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On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]
MessageSujet: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Sam 5 Mar - 19:35

Ulwyck était un peu bourru, parfois, pour m’entrainer. Je n’avais aucun doute sur ses capacités, il m’entrainait après tout depuis des années, mais j’avais parfois du mal à comprendre sa façon d’agir, et ses intentions. C’était le cas, quand il m’a annoncé de trouver un autre maître d’arme, de façon abrupte. Je ne suis pas vraiment caractérielle, mais il semblait tellement impassible, tellement indifférent, que je me suis quelque peu emportée, en lui demandant le problème dans notre entrainement. L’air surpris sur mon visage m’avait grandement surprise à mon tour, et je n’avais pu m’empêcher de rire en le voyant. Ça n’aurait pas du m’étonner, pourtant, de ne pas avoir compris dès le début ce qu’il attendait de moi. Il voulait que je me confronte à un adversaire qui ne me connaissait pas, et que je ne connaissais pas. Depuis le temps que nous voyagions puis servions les Arryn ensemble, nous en savions suffisamment sur les compétences de l’un et de l’autre, pour ne plus réellement faire de progrès l’un au contact de l’autre. Il n’avait pas tort, il pourrait être utile d’acquérir d’autres capacités, que lui ne possédaient pas. Je ne comptais pas importuner la Reine régente avec cela, cependant. Les combattants ne manquaient pas, au château. Seraient-ils, pour autant, aptes à entrainer une femme ?

Je soupirais, rejoignant la salle d’entrainement des Eyrié, pour me préparer avant mon départ pour l’Ouest. Je n’aurai pas l’occasion de m’entrainer avant longtemps, ni même de manier des armes, mais je comptais emporter quelques lames légères et aisément dissimulables, malgré tout. De même que je souhaitais m’entrainer un peu, malgré tout. Beaucoup de mois passeraient, avant que je ne redevienne Elya, ou que je n’endosse que brièvement l’identité d’Ysilla Rougefort. J’arrivais à la fin, je supposais, d’un entrainement du Roi et de Lord Royce. Je m’inclinais devant le Roi, avant de me diriger vers les armes disposées dans la salle. Je m’arrêtais à mi-chemin, pour me retourner vers Lord Royce. Savait-il qui j’étais ? Je n’en étais pas certaine. Peu importait.

« Ser Royce. J’espère ne pas vous importuner. Je vous vois entraîner notre Roi depuis plusieurs années maintenant. Vous ne devez pas me connaître, je me prénomme Elya, et suis au service des nos majestés depuis environ sept ans. Je suis entrainée par Ser Volmark. Il estime que je dois me confronter à d’autres guerriers, pour apprendre toujours davantage. Je vais entreprendre un voyage assez long, sous peu, mais accepteriez-vous de m’enseigner votre maîtrise des armes, à mon retour ? »

Il aurait tous les droits de me refuser son assistance, cependant.


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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Dim 6 Mar - 2:09

En vérité le jeune homme n’avait jamais aimé mettre les pieds aux Eyrié et, malgré son poste au Conseil où il ne servait finalement que de bouche-trou, il préférait très sincèrement s’y déplacer le moins souvent possible. Pourquoi ça ? Parce que sa vie, sa famille et ses hommes étaient sur le territoire de la maison Royce et que ce n’était plaisant pour personne de devoir quitter son foyer sans le désir de prime abord...vous y avez cru, hein ? Non, sa famille n’y était pour rien mais plutôt son aversion pour les ronds de cuir et autres nobliaux qui le regardaient avec un air suintant un savant mélange de mépris et d’arrogance. Il n’était pas chez lui ici, le fait de marier une fille du Val ne changerait jamais le fait qu’il n’était qu’un touriste venu de l’autre côté du Détroit, et le voir acquérir titres et terres par ce seul mariage faisait grincer des dents à plus d’un noble du Val.
Leur en vouloir ? Cela suggérerait qu’il accordait une quelconque importance à ce jeu de pouvoir et à cette valse politique, cela suggérerait qu’il en avait quelque chose à cirer de ce qu’on pouvait bien penser de lui et ce n’était pas le cas. S’il se fichait pas mal de savoir si ses hommes l’appréciaient ou pas – même s’il n’avait aucun doute là-dessus – pourquoi s’intéresser à l’opinion de ces inconnus dont les noms lui échappaient totalement ? Il n’y avait bien que l’avis de son épouse qui comptait un peu pour lui, et encore ce n’était pas toujours un paramètre constant.

Mais malheureusement la vie d’adulte lui avait appris qu’il fallait parfois laisser de côté ses croyances et sentiments personnels pour répondre à l’appel du devoir, parfois ce devoir consistait à donner des leçons au roi en devenir, parfois c’était d’assister aux assommantes réunions du Conseil qu’il esquivait aussi souvent que possible. Aujourd’hui qu’en était-il ? Pendant que sa femme assistait à une énième réunion du Conseil Asher, lui, venait de terminer une séance d’entraînement avec le Roi qui quitta la salle assez rapidement. Tout pressé qu’il devait être, sa sortie suivit l’entrée dans la pièce d’une demoiselle qu’Asher ne manqua pas de suivre du regard. Son visage ne lui était pas inconnu, il l’avait croisée plusieurs fois dans le coin mais n’en connaissait pas plus que ça, ou en tout cas pas jusqu’à ce que la demoiselle s’adresse à lui.

Empoignant une lance adossée contre le mur à côté de lui, Asher écouta avec attention la demoiselle lui demander de l’entraîner car elle allait bientôt quitter la sécurité du Val et aurait besoin de se défendre. Au départ il ne sut pas vraiment quoi dire car c’était bien la première fois que quelqu’un venait lui demander de l’entraîner, sans que ce ne soit un ordre ou que cela ne vienne d’un autre membre de la famille comme pour le Roi, de plus cette demoiselle n’avait rien d’un soldat et n’apprécierait sans doute pas les méthodes brusques qu’’il avait l’habitude d’utiliser.


« Tu as peur que les soldats du Val ne soient pas capables de protéger tes fesses ? »

Outre l’aspect relativement familier de cette phrase qui donnait le ton quant à la façon d’être d’Asher, cette phrase n’était pas sexiste pour autant et mettait simplement en évidence le fait que, à Westeros, rares étaient les femmes à apprendre à manier des lames. Oh oui une femme était aussi capable que n’importe qui de tuer quelqu’un, de l’autre côté du Détroit le guerrier l’avait bien vu un sacré paquet de fois, mais ici c’était déjà plus inhabituel.
Haussant légèrement les épaules en oubliant cette question qui ne changeait pas grand-chose au problème, il répondit alors :

« Pourquoi pas maintenant ? Je n’ai rien de mieux à faire et tu vas en avoir besoin si tu vas voyager. »

Supposant que si elle était venue le voir cela voulait dire qu’elle avait du temps devant elle, Asher reposa la lance contre le mur et s’approcha des râteliers d’armes alignés contre les murs de la salle d’armes. Pivotant légèrement pour jauger la demoiselle des pieds à la tête, l’ancien vagabond empoigna deux épées courtes avant d’en lancer une à la demoiselle sans vraiment l’avertir. S’approchant du centre de la pièce, faisant mouliner l’autre lame légère dans sa main droite, il demanda à la demoiselle :

« Il t’a entraînée à quel type d’armes pour le moment ? »

Il ? D’ordinaire le jeune Lord était perdu au milieu de tous ces Ser machin et Ser bidule mais le nom de Ser Volmark était bien l’un des seuls qu’il connaissait bien. Comment ne pas connaître le maître d’armes des Eyrié ?
Il ne restait désormais plus qu’à laisser la demoiselle lui répondre, en espérant qu’elle ait un peu de temps devant elle pour s’entraîner et elle ferait bien d’en profiter : Asher n’était clairement pas du genre à faire des faveurs.
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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Ven 11 Mar - 22:38

Il ne m’était pas facile, pas réellement, de solliciter Asher Royce pour mon entrainement. Non pas par crainte, par réserve, mais plutôt car je n’avais aucune légitimé à lui demander cela. Je n’étais, après tout, qu’une espionne employée par Sa Majesté – Ses Majestés, maintenant. Et en cela, je passais après ses hommes et guerriers, et après le Roi. Uniquement si l’homme acceptait, car il n’avait aucune raison d’y être contraint. Tergiverser, en tout cas, serait inutile. Je ne connaissais que peu le seigneur Royce, mais de ce que j’avais constaté en l’observant depuis qu’il était au service de Notre Reine, j’avais pu comprendre qu’il n’y allait pas par quatre chemins, et qu’il détestait quand on faisait de même. Qu’il préférait la franchise, même brusque, aussi lui exposais-je directement ma requête, sans détour, sans non-dits. Il aurait été inutile de le faire. Je ne disais rien, devant son absence de réponse, attendant. Soit il me congédierait, soit il répondrait favorablement, mais il ne pouvait malgré tout de me répondre.

« J’ai toute confiance en eux pour cela, mais j’aurai davantage à craindre qu’il veuille leur faire davantage que les protéger. »

Je grimaçais bien malgré moi, assez mal à l’aise à cette idée, bien que ce soit parfaitement vrai. Je ne détournais pas le regard, pour autant, répondant un peu plus sérieusement au chevalier en face de moi.

« On ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait, et une femme telle que moi ne peut envisager d’avoir toujours une escorte. Quelles que soient les raisons qui peuvent me pousser à me retrouver seule. Et je sais les dangers qu’une femme court sur les routes, pour les avoir vus de mes yeux. Je ne serai jamais trop prudente. »

Oui, c’était une réalité. Bien que ça ne soit que la moitié de ma motivation, soit. Mais ile ne m’appartenait pas de dévoiler ce à quoi Sharra Arryn m’employait. Un bon espion était un espion dont personne ne savait qu’il l’était. Je ne devais passer, aux yeux d’Asher Royce, que pour une jeune femme quelque peu inquiète du trajet qui l’attend et des bandits qui rodent, et désireuse de savoir un minimum se défendre.

« Je n’ai que de peu de préparatifs à faire pour mon départ dans les jours à venir, maintenant convient très bien. Mais je pense qu’il vaut mieux que vous voyiez mes techniques, et me donniez des aides pour compenser mes lacunes, et voir ce qu’il convient que j’apprenne. Je suis appliquée et ne rechigne pas à la tâche. Je pourrais m’entrainer, avant de revenir et réellement bénéficer de vos enseignements à ce sujet. Si cela vous convient. »

Peut-être prenait-elle trop les choses en main, peut-être cela lui déplairait-il, mais elle évoquait la vérité et rien d’autre. Légèrement surprise, je rattrapais avec assez d’adresse l’épée qu’il venait de me lancer, faisant face au chevalier.

« L’arbalète et le poignard, la dague aussi, pour le moment. L’arc, quelque peu. Avec l’aide du Seigneur Corbray, par moments, pour cette dernière arme. Il a privilégié des armes discrètes et silencieuses. »


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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Sam 12 Mar - 12:45

Certains maître d’armes diraient sans doute qu’il fallait avant tout avoir l’âme d’un pédagogue pour pouvoir devenir un enseignant efficace et retranscrire fidèlement ce que leur propre maître leur avait transmis durant leur formation, certains diraient même que tous n’étaient pas faits pour devenir enseignant et qu’il fallait laisser ce boulot aux professionnels. Était-ce vrai ou pas ? Non en vérité Asher se fichait pas mal de savoir s’il y avait des métiers qui ressemblaient plus à des vocations que d’autres, il se fichait de savoir qui était le meilleur pédagogue du Val ou de tout Westeros, il avait une logique simple : quiconque d’assez malin pour apprendre à manier une épée était assez malin pour répéter ces leçons à quelqu’un d’autre. Il suffisait d’avoir un peu de mémoire, n’importe quel soldat était à même d’apprendre à son fils à tenir un bâton fermement devant lui comme il tiendrait une épée courte, c’était aussi simple que cela.
Peut-être aurait-il agi plus en accord avec son nouveau rang s’il avait été comme tout noble de Westeros, peut-être aurait-il refusé de perdre son temps à enseigner son « art » à une femme dont il ne savait rien et qui pourrait aussi bien être une vulgaire servante de la maison Arryn, mais fort heureusement son atypisme lui empêchait d’avoir ce genre de pensées ridicules. Une femme bien entraînée pouvait tuer tout aussi bien que n’importe quel soldat, celle qui accaparait l’attention du jeune seigneur le faisait toujours pour une raison qui arriva à décrocher un sourire sur le visage d’Asher. Plus d’une femme perdue sur une route de campagne s’était faite violer par un ou plusieurs soldats en patrouilles, ces hommes étaient généralement brutaux et sans aucune finesse d’esprit, pensant avec leur chibre dès qu’ils voyaient une paire de seins pointer le bout de son nez, l’ancien mercenaire comprenait donc aisément que la demoiselle cherche à se défendre contre ce genre de comportement primaire.
Étrangement un soldat avait beaucoup moins envie de céder à ses pulsions primaires une fois qu’il s’était pris une dague ou un pied dans les parties, expérience vérifiée d’innombrables fois, Asher ne pouvait donc pas jeter la pierre à la demoiselle pour oser « déranger » un maître d’armes afin de ne pas être sans défense le jour où un grand gaillard viendrait jeter son dévolu sur elle.
En vérité ce n’était pas tellement la motivation qui poussait Asher à accepter que le fait que la demoiselle prenne les devants en lui demandant, dans cette société patriarcale le fait qu’une femme manie les armes était encore assez mal vu et seules les femmes de caractères osaient braver cette peur du qu’en-dira-t-on pour obtenir ce qu’elles voulaient.

Écoutant finalement la demoiselle lui expliquer à quelles armes elle avait été initiée, l’ancien mercenaire répondit :

« Il a eu raison sur ce point. La force physique n’est pas à ton avantage, il te faut donc des armes légères et rapides, une paire de dague me semble tout indiquée, ou bien une épée courte ainsi qu’une dague à la limite. En revanche tu peux oublier l’arbalète, elle est peut-être précise mais bien trop longue à recharger, je te conseille de privilégier l’arc. »

Faisant demi-tour vers la table, il y prit deux dagues émoussées et les tendit à la demoiselle avant de se saisir d’une épée courte qui était aussi coupante qu’une cuillère.

« Bon, l’important avec ces dagues c’est de savoir que tu ne dois jamais essayer de parer une autre lame avec ça, les dagues sont des armes légères mais fragiles qui ne résisteront pas à des assauts répétés. L’important va être d’anticiper et esquiver les mouvements de ton opposant, plus amples que les tiens, et de t’engouffrer dans sa défense pour le frapper là où ça fait mal. »

Faisant faire quelques moulinets à sa lame courte pour la prendre bien en main, n’ayant pas utilisé une telle lame depuis plusieurs semaines, les yeux noirs du jeune seigneur se posèrent de nouveau sur la demoiselle :

« Soit tu vise les poings vitaux de ton adversaire pour en finir vite, comme la gorge, les artères, les poignets ou les couilles, soit tu peux choisir d’épuiser ton adversaire en attaquant là où tu peux. Les blessures, même si elles ne touchent pas des points vitaux, finiront par le ralentir et il te sera de plus en plus facile de le blesser de nouveau. Tu me suis jusque-là ? »

La dague était une arme d’assassin, un outil de discrétion, il était suicidaire d’essayer de se battre à la régulière face à un adversaire doté d’une arme un peu plus longue et traditionnelle, mais si elle était bien maniée elle pouvait très bien faire le travail.

« On va donc faire quelques mouvements, je vais faire mine de t’attaquer et tu vas me montrer comment tu agirais pour toucher un de mes points vitaux, garde bien en esprit que ton but n’est pas de bloquer mes attaques.  »

Se redressant de tonte sa hauteur face la demoiselle, le jeune seigneur attendit qu’elle fasse mine d’être prête et avança de quelques pas vers elle, levant bien haut son bras droit tenant l’arme émoussée. Stoppant son mouvement, il vint tapoter son poignet droit de son autre main libre avant d’expliquer.

« Quand quelqu’un t’attaque comme ça et que tu vois le coup venir, bloque le poignet qui tient l’arme avec ta main gauche et frappe un point vital avec ton autre dague. Anticipe l’action, tue l’attaque dans l’œuf.»

Eh bien quoi ? Le jeune homme n’avait que faire d’apprendre à quelqu’un les bonnes positions ou comment se battre honorablement lors d’un affrontement, la dague était une arme d’assassin, il était donc logique qu’il enseigne à la demoiselle comment tuer avec une telle arme. Et puis  de toute façon une arme était faite pour tuer tout autant que protéger celui qui la maniait,  il n’y avait pas besoin de faire tant de chichis. Asher reprendrait donc bien vite ses mouvements, des mouvements qui se voulaient délibérément lents afin de laisser le temps à la demoiselle d’analyser les ouvertures et de chercher la meilleure action possible. Si elle n’y arrivait pas ? Bah le jeune Royce lui donnerait un petit coup de main, il n’allait pas être aussi dur avec elle qu’il l’était avec des soldats de carrière.
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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Lun 21 Mar - 12:35

Je ne savais si j’avais gagné son attention ou non, mais toujours est-il que mes arguments semblaient le convaincre. C’était tout ce que je demandais. Ça, et que ça l’encourage à m’apprendre quelques façons de survivre. Bien sûr, ayant parcouru les routes avec Ulwyck pendant plusieurs mois, je savais quelques petites choses à cet effet. Mais des choses plutôt désordonnées. Je pouvais certes prendre mes adversaires par surprise, mais cela pouvait aussi se retourner contre moi. Si un affrontement sur les routes n’aurait jamais rien à voir avec un combat rangé, une légère stratégie ou une façon de se défendre un peu travaillée pouvait aussi changer la donne. Surtout quand j’étais à même de me retrouver face à plusieurs hommes qui auraient davantage de force que moi – c’était une évidence, ça n’était pas un de mes atouts et il était peu probable que ça le soit. Je ne visais pas à avoir l’apparence d’une guerrière de toute façon. Cela allait à l’encontre de la discrétion nécessaire à une espionne. Une femme guerrière attirait bien trop l’attention. Non, cela ne ferait que me desservir. J’acquiesçais à ses propos.

« Évidemment. L’arbalète n’est pas une arme utile en combat imprévu ou rapproché. Je n’ai jamais manié l’épée courte. Mais je suis disposée à apprendre, et à suivre toute leçon que vous pourriez me donner. »

Attrapant les deux lames qu’il avait récupérées, je conservais le silence, attendant la suite. Je ne pensais pas qu’il attende de moi que je sois particulièrement bavarde, mais plutôt attentive. J’apprendrais bien plus en le laissant parler, qu’en l’interrompant en permanence. C’est pourquoi je me contentais d’un signe de la tête pour lui signifier que je prenais bonne note de ses conseils. Je doutais que les dagues soient de taille à faire face à une autre lame, de toute façon, et pas uniquement pour leur légèreté. Et si elles l’étaient, j’en viendrais à m’épuiser moi-même, et à faire des erreurs étant donné la force que cela devait demander, selon l’adversaire qui tenait la lame ennemie. Esquiver et profiter des ses mouvements pour prendre l’avantage, en revanche, était dans mes habitudes. C’était différent quand on devait éliminer un témoin gênant, et je n’étais pas assassine, mais la méthode était la même, bien que la finalité ne le soit pas.

« Parfaitement. »

J’acquiesçais de nouveau, suite à ses conseils, le dévisageant un bref instant. Fort bien. Il ne s’attendait pas à ce que j’attaque avec honneur, mais vicieusement ? Parfait. S’il était potentiellement honorable, bien que je doute que dans un réel combat, quiconque le soit vraiment, je ne comptais pas l’être. Je bloquais sa main comme il me l’indiquait, mais au lieu de viser un de ses points vitaux avec la gorge, je dirigeais ma jambe vers son entrejambe pour le frapper, et mieux plaquer ma dague contre sa gorge, si j’y parvenais. Il pouvait lui même anticiper et m’arrêter, mais j’aurai le mérite de tenter.


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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Sam 26 Mar - 14:16

La plupart des femmes vivant dans un château ou à la Cour avaient une éducation telle qu’elles n’étaient pas au fait de la cruauté de la vie et de la part la plus sombre qui sommeillait en chaque homme, celle qui les poussait à violer une femme avant de la tuer ou inversement, comme avec cette dénommée Monique. Ah Monique…deux qui la tiennent, trois qui la…hein ? Pardon ? Je divague ? Ah oui c’est vrai, mais vous savez ce que c’est : ça parle de viol et ensuite je ne sais plus où j’en suis.
La plupart des hommes que ces rombières rencontraient avaient la même éducation qu’elles, biens sous tout rapport ils entretenaient l’image du gentleman et confortait les femmes dans l’idée qu’elles se faisaient des mâles en société. Pourquoi penseraient-elles le contraire ? La plupart ne quitteraient jamais le château, sauf pour se rendre dans un autre à l’occasion d’une fête ou un quelconque mariage, aucune d’entre elles ne connaîtrait jamais la faim ou la peur de recevoir la visite de bandits venus voler tout ce qu’elles possédaient, mais Asher était content de voir que la demoiselle qui lui faisait face n’était pas de ces poupées candides.
Comment le savait-il ? C’était elle qui avait suggéré que des hommes pourraient avoir envie de faire plus que de protéger ses fesses, comme jouer avec elles par exemple, cette rose possédait donc des pics et ce constat amusa suffisamment Asher pour démarrer cette leçon. Au moins il n’aurait pas à lui ouvrir les yeux sur la véritable nature de ce monde, c’était un gain de temps appréciable.

Ce beau brin de fille n’avait pas la carrure suffisante pour manier une arme à deux mains comme pourrait le faire n’importe quel soldat de carrière, elle avait un physique tel qu’il lui faudrait jouer sur sa rapidité et son agilité plutôt que sur la force brute, voilà pourquoi Asher évoqua la nécessité d’armes légères comme des dagues ou des lames courtes. La demoiselle sembla écouter attentivement les paroles de l’ancien mercenaire en réaffirmant son désir de suivre ses conseils  à la lettre. Souriant devant cette phrase, il ne put s’empêcher de répondre :

« Pas besoin d’être aussi formelle, décrispes-toi un peu. »

Ce n’était pourtant pas la première fois que le jeune Royce endossait le rôle d’enseignant, bien malgré lui, mais à chaque première rencontre avec un élève ce dernier était toujours étrangement crispé. Que ce soit un roi, une demoiselle ou un soldat de carrière, tous étaient tendus comme un slip à chaque fois qu’ils rencontraient Asher pour la première fois. Pourquoi ça ? Il n’avait pourtant pas la prétention d’être aussi coincé et bourru que les autres maîtres d’armes de Westeros, bien au contraire il était sans doute le plus enjoué et bon vivant des hommes d’armes de tout Westeros. Décidément il n’arriverait jamais à comprendre pourquoi personne n’arrivait pas à être aussi décoincé et décomplexé que lui…vraiment jamais.
Étouffant un soupir discret face au formalisme de la jeune demoiselle, l’homme d’armes poursuivit donc sa petite leçon en lâchant quelques petites explications que la demoiselle comprit sans trop de difficultés. Bientôt le jeune homme prépara un coup que la demoiselle devait bloquer pour ensuite faire mine de le blesser au flanc, répétant les conseils de tout à l’heure, mais au lieu de cela elle tenta un mouvement bien plus audacieux en tentant de le frapper dans les parties.

Il aurait pu bloquer la jambe avant sa main gauche, libre, mais la seconde dague lui aurait quand même posé beaucoup de problèmes. Usant de force et de vitesse, Asher pivota sur le côté droit en un mouvement de bassin et s’écarta de la demoiselle. Un sourire venant illuminer ses lèvres devant le caractère osé et direct de l’action de la demoiselle, Asher ne put s’empêcher d’éclater de rire, le son se réverbérant contre les parois de la salle.

« Je vois que tu as déjà compris le point faible d’un homme, c’est parfait !  »

Qu’une femme bafouée frappe les couilles d’un homme infidèle était une chose, mais c’était bien la première fois qu’une de ses élèves tentait de le frapper dans ses parties intimes, la surprise provoqua son hilarité pendant quelques secondes. Soufflant ensuite pour se calmer et recouvrer sa concentration, ou au moins une partie de celle-ci, le jeune homme se redressa ensuite et se remit en position. Eh bien quoi ? Il lui en fallait peu pour s’amuser, vous vous en rendez compte seulement maintenant ?

« Tu as compris la façon la plus efficace d’affaiblir un homme, mais attention. Même si elle est la plus efficace elle n’est pas la plus simple à atteindre, surtout si ton adversaire s’attend à ce que tu vise cet endroit. Ne te concentre pas uniquement sur ce point, le corps humain possède plusieurs autres points faibles. D’accord ?   »

Même s’il disait ça aussi pour que son élève n’essaye pas de le frapper encore une fois dans les partie, car il tenait à ses parties et que sa femme serait fâchée si ces mêmes parties se retrouvaient hors service, il ne voulait pas que la demoiselle se concentre uniquement sur l’entrejambe comme seule cible d’attaque. Gorge, poignets, flanc, tête, artères, cœur : les cibles ne manquaient pas !

« On reprend. Je vais faire une série de trois mouvements, et à chacun de ces mouvements tu vas tenter de me bloquer, parer, dévier ou esquiver comme bon te semble, pour ensuite contre-attaquer. On analysera ça ensuite pour voir comment améliorer le tout. Allez, c’est parti. »

Ce n’était que le début, juste le début mais il fallait que Asher observe et comprenne la façon de penser de la demoiselle pour pouvoir ensuite la corriger, il avait besoin de voir comment elle réagissait spontanément à des attaques sans qu’il ne lui dise quoi faire ou ne pas faire. Le jeune guerrier s’avança donc vers la demoiselle et mima un mouvement de tranche diagonale, depuis en haut à droite vers en bas à gauche. Une fois que ce premier mouvement fut terminé, une fois que la demoiselle eut réagi, il enchaîna par un mouvement de tranche horizontale de gauche à droite puis finit par un mouvement d’estoc au niveau du ventre de sa nouvelle partenaire. Un enchaînement tout à fait classique, effectué à une vitesse raisonnable, pour pousser la demoiselle à réagir et contre-attaquer comme elle le désirait.
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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Jeu 31 Mar - 15:18

Pas besoin d’être aussi formelle ? La demande que je faisais l’était, même si elle était peu conventionnelle, il n’était pas vraiment facile d’être… plus détendue. Mais je ferai de mon mieux. Même si ça ne devait pas être vraiment réussi, alors que je hochais simplement la tête à ses propos, sans rien dire de plus. De toute façon, il se proposait pour m’entrainer, donc il n’aurait pas vraiment à faire attention ni à mes propos, ni à ma formalité. Parce que si quelque chose n’avait pas sa place dans un combat, qu’il soit à but d’entraîner quelqu’un ou réel, c’était la formalité. Cela me soulageait, à vrai dire, d’entrer dans le vif du sujet, plutôt qu’il me laisse m’embarrasser à ne pas savoir quoi dire. J’étais plus à mon aise, armes en main, même si le combat… loyal, dirons-nous, n’était pas dans mes habitudes, ou ce que je maitrisais réellement. Je frappais dans le dos, sans que l’on me voit venir, comme tout bon espion. Restait à voir si je m’en sortirai, face à un homme aguerri.

Son rire me prit légèrement au dépourvu, alors que je me rattrapais tant bien que mal pour ne pas chuter, suite à son décalage pour m’éviter. Évidemment. Mais tous ne seraient pas aussi habitués, ou aussi agiles… Alors si je parvenais à le toucher ne serait-ce que quelques fois, et ça ne serait pas pour tout de suite, je pourrais estimer avoir mes chances face à des lourdauds peu entrainés. Bon, si on parlait des soldats censés me protéger, qui ne seraient avec moi que pour prétendre que j’étais une jeune femme noble le temps de mon séjour dans l’Ouest, je n’aurai pas cette chance, mais s’il s’agissait de vauriens ou de simples gueux qui rêvent d’avoir une femme qui partage leur couche, alors oui, je pourrai peut-être m’en sortir.

« Vous attendiez-vous à un tel geste de ma part ? Je demande réellement si vous y auriez pensé. Si j’en crois votre rire, j’en doute. Mais je comprends. Chercher et viser les autres points sensibles, plus facilement atteignables. »

J’acquiesçais à nouveau, me concentrant, peut-être un peu trop, sur ce qu’il pourrait faire ensuite. Il allait lentement, plus lentement qu’il ne le ferait en réalité, c’était certain. Mais s’il n’agissait pas ainsi, je n’aurais surement même pas le temps de le voir venir. Ou peut-être que si, mais j’en doutais. Je tentais de bloquer son poignet de ma main, l’empêcher d’achever son geste, d’abaisser son arme émoussée vers moi. En espérant que ça marche. Parce qu’une chose était sûre, je ne pourrais pas toujours réussir à parer ses attaques ou à les anticiper. Et son deuxième mouvement me le prouvait. J’essayais donc d’esquiver, pour mieux agir après. Ne pas riposter, mais échapper à l’attaque. Peut-être n’était-ce pas ce qu’il attendait mais… J’aurai essayé. Pour finir, j’essayais de viser sa gorge, en biais par rapport à lui après avoir dévié. Pour l’avoir à la merci de la lame que j’avais en main.


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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Mar 5 Avr - 23:31

Le jeune homme savait bien – depuis le temps qu’il était là – que les gens du Val comme partout ailleurs accordaient beaucoup d’importance à l’étiquette et à la façon de se comporter en société, ils faisaient tellement attention à ce qu’ils pouvaient dire ou faire que parfois l’ancien mercenaire était fatigué de ces simagrées. Il était un homme simple n’aimant pas se prendre la tête et n’ayant quasiment aucun filtre en son cerveau et sa bouche, ou du moins ça le fatiguait de devoir en mettre un, c’était sans doute la raison pour laquelle il s’entendait si bien avec les soldats et autres ripailleurs qui partageaient la même simplicité dans leur manière de vivre.
Alors oui, à chaque fois que personne un peu coincé – limite constipée – s’adressait à lui bien trop poliment pour que ce soit honnête, l’ancien mercenaire prenait un malin plaisir à le lui faire remarquer. Le but ? Que la personne puisse se sentir à l’aise et confiante en la présence du jeune seigneur, ou à défaut qu’elle s’enferme dans une constipation encore plus oppressante qui ne manquerait pas d’attirer sur elle les foudres d’Asher. Dans un cas comme dans l’autre il y trouvait son compte.

Ici le jeune homme se trouvait  à une demoiselle, les femmes étant parmi les spécimens les plus coincés du monde, mais quelque chose faisait dire au jeune enseignant en herbe que son interlocutrice n’était pas aussi coincée que ses congénères. Certes ce n’était pas son introduction qui le montrait, mais elle désirait simplement se montrer polie à l’égard de quelqu’un qu’elle ne connaissait pas du tout. D’ici quelques heures, peut-être, se permettrait-elle quelques familiarités comme preuve d’une accoutumance à la présence de l’ancien nordien. L’effet Asher, comme on l’appelle.
Alors que le combat commençait à peine, la demoiselle fit montre d’une certaine inventivité en tentant de s’en prendre aux biens les plus précieux de son professeur à savoir ses bijoux de famille. Quoi ? Si vous n’êtes pas un homme vous ne pouvez pas comprendre !
Ayant rarement l’occasion de rencontrer quelqu’un de vicieux en combat, quelque d’aussi vicieux que lui en tout cas, nul besoin de dire que cette idée fit naître l’hilarité chez le jeune mercenaire qui fit encore plus surpris par la suite du speech de son élève. Est-ce qu’il s’était attendu à pareil mouvement ? La réponse ne tarda pas à venir :

« Si je m’y attendais ? Clairement pas, mais c’est ça qui est marrant ! D’habitude c’est plus moi qui donne des coups de ce genre. »

Le combat reprit son court et le moins que l’on puisse dire était que la demoiselle apprenait vite. Elle bloqua le premier mouvement du jeune homme comme celui-ci le lui avait montré quelques instants plus tôt, elle ne mima pas la geste qui suivit, celui ayant pour but de blesser en profitant de cette immobilité, mais l’idée était là. Elle se recula ensuite pour éviter le coup de tranche et, se contorsionna sur le côté, esquivant l’estoc tout en mimant un coup à la gorge. Esquive et frapper un point vital, l’explication avait été claire et la demoiselle l’avait appliquée à la lettre.

Hochant la tête pour signifier la fin de cette échange, il lui lâcha ensuite :

« Eh ben voilà ! Voilà de ce que je veux voir ! Pour l’esquive tu aurais aussi pu plonger en avant, en roulade, pour me taillader les jambes et me faire perdre mon équilibre mais c’est bien. Tu as préféré esquiver le coup plutôt que de le bloquer avec la force brute, c’est bien. »

Faisant quelques moulinets du poignet pour vérifier que sa prise était toujours bonne après le blocage de ton élève, le jeune professeur lui demanda :

« Au fait, j’ai une question qui a son importance. As-tu déjà tué quelqu’un ?  »

Avoir vu des horreurs, comme la mort, ne signifiait pas toujours y avoir participé activement. Cette question ne voulait peut-être rien dire pour le commun des mortels mais tous les entraînements du monde n’étaient rien sans la pratique. Savoir combien il était aisé d’enfoncer une lame dans de la chair, sentir le sang couler le sang de la lame ou de son poignet, sentir la vie quitter le corps de l’autre : rien ne saurait préparer un élève à cette épreuve.
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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Mer 13 Avr - 15:48

Il ne s’y attendait, c’était une plutôt bonne chose. Si j’avais pu prendre de court un homme aguerri, bien qu’il ait pu déjouer mon coup, c’était que je pourrai le refaire. C’était tout ce qui importait. Maintenant, je devais varier les attaques du genre, réfléchir aux autres points faibles flagrants, comme me le soulignait le seigneur face à moi. Je ne savais si son rire devait me rassurer ou me mettre encore plus mal à l’aise, mais au moins avais-je la preuve qu’il ne se prenait pas au sérieux, ainsi que celle qu’il ne se pensait pas au-dessus de moi. A moins qu’il ne veule endormir ma méfiance, pour me montrer de ne jamais me reposer sur mes lauriers. Peu importe. J’acquiesce, prête à une nouvelle leçon, à une nouvelle tentative de le bloquer, de l’attaquer ou de l’éviter, pour mieux prendre mon parti de ses gestes.

Observer et réagir promptement n’était pas le plus évident à faire, surtout alors que j’essayais de m’imaginer le résultat, en combat réel. Et la meilleure manière à adopter. Je n’aurai su dire si j’allais vers un échec certain ou une réussite partielle, mais je suivais mon instinct, et ne tentais pas une confrontation frontale. S’il m’épargnait un minimum, ça ne serait jamais le cas de ceux en face de moi. Eux, ils voudraient ou me posséder, ou bien me tuer, ou peut-être même les deux. Alors je devais jouer, me montrer inoffensive, rentrer dans leur jeu, et faire un coup de traitre.

Je n’appliquais toutefois pas exactement ça face à Asher Royce, me servant plutôt de ses mouvements comme il me l’avait indiqué, les faisant miens ou presque, pour me servir et le desservir. Je ne pus m’empêcher de sourire, en l’entendant.

« Je n’aurai jamais la même force qu’un homme. Leur opposer la mienne signifie courir à la mort, et je n’y tiens pas réellement. Pas du tout, même. Je ne vous aurai pas sollicité pour une telle leçon, qui sera suivie d’autres plus tard, je pense. »

Ou j’espérais, du moins. Peut-être estimerait-il que j’étais trop sûre de moi à ce sujet, mais on verrait. Dans le pire des cas, il me signalerait ne pas vouloir poursuivre. Qui savait quand cela pouvait être, de toute façon ? J’allais prochainement partir pour l’Ouest, puis ensuite rejoindre Ulwyck en mission. Je levais un regard surpris vers mon maître de combat improvisé, à sa question. Que répondre ? Sans doute comprendrait-il, si je n’étais pas sincère.

« Oui. À quelques reprises. »

Je n’étais pas obligée de lui raconter que c’était avec une arme considérée comme vile, et non en combat singulier ou loyal. Y accorderait-il réellement de l’importance, de toute façon ?


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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Mar 19 Avr - 0:01

En vérité même s’il ne l’avouait jamais vraiment le jeune homme trouvait qu’il y avait quelque chose d’assez frustrant dans ces sessions d’entraînements, si bien qu’il en venait à espérer participer à de véritables affrontements au cours de ses nombreuses patrouilles. Bien entendu il ne pouvait l’avouer en public car un homme bien élevé ne devait pas chercher volontairement les conflits, il devait protéger sa famille et sa patrie avant toute autre chose, mais cette frustration était présente à chaque fois qu’il brandissait une lame émoussée.  Le choc d’un corps contre un autre, le fracas assourdissant de deux lames l’une contre l’autre, la sueur perlant de son front à chaque instant de cet effort prolongé, les muscles qui brûlaient son corps de plus en plus à mesure que le combat s’éternisait, l’adrénaline courant à travers ses veines et son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine : tout était là pour le faire sentir plus vivant que jamais à chaque fois qu’il mettait sa vie en jeu.
Mais ici c’était différent, ici tout n’était pas qu’affaire de brutalité guerrière, de fourberie et de volonté de vivre, ici le jeune guerrier devait mesurer la vitesse  ainsi que la force et l’angle de chacun de ses mouvements afin de ne pas mortellement blesser son opposant comme il le ferait en d’autres circonstances. Oh bien sûr il était capable de lever le pied mais il n’aimait tout simplement pas le faire. Pas bien difficile à comprendre, non ?  Mais aujourd’hui c’était encore pire que d’habitude car il devait entraîner un membre du sexe faible. La plupart du temps les soldats étaient capables de supporter un certain nombre de ses assauts avant de se briser, ils avaient la carrure suffisante pour endurer ses attaques en tout cas, mais l’endurance n’était clairement pas le point faire des femmes aussi n’était-il pas très enjoué à l’idée de devoir prendre encore plus de précautions que d’habitude.

Et puis depuis quand était-il devenu baby-sitter de luxe ? Sa place était au côté d’autres hommes rustres et grossiers comme lui, au côté de ceux qui vivaient et mourraient par l’épée, pas à dorloter une enfant qui voulait manier une dague pour retarder de quelques jours le moment fatidique où elle serait acculée et violée par un groupe de gaillards puants et édentés.  

Lorsque la demoiselle évoqua tout d’abord la possibilité de prochaines leçons, Asher se contenta d’hocher discrètement de la tête sans forcément en dire plus, n’étant pas encore certain de la réponse il préférait ne pas trop s’avancer. Mais ce qui attira le plus l’attention du nordique pour de savoir que la demoiselle avait déjà ôté une vie et peut-être même senti du sang chaud couler sur ses mains.

« Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as senti la vie quitter le corps de ta victime ? Du dégoût ? De la panique ? Rien, peut-être ? »

Chaque personne réagissait différemment à sa première mort, les hommes se réfugiaient généralement dans l’intérieur d’une femme le plus vite possible mais, pour lever le voile sur cette étrange question, le jeune homme avoua finalement :

« Il n’y a pas de mauvaise réponse, j’aime simplement cerner la personne en face de moi pour pouvoir l’aiguiller plus simplement. »
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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Ven 22 Avr - 21:15

J’étais vraiment incapable de cerner le guerrier en face de moi, et pour une espionne habituée à savoir beaucoup de choses de ses cibles, y compris les choses les moins reluisantes à leur sujet, c’était assez déroutant. Je ne l’avais, en même temps, jamais espionné et n’avais pas réellement pris le temps d’en savoir plus à son sujet. Peut-être devrais-je réparer ça, à mon retour dans le Val. Si je reviens indemne. Je savais dangereux ce que je m’apprêtais à faire dans l’Ouest, mais être espionne sans affronter le danger revient à en être une plus que piètre. Enfin, là n’est pas ce à quoi je dois penser, mais à ce qu’il veut bien m’enseigner, et à l’aide qu’il veut bien m’apporter. Il a sûrement mieux à faire, et je ne peux assurément pas mentir en lui disant que la requête vient de la Reine régente ou même du Roi. Ça n’est pas du tout le cas, de toute façon.

Je m’attèle à le surprendre et à contrattaquer avec zèle, dans l’espoir de pouvoir avoir même une seconde le dessus. Peut-être suis-je trop empressée et ne vais-je pas y arriver, mais sans même essayer, je ne pourrai assurément pas y parvenir. Alors tant pis si je commets une erreur, il me la signalera. Je suppose.

Sauf que le sujet dévie rapidement vers un autre plus délicat. Je ne peux réellement tout lui confier sur moi, et mes activités. S’il savait… Il ne poserait pas les questions ainsi, n’est-ce pas ? Je ne sais pas trop, à vrai dire. Lady Royce lui aurait-elle dit ce qu’il en était ? J’arquais malgré moi un sourcil, alors qu’il poursuivait. Il ne s’interpellait pas du fait que j’ai tué des gens, alors que ce n’était pas une telle chose qui m’avait amenée auprès de lui. Et une jeune fille de bonne famille n’était pas un assassin. Mais peu importe, le moins étrange les choses lui sembleraient, le mieux ce serait pour moi.

« La satisfaction du devoir accompli. Je ne sais comment, mais je n’ai pas paniqué. Pas spécialement ai été dégoutée. Simplement satisfaite d’avoir pu mener à bien ce que j’avais à faire. »

Oui, ni plus ni moins. Rares étaient les fois où j’avais du tuer quelqu’un, bien qu’être espion et assassin aille de paire, mais je n’en avais jamais réellement perdu le sommeil. Ou alors je ne m’en souvenais plus.


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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   Mer 22 Juin - 2:00

Ce qu’il y avait de bien et d’amusant avec les jeunes d’aujourd’hui, du moins selon les yeux de l’ancien mercenaire, c’était de voir à quel point ils désiraient ardemment devenir les plus fines lames de ce monde sans pour autant être prêts à faire les sacrifices qui s’imposaient pour atteindre un tel niveau. Du résultat sans travail, n’était-ce pas assez triste ? Beaucoup passaient leurs vies entre les mains de leurs maîtres d’armes, à apprendre comment se tenir correctement et à bloquer des attaques encore et encore, à répéter inlassablement les mêmes mouvements jusqu’à ce qu’ils deviennent plus naturels. Presque tous étaient persuadés que tous ces entraînements suffisaient à faire d’eux des lames de renoms, ne manquant plus que des faits d’armes pour être reconnu à travers tout Westeros.
Bien sûr qu’une formation préalable était indispensable et posait de solides bases sur lesquelles un individu se reposerait pour la suite des évènements, mais rien ne valait la pratique ce qui était dommage pour ces jeunes individus qui, bien qu’impatients de combattre pour faire leurs preuves, finissaient par rencontrer un bien rapide et funeste destin à cause de leur propre empressement. Certains apprenaient plus vite que d’autres en ce monde et tous n’étaient pas égaux face à l’intelligence et au bon sens, Asher avait eu plus que son compte de jeunes partis trop tôt pour encore s’en émouvoir quand il en voyait un autre de plus s’ajouter à la liste.

Aujourd’hui le jeune homme faisait face à une demoiselle dont il ne savait presque rien à part le prénom et, en réalité, il doutait qu’apprendre quoi que ce soit de plus l’aide éventuellement dans la tâche qui lui incombait aujourd’hui. Il n’avait pas besoin de savoir ce que comptait faire cette demoiselle de la lame qu’il mettrait dans ses frêles mains, il lui importait peu de savoir si elle désirait se défendre ou bien tuer un amant un peu trop entreprenant et forçant dans son sommeil : ce qu’elle ferait de la lame qu’il lui apprendrait à manier ne regardait qu’elle et elle seule.

Si – suite aux premiers échanges – le jeune homme fut assez intrigué de voir que cette demoiselle ne cachait pas avoir accéléré le funeste destin de plusieurs personnes, chose que les demoiselles évitaient de dévoiler dans la mesure du possible, il fut davantage surpris par ce que la demoiselle ressentit au moment de porter le coup de grâce et l’instant d’après. D’ordinaire une personne pouvait être excitée – même sexuellement – par un meurtre, elle pouvait être attristée, coupable ou se mettait parfois à vomir en voyant le corps sans vie face à elle. Mais ici ? Ici Asher faisait face à une demoiselle chez qui le sens du devoir surpassait toutes ces petites considérations personnelles, ici l’ancien mercenaire se trouvait à côté d’une demoiselle pour qui la fin semblait justifier les moyens.

Était-il surpris ? C’était peu dire et, l’espace d’un instant, plusieurs questions pénétrèrent l’esprit du jeune homme sans arriver à s’y accrocher. Qui était sa toute première victime ? Pourquoi elle ? Qu’avait-elle dit juste avant de mourir ? Le genre de question qu’il pourrait se poser d’habitude, en somme, mais aujourd’hui il doutait que cela puisse avoir le moindre intérêt dans sa situation. Être curieux était une chose tout à fait naturelle mais il avait autre chose à faire que rester papoter, après cette séance plusieurs de ses hommes l’attendraient pour une autre session d’entraînement : autant finir ça, vite et bien.

Coupant court à la conversation sans la relancer avec une autre question, le jeune homme se remit à guider la demoiselle et les échanges, gagnant lentement en intensité, se poursuivirent pendant plusieurs poignées de minutes. La demoiselle se débrouillait relativement bien et avait la volonté d’apprendre, ce qui n’était pas un mal, mais ce n’était pas en une seule séance qu’elle pouvait espérer voir d’importants changements. Elle devrait prendre des leçons régulières pour s’améliorer, ou tout du moins pour se maintenir en forme, mais Asher doutait de pouvoir être là pour chacune d’entre elles.
Après quelques minutes il s’écarta enfin de la demoiselle en lui faisait un signe de la main pour signifier la fin de cet échange. Posant sa lame sur une table non loin de lui, il se tourna de nouveau vers son interlocutrice et conclut d’un :

« Ça ne m’a pas l’air trop mal pour aujourd’hui. Il faudra t’entraîner régulièrement si tu veux voir de réels progrès apparaître mais tu sembles sur la bonne voie.  »

Le jeune homme ne pouvait pas demander à cette femme de ressentir quelque chose quand elle tuait quelqu’un alors que lui-même tuait aussi facilement qu’il respirait, il ne pouvait demander à qui que ce soit de faire quelque chose dont il était incapable comme avoir des remords après avoir ôté une vie par exemple. Elle était maîtresse de ses choix et, à présent, elle seule déciderait comment elle ferait usage de la lame qu’elle porterait avec elle.

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MessageSujet: Re: On ne s'améliore qu'en s'entrainant. [Tour II - Terminé]   

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