AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Lun 11 Jan - 12:28

Il était temps. Je n'étais pas le genre de femme à fuir les conflits, à bouder dans mon coin, ou à préparer mes coups en douce. Même s'il mériterait que je ne dise rien et le laisse venir à moi, que je prépare ma vengeance. Mais je ne voulais pas d'une guerre dans mon couple, même si c'était lui qui avait entamé les hostilités. Et je ne comptais pas laisser passer cela. Parce que si je ne disais rien pour cette tromperie, combien d'autres suivraient ensuite ? J'avais choisi de le croire quand il m'avait assuré ne pas être le genre à lutiner toutes les servantes qui pouvaient passer devant son nez, malgré ce baiser volé alors que je n'étais qu'une inconnue simplement vêtue. J'avais choisi de le croire quand il avait affirmé qu'il avait juste voulu embrassé une jolie jeune femme. Je l'avais cru quand il m'avait dit que je lui plaisais... Il m'avait semblé sincère. Mais qui étais-je pour savoir quels mensonges pouvaient bien proférer les Lannister avec un sourire enjôleur ?

Pourtant, je n'étais pas totalement obtuse, je pouvais comprendre les motivations qui avaient été les leurs. Lyman risquerait sa vie et Gareth ne voulait pas le laisser aller sans être là pour veiller sur ses arrières. Ces intentions étaient louables. Mais c'était le procédé que je réprouvais fermement. S'ils pouvaient s'amuser ainsi à la cour du Roc, ils offensaient leurs futurs alliés en mentant ainsi sur le véritable statut de Gareth, en pensant que le roi du Nord était trop borné pour revoir légèrement les termes de l'accord et permettre à Gareth d'accompagner son prince. Il n'était pas membre de sa garde personnelle après tout. Ce n'était pas en cette qualité qu'il serait venu. Ce qui me chagrinait, c'était bien leur opinion concernant mon royaume et ceux qui le peuplaient. Il me semblait pourtant, après mes échanges avec Lyman au Val, lui avoir fait bonne impression et lui avoir apprit quelques petites choses sur les miens.

Apparemment, je m'étais trompée.

Et si hier encore, j'étais enjouée à l'idée de l'épouser, ce petit mensonge, pas très grave, mais qui ne pouvait être que le début d'une longue série, assombrissait considérablement ma vision de l'avenir. Avais-je été trop naïve ? Sans doute. Quelques discussions avec mon fiancé et j'en étais venue à croire que j'étais son égal et que quelque chose avait fleuri entre nous. Mais s'il me désirait, si je lui plaisais, il semblerait que je ne sois pas digne de sa confiance. Ce que j'avais déjà cru comprendre quand il avait refusé de me parler de son expérience personnelle de ces combats. Il souhaitait tout gérer seul. Soit.

Il était en train de discuter avec des invités de l'Ouest. Le mariage était imminent désormais, et Winterfell était en effervescence. La reine Sharra était déjà arrivée, fidèle alliée du Val. Les invités affluaient et jamais notre demeure n'avait été si pleine de vie. Moi qui m'en languissais, j'étais servie et pourtant, être le centre de l'intérêt de tous me gênait profondément. Surtout en l'état actuel des choses ou tout était si chaotique dans mon esprit. Et dans mon cœur. Je pris mon courage à deux mains et interrompis ces bavardages.

« Prince Lyman, j'ai à vous parler. En privé. »

Je jetais à peine un regard aux autres, qui se fendirent d'une révérence et durent penser que j'étais bien arrogante d'ainsi les ignorer. Qu'importe. Je ne demandais pas s'il avait du temps à m'accorder. J'exigeais. Et l'expression de mon visage devait être assez éloquente quant à la gravité de la situation. Je ne lui accordais pas un sourire. Je le conduisis jusqu'à un bureau privé et je fermais les portes, avant de me tourner vers lui.

« Il me semblait qu'au cours de nos échanges, nous avions été clairs l'un envers l'autre et que nous attendions tous les deux la même chose de notre union. Que je vous avais exprimé mon souhait d'être une partenaire et non simplement celle qui donnerait des héritiers à l'Ouest. Et il m'avait semblé que vous étiez d'accord sur ce point. J'ai accepté de vous croire, de croire en votre sincérité, dés lors que nous nous étions expliqués concernant le mauvais tour que vous m'aviez joué au Tournoi. J'avais accepté de tourner la page et j'avais bien spécifié détester le mensonge et la dissimulation. Je pensais que vous étiez assez intelligent pour comprendre cela et vous en souvenir. Apparemment, j'ai sans doute trop présumé concernant vos facultés intellectuelles et oublié que le prince du Roc était un enfant chéri qui ne faisait que ce qu'il désirait, sans se soucier des conséquences. Parce qu'il le peut. Parce que c'est... amusant. Et pourtant, vous m'avez menti. Lord Kenning et vous avez joué un petit jeu qui a du vous divertir. Comme des enfants. Dites-moi Prince Lyman, quelle vision avez-vous au juste du Nord ? Pensiez-vous donc que mon père était trop obtus pour vous accorder le droit de prendre Lord Kenning avec vous ? Et quand bien même cela était le cas, me pensiez-vous incapable de recevoir cette confidence, et de vous aider ? Mais quelle opinion avez-vous donc de moi ? Je connais la loyauté. Je comprends ce qui a pu vous motiver à une telle farce. Il me semblait m'être montrée à vous sans fards, sans dissimulation et que vous aviez compris quel genre de femme j'étais. J'aurais apprécié d'être dans la confidence. Si vous n'aviez pas foi en mon père, vous auriez du avoir foi en moi. »

Ce petit discours, je l'avais répété en boucle dans ma tête pendant des heures, le changeant à chaque fois pour me montrer la plus claire possible. J'ignorais encore si j'y étais parvenue. J'étais perdue avec moi-même, embrouillée, difficile d'expliquer cela dans ces conditions.

« J'ai sans doute fondé trop d'espoirs dans cette union. Vous avez su me charmer et me faire me sentir respectée et comprise. Je n'étais pas préparée à vos paroles enjôleuses. Je me suis ouverte à vous, en toute confiance. J'ai été bien naïve. La confiance se mérite. Je n'ai pas mérité la votre. Vous ne méritez plus la mienne. »



   
Lannistark
The heart of a wolf and the soul of a lioness.
I'm scared and I'm brave, or somewhere between the two. I'm beautifully strong, and tragically confused. (by anaëlle)
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Née Princesse du Nord, devenue Princesse de l'Ouest
Âge du Personnage: 16 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Wolf Princess
Messages : 1805
Membre du mois : 51
Célébrité : Adelaïde Kane
Maison : Stark
Caractère : Sincère – Indépendante - Loyale - Aimante - Obstinée - Maternante - Patiente
Wolf Princess
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Lun 11 Jan - 21:24

Il était une chose que j'avais rapidement comprise venant de ma promise, si mon titre franchissait ses lèvres c'est qu'elle n'était pas d'humeur accorte. Légèrement surpris, je levais les yeux vers elle, subissant de ce fait les coups d'oeil étonnés ou encore curieux des deux hommes qui m'entretenaient avant qu'elle n'attire mon attention. Pour un peu je l'en aurais remercié tant j'en avais quelque peu marre des félicitations habituelles. Le bras toujours en écharpe, je m'excusais auprès de mes deux compères.

« Pardonnez moi, il semblerait que je sois appelé ailleurs. »

Un léger sourire pour faire passer le tout et j’emboîtais le pas à ma fiancée dont le dos raide ne me disait rien qui vaille. Bien, qu'était ce donc cette fois ci ? Songeais je brièvement en passant le pas de la porte d'un bureau privé. Au moins je n'eus pas à attendre longtemps en vérité et mon regard s'assombrissait sûrement au même rythme que ses paroles. Gareth n'avait apparemment pas attendu pour parler alors que je lui avais bien préciser que j'allais m'en charger. Diantre ! Je la laissais donc verser sa rancœur tout en m'installant dans un fauteuil. Cela risquait d'être un peu long vu les amalgames qu'elle pouvait faire. Tout confondre n'était pas spécialement la bonne marche à suivre d'autant plus que j'avais une sainte horreur de me faire agresser de cette manière.

« Si vous cessiez de faire des amalgames totalement incohérent Jeyne, cela faciliterait les choses ne croyez vous pas ? Me voilà donc jugé et condamné le tout en quelques secondes. J'ai rarement vu condamnation aussi hâtive, je dois bien l'avouer. Puis je m'expliquer ou cela est inutile ? »


Contrairement à elle, j'avais la colère plus froide que débordante et je ne me laissais que rarement emporté par elle d'ailleurs. En vérité, il était difficile de deviner dans quelle humeur je pouvais être généralement. Gareth se serait sûrement méfié de mon ton calme et tranquille, je ne saurais en dire autant de Jeyne par contre.

« Ce que vous nommez si hautainement un manque de respect n'est rien d'autre qu'une manœuvre permettant le respect d'une parole donnée entre deux rois. Le procédé est certes discutable, je vous l'accorde, mais je doute que votre père ai été dupe très longtemps, il n'en a rien dit tout simplement parce que les apparences étaient sauves. Ce que l'ont nomme généralement un accord silencieux. Gareth faisant partit de ma garde personnelle sa présence pouvait être prise pour un signe de défiance de notre part, une mise en doute même de ma sécurité garantie par votre père au mien. Comprenez que je ne parle pas de votre père ou de vous même, mais bien des hommes avec lesquels j'ai combattus. Vos propres sujets voyant d'un mauvais œil notre mariage et même ma présence auprès d'eux n'est pas quelque chose d'impossible ou d'improbable. Gareth n'a fait qu’obéir a mes ordres et il en a comprit la portée bien que cela ai pu heurter son intégrité. Voilà pour l'explication générale et politique. Ce que vous réduisez a une plaisanterie immature possède ses racines un peu plus profondément que cela. »

Je posais mon coude sur l'accoudoir et logeai mon menton au creux de ma paume.

« Cela étant je comprends bien que ce n'est pas ce qui vous mets dans une telle colère mais n'y voyez pas un manque de confiance en vous de ma part, Jeyne, il est malheureux que vous l'ayez appris de cette façon d'ailleurs lorsque j'avais convenu avec Gareth de m'en ouvrir à vous lorsque nous rentrerions. Il était impératif pour nous de sauvegarder les apparences du moins jusqu'au terme des affrontements. Ce n'est, certes pas, une excuse en soi mais j'aimerais tout de même que vous compreniez qu'il peut m'arriver de ne pas expliquer mes actes sur l'instant. Ne doutez pas que je saurais m'ouvrir à vous mais n'attendez pas que je le fasse dans l'instant. Vous l'avez dis la confiance se gagne et je vois a quel point je possède la votre quand le moindre de mes actes ou geste est une condamnation. Avez vous au moins cherché une autre raison a ce mensonge qu'un hypothétique amusement puéril ou un dédain de votre Région ? »

Je posais la question très tranquillement d'ailleurs, ne me sentant pas véritablement offensé. Jeyne avait ceci de magnifique qu'elle fonçait toujours tête la première ce qui permettait de résoudre assez rapidement une quelconque incompréhension. Je soupirais doucement reprenant avec une réelle tendresse dans la voix :

« Je suis votre fiancé, Jeyne, mais je suis aussi un Prince et il m'arrive d'agir comme tel, je sais que vous comprenez ce que je dis, vous n'êtes juste pas habituée a cela de ma part tout simplement parce que jusqu'à présent vous n'avez jamais eu à faire avec le Prince. »
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Mar 12 Jan - 18:20

J'avais tout débité sans vraiment lui laisser le temps d'intervenir. J'avais des choses à dire et j'entendais les dires jusqu'au bout. De fait, il ne chercha pas non plus à me couper la parole. Sage décision. Soit c'était totalement calculé et il préparait mentalement sa défense. Soit... Il était saisi et subissait mes invectives. Peut-être un mélange des deux. J'imaginais difficilement Lyman totalement muet de stupeur bien longtemps, il était du genre à tirer parti de tout. Il retombait sur ses pattes, comme les chats. Je fronçais les sourcils alors qu'il me disait que je faisais des amalgames et qu'il me demandait la permission de s'expliquer.

« Ne jouez donc pas la victime, cela ne vous sied guère. »

Une fois encore, j'étais tranchante dans mes paroles.

« Si je n'avais pas souhaité que vous vous expliquez, je ne serais pas venue vous trouver. Je vous aurais fait parvenir une missive et nous ne nous serions revus qu'au mariage où j'aurais accompli mon devoir. Ou je n'aurais rien dit, aurais souri devant vous, tout en ressassant ma rancœur. Mais je ne suis pas ainsi. Et si je suis prompte à condamner, je sais aussi entendre un autre point de vue. Si tant est que vous ne cherchiez encore pas à m'amadouer par quelques paroles doucereuses. »

J'avais le droit de me montrer méfiante n'est-ce pas ? Je l'avais jugé et condamné lors du Tournoi, j'étais allée le trouver, je lui avais dit ma façon de penser, j'avais écouté ses explications et j'avais décidé de lui pardonner et de repartir sur de nouvelles bases. Je n'étais pas totalement obtuse non plus. Mais je n'avais pas non plus l'intention d'être une petite poupée malléable qui hochait gentiment la tête alors qu'on se moquait allègrement d'elle. Je plissais les paupières quand il recommença à parler.

« Oh donc, vous faites des promesses, que vous contournez par tromperie... »

C'était bien de cela dont il s'agissait non ? Le contrat était clair et plutôt que d'essayer de revenir calmement sur certains points, de demander une petite exception, il avait préféré jouer cette farce. Bien. Je notais naturellement cela. Cela risquait fortement de me concerner s'il agissait de même avec moi, n'est-ce pas ? Que valait donc sa parole dans ce cas ? Et pourtant, lui, il était persuadé que Père avait détecté le subterfuge mais ne s'en était pas offusqué. Je supposais que cela suffisait à lui soulager la conscience. Et pourtant, pour lui, tout était totalement cohérent, logique et justifié. Et justifiable. Je n'étais toujours pas d'accord. C'était en effet, plus que discutable, et un acte de défiance envers le Nord, tout simplement. Peut-être étais-je trop à cheval sur les termes d'honneur, de moralité, de promesse. Que si les situations avaient été inversées, il s'en serait totalement moqué et ne comprenait donc pas que cela me heurte à ce point.

« Oh je suis fort aise d'apprendre que vous auriez fini par m'en parler. Il me semble que vous êtes rentré depuis un petit moment déjà. Comptiez-vous vous en ouvrir à moi une fois notre alliance définitivement scellée ? Ou de profiter d'un moment où je serais d'humeur affable en espérant que cela passerait tout seul ? »

Certes, j'aurais été un peu moins en colère s'il m'en avait parlé. S'il avait éprouvé des remords quelque part. Et s'il s'en était excusé. Hors, il n'y avait rien de tout cela, juste une froide logique, qui venait de heurter au tumulte de mes émotions. L'opposition de la glace et du feu. Cependant, je retins une grimace quand il me fit remarquer que je ne devais pas avoir tant confiance en lui pour le condamner si facilement. Je ne savais plus que croire, tout simplement. Il n'y avait aucune logique quand les sentiments guidaient les actes et malheureusement c'était mon principal défaut. J'allais souffrir dans l'Ouest quand je voyais à quel point Lyman ne me comprenait pas en cet instant. Et comme je ne le comprenais pas.

« J'ai cherché. J'y ai réfléchi toute la nuit. Et je n'ai pas trouvé. Il semblerait que votre mode de pensée m'échappe. Comme mes réactions vous échappent. Vous maîtrisez vos sentiments, vous vous cachez derrière une froide logique qui semble pouvoir justifier tous vos actes. Vous avez été élevé ainsi depuis toujours. Ce n'est pas mon cas. Je n'aurais pas agi comme vous. Je vous en aurais parlé, pour ne pas risquer d'offenser vos parents. »

La raison contre les sentiments. La réflexion contre l'impulsivité. Mes émotions étaient à fleur de peau, surtout en ce moment, avec toute cette pression, mes propres angoisses, mes deuils... Il conclue alors en me disant que je n'avais jamais eu à faire au Prince et que je n'étais donc pas habituée à ce qu'il se comporte ainsi.

« Je vois, au moins, j'ai un aperçu de ce à quoi je dois m'attendre. J'apprécie l'homme. Pour le moment, je n'en dirais pas autant du Prince. »

S'il se retranchait derrière son titre pour justifier ses actes et m'imposer sa volonté, nous risquions d'avoir un problème... Et surtout, je me présentais à lui en tant que moi... Jeyne, pas la princesse. Et il me semblait que mes rôles étaient bien moins séparés que les siens. Quelle était donc la cour du Roc pour que cela se passe ainsi pour lui ?

« Est-ce ainsi que cela se passe au Roc ? Plusieurs masques, plusieurs visages ? »

Je détournais alors le visage, me dirigeant vers la fenêtre et regardant le paysage qui s'étendait à perte de vue. Ce n'était plus la colère qui m'animait en cet instant. Mes épaules s'étaient affaissées, ma voix s'était réduite à un murmure. La fatalité m'écrasait.



   
Lannistark
The heart of a wolf and the soul of a lioness.
I'm scared and I'm brave, or somewhere between the two. I'm beautifully strong, and tragically confused. (by anaëlle)
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Née Princesse du Nord, devenue Princesse de l'Ouest
Âge du Personnage: 16 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Wolf Princess
Messages : 1805
Membre du mois : 51
Célébrité : Adelaïde Kane
Maison : Stark
Caractère : Sincère – Indépendante - Loyale - Aimante - Obstinée - Maternante - Patiente
Wolf Princess
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Ven 15 Jan - 14:20

Je me retins de lever les yeux au ciel. Cette femme avait la magnifique façon de tout prendre comme elle l'entendait. Si cela continuait, je n'avais pas fini de devoir m'expliquer.

« La promesse fut faite par mon père, Jeyne, pas par moi. Vouliez vous que je fasse de mon père un parjure ? Le feriez vous pour le votre ? Ainsi l'honneur est sauf. Oh j'ai bien essayé d’interdire a Gareth de me suivre, mais là aurait été le risque de le voir me suivre par n'importe quel moyen, alors oui, j'ai fait du mieux que j'ai pus avec les moyens qui m'étaient offerts. Vous aimez me diaboliser apparemment.»

Je passais outre ses petits éclats de colère, préférant m'en tenir à ma ligne de conduite. Mais la mauvaise foi de ma promise n'avait pas de limite apparemment. Je soupirais légèrement, avec assez de subtilités pour qu'elle ne s'en rende pas compte, sinon, c'était de quoi alimenter sa colère sur des peccadilles.

« Et dites moi, ma chère, quand est ce que nous avons pu converser tout les deux sans nous voir affublé d'un chaperon ? D'ailleurs, je gage que celui ci ne devrait pas tarder a faire son apparition. Depuis que nous sommes rentrés nous sommes l'un comme l'autre totalement accaparés et vous le savez. Outre ma blessure, aurais je du interrompre les funérailles de votre oncle ? Aurais je dût interrompre ma mère alors qu'elle parlait avec vous du mariage ? Peut être aurait ce été le mieux effectivement au vu des bouleversements que cela vous procure. »

Mon index tapota légèrement l'accoudoir de mon fauteuil :

« Vous exigez une confiance absolue lorsque vous distillez la votre avec parcimonie, Jeyne. Ce n'est pas un reproche mais songez bien à vos propres mots voulez vous. »


Mon regard s'adoucit doucement :

« Je comprends parfaitement ce qui vous chagrine réellement Jeyne, mais personne ne peut réagir comme vous, tout comme vous ne réagiriez pas comme moi, ce n'est pas un mal en soit, mais vous ne pouvez attendre des autres qu'ils fassent comme vous le vouliez. Malgré ce que vous dites, je n'avais aucune assurance vous concernant, combien même pouvez vous être transparente.»

Je me levai, m'approchant d'elle avant de passer une main légère dans ses cheveux :

«C'est préférable effectivement. Je ne dis pas que j'en suis heureux, j'ai tout simplement fait avec. L'Ouest et le Nord sont très différents de ce point de vue et je ne vous l'ai jamais caché. Gareth vous sera d'un précieux secours lorsque je devrais m'absenter parce que nos ennemis sont bien différents des vôtres et vous n'êtes pas armée pour cela et cela risque de bien plus vous blesser, bien plus que ce je ne pourrais le faire d'ailleurs. Et oui, ne vous en déplaise, je vous l'aurait dit bien plus tôt si nous n'avions pas été autant prit mais je ne peux pas changer ce qui est fait, je ne peux que m'excuser du retard et de la dureté dont je peux faire preuve envers vous. »

Je la retournais vers moi, attirant son regard :

« Je ne cherche pas à vous changer, juste a vous protéger jusqu'à ce que vous puissiez le faire vous même, Jeyne. »
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Ven 15 Jan - 15:48

Et évidemment, il avait réponse à tout. Parce que c'était son père qui avait promis, il avait trouvé un stratagème, détestable, soit dit en passant, pour respecter cette parole donnée. Mais dans ces échanges concernant notre mariage, ni lui, ni moi, n'avions eu notre mot à dire. Tout avait été décidé sans nous et nous n'avions qu'à nous taire, et faire notre devoir. Ce qui me révoltait. Sans doute que lui aussi et que cela avait été un moyen comme un autre de ne pas être totalement spectateur de sa vie, prise en mains par d'autres. On lui avait demandé de risquer sa vie pour une alliance. C'était encore un terme de l'accord qui m'échappait. Pourquoi les Lannister avaient-ils accepté ? Pourquoi ne pas envoyer le roi du Nord sur les roses et marier Lyman à la princesse d'un royaume plus prospère, moins hostile ? Bon certes, il n'y en avait pas non plus une foule. Il y avait Argella Durrandon, qui amenait tout de même un royaume sur un plateau. Cependant, les conditions pour sa main ne devaient pas être beaucoup moins pénibles... La princesse de Dorne ? Elle ne pouvait quitter son royaume. Et Lyman était l'héritier de l'Ouest... La Targaryen ? Pas en ayant annoncé au conclave financer le Noir. L'Ouest était désormais l'ennemi des dragons. Finalement, il n'y avait pas quantité d'opportunités pour Lyman, hormis une noble de l'Ouest...

« A moins que vos décisions ne soient mauvaises, tout simplement. »

Comme celle de ne pas me dire dés qu'il le pouvait la vérité. Ce à quoi il me rétorqua que nous n'en avions tout simplement pas eu l'occasion, ni le temps. Il parla de mon chaperon et je ne pus m'empêcher de rire devant cette défense là, qui ne tenait pas.

« Ah non, cette excuse là n'est pas recevable. Vous avez très bien su me montrer que vous pouviez déjouer la surveillance dont je faisais l'objet pour vous glisser auprès de moi et nous accorder un peu de temps. Vous avez su le faire pour boire un verre en ma compagnie. Vous pouviez le faire pour une affaire autrement plus sérieuse. »

Oui, il aurait pu me parler, même dans mon deuil, même dans mes conversations avec sa mère. N'étaient-ce pas là autant d'excuses pour retarder l'inévitable et un désagréable moment à passer ? Savait-il inconsciemment que cela allait profondément me déplaire ? Probablement. Cependant, je pouvais admettre que le Lyman audacieux, insouciant du bateau n'était plus depuis son retour... Il était blessé. Dans sa chair et dans son âme. J'ajoutais, avec gravité, toute trace de rire ayant disparu :

« Mais sans doute attends-je trop de vous après cette bataille. Qu'il va falloir du temps pour que le Lyman du bateau réapparaisse... »

Et je ne pus empêcher un soupçon de regret de se glisser dans ma voix à cette constatation, faite d'un ton plus doux. Je n'étais pas cruelle, ni intransigeante. Ni aussi froide que je pouvais le paraître quand j'étais en colère. Cependant, il avait l'art pour la faire flamber en quelques mots tandis qu'il me faisait la leçon ni plus ni moins. Je me fendis d'une légère révérence, répliquant avec raideur :

« Merci pour la leçon, grand Mestre. »

Il ne comprenait pas que je lui avais fait confiance... Et que c'était bien pour cela que ce mensonge m'ébranlait aussi fortement... J'attendais trop de lui. Je mettais toute mon âme, tout mon cœur dans ce que j'entreprenais. Pas Lyman. Il fit d'ailleurs un parfait résumé de la situation. Je n'avais rien à ajouter à cela. Je me retrouvais alors à regarder par la fenêtre, soudain dépitée alors que je comprenais ce qui m'attendait au Roc. Je le vis approcher, mais ne bougeais pas, frissonnant légèrement quand il passa sa main dans mes cheveux. Je ne le repoussais pourtant pas. Pas davantage que je ne bougeais, continuant de regarder le paysage... Et parfois lui par le truchement de la vitre. Et ses paroles firent naître des frissons, moins agréables que ceux provoqués par son contact. Des paroles qui n'avaient rien de rassurant... Soudainement, je me sentis de nouveau une petite fille perdue... Abandonnée dans une cour inconnue... Gareth serait à mes cotés, réellement ? Alors que je ne pouvais tout à fait me fier à lui, de par sa loyauté envers Lyman, quand bien même j'en avais envie. Je souris légèrement.

« Vous savez, vous n'êtes pas doué pour rassurer quelqu'un... je dirais même que vous me donneriez presque envie de fuir. »

Presque. Parce que j'étais une princesse, une louve, et que je ne fuirais pas devant l'adversité, les difficultés. Que je ne laisserais pas mes peurs, mes appréhensions, avoir raison de mon honneur et de ma fierté.

« Presque. Je suis un peu plus coriace que cela, il va falloir trouver autre chose Lyman. »

Il... s'excusa ? Oui, il me semblait que c'étaient des excuses et je le laissais faire tandis qu'il me retournait vers lui, que je plantais mon regard dans le sien.

« Alors ne me protégez pas malgré moi, Lyman. J'ai sans doute beaucoup à apprendre, mais je ne suis pas une petite poupée fragile. »

Malgré tout, je devais me sentir touchée qu'il veuille me préserver n'est-ce pas ? Mais je n'étais effectivement pas une petite poupée de l'Ouest. J'avais grandi dans l'adversité, sans mère pour me guider, sans père d'une certaine manière et j'avais fait au mieux pour assumer mon rôle, pour que mes frères ne manquent de rien, pour que nous soyons unis... J'avais endossé davantage que je n'aurais du.

« Mais je crois que j'ai mal entendu, venez-vous de me présenter vos excuses ? »



   
Lannistark
The heart of a wolf and the soul of a lioness.
I'm scared and I'm brave, or somewhere between the two. I'm beautifully strong, and tragically confused. (by anaëlle)
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Née Princesse du Nord, devenue Princesse de l'Ouest
Âge du Personnage: 16 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Wolf Princess
Messages : 1805
Membre du mois : 51
Célébrité : Adelaïde Kane
Maison : Stark
Caractère : Sincère – Indépendante - Loyale - Aimante - Obstinée - Maternante - Patiente
Wolf Princess
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Sam 23 Jan - 17:52

« Elles sont mauvaises selon vous, Jeyne. Qu'une décision soit bonne ou mauvaise n'a pas vraiment d'importance puisqu'elle sera l'une ou l'autre en fonction de qui donne son avis. »

C'était de la logique élémentaire. De son point de vue, effectivement ma décision était mauvaise, du mien, elle ne l'était pas. Mais ce n'était pas le nœud du problème pour elle en vérité. Non ce qui la gênait était sans doute le fait que je ne le lui ai pas dit. Que je ne l'ai pas mise dans la confidence. En vérité, cela ne m'avait même pas traversé l'esprit mais je tiens cette pensée pour moi évidemment.

« Effectivement j'ai très bien sut le faire, néanmoins, je possède tout de même un certain sens de mes responsabilités et braver votre père sous son toit n'est pas une chose que je prend à la légère. Surtout lorsque tous les regards sont sur nous. »

Evidemment j'aurais sans doute pu déjouer cette surveillance et encore, je ne connaissais que trop bien les palais. Il aurait été vain d'espérer un secret qui aurait été éventé avant même sa mise en œuvre. Je haussais néanmoins un sourcil devant son regret et je souris légèrement, avec un rien de désolation d'une certaine façon.

« Ne soyez pas si inquiète, Jeyne, je surmonte les obstacles, quel qu’ils soient, après tout, je suis un lion. »

Et surtout, j'avais décidé d'en faire une force. Et cela sera quoiqu'il m'en coûte. Et les Sept savaient à quel point je pouvais être têtu. Et j'éclatais de rire devant sa réplique pincée :

« Me traitez vous de vieux bonhomme ennuyeux ? J'admets que cela peut passer pour une leçon, peut être même en es-ce une. Vous avez porté votre famille a bout de bras alors même que vous étiez une enfant Jeyne. Votre franchise et votre détermination sont admirables et je le pense, malgré tout, je vous pense néophyte dans l'art de la politique, de votre propre aveu d'ailleurs. Pardonnez moi d'avoir songé vous aider ainsi, la manière n'est sans doute pas la meilleure vous concernant. »

Et elle avait l'art et la manière de me le faire sentir d'ailleurs. Mais aurais je apprécié une fiancée effacée ? Peut être mais je ne m'y serais pas attaché sans aucun doute. Et je la pensais assez forte pour savoir ce qui l'attendait dans l'Ouest. Je ne cherchais pas à la leurrer ni à l'illusionner et sa remarque ternit légèrement mon sourire et pencher légèrement la tête de côté en la considérant avec attention :

«Trouver autre chose pour quoi ? Pour vous faire fuir ? Pensez vous que ce soit ce que je souhaite ? »

Je la retournais donc vers moi et fut légèrement surpris de sa façon de voir les choses :

« Je ne vous dénie pas la force, Jeyne, mais vous êtes aussi quelqu'un de sensible, c'est cela que je veux préserver. »

Et cela me semblait évident. Je ne la voyais pas comme une petite chose fragile, mais je savais aussi à quel point l'Ouest pouvait broyer quelqu'un. Sournoisement même. J'aimais ma contrée, je l'adorais même, mais je n'en ignorais pas les travers. J'eus un petit sourire contrit lorsqu'elle souligna mes excuses. Effectivement je n'y étais pas habitué et elle le sentait sans aucun doute, néanmoins... :

« Pensez vous que je ne sache pas le faire ? Gareth me rappelle assez souvent que bien que Prince, je n'en reste pas moins un sale gamin effronté parfois, il m'a appris l'humilité de bien des façons. »
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Dim 24 Jan - 15:47

Il était agaçant, il le savait ? Je dus lever les yeux au ciel et réprimer une puissante envie de soupirer de façon ostensible. Mais cela ne servait à rien de m'entêter dans cette voie, je n'aurais jamais raison. En fait, je commençais à entre apercevoir que ce serait souvent le cas avec lui. Il était la raison, j'étais... la passion ? C'était un peu extrême, mais je réagissais avec mes tripes et lui avec sa tête. Il était davantage rompu à cet exercice que moi et sans doute bien plus doué que moi concernant la diplomatie et la politique. J'avais beaucoup à apprendre de lui, de l'Ouest et pourtant, je ne voulais pas me transformer en menteuse et hypocrite. Devrais-je sacrifier mon intégrité pour être à la hauteur de la tâche qui m'incombait ? Lyman semblait avoir réponse à tout. Exaspérant. Je fulminais, mais je ne trouvais rien à répondre au risque que cet échange se transforme en un dialogue de sourds. Et que je passe pour une enfant butée et capricieuse. Pourtant, je ne pus m'empêcher de retrouver une humeur taquine quand il me rassura en me disant qu'il surmonterait tous les obstacles puisqu'il était un lion.

« Un lionceau, encore. »

Le lion, c'était son père. Mais Lyman n'avait rien d'un enfant. Serait-il piqué au vif par ma petite rectification ? Allait-il se fendre de quelque espièglerie pour ne laisser cette pique impunie ? C'était ce qu'il aurait fait en temps normal. Avant... tout ça. Mais ma malice disparut en même temps que ses conseils sur mon comportement. Je n'aimais pas être prise de haut. Pour le coup, il me faisait penser aux vieux Mestres barbants qui distillaient leur sagesse d'un air docte. Lyman tenta de tempérer.

« En cet instant, oui tout à fait. Même si dans mon esprit, j'étais même au stade barbant plutôt qu'ennuyeux. »

Mais il n'avait pas tort concernant la suite. Elle était en effet ignorante de la politique. Il s'excusa de s'y être mal prit et elle accepta ces excuses. Il avait l'air de faire amende honorable. Il n'était peut-être pas sincèrement contrit et voulait juste calmer l'orage, mais qu'importe.

« Non en effet, il va falloir trouver une autre façon de procéder. »

Et sans me laisser de côté de préférence, bien sûr. Il me fit un tableau de l'Ouest si encourageant que je ne pus m'empêcher de lui faire remarquer qu'il n'était pas doué pour me rassurer et me donnait davantage envie de fuir. Cette remarque sembla l'intriguer, voire... l'alarmer ? Je souris, y ajoutant un peu de légèreté :

« Je n'en sais rien... Je ne suis pas la femme la plus agréable et docile qui soit. Je suis emportée, trop franche, pas assez diplomate... Pas vraiment un cadeau. »

Je m'étais adoucie. Et nous étions de nouveau proche alors qu'il corrigeait mes paroles. Pas fragile. Sensible. Était-ce mieux ?

« Vraiment ? Pensez-vous que je pourrais devenir la reine du Roc en demeurant... sensible ? »

Il s'était excusé, rapidement et je le taquinais afin qu'il les réitère, plus... solennellement peut être. Ce qu'il ne m'accorda pas, non sans souligner ses travers que Gareth s'amusait à pointer du doigt.

« Je pense que vous ne le faites pas souvent. »

Je penchais légèrement la tête, ajoutant avec amusement et effronterie :

« Et bien, si Gareth vous a apprit l'humilité, je n'ose imaginer ce que cela aurait été s'il n'avait été là. »

Je marquais une pause, redevenant plus grave :

« Même si vos arguments sont sensés, vous m'avez blessé, Lyman. Même si c'est irrationnel, même si cela est puéril, c'est ce que je ressens. »



   
Lannistark
The heart of a wolf and the soul of a lioness.
I'm scared and I'm brave, or somewhere between the two. I'm beautifully strong, and tragically confused. (by anaëlle)
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Née Princesse du Nord, devenue Princesse de l'Ouest
Âge du Personnage: 16 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Wolf Princess
Messages : 1805
Membre du mois : 51
Célébrité : Adelaïde Kane
Maison : Stark
Caractère : Sincère – Indépendante - Loyale - Aimante - Obstinée - Maternante - Patiente
Wolf Princess
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Sam 30 Jan - 17:06

Malgré moi, je lui adressais un sourire matois. A croire qu'elle le faisait exprès ! Du moins l'aurais je sans doute cru si elle ne possédait pas une part de naïveté plutôt présente :

« Croyez vous ? »

Murmurais je donc en laissant une étincelle naviguant entre détermination et langueur s'échapper de mon regard clair. A bien des égards, je devais lui reconnaître une certaine volonté. Jeyne ne serait jamais une petite épouse soumise et pour cela je ne pouvais qu'en remercier le Nord et son climat rigoureux...ou peut être mon beau père, qui sait.

« Barbant ? Et bien...Vous ne mâchez pas vos mots Jeyne. »

Ris je doucement montrant par là que je n'étais pas véritablement affecté par ce jugement d'aucun aurait trouvé assez insultant. Enfin si ce quelqu'un n'avait pas encore atteint la vingtaine évidemment. Je doutais que mes propres mestres eu quelque chose a dire a cela.

« Apparemment...Et bien il m'incombe de trouver une méthode d'enseignement qui vous sierra non ? »

Et j'en avais quelque unes en tête que je m'empressais de garder pour moi compte tenu de la teneur de ces propositions. Aurais je été un jeune jouvenceau que j'aurais sans doute rougit. L’avalanche de défauts qu'elle se trouve me fit légèrement rire, sans pour autant me moquer d'ailleurs et je secouais doucement mes boucles blondes.

« Le soin d'en décidé est laissé a celui qui se voit offrir le présent, ma chère. »

répliquais je finement en plongeant dans l'abysse de son regard, pupilles dans lesquelles je vis bientôt naître une lueur de doute. Fronçant imperceptiblement les sourcils, je permis a mon sourire de s'élargir un petit peu.

« Croyez vous ma mère sans cœur Jeyne ? Il est évident qu'un bon souverain doit aussi faire preuve de sensibilité et d'attention et c'est là qu'intervienne bien souvent les reines, plus a même de tempérer les ambitions brutales de leur époux. »

Pas que je sois quelqu'un de spécialement brutal d'ailleurs, mais avoir un autre regard sur un sujet donné n'était jamais un handicap, bien au contraire. Et, comme je l'avais déjà souligné, j'attendais de mon épouse un certain caractère, je ne saurais me contenter d'une petite ombre. Avec Jeyne, il me semblait que j'étais exhaussé au delà de ce que j'avais pu espérer.

« Le pouvoir s'accompagne d'une cohorte de défauts qui, plus tard, peuvent devenir des écueils mortels si l'on n'y prend garde. Gareth est irrévérencieux, franc et ironique et il sait qu'il peut l'être sans fard avec moi. Je ne m'excuse que rarement effectivement, mais j'ai dût apprendre à le faire si je voulais le garder à mes côtés. J'apprendrais tout autant avec vous je gage. »

Une lueur pétillante éclaira un instant mes iris alors que ma voix laissait transparaître le rire qui m'habitait. Néanmoins, je recouvrais mon sérieux lorsqu'elle m'avoua a quel point j'avais pu la blesser. J'en étais désolé car ce n'était pas dans mes intentions, loin de là même. Mon pouce effleura doucement la pulpe de sa lèvre :

« J'en suis conscient Jeyne, je prendrais garde a ce que cela ne se reproduise plus. »

Puis je jetais un coup d'oeil rapide à la porte, comptant sur un retard miraculeux de notre garde-chiourne pour attirer le visage de ma promise vers le mien. Nous n'étions encore pas marié, il me fallait donc faire preuve d'une certaine retenue, mais c'était quelque chose dont je n'avais pas envie dès l'instant où je posais mes lèvres sur les siennes et tant pis si on nous surprenait ainsi.
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   Mar 2 Fév - 16:26

Mon cœur s'accéléra quand Lyman sourit en me demandant si je croyais vraiment ce que j'avais dit. Il aurait été plus sage de me taire bien sûr, mais il avait l'art et la manière de stimuler mon esprit de défi.

« Je suppose que je le saurais bien assez tôt... »

J'avais murmuré. Ce serait lui qui ferait de moi une femme. Mais ce n'était pas moi qui ferait de lui un homme. Il l'était déjà depuis un moment, dans les bras d’innombrables maîtresses sans doute. Mais il était inutile de penser à cela. J'étais encore remontée après lui, même si j'étais moins vindicative. Non, je ne mâchais pas mes mots. Jamais.

« Vous ne devriez pas en être étonné, je ne vous ai pas habitué à autre chose de ma part. »

Je n'avais pas cherché à me faire passer pour une autre. Il devait m'accepter comme j'étais. Pas de mauvaise surprise ainsi. Je ne mâchais pas davantage mes mots en lui affirmant que je n'appréciais pas qu'il décide de me protéger malgré moi. Il s'était trompé de méthode, mieux valait pour lui trouver autre chose.

« En effet. »

Pourtant, il s'étonna quand je lui avouais que sa façon de dépeindre la cour du Roc pouvait avoir pour but de me faire fuir. Ce n'était pas mon genre, mais il y avait là de quoi nourrir bien des angoisses sur mon avenir là bas. Pourquoi se débarrasser de moi ? Et bien, parce que je n'étais pas facile à vivre. J'avais quantité de défauts qui pouvaient irriter bien des hommes. Mais cela sembla plutôt l'amuser alors qu'il me confiait que c'était à lui d'en décider. Il voulait préserver ma sensibilité, mais j'étais sceptique quant à la valeur de cette qualité dans un tel milieu. Il m'assura que c'était important, citant ainsi sa mère. Étrangement, sensible n'était pas vraiment le premier adjectif qui me venait en pensant à la lionne. Autoritaire, froide, charismatique, oui. Sensible... Avec les siens alors et encore, pas tout le temps. Le roi Loren me semblait plus abordable qu'elle. Il était bon vivant, volontiers rieur.

« Non, je ne la pense pas sans cœur, mais... Le terme sensible n'est pas le premier qui me vient à l'esprit en songeant à elle, même si au cours de ces dernières semaines à préparer notre mariage ensemble, j'ai découvert qu'elle n'était pas si froide et inaccessible que cela. »

Je penchais légèrement la tête sur le côté, relevant avec un léger sourire :

« Tous les souverains n'ont pas des ambitions brutales... »

Je ne voyais pas Lyman dans ce rôle. Mais peut-être que le pouvoir corrompait et montait à la tête. Après des années sur un trône, à diriger son peuple, qui savait de quoi on était finalement capable ? Cependant, Lyman semblait au moins avoir apprit à s'excuser parfois, grâce à Gareth. Je hochais la tête à son annonce. Sage décision en effet s'il souhaitait me garder. Pour cela, il devait tenir à moi autant, voire davantage qu'à cet homme qui l'accompagnait depuis des années. Je savais que ce n'était pas aisé de s'attacher quelqu'un et que bien des unions n'étaient pas heureuses, souvent sans amour. Mais avec Lyman, j'aspirais à ce qu'il se glisse entre nous. Je savais déjà que je vivrais très mal qu'il me préfère une autre femme. Pas simplement par fierté. Mais c'était quelque chose que je ne pouvais pas contrôler et pas vraiment lui reprocher, quand c'était intolérable de ma part... Je n'avais pas l'intention d'être infidèle, évidemment ! Mais était-ce également son point de vue ? Je pouvais ne pas répondre à ses exigences... il pouvait se lasser de moi et préférer les bras de femmes plus expérimentées... Garder un époux, un roi de surcroît, demandait beaucoup de doigté... Je lui avouais alors comme il m'avait blessé, lui permettant de voir ma vulnérabilité, d'avoir du pouvoir sur moi... il n'en profita pas. Ou plutôt si, mais d'une manière agréable pour moi alors qu'il s'emparait de mes lèvres après d'être assuré que personne ne pénétrait dans la pièce. Je résistais une seconde à peine, avant de me laisser aller avec un petit gémissement que je ne sus retenir. Impulsivement, mes bras entourèrent son cou alors que mon corps se rapprochait du sien. Autant pour ma colère... il aurait été judicieux de rester de marbre, voire de le repousser pour lui signifier qu'on ne pouvait pas m'avoir aussi facilement, mais mon corps me trahit. Pourtant, je m'écartais de lui subitement, le souffle un peu court, les joues en feu.

« Ne pensez pas m'amadouer à chaque fois par de simples baisers, Lyman. Il faudra vous montrer plus inventif que cela ! »

Est-ce que j'étais crédible avec ma voix qui tremblait, mon cœur qui battait la chamade et cette sensation dérangeante au creux de mon intimité ? Et mes paroles ne pouvaient-elles pas être interprétées de façon... lubriques ? Je fermais les yeux, prenant une ample inspiration, quand la porte s'ouvrit soudainement sur ma gouvernante, hors d'haleine, qui jeta aussitôt des regards paniqués à Lyman et toi... Et bie, à quelques secondes prêt... Nous étions fait. Cependant, au regard qu'elle me lança, il me semblait ne pas faire illusion au sujet de ce qui avait pu se passer. Elle pinça les lèvres et jeta un regard noir à Lyman... Puis à moi. Vilaine princesse désobéissante.

« Lady Jeyne, voulez-vous donc alimenter les rumeurs vous concernant ? »

Je soupirais.

« Et pourquoi pas, au moins cela détournera l'attention des malheureux ayant perdu un proche dans cette horrible guerre. »

Elle prit un air offusqué et la malice réapparut dans mon regard.

« Ma vertu est sauve, arrête de t'inquiéter. Au revoir Prince Lyman, soignez-vous bien et reposez-vous, vous en aurez besoin pour notre mariage. »

« Lady Jeyne ! »

Je laissais échapper un petit rire, faisant tourner en bourrique ma vieille gouvernante. Mais le feu continuait de couler dans mes veines, me laissant... frustrée. Il me semblait que j'avais failli à mon objectif en venant voir Lyman. Je n'avais pas su rester en colère contre lui... Ni froide et indifférente. Je n'étais pas contente de moi. J'espérais que le message était quand même passé et qu'il ne me décevrait plus de cette manière.



   
Lannistark
The heart of a wolf and the soul of a lioness.
I'm scared and I'm brave, or somewhere between the two. I'm beautifully strong, and tragically confused. (by anaëlle)
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Née Princesse du Nord, devenue Princesse de l'Ouest
Âge du Personnage: 16 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Wolf Princess
Messages : 1805
Membre du mois : 51
Célébrité : Adelaïde Kane
Maison : Stark
Caractère : Sincère – Indépendante - Loyale - Aimante - Obstinée - Maternante - Patiente
Wolf Princess
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]   

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
Ce sont ceux que nous aimons qui nous blessent le plus cruellement [Tour II - Terminé]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» " Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ! " Ouais bah à ce stade là, j'suis hulk ! - ALIX
» De Norman Maclean - Ce sont ceux avec qui nous vivons, que nous aimons et que nous devrions connaître, qui nous échappent. • Cornélia
» Mangeons et buvons, car demain nous mourrons... [Tour I - Terminé]
» Des textes que nous aimons...pour une raison ou pour une autre !
» Nous aimons vivre au fond des bois aller coucher sur la dure !!!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bloody Crown :: 
Pays Nordiens
 :: Le Nord :: Winterfell
-
Sauter vers: