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Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyLun 15 Fév - 23:35

En ces temps de fête, Lady Karstark se triturait l'esprit. Elle circulait d'un pas nerveux alors que les préparatifs de la fête en l'honneur des deux jeunes futurs époux allaient bon train dans Winterfell. Théa Karstark n'avait pas l'esprit à festoyer comme tous les autres. Son esprit torturé ne voyait que le sombre futur qui s'annonçait pour elle. Elle connaissait sa nièce Lynara et elle craignait que cette dernière ne veuille suivre sa cousine dans le Sud. La Brune avait déjà eu du mal à supporter la séparation qu'elle avait du admettre en laissant sa chère nièce rejoindre la demeure des Stark et le service de Jeyne.

Agacée par les autres, agacée par elle-même, Théa Karstark avait la mine encore plus grave que d'ordinaire si toute fois cela était possible. Elle devait s'aérer et vite avant que ses nerfs ne la lâchent. Elle se dirigea vers les appartements qu'elle occupait depuis son arrivée à Winterfell et griffonna un petit billet qu'elle fit parvenir jusqu'à Lady Corbois. Elle n'avait pas encore eu le temps de lui parler et une petite balade à cheval était sans aucun doute un moyen comme un autre de converser. La jeune femme ignorait encore le sujet dont elles allaient parler, mais peu importait. Elle se dirigea ensuite vers l'écurie et un palefrenier s'empressa de lui préparer un cheval. Théa soupira, même cela on ne lui permettait pas ou plus. Elle se contenta alors de simplement regarder l'homme faire. Et lorsque le cheval fut prêt, elle se mit en scelle. A cheval, elle attendit un petit moment pour permettre à son aînée d'arriver si le cœur lui en disait. Elle n'avait rien imposé à Nelya Corbois, simplement une invitation. Mais ce fut avec une pointe de soulagement dans l'âme qu'elle aperçue la femme marchant vers elle. « Lady Corbois, je vois que vous avez accepté mon invitation. » fit-elle sur un ton monocorde.

Serrant légèrement ses mollets sur son cheval, elle s'approcha de celle qui aurait pu être sa belle-sœur. « Je vous laisse vous mettre en scelle et nous pourrons partir. » Les doigts de la jeune femme jouaient allègrement dans les crains de l'animal alors qu'elle laissait tout le temps qu'elle désirait à Lady Corbois de préparer sa monture. Un coup de vent piquant la fit resserrer d'un geste vif, le nœud qui maintenait fermé sa cape grise sur ses épaules. « Le temps se rafraîchit vous ne trouvez pas ? » demanda-t--elle remarquer comme pour briser un silence qui la pesait bien trop.
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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyMer 17 Fév - 1:02

L’effervescence ambiante, à si peu de temps du mariage, mettait mon calme à rudes épreuves. Voir courir dans tous les sens, les Dames s’affoler et s’émouvoir, les serviteurs se hâter… c’était tout simplement usant. Et m’occuper du domaine à distance ne me prenait malheureusement pas tant de temps que cela. Ou heureusement effectivement. Tout allait bien, et c’était fort bien.
Je passais donc mes matinées à m’occuper des missives et la gestion. Et j’essayais l’après-midi de m’occuper des enfants. Mais même eux n’avaient que guère besoin de moi actuellement, bien trop heureux d’avoir tant d’autres enfants à leurs côtés, sans même parler de ma famille qui les gâtait beaucoup à mon goût. Ma mère était tellement heureuse de les avoir, qu’elle passait son temps avec eux. Et je ne pouvais lui faire quelques reproches, pas alors qu’elle ne les voyait que rarement, pas alors qu’elle venait de perdre son époux. Mon père. C’était douloureux. Mais cela devrait me l’être beaucoup plus, n’est-ce pas ? Sans doute. Mais je savais faire semblant et après tout, je n’avais jamais été fort proche de mon père. Sans parler qu’il était mort de la façon dont il le souhaitait sans aucun doute. Est-ce important ? Devrais-je me sentir coupable de ne pas être davantage triste ou autre ? Non. Les morts font partie courante de notre vie ici. La douleur finissait par s’atténuer, puis disparaître. Ou presque.

Je soupire, avant de regarder une nouvelle fois le billet que l’on vient de me remettre. Lady Théa Karstark. Celle des fiançailles avortées d’Arrun ? Je hausse un sourcil, dubitative, avant de me changer afin d’enfiler une tenue adéquate. Une promenade à cheval, quelle idée saugrenue pour avoir une conversation. Mais soit. Discuter de quoi par ailleurs ? De ses fiançailles ? Quoi d’autres ? Mais que pourrait-elle donc me demander à moi ? Enfin, mettons qu’elle veuille me voir moi. C’est la tante de la princesse, c’est une Karstark, et je suppose qu’aller prendre l’air ne me fera point de mal. Il est encore tôt, j’ai toute l’après-midi de libre, alors profitons.

Je la vois déjà à cheval alors que je sors, après avoir demandé qu’on m’amène ma jument. Je lui souris et m’approche, inclinant la tête alors qu’elle reste sur sa monture. Se pense-t-elle donc si importante qu’elle n’estime pas nécessaire de me faire face pour me saluer ?

« Bonjour Lady Karstark. Il aurait été dommage de ne point profiter d’un si bel après-midi... »

J’en viens à me demander si l’interruption des négociations pour un possible mariage était réellement une mauvaise chose. Si elle est aussi enjouée de base, elle deviendrait désolante sur l’ile… Je ne sais pas qui j’aurais plaint le plus dans l’histoire, d’elle ou d’Arrun… Bon, si, mon frère certainement.
On m’amène Ilinka et je monte rapidement dessus. Je ne suis certainement pas la meilleure cavalière, ce n’est point mon sport favori, mais je me débrouille relativement bien. Je resserre ma cape avant de tourner ma monture d’un geste de la main.
J’esquisse un sourire en l’observant.

« Nous retrouverons le soleil bien rapidement ne vous en faites pas. Mais oui, il fait frais aujourd’hui. »

Je fais avancer Ilinka, sortant de la forteresse, nos gardes nous suivant un peu en arrière. Elle a l’air si froide, si… triste et si acariâtre… Je sais que c’est une Karstark, mais tout de même… Arrun devrait vivre avec… ça ? Enfin, cela ne me regarde aucunement, et si cela permet d’avoir plus d’influence après tout…

« Je suis ravie de pouvoir profiter d’un moment à vos côtés Lady. D’autant plus que vous ne devez guère avoir de temps de libre pourtant, avec le mariage de votre nièce qui approche si rapidement. »

Je lui souris, avant de me faire soucieuse.

« J’ai croisé votre frère ainé, Lord Arnaut, je n’ai guère eu le temps d’échanger avec lui, mais il avait l’air de se remettre de sa blessure… Mais votre neveu a été blessé assez grièvement également, n’est-ce pas ? Va-t-il mieux ? »

Quoique si ce n’était le cas, cela résoudrait rapidement le futur problème d’héritage entre les deux jumeaux.


La norme est ennuyeuse. Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais.

Spoiler:
 
Nelya Omble

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Lady de la Maison Corbois
Âge du Personnage: 34 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
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Membre du mois : 8
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Caractère : Exubérante –manipulatrice – égoïste – hédoniste – affranchie – superficielle – intelligente – arrogante – sûre d'elle – ambitieuse
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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyJeu 18 Fév - 0:04

Théa Karstark avait regardé s'approcher Lady Corbois. Elle n'était pas descendue de cheval et au vu de la réaction de sa camarade cela avait du la déranger. Pourtant, Lady Karstark ne se sentait pas supérieure à elle. Non elle avait juste juger que c'était une perte de temps dans la mesure où la jeune femme allait la rejoindre à cheval d'ici peu. Alors, oui, elle était restée en scelle et s'était contentée de la regarder monter à son tour sur sa jument. La réponse de la Corbois arracha un rictus. Profiter de cet après-midi, elle se serait bien occupée autrement, mais certaines choses n'attendaient pas. Et elle devait bien avouer que l'avenir de Lyana en faisait parti. Elle ne comptait pas retarder sa demande outre mesure. Garder Lyana auprès d'elle, elle le voulait tellement et pourtant elle savait aussi que si son beau-frère en décidait autrement ou si cette dernière en faisait la demande, elle n'aurai pas le courage de la retenir dans le Nord. Oh elle essayerait bien un peu mais elle lâcherait les armes bien trop vite.  Et puis Nelya Corbois  esquisse un sourire avant de de tenter de rassurer sa cadette sur le retour du soleil. Le soleil, Théa Karstark soupire. Son soleil, son seul soleil, elle l'a perdue il y a 8 ans, on ne lui rendra jamais à moins qu'elle en le rejoigne elle-même. Alors Théa Karstark ne répond rien. Elle se contente de suivre Lady Corbois lorsque cette dernière amorce leur sortie de la forteresse. Théa regarda en arrière et remarqua que leurs gens les suivaient de loin. La jeune femme fronça les sourcils. Décidément elle ne les sèmera donc jamais. Alors la jeune femme augmente la cadence. Ce dont elle voulait entretenir Lady Corbois ne regardait qu'elles deux. Elle ne comptait pas des oreilles indiscrètes entendre le moindre mot de leur conversation. Lady Corbois fi part à la jeune femme son contentement de se trouver à ses côtés. Curieux, Théa la fixa un petit instant avant de détourner son regard. Un nouveau rictus vint se dessiner sur ses lèvres lorsqu'il fut question du mariage e Jeyne, sa nièce. Et elle ne pu retenir ce qui pouvait presque s'apparenter à un petit rire ironique. « Ah ah, non je ne suis pas si occupée par ce mariage. Et si ça ne tenait qu'à moi... » Si cela ne tenait qu'à elle, que devait-elle dire ? Devait-elle dire qu'elle aurait déjà marier et envoyer loin du Nord sa nièce pour ne plus voir ce visage trop ressemblant à sa sœur. Devait-elle dire que malgré elle, malgré ce sentiment de ne plus la voir, elle l'aurait sans aucun doute confinée dans sa chambre la gardant auprès d'elle. Mais non, elle fit aucun commentaire à ce sujet. Elle ne fit que reprendre. « Quoi qu'il en soit ce que je pense de ce mariage, notre roi n'en tiendra pas compte. Ses décisions sont toujours irrévocables. »

Théa Karstark se tut un moment. Elle accéléra le pas de son cheval. Et finalement la discussion prit un tournant auquel elle ne s'attendait pas, sa famille. Ainsi Lady Corbois avait donc croisé Arnaut, son frère aîné. Elle n'avait pas eu vraiment le temps de lui parler. Était-ce une bonne chose, Théa n'aurait su le dire. Quoi qu'il en soit, elle semblait se soucier de sa santé, tout comme de celle de son neveu également blessé. Le visage de la Brune s’assombrit si cela était encore possible. Ses traits s’affaissèrent légèrement.

« Arnaut s'en remet assez bien, oui merci. Pour ce qu'il en est de mon neveu, sa blessure n'était pas très jolie mais de ce que je sais il ne rejoindra pas dans ces prochains jours sa chère tante, fort heureusement. Je ne sais comment je supporterai de les perdre tous les deux. Mais ma famille n'est pas si mal loger. Il y a eu tant de morts, tant de familles touchées. J'aurai vraiment aimé que cette confrontassions n'ait pas lieu. »

La jeune femme marqua un pause. Elle arrêta son cheval et le laissa brouter le peu qu'il pouvait. Elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule. Ceux qui les suivaient étaient encore à une bonne distance. De toute façon le regard qu'elle leur lança les dissuada rapidement de se rapprocher d'elles. Alors elle poursuivit.

« Je suis touchée que vous vous souciez de la santé des membres de ma famille. Cependant je ne vous ai pas demandé de venir pour vous parler d'eux. J'ai ouï dire que vous étiez proche de mon beau-frère autrefois et que vous l'êtes toujours Lady Corbois. Est-ce bien le cas ? » Demanda-t-elle sans détour. Théa Karstark n'avait pas pour habitude d'envelopper ses paroles d'un délicieux petit écrin de velours. Elle parlait toujours ainsi, avec cette franchise qui ne la quittait jamais.
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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyMer 24 Fév - 20:11

Elle ne répond rien. Peut-être n’y a-t-il rien à répondre. Ou peut-être est-ce simplement qu’elle est aussi morne qu’elle le paraît. Mais même si elle est aussi accablée et triste qu’il me semble, manquait ainsi aux politesses n’est point une tactique très maligne. Je n’en prendrais point ombrage, pour le moment, mais tout le monde n’est pas aussi obligeant que je peux l’être.
Je reste un instant à l’observer alors qu’elle accélère le pas de sa monture. Pense-t-elle donc pouvoir semer mes gardes ? Croit-elle que je le veuille ? Et pourquoi ? Si elle n’a pas confiance en ses hommes qu’elle y remédie, quant à moi, j’ai confiance dans les miens. Jusqu’à un certain point certes. Faisant claquer ma langue, je resserre les mollets et la rattrape malgré tout. Connaître le pourquoi m’intéresse au final bien davantage que le reste.

Je lui souris alors qu’elle me dévisage. Est-ce si surprenant que l’on puisse être heureux de profiter de sa compagnie ? Je tourne la tête vers elle, haussant un sourcil à son rire. Si cela ne tenait qu’à elle… ? Certes, je sais que certains nobles sont opposés à ce mariage. D’autant plus que l’Ouest soutient financièrement Harren, ce n’est point un secret. Tous aussi sots les uns que les autres. Mais elle… était-ce pour cette raison ? Ou parce que sa nièce était ainsi vendue pour sceller l’alliance des deux royaumes ? Ce serait stupide, c’est le sort de toute femme, pour peu que l’on ne prenne pas les devants… Je ne peux m’empêcher de sourire à sa remarque et à son ton. Sourire que je camoufle bien rapidement avant qu’elle ne puisse le voir, reprenant un ton plus bas.

« Il s’agit du roi. Il fait ce qu’il y a de mieux pour le royaume, comme toujours Lady. .» Je hausse les épaules. « Il écoute pourtant les doléances que l’on peut lui adresser…
Même si dans le cas présent, effectivement, il n’en tiendra point compte. Cette alliance est construite depuis des mois. Et les Dieux savent que nous avons besoin d’alliés… Qui plus est, dans le cas présent, il s’agit de sa propre fille. Il ne doit guère être plus évident pour lui de se séparer d’elle…
Qu’auriez-vous donc à dire quand bien même vous faites partie de sa famille ? »


Qu’elle est étrange. La voilà qui accélère à nouveau. Et je ne sais toujours pas quelle mouche l’a piqué de me mander moi personnellement pour cette balade. Ce n’est pas comme si nous étions amies, nous nous connaissons à peine. Mais en douce et bienveillante Dame, je m’enquiers de la santé des siens. Comme si cela pouvait réellement m’intéresser. Mais les apparences, toujours les apparences… Je la regarde, et son air maussade illuminerait presque ma journée. C’est toujours mieux que de déprimer à mon tour par sa faute… Et il est toujours amusant de voir à quel point les gens peuvent se rendre malade pour si peu de choses. Elle, elle semble porter le poids du monde sur ses frêles épaules.
Je fronce légèrement les sourcils. Sa tante ? Ah… Est-ce donc une partie du problème ? La regrettée reine du Nord ? Peut-être bien. Même si s’enliser dans une telle tristesse au bout de 8 ans me parait plus qu’absurde.

« Je suis heureuse pour vous que votre neveu se remette convenablement. Il est vrai que des blessures peuvent sembler légères comparés à d’autres qui ont perdu des membres de leur famille. » Devrais-je lui mentionner mon père ? Je réprime mon sourire qui serait fort déplacé. « Mais cela n’est point évident pour autant, surtout lorsqu’il s’agit ‘d’enfants’. Je vous avoue que je ne sais comment j’aurais réagi si j’avais perdu mon fils... »

Et pour le coup, j’étais on ne peut plus sincère. Mes enfants étaient bien la seule chose qui m’importait réellement. Avec ma propre personne évidemment.

« Concernant cette bataille, elle était inévitable. Les sauvageons devenaient de plus en plus hardis dans leur entreprise. Qu’ils aient osé franchir le Mur en si grand nombre… »

Ce n’était guère bon signe. Et de ce que j’entendais provenant de chez moi, rien de tout ceci n’était rassurant, et depuis de longs mois. Enfin, d’un autre côté, l’ile avait souvent été le premier rempart contre ceux qui dépassaient les limites…
Je m’arrête à ses côtés, laissant légèrement pendre les rênes d’Ilinka, avant de me tourner vers elle. Ah. Entrons dans le vif du sujet. J’incline la tête à ses paroles, avant de la fixer. Une proche de… c’est amusant. Un léger sourire apparait sur mon visage, bien que je m’efforce de ne point le faire trop grand. Et bien. Moi qui attendait de savoir pourquoi elle tenait tant à ma compagnie aujourd’hui… Je me redresse et la dévisage, en acquiesçant légèrement.

« Je l’ai connu enfant, alors qu’il venait combattre les sauvageons avec ses frères sur l’ile effectivement. Même s’il était davantage proche à l’époque de mon frère aîné que de moi-même. » Pieu mensonge. « Quant à l’être toujours… Je lui ai parlé récemment il est vrai, et j’ai passé en sa compagnie une agréable soirée, en nous remémorant nos êtres chers et nos jeux d’enfants.
Je suppose que je peux donc toujours me targuer d’être considérée comme une de ses amies. »


Et si ce n’est point le cas, elle ne le sait visiblement pas. Mais après tout, je ne suis pas si loin de la vérité. Je la fixe et secoue doucement la tête.

« Pourquoi cette question Lady Karstark ? » Je lui souris. « Vous êtes sa belle-sœur. Il vous écoutera tout autant que moi, si ce n’est plus si vous avez quelque chose à lui demander. »

Dis-moi pourquoi cela t’intéresse. Dis-moi donc pourquoi tu ne peux lui faire face.


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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyVen 26 Fév - 0:57

Nelya lui sourit lorsqu'elle lui parle de compagnie. Théa avait dû mal à comprendre. Peu de personne aimait sa compagnie et à dire vrai, elle n'aimait pas beaucoup celle des autres. Elle préférait et de loin rester seule dans sa chambre ou partir en balade à cheval. Elle était bonne cavalière et c'était une manière comme une autre de s'évader. Oh bien sûr il y avait toujours deux ou trois garde pour l'accompagner, mais ils restaient un peu derrière elle. Ils n'étaient pas envahissant et elle leur en était gré. Lady Corbois lui répondit au sujet du roi, haussa les épaules et finit par lui demander ce qu'elle aurait bien à redire à propos de ce mariage. « Beaucoup de choses, beaucoup.... » souffla-t-elle à mi-mot. Oh oui tellement de choses. Elle pourrait dire qu'elle aimerai garder un peu juste un peu plus longtemps Jeyne auprès d'elle. Qu'elle n'était encore qu'une adolescente tout juste sortie de l'enfance. Qu'il était trop tôt pour la marier ainsi aux lions. Les lions, ils sont dangereux. Ils traitent avec Harren le Noir, tout le monde le sait. Oui c'était une partie de ce qu'elle pourrait dire à ce sujet et il y avait encore tellement plus. Mais elle ne dirait rien. Autant ne pas accabler Torrhen Stark de la sorte.

Un voile sombre était passé sur le visage de la jeune femme à l'évocation des blessés. Son neveu, son frère aîné. Et Lady Corbois qui se demandait comment elle aurait réagit si cela était arrivé à son fils. Son fils, et elle, elle n'en avait pas de fils. Non elle reportait tout son amour sur les autres. Mais parfois elle aurait aimé en avoir un de fils. Avoir les joie d'être mère. Elle l'avait vu brillé cette lueur dans le regard de sa sœur, dans celui de sa belle-sœur. Et elle dans tout cela, elle n'avait rien. Mais serait-elle seulement un jour capable d'aimer ? Son cœur était si froid, elle l'avait rendu si froid, si inaccessible. Perdue dans ses pensées, Nelya Corbois la tira vers la réalité en reprenant le sujet des batailles. Une confrontation inévitable, oui sûrement, elle avait sans aucun doute raison. Ce n'était guère rassurant de savoir les sauvageons près à franchir le mur. Fort heureusement, on pouvait supposer que la dernière campagne en dissuaderait plus d'un de retenter l'aventure.

Finalement, Théa Karstark s'était arrêtée. Elle avait commencé à expliquer la raison de sa demande. Mais le comportement de Lady Corbois la fit grimacer. Qu'avait-elle dit de si risible pour que la femme se mettait à sourire ? Était-ce donc si drôle que cela ? Elle la regarda se redresser, fière et incliner la tête pour répondre positivement à sa demande. Ainsi elle ne s'était pas trompée. Théa l'écoutait en caressant l'encolure de son cheval. Étrange que d'avoir l'impression d'en apprendre d'avantage sur une personne en si peu de temps alors qu'elle est si proche de vous.

« Je vois vous en êtes donc assez proche tout de même. Ce que j'avais pu entendre à voter sujet était donc fondée. J'en suis pour ainsi dire assez satisfaite. »

Son timbre de voix n'était pas chaleureux. Mais au moins il était peut-être un peu moins mordant qu'au début de la conversion ce qui en soit était tout de même une belle amélioration. Et puis la question tomba. Pourquoi lui avait-elle demandé de venir ? Pourquoi ne pouvait-elle pas parler plus librement à Torrhen ? Théa Karsatark se redressa un peu. Elle posa son regard tout autour d'elle. Et finalement elle descendit de cheval. Elle laissa l'animal brouté tranquillement et s'avança vers un arbre au bord du chemin. Elle laissa ses doigts effleurer son tronc. Doucement comme une caresse, elle se tourna vers la brune encore à cheval.

« Vous avez dû en entendre parler de ma relation avec Torrhen Stark. Je pourrai effectivement lui parler de pleins de choses. Cependant, le ton monterait inéluctablement entre nous. Nos rapports ont toujours été délicats. Et pour l'affaire dont je vais vous entretenir, il faudra bien plus de finesse que j'en suis capable en sa présence. Je suis peut-être sa belle-sœur mais nos conversations aussi froides que la glace. C'est pour cela que j'aimerai que ce soit vous qui lui en parliez. Vous serez peut-être bien plus diplomate que moi et vous le connaissez mieux que moi. Après tout ce temps je me rends bien compte que j'ai dressé entre lui et moi une barrière qui mettra du temps avant de disparaître. »

Elle parlait comme s'il était le seul concerné. C'était faux. Elle l'avait dressé pour ainsi dire entre elle et toutes les personnes auxquelles elle pouvait s'attacher. Torrhen Stark n'en faisait par conséquent pas exception.
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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyDim 6 Mar - 1:35

Je la dévisage, la tête légèrement penchée sur le côté alors qu’elle parle du mariage de la princesse Jeyne. Qu’aurait-elle donc dit si cela ne tenait qu’à elle ? Je connaissais bien des raisons que l’on aurait pu y opposer, justifiée ou non, mais apprendre celles particulières à chacun permettait d’apprendre beaucoup. Et j’étais curieuse de connaître les siennes, belle-sœur du roi. Je me redresse alors qu’elle se contente de murmurer quelques mots. Soit, cela aurait été trop facile de l’apprendre ainsi je suppose.

Alors je joue le jeu. La partition est facile, elle se répète sans cesse. La guerre, la famille, les inquiétudes et les peurs. Il est aisé d’interroger et de s’inquiéter à ce sujet. Je me soucie de mon fils, je me soucie des miens, et encore, la mort de Lucan, la mort de mon père sont sans doute bien loin de m’avoir attristé autant qu’il le faudrait. Mais cela importe-t-il aux autres ? Je doute que beaucoup auraient réellement pleuré Benjen s’il lui était arrivé malheur. Mon père bien davantage, il avait combattu aux côtés d’innombrables compagnons, il avait connu des multitudes de combats et de victoires. Et quand bien même, en sont-ils réellement tristes, dans ce royaume de guerre et de sang qui est le nôtre ?

Elle finit par se décider et par me poser la question qui la taraude. Enfin, la première d’une longue liste je suppose. La vérité, que j’ai été bien plus proche du roi que je ne l’aurais dû, n’est pas réellement loin de ce que j’avoue. Quelques mots détournés. Quelques paroles déviées. Rien n’est plus facile que de mentir en se rapprochant de la vérité. Les jeux d’enfants ont simplement un goût différent dans ma bouche que dans la sienne. Quant à être proche de ce qu’est devenu Torrhen Stark… Mais cela, elle n’a aucunement besoin de le savoir.
Mais la question la plus intéressante à mes yeux est celle que je lui pose, souriant légèrement, comme si ce n’était guère important. L’est-ce ? Peut-être, elle seule peut me le confier. Je lui souris et hausse les sourcils, interrogative. Satisfaite ? De me savoir encore assez familière du roi ? Toujours est-il qu’elle semble en effet satisfaite.

Je l’observe alors qu’elle se redresse et fouille les environs du regard. Tant de secrets… Elle descend de cheval et fait quelques pas alors que je l’observe. Elle me regarde à nouveau et se lance. Ou pas. Tant de précautions et d’enrobages… Je caresse Ilinka, les sourcils légèrement froncés, alors qu’elle m’explique ses difficultés à communiquer avec lui. Je sourirais presque. Croit-elle être la seule ? Peut-être est-ce encore plus difficile pour elle, mais je doute sincèrement qu’elle soit seule responsable. Il est, de ce que j’ai pu voir, aussi froid que marmoréen. Bien loin de celui que j’ai apprécié autrefois.
Je descends de mon cheval et me dirige vers elle.

« Je ne prête guère attention aux rumeurs, et je vous avoue humblement que je ne vous ai point observé en sa compagnie. Je vous crois donc sur parole lorsque vous mentionnez cette… difficulté d’entente. »

Je secoue la tête, les yeux toujours fixés sur elle.

« Attendez-vous de moi que je lui parle d’un sujet important vous concernant ? Je doute que cela soit fort approprié de s’en remettre ainsi à une tierce personne, quand bien même soit-elle plus diplomate que vous. Pourquoi ne pas lui parler ouvertement et essayer de… d’abattre cette barrière comme vous dites ? »

Je lui souris doucement. Quoiqu’évidemment, je ne saurais alors qu’elle est cette affaire qui semble si secrète et importante à ses yeux.

« Si vous me disiez de quoi il s’agit, peut-être saurais-je vous conseiller ou vous soutenir d’une quelconque façon ?
Et ii vous y tenez réellement, je pourrais effectivement demander audience à Torrhen et échanger avec lui pour vous aider. Mais pour cela je dois savoir de quoi il s’agit, je ne peux m’engager à vous assister sans connaître les tenants et les aboutissants. »


Doux sourire et légère inquiétude toujours présents. Prénom lâché innocemment comme en parlant d’un vieil ami intime. Qu’il n’était ma foi plus. Mais elle était la seule à entendre n’est-ce pas. La curiosité est un vilain défaut. Tout autant que les cachotteries si vous voulez mon avis…


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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptySam 16 Avr - 15:26

Théa attendait les remarques de son interlocutrice. Elle fixait la Brune et ne disait rien. De temps en temps, elle regardait son cheval et les gardes au loin. Ils étaient restés à une bonne distance. Ils avaient bien fait, Lady Karstark n'aurait pas manqué de leur faire une remarque cinglante dans le cas contraire. Enfin Lady Corbois sembla se décider. Elle descendit de cheval et se dirigea vers elle. Elle la regarda et lui avoua qu'elle ne prêtait que guère attention aux rumeurs et murmures. Plus que cela, elle lui annonça qu'elle la croyait sur parole. Il aurai plus manqué que ce ne fut pas le cas. Théa Karstark passa une main dans ses cheveux.

« Je vous en remercie, Lady Corbois. Je me voyais mal argumenter sur ce sujet. Les faits sont les faits. » fit la jeune femme un brin soulagée. Et si le timbre de sa voix ne le laissait pas paraître, les traits de son visage, eux s'étaient légèrement détendus. Une voix froide, d'outre-tombe, elle lui était si caractéristique. Alors il fallait apprendre à décrypter les traits de son visage. Sa famille l'avait vite appris et quant aux autres, ils s'adaptaient il fallait croire. Mais parfois la chaleur de sa voix revenait un peu, discrète, infime en présence de quelques personnes. Puis Nelya Corbois secoua la tête en la fixant toujours avant de reprendre. Mais alors que Lady Karstark pensait que la Brune allait véritablement l'aider, elle semblait faire machine arrière. Elle revenait sur ce problème de communication. Elle remettait presque en question la décision de sa cadette. Ce n'était pas une question de bon ou de mauvais choix, Lady Karstark ne l'avait tout simplement pas, ce choix. L'enjeu était trop important pour qu'elle s'en charge elle-même. Si elle voulait avoir la moindre chance de faire entendre sa position au sujet de Lynara, elle ne devait pas parler à Torrhen. C'était peut-être risquer de s'en remettre à une autre, mais Théa l'avait choisi. Et puis ce n'était pas n'importe qui. Lady Corbois avait encore de l'influence sur le roi du Nord, elle venait même de le lui confirmer. Théa Karstark soupira.

« Je vous ai dis pourquoi je ne peux pas m'entretenir avec Torrhen Stark. Et par ailleurs, ce sujet ne me concerne pas entièrement. C'est pour cela que je ne préfère pas lui demander moi-même. Il trouvera sûrement la démarche incongru, il aurait sûrement des reproches à me faire parce que je ne lui demande pas moi-même et je l'assume parfaitement. Il dira sûrement qu'une Lady du Nord fait face en toute circonstance. Mais c'est une bataille que je ne veux pas mener, pas face à lui. » Théa Karstark s'arrêta un instant et puis elle reprit un ton plus bas, presque sur le ton de la confidence.

« Les tenants et les aboutissants... Lady Corbois vous avez des enfants, êtes-vous prête à les laisser partir loin de vous, surtout votre fille ? Moi je n'ai pas d'enfant mais je vis pour les membres de ma famille. Ils me maintiennent la tête hors de l'eau. C'est grâce à eux que je ne sombre pas dans le froid de la mort. La mort, elle est pourtant si douce vous ne trouvez pas, Lady Corbois ?
Je n'arrive pas à accepter que les membres de ma famille s'éloigne de moi. Je ne l'ai pas accepté  pour ma sœur et je n'arrive pas à m'y résoudre pour mes nièces. »
ajouta Lady Karstark l'air sombre. Le sujet était presque tombé, enfin. Théa Karstark fixait son cheval du regard ne voulant pas encore croiser celui de Lady Corbois.


Dernière édition par Théa Karstark le Jeu 28 Avr - 15:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyMar 26 Avr - 19:12

Je l’observe alors qu’elle cherche ses mots et semble essayer de gratter quelque peu la surface concernant ma relation avec Tohhren Stark. Pourtant, ce n’est pas pour essayer de découvrir quelques secrets à mon sujet, ou alors n’est-elle réellement pas douée, et honnêtement, elle ne pourrait guère en faire usage. D’un autre côté, elle ne me connait pas et peut-être s’imagine-t-elle pouvoir en faire quelque chose. Mais non, ce n’est point cela. Elle parait réellement attendre que je puisse faire moi quelque chose pour elle. Et je trouve cela follement amusant. C’est fou ce que le gens s’imaginent et vous confient lorsqu’ils s’imaginent que vous avez quelques pouvoirs ou connaissances.
Je lui souris doucement. Elle venait d’avouer ne pas s’entendre avec son ex-beau-frère, le roi du Nord. A moins que sa demande ne soit si saugrenue qu’elle ne puisse en parler directement, je ne voyais nulle raison de douter de ses déclarations.  Et si c’était effectivement le cas, si sa requête était absurde, je ne prendrais certainement pas le risque d’en parler non plus c’était évident. Je la dévisage, alors qu’elle semble légèrement se détendre. Même si sa voix reste toujours aussi déprimante.
Et si elle essaie de m’expliquer pourquoi elle ne peut en parler directement, elle ne m’offre pas davantage de renseignements quant au reste. Je dois pousser et forcer quelques peu ses paroles supplémentaires et un début d’explication.

« S’il ne vous concerne pas entièrement… Pourquoi ne pas voir avec ceux qui sont donc concernés ? Il risque de trouver cela encore plus incongru si c’est amener par une tierce personne non ?
Mais soit. Je vous écoute. J’essayerais de lui faire entendre votre sollicitation. »


Je hausse légèrement les sourcils et la fixe alors qu’elle reprend. Je me retiens de sourire, voir même de rire. Qu’elle est singulière. La mort douce ? Mais dans quel doux conte vivait-elle ? Je parviens à rester impassible, ce qui démontre la maîtrise que j’ai de moi-même, puisse n’en déplaire à certains. Et elle évite mon regard. Tant de faiblesses… il n’était pas étonnant qu’elle n’ose affronter Tohrren Stark si elle n’osait déjà m’affronter moi, alors même qu’elle quêtait mon assistance. Quant à préférer la mort car ses nièces partaient…

« Etes-vous en train de faire allusion à la princesse Jeyne ? Et à sa cousine peut-être ? » J’incline la tête.  « Elles vivent à Winterfell depuis de nombreuses années, alors que vous-même étiez à Karhold si je ne m’abuse n’est-ce pas ? Certes, elles s’éloignent davantage, mais on ne peut pas dire que vous étiez proche d’elles… Ou si vous viviez effectivement  pour elles, c’était déjà à distance… »

Je la dévisage.

« Et c’est peut-être justement parce que vous n’avez point d’enfant que vous ne saisissez pas. Le seul devoir que l’on a envers eux est d’être présent lorsqu’ils sont jeunes et qu’ils ont besoin de nous. La seule chose que nous pouvons faire est de leur offrir assez d’armes et de ressources, pour qu’ils sachent se défendre et affronter la vie une fois adulte.
Alors pour répondre à votre question, oui, je serais prête à les laisser partir. Et pour être tout à fait franche, je serais la première à pousser mes enfants loin de moi si cela peut assurer leur avenir. »


Je secoue la tête et mon sourire que j’avais retenu jusque-là fait surface.

« Et si vous pensez la mort est douce, alors vous vivez bien loin  de notre monde Lady Karstark. Avez-vous déjà quelqu’un s’éteindre devant vous ? Je peux vous assurer que rien n’est plus répugnant que quelqu’un qui se meurt.
La mort n’est que brutalité et vide. Elle prend tout et ne laisse rien. Et d’ici quelques années, tous les hommes morts pour nous protéger ne seront que des noms sur du parchemin, personne ne se souviendra d’eux. Vous voulez les rejoindre et sombrer avec eux ? Vous me voyez navrée pour vous si votre vie n’a aucun intérêt supplémentaire que celle de veiller de loin sur quelques parents éloignées. »
Dure ? Si peu… « Vous voulez une raison de vous maintenir la tête hors de l’eau ? Elles foisonnent autour de nous, il vous suffit d’y réfléchir. Sortez. Rencontrez des gens. Occupez-vous des malheureux. Trouvez-vous un époux. Que sais-je. Vous êtes jeune, vous êtes belle, vous êtes malgré tout assez intelligente n’est-ce pas ?, vous venez d’une famille honorable. Les possibilités d’être heureuse ne sont pas ce qui vous manque. Que vous soyez sotte au point de vous complaire dans votre malheur est affligeant. Vouloir empêcher vos nièces de vivre leur propre vie n’est qu’égoïsme puéril et ridicule. »

Je secoue la tête et inspire.

« Si vous espériez trouver quelqu’un qui aille pleurer auprès du roi votre cause pour que votre pauvre nièce reste enfermée ici avec vous, vous êtes fort mal tombé ma dame.
Si avez besoin de moi pour vous aider à trouver de quoi vous réjouir quelque peu, peut-être pourrions-nous nous entendre. Mais cela ne dépend que de vous Lady Karstark. »


Franchement, j’étais déjà épuisée de tant de fadaises. Qu’elle s’offense, se fâche, se renferme davantage, m’importe peu. Je suis déjà bien généreuse de lui proposer un quelconque renfort…


La norme est ennuyeuse. Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais.

Spoiler:
 
Nelya Omble

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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyMar 10 Mai - 22:21

Théa ne la regardait toujours pas. Elle craignait son regard, cet air de reproches qu'elle lisait bien trop souvent dans les yeux des autres. Ils ne comprenaient pas, ils ne voulaient pas comprendre. Ils étaient tous là, à la juger, à la confondre en rapproches et à lui dire qu'elle devrait passer à autre chose depuis le temps. Mais elle n'y arrivait pas, ou alors ne voulait pas y arriver. Parce que passer à autre chose, mais à quoi ? C'était l'inconnu, un monde qu'elle ne connaissait plus, qu'elle avait oublié, enfermé dans son esprit. Un monde dont elle s'interdisait de franchir les portes. Sigyn était parti si jeune, elle n'avait rien demandé, et elle, celle qui avait presque maudit son beau-frère de n'être pas seulement son souverain, elle, elle vivait toujours. Elle avait toujours survécu, toujours. Alors oui, au fond c'était peut-être cela. Une punition qu'elle s'imposait et qu'elle imposait aussi aux autres. Froide distante, si elle venait à quitter les terres du Nord, ceux qui l'entourait ne souffriraient pas autant qu'elle. Pas d'attache, pas de tendresse, tout cela amène à une tristesse dévastatrice. Alors lady Karstark ne releva pas la remarque de Lady Corbois. Elle avait peut-être un peu raison et c'était sans aucun doute cela le plus dérangeant. Sa requête la touchait mais concernait avant tout ses nièces et surtout Lynara, pas elle, l' «Ombre de Karhold». Mais comment faire comprendre que tout ce qui touchait de près ou de loin ses nièces, ses neveux ou ses frères la touchait bien plus directement que cela devrait être le cas d'ordinaire ? Ah elle s'y prenait sûrement très mal. Alors elle ne dit pas un mot.

Mais ses traits se raidirent lorsque Nelya Corbois reprit la parole. Elle venait de comprendre qu'il s'agissait de la princesse et de sa cousine Lady Lynara. Théa Karstark hocha de la tête à sa question. Mais elle fronça un sourcil lorsque cette dernière affirma que l'éloignement existait déjà entre elle et ses nièces depuis qu'elles vivaient toutes deux à Winterfell. Lady Karstark pinça ses lèvres. « La distance n'est pas la même. À Winterfell j'avais la possibilité de les voir plus facilement, lady Corbois. ! » la réplique était tombée, cinglante, tranchante. Oui elle pouvait les voir à loisir même si dans les faits elle ne l'avait fait que peu de fois. La possibilité, là était toute la différence. Les savoir proches d'elle lui suffisait, ou ne lui suffisait pas, mais la présence de Torrhen, du fantôme de sa sœur avait coupé toute envie de franchir les portes de la forteresse que lorsqu'elle en était obligée. C'était étrange comme parfois elle pouvait être si difficile à cerner, à comprendre. Elle n'était pas logique et c'était sans doute pour cela qu'on disait d'elle qu'elle était folle. Seule une folle pouvait agir de la sorte. Théa allait poursuivre mais Nelya reprit avant elle. Elle la dévisagea et lui expliqua qu'elle ne pouvait pas réellement comprendre justement parce que elle, elle n'avait pas d'enfant. Pas d'enfant, en aurait-elle seulement un jour ? Plus le temps passait et plus cette perspective s'éloignait d'elle. Pourtant, elle aurait aimé, elle aimerait connaître ce bonheur dont sa sœur lui avait parlé, dont son frère lui parlait lorsqu'il évoquait le nom de ses enfants. Des enfants, Théa baissa les yeux et toucha instinctivement son ventre plat. Mais après tout c'était peut-être mieux ainsi. Elle ne comprenait pas ce que voulait dire Nelya Corbois. Elle ne pouvait envisager de les laisser partir. « Elles sont si jeunes » ajouta-t-elle à la remarque de la lady qui lui faisait face. Oui elle les trouvait encore bien jeunes pour qu'elles s'éloignent ainsi d'elle, de leur famille et du Nord. Mais Lady Corbois n'en resta pas là. Elle poursuivit son argumentaire. Plus elle parlait et plus Théa Karstark se fermait. Ses traits se tiraient, son visage se fermait et le regard qu'elle offrait était aussi froid que les plus froides nuits du Nord. Elle se mit à fixer son interlocutrice ne détachant plus ses prunelles de la brune qui se tenait devant elle. La mort, on pouvait lui trouver quelque chose de violent. Mais pour Théa, c'était une perspective douce et radicale. Arrêter de souffrir, de voir ceux qu'elle chéri risquer leur vie. Elle ne le voulait plus et si cela ne tenait qu'à elle, elle aurait déjà sauter du haut d'une falaise. Mais bizarrement, quelque chose la retenait à la vie. Depuis toute petite elle se retenait à la vie. Des soubresauts d'un être qui ne faisait que lutter.

Cette fois s'en était trop pour lady Théa Karstark. Elle avait espéré trouver en lady Corbois une alliée, une personne qui pourrait l'aider. Mais elle avait eu tort et elle le regrettait amèrement. Elle s'était un peu ouverte à cette femme. Elle s'était dévoilée et maintenant elle avait un avantage sur elle. Théa n'aimait pas cette situation. Elle jeta un coup d’œil à sa jument et se rapprocha d'elle. Elle caressa son pelage et flatta son encolure. Elle se retourna vers son interlocutrice et la fixa avant d'ajouter. « Vous ne comprenez pas. Vous êtes comme tous les autres. Je pensais que peut-être vous pourriez comprendre mais je me trompais. Je ne cherchais pas à les garder toutes les deux à mes côtés. Je voulais juste que Lynara reste un peu plus longtemps avec nous. Pourquoi faut-il que le roi l'éloigne toujours plus de nous ?
Et me réjouir de quoi ? Du départ de mes deux nièces ? De ma famille qui s'effrite toujours un peu plus ? Ou que le Nord et tout Westeros sombreront bientôt dans les ténèbres d'une guerre. Je doute que les Fer-né restent calme encore longtemps. Je ne suis pas stupide. Quant au mariage, je ne préfère pas y songer. »


Théa leva les yeux au ciel et remonta à cheval. Lady Corbois avait froissé l' «Ombre de Karhold» et son prochain mutisme serait glacial.
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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyDim 15 Mai - 14:10

Je ne sais trop que penser de tout cela. Elle souhaite quelque chose, qui ne la concerne que partiellement. Elle n’ose en parler directement aux concernés, ou au roi, désirant mon aide. Je ne suis pas réellement capable de l’aider à obtenir ce qu’elle veut, du moins, j’en doute fortement. Si cela requiert de demander faveur à Torrhen Stark, je ne suis sans doute pas la mieux placée, mais cela elle l’ignore. Sans doute en partie de ma faute, vu que je n’ai rien démenti, au contraire même, j’en conviens. Mais j’aime beaucoup savoir de quoi il retourne, et cela m’amuse follement si je dois être honnête. Me changer les idées et pourquoi pas découvrir quelques secrets sont beaucoup trop tentants pour que je passe à côté.
Quant à elle… Elle évite mon regard et ne me répond guère, comme si cela la mettait mal à l’aise. C’est pourtant bel et bien à sa demande que nous sommes ici, et c’est bel et bien elle qui a besoin de moi. Mais peut-être simplement parce que, malgré son envie, elle sait bien qu’elle ne pourra obtenir ce qu’elle souhaite… Je ne sais trop, mais cela n’a guère tendance à me rendre aimable en général, cette façon de se dérober et de compter sur les autres plus que sur soi-même. Et je ne sais pas trop non plus si elle me pensait trop sotte pour ne pas faire le lien entre ses nièces qui s’en vont et la princesse Stark et la jeune Karstark, mais elle se fige encore davantage quand je prends les devants.
Je plisse les yeux quand elle me répond. Si j’ai été malgré tout agréable jusqu’à présent, elle n’essaie guère de m’aider à le demeurer. Pense-t-elle être la seule à savoir être froide et acerbe ? Je crains qu’elle ne se rende pas compte… Allons, soyons gentille encore un peu.

« La distance n’est pas la même, mais cela ne change rien. De ce que je sais, vos visites peuvent se compter sur les doigts d’une main. Si vous n’en avez point profité quand vous en aviez l’occasion, il est stupide de penser que vous auriez changé de façon de faire… »

Je ne sais si je devais en rire ou plaindre cette femme. Elle semble si malheureuse, si renfermée, si… inaccessible. Malheureusement, guère dans le bon sens, plus dans le genre terne et sévère. Rien de bien flatteur non. Mais je ne suis pas connue pour être douce et délicate. Si je sais mesurer mes mots et en jouer aisément, mon niveau de bienveillance ou de prévenance doit être proche de zéro. Je n’ai cure des gens qui se lamentent sur leur sort sans rien faire pour le changer, je ne porte nul intérêt aux personnes qui ne savent décider et avancer. Je ne vais pas m’apitoyer en la voyant porter ses mains à son ventre, je ne vais pas m’attendrir en la voyant déboussolée.

« Elle sont amplement en âge d’être mariées et de vivre leur vie. Laissez leur donc une chance d’avoir ce que vous ne semblez avoir le courage d’affronter. »

Je soupire, et reprend, ne m’arrêtant que peu. Croyait-elle que j’allais essayer de gâcher la vie de ces jeunes filles pour un caprice de sa part ? Si cela m’avait apporté quelque chose, il est vrai que j’aurais essayé. Il n’était pas question d’essayer avec la princesse, même Lady Karstark devait bien s’en rendre compte. Mais j’aurais pu discuter pour la jeune Karstark, même si cela l’aurait sans doute rendue malheureuse de devoir rester avec sa tante et son aliénation.
Mais là, j’avais beau y réfléchir, je ne voyais point ce que je pourrais tirer de tout cela, si ce n’est un refus cinglant de la part du roi, et un mépris plus que probable de sa part… Rien de bien positif donc. C’était hors de question que j’y songe un tant soit peu sérieusement. Qu’elle se renferme et devienne encore plus austère qu’elle ne l’était me distrait tout en m’exaspérant…
Et là voilà qui me fuit pour de bon, après avoir fui mon regard. Je lève les yeux au ciel alors qu’elle me contourne pour rejoindre son cheval. J’ai un rire léger.

« Si cela vous rassure de le penser. Tout le monde s’acharne sur vous, c’est bien cela ? Ne vous êtes-vous pas dit que peut-être certains essayaient de vous aider malgré votre rejet flagrant de tout ce qui peut être bon pour vous ? »

Je fais un pas vers elle et mon regard se fait plus froid.

« Votre nièce est aux côtés de la princesse depuis combien de temps ? Depuis combien d’années peuvent-elles compter l’une sur l’autre ? Et vous voudriez envoyer la princesse seule dans un royaume où elle ne connait personne et où elle n’aura guère d’amis ? » Et tout comme elle, ma voix se fait plus froide et plus tranchante. Sauf que je joue depuis plus longtemps qu’elle… et qu’elle, en réalité, ne joue même pas. « Je ne suis guère sentimentale Lady Karstark, ni connue pour ma bonté infinie, mais sachez que j’aime mes enfants plus que tout et que je ferais n’importe quoi pour eux. Si quelqu’un s’avisait de vouloir compromettre leur avenir, comme vous semblez vouloir le faire avec votre nièce, je serais loin d’être aussi polie et douce que je le suis actuellement à votre encontre. »

Je la fixe une seconde, avant de reprendre, haussant légèrement les épaules.

« Pour être franche avec vous, je n’ai que faire de votre nièce et de son avenir. Je ne la connais pas et je ne mentirais pas en affirmant que son bonheur est important à mes yeux, je n’en ai cure… Mais vous, vous aimez vos nièces, votre famille, vous voulez leur bonheur. C’est ce que vous me répétez depuis le début. Or, là, vous suggérez dans votre immense égoïsme qu’il serait mieux de la garder près de vous. De lui retirer sa place auprès d’une personne qu’elle aime sans doute et qu’elle doit être ravie d’accompagner et de pouvoir soutenir. De lui enlever la possibilité de découvrir de nouvelles contrées, de nouvelles personnes, de nouvelles opportunités.

Si vous souhaitez vous complaindre dans votre malheur, je vous l’ai dit, faites donc.
La guerre ne cessera pas, mais elle ne l’a jamais fait, que ce soit contre les sauvageons ou contre les fer-nés. Le Nord est en guerre, c’est ainsi, nous sommes un royaume de guerre et de mort. Réjouissez-vous de chaque jour qui passe sans que l’un de vos proches ne succombe Lady.
Réjouissez-vous de pouvoir encore peut-être envisager avoir des enfants. Si vous ne voulez point de mariage, ni de descendance, cela ne concerne que vous. Même si, à la place de votre père, il y a longtemps que j’aurais forcé les choses.
Mais ne venez pas pleurer en vous lamentant de vous retrouver seule et de voir votre famille s’effriter. Elle avance, vos nièces et les autres membres de votre famille construisent leur vie et leur avenir. Si vous décidez de rester à l’écart et de ne point en faire partie, si vous choisissez de vous enfermer et de devenir folle dans votre solitude, ne blâmez pas les autres. Vous en êtes seule responsable. »


Je remonte à mon tour sur ma selle et la dévisage un instant. Quel malheur. Si cela ne m’agaçait pas autant pour le moment, sans doute trouverais-je cela amusant. Je ne comprenais pas les gens qui détruisaient eux-mêmes toute possibilité dans leur vie. Je fais un mouvement pour tourner ma jument.

« Rentrons donc si vous comptez persister dans cette voie. Je crains que nous n’ayons plus grand-chose à nous dire. »  


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MessageSujet: Re: Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé]   Et si on s’alliait ? [Tour II - Terminé] EmptyJeu 16 Juin - 23:55

Lady Karstark s'était progressivement refermée sur elle-même. Une fois de plus, elle s'en mordait les doigts d'avoir osé demander quelques choses à une étrangère à sa famille. Une fois de plus, elle aurait mieux fait de rester à Winterfell. Winterfell, cette forteresse l'étouffait. Elle s'y sentait si oppressée, elle y suffoquait. Elle y retrouvait sans cesse l'ombre de sa sœur. Mais celle-là était différente de celle présente à Karhold. Ici c'était l'ombre, le fantôme d'une mère, d'une épouse et d'une reine. Et elle, celle qu'aimait par dessus tout Théa Karstark, c'était celle de la sœur. Ce sourire bienveillant, cette grâce dans chacun de ses pas. Cette présence si apaisante, rassurante, elle la cherchait et la choyait dès qu'elle l'entrapercevait au détour d'un couloir dans la demeure des Karstark. Alors oui, elle n'était pas beaucoup venu à Winterfell, fuyant ce souvenir d'une jeune femme tout juste mariée. Fuyant aussi si doux visage qu'était celui de sa nièce, Jeyne. Elle ressemblait tant, trop, beaucoup trop à sa mère. Et ça en devenait dérangeant. Alors oui, elle n'était pas beaucoup venue, mais comment Nelya pouvait-elle la juger. Après tout elle ne connaissait pas toute l'affaire, elle ne connaissait pas non plus les sentiments si multiples de la jeune Karstark. Même son frère Arnaut ne la comprenait pas. À dire vrai, leur relation avait toujours été compliquée, lui l'aîné des enfants, elle la petite dernière. C'était un gouffre qui les avait séparé presque dès la naissance et ni la mort de Sigyn, ni le comportement parfois étrange de la Brune n'avaient arrangés la situation déjà délicate.

Et celle qui se jouait en ce moment l'était tout autant. Théa Karstark s'obligeait à garder son calme. Elle avait gardé cette forte personnalité et si sa sœur préférait parfois exprimer tout son mécontentement, la cadette le faisait avec plus de parcimonie. Mais une chose était certaine, finalement Sigyn et Théa se ressemblaient. Voilà que Lady Corbois donnait presque des leçons de vie. Amplement en âge qu'elle disait. Mais l'âge ne comptait pas. Ou peut-être que si mais pas réellement. Pour Théa ce qu'il fallait surtout prendre en compte, c'était l'acceptation moral. Et cela l'âge n'y jouait pas toujours un rôle. Mais soit, elle laisserait dire, fatiguée de devoir toujours s'expliquer. Peut-être parce qu'elle avait cette tendance à ne pas penser comme les autres. Alors elle laissa faire. Elle la regarda soupirer. Et elle encaissa son autre remarque. On essayait de l'aider c'était ça ? Peut-être.

« Mais je n'ai jamais rien demandé à qui que ce soit, moi ! » ajouta-t-elle. Oh c'était un mensonge, ou pas tout à fait. Elle ne l'avait jamais clairement exprimé alors dans ce sens oui, elle disait la stricte vérité. Mais toutes ces frasques, son comportement, ne témoignaient-ils pas d'un appel à l'aide inconscient. Elle-même l'ignorait. Et puis les choses bonnes pour elle, bonnes pour elle, Théa ne les connaissait pas elle-même alors les autres. En fait il y avait peut-être une personne dans son entourage qui pouvait les connaître. C'était Joris, son frère, son ami, le gardien de tous ses secrets. Il était le seul à l'avoir un jour surprise entrain d'écrire une lettre à Sigyn, quelques années après sa mort. Il n'avait rien dit, comme toujours. Il l'avait regardée et s'en était retournée sans un mot. Le silence et d'or lorsque les mots n'ont plus de sens.  

Puis Nelya Corbois s'avança vers elle. Théa recula. Instinct de protection, de survie, garder ses distances comme si le simple contact pouvait comporter un risque pour elles deux. Alors Théa reculait, tachait de garder la même distance et écoutait. Elle ne disait rien, comme figée dans un état  second. Cela lui arrivait parfois. Et puis lorsque Lady Corbois s’arrêta de parler, le corps de la jeune femme devint plus souple. Elle se moquait bien dans le font du sort de Jeyne et de Lynara. C'était compréhensible. Elles n'étaient rien ou presque pour elle. Jeyne était sa princesse mais elle serait bientôt la reine d'autres. Quant à Lynara, elle n'était que la cousine des princes du Nord. Place enviable et lourde de conséquence. Mais les traits de Théa Karstark se déformèrent lorsqu'il fut question du futur. Oui sa famille avançait et elle dans tout cela. Elle restait figée, prisonnière d'un passé dont elle n'arrivait pas à se défaire. Elle n'y arrivait pas, n'y arrivait plus, mais voulait-elle seulement le faire réellement. Cette perspective lui faisait peur. peur, tellement peur. Peur de passer à autre chose. Peur d'oublier son visage, son regard, son sourire. Peur de ne plus se souvenir de ses gestes, de ses pas. Peur qu'elle ne devienne un jour qu'un nom couchée sur les parchemins retraçant l'histoire des Karstark. Peur qu'elle ne soit plus qu'un fantôme du passé, oublié, remplacé par d'autre souvenir. Une peur viscérale qui tenaillait la jeune femme, qui l'emprisonnait, qui la torturait et la tuait à petit feu, comme on étouffe des flammes.

A cheval, Théa serra ses poings. Non pas de rage mais pour se rassurer. Se prouver en quelque sorte qu'elle est toujours vivante bien qu'elle clame haut et fort qu'elle n'attend plus que le trépas. Mais elle savait aussi que le dialogue était maintenant fermé. Elle ne tirerait rien de Lady Corbois. Alors elle resta là, dans son mutisme alors que son année remontait elle aussi à cheval. Puis la plus jeune détourna le regard. Elle sentait bien les yeux fixés de lady Corbois sur son corps. Mais la Karstark n'y prêtait déjà plus attention. Certains auraient pris cela pour du mépris ou autre. Pour Théa s'était simplement signe que la discussion était close. Elle offrait à Lady Corbois un mur de glace. Il ne fallait plus rien attendre d'elle. Elle ne prononcerait plus un mot. Sa peau laiteuse, cheveux noir, elle avait tout d'une statue de glace, d'un être qui ne vivait déjà plus, là, en scelle sur sa jument. Elle se tenait droite, fière, les yeux fixés sur l'horizon. Elle ne cligna pas des yeux. Et pour toute réponse à la dernière phrase de celle qu'elle avait fait venir jusqu'à elle, elle pressa les flancs de son cheval le précipitant dans le galop.
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