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La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]
MessageSujet: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mer 3 Fév - 19:48

Le départ était imminent. Deria, Roward… Anders. Tous allaient me laisser alors même qu’ils ne pouvaient réellement le tolérer. Ça n’était pas un choix, pas plus que je n’avais celui de faire partir Perle. C’était pourtant le sacrifice le moins insensé. Lequel de mes frères aurait saisi l’opportunité de cette captivité pour tenter d’améliorer des relations avec le Bief que les fêtes organisées pour notre venue officielle n’avaient contribué qu’à enterrer encore un peu plus ? Aucun. Peut-être n’auraient-ils pas empiré la situation, quoi qu’il soit permis d’en douter si les bieffois avaient un mot de travers à leur encontre, mais ils ne pouvaient espérer l’améliorer. Sans doute n’y arriverais-je moi-même pas, les conflits étant bien trop ancrés dans nos mémoires pour cela. Mais j’essaierai. Et des rancœurs si lointaines ne disparaîtraient pas rapidement. Si nous arrivions à quelque chose, ça ne serait là que des fondements.

Soupirant, je peinais à sortir du lit qui avait accueilli un sommeil agité. Le jour était à peine levé, d’ailleurs. Je savais que je devrais affronter Anders et Roward tôt ou tard. Je savais qu’ils penseraient tous à mon… absence, d’il y a quelques mois maintenant. Je devrais leur dire la vérité, un jour. Si je n’avais pas eu conscience qu’ils imaginaient les pires choses, je ne pouvais me leurrer depuis Goeville. Pouvais-je réellement avouer ce qu’il s’était réellement passé, cependant ? Je doutais d’en avoir la force, malgré la nécessité qu’il y avait à le faire. M’asseyant sur le bord du lit, je regardais la pénombre autour de moi, sentant la pression m’habiter, et le malaise s’accroître. Je me levais brutalement, me couvrant des couvertures du lit, avant d’arpenter la pièce nerveusement.

Ils ne pouvaient pas comprendre. Comment aurais-je pu le leur dire ? Soupirant, je me figeais en entendant la porte s’ouvrir dans mon dos.



             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Ven 12 Fév - 22:02

Il avait repoussé ce moment. Autant qu'il le pouvait. Il passait le plus clair de son temps avec Roward ou quelques servantes fort avenantes. Il ruminait. Que pouvait-il faire d'autre ? Ils allaient partir. Ils allaient se séparer. C'était la première fois qu'il allait partir seul. Sans Roward. Il avait quitté Arianne et Deria, en compagnie de Roward, pendant deux ans, le long des frontières, mais jamais il ne s'était retrouvé seul, loin de Dorne, depuis qu'il y avait été amené, tout petit. Trop pour s'en souvenir d'ailleurs. Il avait toujours connu la beauté de Lancehélion. Mais sa décision était prise et lui semblait la meilleure. Il ne pouvait arracher Arianne de Hautjardin, et il concevait encore trop de rancœur envers Deria pour retourner à Dorne avec elle. Autant qu'il se rende utile ailleurs. Ce serait dangereux, sans aucun doute, mais après des semaines d'attente et d'inaction, il en avait bien besoin. Et puisqu'il n'avait pas son mot à dire concernant le rôle d'Arianne dans tout cela, elle n'en avait pas davantage concernant son choix de se rendre auprès du dragon. Il était temps d'honorer leur alliance. Certes, des hommes étaient en route, en renfort, mais il serait sans doute bien vu qu'un Martell soit sur place. Et bien qu'emporté, Anders l'était un peu moins que Roward.

Mais il n'était plus temps de ruminer. Il se devait de parler à Arianne, avant de partir. En espérant que cela ne finirait pas comme avec Deria. S'il pouvait se murer dans une attitude boudeuse avec la princesse, il souffrirait réellement de faire de même avec Arianne, leur relation était bien plus profonde et complexe. Il avait eu des difficultés à regagner leur complicité depuis son retour de son enlèvement. Il avait bridé ses pulsions, ses désirs, pour ne laisser voir que leur amour fraternel. Il n'était pas prêt à la perdre si facilement. Mais il ne pouvait pas non plus partir sans avoir pu passer un peu de temps avec elle.

Et si le pire arrivait ?

Si Mern la faisait assassiner ? Si lui, mourrait loin des siens, exposé au danger ? Il ne pouvait infliger cela à Arianne. Il prit son courage à deux mains, se rendant jusqu'à ses appartements, au petit matin. Il avait le sommeil trop agité pour traîner au lit, bien sûr. Il entra dans les appartements décernés à Arianne sans se faire annoncer. Ils étaient invités à Hautjardin après tout et jouissaient d'une certaine liberté. Mais il avait ce palais en horreur et il lui tardait d'enfin quitter ce lieu maudit et son lot de mauvais souvenirs.

Cependant, il s'arrêta net dans son mouvement quand il vit sa sœur, de dos, et peu vêtue. Oups... il s'était montré un peu trop matinal sans doute...

« Arianne... Désolé, je ne savais pas que tu sortais à peine du lit... Je peux repasser plus tard, le temps que tu te réveilles et t’apprêtes... »

Même s'il n'en avait pas particulièrement envie... Maintenant qu'il était là, il n'avait pas envie de remettre cela à plus tard. Mais bon. Il n'irait pas brusquer Arianne. Elle était davantage couverte de ces couvertures que bien des tenues qu'elle avait porté à Dorne. Il n'y avait là rien qu'il n'ai déjà vu.


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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Ven 12 Fév - 23:21

Les tourments m’assaillaient sans me laisser aucun répit. Jusque dans mon sommeil, alors que j’imaginais le pire. Voir mes frères et sœur se détourner de moi en apprenant que tout ce qu’ils imaginaient sur ma captivité et me sortir de la vie était douloureux, mais ça n’était rien comparé à la peur nettement plus forte que j’avais de les voir morts. Roward et Deria, trahis par Mern, et assassinés sans que leur garde ne puisse y faire quoi que ce soit. Anders, perdant la vie aux côtés des dragons. Qu’il leur arrive quoi que ce soit m’horrifiait. Je ne pouvais contrôler le fait de ne pouvoir veiller pour eux, je n’aurai de toute façon pas été en mesure de les défendre de quelque manière que je sois, mais je n’avais pas pour autant l’esprit tranquille. Non, loin de là. D’où le fait que le sommeil me quittait, alors que la nuit n’était pas finie. Elle laissait tout juste place au jour, alors qu’un cri m’était arraché, après une énième vision terrifiante qui avait hanté mes songes. Je ne confierai mes pressentiments à personne, ils ne pouvaient de toute façon pas être plus que ça alors que je n’étais pas dotée de don de voyance – don qui n’existait pas, par ailleurs, mais ils laissaient une terreur sourde m’envahir. Je doutais que quoi que ce soit puisse l’apaiser, mais je me levais pourtant, vêtue uniquement des tissus du lit que j’enroulais autour de moi, marchant dans la pièce. Je cédais à l’envie de me servir un verre de vin qui n’aurait pas la moindre utilité, sinon celle de rester dans la coupe sans que je n’y touche, mais peu importait. Si cela avait été possible, sans doute aurais-je abimé les sols de pierre que j’arpentais, tant ce geste m’avait été familier, ces derniers jours.

Perdue dans le mouvement régulier que j’effectuais, je n’entendais personne être annoncé, et me laissais surprendre par la porte, lâchant le verre que j’avais en main dans un éclat clinquant, qui réveillerait des gens au sommeil aussi léger ou perturbé que le mien, si les appartements qui avaient été mis à ma disposition par les Gardener n’étaient pas assez grands pour qu’il ne parvienne qu’à peu de monde. Je soupirais de soulagement, en entendant la voix de mon frère.

« Ne t’inquiète pas, le sommeil m’a quittée depuis plusieurs minutes déjà. Et nous avons besoin de parler. »

Je soupirais, incertaine d’être prête à me confronter à mon frère. Mais je le devais. Lui faisant signe de se tourner, je récupérais une robe dans une des malles disposées dans la pièce, que j’enfilais après avoir laissé tomber les couvertures du lit. Je serai plus à l’aise ainsi, et il serait plus aisé de discuter. Moins difficile, en tout cas. Inspirant grandement, j’hésitais à lancer les hostilités. Deria m’avait dit qu’il ne prendrait pas la route avec elle. Je me refusais fermement à cette idée. Je ne pouvais croire qu’il puisse se mettre en danger comme ça. Aussi inconsidéré qu’il pouvait être, aussi intrépide et impulsif, je ne voulais pas croire qu’il puisse risquer ainsi sa vie. Je m’y refusais. Je le lui refusais. Aller livrer une bataille qui n’était pas la sienne ? Nos alliés ne voyaient surement pas les choses comme ça, d’autant que nous leur envoyions des soldats, mais cela aurait du suffire. Il ne pouvait me ravir mon frère en plus de cela. Je n’avais pourtant pas envie d’alourdir l’atmosphère comme ça. Pas tout de suite.

Je lui indiquais de s’asseoir, bien que je sois moi-même incapable de le voir. J’étais loin d’être suffisamment apaisée pour rester immobile, et encore moins assise.

« Je suis… contente, que tu sois venu. Et anxieuse, à l’idée de la discussion qui nous attendait. À l’idée de te dire au revoir. Tu vas me manquer. »



             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mar 16 Fév - 21:35

Le Dornien hocha la tête alors que sa sœur assura qu'elle était déjà réveillée depuis un petit moment et qu'ils avaient effectivement besoin de parler. Il se tenait avec une certaine raideur. Ce qui n'était pas habituel chez lui. Il savait que la suite n'allait pas forcément être plaisante et il avait du mal à faire semblant d'être indifférent à tout ce qui se tramait autour d'eux, à leur avenir, bien incertain. Ils seraient séparés. Tous. Arianne au Bief, Anders à la baie de la Néra, Roward et Deria à Dorne. Qu'allait-il se passer ensuite ? Arianne retournerait à Dorne, auprès des deux autres. Anders finirait lui aussi par y revenir, son séjour à la baie serait assez court. Il ne comprenait pas pourquoi tout le monde en faisait tout un foin. Oui, la zone était dangereuse, mais franchement... Ce voyage dans le Bief l'avait été tout autant et surtout, ils ne s'étaient pas méfiés alors qu'ici tout n'avait été que fourberie. Il aurait davantage de chance auprès des dragons, au moins, il savait à quoi s'en tenir.

Arianne soupira, faisant signe à son frère de se retourner alors qu'elle allait se changer. Il s'exécuta, écoutant le froissement du tissu qui tombait au sol. La tentation était forte, tellement forte... Rapidement, le Dornien jeta un coup d’œil en arrière, apercevant la courbe des fesses d'Arianne qui enfilait sa robe. Tout aussi vite il se détourna et ferma les yeux en se maudissant. Mais quelle mouche l'avait piquée, sérieusement ? Quelle idée de céder ainsi à la tentation ? Parce que maintenant, il avait l'image fugace de la nudité d'Arianne gravée au fer rouge sur les rétines. Voilà encore de quoi lui causer bien des tourments dans ses rêves...

Peut-être que cet éloignement lui ferait du bien et lui remettrait les idées en place aussi. Il en avait bien besoin. Il s'était perdu dans les bras de bien d'autres femmes pour s'ôter Arianne de la tête, mais ce n'était qu'un palliatif... même si certaines avaient obtenu de lui davantage qu'un intérêt purement sexuel. Comme Arya. Ou Solvej. La première l'intriguait, la seconde l'attendrissait. Il les aimait toutes les deux. A sa façon. Comme il aimait Arianne. Mais pour elle, il se consumait. Parce que son désir demeurait inassouvi, parce que c'était là l'interdit... Il se retourna finalement, se composant un masque neutre alors qu'elle l'invitait à s'asseoir. Il s'exécuta, maîtrisant son impatience et son envie de bouger. Il nota toutefois qu'Arianne, elle, demeurait debout. Nerveuse. Elle était aussi nerveuse que lui en réalité.

« Je ne pouvais pas ne pas le faire, Arianne. »

Il avait répliqué d'une voix douce. C'était l'évidence. Il ne pouvait partir sans lui dire au revoir. Sans lui parler. Sans expliquer son choix.

« Je t'aurais tout autant manqué en allant à Dorne. »

Il s'était montré un peu plus dur. Après tout, c'était elle qui ne venait pas avec eux. Il ne faisait que prendre une autre route, mais cela ne changeait rien au fait qu'elle restait ici.

« Tu vas t'occuper des relations entre le Bief et Dorne d'ici, je m'occuperais de celles de Peyredragon et de Dorne à la baie. Et j'ai sans doute moins d'obstacles que toi, même si Rhaenys Targaryen a son petit caractère. Au moins, les dragons, eux, ne sont pas fourbes et menteurs. Je ne peux m'empêcher d'avoir peur pour toi... Cette cour est plus dangereuse que n'importe quel champ de bataille... Tu ne sais pas en qui tu peux avoir confiance, ni d'où l'ennemi frappera... »


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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mar 23 Fév - 1:30

Mon frère, celui qui m’était si similaire et si différent simultanément. Celui qui avait toujours, malgré tout, été le plus proche de moi. Cela ne facilitait pas la discussion qui s’annonçait, bien au contraire. Je l’aimais profondément, un peu plus peut-être que Deria et Roward, bien que l’on ne puisse réellement mesurer l’amour que je leur portais, et que je tenais à eux tous bien plus qu’à moi-même. Nous devions parler, oui. Avant de nous séparer, et de ne pas savoir quand nous nous reverrions, ou dans quel état nous serions. Je savais qu’Anders n’était plus un enfant, qu’il savait de toute façon se battre depuis bien longtemps. Même si ses combats se sont faits dans les premiers temps contre tous ceux qui nous voulaient du mal, d’une façon brute et désordonnée, puis ensuite de manière plus réglementée, formés par les hommes aguerris les mieux à même de lui enseigner l’art prestigieux et très certainement douloureux du combat. Je savais, bien évidemment, qu’il était plus que capable de se défendre et même d’attaquer, de prendre part à une guerre sanglante et d’en sortir vivant avec fierté et effronterie, grâce à une chance insolente.

Ces convictions ne parvenaient pas pour autant à faire taire l’angoisse sourde que j’avais de le perdre. Angoisse que, j’en étais persuadée, tous les Martell ressentaient pour moi. Comment les en blâmer ? C’était un sacrifice, mais un sacrifice nécessaire. Et je ne pouvais croire qu’il deviendrait final. Je les reverrais, j’en étais persuadée. Ses Majestés Gardener n’étaient pas de jeunes roi et reine inexpérimentées, et ils n’agiraient pas inconsidérément. On pouvait douter de ma sécurité au vu des évènements ayant eu lieu, mais il s’avère cependant que Mern Gardener avait tout fait pour nous protéger, en dépit des siens. Un acte qui pouvait nous pousser, sinon à lui donner notre confiance, à lui confier ma sécurité. Nous n’avions pas réellement le choix, mais nous devions croire en cela.

Je m’effaçais, laissant avancer mon jeune frère, le sommant juste de se retourner un instant, afin que je puisse revêtir une tenue dans laquelle je serai plus à l’aise et libre de mes mouvements. Son visage inexpressif me surprit, me déplut, ce que je cachais bien mal, alors que je lui faisais signe de s’asseoir, quand bien même je restais debout. J’étais bien trop agitée pour lui faire ainsi face, sans bouger, assise et prisonnière de mon siège. Alors je restais debout, le regardant tentant un sourire incertain, avant d’abandonner et de souffler que j’étais contente de le voir là, malgré… malgré tout, et que je ne supporterai pas son absence. Je réprimais l’envie de l’étreindre, en l’entendant me parler ainsi. Envie qui fut aussitôt refroidie bien qu’encore présente, par le ton de sa voix. Vindicatif, brutal. Pas énormément, mais suffisamment pour me montrer son mécontentement. Suffisamment pour me déplaire. Avais-je dit, pour l’instant, la moindre chose concernant son départ pour la baie de la Nera ? Non, mais il semblait bien trop remonté pour simplement accepter qu’il me manque.

Retenant un soupir de colère mêlé à un ton un peu plus désemparé, je le laissais parler, attendant qu’il finisse de s’exprimer, d’évacuer cette colère qui le consumait très certainement. Finie, la voix douce, finie la gentillesse. Très bien. Je ne disais rien, attendant. Laissant planer le silence, pour m’assurer qu’il en avait fini. Le regardant de manière bien plus dure, bien moins amène, malgré l’inquiétude toujours présent mais reléguée au loin.

« Ai-je dit l’inverse ? Quels que soient nos chemins, ce sera le cas. Mais tu préfères prendre le parti de me blâmer pour cette décision que tu savais devoir être prise, plutôt que de reconnaître qu’il me sera difficile de me séparer de toi. Très bien. Préférerais-tu que je feigne l’indifférence, et te laisse partir à une potentielle mort sans ne montrer quoi que ce soit ? »

Je me taisais un instant, réprimant mon envie de croiser mes bras, et de me fermer en l’instant à toute discussion. « Crois-tu donc pouvoir passer inaperçu et être à l’abri de tous dangers, en zone d’affrontement réel ? Les gens fréquentant la cour sont plus fourbes, nous le savons depuis notre plus jeune âge, mais penses-tu réellement être davantage protégé à la Nera, auprès d’un dragon, seul face à des milliers d’hommes et des armées plus importantes ? Mern Gardener n’a aucun intérêt à me décimer. Pas s’il espère pouvoir maintenir un entre-deux inconfortable mais ne menant pas à un conflit ouvert entre Dorne et le Bief. »

Il ne serait pas de cet avis, évidemment. Je soupirais, résistant à la forte envie que j’avais de lui tourner le dos. Je ne voulais pas que ces quelques instants, ces derniers instants avant longtemps, que nous allions passer ensemble, ne soient que conflit entre lui et moi. Je n’avais malheureusement pas le choix.




             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mar 23 Fév - 21:32

Aïe... Les choses ne débutaient pas vraiment sous de bons auspices. Anders retint une grimace alors qu'il pouvait voir l'expression de sa sœur changer pour se durcir. Il la connaissait trop bien. Et malheureusement, il avait raison alors qu'elle prenait un ton qui lui déplaisait. Le même que Deria d'ailleurs. Un peu hautain, autoritaire. Et qui lui donnait l'impression d'être un enfant turbulent qui ne connaissait rien aux affaires des grandes personnes... Très désagréable donc. La conversation allait être à couteaux tirés. Tant pis. Les choses se devaient d'être dites, même si Anders étaient bien plus blessé quand il se disputait avec Arianne qu'avec Deria. Magnifique. Ils allaient se séparés et il serait fâché avec ses deux sœurs.

« Je sais qu'il t'es difficile de te séparer de moi, comme il m'est difficile de te savoir ici, sans pouvoir veiller sur toi. Mais j'aurais eu beau tempêter et supplier, que tu aurais refusé que je reste, n'est-ce pas ? Pourquoi donc ? Parce que tu sais que c'est dangereux et délicat et que tu préfères qu'un seul Martell s'expose à ce danger, plutôt que deux. »

Parce qu'Arianne ne voulait pas que les siens soient en danger ici. Parce qu'Anders était trop impulsif pour ne pas envenimer les choses en demeurant ici également. Même si, pour Arianne, il aurait pu faire un effort, mais Deria et elle semblaient penser que ce n'était pas possible. Elle aborda alors le danger qu'il pouvait affronter à la Nera. Il détestait cette façon de le couver, comme Roward. Ils étaient des guerriers, ils avaient apprit à se battre depuis leur âge le plus tendre et avaient eu l'occasion de tester leurs connaissances aux frontières. Ce n'était pas le même type d'affrontement que cette guerre qui opposait le dragon au sautoir, mais il n'était pas non plus un novice, bien qu'encore jeune.

« Non. Et je ne me rends pas là bas pour être protégé du danger, Arianne. »

Autant ne pas mentir. Il ne souhaitait pas être tenu à l'écart des affrontements, loin de là et il y avait une lueur de défi dans son regard alors qu'il rétorquait cela à sa sœur.

« S'il y a affrontement, et bien, au moins, je serais enfin utile. Je ne sais faire que cela de bien, Arianne. Me battre. Les petits jeux politiques, je vous les laisse. »

Même s'il essaierait aussi d'amadouer un peu la dragonne, avec Orys en appui. Il n'était pas diplomate ni politicien et ce n'était clairement pas sa spécialité, mais apparemment, les ronds de jambe ne passaient pas mieux que la franchise auprès des Targaryen, alors bon, il avait ses chances.

« Et s'il essayait simplement de gagner un peu de temps ? Le temps de nouer d'autres alliances et de pouvoir se préparer à la guerre contre nous, pour nous écraser ? On ne sait pas ce que cet homme mijote, mais sans doute pas une paix avec Dorne, Arianne... »

Mais ce qui était fait était fait, n'est-ce pas ? Les accords avaient été passés et chacun se devait de jouer son rôle de pion.




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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mer 24 Fév - 0:51

Le ton d’Anders… Il n’était pas en colère, pas encore. Non, il manifestait son mécontentement, sa désapprobation, d’un ton bien trop calme. Il énonçait les faits, sans tempêter. Je ne pus retenir un rictus peu engageant, à l’entendre. C’était pire, je crois, que de le voir s’énerver et exploser. D’autant plus en sachant que ce froid glacial si peu coutumier m’était dirigé. Je mordais ma lèvre un peu fortement, pour essayer d’étouffer cette impression dérangeante qu’il voulait totalement m’éloigner. Qu’il agissait ainsi pour me faire comprendre que rester au Bief avait creusé un fossé qu’il serait impossible, cette fois, de combler. Je ne le supporterais pas, et je ne supportais pas sa prétendue impassibilité. Je savais pertinemment qu’il disait la vérité, en tout. Je préférais me sacrifier pour eux, me mettre dans cette position inconfortable pour qu’aucun Martell n’ait à la subir. Ils n’auraient de toute façon pas pu, Roward et lui, garder le calme nécessaire à cette position que l’on m’imposait pour contenter le Roi du Bief et ses bannerets. Pour lui assurer un peu de répit, si Dorne et le Bief en venaient à s’embraser l’un contre l’autre.

« Le danger n’est pas la raison qui fait que vous vous éloignez du Bief, mais bien la nécessité de rassurer le peuple de Dorne sur votre sort. Y compris sur le tien. Le peuple de Dorne, pas la dragonne ou son Prince. Non. Les nôtres. Nos sujets. Et oui, c’est une tâche délicate. Mais tu sais que je suis à même de réussir à traiter sagement de cela. Ni le Roi ni la Reine ne sont hostiles à ma présence. Aucun d’entre eux ne s’est avéré déplaisant ou déplacé, envers moi. Pour le moment. Et il n’est pas dans leur intérêt d’agir ainsi, après votre départ. Leurs jardins pourraient bien être peuplés de serpents, que ce ne serait pas des espèces du désert à même de survivre à la brulure du soleil dornien. Il ne m’arrivera rien, si l’on s’avise de ne pas me traiter comme il le faut. À eux, en revanche… Mais cherches-tu donc à te tourmenter, en m’obligeant à t’avouer cela ? À me tourmenter, de ne pouvoir vous offrir une certaine tranquillité, en restant à vos côtés ? »

J’avais beau lui dire une telle chose, je ne pouvais m’empêcher d’agir de la même façon, en énonçant chaque danger, chaque crainte que j’avais pour lui, alors qu’il se rendrait à la Nera. Auprès d’une armée, en combattant une bien plus importante et meurtrière. C’était plus fort que moi, et si j’avais voulu être forte et ne pas exprimer cette peur, je n’en étais pas capable. Je lui lançais un regard bien sombre, en réponse à sa rebuffade. Il allait à l’encontre du danger. L’impertinence de ses propos, l’effronterie dont il faisait preuve… Tout cela n’était rien, en comparaison au mépris qui ressortait de ses propos à venir. Diminuer son utilité. Diminuer ses capacités. Insulter, presque, ses sorts, davantage aptes à manœuvrer entre les difficiles subtilités de la politique. Serrant les poings, je m’arrêtais, sans vraiment regarder Anders, mais en conservant mon regard posé sur lui. Je ne tolérais pas l’injustice dont il faisait preuve envers Deria qui se démenait pour maintenir Dorne à flot tout en donnant à sa fratrie bâtarde l’importance qu’elle estimait qu’ils méritaient, et en mécontentant ainsi son peuple le mieux nanti. Je ne supportais pas davantage, même bien moins, cette remise en question qu’il avait de lui-même. Je lui avais souvent répété, quand nous étions plus jeunes, qu’il valait bien plus que ce qu’il affirmait. Qu’il me rappelle tout cela, en un tel instant… Je me retenais de lui dire que s’il pensait que ni notre sœur ni lui ne valaient mieux que ça, il pourrait partir en l’instant, et ne pas chercher à me revoir jusqu’à leur départ.

« Fort bien, laisse nous rédiger des missives et tenter de conclure des accords d’une inutilité visiblement flagrante à tes yeux, nous épuiser à ne rien faire, pendant que tu excelles dans ton unique talent et te fais tuer en agissant ainsi. Nous serons probablement trop engoncées dans ces échanges plaisants et amusants, pour remarquer ce fait, de la part de toi, qui avait pour unique talent et qualité celui de savoir se battre. »

J’allais surement trop loin, mais c’était bien l’une des choses que je supportais le moins, venant de lui. Je reprenais ma marche le long de la pièce, tentant d’ignorer la colère qui, si elle était atténuée auparavant, grossissait de plus en plus à chaque pas.

« N’est-ce pas ce que nous tentons de faire, en négociant votre départ, moyennant qu’une quantité infime de nobles restent, en plus de moi ? Temporiser, pour ne pas attiser la flamme de la guerre ? Bien sûr, qu’il gagne du temps. Mais s’il se prépare à une guerre, cela ne se fera pas en quelques jours. Or, je n’y resterai pas plus de quelques jours, deux semaines tout au plus. Fais nous confiance. Et ne crois pas qu’il soit plus coupable que nous, de ce qui est arrivé. Il aurait profité de la confusion pour nous tuer en toute légitimité, si tel était le cas. Aux yeux de beaucoup, du moins. »

Oui. Et nous n’avions de toute façon pas le choix. Deria, tout comme lui par ailleurs, avait du faire des concessions. Nul ne pouvait agir comme il l’entendait.




             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mar 1 Mar - 16:00

« Oh je t'en prie, ne sois donc pas naïve. Évidemment, que nous sommes en danger dans le Bief. Nous sommes des Dorniens. Les Bieffois seraient tout autant en danger chez nous. Roward et Deria vont rentrer, cela suffira bien à rassurer les nôtres, leur princesse et leur prince seront sains et daufs. C'est tout ce qui importe. »

Ses propos pouvaient sembler bien durs, mais c'était la réalité. C'étaient Deria et Roward qui avaient l'affection du peuple, des nobles, pas Arianne et encore moins Anders. Il en avait trop souffert pour ne pas être totalement lucide à ce sujet.

« Il me semble que nous avons plus que besoin d'alliés Arianne. Et puis revoir Orys Baratheon sera un grand réconfort. »

Les deux bâtards se comprenaient, ils avaient des histoires assez semblables. Sauf que désormais, Orys Baratheon était prince, rien que cela. Anders ne le serait jamais. Parce qu'il prendrait alors le pas sur Roward en étant plus âgé. Et puis... les dorniens n'étaient pas prêt à accepter cela. Ils avaient déjà bien des sujets de mécontentement, sans en rajouter un de plus. Il avait besoin de prendre ses distances. Avec Deria. Même si elle ne faisait que son devoir, il ne pouvait réprimer sa rancœur à son encontre. Autant laisser les choses se calmer. Anders était ainsi. Il lui fallait un peu de temps pour décolérer et ensuite, les choses redeviendraient comme avant. S'il revenait vivant. Si Arianne revenait sans encombre. Qui savait ? Peut-être que les choses ne seraient plus jamais comme avant...

« Et franchement, je préférerais que les Gardener se montrent hostiles ouvertement, que cette hypocrisie ambiante et policée. »

Parce qu'il ne faisait aucun doute pour le Dornien que ce n'était là qu'une habile stratégie pour endormir la méfiance des dorniens et mieux leur enfoncer un couteau dans le dos. Il n'avait aucune confiance en Mern, et qu'importe sa conduite honorable ou ses bonnes paroles, il ne voyait en lui qu'un serpent. Qu'Arianne pense donc pouvoir calmer le jeu entre le Bief et Dorne, si cela lui faisait plaisir. Il n'y avait plus rien à faire entre ces deux royaumes qui se cherchaient querelle depuis des années. Il suffisait de se retrouver aux côtés des soldats pour savoir que l'antagonisme était trop soigneusement ancré. Comme pour la faire sortir de ses gonds, il proclama bien haut et fort qu'il ne cherchait pas à fuir le danger ; bien au contraire. Il savait se battre, et il le faisait bien, qu'elle le laisse donc à ce qu'il savait faire. Elle, elle ferait la diplomate auprès des Gardener et lui, le guerrier auprès des Targaryen. Il vit à l'expression de sa sœur qu'il avait touché un point sensible chez elle. Ah oui, c'est vrai, elle n'aimait pas qu'il se dévalorise. Ce n'était pas le cas pourtant, il était juste lucide. L'ironie mordante dont elle fit preuve ne lui donnait envie que d'une chose : la pousser à bout. Il haussa les épaules, répliquant sur le même ton, non sans se moquer d'elle :

« Il faut bien que vous vous occupiez. »

Puis, il ajouta, un brin provocateur :

« Et je n'ai pas l'intention de me faire tuer, tu sais. Tu as donc si peu confiance en mes talents guerriers pour affirmer ainsi que je n'en reviendrais pas vivant ? Je suis peut-être une tête brûlée, mais je ne suis pas suicidaire pour autant. »

Il secoua cependant la tête, avec un petit air excédé quand elle prit la défense de Mern. Enfin ce n'était pas vraiment prendre sa défense, mais elle se montrait beaucoup moins dure envers lui que son frère. Il ne répliqua cependant rien à ce sujet, qui risquait fortement de tourner en rond.






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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mar 1 Mar - 23:40

Me prenait-il pour une imbécile, à m’accuser ainsi de me penser en sécurité ? Je soupirais, tentant de faire abstraction de la colère qu’il faisait naître en moi. Je n’étais pas aussi naïve qu’il l’entendait, au point de me croire à l’abri de tout danger. Mais il était visiblement trop en colère pour envisager un seul instant que je n’avais nulle intention de découvrir le Bief et ses merveilles, et de m’exposer à l’ire des bieffois, alors que je prolongeais mon séjour à Hautjardin. En captivité.

« Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne suis bien évidemment pas en sécurité, si j’en venais à m’exposer au peuple du Bief, sans escorte. Mais je ne suis pas une idiote, à qui il viendrait l’idée de le faire. Tant que je reste dans le palais et sous bonne garde, je serai moins confrontée au danger. Mais oui, leur princesse et leur prince leur importe. Mais ne crois pas qu’ils ne partagent pas cette fierté typiquement dornienne que tu possèdes. S’ils n’ont aucun intérêt pour nous lorsque nous sommes à Lancehélion, ça reste un affront pour eux, que des bieffois mettent leurs mains sur nous. Parce que nous sommes dorniens. Peu importe qui nous sommes. Alors ça importe pour le moment. Mais si je venais à ne pas revenir, alors que vous oui… Ce serait un prétexte pour laisser libre cours à leur rancœur et à leur colère, et Deria ne tempèrerait probablement même pas. »

Oui, c’était un fait avéré. Il ne serait surement pas d’accord, mais j’avais raison et je le savais. Quoi qu’il en dise. Je retenais difficilement une grimace et un éclair de colère dans mes yeux, en l’entendant.

« Fort bien, va donc améliorer nos relations avec ces alliés. »



Je n’ajoutais rien de plus. Il n’y avait après tout rien à ajouter. Il préférait leur présence à la nôtre, et je le prenais relativement mal. Je gardais pourtant tant bien que mal mon calme. Plutôt mal. Quand bien même je ne serai pas à Dorne. J’aurai presque voulu qu’il soit là-bas, à mon retour. Nous allions nous diviser, et cela ne me plaisait guère. Croisant les bras, j’attendais la suite. Je ne comptais pas relancer la conversation, alors qu’il venait d’affirmer ne pas vouloir être en notre présence. Même si cela ne me touchait pas directement, car il savait que je n’allais pas être en Dorne quand cette décision de l’envoyer à la Nera fut prise. Mais bien que me pensant en danger, il ne pouvait résister à aller risquer sa vie. Sachant que l’on pourrait bien ne jamais se revoir. Cela, j’avais du mal à l’accepter. Bien du mal. J’arquais un sourcil, en l’entendant.

« Ne sois pas si borné. Si les évènements se sont prouvés malencontreux, il est évident qu’ils cherchaient réellement la paix. Pour un conflit à retardement, peut-être, mais cela nous aurait servi à nous aussi. Mais il faut croire que les dissensions entre notre peuple et le sien sont trop grandes, et que nous sommes de trop grands rêveurs. »

Oui, c’était certainement cela. Bien que Mern Gardener soit quelqu’un dont on doit se méfier. Il pouvait aisément nous mener dans un piège. Nous n’avions pas réellement le choix, de toute façon. Je le fusillais du regard, alors qu’il parlait de nous occuper. Il pouvait être sérieusement agaçant, quand il manifestait son mécontentement, et si je lui passais beaucoup de choses, il parvenait malgré tout à m’exaspérer par moment. Je regardais le silence, crispant ma machoire, bien que l’envie de répliquer soit forte.

« Que j’ai confiance en tes talents guerriers n’enlève rien au fait que je sois ta sœur, et que je tienne grandement à toi. Et que, par conséquent, je sois inquiète. »

Donc oui, je craignais de le perdre. Mais il ne servait à rien de tergiverser à ce sujet, pas plus que de nous opposer à propos des Gardener. Nous ne parviendrons jamais à nous entendre à ce sujet.




             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Dim 6 Mar - 20:00

« Mais Arianne, ne comprends-tu pas que si Mern compte nous faire plier en faisant pression parce qu'il te détient, Deria devra faire un choix et que son statut de princesse lui intimera de faire passer notre peuple avant son amour pour toi ? »

Et c'était ça qui rendait fou Anders. Si cela devait advenir, Deria ferait son choix et Arianne en avait sûrement bien conscience. Restait à savoir si Mern tenterait sa chance malgré tout ou s'il avait compris qu'il était désormais inutile de pousser l'avantage et de tenter de rogner les accords déjà passés... Certes, tuer Arianne ne ferait que précipiter la guerre. Mais comment savoir de quoi était capable le suzerain du Bief ? De combien d'hommes il disposait ? Il était intelligent et rusé et cela était un mélange bien dangereux. Il n'était pas aussi convaincu qu'elle concernant leur valeur. Le peuple se soulèverait-il si l'un des deux bâtards était tué ? Possible. Parce que c'était une bonne excuse pour enfin entrer en guerre. Tout simplement. Il ne se faisait aucune illusion sur son importance.

Sa sœur prenait mal qu'il ne rentre pas à Dorne et décide de rejoindre les Targaryen. Il l'épingla du regard quand elle répondit avec colère, n'ignorant rien des pensées d'Arianne à ce sujet. Et il ne répondit rien. A quoi bon ? Tout était dit. De toutes façons, que cela plaise ou non à Arianne, il agirait ainsi, un point c'est tout. Il ne recevait d'ordres que de Deria et encore, bien à contre cœur. Il aurait presque pu penser que sa sœur était jalouse qu'il leur préféra les dragons, mais cela aurait été ridicule, non ?

Il persista à se méfier des Gardener. Il ne savait que penser des événements qui s'étaient déroulés lors du banquet. Qui l'avait orchestré. Ce que Mern y avait gagné. De généreux dédommagements déjà. S'il n'était probablement pas à l'origine de tout cela, il avait su en tirer profit.

« Et bien, tu dois alors comprendre que je sois inquiet également. »

Un point partout. Sauf qu'Anders avait une formation guerrière, qu'il était davantage doué dans ce domaine et que ses sœurs ne pouvaient pas le garder près d'elles, loin du danger. En revanche, ce n'était pas le rôle d'Arianne de s'y exposer.



Elle lui tourna le dos sur une dernière tirade. Il fut frappé par une phrase en particulier. Pouvait-il encore la considérer comme sa sœur après cela ? Seul un murmure répondit à la colère d'Arianne :

« Non, mais ce n'est pas à cause de cela... »

Et sans ajouter un mot de plus sur le sens mystérieux de sa réponse, il tourna les talons et sortit en claquant la porte. Il allait partir en quête de quelque chose de fort. Il avait besoin de s'enivrer, de l'oubli. Il avait tout gâché avec Arianne. Il ferait comme avec Deria. Il ne les reverrait pas avant son départ, leur ferait des adieux informels et voilà tout. Il allait passer ses derniers jours à Hautjardin à oublier, il n'avait rien d'autre à faire de toutes façons.

Sauf qu'Arianne ne lui laissa même pas le privilège de réaliser son plan. La veille de son départ, assez tard, on frappa à sa porte.

« Allez vous en, j'ai dit que je ne voulais voir personne. »

La voix qui s'éleva de l'autre côté du bois lui serra le cœur. Il voulait la voir encore moins que les autres. Il s'était montré trop bavard. Il espérait qu'elle ne l'avait pas entendu murmurer ou n'avait pas saisi le sens de ses paroles. Il ne saurait pas mentir à ce sujet... Ni s'expliquer.

« Il me semble que nous nous sommes tout dit. Va-t'en. »

Sa voix était lasse. Et dissimulait mal son amertume et sa douleur.


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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Sam 12 Mar - 0:56

Je laissais passer un instant de silence, afin de voir à quel point Anders pensait sérieusement ce qu’il disait, finissant par soupirer.

« Tu connais Deria. Tu sais pertinemment que, quoi qu’elle puisse dire, quelle que soit la chose dont elle veut se convaincre, elle n’est pas aussi impassible ni déterminée que ça. Pas quand ça nous concerne. Elle n’agira pas ainsi aussi facilement et sans hésitation qu’elle veut le dire. Elle est comme notre père. Comme Mima. Les nôtres avant tout. Inutile de te rappeler ce qu’ils ont fait pour moi… »

Il serait temps, plus tard, de parler de ça. Bientôt, bien trop tôt, même. Et je devais lui faire comprendre que, malgré le danger que je courrais qui était réel, il devait reconsidérer la position de Deria. Elle avait peut-être dit de telles choses, peut-être avec conviction, mais je la connaissais suffisamment bien pour savoir que cela ne serait pas aussi aisé qu’elle pouvait le sous-entendre, pour elle. Loin de là. De là à faire entendre raison à Anders sur ce sujet…

Soupirant, je secouais la tête, sans rien ajouter. Je n’avais pas grand chose de plus à dire. Et il embrayait sur un sujet bien plus déplaisant – à mes yeux, du moins. Car aux siens, il était évident que c’était une bénédiction des Dieux, une bouffée d’air frais certaine. Il me peinait, à s’enthousiasmer ainsi d’aller chez les dragons, d’aller au devant de la guerre. Je me pinçais l’arrête du nez, devant son regard, comme pour me contenir. Comme pour m’empêcher de dire des propos que je regretterais. Parce que je le regretterais, si je m’emportais trop, c’était évident. Serrant les dents, je m’approchais de lui, sans pour autant me mettre à portée. J’avais envisagé d’aller le serrer dans mes bras, mais je n’étais pas certaine de le vouloir, finalement. Je le voulais et ne le voulais pas simultanément, à vrai dire.

« Je ne t’ai jamais reproché de le faire, et je n’ai jamais dit ne pas le comprendre. Mais… »

Mais de là à affronter les armées ennemies du dragon… Non, cela, je ne parvenais pas à l’accepter. Je grimaçais bien malgré moi, à l’imaginer grièvement blessé et ne jamais nous revenir, dans le carnage du champ de bataille. Comme à chaque fois qu’il partait comprendre, quoi que je le cache généralement mieux. Un peu. Il n’entendrait de toute façon pas raison, alors à quoi bon ? Non, il n’y avait aucun intérêt à m’attarder là-dessus et à tempêter à ce sujet. Il aurait vite fait de me dire qu’il n’irait pas, s’il pouvait rester ici à mes côtés. J’étais persuadée qu’il pourrait chercher à négocier comme cela. S’il ne savait pas, évidemment, que la réponse serait négative. Encore plus que d’aller auprès d’Orys Baratheon et Rhaenys Targaryen, il était hors de question qu’il reste dans le Bief. Et ce serait irresponsable.



Grimaçant, de dos à lui, j’hésitais à lui faire face, avant de me retourner subitement en l’entendant. Sans même avoir le temps de le questionner, alors que je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire. Je fronçais les sourcils, et regagnais mon lit, hésitant à lui courir après, à l’obliger à s’expliquer. Mais ce serait bête. Rien de bon n’en ressortirait. Non, je m’allongeais à nouveau, tentant de retrouver ce sommeil qui me fuyait. Qui continua à me fuir.

Inutile de dire que les jours qui suivirent passèrent bien trop lentement à mon goût, et de manière pas franchement heureuse. Mais je ne me résolus pas à me rendre de nouveau auprès Anders, à ne pas m’imposer, avant la veille de son départ. J'hésitais longuement avant de frapper à la porte, et hésitais tout autant à faire demi tour en entendant ses paroles, le ton de sa voix. La… colère mais surtout la détresse qui transparaissaient me brisaient le cœur. Réellement.

« Je ne partirai pas. Pas avant que tu n’aies accepté de me voir et de me parler. »

Je tressaillais, en l’entendant. Sa voix me blessant et me touchant encore plus que quand il avait parlé sans savoir à qui il avait à faire. Mais je ne m’arrêterai pas à ça. Jamais. Je m’imposerai, aussi longtemps que nécessaire. C’était comme ça, et pas autrement. Jamais ce ne serait autrement. J’avais pu compter sur lui, à de nombreuses reprises, la réciproque avait été vraie, et je comptais bien qu’elle le soit toujours.

« Non. Tu vas t’expliquer. Tu vas écouter mes excuses, tu vas m’entendre te dire ce que j’ai à te dire. J’ai eu tort. J’ai eu tort de croire que vous vous détourneriez de moi. J’ai eu tort d’avoir peur de votre réaction, à cause de l’image déplorable que j’avais de moi. J’ai eu tort, de ne pas me confier à vous, et de ne pas attendre votre pardon, de ne pas bénéficier de votre soutien. J’ai eu tort de penser que j’étais souillée à vos yeux. »

Je m’arrêtais un instant, le fixant, avant de reprendre – et de recommencer à arpenter la pièce en marchant, ce que je n’avais même pas eu conscience de faire. « Je t’aime Anders, quoi que tu en penses, quoi que tu en dises. Et je n’abandonnerai pas avant que tu acceptes de me voir encore, que tu… que tu me pardonnes, ou m’en veuilles un peu moins, ou je ne sais pas… »



             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Sam 19 Mar - 20:40

Sa sœur pouvait se montrer têtue. Très têtue. Il savait qu'elle n'exagérait pas en disant qu'elle ne partirait pas s'il ne voulait pas lui parler. Elle était capable de camper devant sa porte, ni plus ni moins. Oh il pourrait lui infliger cela, mais en vérité, il n'avait pas le cœur de la faire souffrir davantage. Parce qu'il avait eu plusieurs jours pour ressasser leur discussion, ou plutôt, leur dispute, et en arriver à la conclusion qu'il était allé trop loin et s'était montré bien trop cruel avec elle. C'était toujours comme cela quand il était en colère. Il explosait, sortait des horreurs et quand sa rage retombait, il en arrivait à regretter, ne pensant pas la moitié de ce qu'il avait pu dire.

Il tressaillit quand Arianne rajouta qu'il allait s'expliquer, son ventre se tardant désagréablement d'appréhension. S'expliquer sur quoi au juste ? Sur ce qu'il lui avait dit dans un moment de colère et de faiblesse ? Ou sur toute la discussion ? Il espérait que c'était la seconde alternative, ce serait plus facile, que de devoir lui avouer qu'il ne la considérait plus comme une sœur depuis longtemps maintenant, leurs petits flirts innocents ne l'étant pas tant que cela malheureusement. Ils avaient joué avec le feu, lui, il s'était brûlé... Et que dire de ce qui coulait dans ses veines quand il imaginait Arianne se donner à ce Fer Né ? La jalousie était un poison qui allait le rendre fou, qui hantait ses rêves... C'était normal qu'il réagisse mal en imaginant sa sœur écarter les cuisses face à un homme qui l'avait enlevée. Mais ça ne l'était pas de souhaiter être cet homme, d'avoir ce privilège. C'était malsain. Beaucoup trop malsain.

Et cela l'empoisonnait petit à petit car il ne pouvait en parler à personne. Arianne était la cause de son tourment. Il n'était pas assez proche de Deria. Et Roward... Ne comprendrait pas. Il ne supporterait pas d'être rejeté par les siens. Quelle ironie de penser ainsi après avoir accusé Arianne de la même chose quelques jours plus tôt. Il ne comprenait que trop bien sa terreur de perdre sa famille, parce qu'elle serait jugée et condamnée. Arianne s'excusa alors. Pour presque tout. Surtout pour avoir douté d'eux. Et pourtant, elle n'avait pas eu tort d'avoir peur de cela. Parce que même si Roward, Deria et Anders pouvaient lui pardonner ses cachotteries, ses agissements, il y avait fatalement un moment, suivant l'annonce, où le rejet faisait sens. Un moment difficile... Et qui pouvait distendre les liens fraternels.

Arianne allait et venait, en proie à une vive agitation, alors que son frère demeurait assis, la regardant à peine. Elle lui avoua alors qu'elle l'aimait et il ferma les yeux, rejetant la tête en arrière, étouffant un peine un petit ricanement défaitiste. Désillusionné. Elle lui faisait mal et elle n'en avait même pas conscience.

« Très bien. Je ne t'en veux pas. Voilà. »

Sa voix était pas mal éraillée de ne guère s'être faite entendre les derniers jours. Il soupira :

« Que veux-tu que je te dise ? Sur quoi veux-tu que je m'explique au juste ? Tu sais que mes mots ont dépassé ma pensée... Jamais je n'ai pensé que tu étais une fille facile. Et jamais je ne le penserais. Tu as fait ce qu'il fallait pour t'éviter l'humiliation de n'être qu'un objet dans les pattes de tous ces marins... »

Il parlait lentement, comme si proférer ces paroles lui écorchait la bouche, et ce n'était pas totalement faux, alors qu'il se lacérait lui-même le cœur en se montrant effroyablement... rationnel.

« Et ce que tu nous as caché, tu l'as fait par peur qu'on te rejette. Des peurs qui étaient sans doute fondées, peut-être que tout ne peut pas être pardonné, tous les secrets ne peuvent être dévoilés après tout. »


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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Lun 21 Mar - 21:42

J’aurai pu attendre mais je savais que, malgré ma détermination, je craignais encore cette confrontation. Je n’avais pas revu Deria depuis que je lui avais tout avoué, à elle aussi, et je ne voulais pas que cela se passe encore de cette façon avec Anders. Et je voulais comprendre sa remarque plus qu’incompréhensible, avant qu’il ne me fausse compagnie, me laissant avec mes doutes, mes interrogations, et la terrible sensation de l’avoir perdu à jamais. Alors je poussais la porte, sans attendre son accord. Ou sans me soucier de son refus, plutôt, de me voir rejoindre les appartements qui lui avaient été dédiés. Je m’arrêtais de marcher, en l’entendant. Alors quoi, il croyait que ça allait s’arrêter là ? Que j’allais accepter sans croire une seconde qu’il mentait qu’il ne m’en voulait pas, et partir ? Si oui, il se trompait gravement. J’étais bien trop perdue pour ça. Je voulais des explications, et il me les fournirait. Peut-être. Je l’espérais, en tout cas.

Croisant les bras, je ne disais rien, attendant. Attendant qu’il poursuive, qu’il ajoute quelque chose. À raison. Sauf qu’il disait quelque chose de si… raisonnable, que c’en était encore plus confus, pour moi. J’étais rassurée, au moins. Son ton était tout sauf naturel, mais… il ne pouvait qu’être sincère, pas vrai ? J’avais envie d’y croire, mais il ne fallut que quelques phrases de plus, pour qu’il brise cet espoir. Non, il ne pensait peut-être pas ça, mais… Mais il me rejetait malgré tout, c’était ce que ça voulait dire, n’est-ce pas ? Il ne pouvait pas me pardonner, pas une telle chose. Je me retournais, fixant la porte. Je n’aurai peut-être pas du venir. Je sentais une boule dans ma gorge, m’empêchant de parler, et les larmes qui me montaient aux yeux. Je ne voulais pas qu’il me voit comme ça, même si ma posture devait trahir combien j’étais mal.

Je laissais passer un instant, pour faire refluer les larmes qui brillaient dans mes yeux, avec plus ou moins de succès, pour pouvoir parler à nouveau, sans trahir ma détresse et mon désarroi. J’aurai mieux fait de ne rien dire, j’en étais certaine. Ou de ne jamais revenir. Peut-être aurait-ce été moins pire, pour eux, en réalité, si je m’étais offerte à tous les fer-nés sur le navire. Je déraillais, blessée par sa réaction, oui, ça devait être ça. Je déglutissais, me forçant à retrouver mon calme, sans me retourner pour autant.

« Très bien. Je m’en souviendrais. Mais je ne voulais pas parler que de ça. Pourquoi ne suis-je plus ta sœur ? Tu ne peux pas me pardonner, je comprends ça, je ne chercherai pas, je n’insisterai pas. Mais tu as dit toi-même que tu ne disais pas ça pour ça, de quoi parlais-tu ? Et si tu veux que je parte, une fois que tu m’as dit ça, je partirai. »

J’étais en bon chemin, de toute façon. La porte était non loin devant moi, après tout.



             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Jeu 7 Avr - 19:45

Elle était blessée... Arianne pouvait faire ce qu'elle voulait pour masquer ses émotions, Anders la connaissait trop pour ne pas déceler la détresse chez elle. Ses yeux étaient bien trop brillants, alors que les larmes menaçaient de perler à ses yeux. Pourtant, il n'avait rien dit de blessant à son encontre, si ? Il fronça les sourcils en l'observant, cherchant dans ses paroles ce qui avait bien pu être prit de travers. Il avait juste convenu qu'il existait des secrets qu'il ne valait mieux pas dévoiler au risque d'être jugé et de décevoir ses proches. Il ne faisait que lui avouer comprendre ses motivations, après les lui avoir reproché auparavant. Qu'y avait-il de blessant là dedans ? Décidément, même quand il prenait des précautions, il se montrait maladroit, c'était blasant.

Cependant, ses espoirs s'envolèrent quand Arianne lui demanda pourquoi elle n'était plus sa sœur. Il retint un gémissement, et se prit la tête entre les mains. Merde... Il avait eu la langue trop bien pendue et malheureusement, elle n'était pas passée à côté. Comment il allait pouvoir s'expliquer à ce sujet sans se trahir ? Sans lui avouer qu'il se consumait de désir pour elle et n'avait qu'une envie, lui faire l'amour, encore et encore... Elle allait le regarder avec dégoût, ou comme s'il avait perdu l'esprit. Elle allait lui dire qu'il se trompait, que cela ne pouvait pas être du désir... Et puis, elle s'éloignerait, gênée en sa présence. Et il la perdrait. C'était aussi simple que cela.

Mais peut-être que c'était justement ce qu'il lui fallait : qu'elle se détourne de lui, qu'il cesse ainsi d'alimenter ses fantasmes malsains et passe à autre chose. En ayant perdu sa sœur, sa confidente... La relation avec elle était précieuse. Davantage que l'assouvissement de ses bas instincts. Mais la sincérité était aussi le ciment de leur jolie relation. Et elle avait été mise à mal par leurs dissimulations respectives... Arianne avait avoué ses secrets. Et cela avait ébranlé toute leur famille. Qu'en serait-il quand il ferait de même ? Sa sœur n'irait sans doute pas divulguer ce qu'il lui confierait... Mais malgré tout, Deria et Roward seraient intrigués de voir qu'ils s'étaient éloignés. Deria en avait déjà été surprise au retour d'Arianne après son enlèvement.

« Tu interprètes tout de travers Arianne. Tu ne m'écoutes pas... Je n'ai jamais dit que je ne te pardonnais pas... Je dis simplement qu'il est des secrets bien trop terribles pour ne pas venir tout ébranler, même les relations les plus sincères et solides... Tu as fait ce que tu devais faire. Aucun de nous n'était à ta place... Je mentirais en disant que cela ne me rend pas fou de rage mais... Non, je ne peux pas t'en vouloir... »

Il prit une ample inspiration, se redressant alors, pour rejoindre Arianne, se plantant devant elle et caressant doucement son visage pour attirer son attention alors qu'elle semblait fuir son regard.

« Crois-tu que tout peut être pardonné Arianne ? Que tu pourrais tout ME pardonner ? Même le pire ? »

C'était sans doute amené fort maladroitement, une fois encore. Surtout qu'elle lui assurerait que oui, sans savoir de quoi il retournerait, pour ensuite le regarder avec incrédulité ou horreur quand elle saurait.

« Si j'ai dit que je ne te voyais plus une sœur, ce n'est pas parce que je ne t'aime plus, mais parce que je t'aime trop... Et depuis trop longtemps... »


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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mer 13 Avr - 15:43

J’aurai voulu dissimuler bien mieux que je ne le faisais la détresse que le rejet que je subissais de la part de mes frères et sœur faisaient naître en moi, mais on lisait en moi comme dans un livre ouvert, et encore plus quand cela venait d’Anders. Il avait beau essayer de me rassurer et m’affirmer que ce que j’avais fait n’était pas de ma faute, ou du moins que je n’avais pas eu le choix, il n’aurait pu y arriver que s’il ne m’avait pas affirmé la seconde d’après que j’avais malgré tout eu tort d’en parler, et que je serai encore rejetée. Comment aurait-il pu en être autrement ? Pourquoi avais-je ressenti cet espoir idiot que, peut-être, Anders pourrait me pardonner ou me réconforter de ces jours terribles qui s’étaient passés sans que je ne lui parle, ou sans que je ne parle à Deria ? Peut-être était-ce le signe que je devais arrêter de m’appuyer sur eux, et seulement servir les Martell sans me soucier de quoi que ce soit d’être. Ignorer tout ce qui me bouleversait ou mes sentiments personnels, et agir comme je devais le faire. Me marier, quand ce serait nécessaire, par exemple. Dénoncer les agissements de n’importe quel fer-né, si je devais pouvoir le faire. Grimaçant, je détournais le regard, me refusant à regarder mon frère, alors que je ne désirais que du réconfort de sa part, ce que je n’aurai plus.

Peut-être aurais-je du partir tout de suite. Je le pouvais encore. Le devais-je ? Cela ne changerait rien, il venait après tout de lui dire qu’il n’oublierait pas, que jamais il ne pourrait la pardonner, pas après qu’elle ait dévoilé ce secret. Pourquoi en avait-elle parlé ? À quoi bon, alors qu’elle avait aussi bien compris Anders que Deria, très bien compris qu’ils ne voulaient plus la voir, étant donné leurs réactions ? Le mal était de toute façon fait, son indécision et sa stupidité avaient contribué à permettre aux fer-nés de brûler le Bief, de piétiner la potentielle non-mésentente qu’ils espéraient faire naître avec le Bief.

« Que tu ne puisses pas m’en vouloir ne veut pas dire que tu peux continuer à me parler, à me voir, à m’aimer, comme un frère le ferait, comme la sœur que je suis pour toi. Pourquoi ne comprends-tu pas ça ? J’ai peut-être brisé pour de bon ce que l’on partageait, alors ne fais pas semblant, ne me donne pas l’espoir que ça ne soit pas le cas. C’est cruel, et si je dois souffrir, tu ne peux pas m’infliger une douleur plus grande encore que celle de prétendre que l’on pourra toujours se parler pour me le retirer ensuite brutalement. »

Ma voix tremblait – si je la voulais assurée, elle était bien loin de l’être. Il m’aurait fallu davantage de temps et être plus apte à dissimuler ce que je ressentais, pour dire cela sans hésiter, sans trembler. Non, il était tout bonnement impossible que je le dise d’une voix froide, sans émotion aucune. J’étais plus proche de me briser, de fondre en larmes, que d’être impassible. Je sursautais légèrement, surprise par sa main sur ma joue. Il ne me fuyait pas ? À quoi jouait-il, et que voulait-il dire avec ces questions ? Fronçant les sourcils, je me forçais à le regarder, pour comprendre.

« Bien sûr. Jamais je ne me détournerai de toi, Anders. Jamais. »

Je le pensais sincèrement, bien qu’il m’inquiète. Qu’avait-il fait ? Que se passait-il ? Cela pourrait-il creuser un peu plus encore le fossé que j’ai commencé à créer entre nous ? Cela pourrait-il nuire à Deria, aux Martell, à Dorne ? Cela pourrait-il… me blesser, comme je l’avais blessé sans le vouloir ? Mon visage devait montrer et mon incompréhension et ma contrariété, mais je m’obligeais à ne pas le détourner, regardant Anders dans les yeux. Pour légèrement reculer, en l’entendant. Pas volontairement, et pas pour mettre de la distance entre lui et moi, mais pour comprendre. Pour réfléchir. Pour savoir quoi dire. Je retenais une grimace, avant de me rapprocher un peu, et de prendre sa main. Je ne savais pas quoi lui dire, je ne me sentais probablement pas très bien, mais je ne pouvais pas lui tourner le dos. Et puis, il devait se tromper. J’étais sûre qu’il aimerait quelqu’un davantage que moi encore. J’ignorais le sentiment d’être flattée que je ressentais, et la satisfaction de savoir que l’on ne me volerait pas mon frère. J’ignorais aussi l’autre visage qui s’imposait à moi. Je ne pouvais pas partager ces sentiments qu’il ressentait, mais… Je l’aimais profondément, et je refusais de le perdre. Je le regardais, perdue, sans savoir quoi dire. Quoi dire pour pas le blesser, quoi dire pour ne pas le repousser, non plus. Quoi dire pour garder à mes côtés le petit frère qui m’avait toujours aimée et défendue.



             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Ven 22 Avr - 21:43

Anders souffla brutalement alors qu'Arianne ne semblait absolument rien comprendre et prenait tout pour elle. Évidemment que les choses avaient changé entre eux. Rien ne serait jamais plus comme avant, car tous deux avaient vécu certaines choses, certaines épreuves et cachaient de lourds secrets qui leur empoisonnaient l'âme. Est-ce qu'Anders aurait souhaité continuer à ignorer qu'Arianne s'était donnée à son geôlier et même que cela avait rendu sa détention plus agréable ? Oui probablement. C'était plus facile, en un sens, de l'imaginer séquestrée, malmenée, victime... plutôt qu'actrice. Ce n'était pas rationnel, évidemment, mais il ne savait pas l'être, surtout quand cela touchait sa sœur. Surtout alors que son cœur était tant tourmenté et son esprit harcelé par des images inconvenantes. Il allait lui avouer... il allait l'entraîner dans son monde de noirceur... Est-ce que leur lien fraternel y résisterait ? Il n'en était pas certain. Il pouvait passer outre ce qu'elle avait fait avec son ravisseur... dans quelques temps. Mais elle, pourrait-elle en faire de même en apprenant que son petit frère avec des pensées impures envers elle ? C'était là toute la question.

« En es-tu bien certaine, Arianne ? Ne fais donc pas de promesses que tu ne peux pas tenir... »

Il était temps de passer aux aveux... Il se jeta alors à l'eau, prenant comme une gifle le fait qu'elle recule légèrement, saisie par la nouvelle. Elle ne s'y attendait pas. Comment l'aurait-elle pu ? Leurs petits jeux de flirts n'étaient que cela pour elle. De l'amusement. Elle avait eu l'intelligence de ne pas s'y laisser tromper. Il aurait aimé pouvoir en faire de même, mais il avait beau tenter de commander à ses émotions avec son cerveau, cela ne fonctionnait malheureusement pas comme il l'aurait souhaité.

Pourtant, alors qu'il s'attendait à la voir partir en claquant la porte, elle se rapprocha de nouveau pour lui prendre la main, la serrant fortement dans la sienne. Et ce fut tout. Aucune parole ne sortit de sa bouche. Quoi dire après tout ? Rien n'aurait vraiment pu être opportun à cet instant précis. Évidemment, il aurait adoré qu'elle ressente la même chose pour lui, mais c'était là du domaine du fantasme. Et il devait sans doute s'estimer heureux qu'elle soit encore à ses côtés. C'était un moindre mal. Mais désormais, il y aurait sans doute une gêne entre eux et elle ne cesserait de se demander à quoi il pensait en la regardant et si elle n'était pas en train de l'encourager ou au contraire, si elle ne le faisait pas souffrir. Il se força à sourire, avec une ironie désespérée.

« Tu vois, t'es pas la seule à avoir des petits secrets. »

Et maintenant ? Le silence était trop pesant pour lui. Le mutisme d'Arianne aussi. Mais il avait tout aussi peur de l'entendre parler.

« Et pitié, ne me dis pas que je ne sais pas de quoi je parle, que je dois me tromper... Cela fait des mois que ça me hante et que j'essaie de le combattre, de penser à autre chose, de rationaliser... Rien n'y a fait. Mais je te laisse deviner tout ce que tes aveux ont pu engendrer en moi à la lumière de cette révélation... »

Ses réactions allaient prendre un tout autre sens. Pas celles d'un frère hyper protecteur, mais aussi celles d'un amoureux éconduit et jaloux. Rien de glorieux.

« Voilà, c'est préférable que je m'éloigne quelques temps. »

Et il retira sa main de celle d'Arianne, détournant le regard, comme pour signifier que la conversation était terminée.


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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Mar 3 Mai - 23:16

Je ne pouvais m’empêcher de grimacer, en l’entendant souffler comme ça, de… colère ? Il ne s’agirait pas de la première à laquelle j’assistais, mais elle avait l’air dirigée vers moi. Ou peut-être me l’imaginais-je, simplement parce que son silence des quelques jours qui venaient de passer m’avait fait plus de mal que jamais, et que je ne pouvais pas envisager qu’il soit autre chose que furieux. À raison, après l’attitude que j’avais eue. Ça ne rendait pas les choses plus faciles à accepter pour autant. Pas du tout, même. Et le silence qu’il m’imposait, alors que je ne savais ce qui traversait son esprit… Non, c’était beaucoup trop difficile. Vraiment trop. J’aurai voulu le prendre dans mes bras, rompre la distance entre nous, et vraiment tout retrouver comme avant, mais je crois que c’était une envie naïve de petite fille. Surtout alors qu’il me demandait si j’allais ne jamais m’éloigner de lui. Pire encore, qu’il m’accusait de mentir. Je fronçais les sourcils, et me refermais un peu. Lui avais-je jamais donné l’impression que je finirai par l’abandonner ? Que je pourrais me détourner de lui ? Il était injuste, résolument injuste, et je devais bien admettre me sentir vexée d’être ainsi accusée sans la moindre raison.

Soupirant, je croisais les bras, avant de les laisser pendre le long de mon corps sans même m’en rendre compte, en même temps que je reculais légèrement. Là aussi, inconsciemment. Je ne savais pas réellement ce qu’il pensait, mais je pouvais deviner sans mal lui faire mal. Ou l’imaginer, peut-être. Je ne savais plus vraiment. Pas même que je pouvais prédire aller lui prendre la main, parce que j’étais prise au dépourvu, et que je ne savais pas comment réagir. J’avais même peur, qu’il dégage sa main, parce que je ne disais rien. Qu’il ne veuille plus me voir, parce qu’il n’aurait jamais ce qu’il voulait. Même s’il m’avait demandé si je ne comptais pas me détourner de lui… Avalant difficilement ma salive, je le regardais avec… avec douceur, peut-être, et incertitude sûrement.

Je laissais échapper un rire jaune, à sa remarque. Petits secrets ? Les siens comme les miens ne l’étaient pas, loin de là. Et je secouais la tête, en l’entendant.

« Je te connais, et je sais que tu n’es pas du genre à changer d’avis, et tu ne m’aurais pas dit ça comme ça, si ça n’était rien… Mais je peux quand même te promettre que je ne te fuirai pas. Quoi que tu en penses. »

Aussi difficile que ce soit, de me demander si je ne fais pas un pas de travers. De me demander, aussi, si je ne pourrais pas l’aimer comme il le voulait. Pour… le garder auprès de moi. Ou ne pas le faire souffrir. Sauf que je ne pourrais jamais lui dire ça. Pas sans risquer de le mettre en colère à nouveau, et de le perdre définitivement cette fois. Je levais la tête sous la surprise de l’entendre, de sentir sa main se retirer de la mienne, sentant mon cœur me faire mal, suite à ses paroles.

« Si c’est ce qu’il te faut. »

Impossible de cacher la détresse dans ma voix, à cette idée, même si je le souhaitais. Mais je ne le retiendrais pas égoïstement. Je ne pouvais pas le faire.



             
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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   Sam 7 Mai - 22:53

Anders eut une moue sceptique quand Arianne lui rétorqua qu'elle ne fuirait pas, quoiqu'il puisse en penser. Il ne se sentait pas mieux. On disait toujours que partager son fardeau allégeait le cœur, mais ce n'étaient que des âneries en fait. Il avait toujours le cœur aussi lourd et ne se sentait pas spécialement soulagé. Juste... vide. Et ce n'était pas le genre d'Anders d'être dans cet état là. Il avait un tempérament fougueux, il avait toujours quelque chose à faire. Il ne savait pas tenir en place et cela avait toujours été le cas. Les leçons auprès des Mestres avaient toujours été un calvaire et le petit garçon s'était souvent tortillé dans tous les sens, se laissant assez facilement distraire, contrairement à ses sœurs, plus attentives et studieuses. Il ressemblait à Roward sur ce point, sans avoir eu ses difficultés pourtant. Il n'avait pas eu besoin de cours particuliers afin de capter son attention entièrement. Alors le voir abattu et si calme était des plus perturbant. Ce n'était pas habituel chez lui. L'abattement n'était pas habituel, même s'il n'avait que trop connu ce sentiment depuis qu'il était dans le Bief, prisonnier des Gardener sous couvert de protection.

Il n'aspirait qu'à revoir ses contrées chaudes adorées, et pourtant il avait décidé d'emprunter une autre voie que celle de Deria et Roward, puis d'Arianne ensuite, quand elle serait à son tour relâchée. Une décision que ne pouvaient pas réellement comprendre Deria et Roward, ignorant la raison profonde de ce besoin d'éloignement. Arianne ne savait désormais. Il s'en voulait de la laisser savoir qu'elle était la cause de son tourment, mais tant pis. C'était fait. Il n'y avait plus de non dits entre eux. Juste la vérité, brutale, blessante, dévastatrice. Il retira sa main de celle d'Arianne, se retranchant derrière un air un peu plus dur et verrouillant son cœur. Il s'était montré suffisamment vulnérable. Il détestait cela, même si c'était devant Arianne, qui avait recueilli ses doutes et ses pleurs d'enfant, ses colères et ses frustrations d'adolescent en mal de reconnaissance.

La résignation douloureuse dans la voix d'Arianne n'échappa pas à son frère qui la regarda, répliquant à mi-voix :

« Pas vraiment, mais à défaut de mieux, c'est la moins mauvaise des solutions. Même pour toi. Cela te permettra de digérer la nouvelle et d'avoir tout le temps de trouver la bonne attitude à adopter avec moi... parce que je sais que tu vas te poser la question, Ari. Que tu ne vas plus savoir comment m'aimer... Sans me blesser. »

Il eut un petit rire qui n'avait rien de joyeux. Il avait pouffé, comme s'il venait de penser à quelque chose de ridicule. Et de fait... Il savait qu'il pouvait faire ce qu'il voulait, jamais Arianne ne lui rendrait et amour là. Elle était trop droite, trop intègre. Et il était son petit frère à ses yex, pas n'importe quel homme qui pouvait ravir son cœur. A quoi bon se battre pour un combat perdu d'avance ? Autant partir.

« Cela va nous laisser du temps... Mais je reviendrais à Dorne, c'est chez moi, et vous vous ennuieriez sans moi. Qui fera enrager Deria ? Qui pour garder un œil sur Roward ? »

Il y avait de la mélancolie dans le regard qu'il posa sur Arianne. Et de la douleur également, cachée derrière une feinte légèreté. La famille était en train d'exploser, les liens de se distendre. Un jour, chacun irait de son côté, c'était inévitable. Roward allait se marier, Deria allait se marier. Puis le tour d'Arianne et Anders viendrait. C'était ainsi qu'ils serviraient les Martell. Finalement, il attira sa sœur à lui, la prenant dans ses bras et lui souffla :

« S'il te plaît, ne m'en veux pas. »

Il prit alors son visage en coupe et baisa ses lèvres, avec légèreté et trop rapidement pour qu'elle ai le temps de réagir. Il la relâcha alors et se redressa, se dirigeant vers la fenêtre et tournant le dos à Arianne.

« Tout est dit, tu peux t'en aller maintenant. On se verra pour mon départ, je viendrais te dire au revoir. Si tu le souhaites. »

Il s'était attendu à ce qu'elle le suive, à ce qu'elle dise quelque chose, mais seul le silence lui répondit et quand il entendit la porte se refermer doucement, il ferma les yeux et ne put retenir une larme traîtresse. Oui, tout était dit... Et peut-être fini...


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MessageSujet: Re: La sincérité a un prix que je ne peux payer [Tour II - Terminé]   

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