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Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mar 29 Déc - 23:11


Dance without you


Je n’avais rien à faire ici. Je le savais et pourtant je n’avais pas pu m’empêcher de venir quand même. J’étais inquiète, et je ne le devais pas. Mais c’était plus fort que moi. J’avais beau savoir que ce que je faisais n’était pas bien, je le faisais quand même. Stupide. J’étais stupide. Je m’étais arrêtée au bout du couloir et si je ne reprenais pas vite mon chemin, les gardes présents devant la porte allaient se poser plus d’une question et me considéraient comme quelqu’un de suspect. Je poussais un soupir, me tapotais les joues pour me donner du courage et recommençais à avancer. Je pouvais encore faire demi-tour mais non, je ne le ferais pas. Je m’arrêtais devant les gardes, en faisant une révérence, tout en gardant mes distances. Je leur dis alors, d’une voix que j’essayais d’être sure et convainquante. J’aimerais m’entretenir avec Messire Anders Martel. Je suis envoyée par la troupe de Jehän afin de négocier une future prestation à Dorne c’était faux, complètement faux. Si mon patron venait à apprendre que j’avais fait cela, il me punirait en prenant de plus grosse recette sur mes prestations. Ou pire, il me licencierait et là ce serait la fin de ma carrière de danseuse, la vie de ma vie même. Car sans mon travail, je ne pourrais plus vivre ou plutôt devrais-je dire, je ne pourrais plus survivre. Que deviendrait alors Colyn ? Qu’adviendrait-il de notre mariage ?

Les gardes me toisèrent un bon moment avant que l’un d’eux ne se décident à frapper à la porte de son seigneur. Il entra ensuite, sans doute pour m’annoncer. J’espérais qu’Anders accepterait de me recevoir même si nous n’étions pas sensé nous rencontré. Depuis Goeville, je ne l’avais plus vu et si je lui avais envoyé un message, il ne m’avait pas répondu. Quelque part, je craignais sa réaction. Et pourtant, je devais le voir. Je devais m’assurer qu’il allait bien et qu’il n’avait pas été gravement atteint. Je ne le pensais pas coupable, ni même les siens. Les Dorniens étaient bien des choses et avaient bien des défauts, mais ils n’avançaient pas à visage couvert. Ils n’étaient pas lâches. En attendant qu’il revienne, je ne pus m’empêcher de regarder le sol, tout en triturant l’une des manches de la robe bleue que je portais. Je l’avais cousue moi-même voilà des années maintenant. Elle n’avait pas vraiment de valeur du coup, ni n’égalait celles des grandes de ce monde, mais c’était la plus jolie que je possédais, en dehors de mes tenues de représentation bien entendu. J’avais longuement hésité à me faire passer pour une servante, mais j’avais opté finalement pour un demi-mensonge. J’avais craint que les gardes ne me reconnaissent même si je n’avais pas la même prestance sur scène que dans la vie courante. J’étais bien plus introverti, et bien moi envoutante. Et cela ne me dérangeait pas au contraire. Lâchant ma robe, je me mis à tresser mes cheveux nerveusement sur le côté, espérant qu’Anders donnerait une réponse positive. Sinon je repartirais, avec la bourse rempli de pièce toujours cachée sous mon jupon.






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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mar 29 Déc - 23:52

    Franchement, il allait devenir fou avec cette inactivité. Cette oisiveté. Anders avait toujours été un enfant turbulent, qui avait besoin de bouger. Moins que Roward, ou du moins, cela ne l'empêchait pas de se concentrer, mais quand même. Il était bien plus à l'aise dans les activités de plein air, qu'enfermé. Oh, il pouvait sortir de ses appartements bien sûr, mais non sans une certaine surveillance. Et puis, quoique fasse le roi Gardener, il ne lui enlèverait pas de l'idée qu'il était prisonnier. Qu'ils l'étaient tous. Même si Deria disait que non, qu'ils étaient là pour élucider le mystère de ces massacres lors du banquet, apparemment perpétrés par des Dorniens. Tout le portait à croire. Et justement, c'était un peu trop flagrant. Et surtout... mince, les Dorniens n'étaient pas réputés pour être très réfléchis, mais de là à tuer des nobles Bieffois alors que tous les Martell étaient aux mains du roi Mern... Quand même ! Les prenait-on pour des idiots ou des simples d'esprit ? Avaient-ils donc cette réputation là ?

    Au moins, ils n'étaient pas oubliés de tous. D'abord leur peuple qui, fougueux, vengeur, commençait déjà des représailles sur les frontières. Ce qui ne faisait qu'envenimer le climat déjà tendu, mais quelque part, c'était bon signe que les leurs se mobilisent ainsi, même de façon désorganisée. Naturellement, Mern ne pouvait tolérer cela et Deria s'était employée à envoyer quelques directives à ce sujet, appelant les dorniens à se modérer. Encore. Ils avaient besoin d'action, d'un ennemi, de vengeance. Elle ne pourrait pas leur serrer la bride bien longtemps. Surtout à distance. Mais, plus surprenant encore, les dragons étaient intervenus, avec une célérité confondante pour exiger leur libération. Anders ne pouvait que saluer la loyauté de la Targaryen envers ses alliés. Même si les échanges entre elle et Deria étaient... houleux. Elles avaient le caractère vif toutes deux et les écrits ne reflétaient pas toujours correctement la pensée et surtout le ton employé. Malgré cela, Rhaenys n'avait pas hésité. Cela dit, Anders se devait de toucher deux mots à Orys Baratheon concernant l'efficacité de leurs espions. Sérieusement, il voulait les mêmes à Dorne ! D'ailleurs, il était en train de relire la missive du Baratheon, cherchant un moyen de répondre, tout en sachant qu'on lirait sa missive et qu'il ne pouvait pas être totalement honnête. Mais Orys l'avait fait sourire en parlant des échanges de leurs sœurs. Il était presque sûr que les choses se passeraient mieux entre les deux hommes, même si malheureusement, il n'avait aucun pouvoir de décision (ou heureusement selon certains points de vue).

    On frappa alors à la porte et Anders leva la tête alors qu'un garde entrait. Une femme s'était présentée à la porte. Une envoyée de la troupe de Jehän... Incrédule, le dornien hocha la tête pour l'autoriser à entrer. Ou plutôt, non, il se leva, emboîtant le pas au garde pour confirmer son intuition. Quoique à ce niveau, ce n'était même plus une intuition. Ou bien, la destin aurait été cruel de lui envoyer une autre danseuse... Mais non, il ne fut pas déçu en avisant la chevelure blonde. Le bleu lui allait merveilleusement bien. Que faisait-elle là ? Voulait-elle juste s'assurer qu'il allait bien ? Ce serait bien son genre, même s'ils s'étaient quittés fâchés. Quoique non, elle, elle avait fait amende honorable. Et il n'avait pas répondu... Encore. Il pensait l'avoir blessée suffisamment pour qu'elle passe à autre chose, qu'elle soit heureuse dans sa vie. Mais Solvej était plus généreuse ou plus têtue qu'il ne le pensait. Et malgré lui, il sourit en la voyant. Sa blessure au flanc demeurait sensible. Mais les ecchymoses avaient viré davantage au jaune. Et il avait retrouvé ses couleurs. Simplement vêtu d'un pourpoint même pas lacé totalement sur sa chemise, il évita de montrer qu'il la connaissait. Il ne manquerait plus qu'on pense qu'elle était une espionne tiens. Les gardes penseraient peut-être qu'il allait s'accorder du bon temps avec cette fille, il s'en fichait.

    « Entrez. »

    Il s'effaça pour la laisser s'engouffrer dans la pièce, refermant la porte derrière lui, se soustrayant ainsi au regard et aux oreilles des gardes.

    « Sol... Tu as le don pour sortir de nulle part. Je ne pensais pas que tu aurais envie de me voir après... ce qu'il s'est passé. »

    Il esquissa un sourire en coin, le regard soudain pétillant de malice :

    « Pas besoin de négocier, tu seras la bienvenue à Dorne et grassement payée pour la qualité du spectacle. »

    Il n'était pas dupe de son prétexte, mais il ne pouvait s'empêcher de plaisanter à ce sujet. Il n'était pas doué pour les excuses.

    « Je n'ai pas su quoi répondre à ta missive... Je ne comprends même pas que tu m'ais écrit, cela aurait été tellement plus simple d'en rester là... Mais... Cela ma fait plaisir. Comme je suis heureux de te voir ici. Assieds toi. Pourquoi es-tu là ? Tu t'inquiétais pour moi ? »

    Il s'assit sur un siège en face d'elle, penchant la tête sur le côté.


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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mer 30 Déc - 0:54


Dance without you


Stupide stupide stupide. J’étais stupide d’être venue ici. Mais que m’était-il passé par la tête ? La dernière fois que nous nous étions vus, les choses avaient très vite dégénérés. Et il n’avait pas répondu à mon simple message. Le message était clair, on ne peut plus clair même et pourtant, pourtant, j’étais là devant sa porte, à espérer qu’il accepterait de me voir. Je ne voulais pas l’embêter plus que nécessaire. J’avais simplement besoin de m’assurer qu’il allait bien et qu’il n’avait pas été gravement blessé. On racontait tellement de choses différentes les unes des autres qu’il était impossible de démêler le vrai du faux. On parlait de blessures superficielles mais également graves et même de morts parmi les dorniens. J’étais inquiète, très inquiète pour Anders. Il avait toujours eu le sang chaud et il était du genre à foncer dans le tas puis réfléchir ensuite. Les années n’avaient pas pu changer cette aspect-là de sa personnalité, c’était bien trop ancré en lui pour cela.

Le garde fut le premier à sortir, suivi, étonnement par Anders. Il me regarda comme si j’étais une inconnue, avant de m’indiquer d’entrer. Je fis un vague signe de la tête et sans plus quitter le regard du sol, je m’avançais dans la pièce. Je me retournais aussitôt vers l’homme, m’autorisant à le regarder qu’une fois que la porte fut refermée. Je fus soulagée de voir qu’il était en un seul morceau et paraissait plutôt en forme. Je baissais les yeux en l’entendant évoquer notre dernière rencontre, honteuse de la manière dont j’avais pu m’adresser à lui. J’avais été injuste, impolie et irrespectueuse. Je m’étais excusée oui, mais sur un parchemin auquel il n’avait donné aucune suite. Je me pinçais la lèvre inférieure, avant de le suivre un peu plus loin dans la pièce. J’allais ouvrir la bouche pour m’excuser, mais il changea de sujet en m’indiquant que, non pas la troupe, mais moi serait la bienvenue à Dorne et bien payée si je m’y produisais. Je l’avoue, cela me troubla. Cela faisait des années qu’il ne m’avait pas vu m’exercer, et à l’époque j’étais une piètre danseuse. Comment pouvait-il être certain que j’étais bien plus douée dorénavant qu’avant et que mes danses pouvaient me rapporter gros… Enfin rapporter gros à Jehän vu qu’il prenait une grosse partie de la somme que pouvait lui rapporter mes danses. Et même comme ça, il me restait de quoi vivre sereinement. J’allais ouvrir la bouche pour le remercia, mais il me prit une nouvelle fois de court. Je relevais la tête à ses mots et m’installais comme il me le demanda alors qu’il prenait lui aussi place sur un siège. Je pris une petite inspiration avant de lui répondre – enfin –  Pardonnez-moi de vous déranger et d'avoir dû trouver une piètre excuse pour venir jusqu’à chez vous. Jehän ne sait pas que je suis ici, même s’il sera heureux de voir qu’après le Bief, je nous ai trouvé une invitation à Dorne. Bien que cela est fortement dérangé mon chef de troupe dans le sens où ce n’était pas lui qui avait décrocher un beau contrat, il avait été satisfait que le Lord Hightower ait demandé personnellement après nous pour venir nous produire à Hautjardins. Il en serait sans aucun doute de même avec Dorne. Mais peut-être était-ce là simplement des mots en l’air, de politesse de la part d’Anders ? Après tout, nous n’avions jamais été réinvités dans son royaume depuis que nous l’avons quitté alors que j’étais une jeune fille. Je n’avais pas la sottise de penser que les choses changeraient simplement parce que ma route avait de nouveau croisé celle de l’ancien bâtard de Dorne. Permettez moi de m’excuser une nouvelle fois pour la dernière fois. J’ai été irresponsable et inconvenante. lui dis-je en inclinant le buste, avant d’ajouter en fixant le sol du regard. J’ai entendu tant de choses dehors que je n’ai pu que prendre peur pour vous. J’ai conscience de la stupidité de ma démarche, et de mes raisons, mais en effet, je m’inquiétais pour vous et qu’il ne vous soit arrivé quelque chose de fâcheux Messire Martell. lui avouais-je sans être capable de le regarder. J’étais stupide et il allait d’ailleurs me trouver stupide aussi. Pourtant, il fallait que je le fasse. Il fallait que je m’en assure moi-même. Il allait bien et ce constat fit s’envoyer un poids de mes épaules.




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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mer 30 Déc - 12:12

L'étincelle de soulagement et de joie qui était née en voyant Solvej fut annihilée par son attitude de nouveau respectueuse et servile. L'expression sur le visage du jeune homme changea, passant de la chaleur à la... déception. Il sembla s'affaler sur son siège. Il était las soudainement. Las de la situation, las de détruire tout autour de lui. Il agissait souvent de façon inconsidérée et il se plaignait ensuite de devoir recoller les morceaux. Avec Sol, c'était criant de vérité. Il n'avait pas été correct avec elle. Ses arguments se tenaient bien sûr, qu'aurait-il pu faire, à 16 ans, pour elle ? Sa vie était la danse, la troupe, elle avait suivi sa mère et avait disparu. Et lui... Lui, il n'avait rien fait, passant à autre chose. Qu'aurait-il pu offrir à Solvej ? Une place dans sa couche ? C'était déjà le cas. Ainsi qu'une place dans son cœur à l'époque, mais elle refusait de le croire à ce sujet. Tout cela était bien beau, mais ne leur assurait aucun avenir. Surtout pour elle. Elle aurait été la maîtresse d'un bâtard, il y aurait sans doute eu d'autres petits bâtards... Et rien d'autre. Il avait sa place chez les Martell, même si elle était compliquée. Il ne pouvait pas épouser qui il souhaitait. Il faisait partie d'un vaste échiquier, il n'était qu'un pion et un jour, il assurerait une alliance, malgré son sang impur.

« Et bien, nous avons de la chance que les gardes bieffois soient un peu cons pour y croire. »

Il haussa les épaules, avant de se stopper net quand la douleur se rappela à son bon souvenir. Il oubliait un peu facilement qu'elle avait été démise et que cela continuait à faire mal s'il bougeait trop amplement ou violemment. Le traumatisme mettrait encore plusieurs jours à guérir.

« Mais ils le sont assez pour penser que les Dorniens ont massacré des nobles Bieffois alors que nous étions à Hautjardin alors... Plus rien ne m'étonne. »

Il hocha la tête quand elle se focalisa sur le fait qu'ils pouvaient venir à Dorne. Elle et sa troupe. Ah... Peut-être avait-il été maladroit dans sa formulation. Elle était la bienvenue, mais les siens aussi, naturellement. Même si c'était elle qui l'intéressait, il ne voulait pas lui causer de torts.

« Nous aurons sans doute besoin de divertissement après ces funestes événements. Quand nous rentrerons. Si nous rentrons. »

Oh, ils finiraient bien par partir de Hautjardin quand même, Mern ne pouvait pas les retenir indéfiniment... Mais Anders broyait quelque peu du noir en ce moment. Il avait trop de temps pour réfléchir et ressasser de sinistres pensées. C'était pour cela aussi qu'il aimait l'action. Pas de questions à se poser, et cela lui convenait parfaitement. Il n'avait pas la tête vide, n'en déplaisent à ses détracteurs. Solvej avait devant lui un Anders abattu qu'elle n'avait jamais vu. Il prenait grand soin de toujours afficher un sourire en coin et une attitude désinvolte. Mais là... Devant elle de surcroît... Elle qui remettait de la distance entre eux... il n'avait même plus la force de se mettre en colère à ce sujet. A quoi bon, sinon se disputer et la faire partir plus vite ?

« De toutes façons, même si je ne permet pas, tu le feras quand même alors... »

Qu'elle s'excuse donc. Elle ne comprenait pas que même si cela avait dégénéré, au moins, il avait retrouvé l'ancienne Sol. Pour mieux la perdre encore.

« Et si je te disais que je préfère mille fois quand tu es irresponsable et inconvenante, que docile et servile ? Mais puisque nous en sommes aux excuses, j'ai été emporté et odieux. Je n'aurais pas du te parler ainsi. Mais l'âge ne m'a pas apprit à tenir ma langue sous le coup de la colère malheureusement. »

Et pourtant, malgré cela, elle était venue, parce qu'elle était inquiète.

« Ce n'est pas stupide, c'est sincère. C'est ce qui m'a plu chez toi. Entre autres choses... Mais je vais bien, comme tu peux le constater. Cependant, on peut effectivement dire qu'il m'est arrivé quelque chose de fâcheux. Je suis bloqué ici, nous sommes accusés d'une félonie qui m’écœure. Cela entache notre réputation en nous rabaissant au même degrés de félonie que le Noir ou même le Gardener qui a fait assassiner Nymor et Meria. »

La lassitude avait laissé place à de la colère. Son inaction le rendait dingue. Il avait besoin de bouger, de prouver qu'ils n'étaient pas de cette espèce là. Anders pouvait être rusé, peut-être même fourbe, parfois, mais il avait de l'honneur. Et ni lui, ni son frère et ses sœurs étaient capables d'imaginer un tel plan. Et dans quel intérêt ? Cela ne faisait que raviver les tensions et provoquer la guerre entre le Bief et Dorne. Et si Anders la souhaitait, il n'aurait pas mis les siens en danger en assouvissant son désir. La question était de savoir qui avait intérêt à ce que la paix échoue entre les deux royaumes ? Et il y avait trop de réponses pour en trouver une seule...


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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mer 30 Déc - 13:36


Dance without you


Je répondais par un vague hochement de tête, sans regarder le dornien en face de moi. J’avais dû me montrer assez convaincante et déterminée si les gardes avaient accepté de me laisser passer. Anders n’avait pas été dupe bien entendu. Le contraire m’aurait étonné. Ce n’était une coïncidence si j’étais venue le voir et il devait bien s’en douter.

La tête baissée, je ne vis pas vraiment le geste de l’homme en face de moi, bien que je notais qu’il l’avait arrêté à peine esquissé. Il avait été blessé. J’en avais la certitude, même s’il ne semblait pas montrer le moindre signe de blessure. Ou du moins pas de manière apparente. Je me pinçais la lèvre pour ne pas le questionner à ce sujet même si cela me brûlait les lèvres. Et au-delà de ses blessures, il me semblait… Tourmenté ? Il ne rigolait pas. Il ne s’énervait pas. Cela ne lui ressemblait pas le moins du monde et je m’étais aperçue la fois dernière qu’il n’avait pas changé de ce côté-là. Il était resté égal au jeune homme que j’avais connu, un jeune homme que je ne retrouvais absolument pas en face de moi. Vous n’y êtes pour rien. Il suffit de connaitre un peu les Dorniers pour le savoir. lui répondis-je doucement, en esquissant un léger sourire. Une personne un tant soit peu réfléchie le saurait. Ce n’était pas le genre de Dorne, cela ne le serait jamais. Je ne connaissais pas les détails, simplement qu’on pensait qu’ils avaient pu tuer des nobles de ce royaume. J’avais beau être une simple danseuse, cela me semblait tellement stupide. Sans doute mon affection pour Anders y jouait un grand role ? Peut-être. Ou peut-être pas. Je ne connaissais pas la Princesse Deria Martell, mais je me doutais qu’elle n’aurait pas mis en danger sa vie et celle de ses frères d’une telle manière. A moins qu’elle soit stupide, mais j’en doutais quand même. Son peuple n’aurait pas laissé à sa tête une dirigeante stupide. Ce n’était pas, encore une fois, leur genre. Dorne n’est pas un peuple à se laisser diriger par un être qu’ils ne pensaient pas dignes d’eux. Plus fiers qu’eux, je ne connaissais pas. Vous rentrerez. Dorne ne vous abandonnera pas. Non, le peuple ne les laissera pas dans le Bief, même s’ils devaient entrer en guerre pour cela. Et d’après ce que j’avais entendu, le Dragon était à présent leur allié. Sans doute finirait-il par intervenir lui aussi ? Allez savoir. Je ne m’y connaissais pas assez en politique pour l’affirmer ou l’infirmer.

Je me pinçais encore une fois la lèvre quand Anders répondait à mes excuses. Il ne les acceptait pas, me faisant le faire, juste pour me faire plaisir. Est-ce que cela me satisfaisait ? Pas le moins du monde. J’étais vraiment sincère et cela me peinait qu’il ne s’en rende pas compte… Enfin c’était avant qu’il ne se justifie d’une certaine manière ? Je relevais la tête, non sans cacher mon étonnement à ses mots. Je ne comprends pas. soufflais-je en guise de réponse, troublée au possible. Vous n’avais pas d’excuser à me présenter, mais je les accepte tout de même. lui dis-je sincèrement en inclinant légèrement la tête de nouveau en signe de respect. Qu’on se le dise, je ne l’avais jamais connu comme étant quelqu’un qui pouvait reconnaitre ses torts. Anders était un Dornier, un homme fier et sûr de lui en toute circonstance. J’étais forcée de constater que ce n’était pas le cas actuellement. Spontanément à ce constat et à ses mots, je me levais pour venir me mettre à ses genoux, et prendre ses mains dans les miennes. Je les serrais doucement, n’aimant pas le voir si vulnérable et étant touchée qu’il se montre ainsi devant moi. Non vous mentez… Ce que je constate c’est que vous n’allez pas bien. Je lui fis un sourire tendre, voulant quelque part le rassurer et apaiser ses tourments. Je n’en étais surement pas capable, mais je ne me pouvais pas m’empêcher d’essayer, ne serait-ce qu’un peu. Pensez-vous vraiment que Gardener soit celui qui ait fait tuer votre père et votre grand-mère ? Pourquoi êtes-vous venu ici alors ? Je ne connaissais pas le dirigeant du Bief. Le contraire aurait été étonnant. Je ne savais pas quoi penser de tout cela et ne le faisais pas du coup. Ce n’était pas mon rôle de le faire après tout et ce n’était pas comme si je serais capable d’arriver à trouver le fautif. Par contre je pouvais essayer de le soulager un peu, de l’aider même si j’ignorais comment le faire, comment y arriver. Sans quitter ses yeux des miens, je lui demandais doucement Dites-moi si je peux vous aider d’une quelconque manière et je ferais tout ce que je peux pour y arriver.



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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Dim 3 Jan - 20:15

C'était sans doute idiot, mais quelque part, il tait content que Solvej ne pense pas que les dorniens soient derrière ce massacre infâme... Enfin, bien sûr, ils en étaient capables, les guerres étaient rarement propres, mais, là, le Bief et Dorne n'étaient pas en guerre, pas officiellement du moins, même si les soldats des frontières savaient que c'était un peu plus complexe. De surcroît, il fallait être particulièrement stupide pour massacrer ainsi des familles entières en étant en visite à Hautjardin non loin de là, non ? Il eut un petit ricanement cynique :

« Ah et bien dommage que les Bieffois ne nous connaissent pas un peu alors. »

Mais les esprits étaient échauffés... Comme Deria l'avait justement fait remarquer, les Dorniens se seraient aussi jetés sur ce drame pour régler leurs comptes. Sauf que là, ils auraient eu raison. Gardener était fortement soupçonné dans l'assassinat de Meria et Nymor Martell. Alors que les Dorniens n'avaient rien fait d'aussi vicieux et ignoble au Bief. Qui devait réellement avoir de la rancœur dans ce cas, hum ? Il se surprit à se confier à la petite danseuse qu'il n'avait revu qu'une fois en de nombreuses années et qu'il avait quitté deux fois sur une dispute. Pourtant, ils étaient liés et il y avait quelque chose chez Sol qui le mettait en confiance. Il s'était toujours senti bien avec elle, c'était comme cela. Elle était douce et douée d'une grande capacité d'écoute quand elle n'était pas occupée à jouer les créatures dociles et serviles face plus puissant qu'elle, soit avec presque tout le monde. Il lui avoua alors ses doutes concernant son retour à Dorne. Il n'était pas très optimiste à ce sujet.

« Non Dorne ne nous abandonnera pas, mais que peut bien faire notre peuple quand nous sommes ici et qu'un ordre d'exécution est si facile à donner ? Nous sommes des otages Solvej, une garantie pour Mern de ne pas se voir attaquer par les nôtres. L'occasion est tellement belle. »

Il y avait un tel sarcasme dans sa voix... Il était désabusé. Et enragé aussi, même si ce sentiment ne primait pas pour le moment. Ils étaient pieds et poings liés. Deria essayait de limiter la casse. Mais quelle garantie aurait Mern si la famille Martell rentrait à Dorne ? Comment s'assurer que Dorne ne se vengerait pas après cela ? Que Deria ne ferait pas preuve de duplicité ? Bien sûr, Anders savait qu'elle tiendrait parole, mais Gardener, lui, ne pouvait simplement faire confiance à la jeune souveraine, n'est-ce pas ?

Solvej s'excusa alors pour son comportement qu'elle jugeait inacceptable. Des excuses qu'il ne se sentait pas d'accepter, parce qu'elle n'avait rien à se reprocher, contrairement à lui, qui l'avait poussée à bout. Excuses qu'elle accepta, même si elle jugeait que c'était lui qui n'avait pas à en proférer.

« Oh si, j'en ai même beaucoup. On dirait que je ne sais que te blesser. »

Il avait ajouté cela avec fatalité. Il était maladroit avec Sol, plus qu'avec toute autre femme, étrangement. D'habitude, il s'en sortait plutôt bien, il baratinait et hop, il en faisait ce qu'il voulait. Cela dit, son comportement les blessait forcément, puisqu'elles n'étaient que des distractions pour lui. Il avait fait coulé beaucoup de larmes. Sol n'avait été que la première... Voilà, il allait bien, elle pouvait s'en aller maintenant, avant que cela ne dégénère une nouvelle fois et qu'elle s'en aille, fâchée. Pourtant, elle ne le fit pas, et il la regarda avec surprise s'agenouiller à ses pieds et se saisir de ses mains. Comme touchée par sa vulnérabilité soudaine. Une faiblesse qu'il ne montrait presque jamais, hormis à son frère et ses sœurs. Alors voilà comment lui faire baisser sa garde ? Solvej avait le cœur trop tendre pour son bien et il serait si facile de se glisser dans cette faille... Et pourtant, ce n'était pas à cela qu'il pensait en la regardant. Il avait envie de la prendre dans ses bras, de trouver du réconfort auprès d'elle. Mais elle était mariée. Fidèle. Il ne pouvait pas faire cela. Avec une autre, il n'aurait eu aucun scrupule. Pas avec elle.

Et effectivement, il n'allait pas bien. Moralement, il n'allait pas bien. Mais cela ne se guérissait pas aussi aisément que ses blessures physiques hélas. Même si le sourire de Sol était comme un baume et un rayon de soleil. Et ce regard posé sur lui... il lui en rappelait d'autres, il y a des années de cela... Quand la situation était simple pour les deux adolescents qu'ils étaient.

« Oui, je le pense. Les relations entre Dorne et le Bief ont toujours été tendues... J'ai affronté beaucoup de soldats bieffois à la frontière... Qui d'autre aurait fait cela ? Qui aurait eu intérêt à ce qu'ils meurent ? Et nous sommes venus ici parce que Deria croit en la paix. Parce qu'elle veut préserver les siens... Parce que nous avons été invités et que refuser aurait été discourtois et diplomatiquement catastrophique. Mais nous n'aurions jamais du tous venir... C'était une erreur... Roward aurait du rester à Dorne, avec Arianne, sans doute, pour le tempérer. »

Parce qu'il était hors de question pour Deria de laisser les deux frères gérer Dorne, sans garde-fous. A raison.

« Merci, mais j'ignore comment tu pourrais nous aider pour l'heure... Reste simplement encore un peu. Ta présence me fait du bien. »

Solvej avait l'avantage de pouvoir aller et venir... Elle n'était pas dornienne, elle était davantage libre de ses mouvements. Peut-être pourrait-elle aider finalement ; il devait y réfléchir, même s'il répugnait à se servir ainsi d'elle, quand bien même elle le lui proposait naïvement et dans un élan de générosité aussi sincère qu'impulsif. Et désintéressé.

« Je sais que de toi ne j'ai à craindre nulle trahison ni duplicité... »

Quand lui, l'avait pourtant trahie... Quelle ironie.

« Tu sais, je me dis que tu as dansé durant ces festivités et que je n'ai même pas pu te voir. »


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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Dim 10 Jan - 1:52


Dance without you


J’étais troublée de constater l’état d’Anders. Si physiquement il semblait bien se porter, ou du moins pas trop mal, ce n’était pas le cas sur le plan émotionnel. Cela me touchait bien entendu. Prétendre le contraire aurait été un mensonge. Que les années et les statuts nous aient éloigné ne changeaient rien au fait qu’il avait compté pour moi et que je me souciais de lui. J’étais ainsi faite et il le savait sans doute, sinon il ne m’aurait pas permise d’entrer et ne se montrerais pas aussi ouvert. Il n’avait rien à craindre de moi. Ses secrets seraient toujours bien gardés tout comme ses états d’âme. Je n’avais jamais eu la langue pendue, ni même des plus sociable. Et je ne trahissais pas les rares personnes qui étaient chers à mon cœur. Quoi qu’il ait pu se passer et qu’il puisse se passer, le Dornien sera toujours l’un d’entre eux.

Je baissais la tête à ses propos sur les gardes bieffois, ne répondant pas. Que pouvais-je dire ? Que je pensais qu’en effet ils se trompaient lourdement ? Ce serait gênant, embarrassant et… on ne me demandait pas mon avis qui ne compterait pas d’ailleurs. Non ce n’était pas envisageable. Alors je gardais le silence comme j’avais si bien appris à le faire. C’était l’une des choses que ma mère m’avait admirablement bien inculqué et dont je ne me plaignais pas. Je connaissais ma condition, ma place et quand me taire. Cela m’avait évité bien des ennuis et m’avait gardé en vie, même si je prenais un risque à être là. Je frissonnais quand il évoqua le fait d’être un otage pour le souverain du Bief et qu’il serait facile d’atteindre à leur vie. Non. Je refusais cette idée. Je secouais la tête troublée au possible Non… Il ne pourrait pas… Je… Il doit exister un moyen. C’était stupide de parler ainsi je m’en rendais compte mais ne pas aider Anders ou lui porter assistance… Non ce serait au-dessus de mes forces. Je ne serais peut-être pas d’une quelconque aide, mais au moins pouvais-je essayer de l’être. Je ne pourrais supporter l’idée de l’avoir abandonné à son sort sans avoir tenter la moindre chose, aussi périlleuse que cela serait, sans y avoir réfléchis, ni envisager une autre solution.

En l’entendant me dire qu’il avait, à ses yeux, beaucoup de raison de s’excuser, et qu’il pensait qu’il ne faisait que me blesser, je ne sus répondre. Je me mordis la lèvre inférieure, en fixant bien le sol sur lequel mes pieds étaient appuyés. Que pouvais-je répondre ? Non, il n’avait aucune raison de le faire, même si oui, il m’avait fait beaucoup de mal, et que notre rencontre à Goeville avait été lourde à porter ? Je ne pouvais décemment pas le faire, alors je gardais une nouvelle fois le silence. Je n’en restais pas moins touchée par ses paroles, même si je ne rebondissais pas dessus. Et elles me troublaient, oh oui, et pas qu’un peu. Surtout qu’il n’avait pas répondu au message que je lui avais envoyé.

L’état de détresse d’Anders était telle que je ne pus m’empêcher de venir m’asseoir à ses genoux, prendre ses mains dans les miennes et essayer de le consoler, d’alléger sa peine, et ses tourments. Je lui soufflais que je ne le croyais pas lorsqu’il m’indiquait qu’il allait bien. Je n’étais pas dupe et je ne voulais pas qu’il fasse semblant devant moi. Il n’en avais pas besoin. Je suis navrée pour vous et les votre. J’aurais tant aimé que ce voyage se fasse sans encombre et ne vous rappelle pas de douloureux souvenirs. Je sais combien vous aimiez votre père. Il doit être d’autant plus difficile pour vous d’être ici. Vous avez énormément de courage d’avoir accepté de venir. Et peut-être, sans doute une grande part de stupidité aussi. lui dis-je sans détour, étant sincère avec lui. Je lui avais soufflais cela sur un ton doux, et rassurant, serrant ses mains dans les miennes. Je ne comptais pas dans sa vie et je n’étais pas capable de lui être de la moindre utilité, mais je tenais à lui montrer mon soutien par ma présence, mes gestes et mes paroles. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était important pour moi.  Je fus alors d’autant plus touchée par ses remerciements et qu’il me demande de rester à ses côtés. Je hochais la tête, émue et la gorge trop serrée pour prononcer le moindre mot. Andes savait me désarmer comme seul lui pouvait le faire. Et en effet, il n’avait rien à craindre de moi. Jamais je ne lui ferais le moindre mal, ou du moins, pas de manière volontaire. Je lui fis un sourire tendre, puis me releva à ses dernières paroles. Alors laisses moi rectifier cela Je m’écartais de lui et m’avança dans sa chambre. Je me permis d’écarter quelques chaises et objets pour créer un espace suffisant pour danser. Je pris sur la table une plume, noua mes cheveux en un chignon, et le fit tenir avec cette première. Je retirais ensuite mes souliers, pas adapté à la danse, me retrouvant pied nu sur le sol froid, puis commença à esquisser des pas de danse. Il n’y avait pas de musique, mais cela ne me posait pas de problème. Je n’en avais pas besoin pour me souvenir des mouvements que je devais effectuer, des mouvements qu’il reconnaitrait même s’ils étaient bien plus gracieux et aboutis que la dernière fois qu’il m’avait vu m’entrainer à les effectuer. Cette danse, c’était celle que ma mère, celle qui avait fait sa renommée. J’en avais modifié certain pour que ma chorégraphie soit plus harmonieuse et moins saccadée. Les années m’avaient apporté une assurance et une expérience solide, qui se reflétait dans les gestes que je faisais avec mes bras et mes jambes. Je fermais les yeux, dansant comme s’il n’y avait personne pour me voir, laissant l’émotion me transporter, et ma passion pour la danse s’exprimer. En cet instant je ne dansais pas pour gagner ma vie, mais simplement pour le plaisir et cela changeait tout dans mon état d’esprit. Je ne faisais pas un spectacle, et n’avais pas besoin d’en faire des tonnes et de faire du spectaculaire. Non, je dansais avec mon cœur, sans accentuer mes mouvements au possible, sans faire mille et une contorsions ou acrobatie. Mes mouvements étaient fluides, modérés, mais je savais qu’ils n’en restaient pas moins pour autant impressionnants et beaux.  Je laissais transparaitre dans ma danse plusieurs émotions, passant de la tristesse, à la joie, du calme à la colère, de la sérénité à la combativité, jusqu’à finir essoufflée sur le sol, le dos courbé, le buste contre la froideur des pierres, les plans de mes pieds se touchant, tant un alignement parfait. Je pris quelques secondes pour reprendre mon souffle avant de me relever bien droite. Je calmais le rythme de mon cœur qui s’était emballé sous mes efforts physiques, respirant doucement par le nez. Je ramassais ensuite la plume qui s’était échappée de mes cheveux lorsque j’avais effectué un saut écart, pour venir la reposer à sa place initiale, lissant les duvets qui s’étaient légèrement écartés les uns des autres lorsque je l’avais inséré dans les cheveux qui devaient être à présent en bataille. Je l’avoue, cela était un prétexte pour gagner un peu de temps, et attendre la réaction du Dornien sans avoir à le regarder. Je devais bien avouer que je redoutais que cela ne lui ai pas plu, même s’il n’y aurait aucune raison à cela. Simplement… Et bien son avis était important, même si j’avais conscience que c’était stupide de penser ainsi. J'étais gênée et anxieuse.



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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mar 19 Jan - 21:31

Il était aisé de se laisser aller à quelques confidences avec Sol. C'était peut-être une erreur. Après tout, comment savoir à qui allait sa loyauté, hum ? Elle pouvait tout aussi bien emmagasiner les informations, pour ensuite aller rapporter cet échange aux Bieffois. Oui, cela pourrait être. Cela pourrait expliquer qu'elle soit venue, qu'elle soit entrée si facilement. Sauf qu'il n'y croyait absolument pas. Aussitôt que son cerveau élaborait cette hypothèse, il la rejetait avec force. Et s'il n'était qu'un idiot sentimental et bien... tant pis. De toutes façons, ce n'était pas comme si son hostilité envers ses hôtes n'était pas connue. Il ne s'en cachait pas, même s'il prenait sur lui pour ne pas en laisser voir toute l'étendue. Mieux valait ne pas aggraver leur cas, déjà bien assez précaire comme cela. Arianne et Deria savaient-elles seulement à quel point il se maîtrisait ? Probablement pas. Ou peut-être que si. Surtout Arianne qui le connaissait par cœur. Vraiment ? Un fossé s'était creusé entre eux depuis son enlèvement, depuis qu'il nourrissait des sentiments contre nature pour sa demie sœur. Il ne pouvait plus la laisser pénétrer son âme aussi facilement. Ni son cœur. Elle serait horrifiée de ce qu'elle y lirait.

Il ne pouvait pas lui parler. Ses rapports avec Deria étaient un peu tendus, comme toujours, même s'ils arrivaient parfois à échanger intelligemment, même s'il existait réellement de l'amour entre eux. Et Roward était trop semblable à lui. Solvej était étrangère à tout cela, pas du tout impliquée... Loin des jeux de pouvoir... Il lui enviait sa liberté en cet instant, même si elle n'aurait pas compris. Elle se pensait inintéressante, insignifiante. Et sans doute n'était-elle pas si libre que cela avec un époux... Mais tout de même, elle pouvait aller et venir comme elle voulait, la moindre de ses paroles n'avait pas de conséquence désastreuse. Il n'osait même pas imaginer ce que devait subir Deria, qui était princesse, quand il n'était que son frère bâtard.

Il parlait librement à Sol. Même de choses graves, sans se soucier que cela puisse la choquer. Il ne se rendit compte de cela que quand elle nia l'évidence, bafouillant légèrement, comme pour se convaincre du contraire. Il se mordit la lèvre. Sol n'était pas habituée aux jeux de pouvoirs, à la cruauté qui sévissait au sein des riches et des puissants...

« Il peut tout, c'est un roi. »

Et qui avait clairement la main. Même si cela risquait de lui coûter cher de s'en prendre aux Martell. Les Insoumis ne laisseraient pas cela impuni ? Quitte à tous être massacrés, ils se jetteraient sur le Bief pour venger leurs souverains. Non ce n'était pas judicieux de leur faire du mal, de les tuer. Mais c'était un bon moyen de pouvoir arriver à quelques accords avantageux pour lui.

« Ah désolé, je suis pessimiste en ce moment. »

Et il n'avait pas à lui infliger cela. Elle ne pouvait rien y faire en plus. Pourtant, cette situation plutôt catastrophique avait créé un nouveau climat d'intimité entre eux. Au moins un avantage à tout cela. Et il en profita pour s'excuser auprès d'elle. Il s'était mal comporté, à plusieurs reprises et pourtant elle était là aujourd'hui, devant lui... Pourquoi ? Par amitié ? Mais pouvait-on parler d'amitié entre eux quand ils avaient été tellement plus ? Mais Sol était mariée et de ce qu'il savait d'elle, probablement fidèle. Elle n'était pas venue ici dans l'intention de coucher avec lui, c'était évident. Juste... être là. Drôle de relation. Et il n'était pas certain de savoir faire de même. De pouvoir être ami avec une femme qu'il avait aimé et qu'il appréciait encore. Et pourtant, difficile de ne pas fondre devant Sol alors qu'elle abolissait les barrières qu'elle avait elle-même érigées entre eux en s'agenouillant devant lui et en posant une main compatissante sur sa cuisse. Alors voilà comment la récupérer ? Il devait simplement se montrer déprimé ? Cette pensée le fit sourire intérieurement. Et il sourit vraiment quand Sol loua leur courage d'être venu ici en suspectant autant Mern d'avoir commandité le meurtre de leur père et grand-mère, mais surtout leur stupidité. Où était-elle la danseuse croisée à Goeville qui baissait servilement la tête pour ne pas l'offenser comme elle devait le faire avec tous les nobles qu'elle croisait ? Elle taxait purement et simplement la famille Martell de stupidité. Qui était-elle pour juger ainsi ? Une amie. Tout simplement. Pas un seul instant il ne se sentit offensé de sa sincérité à ce sujet. Elle avait raison.

« Sans aucun doute. Cela fait partie de mon charme non ? »

Il avait répliqué avec un certain amusement. Courage et stupidité, voilà un mélange plus que dangereux et surtout qui menait à une mort précoce. Il n'était pas pressé de la voir partir. Il n'avait besoin que de sa présence, douce, réconfortante, familière et sincère. Et il lui glissa qu'il ne l'avait jamais vue danser. Pas depuis qu'elle était adulte en tous les cas. Adolescente, il avait bien deviné le talent de la jeune fille, mais sa féminité était encore timide, discrète... Pour sa plus grande satisfaction, elle accéda à sa requête et il nota le tutoiement soudain, comme un rapprochement entre eux. Son regard sombre ne la quitta pas un instant des yeux alors qu'elle se faisait un petit espace et se mettait à bouger, au son d'une musique imaginaire. Ces mouvements, il les avait déjà vu. Il s'en souvenait. Il en avait passé des heures à observer sa petite danseuse qui s'acharnait jusqu'à l'épuisement. Désormais, elle maîtrisait sa danse à la perfection. Il ne voyait même pas la prouesse technique, il était juste envoûté par sa souplesse, par sa sensualité... Et il dut se faire violence pour ne pas se lever et aller la retrouver. Faisait-elle cet effet là à tous les hommes ou seulement à lui ? Après tout, il n'était pas indifférent au charme de Solvej. Il n'était peut-être pas objectif. Mais elle était indéniablement femme. Et faisait naître le désir chez lui. Pourtant, il ne bougea pas, ne rompit pas tout de suite le silence alors qu'elle se relevait lentement et ne croisait pas son regard, remettant un peu d'ordre. Il se racla finalement la gorge avant de lâcher :

« Je ne sais pas si c'était une bonne idée finalement... »

Sa voix était un peu rauque. Le Dornien avait le sang chaud, aimait les femmes... et là, il devait se tenir tranquille. Quelle torture.

« Quiconque t'a vu danser ne peut plus te penser insignifiante Sol... »

Mais il ne l'avait jamais considérée ainsi de toutes façons, quoiqu'elle en pense.


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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Dim 24 Jan - 16:26


Dance without you


Je n’aimais pas les propose que me tenait Anders. Cela ne lui ressemblait pas de s’avouer vaincu sans même combattre, sans taper du pied, sans crier. Il est un insoumis, et non pas l’homme abattu que j’avais sous les yeux. Son état me touchait et me peinait. Votre sœur est Princesse de Dorne. Il peut agir oui, mais vous le pouvez aussi. Vous n’êtes pas personne Anders, vous êtes Martell. Vous êtes un insoumis, un invaincu, un intact. Le soleil vous a vu grandir et vous a fait à son image : rude en tout épreuve. Le blé ne saurait vous faire ployer. lui soufflais-je, rappelle à qui il était, à ce qu’il incarnait. Il n’était pas démuni et il n’était pas aussi vulnérable qu’il le pensait entre les mains d’un autre grand de ce monde. Parce que lui aussi l’était, un grand de ce monde. Sa vie avait tant de valeur, et représentant tant de choses. Le Bief ne saurait s’attaquer aussi facilement au demi-frère de la souveraine du pays le plus au sud de Westeros. Et, comme je lui indiquais, son peuple ne laisserait pas un affront pareil être porté. La situation n’était peut-être pas idéale, mais elle ne m’était pas pour autant en péril sa vie.

J’inclinais légèrement la tête de droite à gauche quand il s’excusa d’être pessimiste. Il n’avait pas à le faire, pas en ma présence en tout cas. Je ne le jugeais pas, et ne le ferais pas. S’il avait besoin de laisser exprimer ses craintes, je serais là pour l’écouter. Il n’avait aucune crainte à avoir me concernant. J’étais bien incapable de lui nuire, ou de lui faire le moindre mal. Je me levais pour venir me mettre à ses genoux et prendre ses mains dans les miennes, les serrant en un geste de réconfort. Je n’avais pu retenir ce mouvement, troublée par cette détresse que j’avais décelé en lui. Je lui soufflais avec une sincérité qui me surprit moi-même quelques mots et fus rassurée d’entendre dans sa réponse qu’il n’en avait pas pris offense. Je ne pus m’empêcher de sourire à sa suite, ne répondant cependant rien, me contenant de regarder le sol lui cachant la vérité. Oui, cela faisait partie de son charme, mais pas seulement. Et je restais toujours autant sensible à ce dernier.

A sa demande, je m’étais mise à danser, même s’il n’y avait aucune musique. J’orientais mon choix vers cette danse qu’il m’avait vu tant de fois essayer d’interpréter en vain. L’âge et l’expérience m’avaient permis de pouvoir la réaliser avec perfection, même si je ne l’offrais qu’à de rares personnes. Cette danse était tout ce qui me restait de ma mère et elle avait quelque chose de très intime. S’il n’avait pas été Anders, je ne l’aurais pas choisi. Je m’exécutais avec grâce et volupté, vidant mon esprit pour ne penser qu’aux mouvements que j’effectuais jusqu’aux derniers. J’étais essoufflée, mais contente de la prestation que j’avais faite. Oh, je redoutais la réaction du Dornien tout de même et gagnais du temps en remettant de l’ordre dans la pièce. Je n’osais le regarder, pas même lorsqu’il se racla la gorge, même si j’arrêtais tout geste. Je fus blessée par ses paroles et me félicita de lui tourner le dos pour ne pas qu’il puisse me voir. Il n’avait pas aimé. Il n’avait pas compris que je venais de lui livrer une partie de mon âme en lui offrant cette danse en particulier. Ces mots étaient assez clairs et ne laissaient place au doute. Je lui répondais d’ailleurs sèchement après qu’il ait eut repris la parole Ce n’était, en effet, pas une bonne idée. Puissiez-vous me pardonner de vous avoir tant déçu. J’ai été si mauvaise que j’en ai perdu mon statut de danseuse insignifiante. Je vous remercie de votre franchise Messire Martell et ne saurait vous importuner plus longuement. Sans le regarder, des larmes manquant de couler de mes yeux, je récupérais mes souliers que je n’avais pas remis et aussi dignement que je le pouvais, m’avançais vers la porte pour le laisser tranquille. Il avait raison, quoi qu’il fasse, il finissait toujours par me blesser. Je devais avoir un esprit mal fait pour m’inquiéter pour lui, lui qui définitivement, se fichait éperdument de moi. Au fond qu’avais-je espérer ? Je n’étais qu’une vulgaire danseuse de pacotille. J’avais été une amante parmi tant d’autres. J’étais insignifiante, pas même capable de le distraire correctement comme il me l'avait demandé.




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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Ven 12 Fév - 11:19

Ah comme il aurait été doux de croire aux paroles de la danseuse, de se laisser gagner par son optimisme. Mais Anders, bien que vif et emporté, souvent irréfléchi car trop fougueux, n'avait pas loisir de se perdre dans l'action en ce moment et avait donc tout loisir de penser à leur situation et aux conséquences catastrophiques s'ils faisaient un pas de travers. Oui, Deria était princesse de Dorne, mais aux mains du Gardener, elle n'était qu'un otage. Elle ne pouvait commander les troupes d'ici. Et surtout, si les dorniens s'agitaient, Mern ne se gênerait pas pour se venger sur les Martell en sa possession. Soit tous. Tuer Deria ne ferait que provoquer l'ire des dorniens qui se jetteraient à l'assaut de ses frontières, il devait bien en avoir conscience. Cependant, le fourbe bieffois était peut-être mieux préparé qu'on ne le pensait et accueillerait-il les Insoumis comme il se devait, réduisant ainsi l'armée solaire en cendres... Anders détestait les Bieffois, mais pas au point de ne pas reconnaître les qualités stratégiques de leur chef. Il avait sans doute des idées derrière la tête, mais quant à savoir quoi...

Il eut un sourire douloureux quand la jeune danseuse lui rappela qu'il était un Martell. Comme si cela avait la moindre importance pour leur peuple. Légitimé, mais pas légitime aux yeux de bien des nobles dorniens malheureusement. Il n'avait et n'aurait jamais, l'autorité de Roward. Prince de sang, les hommes mourraient pour lui, le suivraient les yeux fermés. Ils seraient bien plus méfiants avec Anders. Il lui faudrait de longues années pour gagner sa légitimité. Les décrets de Deria n'étaient pas suffisant. Restait à savoir si Mern lui accorderait ces années. Son avenir était plus qu'incertain. Il se demandait comment Solvej pouvait bien le considérer. Elle semblait voir en lui un seigneur. Quand les seigneurs voyaient en lui un bâtard opportuniste. Elle voyait l'héritage de son père, ils voyaient celui de sa mère. C'était troublant.

Ce rapprochement, ces confidences, étaient les bienvenues. Il avait davantage besoin de réconfort qu'il ne voulait l'admettre et ses relations avec ses sœurs étaient quelque peu complexes en ce moment. Si bien que la présence de la douce Solvej était une bouffée d'air libératrice. Cependant, il ne s'était pas attendu à ce que la tendre complicité née de leur relation passée et ravivée par ce moment de désespoir de la part du dornien, se mue en un désir brûlant dés lors qu'elle se mit à danser pour lui. C'était là une requête pour lui montrer qu'il s'intéressait à elle, malgré ses nombreuses erreurs et son emportement, qu'il n'oubliait pas son talent de danseuse. Une intention somme toute innocente, qui se retourna contre lui quand il sentit le désir lui poignarder les reins en la voyant se mouvoir avec tant de grâce, de souplesse et de sensualité. L'image de l'adolescente timide, de la femme timorée se consuma pour laisser place à celle de la danseuse désirable.

Oui, il avait grandi, changé, mais elle aussi, il en prenait conscience brutalement. Peut-être que son tempérament passionné et sa propension à être sensible aux charmes féminins exacerbait ses réactions, mais il doutait tout de même qu'un homme en pleine possession de ses moyens ne soit pas émoustillé par ce genre de démonstration. Quand Solvej s’immobilisa, sa danse finie, sans doute redoutant son jugement, il laissa tomber quelques mots dans le silence qui lui semblait étouffant. Et il resta bouche bée quand il sentit la distance de nouveau dans la voix de la danseuse. Raide. Froide. Blessée. Elle s'était méprise sur ses paroles. Il jura intérieurement alors qu'elle ne le regardait même pas et se dirigeait vers la porte pour partit. Oh il aurait été plus sage de la laisser partit, blessée. Elle ne reviendrait pas et pourrait retourner à sa vie. A quoi bon renouer quand il n'avait rien de plus à lui offrir qu'à l'époque ? Sauf qu'Anders n'avait jamais été sage. Ni raisonnable. Qu'il écoutait davantage les élans du cœur que ceux de son esprit.

Il la rattrapa en quelques longues enjambées, avant qu'elle n'atteigne la porte, et lui attrapa les épaules, la forçant à faire volte face pour le regarder, l'acculant contre la porte... il était très proche d'elle, au point de sentir son parfum envoûtant. Elle lui avait méchamment échauffé les sangs. Et constater qu'il l'avait blessé le dérangeait terriblement. Mélange détonnant qui le troublait. Il murmura, la voix rauque :

« Non, tu m'as mal compris. Tu as été époustouflante Sol... Agile, gracieuse, forte, fragile... sensuelle... »

Il se racla la gorge. Son regard avait quitté celui de la danseuse pour fixer ses lèvres.

« Aucun homme ne peut te juger insignifiante après un tel spectacle. Aucun homme ne peut oublier cette vision... Tu comprends ? Tu ne m'as pas déçu, loin de là... Mais tu as réveillé quelques appétits qu'il ne serait pas sage d'assouvir... »

Il lui avait caressé la joue en parlant, son pouce soulignant la ligne charnue de ses lèvres. Oh et puis qu'avait-il à perdre finalement ? Elle était mariée, mais cela ne l'avait jamais arrêtée... Elle en revanche, risquait de ne pas apprécier. Il aurait du s'abstenir. Mais il n'en fit rien. Et il s'empara de ses lèvres, laissant émerger la passion qu'elle lui inspirait, prouvant ainsi, au delà des mots, à quel point elle pouvait être importante et précieuse.


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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Sam 13 Fév - 12:12


Dance without you


Pourquoi étais-je venue ? Qu’avais-je espéré en me rendant dans les quartiers d’Anders ? Je n’ai plus rien à ses yeux. L’avais-je été un jour d’ailleurs ? Non. Sotte. Imbécile. Je me faisais du mal inutilement, revenant vers un homme qui se fichait éperdument de ma personne. A croire que tout bon sens me quittait quand il s’agissait du Dornien. J’avais un cœur bien trop faible et sensible, je m’en rendais bien compte. Car, quoi qu’il puisse me faire ou me dire, je continuerais à m’inquiéter pour lui. Je me sentais toujours et stupidement liée d’une certaine manière à lui. Combien de coups étais-je capable devais-je prendre de sa part pour comprendre et me faire une raison ? J’étais pathétique, et même en le sachant je n’arrivais pas à faire autrement. J’avais été angoissée pour lui ces derniers jours, et tant qu’il ne serait pas rentré sauf à Dorne, ce sentiment ne me quitterait pas. Et cela même après ce qu’il venait de me dire.

Il était impératif que je me tienne loin de lui. Je me mettais en danger et ce n’était pas saint. Il avait ce pouvoir sur moi, dont il usait et abusait à chaque fois que nous nous voyons pour me blesser un peu plus que la fois précédente. Je venais de lui livrer mon âme, à travers cette danse qui était si spéciale à mes yeux. Je ne l’offrais à quasiment personne, trop intime. Mais il n’en avait eu cure. Il n’avait pas compris et il n’avait pas aimé. Il n’aurait pu me faire plus de mal à cet instant et il était plus que temps que je quitte cette pièce. Sans prendre le temps de me chausser, j’avais récupéré mes souliers et me dirigeais vers la porte. Ma main venait de se poser sur la clinche quand il m’attrapa par les épaules. Je lâchais mes souliers de surprise, et me retrouva acculé contre la porte face à lui, bien forcée de le regarder et de le laisser voir tout ce mal qu’il venait de me faire. Laissez…. Il coupa ma supplication pour me murmurer d’une voix qui était pleine de… désir ? que je l’avais mal compris. Mon cœur s’emballa, et j’eus tout à coup extrêmement chaud. C’était tout à coup bien trop intime. Ces mots… Ces mots, on avait déjà pu me les dire par le passé, mais je ne les avais pas vraiment cru. Agile oui, gracieuse, également, forte et fragile à la fois en effet. Mais je n’avais rien d’époustouflante et encore moi de sensuelle. Je me sentais mal à l’aise, mais incapable pour autant de me dérober à cette proximité. Je ne répondais rien, la gorge trop sèche. De toute manière qu’aurais-je pu lui dire ? Je me contentais de secouer négativement la tête, lui signifiant qu’il avait tort. Je n’étais pas une mauvaise danseuse, mais je n’étais pas celle qu’il continua de décrire. J’eus un frisson quand il se mit à toucher mon visage. Trop près. Trop intime. Je posais mes mains sur son torse pour le repousser légèrement, mais il ne m’en laissa pas encore le temps. Sa bouche vint fondre sur la mienne avec cette ardeur que je lui connaissais et que je n’avais pas oubliée. Il réveillait en moi une passion que je n’avais éprouvée qu’entre ses bras, une passion que je pensais disparu et qui m’emporta totalement. Alors au lieu de le repousser, mes mains remontèrent le long de son corps pour venir se perdre dans ses cheveux. Ma bouche se régalait de sa sienne, l’attirant un peu plus près pour que son corps s’écrase contre le mien. C’était mal, mais j’étais bien incapable de raison en cet instant, bien incapable de me détacher de cet homme que je continuais de désirer, de cet homme qui m’enflammait complètement. Cela me semblait tellement… Naturel, comme lorsque nous étions plus jeunes, lorsque la vie nous semblait moins difficile, moins obscure.

Sa bouche finit par quitter la mienne pour venir s’égarer dans mon cou. Une nouvelle fois, je ne peux m’empêcher de frissonner, et pousser un soupir de contentement. J’en voulais plus. Non, j’avais besoin d’en avoir plus… Et ce n’était pas bien. Ses mains commencèrent à défaire mon corsage, mais je les arrêtais. Je ne pouvais pas… Je n’en avais pas le droit. Attends… lui soufflais-je, la respiration saccadée. C’était une chose de l’embrasser, mais s’en était une autre de le laisser consumer entièrement mon corps. Ce n’était pas que je ne voulais pas, c’était que je ne le pouvais pas. Je ne possédais pas grande chose, et bien peu d’honneur comparé au sien. Simplement, j’en avais quand même et je serais bien incapable de me présenter devant mon époux si je l’avais trompé plus que je venais déjà de le faire. Le dornien s’arrêta aussitôt, comme je savais qu’il le ferait. Pardonnes moi… Je peux… pas… lui murmurais-je. J’étais incapable de lui tomber plus que ce que je venais déjà de faire. Je n’en avais pas le droit. Mais j’étais bien incapable de m’éloigner de lui pour autant, pas alors que nous étions aussi proches. Je restais dans le sillon de ses bras, gardant son corps contre le mien, enfouissant ma tête dans son cou, respirant cette odeur qui m’avait tant manqué et dont j’étais encore complètement folle, savourant la sensation de ses cheveux chatouillant mon visage. J’étais encore complètement accro à lui, et les années n’avaient rien changé à cela. C’était dangereux, très dangereux, trop dangereux. Je le savais, mais j’étais bien incapable d’aller contre. Parce qu’il s’agissait de lui et qu’il avait ce pouvoir ce moi, ce pouvoir que je lui avais donné dès que mes lèvres s’étaient posées la première fois sur les siennes.




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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mar 16 Fév - 21:55

La digue avait rompu. Jusqu'à maintenant, Anders s'était imposé une certaine distance vis à vis d'elle, une certaine réserve. Ce n'était pas parce qu'elle avait été à lui il y a longtemps, qu'il avait encore le moindre droit sur elle. Ils s'étaient quittés en mauvais termes, il n'osait même pas espérer qu'elle ai pu conserver quelques sentiments positifs pour lui. Et il aurait bien failli le croire quand ils s'étaient revus et qu'elle s'était retranchée dans son rôle de petite danseuse du peuple face à un seigneur. Il avait mal supporté cette distance là. Sans chercher à renouer vraiment avec elle, qu'elle se comporte ainsi avec lui l'avait exaspéré... Et Solvej elle-même ne semblait pas bien savoir comment se comporter avec son ancien amant, se montrant tantôt distante et froide, tantôt servile, tantôt douce et tendre... Lui donnant parfois du Sire Martell, parfois du Anders. Elle ne savait pas quelle attitude adopter. Lui non plus.

Mais alors qu'elle venait de l'éblouir, de l'émouvoir et d'éveiller son désir, alors qu'elle s'était mise à nu pour lui, livrant son âme dans la danse (il n'était peut-être pas toujours très perspicace, mais là, il avait bien senti les intentions de la jeune femme, au delà des réactions physiques de son corps, il s'était senti touché dans son cœur et son âme), il l'avait blessé, bien inconsciemment. A sa décharge ce n'était absolument pas son intention et il ne pouvait pas deviner que la jeune femme allait prendre de travers ses paroles. Il ne pouvait pas la laisser filer de nouveau sur un malentendu. Il ne pouvait pas la laisser se sentir une fois de plus trahie et humiliée par lui. Cela aurait été plus raisonnable, mais Anders ne l'avait jamais été.

Alors, impulsivement, il la rattrapa, il précisa sa pensée et fit enfin ce qu'il avait rêvé de faire depuis qu'il avait revu la jolie danseuse. Il plaqua ses lèvres sur les siennes. Des réminiscences de leur adolescence lui revenaient en mémoire, mais ils n'étaient plus aussi jeunes et ce baiser était tout aussi familier que nouveau. Ils se redécouvraient finalement. Et son corps, autrefois connu par cœur, devait avoir changé... Sa poitrine était un peu plus développée, son corps était plus musclé, plus féminin... oh combien désirable. Ses mains, posées sur son torse comme pour l'empêcher d'approcher se firent traîtresses et se perdirent dans les cheveux sombres du Dornien, en des caresses douces et avides qui décuplèrent sa propre fièvre.

Solvej ne le repoussait pas. Bien au contraire, elle goûtait ce baiser. Cela électrisa le dornien, qui s'enhardit, sa bouche quitta celle de la danseuse pour goûter la peau de son cou, en suivant le tracé gracieux, embrassant la ligne parfaite de sa clavicule alors qu'elle soupirait contre lui. Ses doigts agiles se portaient déjà sur le corsage de Solvej, défaisant les lacets. Il sentit alors les mains de la jeune femme qui se refermaient sur ses poignets. Il s'immobilisa malgré le désir qui lui embrumait le cerveau. La petite voix de Sol ne pouvait être ignorée, pas davantage que ce geste. Il soupira, un soupir un peu tremblant. Il était frustré pour le coup, mais il n'en montra rien et cessa de l'embrasser pour la regarder dans les yeux. Il craignait les paroles qu'elle allait proféré... A raison. Il ferma un instant les yeux en essayant de calmer les battements fous de son cœur et d'ignorer la douleur dans son aine.

Bien. Il n'irait pas plus loin avec elle. Il devait se faire une raison... Avec une autre, il ne se serait pas encombré de scrupules... Il l'aurait séduite et tant pis. Mais là... C'était Sol. Solvej qui était mariée... Cela lui revenait en mémoire maintenant. Et naturellement, elle était fidèle. C'était tout à son honneur, même si en cet instant, Anders en souffrait.

« Ton mari... »

Sa voix était rauque alors qu'il hochait la tête. Et pourtant, alors que Sol lui refusait le droit de la faire sienne, elle se collait contre lui, en quête de sa chaleur, de son odeur, de sa tendresse, de son attention... mais pas davantage. Elle le mettait au supplice, mais n'en avait sans doute aucune idée. Il l'entoura de ses bras, délaissant son corsage, la serrant contre lui, baisant son crâne et souffla :

« Alors dis-moi ce que tu attends de moi. Ce qu'il est acceptable de faire sans que tu ne trahisses ton serment vis à vis de lui... Et je le ferais. »

Il pouvait lui apporter le plaisir, la voir transfigurée par ce qu'il lui apporterait. Quitte à demeuré frustré de son côté. Il pouvait aussi ne lui offrir que sa présence et quelques câlins et baisers si tel était son souhait. Il prendrait sur lui.


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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mer 17 Fév - 14:25


Dance without you


Anders s’était arrêté. Le contraire m’aurait étonné. Il ne m’avait jamais forcé à rien alors que je n’étais qu’une jeune fille. Je ne l’imaginais pas essayer maintenant, même si de nombreuses années s’étaient écoulées depuis notre dernière étreinte. J’avais peut-être trop foi en lui ? Non. Non je n’avais pas trop foi en lui. Je n’idéalisais pas le Dornien. Je savais quel homme il était réellement, un homme plein de défauts mais aussi de qualités. Il n’était pas au-dessus de tout reproche non. D’ailleurs qui pourrait se vanter de l’être ? Pour autant il faisait partie de ses hommes justes qui méritaient vraiment d’être heureux et bénis des Dieux. Et j’espérais sincèrement que la vie finirait par se montrer plus douce avec lui. Je l’espérais vraiment, même si je doutais d’être là pour le voir de mes propres yeux. Trop de choses nous séparaient déjà lorsque nous nous sommes rencontrées et désormais il y en avait bien plus. Il était un rêve que j’avais oublié depuis longtemps, même si je ne pouvais m’empêcher de le toucher du bout des doigts à cet instant, en restant blottie contre lui à savourer cette étreinte qui n’aurait plus dû avoir lieu. Je ne devais pas me perdre ainsi, mais c’était bien plus fort que moi. Je ne voulais pas rompre ses vœux prononcés à Colyn et je ne le ferais pas plus que je ne l’avais déjà fait. Nous avions tous un devoir à accomplir et le mien était de rester fidèle à l’homme que j’avais épousé, même si cela signifiait aller contre ce que mon cœur désirait. Car ce cœur avait toujours appartenu à Anders et je me rendais bien compte en cet instant qu’il ne me l’avait jamais rendu, et que je ne l’avais jamais repris. C’était stupide, j’en avais conscience, mais ce n’était pas quelque chose contre laquelle je voulais aller. Il était l’être que j’avais choisie il y a déjà plusieurs années, et que j’étais bien incapable d’oublier, bien incapable de ne plus désirer, bien incapable de ne plus aimer. Il éveillait en moi des sensations que je pensais disparues, et un désir qui n’avait pas d’égal. Je le voulais bien plus que mes mots ne l’avaient laissé transparaître. Mon corps, lui était bien incapable de s’éloigner du sien. Je ne le pouvais pas. Non. Je ne le voulais pas.

J’enfouis mon visage dans le creux de son cou, ne me détachant pas de son corps brûlant. Mon cœur était toujours tout aussi emballé, comme le sein que je pouvais sentir cogner contre ma poitrine. Je le serrais un peu plus contre moi, et il en fit de même à son tour. Je me rattachais à lui comme la noyée que je devenais à son contact. J’avais envie de bien plus que cela. Je voulais pouvoir parcourir son corps entier avec mes doigts, gouter à sa chair avec mes lèvres, et le faire autant soupirer de plaisir qu’il le ferait avec moi. Mais cela m’était interdit… Parce que j’étais désormais mariée. Il comprit, sans vraiment de surprise, la raison qui m’avait poussé à lui dire de s’arrêter, me la soufflant, avant de hocher la tête. Je me sentais tellement honteuse de l’obliger à se stopper, tout en me gardant entre ses bras, incapable de le laisser s’en aller alors même que je venais de le retrouver. Je relevais la tête à la suite de ses mots qu’il ajouta, et que je savais sincères. J’accrochais mon regard au sien, afin qu’il puisse se rendre compte de toute cette tendresse que j’éprouvais pour lui. Pardonnes moi Anders… J’embrassais doucement ses lèvres une première fois, avant de le regarder de nouveau. Pardonnes moi de ne pas pouvoir t’offrir ce que tu désires et que je désire aussi. Je gagnais une fois de plus sa bouche, bien plus passionnément, avant de continuer Pardonne-moi d’être aussi… Cruelle avec toi…. Je baissais la tête, me sentant si honteuse et si coupable. Pardonnes-moi de me montrer si égoïste... Tu m'as tant manqué mais... Dis-moi de m’en aller Anders… Dis-moi de m’en aller parce que sinon je serais incapable de le faire… Je suis si stupide, cela n’a pas changé. Je lâchais un rire amère Je n’ai rien à exiger de toi, rien à attendre non plus de toi si ce n’est de ne pas me laisser te faire le moindre mal… Alors… Dis-moi de m’en aller Anders avant que cela arrive. Parce que je peux supporter bien des choses, mais pas de savoir que j’ai pu te causer le moindre tort. Je peux vivre avec bien des poids sur les épaules, y compris celui de mentir à Colyn pour savourer encore tes baisers, et sentir la chaleur de ton corps contre le mien. Mais pas si tu étais blessée d’une quelconque manière par ma faute. J’avais affronté son regard pour qu’il se rendre compte de combien j’étais sincère en lui disant cela. Il était encore d’une telle importance pour moi, que cela me faisait d’ailleurs peur. Il avait tant de pouvoir sur moi, un pouvoir qu’il était le seul à posséder. Si cela était nécessaire, je serais prête à me noyer pour lui, si cela pouvait lui apporter le moindre bonheur. Je voulais encore entendre son rire résonner à mes oreilles, sentir ses mains se poser sur mon frêle corps de danseuse pour me garder contre lui, savourer ses baisers plein de désir et de tendresse qu’il m’offrait, ressentir de nouveau ce désir et cette passion me consumer toute entière. Alors dis-moi de m’en aller Anders… Ou gardes moi ainsi contre toi et continues de me faire sentir aimer et désirer encore quelques minutes.




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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Lun 22 Fév - 23:00

Il devait vraiment aimer se faire du mal, il ne voyait aucune autre explication. Il éprouvait des sentiments complexes et forts pour Arianne, qui était sa demie-soeur et à laquelle il ne pouvait pas toucher. Il vivait sans cesse avec ce désir inassouvi, ce secret inavouable et essayait d'oublier qu'elle hantait souvent ses pensées dans les bras des autres femmes. Et voilà que Solvej, l'une des seules femmes qui puisse compter pour lui, lui imposait le même calvaire... Un désir qu'il ne pouvait assouvir... Il n'avait jamais forcé aucune femme, même en étant plus jeune, plus empressé. Il les respectait tout de même... Pas suffisamment pour être fidèle à une, mais assez pour ne jamais rien leur imposer (pas étonnant quand on avait une grand-mère comme Meria et qu'on était entouré de Deria et Arianne). Alors, quand bien même il avait très envie de ce rapprochement avec Solvej, de satisfaire ce désir lancinant, il se fit violence et n'alla pas plus loin, bien à contre cœur cependant. Pas difficile de comprendre ce qui retenait la jeune femme... Si elle avait encore été célibataire, elle se serait donnée à lui sans problèmes. Il pouvait sentir qu'elle avait envie de lui, comme lui d'elle, que son corps de danseuse était totalement tendu vers le sien et qu'elle était avide de son attention, de ses caresses, de ses baisers... Pas simplement pour une étreinte passionnée cela dit. Elle avait besoin de sa tendresse, de sa présence tout simplement.

Et bien, il lui offrirait seulement cela si elle le désirait. Même si c'était une torture que de la sentir blottie si étroitement contre lui, le visage dans son cou.

« Il n'y a rien à pardonner. Tu es une femme mariée. J'ignore ce qu'il en est de tes relations avec ton époux, mais tu as de l'honneur et tu lui as promis fidélité. »

Il esquissa un mince sourire, un peu douloureux.

« J'aime cela aussi chez toi. Même si en cet instant, je regrette que tu sois si intègre... »

Ce serait mentir que de dire le contraire. Elle devait bien se douter qu'il n'aurait eu aucun cas de conscience à coucher avec elle si elle l'avait désiré. Il se fichait de l'adultère, il n'avait jamais éprouvé le moindre soucis moral à ravir une femme à un époux qui ne la satisfaisait pas suffisamment pour lui donner envie d'aller voir ailleurs, de s'offrir quelques frissons. Il soupira cependant quand elle l'embrassa en lui demandant de lui pardonner de ne pas lui offrir ce qu'ils désiraient tous les deux. De le torturer. Au moins, elle en avait conscience. Même si c'était cruel que de rejeter entièrement la faute sur elle. Il avait sa part là dedans. Il savait qu'elle était mariée après tout. Et il la connaissait suffisamment pour deviner qu'elle n'allait pas se parjurer... Bien qu'il l'ai sans doute inconsciemment espéré.

Il fut touché par les paroles de la jeune danseuse, qui semblait tellement prendre à cœur son bien être. Et si bien deviner les tourments qu'elle pouvait lui infliger. Pour autant, il pouvait prendre sur lui... Ne pas se montrer égoïste pour une fois et offrir à Solvej ce qu'elle voulait, sans qu'elle ne culpabilise ensuite. Pour les gens qui lui étaient proches, il pouvait se montrer plus altruiste. Et à travers le discours de la jeune femme, il devinait surtout comme elle était seule, même mariée... Qu'elle se sente aimée et désirée encore un peu avec lui. Elle ne l'était donc pas avec son époux. Hélas, cela arrivait souvent dans les mariages arrangés. Au vu de ce qu'elle lui en disait, c'était sans doute le cas pour elle. Quel gâchis... Solvej aurait du s'épanouir, continuer à éblouir tout le monde de son énergie, solaire. Mais elle s'était fanée avec les années...

« Sol... Tu me demandes, à moi, d'être le plus raisonnable de nous deux ? Sérieusement ? »

Il y avait de l'amusement, une part d'incrédulité dans sa voix. Mais aussi quelque chose d'un peu désabusé.

« Ne pars pas. »

Non, il ne le désirait pas. Il enfouit ses mains dans la chevelure blonde de la jeune femme, s'emparant de ses lèvres avec douceur. Cela ne dura cependant pas alors que la fièvre le gagnait, que son baiser se faisait bien plus passionné, qu'il mêlait sa langue à celle de la jeune femme, l'étourdissant sous son ardeur, pour la laisser pantelante. Il n'avait jamais été sage. Il lâcha sa bouche, pour effleurer le velouté de sa joue, avant de lui mordiller l'oreille et de lui souffler :

« Tu ne me blesseras pas. Tu ne m'as jamais blessé. Contrairement à moi. Mais tu es certaine de pouvoir regarder ton mari en face, même avec quelques baisers et caresses... innocents ? »

Ah il aurait aimé qu'elle soit aussi capable de le regarder en face en couchant avec un autre homme. Mais c'était du domaine de l'espoir fou.


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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mer 2 Mar - 23:27





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Hautjardin,

An 0, Mois 5.


J’avais conscience que je mettais Anders dans une position délicate. Nous jouions lui et moi avec le feu et nous allions inévitablement nous brûler. Nous ne pouvions pas nous en sortir indemnes. C’était impossible et il le savait tout aussi bien que moi. Il aurait été bien plus sage que je m’en aille et quitte sa chambre. Plus sage pour lui comme pour moi. Seulement… Seulement j’en étais bien incapable. Le dornien était l’homme qui était cher à mon cœur. Je ne pouvais lui en vouloir bien longtemps, ni même lui vouloir le moindre mal. Et je n’arrivais pas à me résoudre à le laisser. J’aimais être ainsi entre ses bras. J’aimais sentir l’odeur de son corps, et me délecter de ses lèvres, de ses baisers, de ses étreintes et de ses caresses. C’était une véritable torture de laisser les choses telles qu’elles étaient et de ne pas en réclamer plus. Une torture si douce et si dure à la fois. Avec lui, entre ses bras, je me sentais tellement plus femme, désirable et aimée. Si je n’avais pas été tenue par mes engagements envers Colyn, je n’aurais mis aucune barrière entre nous, entre nos envies respectives qui se rejoignaient. J’aurais déjà bien du mal à me pardonner d’être aussi proche que je l’étais d’Anders alors plus, c’était inconcevable. Je ne pouvais me montrer égoïste à ce point, et tromper un homme qui avait toujours été respectueux à mon égard. Je n’aimais pas mon époux et n’éprouvait pas autant de désir pour lui, mais il restait un bon époux, et je ne désirais pas lui faire le moindre mal et lui causer le moindre tort. J’avais conscience que mon statut maritale ne posait aucun problème à l’homme dont j’étais incapable de m’écarter. Tout comme j’avais conscience qu’il respecterait le fait que je ne pouvais lui donner plus que ce que je venais de faire.

Il fallait que nous éloignions l’un de l’autre avant que nous en venions à nous blesser. De nous deux, j’étais sensée être la plus raisonnable et pourtant, je n’arrivais pas à l’être en cet instant, pas alors que je venais tout juste de le retrouver, de retrouver cette flamme qui nous animait lorsque nos corps se retrouvaient l’un contre l’autre, et que sa bouche s’emparait de la mienne. Conscience de ce que je pouvais lui infliger, je lui demandais de me pardonner et de me dire de m’en aller. J’avais besoin de l’entendre me le dire pour arriver à me détacher de lui, et cette sécurité qu’il m’inspirait également. Je soufflais à ses paroles, enfouissant un peu plus mon visage dans son cou. Je l’avoue j’étais un peu honteuse de mon attitude, honteuse de ne pas arriver à la regretter. Je m’en voulais, bien entendu, pour autant je n’arrivais pas à la regretter. Je ne suis pas si intègre que cela Anders. Tu en as la preuve en ce moment même. lui glissais-je dans un souffle, un murmure qui était à mon image, légèrement honteux. Je ne lui donnais sans doute pas une belle impression de ma personne mais… Peu importe. J’avais bien plus besoin d’être entre ses bras qu’il ne me pense fidèle envers et contre tout vis-à-vis de mon mari. S’il s’était s‘agit de tout autre homme, je ne serais absolument pas comporté de la sorte. Anders était une belle exception à mes promesses et mes serments.

Je rigolais légèrement quand il me fit remarquer que je lui demandais à lui, de se montrer raisonnable. Nous savions tous deux qu’il était bien des choses, mais nullement raisonnable justement. Mon rire s’éteignit quand il me dit de rester, avant de venir poser sa bouche sur la mienne. Mes doigts se perdirent de nouveau dans ses cheveux et sur ce corps que j’avais si bien connu à une époque et qui avait changé avec les années. Il était devenu bien plus masculins et bien plus affirmé, n’ayant rien à envier à aucun autre. Ce baiser d’Anders attisa un peu plus mon désir, et je lui répondais avec la même ardeur dont il faisait preuve, me noyant dans ce plaisir qu’il m’offrait, oubliant jusqu’à mon nom. Je soupirais avec délice à ses attentions, fermant les yeux, et rejetant légèrement ma tête en arrière alors que ses lèvres venaient effleurer ma joue, et ses dents mordiller mon oreille. Je pris son visage entre mes mains à la suite de ses paroles, le regardant droit dans les yeux. Je lui dis alors en toute sincérité : Je t’ai blessé en m’en allant. Tu n’as aucune idée de tous ses regrets que j’ai à ce propos. J’aurais tant aimé rester avec toi et n’avoir pas besoin de rester au côté de ma mère. Je ne te mentirais pas, tu m’as blessé en effet, mais uniquement parce que je t’ai permis de le faire Anders. Je lui avais offert bien plus que mon corps et ma virginité. Je lui avais offert mon affection et mon cœur. Et ce faisant, je lui avais permis de me faire du mal. Je savais très bien que je ne devais pas m’attacher à lui mais je l’avais tout de même fait. S’il n’avait ressenti autant d’affection pour moi que j’en avais pour lui, j’avais pris conscience lors de notre dernière rencontre que je l’avais tout de même blessé lorsque j’étais partie, même s’il ne m’avait pas pour autant demandé de rester. Parce que s’il l’aurait fait, j’aurais accepté. Je m’en serais voulu vis-à-vis de ma Mère oui, mais je serais restée, incapable de me défaire de lui, comme en cet instant. Les années n’avaient nullement changé cela. Je saurais le regarder en face. C’est moi que je serais incapable de regarder car ces baisers et ses caresses sont bien loin d’être innocentes. lui soufflais-je pour répondre à ses interrogations, ajoutant, pour qu’il ne puisse pas se méprendre. Mais entre nous, je m’en fiche éperdument, parce que c’est là ce que je veux. Je viens l’embrasser de nouveau sans aucune douceur, laissant ce désir qu’il m’inspirait me guider. Entre ses bras, je me sentais confiante, et bien plus femme que je ne pouvais l’être avec Colyn. Je n’avais nullement crainte de prendre les devants. Je n’avais pas besoin de me cacher, ou de paraitre plus prude, d’agir de manière plus décente. Je savais que mon attitude ne poserait aucun problème au Dornien. Je n’avais pas peur de lui montrer cette fougue qu’il éveillait en moi. Il ne se sentirait pas émasculer, ou je ne sais quoi d’autre. Ce n’était pas lui qui m’avait demandé de m’offrir à lui la toute première fois. C’était moi qui l’avait fait, parfaitement consciente de toutes les répercussions que cela entraineraient plus tard et cela ne lui avait posé aucun problème.

Je détestais devoir me retenir et ne pas pouvoir laisser libre court à toutes mes envies. Je devais me montrer bien plus raisonnable que je ne l’étais en cet instant, alors que mes lèvres  le dévoraient, que ma langue dansait avec la sienne, et que mes mains venaient caresser sa peau brûlante de désir. Je m’écartais légèrement de lui pour venir délasser sa tunique et lui enlever. Je voulais sentir le goute de sa peau sous ma bouche, et faire le contour de ses courbes que je ne lui connaissais pas. Je voulais redécouvrir son corps, même si cela était une véritable torture que de s’en tenir uniquement à cela. Je détestais en cet instant être mariée à un homme que je n’aimais pas et envers qui je n’arrivais pas à éprouver autant de désir. Je me consumais entièrement avec le Dornien et j’en voulais bien plus qu’il m’en était permis.



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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mar 15 Mar - 18:19

Il ne pouvait pas être la voix de la sagesse. Pas avec Sol si étroitement serrée contre lui. Il n'était pas réputé pour penser aux conséquences de ses actes. Surtout, qu'en l'occurrence, il n'y aurait aucune conséquence le concernant. Il s'offrirait du bon temps, en offrirait à Sol, comme au bon vieux temps et voilà. Lui, il n'avait aucune obligation, il ne devait rien à personne. Elle, en revanche, elle était mariée... Et il la devinait fidèle. Sol avait des principes, ce qui pouvait être aussi dommageable qu'admirable. Évidemment, il aurait adoré qu'elle n'en ai rien à faire de ses vœux et se donne à lui sans en éprouver une profonde culpabilité ensuite. Pourtant, il admirait ses principes, même si ils se dressaient entre eux. Il ne put retenir un petit sourire quand elle lui souffla qu'elle n'était pas si intègre que cela.

« Mais tu as une conscience. »

Lui n'en avait aucune. Il savait déjà qu'une fois marié et cela arriverait bien un jour, Deria ne manquerait pas de marier son frère à une noble famille dornienne pour s'assurer leur fidélité, il ne serait pas fidèle à son épouse. Et il ne serait pas fâché qu'elle ne soit pas davantage fidèle. Le seul point noir d'une épouse infidèle serait l'incertitude quant à l'enfant qu'elle porterait. Mais chaque chose en son temps, il n'était pas encore question de prendre épouse. A moins que Deria ne lui fasse des cachotteries. Il fit remarquer à Sol qu'il ne fallait pas lui demander de se montrer raisonnable, ce qui la fit rire. Comme si elle n'était pas au courant ! Si elle comptait sur lui pour l'empêcher de fauter, elle serait déçue. Il avait tellement envie d'elle... De se replonger dans un passé insouciant, d'oublier la situation des Martell, guère glorieuse, de découvrir la femme qu'elle était devenue, mais aussi de lui apporter la jouissance qui semblait lui manquer dans son couple. De ce qui transparaissait, elle n'était pas malheureuse avec son époux, mais elle n'était pas épanouie non plus.

Il pouvait la faire vibrer de nouveau... Au risque de la laisser à se lamenter de nouveau sur ce qu'elle avait retrouvé et perdu tout aussi vite ? Est-ce que ce n'était pas cruel que de satisfaire son désir égoïste en sachant que cela pouvait ne jamais se reproduire et que Sol serait de nouveau abandonnée auprès de son époux qui ne la comblait pas ? Il lui était difficile de raisonner en temps normal et ça l'était davantage quand elle était collée contre lui et qu'il était si douloureusement conscient de son corps souple de danseuse. Il cessa d'embrasser sa peau quand elle s'empara de son visage pour répondre. Il hocha la tête, conscient de ce que ses paroles sous entendaient. Elle lui avait tout donné et il avait tout prit. Totalement inconscient de cela évidemment, mais quand même. Il avait tenu le cœur de la jeune fille entre ses mains et l'avait écrasé en se montrant si puéril alors qu'il la voyait partir.

« Ta mère avait davantage besoin de toi que moi, tu as fait le bon choix, j'étais simplement trop jeune et trop impliqué émotionnellement pour l'accepter sur le coup. Arrêtons de ressasser tout ça Sol, nous tournons en rond. »

Ils étaient jeunes, ils s'étaient aimés passionnément, ils avaient souffert cruellement d'être séparés, mais ils avaient vécu un beau rêve, un charmant intermède dans leurs existence. Ils savaient tous les deux que cela ne pouvait pas durer. Parce qu'elle était danseuse itinérante, parce qu'il était bâtard princier. Mais s'ils succombaient à la tentation aujourd'hui, ne risquaient-ils pas de ranimer de vieux griefs ? N'allait-elle pas encore l'accuser de lui avoir tout prit et de l'avoir abandonnée de nouveau ? De l'obliger à vivre avec sa culpabilité ? Saurait-elle regarder son époux en face après avoir couché avec son amant ? Il lui posa la question et la réponse ne l'étonna pas. Il était prêt à renoncer à elle quand elle le prit de cours, l'embrassant de nouveau.

« Alors tes désirs sont des ordres Sol. »

Il n'avait pas besoin de davantage. C'était le chaos dans les émotions de Sol, entre ce qu'elle voulait, ce qu'elle devait faire... Son devoir, ses envies. Mais ce n'était pas vraiment à lui de régler ces conflits. Il lui avait dit qu'ils pouvaient ne pas aller au bout... Mais alors qu'elle lui ôtait sa tunique et parcourait sa peau mate de ses doigts d'albâtre, il commençait à se dire qu'il venait de se promettre mille tortures à la laisser le toucher comme cela, exciter son plaisir et ne pas lui permettre de l'assouvir. Il soupira, avant de brutalement la prendre dans ses bras et la conduire jusqu'au lit, l'y allongeant doucement et scellant leurs lèvres avec ardeur.

« Fais-moi confiance. »

Elle devait craindre qu'il ne se laisse emporter et ai changé d'avis, prêt à la rendre infidèle, mais ce n'était pas le cas. En revanche, il allait tenir sa promesse de la faire vibrer et ne se gêna pas pour lui relever sa robe, glissant sa main sur sa poitrine, en agaçant la pointe d'un côté avec les doigts et jouant de l'autre avec sa langue. Il n'y avait plus beau son que celui d'une femme qui prenait du plaisir.


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MessageSujet: Re: Dance without you ▪▪ [Tour II - Terminé]   Mer 30 Mar - 18:57





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Nous ne devions pas. Ce n’est pas bien. Ce n’était pas saint. Nous allions le regretter, l’un contre l’autre, c’était certain. Et pourtant… Pourtant je n’arrivais pas à me contraindre à arrêter. Je n’arrivais pas à le laisser s’échapper une nouvelle fois. Le destin était cruel, oui bien trop cruel. Il nous avait offert l’un à l’autre une relation dans laquelle nous nous étions tous deux épanouis. Je ne doutais plus qu’il ait pu m’aimer, tout comme je l’avais aimé. Il venait de m’avouer que s’il avait réagi si vivement c’était parce qu’il était non seulement jeune, mais également trop impliqué émotionnellement. Tout comme je l’avais été et notre séparation n’avait été que plus difficile. Je regrettais parfois de m’être montré si raisonnable. J’avais renoncé à tout ce qu’Anders déchainait en moi pour suivre une voie que je n’avais jamais désiré emprunter. J’avais étouffé toute seule cette étincelle d’espoir dans ma vie, par devoir par obligation. Et j’étais lasse, lasse de nouveau sans cesse faire les « bons choix », ou plutôt ces choix que l’on attendait que je fasse. Je voulais retrouver cette insouciante dans ces bras. Je voulais de nouveau laisser mon cœur et mes envies me guider, et non plus cette raison qui ne pouvait ne m’apporter aucun bonheur.

Entre les bras d’Anders, je me sentais à ma place, et loin de toutes préoccupations. Je lâchais les armes et arrêtais de me battre pour une vie qui me semblait si morne. Je le laissais me faire de nouveau ressentir toutes ses sensations que j’avais découverte avec lui. Je me sentais tout aussi vivant que lorsque je dansais. Non. Je me sentais bien plus vivante que lors de mes danses. Il me demanda de lui faire confiance après m’avoir amené jusqu’à son lit, m’y laissant reposer avec grande douceur. Je n’hésitais pas une seule seconde à lui répondre dans un murmure entre deux baisers Toujours Parce que, quoi qu’il puisse faire, ou dire, il aurait toujours ma confiance. S’il me le demandait, je mettrais ma vie entre ses mains. Et sans qu’il me le demande, je donnerais ma vie pour lui. Parce qu’il restait cette lueur dans ma vie si sombre, cette lueur à laquelle je ne voulais plus renoncer.

Je le laissais relever ma robe, et l’ôtais moi-même pour qu’elle ne m’encombre pas. Je n’avais nullement peur d’être nue devant lui, ni ne ressentait aucune pudeur ou gêne, alors même que je détestais être dans le plus simple appareil face à Colyn. Je me livrais entièrement à Anders, sans me poser la moindre question. Il avait toujours ce pouvoir sur moi et je me sentais irrémédiablement attirée par lui, alors que j’avais conscience du danger que cela représentait. Un instant j’eus la lucidité de lui dire d’arrêter et de m’éloigner, mais elle fut perdue quand ses mains et sa bouche se posèrent sur ma poitrine. Mon corps s’arqua légèrement, et je soupirais de plaisir, fermant les yeux pour savourer un peu plus tout ce qu’il déclenchait en moi. Je passais mes mains dans ses chevaux, touchais du bout des doigts son cou, ses épaules, son dos, incapable de ne pas parcourir sa chair. Mon corps battait fortement dans ma poitrine et mon pouls s’emballait à mesure qu’Anders jouait avec ses mains et sa langue. N’y tenait plus, je le ramenais à moi, le laissant voir tout ce qu’il déclenchait en moi, avant de fondre sur ses lèvres sans plus aucune douceur, guidé par cette passion dévorante qui me semblait sans limite. Je passais mes jambes autour de sa taille pour rapprocher son corps du mien. Je nous fis basculer sans quitter ses lèvres pour venir le chevaucher, appuyant plus fortement mes mains sur sa peau ébène, dessinant chacune de ses courbes. Je descendais le long de sa joue, de son cou, de ses épaules, jusqu’à arriver à son torse que j’embrassais, mordillais, caressais, prenant garde cependant à éviter les blessures qu’il avait écopé. Je ne pensais plus à rien, si ce n’était à cette folie qui s’était emparée de moi. Sans réfléchir, je défis la boucle de la ceinture de son pantalon pour venir le caresser plus bas, et sentir ce désir qui s’était emparé également de lui. J’oubliais toutes les limites que je m’étais fixée, me perdant complètement entre ses bras.

Je n’avais plus qu’une seule en tête, lui et lui seul. Je fis légèrement glisser son pantalon, libérant sa masculinité que je vins embrasser du bout des lèvres, avant de revenir à sa bouche. Je repoussais un peu plus avec mes jambes le tissu le long des siennes, ne voulant plus aucune entrave entre nous. Je murmurais son prénom à son oreille, le laissant échanger nos places, pour me retrouver le dos contre le lit. Je t’ai… commençais-je à lui dire dans un soupir rauque, avant que la porte ne s’ouvre sur un garde, et ne me fasse crier de surprise. L’instant était passé et le retour à la réalité fut brutal. Messire Martell un courrier pour vo…je… Oh… Je ne... Je reviendrais… plus tard… Pardonnez moi. A peine était-il sorti que je repoussais le dornien et quittais la couche d’Anders pour revenir récupérer ma robe. Je l’enfilais rapidement en m’éloignant le plus loin possible du Dorne avec qui j’avais failli tromper mon époux. Je ferais mieux d’y aller. Je… Je me retournais vers lui, honteuse au possible, et complètement paniquée Ecoutes… Oublions tout ça et… Non s’il te plait reste où tu es. lui dis-je en sentant qu’il avait esquisser un mouvement. Ca n’aurait jamais dû arriver. Je suis désolée je me suis laissée emportée… Au revoir Anders. Je récupérais mes chaussures, et sans même les enfiler, je sortais précipitamment de la pièce, cachant mon visage derrière mes cheveux, un visage ruisselant de larmes et de culpabilité. Qu’avais-je fais ? Comment ai-je pu me laisser autant aller et surtout… ? Pourquoi avais-je de nouveau aussi mal en partant loin du dornien ? Je regrettais déjà de m’en enfuis, de l’avoir laissé, alors même que j’avais conscience que c’était là une bonne décision, une décision sage et raisonnable. Je m’en voulais… Je m’en voulais de d’avoir perdu totalement le contrôle de la situation et surtout… Surtout je m’en voulais d’avoir laissé le Dornien ainsi. Il ne méritait pas ça. Non, il ne le méritait jamais. Stupide. Je n’étais qu’une femme stupide.




J'avais le soleil nuit et jour dans les jours de l'amour, et la mélancolie.
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