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Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]   Mer 3 Fév - 22:40



Il y a des affaires auxquelles ont est jamais préparée.


Jamais la Reine du Bief n'avait pensé devoir un jour affronter pareille situation. Elle était des plus nerveuses et faisait presque les cents pas dans une des salles prestigieuses proches de la salle du trône. Tout c'était déroulé si vite, et il avait fallut régler les détails avec tant d'empressement que Tricia avait toujours du mal à y croire et qu'elle ne pourrait réellement se faire sa propre opinion qu'en découvrant par elle-même celle qui était désormais sa demi-sœur. Certes les bâtards n'étaient pas chose rare en Westeros et si la plupart des maisons pouvaient en avoir, sans qu'ils soient forcément connus elles les traitaient avec infamie et dédain. Tricia n'était pas de ce caractère, elle qui avait toujours eut des affinités avec le bas peuple et qui était bien trop douce et sensible pour faire preuve d'une réelle méchanceté ne pouvait pas concevoir qu'il était de son devoir de mépriser cette enfant qui bientôt se présenterait à elle. Certes elle était le fruit du péché, une engeance illégitime qu'il faudrait dissimuler et taire pour sauvegarder l'honneur et la prestance de sa maison d'origine, les Hightower. Cependant cela ne voulait pas forcément dire traiter ce nouveau membre de la famille comme une paria et une indésirable. Maintenant que l'on connaissait ses origines et son identité, il revenait à Tricia de lui accorder la protection et la chaleur d'un foyer, même si cela se ferait par une fausse excuse.

Cessant de tergiverser la demoiselle poussa un soupir de découragement et pris place sur le siège spécialement dressé pour elle, un peu en hauteur, pour dominer ses invités qui ne devraient plus tarder. Tricia avait reçu la veille les rapports des hommes de confiance qu'elle avait envoyé pour récupérer Solveh, puisque c'est ainsi qu'elle se nommait. Apparemment l'ensemble de la manœuvre s'était déroulée sans encombre, si ce n'est l'intervention et le mécontentement prévisible du mari de l'intéressée. Cela avait surpris Tricia d'ailleurs qui n'avait eu aucun renseignement antérieur sur l'identité de ce dernier, au moins à présent elle savait à qui elle avait à faire, et surtout elle était persuadée qu'il n'y aurait aucun besoin de violence pour faire entendre raison au couple et les pousser à rester demeurer à Hautjardin. Tout du moins l'espérait-elle car la jeune femme exécrait par dessus tout la violence, tant physique que verbale et elle ne désirait l'employer qu'en ultime recours car elle savait parfaitement ce qui fait un bon souverain, s'il lui faut pour se faire respecter ou obéir employer la contrainte physique c'est qu'il a échoué à sa tâche.

Resserrant autour d'elle le voile noir qui descendait de ses épaules Tricia observa le temps qui s'était quelque peu couvert à travers une des fenêtres. L'air aussi maussade que les nuages qui couvraient le soleil Tricia ne pouvait s'empêcher d'appréhender cet entretien. Il serait le point déterminant de l'avenir de cette jeune danseuse et surtout il annoncerait les mesures à prendre, tant par elle que par Manfred qui lui-aussi s'était donné pour mission de régler le soucis causé par la révélation de cette parenté. Tricia voulait réussir dans son projet, et elle ne souhaitait pas faire peser sur les épaules de son grand frère une inquiétude superflue. Une pensée fut pour lui, si éloigné d'elle dans les eaux territoriales, à l'assaut de quelques vils pirates qui terrorisaient la population et qu'il convenait de faire taire au plus vite. Le couple royal ne pouvait se permettre de voir encore plus sa légitimité, et sa gestion des affaires remises en cause, tant par les nobles que par le peuple. Les échauffourées avaient déjà causés de biens trop grands bruits et la réputation du Bief s'en était trouvé ternie, ce qui n'avait pas amélioré le moral déjà morose de la Reine.

Se redressant un peu sur son siège Tricia décida néanmoins de faire face à toutes ces épreuves que les Sept pouvaient lui envoyer, avec dignité, courage et superbe. Royale dans ses habits noirs de deuil, elle avait tenu à rendre hommage à tous ces pauvres gens morts dans ces assassinats absurdes et c'est en leur mémoire qu'aujourd'hui les drapeaux étaient en berne et que de nombreuses prières seraient déclamées pour que leurs âmes trouvent la paix. C'était donc un jour particulièrement singulier pour rencontrer la souveraine de ces contrées mais peu importe, Tricia n'avait pas voulu reporté l'entretien et n'avait de toute façon pas eu le temps de s'entretenir avec Mern pour lui faire part de la délicate affaire et recueillir ses conseils avisés. Il lui faudrait donc gérer la situation toute seule, et avec les sages avertissements et éléments que Manfred lui avaient fait parvenir. Prenant une grande inspiration pour calmer son angoisse la Reine fut alors avertie de l'arrivée de sa demi-sœur accompagnée de son époux. Elle fit donc signe au page d'ouvrir la porte et de les laisser ensuite. Tricia ne voulait aucune oreille indiscrète lors de cet entretien, c'est pourquoi il se déroulerait à huis clos, juste entre eux trois. C'est donc avec un sourire chaleureux et un geste accueillant que Tricia commença la conversation.

« Bienvenue Solvej. Je suis heureuse que vous ayez pu vous rejoindre le palais si tôt, et je m'excuse si mon invitation vous a semblé cavalière, mais je me devais d'agir le plus vite possible. J'espère que vous pardonnerez mon manque de délicatesse à votre égard, je saurais réparer cet affront croyez le. Tout d'abord je vous remercie de votre présence, et vais tout de suite mettre un terme à vos inquiétudes. Comme vous avez pu le lire dans ma missive, j'ai une offre de la plus haute importance à vous proposer. »

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MessageSujet: Re: Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]   Jeu 4 Fév - 18:07





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Hautjardin,

An 0, Mois 5.


Silencieuse, je m’avançais dans les couloirs du château, le regard tourné vers le sol. Chaque pas était douloureux, pourtant, aucun son ne sortait de ma bouche, qui était demeurée clause depuis la veille, depuis que j’avais été emmenée de force jusqu’à la place forte de cette ville. J’avais été conduite dans une petite pièce, que je n’avais pas pris le temps de détailler. Je m’étais installée dans un coin, assise à même le sol, et avais attendu que la situation se précise. Colyn… ou peu importe qui il était avait fini par me rejoindre. Il avait essayé de s’approcher de moi, mais je lui avais filé entre les mains à chaque fois. Il avait fini par soupirer et rester à distance, après m’avoir apporté une petite bassine remplie d’eau, dans laquelle j’avais glissé mes pieds blessés par une marche dans la ville sans souliers. J’avais retenu de justesse un léger cri de douleur dès que l’eau était entrée en contact avec ma chair meurtrie. Le liquide s’était rapidement teinté de rouge et de brun, que l’homme avait entreprit de changer régulièrement même si je ne lui avais rien demandé, et ce jusqu’à ce qu’elle reste claire. Il avait ensuite déchiré les manches de sa chemise en plusieurs bandes que j’avais enroulées autour de mes pieds.

Avait alors commencée une longue attente. Je n’avais pas été capable de fermer l’œil et de trouver le repos. Mon regard s’était perdu dans le vide de la pièce. Je ne sais pas vraiment combien de temps j’étais restée assise sur le sol, simplement qu’un garde finit par venir frapper à la porte et nous indiquer que nous étions attendus par la Reine Tricia Gardener. Je m’étais levée, le corps engourdi par cette même position que j’avais gardé depuis qu’on m’avait conduite ici. Colyn avait essayé une nouvelle fois de s’approcher mais mon regard glacial l’en avait dissuadé.

Nous ne mîmes pas beaucoup de temps à arriver dans une vaste pièce. Je ne la détaillais toujours pas, gardant mon regard bien fixé sur le sol. Je m’incline très bas, et me relève légèrement, gardant malgré tout le dos courbé en une attitude soumise. Je sais que l’homme se tenait à mes côtés s’est contenté d’une simple révérence. La Reine se met alors à parler, et sa voix semble résonner dans cette pièce. Le fait qu’elle s’adresse directement à moi me trouble énormément, tout autant que ses mots d’ailleurs. A l’entendre, on croirait qu’elle nous a laissé le choix, hors, ce n’est le cas. J’avais été forcée de suivre ses gardes, sans aucune explication. Elle parlait de missive mais je n’en avais lu aucune. Je jetais un coup d’œil à Colyn qui lui, regardait vers la dirigeante du Bief. J’eus la confirmation de mes soupçons quand il prit la parole juste après la Reine Gardener. Majesté, la venue de vos gardes à nos portes n’était guère une invitation peu cavalière, mais une injonction de votre part. Je devine sans mal désormais ce qui a pu vous pousser à agir ainsi, cependant vous n’avez aucune crainte à avoir de notre part. Mon épouse est une simple danseuse, aussi talentueuse soit-elle. Et j’ai choisi pour ma part une autre voie que celle à laquelle me prédestinée mon héritage .Nous ne sommes point ennemi du Bief, et nous n’avons point de buts belliqueux, soyez en assurés. Notre vie actuelle nous convient parfaitement, et nous ne désirons rien de plus que ce que nous possédons actuellement. Il s’arrêta quelques instants, avant de reprendre, après avoir sorti de sa poche un écrit, sans doute celui dont la Reine avait parlé plus tôt. Vous avez indiqué à mon épouse que vous aviez une offre importante à lui faire en effet, mais j’ai, hélas, bien peur que nous ne puissions l’accepter. Mon épouse et moi-même travaillons depuis plusieurs années pour Jehän Druss. Solvej est née au sein de la troupe, une troupe qui va vu naître avant elle sa mère. Nous ne pouvons prendre engagements autres que ceux décidés par Jehän Druss, qui a, dernièrement, accepté l’invitation du Soleil Rouge pour les nôtres. N’y prenait nulle offense Majesté, simplement nous sommes liés à lui, et nous ne pouvons laisser les nôtres. Même s’il parlait en mon nom sans me demander mon avis j’étais tout de même d’accord avec les propos de mon époux, même si je n’étais pas au courant que nous devions aller à Dorne. Quelle que soit la proposition de la Reine du Bief, je ne l’accepterais que si Jehän était d’accord et à la condition de ne pas être la seule à rester. Je dirigeais toutes les danses de la troupe, même si je ne les effectuais pas tous. Ma vie se trouvait sur les routes, auprès de ceux que j’avais toujours connus aussi imparfaits soient-ils. Mon destin était ainsi et je ne pouvais ni ne voulais aller contre même si les choses ne seraient plus jamais les mêmes désormais. J’ignorais encore ce qui avait poussé une Reine à me convoquer en l’instant, mais je savais lire entre les lignes. Colyn, lui, connaissait la vraie raison, j’en étais certaine. Il n’aurait pas parler avec autant conviction ni n’aurait déclaré que nous n’avions pas d’intentions belliqueuses sans raison. Ces raisons, je comptais bien désormais les lui arracher. Je me sentais humiliée, et stupide, et cela par sa faute à lui. Je ne lui pardonnerais pas.




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MessageSujet: Re: Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]   Dim 7 Fév - 22:45



Il y a des affaires auxquelles ont est jamais préparée.


Elle se donne une contenance la grande souveraine assise au dessus de l'assemblée constituée de ce jeune couple, mais en vérité Tricia n'était pas aussi sûr d'elle et confiante que ce qu'elle voulait bien montrer. Se dissimulant derrière un faux masque d'ignorance et de bonté, elle ne se séparait pas de son sourire engageant et qui en d'autres circonstances aurait très bien pu inspiré confiance. Cependant à son grand dam ses interlocuteurs ne paraissaient pas dupes de son petit jeu. La catastrophe qu'avait été le banquet royal donné dernièrement avait appris combien l'échec pouvait survenir rapidement et sans prévenir. Tricia ne voulait plus jamais avoir à vivre ce genre d'expérience et si son assurance vacillait elle ne voulait rien en montrer et faire preuve de la plus belle autorité et de toute sa superbe conféré par son rang.

Alors qu'elle finissait ses paroles de bienvenue la reine détaillait sa nouvelle sœur, elle ne pouvait pas dénier l'évidence, la jeune femme avait indéniablement des traits communs aux Hightower et sa blondeur comme sa beauté pouvait même éveiller certaines ressemblances avec la souveraine. Certes Tricia ne pouvait pas affirmer ressentir quoique ce soit face à cette inconnue mais son sens aiguë du devoir et de la famille lui intimait de ne pas la laisser dans sa pauvre condition. Ramenant derrière son oreille une mèche de ses blonds cheveux elle reporta alors son attention sur l'époux de l'intéressé lorsque celui-ci pris la parole, et plus les mots s'étalaient dans la large salle, plus le cœur de la souveraine loupait des battements. Elle ne pouvait croire qu'il soit au courant de quoique ce soit. La demoiselle n'avait jamais perçu la possibilité même infime de révéler la vérité sur les origines de son invitée et elle ne pouvait pas croire que l'époux de celle-ci puisse être au courant et n'avoir jamais exhorté son aimé à quoique ce soit. Fronçant les sourcils Trica leva la main lui intimant de se taire, elle n'aimait pas son ton ni son discours et elle allait vite mettre un terme à ses supputations.

« Jeune homme vous devez être une personne très clairvoyante pour pouvoir présumer de mes intentions. Quant à votre dangerosité c'est à moi de juger de son importance. Néanmoins vous avez raison, je ne suis point fière de la façon dont vos pas ont été conduit en ma demeure mais je pense que vous pouvez comprendre que je ne pouvais me permettre que vous refusiez mon offre. Connaissant la crainte que peut inspirer une royale invitation j'ai donc anticipé, mais ait toujours eu à coeur qu'aucun mal ne vous soit fait. Je suis une personne d'honneur, et je me ferais pardonnée de ces manières peu agréables ne vous en faites pas. »

Elle avait parlé avec autorité mais bienveillance, ne voulant surtout pas paraître hostile face à ces êtres qui devaient déjà être effrayés de leur présence en ces lieux. A ce qu'elle savait d'eux Tricia connaissait la vie d'errance de sa demi-sœur et son manque d'attachement à un royaume en particulier, il serait donc stupide ici de faire valoir ses droits régaliens et surtout son autorité sur le peuple bieffois dont ni lui ni elle ne faisait partie. Tricia écouta ensuite calmement le jeune homme lui exposer pourquoi ni lui ni son épouse ne pourrait accepter l'offre que la reine leur proposait généreusement. Retenant un petit sourire Tricia conserva son air des plus neutres en se réjouissant quelque peu. Elle avait déjà anticipé ce type d'excuse et construit son argumentaire pour contrer cette manœuvre habile de fuite sans outrage.

« Je suis aux regrets de vous annoncer que cet emploi n'est plus d'actualité, et que sans mon offre vous vous retrouveriez bientôt dans une situation des plus inconfortables sans groupe pour vous protéger. En effet, j'ai eu connaissance de source sûr que Jehän Druss n'a jamais eu aucune invitation de la part de Dorne, qui d'ailleurs est plus encline à se préparer à la guerre qu'à organiser des festivités, croyez moi. Quoiqu'il en soit, ce prétexte n'est là que pour lui favoriser une fuite vers Essos et loin des périls qui agitent notre continent. Il ne compte pas vous emmener avec lui, et voyez comme il a été facile d'obtenir son concours pour vous amener ici contre quelques piécettes. »

La reine laissa un instant au couple pour encaisser la nouvelle et tout ce qu'elle impliquait. Bien entendu ils pourraient choisir de ne pas la croire et prendre le risque de refuser ce cadeau que Tricia leur faisait. Malheureusement, ce n'était que des demi-vérité, et la souveraine n'allait certainement pas leur révélé que l'assassinat de leur employeur était déjà programmé et que cela entraînerait immanquablement une perte de leur emploi. Finalement elle reporta son regard azur sur Solvej qui était décidément bien silencieuse.

« Ces quelques points clarifiés, c'est à présent avec Solvej que je désirerais m'entretenir, vous pouvez bien entendu restez car en qualité d'époux vous avez droit d'entendre ce que j'ai à lui dire, mais je ne voudrais pas souffrir de vos interruptions ni de votre influence sur les choix qui vont être déterminants pour le destin de cette jeune femme. Je sais bien que nous vivons dans un monde phallocratique, mais pour une fois je vais contourner la règle, en ma qualité et de par mes pouvoirs, je te donne le choix Solvej, celui-ci sera de ton unique responsabilité. Mon offre si tu ne la connais pas déjà est la suivante. Tout le royaume connait mes problèmes à engendrer un héritier, ce qui a causé des ravages dans mon couple. Je souhaiterais donc t'engager à mon service, que tu entres officiellement dans la suite royale, comme dame de compagnie. J'aimerais beaucoup apprendre de ton art, et de tes capacités de séduction certaines que j'ai pu admirer lors de ma réception. Tu comprendras, vu l'intimité des informations que je te livre le pourquoi de toute cette discrétion. Je ne te veux aucun mal, mieux je souhaiterais pourquoi te prendre sous mon aile et vous offrir une meilleure vie. Il va de soit que j'ai également de quoi subvenir à vos besoins et ai bien entendu un emploi pour ton époux. Cela ne saurait mieux tomber avec les malheurs qui bientôt frapperont votre troupe par sa dissolution, et les conflits qui s'accélèrent sur le territoire auquel vous ne pourrez toujours fuir. »


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MessageSujet: Re: Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]   Lun 8 Fév - 0:55





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Hautjardin,

An 0, Mois 5.


Je ne comprenais pas pourquoi on m’avait fait venir ici. Je n’avais pas voix au chapitre, et cela m’allait parfaitement. Colyn… Ou peu importe sa véritable identité, était à même de mener cet entretien seul. Il était le décisionnaire en sa qualité d’homme et d’époux. Et j’étais d’accord de toute manière avec ses propos même si je ne pris pas la parole. Ce n’était pas à moi de discuter, même si j’étais le sujet. Il était mon mari et c’était à lui de décider ce que je ferais ou non. De toute manière, je ne comptais pas m’attarder dans ce royaume, préférant de loin rejoindre Dorne, même si mon avenir là-bas était incertain. Les choses étaient compliquées avec Anders, mais, inévitablement, le destin me ramenait vers lui. Et maintenant que je savais que Colyn n’avait pas été honnête avec moi et s’était jouée de ma personne, je n’avais plus aucun remord, plus aucun regret. Car s’il m’avait menti sur qui il était réellement, qu’est-ce qui me garantissait qu’il ne s’était pas joué de moi sur les promesses et les garantis qu’il m’avait donné ? Il n’avait plus ma confiance, et il ne l’aurait plus jamais, même si j’étais prête à accepter qu’il décide pour l’heure de mon destin.

La reine répond à mon époux. J’écoute ses mots, mais je ne les retiens pas. Tout cela ne me concerne pas réellement et je n’ai aucun rôle à jouer ici. Je reste à la place qui est la mienne et me contente d’attendre silencieusement. De toute façon, le choix ne m’était pas donné, et ne me sera jamais donné et quelque part c’était un soulagement. Je préférais ne pas avoir à choisir.  Mon épouse a été blessée. Indirectement certes, mais elle a été blessée tout de même. Cela doit être d’ailleurs une torture pour elle de se tenir devant vous, et pourtant, elle le fait sans même se plaindre, sans même le montrer par égard pour votre royale personne. Elle n’attendra aucun dédommagement et n’en acceptera aucun non plus. Solvej n’est pas votre ennemi et je ne connais femme plus douce qu’elle. S’il lui avait été apporté une invitation de manière conventionnelle, elle serait venue à votre rencontre par égard et par respect pour vous. Elle n’a rien à cacher, et ne projette aucune fourberie. Je n’aimais pas que l’on parte de moi comme si j’étais un être exceptionnel ou unique. Ce n’était pas le cas. Je n’étais qu’une simple danseuse parmi tant d’autre, qui avait accepté sa place dans ce monde. Colyn avait raison dans tout ce qu’il affirmait. Rester debout était douloureux, mais je le cachais et je ne l’avouerais pas. Et, je ne voulais rien accepter de la Reine de Bief car elle ne me devait rien. Les choses étaient ainsi et je les acceptais. Ma mère m’avait souvent mise en garde contre les grands de ce monde et je connaissais leurs méthodes brutales. Ils ne savaient agir qu’ainsi, alors comme leur reprocher ?

Je sursautais en entendant la Reine indiquer que cette vie, que cet emploi que j’aimais tant allait mettre arraché. Je détestais la manière hautaine dont elle considérait ce qu’était ma vie, même si cela n’avait rien d’étonnant venant d’une femme issue d’un tel milieu. Nous n’étions pas riches, mais nous étions à même de subvenir à nos besoins. Aussi minable que puisse apparaitre notre vie, je ne voulais la voir changer pour rien au monde. La troupe était tout ce qui me restait de ma mère et je ne comptais la quitter que pour rejoindre le royaume des morts. Ma place était là-bas et nulle part ailleurs.  Alors nous irons en Essos si telle est la volonté de Jehän Druss Majesté. Ma femme est une danseuse bien trop exceptionnelle pour qu’il se sépare d’elle. Sans sa présence, la troupe ne saurait survivre et Jehän en a parfaitement conscience. Solvej est un trésor de talent dont il ne saurait se séparer. S’il avait voulu le faire, il l’aurait abandonné lorsque sa mère est décédée il y a bien des années. Il n’a aucune affection pour mon épouse, certes, pour autant il sait reconnaitre une source d’or lorsqu’il en voit une et c’est ce qu’est Solvej. Moi une mine d’or talentueuse ? Je n’en étais pas aussi certaine que Colyn, mais je me gardais bien de lui dire. Je n’étais qu’une simple danseuse parmi tant d’autre et je n’étais irremplaçable. J’avais certes de l’expérience dans ce domaine et mes danses étaient appréciées. Pour autant, je n’étais pas un être exceptionnel. Je me contentais simplement de danser comme ma Mère me l’avait appris pendant des années. La danseuse talentueuse, c’était belle et bien elle. Jehän me l’avait d’ailleurs assez répété pour que je ne le sache désormais. Depuis qu’elle avait succombé à ses blessures dans le Bief, il n’avait eu de cesse de me dire combien Gaïa, ma mère, était une perte monstrueuse pour lui et qu’il espérait qu’un jour je puisse être capable d’avoir, ne serait qu’un dixième de son talent, fait qui n’était jamais arrivé malgré les années. Ma mère était une parfaite danseuse. Moi ? Moi je ne suis qu’une modeste petite danseuse bien en dessous de ses talents.

Je gardais le regard rivé sur le sol, même lorsque la Reine s’adressa directement à moi. Je ne fis que m’incliner un peu plus, baissant un plus le dos et le visage vers le sol en signe de soumission. Je me fis violence pour ne pas me pincer les lèvres en entendant ses propos, pour ne pas fermer mes poings et restais aussi impassible que je l’étais depuis mon entrée dans cette pièce. Je sentis Colyn se rapprocher vers moi et eus conscience qu’il allait poser une main sur ma taille avant qu’il ne le fasse. J’aurais pu me dérober une nouvelle fois, mais j’avais déjà trop à faire pour lutter également contre lui. J’avais un goût amer dans la bouche. Pour son simple plaisir, cette Reine était prête à tout me retirer. Elle avait atrocement tord mais je ne pouvais lui dire aussi franchement qu’elle le demandait. Je ne saurais jamais être une servante ou une dame de compagnie. Je ne saurais être une conseillère en séduction, moi-même qui n’était pas capable d’attiser le désir de mon époux, ni d’attiser mon propre désir et plaisir. Mon talent se situait uniquement dans la danse. Alors… Je ne répondis rien. Je n’avais rien à répondre. Je laissais un léger silence s’installait, consciente que Colyn le briserait en premier.  Vous n’avez nullement besoin de garder mon épouse près de votre royale personne Majesté. Elle ne représente aucun danger pour vous et même en connaissant cette intime information, elle ne fera rien pour vous nuire. Mon épouse a conscience de sa place dans ce monde Majesté. Elle se sait être un simple grain de sable dans un désert dornien, un simple épi dans un champ de blé du Bief. Si vous lui ordonnez de rester, elle le fera si j’en décide aussi ainsi, même si elle ne le désire point. Son choix se portera sur celui que je ferais et c’est pour cela que je choisirais toujours celui qui serait le meilleur pour elle. Je lui ai fait le serment de servir toujours ses intérêts avant tous les autres, y compris les miens. La danse est toute la vie de mon épouse, et la troupe est sa véritable famille, la seule qu’elle ait toujours connu, et la seule qu’elle ne connaitra jamais. Sa mère l’a voulu ainsi et Solvej respectera toujours sa mémoire et ses volontés même si elle n’est plus. Elle ne saurait être épanouie et satisfaite dans un rôle de dame de compagnie. Si vous lui imposez cela, je serais dans l’obligation de solliciter l’intervention de mes Souverains, Loren et Jordayne Lannister. Je ne saurais accepter sans me battre de voir ma femme malheureuse. Mon emploi de superviseur de la troupe me convient également parfaitement. Si je voulais devenir garde, je me serais mis au service de mon Roi, comme le souhaitait mon Père. Et si tel est le prix à payer pour que Solvej puisse continuer à danser, alors je retournerais auprès de lui, dans les terres de l’Ouest. Ne prenez point cela comme une menace Majesté. Simplement, je vous l’ai dit, je servirais toujours les intérêts de mon épouse et j’ai parfaitement conscience de ce qu’elle désire et ce qu’elle ne désire pas.

Je relevais légèrement la tête vers Colyn. Il regardait droitement la Reine. Son ton était ferme, mais pour autant respectueux. En sentant mon regard sur lui, il tourna légèrement vers moi et son visage jusque-là neutre s’illumina légèrement. Il me fit un léger sourire, puis un signe de tête avant de me dire.  Je sais que tu ne sauras jamais me pardonner pour t’avoir caché mon passé. J’ai conscience que tu finiras sûrement par me quitter à cause de cela, même si je ferais tout pour te garder à mes côtés. Quoi qu’il en soit, je tiendrais mes promesses et continuerais à veiller sur toi, même si cela me couterait de faire appel à cette famille qui m’a vu naître. Il soupira, avant de se tourner complètement vers moi. Il prit mon visage entre ses mains, m’obligeant doucement à me relever. Tendrement, il fit glisser mes cheveux blonds derrières mes oreilles, dégageant mon visage. Le choix te revient Solvej, il t’ait toujours revenu. Sa Majesté Tricia Gardener a la générosité de te le donner également et ne saurait se satisfaire d’une simple réponse de ma part en ton nom. Je sais que tu ne veux pas faire entendre ta voix, pourtant, il le faut. Il s’éloigna aussitôt de moi, se mettant clairement en retrait, m’indiquant ainsi qu’il ne prendrait plus la parole pour moi. Mon corps tremblait et je refermais mes mains sur mes bras. J’étais perdue et… Je détestais cela. Alors je fis la seule chose sensée que je devais faire. Je me mis à genou, face à la Souveraine du Bief, implorant par ma posture sa pitié et sa miséricorde. . Majesté…Je… Je ne saurais m’acquitter d’une telle tâche… J’en suis bien indigne… Et bien incapable de vous aider sur un sujet… que je ne maîtrise point. Je… je ne suis qu’une simple danseuse… Sans réel talent, ni don donné par les Dieux… Ma place… Ma place n’est point dans un palais mais… Mais sur les routes… Je… Ce serait un honneur de danser pour vous mais… Je ne saurais le faire de manière permanente… Cependant… Si… Si tel est le prix à payer pour que… ma famille et mon époux soient en sécurité... Si telle est votre volonté alors… Je ferais selon vos désirs Majesté… Je resterais à vos côtés simplement… Simplement je vous conjure de... de les laisser tous repartir saints et saufs… Je… J’ai sans doute nuis à votre Majesté pour qu’elle désire me punir ainsi… et j’accepte mon châtiment… Seulement… Les miens n’ont point à payer pour… Les maladresses que j’ai pu avoir à votre encontre… Veuillez accepter mes… Modestes excuses pour cela… Je ne sais comment j’ai pu vous offenser Majesté mais… Sachez que je le regrette sincèrement et que… Que ce n’était point désiré. Je suis votre humble servante… J'en appelle à votre clément pour… pour vous supplier de laisser les miens vivre en paix… Je sais… Que je n’ai point de demandes à vous faire seulement… Il est de mon devoir de protéger les miens, dès lors que j’ai pu les mettre en péril… Puissiez vous avoir pitié de nous... Et accepter... Qu'ils puissent s'en aller... En Paix et toute quiétude... Ma voix était tremblotante et peu sûre, mais aussi saccadés soit mes propos, au moins étais-je arrivée à les livrer en entier.




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MessageSujet: Re: Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]   Lun 8 Fév - 2:05



Il y a des affaires auxquelles ont est jamais préparée.


La situation était des plus gênantes pour la reine, elle qui n'avait jamais été de ces femmes expansives et prompt à dévoiler en toute impunité ses affaires privées. L'aveu de ses difficultés à enfanter, confirmation de toutes les rumeurs qui pouvaient courir dans le Bief et ailleurs était presque la confession d'un échec qui lui brisait le cœur et mettait à mal sa belle confiance en elle, la réduisait à se considérer comme une femme incapable même de sa mission la plus naturelle. Ainsi s'était-elle investie dans les affaires de son royaume, se montrant plus prévenante envers son peuple, acquérant une réputation de reine clémente et bienaimée pour ses nombreuses actions envers les plus pauvres et les démunis. Peut être soignait-elle ses envies d'enfants en maternant son peuple pour qui elle se devait d'être aussi protectrice et féroce qu'une mère. Cependant il n'était ici aucunement affaire de ses soucis de fécondité. En profondeur ce n'était qu'une excuse minable pour garder auprès d'elle cette enfant illégitime, ce poids insoupçonné dont le mari lui faisait tant de difficulté.

Elle pouvait paraître certes grave et sèche dans sa posture surélevée, et ses traits fatiguées n'étaient qu'habilement dissimulés derrière un maquillage sophistiqué, donnant le mirage d'une jeune femme splendide mais quelque peu figée. L'insomnie guettant les nuits solitaires de la reine qui privée de son époux par les agitations du continent devait noyer ses angoisses dans des activités diverses, mais elles ne remplissaient pas bien leur office, et Tricia était pour ainsi dire un peu plus à couteaux tirés qu'à l'ordinaire. Elle conservait malgré tout sa patience, travaillée par de nombreuses années passées auprès de maîtres sévères et de dames acerbes. Elle ne montra guère son agacement de ce voir opposé un tel déploiement de forces pour aller contre ses projets. Elle avait bien du mal à concevoir, pauvre enfant chérie et élevée dans le faste ce qu'on pouvait bien préférer à la vie de château et aux luxes d'une couche stable.

Cependant ce qui avait toujours fait la richesse de Tricia, c'est que même si elle ne comprenait pas, elle ne s'emportait pas si facilement et préférait comprendre ses interlocuteurs plutôt que de lutter contre eux. Au fur et à mesure du discours de l'époux de Solvej la reine du Bief su qu'elle ne pourrait plus très longtemps tenir le masque, et que ses véritables intentions ne pourraient que justifier ses actes. Bien qu'elle répugnait à admettre la chose autant que son incapacité à enfanter, elle se résolu tant bien que mal à devoir sauter le pas. Mais avant il faudrait prendre soin de cette pauvre âme qui semblait terriblement accablée par son trajet mais aussi par le dépaysement dont elle faisait l'objet. Tricia ne pouvait que s'imaginer le tourment que la demoiselle devait subir et ce n'était pas de gaité de cœur qu'elle venait ainsi la tourmenter. Si cette affaire n'avait sollicité que son opinion, elle se serait volontiers gardé de manifester sa présence dans l'existence de cette bâtarde. Elle avait tant d'autres choses plus importantes à gérer, mais la sauvegarde de sa maison était une prérogative inaliénable qu'elle se devait de conserver et pour garder intact l'honneur le péché se devait d'être dissimulé. Et surtout sous bonne garde, Tricia ne pouvait relâcher dans la nature cette demoiselle.

«Je suis seule à décider si je dois être redevable ou non, et j'estime qu'en ce cas présent je me suis engagée à des obligations et à un code que je me dois d'honorer. Non pas tant pour les apparences ou le prestige, que pour être en paix avec moi-même et les dieux. Je sais que vous pouvez comprendre cela et c'est ainsi que je m’acquitterais de réparer ce qui par mes choix a été causé. »

Tricia voulut interrompre l'entretien pour porter assistance à Solvej mais elle n'en eut pas le loisir. En effet se tient alors devant elle un monologue de l'époux qui la laissa pour le moins admirative. Peu d'hommes de son extraction avaient eu l'audace de lui parler avec autant de franchise et pour ainsi dire avec une telle force. Trop peu avaient le courage de la considérer comme une personne à par entière en dehors de son rang, et si elle notait le respect de son interlocuteur elle constatait également sa volonté et le profond amour qu'il pouvait nourrir pour son épouse. Cela était une scène des plus surprenantes qui se déroulait devant elle, et si Tricia n'avait jamais eu à y faire face cela faisait ressurgir en elle son côté romantique qui ne manqua pas de s'émouvoir de cette démonstration d'affection. Cela lui serra également le cœur, lui rappelant une époque lointaine où les mêmes sentiments et une passion plus forte dévorait le couple royal et où bien des soucis n'étaient même pas envisagés, ils coulaient alors des jours bien plus heureux et insouciants et la nostalgie de cette époque acheva d'attendrir le cœur aigri de la reine.

«C'est là beau discours, et je dois louer votre dévotion à votre femme, elle est digne de tous les plus grands codes chevaleresques. Je dois dire que vous y gagnez mon respect, bien que je n'aime pas comme beaucoup être contrariée par tant d'opposition. Certes votre appel à vos souverains n'est qu'un argument de poids, mais je n'aime guère les menaces qu'elles peuvent sous-entendre. »

Tricia offrit néanmoins au jeune homme un sourire radoucit, qui s'effaça bien vite lorsque sa demi-sœur prit la parole. Tricia ne comprenait pas pourquoi sa proposition pouvait faire tant peur, ou souffrir, mais une chose était sûr elle détestait les émotions qui étreignaient la danseuse et se fustigeait d'en être la source. Bien qu'elle ne devrait pas s'émouvoir de tant de souffrance chez les petites gens Tricia n'était pas de ces dames aveuglées par leur rang et trop imbues d'elles-même pour ne pas se mettre à la place des autres, enfant attentive et calme, elle était devenue une adulte empathique bien trop sensible à la souffrance de son prochain pour être une souveraine crainte. Descendant de son piédestal qui n'était que mise en scène pour tenter d'obtenir une réponse et une soumission rapide elle n'aimait pas ce qu'elle entendait, et surtout elle détestait l'hypothèse qui ferait d'elle une tortionnaire. Si cette jeune femme était vraiment de sa famille, au moins lui devait-elle la vérité et une explication qui vaille le coup.

«Relève toi donc, rien en ta personne ou chez les tiens n'a été source d'offense. Vous n'êtes pas non plus une menace, c'est une sottise, je n'ai nulle intention belliqueuse à votre encontre et je pensais au contraire agir au mieux dans l'intérêt de tous, ce qui je vous l'avoue chose bien difficile à concilier. Assied toi, je t'en prie, il m'est pénible de voir ainsi mon prochain souffrir et je ne désire absolument pas que tu honores un titre auquel tu n'as même pas prêté allégeance en supportant une douleur dont tu n'es même pas responsable. Je suis terriblement désolée. »

Tricia s'excusait, elle n'avait pas à le faire, elle était bien trop âme gentille, surtout envers des êtres si subversif que les êtres démunis comme ces vagabonds. Elle ne devait pas accorder sa confiance ou ses largesses trop facilement, mais quelque chose dans la voix de cette homme et dans la détresse de cette femme était trop criant de vérité pour que la souveraine y fasse fit. La famille, c'était une valeur que la religion tenait en sacre ultime, tout comme l'expiation et la dévotion aux autres. Tricia avait élevée parmi des précepteurs de la Foi, galvanisée aux préceptes, et de par la malédiction dont elle était victime elle s'estimait toujours devoir faire preuve d'une attitude exemplaire, et surtout d'une prévenance qui pouvait être malvenue chez une souveraine. Elle conduit donc elle même la demoiselle à une chaise placée dans un des coins de la pièce, non loin du vestige de son propre pseudo trône qui ne lui était plus d'aucune utilité.

Une fois la jeune femme installée et que Tricia s'était assurée qu'elle pouvait ainsi être soulagée de ses maux elle se reculait de quelques pas pour apprécier un peu plus la situation d'ensemble et englober dans son sillage l'époux de Solvej car après tout les principales questions qui seraient évoquées le serait avec lui si la jeune femme répugnait tant à s'exprimer en sa présence.

«Jeune homme, si vous prenez tant à cœur les intérêts de votre femme, tout comme vos paroles me le laisse à croire, vous savez tout comme moi qu'il est nécessaire que vous acceptiez mon offre. Si talentueuse que votre épouse semble être, cela n'a pas paru suffisant à votre employeur, qui ne s'est guère gêné pour venir ouvertement me faire du chantage ainsi qu'à ma maison de naissance, les Hightower, protecteurs de la cité de Villevieille et une des familles les plus puissantes du royaume. Bien entendu son audace n'a eu d'égal que la véracité de ses propos, qui sitôt confirmés ont obligé à des mesures qui sont désormais irréversibles. Vous comprendrez que je ne peux laisser dans l'impunité ce genre de comportement, mais de plus je ne peux laisser ces révélations sans conséquences car elles impactent sur ma famille, ma réputation, mais aussi sur votre existence. »

Reprenant son souffle Tricia jeta un regard désolé aux époux. Illustrant ses propos par des gestes elle décida finalement d'être la plus sincère et transparente possible, car après tout la jeune femme était-elle parvenue à la connaissance de ses origines après sa rencontre avec l'héritier Hightower et celui-ci n'aurait pu en informer sa sœur.


«Je n'en veux guère à votre bonheur, et je ne pourrais me pardonner de briser ainsi vos existences, mais les enjeux vont bien au-delà de ce que ma volonté et la votre peuvent espérer. Comprenez jeune homme que si vous êtes sous la protection de vos seigneurs par les liens de sang qui sont les votres, que dire de Solvej ici présente. Je ne peux laisser impunément cette jeune femme dans la nature à présent que ses origines ont été porté à mon attention et à celle de mon frère. Et je n'hésiterais pas alors à faire valoir mes droits auprès des Lannister, si infamante soit la confession, vos menaces ne tiennent donc pas puisque vous êtes vous même libre de partir en tout sécurité. Je ne suis pas un être abruti par le pouvoir et saoul de pouvoir au point de bouleverser vos existences pour mon simple plaisir. Seulement si j'ai pu apprendre ces informations qui sait qui d'autres peut les connaître. En nos temps troublés et avec les tensions s'intensifiant avec tous les royaumes Solvej ne sera pas en sécurité, et certainement pas avec Dorne dont les incursions dans nos frontières ont fait de malheureuses victimes. Si la force de votre affection est telle que vous êtes prêt à défier des souverains pour elle, saurez vous faire ce qui est le plus digne de ses intérêts, et surtout le plus à même de garantir sa pleine sécurité. Je vous assure que si telle information parvient à Lancehélion auprès de mauvaises personnes avides de vengeance aveugle, elle ne sera certainement pas en sécurité, malgré toute votre bonne volonté et vos compétences en la matière.»

Tricia se détourna d'eux quelques instants, reprenant son souffle mais aussi essayant au mieux de dérouler son plaidoyer pour que la chose paraisse des plus censés au protecteur de la demoiselle.

«Solvej ne sera pas tenue au protocole, ou seulement au sein de la cour. L'excuse officielle et le travail que je lui offre garantiront une légitimité à sa présence et une sécurité de sa personne, plus que ce qu'elle pourrait jamais espérer dehors. Elle est un atout de poids dans le jeu cruel des politiques, un otage qui pourrait s'avérer avantageux, une pression sur ma personne et ma famille que je ne peux me permettre de voir accaparer par nos ennemis, car s'ils sont les miens, ils sont les vôtres car ils essaieront de vous la ravir. Un poste d'assistant de l'intendant du château ne vous changerait pas de vos fonctions itinérantes, et Solvej serait libre de continuer à pratiquer sa passion, soit pour elle-même, soit pourquoi pas officiellement à la cour, si telle est son désir. Je ferais de mon mieux pour rendre sa vie parmi nous la moins pénible possible, et pourquoi pas agréable si elle peut se résoudre à explorer une nouvelle facette de l'univers qui se déroule sous ses pieds. Ne prenez pas ombrage de la volonté inflexible que j'exprime, elle est autant dans votre intérêt que dans le mien. Après tout nous sommes de la même famille, par la force des choses. Et s'il est une chose que l'on m'a apprit, c'est que jamais on ne laisse sa famille, la dévotion implique la protection, et c'est ce que je vous offre. C'est moi qui à mon tour vous supplie d'accepter... »

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MessageSujet: Re: Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]   Mar 9 Fév - 18:51





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Hautjardin,

An 0, Mois 5.


Je ne comprenais pas la Souveraine du Bief, mais le contraire aurait été étonnant. Nous ne vivions pas dans le même mode et nos vies étaient bien trop différentes pour être conciliables. Elles faisaient parties de ses grands de ce monde, tout comme Colyn d’ailleurs, alors que moi, je faisais partie du petit peuple. Cette position m’allait parfaitement. J’avais appris à faire avec cette existence et à l’accepter. Je n’avais jamais eu le choix de toute manière et lutter contre mon destin était une perte de temps et d’énergie. Même si j’étais née tout en bas, je n’avais pas à me plaindre. J’avais un emploi, un toit, et un époux agréable. Il y avait bien des femmes qui enviaient ce que j’avais et j’en avais parfaitement conscience.

Colyn ne répondit pas aux premiers propos de la Reine, qui parlait de nous êtres redevables. Sans doute avait-il estimé que cela serait vain de la contredire. Pourtant, il avait raison : je n’accepterais rien venant d’une femme telle qu’elle, estimant que, justement, elle ne me devait nullement quelque chose. Elle n’avait de compte à rendre à personne et encore moins à la petite et simple danseuse que j’étais. Je gardais cependant le silence, laissant mon époux s’occuper de cette entrevue. Je n’étais pas à l’aise et je ne voyais d’ailleurs pas quoi dire. Il ne s’agit cependant point de grands codes chevaleresques, simplement d’honneur. Vous me voyez honoré de votre respect et soyez assuré que ce n’est point de gaieté de cœur que de devoir allez contre votre volonté Majesté. Et ce n’était point des menaces, simplement un avertissement. Solvej est mon épouse et je suis le fils unique de Herley Brax, Seigneur de Corval, et banneret de Loren et Jordayne Lannister. Par conséquent, elle appartient à l’Ouest, tout autant que moi, même si je n’ai à lui offrir que le nom « Hill » et non celui de « Brax ». Je vous demande simplement de ne point l’oublier. Je détestais ça. Je détestais l’entendre parler de celui qu’il était réellement. Il me l’avait caché depuis toujours et je ne l’avais découvert que la veille. Ce mensonge, je ne pourrais jamais lui pardonner. Cela me rappelait bien trop ma Mère et tous les secrets qu’elle avait toujours eus pour moi. Il savait très bien tout cela, et pourtant, il m’avait, malgré tout caché la vérité alors qu’entre nous, cela n’aurait rien changé. J’aurais accepté qu’il désire laisser son passé derrière lui, pour être un autre homme. Comment aurais-je pu lui reprocher ce qu’à une époque j’aurais été prête en faire de même ?

Je finis par être obligée de prendre la parole. Je me sentais si pitoyable, si peu à ma place dans cette grande salle luxueuse et royale. Mes mots étaient incertains et ma voix tremblait. J’étais la cause de tout cela, j’en avais conscience, et aussi peureuse sois-je, j’acceptais malgré tous les conséquences de mes actes, même si je ne voyais pas en quoi il avait pu offenser la Souveraine. Les choses m’échappaient complètement, mais ce n’était pas étonnant. Les codes, les us et les coutumes des grands de ce monde m’étaient complétement étrangères, même si je savais parfois donner le chance à force d’en côtoyer certains, même si ce n’était que de manière superficielle. Je savais par exemple comment m’adresser à eux, et comment me soumettre à leur autorité. Je savais que je devais prendre garde au choix de mes mots. Mais en dehors de cela, j’étais complètement ignorante. Je sursautais en entendant la femme si proche de moi, qui m’ordonnait de me relever. Je le fis aussitôt, masquant une grimace de douleur lorsque mes pieds retouchèrent sol. La suite de ses propos, j’avais bien du mal à les comprendre. Je jetais un regard perdu à Colyn, espérant qu’il puisse m’aider à y voir plus clair. Il m’intima d’un signe de tête à suivre la Reine, que je pris bien soin de ne pas toucher, ni frôler. Je détestais le fait de devoir m’asseoir sur une chaise. Je n’étais pas à ma place et je détestais ça.

J’allais me relever, bien trop mal à l’aise, mais les propose de la Reine m’arrêtèrent. Je relevais la tête pour dévisager Colyn qui resta de marbre. C’était donc ça. Il était au courant Il savait tout et il me l’avait caché. Pardonnez-moi, mais je ne suis point d’accord avec vous. Il n’est question ici que des intérêts de la maison qui vous a vu naître. Je le comprends parfaitement, car il s’agit là d’une question d’honneur que vous leur devez. Pour autant ce n’est pas la solution la plus bénéfique à mon épouse. Vous me voyez outré d’apprendre que Jehän ait essayé de vous faire chanter, vous et les autres. Je me chargerais personnellement de lui faire regretter cet écart de conduite. Pour autant même si elle a été mêlée à cela, Solvej n’a rien à voir avec tout cela. Je vous l’ai indiqué, elle n’est nullement une menace pour votre famille, et votre réputation. Jusque-là, vous avez ignoré jusqu’à son existence. Cela fait plusieurs années que je suis marié à elle, et je n’ai jamais cherché à vous contacter, bien que je sois au fait de l’identité de son père, chose qu’elle ignorait elle-même, jusqu’à ce que vous ne l’évoquiez. Je vous l’ai indiqué, je sers ses intérêts, et il n’y en avait aucun à lui faire pareille révélation. J’imagine que Jehän vous a écrit la manière dont elle a été conçue. Elle devra désormais vivre avec ce poids, chose que j’aurais préféré lui épargner.

Il s’arrêta de parler quelques instant pour me regarder tristement. Il lâcha un léger soupir las avant de se tourner de nouveau vers la Reine pour lui parler, conscient que j’étais incapable de prononcer le moindre mot. De mon côté, j’avais refermé les bras autour de mes jambes qui étaient collés contre ma poitrine. Je ne me souciais désormais plus d’avoir mal au pied. Un tout autre mal m’avait envahi et il était bien plus douloureux. Solvej est ma femme et j’ai bien plus de droits sur elle que vous en aurez Majesté. Vous êtes bien placée pour savoir que le mariage l’emporte sur la filiation. En apprenant la lignée de mon épouse, mon père ne pourra qu’approuver l’union que j’ai contracté avec Solvej. Je ne souhaite point revenir à ses côtés, je vous l’ai dit, mais je le ferais pour elle si vous m’y forcez. De plus, il est de mon devoir, et uniquement du mien de veiller sur elle. Je vous remercie de vous soucier de sa sécurité, et de la prendre autant à cœur, simplement ce n’est pas ainsi que vous y arriverait. Vous ne ferez que l’exposer un peu plus, et soulever des questions autour de vous. Rien ne pourrait justifier qu’une danseuse telle qu’elle reste à votre cour. Et si vous craignez Dorne, laissez-moi alors l’amenez chez les miens, dans l’Ouest, où elle sera en parfaite sécurité, même si elle n’a vraiment rien à craindre des sudiens au vu des relations qu’elle peut avoir avec l’un des Martell justement, qui risquerait de fort mal accepter que vous gardiez sa petite danseuse prisonnière. Cela ne ferait qu’échauffer les esprits, et soyez certaine qu’il n’est point connu pour sa tempérance ni ses manières. Que mon épouse soit mariée ne lui a posé aucun problème pour s’enticher d’elle.

J’avais relevé la tête en entendant Colyn parler d’Anders. Il semblait cracher ses mots avec une haine sans aucune limite. Comment avait-il su ? M’avait-il suivi ? Tout était possible désormais avec lui. Je n’étais pas certaine qu’il est raison par contre. Oui, le Dornien n’allait surement pas aimer me savoir captive du Bief. Cependant il ne pourrait rien y faire alors… De toute façon je ne voulais pas le voir faire la moindre chose d’ailleurs. Il avait bien plus important à penser et à s’occuper de la pauvre danseuse que j’étais. Je n’étais pas certaine qu’il essaye la moindre chose d’ailleurs, les relations entre Dorne et le Bief étant trop houleuses. S’il venait à apprendre comme je venais de le faire qui était mon père… Ma vue l’insupporterait, tout comme ma présence, même si, en effet, aucun mal ne me serait fait par Dorne. Il détestait ce royaume et ce peuple auquel j’étais censée faire partie, mais il ne me reprocherait pas la mort de son père et de sa grand-mère pour autant, conscient que je n’y étais pour rien. Je n’étais pas cette soit disant demi-sœur de la Reine actuelle du Bief. C’était impossible, inconcevable même. Je ne le voulais pas. Je désirais retourner à ce que ma vie avait toujours été et oublier cette journée.

Désormais, je ne saurais plus à ma place nulle part, n’appartenant à aucun monde. Silencieusement, des larmes se remirent à couler sur mes joues, cachées derrière mon rideau de cheveux blonds et par mes jambes. Ma vie n’avait plus aucun sens. Je me sentais si perdue. Qu’allais-je devenir désormais? Ca suffit…. Arrêtez… Arrêtez de vous battre comme des coqs. Je ne suis pas un objet ! Non je n’étais pas objet. Je me relevais, le visage ruisselant de larmes. Vous m’avez déjà tout pris, cela ne vous suffit donc pas ? Je me rapprochais de Colyn pour le repousser de mes mains. Tu peux garder tes reproches Le concernant. Tu n’as fait que me mentir depuis que nous nous connaissons ! Tu m’as menti sur qui tu étais et sur qui j’étais également. Je ne te suivrais plus jamais. Plus jamais. Je te faisais confiance ! J’ai mis ma vie entre tes mains ! J’ai repoussé un homme que j’aimais par respect et devoir envers toi, pour rester digne d’être ton épouse ! Et toi qu’as-tu fait ? Tu m’as fait que me mentir. Je me fiche de tes raisons car tu l’as tout de même fait. Tu m’as menti. Tout ça, ce n’était que du vent. Je n’avais plus rien à perdre désormais. Je le repoussais une nouvelle fois, avant de me tourner vers la Reine. Je n’inclinais de nouveau plus bas que terre devant elle, car telle était ma place. Si je m’étais emportée contre Colyn, je ne le ferais pas avec elle. Parce qu’elle était une Reine et que j’étais un être sans importance. Rien ne changerait cela, rien. Je ne peux vous servir Majesté. Je ne saurais me satisfaire d’une place à votre cour et d’être un objet dans des jeux politiques. Je ne suis ni ne serait jamais un otage avantageux pour vos ennemis. Je ne suis rien pour votre vous et les vôtres. Ma vie et ma mort vous seront indifférentes. Je ne chercherais jamais à vous demander la moindre faveur, le moindre sous. Je ne fais pas partie de votre famille et je n’aurais jamais la sottise de penser le contraire. Je ne suis qu’une simple danseuse parcourant les routes Majesté. Cette vie me satisfait amplement et je ne désire rien de plus que ce que je ne possède déjà. Laissez-moi partir je vous en supplie. Ou alors prenez ma vie pour avoir eu l’audace de vous demander une telle chose.




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MessageSujet: Re: Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]   Lun 15 Fév - 0:32



Il y a des affaires auxquelles ont est jamais préparée.


Tricia commençait à avoir la migraine, sa capacité de réflexion tournait à plein régime et elle ne pouvait se permettre de céder à ses souffrances physiques. Tous ces enjeux s'entremêlant donnaient des combinaisons pouvant s'avérer potentiellement dangereuses, et qu'elle se devait de prendre en compte. Les tensions avec l'Ouest étaient encore bien présente, même si elle faisait de son mieux pour qu'elles se réduisent et pour parvenir à un accord favorable avec cette puissante famille que sont les Lannister. La reine fronça les sourcils, écoutant tout de même avec attention Colyn et son discours qui à d'autres aurait pu sembler ou trop mielleux ou bien assez irrespectueux pour être absent d'une quelconque menace.

« Soyez assurés que c'est une donnée prise en grande considération dans l'affaire qui nous concerne. »

Elle n'a rien à répondre d'autre, la Gardener a laissé le silence régner après avoir scruté intensément les époux, elle ne sait que dire de plus pour les convaincre, pour leur faire admettre les avantages de son offre et surtout pour qu'ils acceptent enfin de rester dans la sécurité du château. Tricia répugnait à se servir de son autorité, et surtout par la violence, mais elle voyait ces négociations s'enliser dans un statut quo stupide d'où aucune des deux parties ne bougerait. Cela avait le don de l'énerver, mais en femme pondérée, elle se contrôla au mieux pour que ses émotions n'influent en rien son jugement et surtout ne transparaissent pas aux yeux de ses invités. Les prochains mots de Colyn firent cependant réagir Tricia autant que Solvej. Elle attendit que l'escarmouche entre les deux êtres se soient calmés pour répondre tout d'abord au jeune homme avec une fermeté qui ne transparaissait pas dans ses autres discours.

« Vous êtes donc si naïf ! Vous n'êtes guère équipé pour pouvoir juger parfaitement des dangers qui peuvent peser sur votre épouse, ou même sur la menace que sa seule existence vient faire peser sur la maison qui m'a vu naître et qui l'a engendrée. Si cette révélation peut être désagréable, elle résoudra sans doute bien des questionnements intérieurs, je n'avais pas à cœur de vous révéler cette honte qui pèse sur les Hightower, mais maintenant que c'est chose faite, n'y revenons plus, les faits sont là et incontestables. En ce qui concerne cet homme qui vous dirige, ne vous en faites pas, il sera châtié, et c'est d'ailleurs pour cela que votre troupe sera dissoute et sans chef, incapable d'assurer le rôle de refuge que vous lui prêtez. Ainsi vous serez seuls, sans possibilité de vous fondre dans la masse et bien trop vulnérables. C'est au contraire dans la droite ligne de ses intérêts. Et si le mariage vous donne des droits, elle n'appartient pas pour autant à l'Ouest, et je doute que votre père soit enchanté, au vue des tensions animant nos frontières d'accueillir une enfant du Bief, d'autant que si les souverains du Roc peuvent être redoutables, je doute qu'ils risquent une guerre juste pour ses beaux yeux. Alors que je suis prête à mobiliser les troupes de mon époux et celles de mon frère pour la récupérée. En ce qui concerne les forces dorniennes, je doute qu'elles se soucient tant de cette jeune femme, des problèmes bien plus importants sont à régler, et je vous soupçonne de me mentir pour arranger vos arguments.»

Tricia changea de visage, elle se fit plus hargneuse, plus entêtée et peut être un peu plus colérique. Elle en avait soupé de discutaillés avec cet homme du petit peuple qui s'il pouvait être charmant dans ses idéaux l'avait courroucée par son incapacité à comprendre les enjeux en présence et le fait que tout ceci ne dépendait pas de la volonté individuelle de chacun. Quelque chose de plus grand commandait à la Reine de prendre soin de cette demi-sœur, tant son frère certes, que la Foi elle-même envers qui elle se montrait si pieuse depuis toutes ces années dans l'espoir d'être bénie d'une naissance. Les larmes de la jeune danseuse auraient pu émouvoir le cœur de la Reine si elle n'était pas fatiguée de tant de résistance et d'incompréhension. Elle aurait voulu que tout ceci se passe beaucoup plus facilement, mais s'il fallait qu'elle se fasse détestée pour assurer sa sécurité, qu'il en soit ainsi, Tricia aurait bien plus grave sur la conscience si jamais elle la laissait s'échapper loin de son royaume.

« Ne soit pas donc si naïve mon enfant. Si je m'acharne à ce point ce n'est pas pour t'achever, mais bien pour te protéger. Les choses ont changé, la guerre gronde à toutes les portes du continent, et nous ne pouvons nous permettre de prendre le risque de te laisser vadrouiller dans l'insécurité et la nuit, cela signerait probablement ta fin. De plus mon frère tient à te rencontrer. Jusqu'à ce qu'il puisse s'entretenir avec toi, et ainsi déterminer au mieux si nous pouvons accéder à ta requête je te demanderais de rester à nos côtés. Je ne cherche pas à anéantir ton bonheur, ni même à faire de toi une prisonnière. Mais j'ai des impératifs plus grands que ma simple volonté, le pouvoir apporte avec lui le poids de respecter ses devoirs. Comme je l'ai dit tu es de ma famille, que tu le souhaite ou non, c'est une vérité biologique que nous ne pouvons nier. Tâche de t'en montrer digne. Ton époux peut rester lui aussi s'il le souhaite, ou alors tu peux le congédier si tu ne souhaite plus le revoir. Je doute que dans ce climat d'absence de confiance entre vous je puisse lui demander de veiller sur toi et d'assurer ta sécurité. C'est chose dont je m'occuperais personnellement. Après tout tu l'as dit toi même, tu as tout perdu, alors autant reconstruire en ces murs une nouvelle vie. Tu n'as pas la possibilité d'évaluer les dangers que tu cours, ou la propre importance que tu pourrais avoir. Je t'en prie soit raisonnable. Je suis désolée mais cette vie n'existe plus, et ne peux plus exister. Il va falloir en forger une nouvelle. »

Tricia ne demandait plus, elle exigeait, et elle ne souffrirait pas cette fois d'être contredite. Poussant un soupir elle indiqua que l'entretien était désormais terminé.
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MessageSujet: Re: Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]   Lun 15 Fév - 16:18





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Hautjardin,

An 0, Mois 5.


Il n’y avait plus rien à faire. La reine avait déjà décidé de la suite des évènements. Peu importait ce que je disais ou faisais. Elle n’écouterait pas. Elle était comme tous les grands de ce monde, se fichant éperdument du reste. Elle avait décidé de s’en prendre à ceux qui avaient toujours été les membres de ma famille. Elle avait décidé de me voler ma vie, sans même me laisser la retrouver ou en garder des vestiges. Elle comptait me garder entre ses murs qui verraient ma perte, qui causeraient ma perte. Etait-ce là ma fin ? J’étais bien forcée de devoir le reconnaitre. Colyn avait encore s’en rebeller mais je lui fis signe de ne rien en faire, lui indiquant du regard de partir. J’avais été sérieuse lorsque je lui avais dit, que désormais, je ne le suivrais plus. Je ne saurais plus être la femme que j’avais été toutes ses dernières années. Jamais je ne saurais lui pardonner tous ses silences, tous ses mensonges. Peu importe ce qu’il ferait, je n’étais désormais plus sienne et il en était le seul fautif.

Sans un regard de plus pour lui, et aucun regard pour la reine, je me relevais et me dirigeais vers la porte. Elle ne nous avait pas réellement congédiés, mais que pouvait-elle faire d’autre qu’elle n’avait pas déjà fait pour me punir de lui tourner le dos ? Elle m’avait déjà tout pris et elle avait décidé que je mourrais à petit feu entre ses murs. Car, je ne saurais y être heureuse. Je n’étais pas cette demi-sœur qu’elle pensait que j’étais. Nous n’avons rien nous attachant, rien nous reliant. Elle était une inconnue et rien ne changerait cela. Elle n’appartenait clairement pas au même monde que moi, et se fichait fort bien de ce que je pouvais penser ou désirer. Elle ne voyait en moi qu’un objet qui pourrait lui nuire plus tard. Voilà ce que j’étais et je n’avais plus la sottise de m’imaginer que les choses changeraient un jour. Elle était fille Hightower, Reine du bief, et je n’étais rien d’autre qu’une vulgaire danseuse de pacotille.

J’avais repoussé légèrement la porte m’arrêtant face aux soldats, et attendant qu’ils m’amènent je ne sais où, seule, sans Colyn sur les talons. Il me connaissait assez fort bien pour comprendre qu’insister ne lui servirait à rien. J’étais trop en colère contre lui, contre le monde entier d’ailleurs. Je m’étais souvent pensée maudite par les sept dieux en qui je ne croyais plus depuis bien longtemps maintenant et je devais bien reconnaitre que c’était réellement le cas. Ne me restait désormais plus qu’à attendre que la mort ne vienne me prendre. Car il n’était pas question d’accepter la moindre chose venant de cette Majesté qui venait de détruire entièrement ma vie. Je ne mangerais pas sa nourriture, je ne me coucherais pas dans ses lits, je ne me laverais pas avec son eau et je ne revêtirais pas ses habits. Je ne voulais rien, rien de ce que je n’aurais gagné par mes propres moyens. Je ne voulais pas de sa charité, ni même de sa pitié. Je préférais que ma vie s’achève dès lors plutôt que d’accepter la moindre chose. Pourquoi me battrais-je d’ailleurs désormais ?

Plus rien. Je n’avais plus rien. On m’avait tout pris.




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Un mot, un geste et ton destin change à jamais [Tour II - Terminé]
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