté et leur avenir seront entre vos mains. Alors, je vous le demande Orys. Pour que cette alliance reste solide et perdure dans le temps…
Saurez-vous les faire passer avant le reste ? Avant tout le reste ?  »


Je le dévisage, la mâchoire serrée, attentive et inflexible.



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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Lun 4 Avr - 0:33


Je n'avais même pas lancé un regard vers les gardes qui firent irruption dans la pièce. J'attendis uniquement que la Princesse les congédie, ou ne se décide finalement à me faire arrêter. Notre altercation allait certainement s'ébruiter dans les couloirs du château et agiter les esprits à la veille de ce mariage entre nos deux Maisons, mais je m'en moquais éperdument. Mieux valait que cette dispute soit réglée avant que l'union ne soit consommée, et non après. Il aurait été dommage que Deria Martell ne puisse pas briser un nouveau serment en conséquence, n'est-ce pas ? Je commençais à devenir mauvais, à voir rouge. Peu importait ce qu'elle pourrait dire, je n'étais pas certain qu'elles parviennent à me calmer... Même Rhaenys n'était pas en mesure de le faire. Le mieux était encore d'attendre que l'orage passe, mais la tempête soufflait en deux sens cette fois-ci. Je l'entendis rire, ce qui ne fait que raviver ma colère. Je m'étais fendu d'une remarque qu'elle n'avait guère apprécié, et que l'on me retienne avant que je ne lui démontre à quoi ce phallus pouvait bien me servir. Elle aurait tôt fait de le découvrir par elle-même si notre union était maintenue, voir même avant.

J'allais riposter, mais encore une fois, la Princesse s'empressait de poser les questions et de répondre immédiatement aux injonctions sans me laisser le temps d'en placer une.

- Je vais finir par croire que vous aimez vous entendre parler, Princesse. Alors allons-y, rattrapons le temps perdu puisque vous semblez vouloir finalement nous communiquer vos accords avec le Bief, quelles sont les raisons que vous avez à m'exposer ?  

Elle me suivait du regard, avec cette lueur de défi qui me donnait l'envie de lui arracher de la pire des façons. Je m'arrêtais pour le lui rendre, mais ce qu'elle me lâcha ensuite ne me tira qu'un froncement de sourcils fortement perplexe. Pour la première fois depuis le début de nos échanges, la colère refluait pour laisser place à une certaine confusion.

- Votre commandant ne daignait pas écouter nos ordres avant d'avoir reçu les vôtres, Princesse. Nous ne sommes pas plus sots que vous. Pensez-vous que nous aurions laissé des troupes en stationnement, sans rien en faire et en devant les approvisionner, si nous avions pu faire autrement ? Je ne vous aurais pas demandé votre aval à mon arrivée à Dorne si tel était le cas.

Je pris une longue inspiration pour m'inciter au calme, parce qu'elle en faisait de même à tourner comme un fauve en cage à son tour. Au moins, elle reconnaissait ses torts. Et quelque chose me disait qu'il y avait eu méprise depuis le début sur l'organisation et la reprise de commandements des troupes de Dorne...

- Oui, vous auriez dû nous en parler, que nous puissions nous organiser en conséquence. Que vous ayez pensé bien faire ne change pas cet état de fait, Princesse. Nous devions coordonner nos forces, les vôtres avec celles de Peyredragon déjà sur place. Nous ne le pouvons pas si l'information n'est pas relayée correctement.

Des excuses, à nouveau. Je ne savais pas si Deria Martell en faisait souvent, mais les souverains n'avaient pas pour habitude d'en adresser à la légère. Je me passais une main sur le visage. J'étais encore trop en colère pour pleinement réaliser, mais elle me donnait l'impression que nous pouvions finalement avancer ensemble, et non que nous étions amenés à briser d'autres accords car la confiance ne serait plus jamais de mise. Cependant, elle était mise à mal par une succession d'événements de plus ou moins grandes importances qui seraient difficiles d'oublier.

- Cette union n'est rien d'autres qu'un enchaînement de concessions que vous avez toutes les deux menées pour qu'elle se concrétise. Il aurait simplement été de bon ton de le reconnaître, vous n'êtes pas la seule qui avez dû prendre sur vous quand ces accords furent briser et renouveler autrement.

Je poussai un profond soupir, avant de rajouter :

- Je vous ai informé des problèmes que nous rencontrions avec Ser Jordayne, Princesse. Le problème est essentiellement que vous ne vous êtes pas soucié des conséquences directes que cela pourrait avoir pour vos alliés. J'ai même l'impression que vous ne réfléchissez pas souvent les conséquences que vos décisions peuvent avoir...

Ma mâchoire se crispa, à une nouvelle pique qu'elle lança à l'attention de ma sœur. L'envie me démangeait de renverser cette carafe qu'elle venait de sauver de ma fureur... C'eut été des plus puérils. Je me contentais d'un sourire mauvais, lâchant sur un ton sans équivoque :

- Si vous estimez aussi peu ma sœur la Reine, Princesse... Pourquoi avoir contracté cette alliance ? Je vous ai déjà posé cette question par le passé et la réponse m'a paru pour le moins nébuleuse, qu'en est-il aujourd'hui ?

Elle me faisait front cette fois, à la tête de son royaume et à se demander si je méritais de l'être aussi, si je le voulais ardemment aussi. Dorne... Peyedragon... La question était délicate, et il n'existait pas de réponses idéales. Enfin si, il en existait une... Mais ce serait lui mentir, et je refusais que notre relation soit placée sous le signe du mensonge. Si nous devions rétablir une confiance entre nos royaumes, c'était maintenant qu'il me fallait le faire. Je fermai les yeux, le temps de réfléchir, avant de les rouvrir et de clamer d'une voix bien plus posée, solennelle :

- Vous me demandez si je serais capable de faire passer votre royaume avant tout autre, alors même que je n'ai posé le pied en vos terres que depuis quelques jours à peine, alors même que j'ai vécu toute ma vie à Peyredragon jusqu'à ce jour. C'est encore trop tôt pour le savoir avec certitude, Princesse. Je ne compte pas vous mentir. Même si je deviens Prince-Consort de Dorne... Je reste Prince de Peyredragon, et comme le stipule ce contrat de mariage, l'héritage de nos enfants sera double. Je ne peux pas vous dire ce qu'il en sera dans quelques mois, années ou décennies... Tout dépendra de vous, de ce que nous parviendrons à construire ensemble, pour ce royaume, pour nos enfants. Et si je ne pourrais pas oublier ma contrée natale, ils grandiront sur cette terre aride et je veux pour eux un avenir radieux, dans un royaume qui sera prospère.
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Lun 4 Avr - 21:17




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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Mar 19 Avr - 0:29

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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Mar 26 Avr - 10:11




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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Mer 4 Mai - 12:37




J’haussai un sourcil quand elle me stoppait subitement dans mes réflexions stratégiques pour me demander si je désirais faire cela maintenant. A quoi faisait-elle référence ? Je ne pus empêcher un sourire grivois de venir ourler mes lèvres, sans répondre. Nous commencions enfin à trouver un terrain d’entente, et je parlais là de sa proposition de me joindre à son conseil bien entendu.

- Je n’y manquerais pas, Princesse.

A quoi venais-je de répondre exactement ? J’avais les idées qui déviaient dangereusement alors que mon regard se posait à nouveau sur elle, au souvenir de notre première rencontre. Encore une fois, il suffisait qu’elle prononce le nom de ma sœur pour que le charme se rompe.

- Non, votre avis m’importe, nous importe. C’est bien dans une optique de confiance et de transparence de chacun de nos actes et pensées que nous souhaitons poursuivre cette alliance. Néanmoins, vous me parlez de votre fratrie… Et vous devriez savoir que c’est bien différent. Mon entente avec Rhaenys n’est pas toujours non plus au beau-fixe, et pour autant, je ne la remettrais jamais en question à l’extérieur. Je ne compte pas lui nuire d’une quelconque manière que ce soit, et n’attendez pas de moi que je réponde aux reproches que vous formulez envers sa personne. Ces différents vous regardent et vous appartiennent.

J’étais plus calme. Qu’Anders se montre véhément envers sa sœur ne m’étonnait pas. Nous avions eu de nombreux différents aussi avec Rhaenys, et d’autant plus quand Aegon et Visenya étaient de ce monde. J’en venais à les regretter. Parmi nous quatre, les relations étaient toutes différentes. Il était bien rare que des différents naissent entre Aegon et moi, me contentant bien souvent de rester dans son ombre, même si une rivalité saine était toujours de mise. Mais en y repensant, j’avais eu bien plus de difficultés à gérer mes deux sœurs…

Leur fratrie risquait de m’arracher encore souvent des élans de nostalgie, et je réintégrais la réalité alors que Deria Martell s’engageait sous un tout autre terrain. Nous ne parlions plus de diplomatie, de politique et de guerre, mais de nous deux. Quand Rhaenys m’avait exposé ce projet de fiançailles, je n’avais pas songé une seule fois à la femme que j’allais épouser, mais uniquement aux possibilités qui nous étaient offertes, et à comment pouvaient-elles servir la cause de ma sœur au mieux, mais aussi celles des Baratheon. L’avoir en face de moi faisait prendre une toute autre dimension à ces projets, les rendaient concrets, tangibles même.

Partenaires. Nous employons bien les mêmes termes.

- Je vois que nous sommes finalement sur la même longueur d’ondes.

Avais-je vraiment envie de me marier avec cette femme ? La réponse était non. J’aurais voulu rester aux côtés de ma sœur, lier le nom des Baratheon à celui des Targaryen… C’était impossible, impensable en l’état actuel des choses. Ma sœur avait besoin de soutien, et elle m’avait assuré que seule sa vengeance lui importait désormais, qu’elle surpassait tout. Je lui avais assuré mon amour et ma dévotion malgré tout, et je ne reviendrais pas dessus. J’oeuvrais pour qu’elle puisse l’obtenir, et rien ne m’importait d’autres. Pour cela, ce mariage était une nécessité. Deria était une magnifique femme, et cette finalité aurait un goût étrangement doux-amer…

J’eus un sourire triste à cette pensée.

- Les fantômes n’ont pas de frontières, Princesse, mais ma sœur me manque, oui. Je n’aurais de toute façon pas pu l’accompagner, alors il ne sert à rien de regretter.

Je la fixai en retour, une expression grave et nullement empruntée au visage.

- Je comprends ce que cela représente, oui. C’est une décision difficile à prendre, comme vous comme pour moi, mais nécessaire pour notre alliance et le bien de nos royaumes. Vous avez demandé à ce que je sois parfaitement sincère avec vous, et je n’ai cessé de l’être depuis que j’ai franchi le seuil de cette pièce. Alors je ne vous cacherais pas non plus que votre proposition peut me tenter. Ma sœur a bien plus besoin de moi que vous de m’avoir à vos côtés. Il me coûte de la laisser seule affronter de tels périls alors que je suis à Dorne, loin des champs de bataille et de cette vengeance que nous brûlons d’assouvir.

Je marquai un silence, lâchant avec résolution :

- Mais je la refuse, pour me dédier à cette cause que nous nous sommes juré de défendre, que vous avez accepté de porter avec nous, avec moi. Je veux croire en cet avenir commun, mais n’oubliez pas que c’est avant tout une alliance politique. Vous me demandez une union sincère, et il me plaît assez de la placer sous le signe de la franchise. Quant à ce qui peut nous animer… Laissons le temps nous le dire.
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Lun 9 Mai - 2:52


Je lui jette un coup d’œil et lève les yeux au ciel. Je ne connais que trop ce genre de sourires, j’en ai deux en permanences ou presque à mes côtés. Comme quoi, les dorniens n’étaient pas les seuls à avoir l’esprit mal placé… Je lui rends un sourire similaire au sien en le fixant.

« Bien, j’en serais plus qu’heureuse. »

Qu’il choisisse donc de comprendre ce qu’il désirait. Pour le moment, pour ma part, je n’avais guère l’esprit à cela. Et puis, ce n’est pas comme si nous n’y avions pas déjà songé. Enfin moi, tout du moins, vu que lui n’avait finalement guère semblé emballé. Mais comme dit, pour le moment, je trouvais à nouveau moyen d’essayer de lui faire comprendre ce que j’attendais de tout cela, de lui faire accepter que je pouvais m’exprimer et donner mon avis, même contradictoire, à sa sœur, sans que cela ne veuille dire que je ne l’appréciais ou ne l’estimais.

« C’est peut-être différent j’en conviens, mais mes conseillers peuvent tout autant me donner un avis contradictoire, ce n’était qu’un exemple. Que vous ne la remettiez point en question devant d’autres est compréhensible, je doute que même Anders soit un jour assez en colère contre moi pour le faire. Je ne vous demande pas de prendre partie contre elle, certainement pas. Je vous explique simplement qu’il me semble normal de pouvoir exprimer mon avis sans provoquer son courroux ou sa susceptibilité à chaque fois. »

C’était lent, et laborieux… mais nous parvenions visiblement à ne plus nous emporter pour quelques mots. Ou peut-être étions-nous simplement trop épuisés pour ce faire aujourd’hui. Et à dire vrai, je n’avais jamais apprécié m’emporter autant contre, ou avec, les miens. Et s’il n’en faisait pas encore parti, il allait néanmoins le devenir. Et il nous fallait bien apprendre à composer avec l’autre, sans hurler sans cesse. Même si cela ne manquerait point d’arriver au vu de nos caractères…
Pour le moment, nous y parvenons néanmoins, alors que nous abordons un sujet plus personnel, plus lourd aussi peut-être d’un certain point de vue.
Je lui souris doucement. J’imagine fort bien. Je souffre d’ores et déjà de devoir envoyer Roward si loin de moi. Quand bien même est-ce pour le bien de Dorne.
Je lui rends son regard, et écoute patiemment, alors qu’il argumente et qu’il prend sa décision. Je ne saurais dire si je suis soulagée ou non. Sans doute en partie, ne serait-ce que par orgueil bien mal placé peut-être oui. Mais au moins ne pourra-t-il dire qu’il se sent de trop bloqué par cette union, même si je ne doute pas que cela ne change guère son ressenti réel…
Je hoche la tête.

« Merci, pour votre franchise. Et oui, je souhaite que vous continuiez à l’être avec moi.
Je sais bien que vous préféreriez être à ses côtés, c’est on ne peut plus compréhensible.
Mais elle n’est point seul. Elle a ses conseillers. Elle a… son futur époux. »
Je lève une main et esquisse un sourire. « Je sais. Ce n’est pas pareil, et personne ne saurait la protéger mieux que vous. Roward est pareil avec moi…
Mais… vous savez que je peux avoir besoin de vous. C’est ce dont nous discutons depuis mon entrée ici. »
Je grimace et hausse une épaule. « Même si discuter n’est pas forcément le mot le plus adapté… Mais c’est pourtant de cela qu’il s’agit. J’ai des conseillers, mais vous l’avez dit, un avis extérieur ne serait point de trop. »

Je secoue la tête et souris.

 « Je vous ai dit que je n’attends ni amour ni aucune sottise de ce genre… Je ne suis pas une jouvencelle rêvant d’un chevalier sur un cheval blanc Orys. Je suis princesse de Dorne. Pensez-vous que je puisse oublier qu’il s’agit d’une alliance ? Une union sincère me suffit amplement.
Et si nous parvenons à échanger sans que tout le palais n’entende nos désaccords et sans que je ne doive changer à chaque fois le mobilier, cela serait appréciable je l’avoue. »


J’incline légèrement la tête sur le côté, sensiblement plus soulagée et apaisée, je parviens à me montrer plus amusée malgré tout. Il vaut mieux je crois. Même si cela ne durera pas forcément.



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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Mar 24 Mai - 23:54




Comme je pouvais m'y attendre, Deria Martell se montrait bien moins enjouée qu'à notre première entrevue. Je comprenais parfaitement ses réserves, bien entendu, surtout que je ne m'étais pas justifié quant à mes actes. Je l'avais tout bonnement planté là, ce qui n'était guère avisé face à une Princesse. Je ne comptais pas m'épancher quant à ma décision. Il m'était simplement compliqué de coucher avec quelqu'un qui venait de dénigrer ma sœur. Son jugement se révélait finalement plus nuancé, grand bien lui en fasse... Je n'étais pas certain que notre collaboration aurait pu se poursuivre, dans le cas contraire. Elle se révélait finalement bien plus raisonnable que je ne l'avais escompté.

- Bien, l'entente est donc possible. Je suis ravi d'apprendre que vous êtes prête à mettre de côté votre ressentiment à l'égard de ma sœur pour que nous puissions avancer de concert. J'espère que vous saurez toutes deux faire preuve de moins de susceptibilités à l'avenir.

Il était toujours possible de rêver. J'avais troqué un sale caractère pour un autre, dans cette affaire... Au moins avais-je fini par prendre l'habitude, à défaut de savoir comment les gérer. Et comme Rhaenys, elle souhaitait me laisser ce semblant de choix. Je répondais de manière égale, sachant pertinemment où se plaçait ma loyauté, même si l'idée de repartir auprès de ma sœur m'avait effleurée. Je ne lui cachais rien. Je ne savais si la Princesse serait prête à l'entendre, mais ma franchise semblait lui convenir, du moins pour le moment... Elle aurait tôt fait d'en avoir assez que j'en fasse preuve à outrance.

J'eus une grimace mauvaise à ses vaines tentatives d'apaisement. Son époux... Il me sortait par les yeux, depuis que ces fiançailles avaient été officialisées, et bien plus récemment pour cette lettre d'excuse que j'avais bien été contraint de rédiger. Comme s'il convenait de s'excuser d'espionnage à l'encontre d'un royaume qui n'était même pas encore notre allié à l'époque... Quand bien même, j'avais cru discerner un homme de valeur en lui. Je n'avais plus maintenant qu'à espérer qu'il n'ait pas une influence néfaste sur Rhaenys en mon absence. Je me fiais davantage en ses autres conseillers, et en Baâl.

- Je sais où est ma place, Deria. Vous n'avez pas besoin de chercher à me rassurer, et je vous en prie... Evitez de chercher à le faire à l'avenir. Néanmoins, je vous remercie de reconnaître cette place que je vais jouer dans cette alliance et auprès de vous.

L'ombre d'un sourire me vint alors qu'elle se permettait un trait d'humour. Il est vrai que les tables avaient tendance à souvent accuser mes colères... Peut-être était-ce la raison qui avait poussé Aegon à en ériger une si immense à Peyredragon, pour que je me casse les phalanges dessus en représailles. Je lui rendis un regard de biais, où brillait une lueur espiègle retrouvée.

- Je préférais qu'ils aient à entendre des éclats d'une toute autre nature, en effet.
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Ven 27 Mai - 23:37


Je retenais un soupir contraint. Si je ne savais comment avancer avec lui, en tant que future épouse, il ne pourrait s’en prendre qu’à lui-même. Je n’allais quant à moi point essayer plus que de raison. Et à dire vrai, c’était de mon côté bien mal parti. Mais ce n’est nullement le sujet du jour. Et même si c’était identique, bien mal parti de mon côté, j’essayais néanmoins de comprendre ce qu’il attendait de moi concernant sa sœur. Ou du moins ce qu’il espérait m’entendre dire. Je le fixe un instant, songeant un instant à me taire et laisser filer, afin de ne plus avoir à reprendre une énième fois le sujet, aujourd’hui du moins. Pourtant, ma voix s’élève, en douceur malgré tout.

« Je tiens à mettre les choses au clair Orys. Je ne me tairais pas parce qu’il s’agit de votre sœur. Je l’ai déjà dit je le sais, mais je tiens à ce que vous compreniez. J’ai déjà fait des efforts, et je… pourrais continuer à en faire. Mais je continuerais tout autant à me manifester et à désapprouver les décisions que je juge ineptes ou insultantes, qu’elles viennent d’elle ou de quelqu’un d’autre. Une entente est possible, mais je ne changerais pas. Si vous ne pouvez l’accepter, je ne vous y forcerais point. »

Mais pourtant, il refuse l’offre. Par honneur et par fierté sans doute en partie. Et par loyauté pour sa sœur également sans doute. S’il se montrait aussi susceptible dès qu’il s’agissait de sa sœur, les journées allaient être longues parfois. Je ne m’étais jamais tue, sauf en de rares fois face à Mima. Mais cette femme était parfois terrifiante, même pour moi. Pourtant, c’est elle qui m’avait toujours poussé à m’affirmer et à m’exprimer, et j’avais toujours été plutôt douée pour cela il faut dire. J’étais princesse de Dorne, et si je m’efforçais de paraître calme et tempérée la plupart du temps, j’étais loin de l’être en vérité.
Et si moi, j’apprécie sa franchise, je ne sais au final s’il apprécie la mienne. Ou si sa grimace est due à autre chose. Je fronce les sourcils une seconde en l’écoutant, avant d’incliner la tête.

« Bien. Même si je ne cherchais pas tant à vous rassurer qu’à vous montrer que vous avez une place à mes côtés également dès à présent, je ne le ferais plus. »

Et serait-ce si mal de vouloir uniquement le rassurer ? Pourquoi ?... Est-il sérieux ? Et il ose parlait de mon orgueil ? Je ne suis pas assez orgueilleuse pour ne pas accepter ni les remarques, ni le réconfort. L’est-il ? Je le serais sans doute bien assez rapidement également. Et je préfère laisser le reste des sujets sensibles de côté pour le moment, nous en avons bien assez abordés pour le moment. J’esquisse un sourire et change de sujet. Je hausse un sourcil à sa répartie, le fixant toujours, presque curieuse de voir cet éclat dans ces yeux… Pour autant… Mon sourire se fait sensiblement plus grand, même si il n’atteint pas réellement mes yeux. Pense-t-il que je puisse oublier si aisément ? J’accepte d’entendre et de prendre en compte opinions et objections, mais être ainsi mise à mal ne m’est ni habituel ni agréable, et ma fierté a quelque peu souffert je l’avoue.

« J’avais pourtant cru comprendre que cela… non, que je ne vous intéressais guère de ce point de vue-là. Je cherchais d’ailleurs une solution pour le soir des noces… » Je regarde la porte. « Quant à eux, nul doute qu’ils aimeraient tout autant colporter des éclats de ce genre qu’un autre. Ils font feu de tout bois, et les plus folles rumeurs doivent d’ores et déjà courir nous concernant. »

Je souris, plus amusée. Je reporte mon regard vers lui et incline la tête, reprenant sans attendre.

« Je vous envoie quelqu’un nettoyer tout ceci.
Et j’essayerais de ne point autant m’emporter les prochaines fois. Mais je ne peux rien vous promettre, je n’ai guère ni patience, ni modération.

Aviez-vous autre chose dont vous vouliez parler Orys ? »


Je l’observe, comme si ce n’était pas moi qui avait amené toute cette tumultueuse conversation, déjà prête à sortir et rejoindre mes appartements… ou non… les écuries, courir dans les dunes me fera le plus grand bien.



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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Dim 5 Juin - 22:59


Nous avancions. C'était pénible, difficile... Mais nous parvenions finalement à nous comprendre. Force était de constater que crier plus fort qu'elle ne suffisait pas pour lui faire entendre raison, et si je devais argumenter sans arrêt pour lui faire rentrer dans le crâne ce qui me semblait l'évidence même, nos échanges risquaient d'être assez limité, et épuisants pour moi. Nous n'avions tout simplement pas la même façon de voir les choses, et même si ces deux visions pouvaient se révéler complémentaires, elles se confrontaient durement dans l'instant présent. J'étais las. J'avais simplement envie d'en finir au plus vite. Je me passai une main sur le visage, arrêtant mon geste pour reprendre la parole.

- Je serais sur place pour être votre porte-parole, et vos frères également. Il vous faut compter sur les vôtres, et vous poser la question de ce qui est bon pour eux. La guerre fait partie de notre quotidien, et encore plus de celui de vos Dorniens. Je suis d'accord qu'elle n'est pas toujours une finalité, mais c'est un outil au même titre que la diplomatie et les combats de l'ombre pour parvenir à vos fins. C'est un tout, et vous auriez tort de vous en priver pour de nobles idéaux, car ce n'est pas ce qui sauvera votre peuple. Vous savez ce que l'on dit, si vous voulez la paix, préparez la guerre. Je comprends vos réticences, et vous avez raison sur un point, agir dans la précipitation ne nous apportera rien de bon. Tout le continent s'embrase, et elle ne tardera pas à nous rattraper. Soyons prêts, le moment venu.

J'hochai lentement la tête, alors qu'elle m'assurait avoir déjà fait le nécessaire en ce qui concernait le Bief. Bien... Mais son arrogance me rappela bien vite tous ces nobles qui se croyaient supérieurs et bien-pensants, et m'arracha un regard de biais, un rien consterné. Je laissai parler quelque peu mon agacement, même si je n'étais plus en colère, lâchant d'un ton sec :

- Non, les noms ne signifient rien pour moi, et vous m'avez assez répété qu'il me faudra mieux connaître les vôtres. J'ai compris la première fois.

Je n'entrais plus dans le débat, sinon j'allais encore réussir à m'énerver, et nous en venions à comparer nos blessures, à comparer ce qui était incomparable. Je secouai lentement la tête, l'expression contrite.

- J'ai perdu mon père et ma mère, si vous voulez que nous continuons à prolonger la liste... Je sais de quoi vous me parlez, mais croyez-moi, il est différent de survivre à ses parents qu'à ses frères et sœurs. Peu importe, au fond. Personne ne peut être préparé à perdre des êtres chers quand ils sont assassinés de sang froid. C'est la pire manière de les voir partir. Et en ces temps troubles, nous pouvons craindre que cela se reproduise.

Ca ne m'aidait pas à retrouver mon calme, de parler de nos morts ainsi. Ma solitude ne me semblait que plus pesante et difficile à supporter, en ces contrées lointaines. Ils m'apparaissent parfois dans le silence et le noir le plus complet, et je savais alors que la folie menaçait de m'emporter. De cela, je ne risquais pas d'en parler, mais cette oppression était devenue plus réelle maintenant que Rhaenys n'était plus dans les parages.

Je m'extirpai de mes pensées tandis qu'elle me posait visiblement une question à cœur ouvert, à savoir si j'avais pensé à un moment donné qu'elle ne me traitait pas en égal. Je fronçai les sourcils, un rien méfiant, avant de secouer négativement la tête.

- Non, pas depuis que je suis ici. Dans vos lettres, c'était plus ambigu.

Elle ne s'était pas vraiment cachée de l'aversion qu'elle pouvait ressentir à l'idée d'épouser un bâtard, même si elle s'en défendait. Je la pensais sincère, et que ce n'était finalement que ce goût d'amer sacrifice qui lui passait mal en bouche. C'était aussi mon cas, nous étions donc deux à l'endurer et devoir faire avec. Le tout restait de lier l'utile à l'agréable et ne pas rester sur cette première mauvaises impression que nous avions chacun dû nous donner, la conclusion de notre première rencontre n'aidant pas à instaurer un bon climat.

Je notai son rattrapage et son effort  en m'intégrant aux leurs. Nous en venions à parler de la politique à adopter auprès des autres contrées, et bien entendu, ma réticence envers l'Ouest ne lui avait pas échappé. Elle résumait bien la situation, mais contrairement à moi, cela ne la freinait pas.

- Ce sont vos amis, pas les miens. Pensez simplement à nous prévenir si vous engagez des échanges à ce propos. Il n'est toutefois pas exclu que nous en faisions de même.

Je ne pensais pas que nous allions encore et encore revenir sur ce même sujet, ce qui m'arracha un soupir d'agacement. Je l'écoutai néanmoins sans l'interrompre, mon regard à la couleur dérangeante fixé sur elle, implacable.

- Vous l'avez déjà dit, en effet. Je ne vous demanderais pas de vous taire, ce serait remettre en cause ce climat de franchise que nous cherchons à instaurer. Si vous êtes prête à faire des efforts et à faire fi de votre ressentiment, cela me suffira pour le moment. J'espère à un moment donné que je n'aurais plus à me soucier de vos susceptibilités, sinon elles risquent fortement de me fatiguer à la longue.

C'était une plaie. Je n'aimais pas tenir cette position, plongé entre deux eaux troubles, à faire face à des levées de boucliers de chaque côté. Je ne souhaitais à aucun homme de se retrouver entre deux femmes, et encore plus des souveraines. Je n'étais pas assez diplomate pour supporter sur la longueur leurs ressentiments mutuels, encore plus quand se mêlaient à cela des affaires plus personnelles. Je me connaissais assez pour savoir que je finirais par les envoyer paître toutes les deux si elles ne mettaient pas de l'eau dans leur vin. Et aux Autres la politique !

Je n'étais pas encore assez ouvert d'esprit pour supporter ses attentions, encore moins quand nous parlions de ma sœur et de son futur époux. Deria Martell le prit pour elle, m'arrachant une nouvelle grimace. Je sentais que cela allait être fort compliqué avec elle, tantôt flamboyante, tantôt farouche.

- Et je suis ravi de l'entendre, sachez-le.

Même si je n'avais pas vraiment mis le ton qu'il fallait pour le faire comprendre, ne voulant pas m'éterniser dans ces questions-là. Je partis sur une note plus légère, profitant d'une occasion qu'elle m'offrait... Et son sourire fut presque convaincant, si ses paroles ne jetèrent pas immédiatement un froid sur ma vaine tentative. J'aurais presque oublié cette première rencontre dont la conclusion avait été désastreuse. Je m'étais laissé emporté, ce qui nous avait tout deux portés préjudice, mais de là à songer à une solution pour notre nuit de noces... Je lui rendis un regard profondément surpris par sa requête, ne sachant quoi répondre immédiatement.

- J'ai beaucoup de respect pour vous, Deria. Vous êtes une femme splendide et il n'aurait pas été correct de vous infliger ma présence alors que notre conversation m'avait laissé un goût amer. Je ne suis pas certain que vous auriez apprécié davantage la conclusion si j'étais resté avec vous ce soir-là. Je ne suis pas réputé pour être tendre si mes sens s'échauffent, et vous êtes avant tout une Princesse. La situation est totalement différente maintenant que vous êtes ma future épouse, et il me serait très agréable de passer une nuit en votre compagnie, alors ne vous en faites pas pour le soir des noces, sauf si vous avez vous-mêmes des réticences... Ce que je pourrais comprendre.

Je m'étais rarement montré aussi prolixe à ce sujet. Deria ne devait pas se rendre compte de l'effort qu'elle venait de me demander à lui livrer pareilles informations. Mais l'entendre dire qu'elle souhaitait éviter scrupuleusement une nuit de noces était pour le moins vexant. Je supposais que je l'avais mérité, de par mon comportement, mais cela me prouvait à quel point notre relation était dégradée. En terme général, je ne prenais pas la peine de m'expliquer, ni de confier mon attirance, un échange de regards suffisait bien souvent à deviner si la personne était disposée. C'était pour moi un langage qui se passait de mots. J'étais un impulsif, pas un romantique. Ce fut certainement ce qui me poussa vers la sortie aussi sûrement que notre échange houleux.

- Non. Je n'ai rien de plus à ajouter. Je vous souhaite une agréable soirée, Deria.
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Mar 7 Juin - 18:41

J’inspire profondément, tachant d’essayer d’évacuer ce qui me reste de colère et de frustration. Je conserve pourtant un ton posé et calme, malgré mon impression de me répéter plus que de raison.

« Je compte sur vous ! Que ce soit Roward, Anders ou vous-même pour être mes porte-paroles… Je sais bien tout cela. Je sais que la guerre est tout autant un outil que la diplomatie. Et mes soldats sont prêts si jamais la guerre devait arriver ici.
Mais ces nobles idéaux comme vous dites, qui vous semblent si naïfs, est ce qui me permet d’avancer et de ne pas me perdre en chemin, c’est une des choses qui me distingue des hommes sans honneur, de ceux qui n’ont nulle considération, ni estime pour leur prochain. Je ne refuse pas d’envoyer mes hommes au combat, je ne nie pas que les conflits sont parfois inévitables, voir même obligatoires, je souhaite simplement que… que ce soit légitime.
Et je sais ce que vous en pensez et à quel point vous trouvez cela stupide. Peut-être changerais-je avec le temps, mais pour le moment, c’est important pour moi. Comprenez-vous tout de même ? »


Je l’interroge du regard. Cela ne me gêne nullement qu’il ne soit pas du même avis que moi. Dans l’absolu, c’était même plutôt bénéfique pour moi et pour mon royaume, tout comme il m’était somme toute bénéfique d’avoir Anders pour me contredire bien souvent. Mais même sans être d’accord avec la finalité, qu’il comprenne comment et pourquoi j’agissais ainsi m’était plus important.
Je fronce néanmoins les sourcils, me retenant de soupirer ou de lever les yeux au ciel.

« Bien, j’éviterais d’à nouveau me répéter. Mais mon ancêtre a conquis ce territoire et ses habitants, ma grand-mère a tenue seule les rênes de ce royaume, repoussant envahisseurs et félons. Ma bienveillance et ma tolérance ne cache pas de faiblesse Orys. »

Et je serais ravie de le démontrer à ceux qui pourraient en douter. Même s’il est vrai que je doutais malgré tout, s’il était question de mon royaume et de mon peuple, je n’hésiterais aucunement, et c’était bien une des rares choses dont j’étais convaincue. Et le peu de colère que j’avais encore disparait en l’entendant parler.

« Je ne souhaite nullement évaluer les douleurs et pertes subies par chacun. Je tenais juste… Comme vous dites, perdre des êtres chers si brutalement est insupportable. Je ne voulais pas réveiller de tristes souvenirs. »

Et il avait raison. Il était sans doute plus douloureux de perdre fratrie que parents… Et cela m’était encore pourtant tellement douloureux par moment… Je n’osais imaginer ce qu’il en était pour eux. Mais s’il n’avait plus Rhaenys à ses côtés, du moins avait-il Anders, et c’était une bonne chose. Même si je n’étais pas certaine que les laisser ensemble soit une idée lumineuse vu ce qu’il pourrait en sortir me concernant… J’esquisse un sourire à cette idée, avant de reprendre et de le fixer un instant.

« Ambigu… Il est aisé de se tromper sur le sens d’une phrase couchée par écrit, voire d’une missive complète, je vous le concède. Je tiens à préciser que cela n’a jamais été dans mes intentions si vous l’avez ressenti comme tel. »

Je ne reviendrais pas sur le fait que j’avais dû être plus qu’à bout de nerf en écrivant certaines de ces lettres et que cela c’était peut-être effectivement ressenti. Mais ce n’était aucunement contre lui précisément ou son origine ou que sais-je quelle autre sottise. Ou peut-être que si. Peut-être un peu à l’origine. Pourtant, j’aimais Arianne et Anders, qu’importe leur nom de naissance. Mais… je ne sais. Peut-être aurais-je préféré quelque prestigieux nom dornien.
Mais ce n’était point le moment de réfléchir à cela. surtout alors que nous abordions d’autres point pouvant être sensibles, tels leur relation avec le royaume de l’Ouest. Je haussais un sourcil quand il parle d’échanges possibles avec eux.

« Vraiment ? Votre sœur aurait-elle changé d’avis ? »

Nulle acrimonie dans mon ton, de la simple curiosité, de quoi me rassurer un peu. C’était pourtant bien elle qui m’avait interdit de faire appel à eux à l’origine non ? Et elle s’apprêtait à entamer quelques négociations avec eux ? Sans le mentionner ? N’était-ce point elle qui avait également réclamé des échanges transparents entre nous ? Elle qui me tenait tellement rigueur d’avoir repris mes soldats situés à Peyredragon alors que déjà, elle m’avait maintenue en dehors de ses plans à venir ?
En parlant de la reine Targaryen, quitte à encore une fois répéter la même information, je tenais à ce qu’il comprenne. Je retiens un sourire alors qu’il soupire. Il serait de mauvais ton qu’il pense que je me moque alors que c’est uniquement parce que je m’attendais à ce genre de réaction.

« Tant mieux, j’en suis heureuse. Et je vous assure que je ne suis pas tant susceptible que cela. Pas toujours. »

J’esquisse un sourire. Mais sa sœur avait un talent assez impressionnant pour se montrer désobligeante en réalité. Certes, je ne devais pas être en reste. Ce qui au final, à nous deux, devait être assez… lourd effectivement. Pour nous comme pour lui, s’il devait se faire messager entre nous.
Mais il n’était pas aisé à comprendre non plus. J’avais l’impression de devoir marcher sur des œufs avec lui, sans bien savoir si je devais me montrer plus intransigeante ou plus indifférente, alors qu’il me reprochait presque de me montrer inquiète et attentionnée envers lui. Je me contentais donc de hocher la tête, essayant de comprendre ce qu’il attendait de moi, ce que je pouvais ou non me permettre, ce que… Oh, et qu’importe au final, si cela ne plaisait point, il tempêterait à nouveau.

Et quand je disais qu’il était compliqué. Je pensais ne guère lui plaire, suite à son départ précipité à notre première rencontre. Ce qui m’avait effectivement un peu offensée je l’avoue. Et il plaisantait à présent sur le sujet, se montrant même visiblement surpris de ma réponse.
Je hausse les sourcils et l’observe alors qu’il me répond, me faisant néanmoins sourire légèrement. Je finis par froncer les sourcils, avant de secouer la tête. Je reste quelques secondes à le fixer. Soit, continuons sur une même franchise…

« Vous étiez parti si précipitamment, j’ai pensé que… qu’effectivement, vous vous étiez soudainement aperçu que je n’étais point à votre goût. Et si je peux le comprendre, j’avoue que la façon de faire m’a quelque peu déplu… et offensée. Sans doute ma trop grande susceptibilité… » Je lui jette un regard et souris, amusée.  « Et c’est bien connu que les Princesses n’aiment que la douceur et la tendresse. »

Je secoue la tête, mon sourire se faisant plus mince.

« J’avais des réticences, car je ne souhaitais ni vous imposer cela, ni pour être franche devoir à nouveau subir une telle déconvenue…
Vous avez un comportement aussi emporté que le mien, ce qui ne va pas faciliter les choses entre nous, mais cela nous fait un point commun je suppose, et j’apprécie votre franchise. De plus, je ne fais pas d’avances aux hommes qui ne me plaisent pas Orys, je ne parle pas uniquement de vos incroyables yeux ou de votre éblouissant sourire. »


Non, je ne me moque point, même si mon sourire s’est fait taquin. Ou presque pas. Son sourire est charmant, quand il consent à en faire usage. Je le rejoins près de la porte, posant ma main sur la poignée, conservant cet amusement.

« C’est sans doute mon incroyable éclat qui vous a perturbé, mais vous n’avez pas besoin de sortir. Nous sommes dans vos appartements Orys. »

Je le fixe une seconde et incline la tête, me refaisant plus sérieuse.

« Merci. De m’avoir confié cela. »

Je lui souris et ouvre la porte, commençant à sortir. Et je stoppe au bout de deux pas, avant de me retourner, les sourcils levés, un mince sourire aux lèvres.

« Et demain, vous viendrez courir dans les dunes avec moi. Et n’allez pas vous imaginez des sottises dignes d’Anders.
Mais en attendant, j'ai peut-être quelque chose pour vous faire retrouver un peu le sourire…
Venez avec moi. »


Et spontanément, je lui tends la main, me surprenant à espérer que ce cadeau lui plaise. Cette jument est bien assez impétueuse pour qu’il l’apprécie. Je l’espère.



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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Dim 12 Juin - 17:53


- Bien.

Elle comptait sur moi autant que sur ses frères, donc. J'attendrais de voir si les actes se joignait à la parole, me gardant bien de me montrer à nouveau circonspect pour l'heure. J'eus un sourire qui n'annonçait rien de bon alors qu'elle spéculait sur mes propres pensées. Pour l'heure, elle était loin de comprendre, de me comprendre... Mais c'était réciproque. La Princesse de Dorne était bien trop gentille pour pouvoir régner d'une main de fer, et avec un peuple comme le sien, ses frères avaient intérêt à être trempé dans de l'acier pour la soutenir efficacement.

- Vos soldats sont prêts si la guerre arrive à nos portes, oui, et vous ? Je ne trouve pas vos nobles idéaux stupides, mais dangereux. Êtes-vous préparée à affronter les horreurs de la guerre et faire ce qui sera nécessaire le moment venu ? Dans le cas contraire, si vous flanchez, c'est tout Dorne que vous entraînerez dans votre chute.  

J'étais sérieux, et loin d'être moqueur. Je me souvenais encore nettement du lendemain de la prise de Sombreval, et de ce profond tourment que Rhaenys tentait vainement de me masquer. Cette nuit-là, nous nous étions confrontés et mon bras conserve encore la marque de Noire-Sœur. Cette nuit-là, j'ai commencé à craindre que le poids de cette couronne soit trop lourde à porter pour elle et que je la perde définitivement. Je ne sais comment Deria Martell réagirait si elle se trouvait confrontée aux mêmes choix que ma sœur. Serait-elle prête à se salir les mains pour rendre elle-même cette justice qui lui était si chère ? Avait-elle déjà pris la vie d'un homme, quel qu'il soit ? Je n'en étais pas certain. Pas directement, tout du moins... Cela expliquerait pourquoi sacrifier des vies l'effrayait autant, même de soldats qui ne vivaient que pour et à travers la guerre, à désirer ardemment qu'elle leur donne une occasion de livrer combat.

- Ce que je comprends, c'est que mon frère est mort à cause de son idéalisme. Je vous empêcherais d'en faire de même.

Je ne pourrais pas la protéger, et mieux valait l'éviter. Elle devait subir ces épreuves et les surmonter par elle-même pour en ressortir meilleure. Elle pourrait alors se reposer sur autre chose que les acquis de ces ancêtres, ce qui arrivait à me faire doucement sourire. Voilà qu'elle me disait arrêter de se répéter pour mentionner une nouvelle fois les grands noms Martell.

- Quand vous aurez fini de vous gargariser des hauts faits de vos ancêtres, peut-être pourriez-vous songer à ériger les vôtres.

Baratheon. Tout était à faire, et finalement, cela me plaisait assez. Bien entendu, j'aurais préféré porter le nom de mes frères et sœurs Targaryen et partager leur destinée, mais je comprenais bien mieux pourquoi ma sœur avait agi ainsi en ayant la Martell en face de moi. Mes mots pouvait être durs, mais j'espérais qu'ils la forceraient à se dépasser pour faire ses preuves, comme je me devais de le faire.

Je n'évoquais pas mes propres pertes pour qu'elle se lamente dessus avec moi, mais au contraire, pour qu'elle évite de s'apitoyer. La guerre ne faisait que débuter, et nous devions déjà compter un certain nombre d'orphelins. C'était le prix du sang, et elle n'était pas seule à devoir le payer. C'était bien ce désir de vengeance qui nous avait considérablement rapproché, initialement.

Je l'écoutai sans mot dire vouloir lever les doutes qui pouvaient persister quant au ton qu'elle employait dans ses missives... Voilà qu'elle s'excusait encore, mais cela manquait singulièrement de franchise à mon goût, malgré cette promesse.

- J'ai bien noté ce qu'il vous en coûtait, même si c'est vous qui avait fait la démarche pour rompre ces fiançailles et en renouer d'autres. Je comprends, après vos paroles chargées de fierté quant au nom des Martell, que vous auriez préféré qu'il ne se dilue pas davantage. Vos vassaux risquent de ne pas apprécier non plus que vous accordiez autant d'importance aux bâtards, à en épouser un et en légitimiser deux. Je ne pense pas m'être trompé quant à la nature de vos missives, Princesse. Vous aviez besoin de nouveaux soutiens et avez consenti des sacrifices pour ce faire.

Je fronçai les sourcils, un rien méfiant, alors qu'elle me demandait d'emblée les intentions de ma sœur. On dirait qu'elle avait oublié que nous nous étions quittés depuis bientôt un mois. Et les informations qui étaient à ma disposition, elle venait de les entendre clairement, de façon très audible même.

- Non, mais de par le jeu des alliances... Ce serait du bon sens d'entretenir des relations cordiales avec l'Ouest et le Val. Je n'ai pas été informé de nouvelles directives ou accords signés, si cela était votre question.

Et nous venions justement à parler de ce climat insoutenable qu'elles m'imposaient. Je secouai négativement la tête alors qu'elle me répondait des formules toutes faites, avant de me faire remarquer qu'elle n'était pas toujours aussi susceptible.

- Cela reste à prouver.

Surtout à l'entendre, alors qu'elle me parlait d'annuler notre nuit de noces, offensée par le comportement que j'avais eu lors de notre première rencontre. Il fallait croire que rester là-dessus lui convenait, de peur d'essuyer un nouveau revers. Que cherchait-elle à me faire dire maintenant ? Je plissai les lèvres.

- Je vous ai dit le fond de ma pensée. Vous êtes simplement plus douée pour susciter ma colère, nous en avons eu encore la preuve. N'ayez crainte, je répondrais à mon devoir conjugal, et ce, dès notre nuit de noces.

Je fronçai les sourcils, face à ces compliments qu'elle m'adressait subitement, incapable de les prendre comme ils étaient après les échanges que nous venions d'avoir. Mon... Sourire ? Avait-elle eu l'occasion de l'entrevoir ? Peut-être. Rarement alors. Je la suivis du regard alors qu'elle me rejoignait à la porte de mes appartements. Ce n'était certainement pas à moi de les quitter en premier, mais j'avais usé de déjà toute ma patience. Je la fixai sans mot dire alors qu'elle me remerciait pour ces confidences, avant de s'éclipser. Je pensais que nous en avions fini, mais elle me lança une invitation difficile à refuser.

- Galoper, si vous voulez. Je me passerais de courir sous cette chaleur. Et l'idée n'a même pas eu le temps de me traverser...

Elle me rendait ce sourire, avec cette main levée, qui m'intriguaient fortement. Je penchai la tête, avec une mine interrogatrice, alors qu'elle m'invitait à la suivre pour... Me faire retrouver le sourire. La proposition était assez singulière pour que je ne la dédaigne pas, malgré ma lassitude, mais je ne savais que faire de cette main tendue pourtant en signe de bonne volonté. Je la pris et la serrai doucement, mais ne la conservait pas tandis que je lui emboîtai le pas, une main glissant dans son dos pour l'effleurer l'espace d'un instant.

- Je vous suis, Deria.
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Lun 13 Juin - 12:11

Je le fixe et l’ombre d’un sourire effleure mes lèvres, même s’il disparait rapidement alors que je réponds, continuant d’être aussi honnête que possible. Avec lui comme avec moi.

« Ce n’est pas parce que j’aspire à la paix que je ne ferais pas le nécessaire. Dorne est plus importante que mes états d’âme. Mon royaume représente plus que mon désir de justice. Je ne prétends pas que cela se fera aisément, mais jamais je ne mettrais mes terres en danger. Jamais je ne risquerais l’avenir de mon peuple parce que je ne souhaite pas affronter les horreurs de la guerre comme vous le dites. Je suis là pour protéger les miens, pas le contraire. N’ayez crainte, je sais faire la différence entre un souhait et une nécessité Orys. Dorne passe et passera toujours avant tout le reste, quel qu'il soit. »

Et s'il en doutait, moi non. Je m'étais assez bien rendue compte de ce que je pourrais sacrifier pour mon peuple et mon royaume lorsque j'avais laissé Arianne à Hautjardin. S'il s'était passé quoique ce soit, je n'aurais pas hésité, même pour elle… Ce qui me terrifiait et me rassurait en même temps.
Je fronce légèrement les sourcils alors que je l’observe, avant de pencher la tête sur le côté. Je n’étais pas certaine que son frère soit mort à cause de son idéalisme, mais il était déjà tellement susceptible lorsqu’il s’agissait de sa sœur, je n’allais pas aller jusqu’à déprécier son frère décédé. De plus, les morts sont incapables de se défendre, et qu’importe maintenant que son frère ait eu les mêmes prétentions absurdes que sa sœur à présent.

« Vous m’empêcherez de mourir ? Ou de faire trop de sottises de par mon idéalisme ?
Mais je vous remercie de vouloir ainsi me prévenir des dangers auxquels je m’expose toute seule. »


Même si en vérité je savais déjà fort bien tout cela. Et c’était en partie ce qui me rebutait. Je savais ce que je serais capable de faire pour mon royaume. Tout. Parce que Dorne était plus important que tout le reste.
Et je le fais sourire alors que je poursuis. Un sourire moqueur certes. Je me fige une seconde en le regardant, avant de sourire à mon tour.

« Je ne me gargarise nullement. C’était uniquement pour mentionner que je ne suis pas aussi fragile ou faible que je peux le sembler. Mais vous avez raison. C’est à moi de mener Dorne où elle mérite d’être n’est-ce pas ? »

Et je ne me gargarisais réellement pas. Je me cache peut-être davantage derrière. N’ayant justement rien accompli, ou ayant peur de ne pas être réellement à la hauteur. Mais cela, si peut-être mes frères et ma sœur le savaient, il n’y avait guère d’autres personnes au courant. Je ne me cachais nullement de vouloir la vérité concernant les assassinats, mais concernant le reste, je n’avais jamais mentionné mes doutes et mes peurs à quiconque.
Et c’était sans doute en partie pour cela que j’avais peut-être un peu eu de mal à accepter de l’épouser. Si mes nobles ne l’acceptaient pas, il était non seulement un étranger, mais effectivement un bâtard, cela faisait beaucoup pour les miens. Et sans doute pour moi.

« Mes sacrifices sont davantage d’avoir accepté que mes enfants, mis à part l’héritier de mon royaume, ne porteraient pas le nom de Martell, si cher à mes yeux il est vrai. Tous mes nobles n’aimeront effectivement pas, mais nous sommes beaucoup plus tolérants que les autres royaumes sur bien des sujets, ne l’oubliez point. »

Je n’allais pas insister sur le fait qu’effectivement j’avais envisagé d’autres solutions pour moi. Et qu’il m’arrivait encore sottement d’avoir quelques regrets. Mais rien d’irrémédiable ou d’insoutenable. Si tant est que nous parvenions à avancer tous deux ensembles… pour Dorne.

Non, il n’a pas l’air d’en savoir beaucoup plus. Je hoche la tête et esquisse un sourire pour acquiescer à sa question. Oui, il serait effectivement de bon ton. Ce n’est pourtant pas ce qu’elle avait… Soit. Pas de nouvelles directives à sa connaissance. Ou bien ne devait-il point m’en parler. Peu importait en réalité au final.

Je le fixe, sans rien répondre. Oui, je n’avais guère dû montrer autre chose qu’une susceptibilité exacerbée… même si je joue un peu dessus, alors que je mentionne notre première rencontre et l’impression qu’il m’avait finalement laissé. J’avais eu quelques doutes concernant notre avenir… personnel. Mais il semblerait que je me sois fourvoyée. Et qu’il s’offense bien facilement. Et qu’il soit bien plus entêté que je ne le suis… ou tout autant du moins. Eh bien, moi qui pensais que ça allait en s’arrangeant, j’avais sans doute un trop rapidement espéré.

« Votre devoir… Je préfère rester sur le fait que cela vous serait agréable d’être en ma compagnie, et non que cela soit uniquement un devoir. Même si ce ne sont que quelques mots, c’est toujours plus flatteur.
Et j’ai cru remarquer être particulièrement douée pour parvenir à vous provoquer rapidement effectivement. J’essayerais de ne pas trop en profiter. »


Et qu’importe s’il le prenait encore mal. Cela m’amusait un peu personnellement, même s’il n’y avait rien de drôle. Et le voilà qui continue de s’opposer et de critiquer, alors que j’essaie à nouveau de me montrer aimable et souriante. Il me fait penser à mes frères lorsqu’ils décident de rechigner et maugréer pour quelle que raison que ce soit.

« Le matin, la température est parfaite, et vous le savez. Ce sera amusant. »

Et je l’invite à me suivre. Mais il n’insiste point, se contentant de me dévisager un instant alors que j’ai la main tendue vers lui. mon sourire s’agrandit légèrement alors qu’il accepte et serre un instant ma main, pour aussitôt la relâcher. Mais il faisait l’effort. Bien. Je me crispe un instant en sentant sa main dans mon dos alors que je prends le chemin des écuries. Mais à vrai dire j’oublie aussi rapidement. Et j’ai l’impression, alors que nous avançons, de me retrouver avec 10 ans de moins, ravie, souriante et enjouée. A tel point que je ne suis guère bavarde le long des couloirs. Nous arrivons aux écuries et je fais un signe au palefrenier pour lui indiquer que non, je n’ai pas besoin d’aide. Je me tourne vers Orys, souriant avec hésitation.

« Fermez les yeux. Et on ne triche pas ! »

A quoi bon faire une surprise sans jouer le jeu n’est-ce pas ? Je le fixe une seconde, m’assurant qu’il le fait, avant de me rendre vers le box de la jument en m’emparant du licol et de la longe à côté. Une pur-sang à la robe alezane brûlée, et à la crinière, à la queue et aux paturons d’un brun doré plus clair. Murmurant quelques paroles apaisantes, je lui mets le licol avant de la sortir lentement. Elle renâcle un peu, impatiente, alors que je l’amène devant Orys. Et mon sourire est encore plus grand qu’avant. Elle est magnifique.

« Vous pouvez les ouvrir. »

Je le dévisage, telle une enfant offrant un présent. Ce qui est somme toute le cas, ou peu s’en faut.

« Je sais qu’elle peut sembler bien fragile à côté d’un destrier comme Ardent. Et peut-être auriez-vous préféré un étalon ou un hongre. Mais je vous assure qu’elle n’aura pas son pareil dans nos déserts, elle vous plaira.  »

Je passe ma main sur ses naseaux, souriant en regardant mon cheval… son cheval.

« Elle est encore jeune, et elle est plutôt fougueuse, presque autant que sa sœur. Mais c’est une des plus merveilleuses que j’ai su dresser. Si vous lui donnez assez d’espace et de liberté, elle sera incroyable. »

Je regarde à nouveau Orys, reprenant plus hésitante, même si mon sourire est toujours présent.

« Elle s’appelle Alona. Et je vous assure que ce n’est pas fait exprès, mais c’est ce qu’on appelle une coïncidence. Alona signifie ombre.
Vous plait-elle ?  »



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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Dim 19 Juin - 21:01


Je l'écoutai, sans mot dire, alors qu'elle cherchait à lever mes doutes et mes réticences. J'eus un sourire, malgré moi, parce qu'elle se révélait subitement bien plus assurée, plus proche de la Princesses insoumise et invaincue à laquelle on pouvait s'attendre. Elle n'hésiterait pas à tout sacrifier, dont elle même, et j'étais plutôt enclin à la croire... Mais nous le verrons bien assez tôt, quand la guerre serait à ses portes, à quel point avait-elle la tête sur les épaules, si son idéalisme ne lui faisait pas perdre le sens des réalités. Au moins, le manque d'attachement que nous éprouvions l'un pour l'autre nous permettrait d'avancer de concert sans s'embarrasser de sentiments. Ils étaient parfois des entraves malvenues à la pensée, même s'ils pouvaient nous pousser à faire l'impossible. Je ferais l'impossible pour Rhaenys. Je préférais ne pas être tenu par cette même nécessité avec Deria Martell. Partenaires, comme elle le disait.

Elle était si expressive parfois, que j'avais l'impression de pouvoir suivre le fil de ses pensées. Ce pouvait être dangereux pour elle, soit elle n'en avait pas conscience, soit elle s'en fichait totalement avec moi. C'était possible, fidèle à son vœu de franchise. Je restais méfiant, car je venais de parler de mon frère décédé et guettais une parole déplacée de sa part... Qu'elle ne prononça pas, prévenante.

- Vous empêchez de mourir ou de commettre l'irréparable à cause de vos idéaux vont souvent de pairs... Alors disons un peu des deux.

J'avais toujours été un protecteur de l'ombre, finalement. Je n'étais pas voué à changer parce que je me trouvais à Dorne. J'avais grandi et été élevé auprès de mes frères et sœurs, mais toujours un peu en retrait, et si on avait exigé tellement de moi en tant que guerrier, en occultant entièrement toute dimension s'approchant de la royauté, c'est justement parce que j'étais dédié au combat et à la protection, et non à régner. Les choses avaient bien changées depuis... Mais je n'étais pas plus porté sur la diplomatie que je ne l'étais auparavant, même si j'avais fini par apprendre la patience.

- Ce n'est pas votre nom qui fait que vous serez fragile ou faible, mais seulement vous. C'est à vous de forger votre propre destinée.

J'hochai lentement la tête, alors qu'elle semblait comprendre ce que je voulais dire. Elle ne s'énervait plus, peut-être parce qu'elle était trop lasse pour ce faire, comme je pouvais l'être. Je m'économisais à nouveau en paroles, la salive ayant fini par me manquer. Je devais compter sur Deria Martell, et son discours me prouvait qu'elle avait réellement à cœur l'intérêt des siens, comme je l'avais pour les miens. Cela prendrait sans doute du temps pour que nous parvenions à nous comprendre et nous accorder, et la tâche me semblait presque impossible après cette entrevue... Mais nous avancions tout de même, dans une même direction, pour nos deux peuples.

- Que ce soit le nom des Targaryen ou des Baratheon, une seule personne les porte et il nous est nécessaire de les faire perdurer. Vous avez moins de craintes à avoir à ce propos, avec vos deux frères et votre sœur pour le transmettre à leur tour, en plus de l'héritier. D'autant que les Dorniens se mélangent maintenant depuis deux générations avec la lignée Durrandon...

Chercherais-je à la rassurer ? Pas vraiment. C'était une entorse qui avait déjà été acceptée dans le précédent contrat, pour le nom des Targaryen, et ne devrait pas l'étonner. Il est simplement plus évident quand il s'agit d'une lignée secondaire et non de la principale. Cette place me convenait, justement car les Baratheon se positionneraient comme une maison secondaire d'importance autant dans mon royaume natal que mon royaume d'adoption. En tant qu'Orys Waters, je n'aurais jamais aspiré à autant pour ma descendance. Je ne songeais même pas à en avoir l'année dernière... La mort de mes ainés avait remis tellement de choses en question.

Nous en venions à discuter de ce mariage, et la nuit de noces est bien plus sujette à controverse que je le croyais. Elle ne répondit pas, quand quelques mots m'échappèrent quant à sa tendance à la susceptibilité. Sage... Je me rendais compte bien assez vite ce que Deria désirait réellement. Des compliments, des avances... Au final, bien cette tendresse que je ne lui aurais pas accordé. Elle était plutôt mal lotie avec moi, car j'étais bien plus porté dans le ressenti que les paroles, et devoir dire ce que j'avais sur le cœur avait plutôt tendance à m'agacer. Les mots me paraissaient trop creux pour refléter au mieux le fond de mes pensées. Je soufflai dans un sourire, quand elle me confia éviter les vaines provocations. Peut-être essaierait-elle, mais j'étais persuadé que toutes nos prochaines divergences finiraient par éclater exactement comme en ce jour, étant tous les deux prompts à s'échauffer rapidement.

Je rechignai encore sur la chaleur, alors qu'elle me proposait une sortie le lendemain, sans savoir ce qui m'était le plus désagréable. En fin de compte, à l'entendre me répondre, je me rendais à l'évidence : Je ne mettais pas beaucoup de bonnes volontés pour que cela fonctionne, et il serait temps d'inverser la tendance. Je n'étais pas venu à Dorne sans raison, et le faire à reculons n'aiderait pas cette alliance à fonctionner correctement.

- Je le sais, oui. J'ai fini par être de l'aube et du crépuscule... Je viendrais, assurément.

Je prenais cette main qu'elle me tendait, mais la lâchait assez vite... Et cette crispation dans son dos à mon simple contact me prouvait que les choses ne seraient pas si aisées, et qu'il ne s'agissait que d'une parodie d'entente. Rien n'était encore réglé, et je retins une grimace sans plus risquer le moindre geste à son encontre. Je me contentais de la suivre, me demandant bien où elle m'emmenait ainsi, avec cette expression souriante et enjouée qui la faisait paraître plus jeune. Elle était rayonnante, avec cette expression malicieuse au visage, et je me demandais comment elle avait pu penser que je ne voudrais pas d'elle. Fermer les yeux m'aida sûrement à reprendre contenance. Je me prêtais au jeu, immobile à attendre. A vrai dire, on se trouvait devant une écurie et le bruit des sabots m'avertit assez tôt qu'elle amenait un cheval à ma hauteur. Voulait-elle partir en balade immédiatement, finalement ? J'étais épuisé, et l'idée ne m'enchantait guère... Jusqu'à ce qu'elle m'intima d'ouvrir les yeux. Son expression traduisait une toute autre forme d'excitation, et je la quittai du regard un instant pour aviser la jument qu'elle tenait par le licol. Un de leurs exemplaires du désert, si différents des nôtres... Tout en finesse et avec une certaine nervosité. Ils avaient cette tête caractéristique et bien dessinée, mais celle-ci avait en plus une couleur des plus singulières, avec ces crins dorés qui donnait l'impression d'une flamme en mouvement en contraste avec sa robe alezane.

Je me souvenais de notre première rencontre, avec Ardent porté à mes côtés dans la foule prête au départ. Cela ne devait pas m'étonner... C'était certainement ce qu'elle avait le mieux retenu de moi, que j'avais une affection particulière pour mon destrier, même si elle ne devait pas en connaître la raison. En dehors du fait que c'était un présent de mes frères et sœurs, Il était vrai que j'aimais monter, et que j'étais à l'aise au combat avec tout type de monture... Mais leurs chevaux du désert, c'était une belle nouveauté. J'approchais ma main de son chanfrein, qui dessinait une courbe. Je pouvais certainement tenir son museau entre mes deux mains.

- C'est vrai qu'elle paraît fragile, mais tous les chevaux souffrent de la comparaison avec Ardent, pas seulement ceux du désert. Je préfère les étalons, oui, parce qu'ils sont plus fonceurs et agressifs, mais elle a l'air énergique et volontaire, au tempérament de feu.

J'eus un sourire plus prononcé, alors que je passais à côté d'elle pour l'apprécier dans son ensemble.

- Et elle est élégante. Je n'ai pas choisi Ardent pour des critères de beauté, mais je parie que cela a joué pour vous en plus de son caractère qui doit vous ressembler. C'est vous qui l'avez dressé ?

Je me retournais vers Deria, ne cachant pas mon étonnement. Dresser des chevaux prenaient du temps, d'autant plus si on voulait les entraîner à la guerre... Il fallait une sacré poigne et beaucoup de patience. Je n'étais pas certain que la Princesse avait autant de temps à revendre dans le dressage d'équidés, mais toutes les têtes couronnées avaient bien une passion en dehors de leur règne, non ? Rhaenys n'avait pas perdu son habitude de dessiner malgré ses responsabilités grandissantes. Je flattai l'encolure de l'animal, qui ne manqua pas de relever la tête. Pour sûr... Elle était à fleur de peau, et ce serait très intéressant une fois en selle. Un peu comme sa maîtresse, non ? Je laissai filtrer un sous-entendu équivoque à sa propre interrogation, un sourire espiègle au visage.

- Elle me plaît beaucoup, oui.
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MessageSujet: Re: N'espère pas obscurcir le soleil [Tour III - Terminé]   Mer 22 Juin - 1:23

Plus la conversation avançait, plus il semblait se calmer lui aussi. Je ne saurais dire si être aussi prompt l’un que l’autre à l’emportement et à la colère était une bonne ou une mauvaise chose au final. Après tout, si cela nous permettait de mettre les choses à plat avant d’avancer côte à côte, ce serait une bonne chose… et si cela me permettait d’être franche avec lui, sans devoir peser soigneusement chaque mot et chaque regard que je pouvais lui lancer, ce serait fort appréciable, et non négligeable.
Quand bien même je ne savais pour le moment, s’il me croyait ou non. Et dans l’absolu, cela ne m’importait pas réellement, je n’avais ni besoin, ni envie de le convaincre si ce n’était pas le cas.
J’esquisse un sourire en inclinant la tête.

« C’est tout à votre honneur, mais je tacherais de ne pas rendre cette tache trop compliquée. »

Même si Elios pourrait rire de m’entendre parler ainsi. Certes, je ne suis pas toujours prudente et sage il est vrai. Mais j’essaie, et je ne suis point si insouciante en dehors de mes murs. Et ceux qui me connaissent le savent bien.
Mon léger se sourire se renforce un peu, et se fait sensiblement amusé.

« Dans ce cas, la question ne se pose nullement. Vous vous rendrez bien assez rapidement compte que je ne suis ni l’un ni l’autre. »

Ou peut-être que si. Fragile sans doute un peu. Encore hésitante et effrayée de tant de possibilités et pouvoir. Mais c’est un secret que je camoufle assez bien, même si je ne me cache guère craindre de devoir envoyer mes hommes au combat…
Qu’importe pour le moment, nous en venons petit à petit sur des sujets plus personnels. Ou peut-être étions-nous trop fatigués pour continuer à élever la voix qui sait. C’est fort possible également.
Je hoche la tête.

« Je comprends fort bien. C’est bien pour cela que j’ai accepté que nos enfants soient des Baratheon, pour que votre lignée perdure. Mon nom ne s’éteindra pas, mais ce n’est pas facile pour autant. Quant à l’Orage, il est vrai que nous y aurons des princes et princesses Martell, ce qui n’est point négligeable effectivement. »

Et c’est bien là tout ce qui importait non ? Les Martell régnerait sur Dorne, et deviendrait une des principales branches de l’Orage. Des princes et princesses, même si le titre serait moindre qu’ici. Rester souder demanderait quelques efforts et ajustements, quelques sacrifices aussi sans doute de la part des Seigneurs des Marches en particuliers, mais les royaumes seraient bien plus forts ainsi. Il fallait juste espérer que chacun soit suffisamment malin pour s’en rendre compte.

Et puisque nous abordons ce sujet, nous touchons forcément à celui du mariage. Et à celui de la nuit de noce et de la nécessité de sa présence à mes côtés cette nuit-là. Et les suivantes évidemment… au final, sans doute suis-je la seule à m’être imaginée quelques stupidités, et je suis rassurée de savoir que je n’aurais nullement à chercher diverses astuces. Bien si cela ne m’aurait pas dérangée en vérité de passer outre. Même s’il est séduisant effectivement. Vu qu’il devait rester parmi nous jusqu’au mariage, sans doute parviendrions-nous à discuter sans hausser la voix, et à mieux nous connaître. Nous y arriverions sans doute, même si nos rencontres seront probablement aussi houleuse que celle-ci.

Et si pour le moment, il ne faisait guère d’efforts, je ne perdais pas espoir. Après tout, nous étions amenés à vivre ensemble, il serait sot que de rester borné et contrarié. Je lui souris alors qu’il finit par acquiescer et accepter cette promenade. Avant de me décider à l’emmener de suite aux écuries. J’avais voulu attendre, qu’elle soit plus… docile, ou qu’il soit moins… grognon.
Mais en vérité, cela devait être une des seules choses aptes à le faire sourire. Et j’avoue me retrouver rapidement aussi impatiente qu’une enfant, aussi enjouée que s’il s’était s’agit d’un cadeau pour moi.

Et j’aime réellement cet animal. Je ne peux qu’espérer qu’il l’aime également, aussi alors que lui la détaille, je le dévisage, comme pour y surprendre ses pensées. Mon sourire hésitant se fait plus sûr alors qu’il semble l’apprécier, et je tourne la tête vers l’animal, passant ma main sur sa ganache.

« Oui, il est particulièrement imposant c’est vrai. Elle sera moins agressive, mais tout autant déterminée. Elle est beaucoup plus… sage en pleine course qu’enfermée ici. Et elle n’a pas peur de grand-chose à dire vrai. »

Je le regarde, alors qu’il semble surpris. Je fronce légèrement les sourcils, avant d’acquiescer doucement.

« Oui, cela m’arrive. Quand certains poulains attirent mon attention. Même si je dois avouer les avoir un peu délaissés ces derniers mois. Mais les voir évoluer, devoir s’adapter à eux autant qu’ils doivent s’adapter à nous, admirer les progrès et l’entêtement de certains… Et ce sont de magnifiques animaux... J'aime énormément travailler avec eux. Et cela m’a aidé plus jeune à acquérir une forme de patience et d’assiduité différentes de celles réclamées par le Cyvosse. Ce qui est sans doute la raison pour laquelle ma grand-mère m’a laissé poursuivre. »

Ma main passe sur son encolure alors que je parle, et elle me donne un coup de tête. Ma main se pose sur son nez, alors que je murmure quelques mots à son intention. Maintenant qu’elle est sortie, il va falloir que je l’emmène dehors, elle ne va rien comprendre sinon. Et surtout ne pas apprécier ce petit jeu. Je détourne mon regard d’elle pour le poser à nouveau sur son nouveau propriétaire. Qui a l’air d’aimer le cadeau non ? Et à nouveau, ce sourire malicieux apparait sur son visage, en plus affirmé. Je lui rends son regard quelques secondes. Bien si j’avais encore quelques doutes, il vient de les effacer. Mais cette fois, loin de m’offenser ou de même songer à mal le prendre, je lui rends son sourire.

« J’en suis heureuse. C’est une bonne chose, car cela semble réciproque. »

Je fais un signe au palefrenier, lui tendant le licol, avant d’incliner la tête.

« Vous m’excuserez de vous laisser retrouver votre chemin sans moi, mais je crains qu’elle ne soit en vérité guère plus patiente que moi. Malgré tous mes efforts. »

Je lui souris, ravie qu’Alona lui plaise. Entre autre. Et avant qu’il ne puisse réagir, je me hausse sur la pointe des pieds et dépose un baiser sur sa joue, au coin des lèvres, avant de me reculer, toujours souriante.

« Demain matin, ici, quand la chaleur sera amplement supportable. D’accord ? »

Et sans trop lui laisser le temps de réagir, je rejoins la jument. Les gardes vont hurler que je sois partie sans eux… Mon sourire se fait plus grand.



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