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Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Mer 23 Déc - 22:46

Longtemps, Winterfell avait été un foyer, un monument connu de tous les habitants de Westeros pour son histoire légendaire mais qui avait la flagrance de moments agréables, le parfum délicat du passage de l’âge d’enfant à celui d’homme. Chacun de ses couloirs de pierre recélait un souvenir, plaisant ou non, mais qui formait un tout qui avait longtemps réconforté le cœur de Bowen quand il accompagnait son roi à travers le pays, car il avait la certitude qu’il reviendrait, qu’il retrouvait ce petit monde si vivant dans la froideur nordienne.

Sauf qu’aujourd’hui, la forteresse mythique ne lui rappelait qu’un seul moment de son existence : celui de l’irruption de son cousin ensanglanté et méconnaissable pour annoncer à une assistance médusée que Motte-la-Forêt n’était plus, que les Glover avaient été massacrés avec leur gens. Tant d’attachement réduit à néant en quelques instants, comme une vie balayée et contrainte à se réinventer sur des bases inconnue : voilà quel était désormais le lot de Bowen, celui d’un homme qui n’arrivait plus à éprouver le moindre sentiment sur les lieux de son adolescence, et qui, au fond, n’arrivait plus à éprouver grand-chose, en réalité.

Pendant les semaines passées, la haine l’avait animé, et seule cette sensation âcre et bouillonnante lui avait permis de conserver sa lucidité sans se plonger dans l’alcool ou l’hébétude. Il avait tenu, presque insensible, avant de marcher au-devant de l’ost royal pour enfin se délecter pleinement de sa vengeance. Qui eût cru qu’un garçon aussi doux, aussi renfermé, puisse démontrer de tels degrés de folie meurtrière et de cruauté ? Sans doute personne, tellement le changement était profond, complet. Il fut un temps même où Bowen aurait condamné sans ambages ceux qui s’adonnaient ainsi à leurs pires instincts, ceux qui considéraient leurs ennemis avec une férocité presque animale. Désormais, il était devenu comme eux, et ne se faisait même pas horreur. Ses actes, il les assumait, les justifiaient même : toute vie sauvageonne ôtée l’avait été en rétribution des crimes commis contre sa famille, envers des femmes et des enfants innocents. Peu importait, finalement, que la plupart des malheureux crucifiés sur ordre de Torrhen Stark n’aient rien fait pour mériter un tel sort. Ils payaient pour les horreurs de leurs frères, pères, mères, comme les Glover avaient payé leur allégeance au Nord dans le sang.

Mais la guerre était finie,et peu à peu, la colère s’étanchait à mesure qu’elle se repaissait des derniers soupirs des mourants sauvageons, qui expiraient sur leurs croix. Cette force destructrice se faisait moins forte, et Bowen se sentait comme vidé. Non, en réalité, c’était bien pire : il était une véritable coquille vide, privée de la volonté qui avait pu l’animer. Alors il s’était fixé un nouveau but, un cap à tenir pour ne pas sombrer : reconstruire son fief, ses terres, sa famille.

Evidemment, cette vaste entreprise nécessitait des plans… et de l’aide, surtout. Quand les frères Glover avaient rallié Motte-la-Forêt suite à la bataille de la Mort-aux-Loups suite à la permission offerte par le roi de débander avant le reste de l’ost, le spectacle qui s’était offert à eux avait été tout simplement déchirant. Partout les ravages des sauvageons se montraient, à travers les villages rasés et déserts. Le Bois aux Loups était mort, silencieux, habité désormais par quelques corbeaux bien repus et le gibier n’ayant pas servi de nourriture à la horde sauvage qui avait déferlé sur les rivages du Nord.

Pire encore, le feu avait dévoré plus de la moitié de la ville, au demeurant pratiquement vide, désormais. Restait le château, toujours debout, mais pillé et dégradé, qui ressemblaient plus à un phare funeste au milieu d’une lande désolée qu’à un réel protecteur. Certes, Bowen avait fini par convaincre quelques villageois excentrés de venir se réfugier près de son fief, leur promettant de les protéger contre les petites bandes de pillards qui arpentaient encore la région. Mais il n’y avait qu’une centaine d’âme, et si on ajoutait les survivants retrouvés hagards au camp sauvageon, les civils se montaient à deux cents. Avec les restes de son ban, il n’y avait sans doute pas mille nordiens encore vivants sur ses terres.

Certes, les édits promulgués par le roi pouvaient aider. Mais il n’avait pas besoin de seconds fils avides de se constituer un domaine, mais de bras ! De paysans et d’éleveurs, d’artisans pour reconstruire… Et cela, il ne pouvait l’obtenir que par un seul biais, le même que précédemment : celui de Torrhen Stark.

Voilà pourquoi il avait chevauché deux jours durant sans s’arrêter pour rallier Winterfell, laissant Motte-la-Forêt, ou plutôt ce qu’il en restait, aux mains de son cadet. Certes, l’invitation aux noces de Jeyne Stark demeurait le prétexte de sa visite, évidemment. Cependant, il était clair que l’ombrageux nordien ne serait guère à sa place au milieu des festivités. Même s’il éprouvait une affection sincère pour la Jeune Louve, et aurait été ravi, en d’autres circonstances, de l’accompagner de ses vœux de bonheur, son devoir lui soufflait de se comporter désormais en Lord, et non en simple écuyer, afin de profiter de l’occasion pour défendre sa maison. Etant donné l’état psychologique préoccupant de son père, cette tache lui revenait désormais. Pour autant, ce qu’il avait auparavant considéré comme un fardeau n’était désormais plus si lourd à porter : il avait connu le pire, et ce n’était pas les tracasseries administratives qui pourraient l’effaroucher, désormais.

Secouant sa tête pour chasser ce tumulte dans sa tête, Bowen inspira profondément, remis machinalement la broche aux armes des Glover qui maintenait son lourd manteau et entra dans la pièce où l’attendait Torrhen Stark. Cet entretien représentait une chance pour sa famille, et il était clair qu’il devait la rapidité de son acceptation à son statut d’ancien écuyer.

Revoir le roi du Nord aurait presque pu arracher un sourire à son visage si sombre. En vérité, le jeune homme éprouvait un soulagement intense en voyant que son mentor avait survécu à ses blessures, que l’on avait dit pourtant sérieuses. Mais comme anesthésié par ses propres tourments, il n’en laissa rien paraître, du moins physiquement. Quelqu’un le connaissant bien aurait pu reconnaître une petite étincelle dans son regard, ainsi qu’un brin de chaleur dans sa voix quand il salua son souverain :

« Mon roi, je suis honoré par la diligence que vous avez mis à répondre à ma demande d’audience. Je craignais que vos blessures ne soient un fardeau trop grand, mais j’aurais dû savoir que des armes sauvageonnes ne pouvaient suffire à entraver un Loup du Nord. »

Bien, il avait sacrifié aux usages courtisans, il était temps d’emprunter un langage un peu moins ampoulé, à la hauteur de la relation qui avait jadis existé entre Torrhen Stark et lui-même :

« Je suis désolée pour votre frère. »

Il hésita un instant, puis ajouta doucement :

« Il a toujours été bon envers moi, quand je résidais en ces murs. Son souvenir restera puissamment gravé dans ma mémoire. »


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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Jeu 24 Déc - 14:36

Il ne m'avait pas fallu longtemps pour endurer les limites de ce corps qui avait été dévasté par l'infection, née dans la plaie dûe à cette maudite flèche que j'avais reçue dans la poitrine. Je n'étais pas passé loin de la mort, mais maintenant, après plusieurs semaines, j'avais espéré pouvoir retrouver ma force d'antan. C'était trop présumer de mes forces. Je n'avais finalement pas eu de kyste dans la blessure, et les fêlures de mes côtes s'étaient bien résorbées d'après Mestre Rorshar. Mais j'avais perdu tant de poids, et surtout de masse musculaire alors que j'étais dévoré par la fièvre, que je ne savais plus exercer ma force ni mon endurance d'antan. Pris de solitude, j'avais décidé de repartir m'entraîner. J'avais eu comme un doute salvateur, en sortant au dehors. Vêtu de mes cuirs qu'on avait dû m'aider à enfiler, à cause de la raideur de mes bras et de mon dos, j'avais estimé que je n'étais pas prêt pour quelque démonstration publique dans la cour, là où ma Garde-Loup s'entraînait. J'étais parti, devant un parterre de guerriers inclinés et en sueur, jusque dans le bois sacré. Là, certains pourraient sans doute me voir malgré tout, mais l'endroit était gardé et je prenais garde de me mettre sous les branches du Barral, pour être seul avec moi même.


Perdu dans mes pensées au pied de l'arbre-coeur et face au puit naturel d'eau chaude qu'il y avait non loin de ses pieds, je me laissais finalement tomber à genoux, Glace tombant à mes côtés. Il me fallut un bon moment pour retrouver mon calme, alors que je recommandais l'âme de Brandon aux Anciens Dieux, celle de tous mes camarades et soldats tombés, mais aussi celle de Sigyn, revenant avec force dans mes souvenirs ces dernières semaines. Tout eût été plus simple, si je n'étais pas jadis parti en guerre contre le Conflans. Mais la vérité était compliquée et je n'avais pas eu le choix que d'incarner qui j'étais sensé être. Je me relevais, lentement, péniblement, douloureusement. Ma patte droite continuait d'être douloureuse, car l'estafilade reçue d'une hache avait pas mal entaillé le muscle et malgré la cicatrisation, je n'étais plus le roc solide d'avant. Je devais y faire faire quelque chose.


Je passais alors des heures à feinter, parader, soulever puis baisser mon arme, mon corps. Je me tendais, je parais. En sueur et le corps perclus de douleurs, je retournais finalement au château. Infiniment plus faible qu'avant, mais avec l'espoir qu'avec un entraînement rigoureux, je récupérerais la santé qui avait fait de moi un tueur pendant toutes ces années. On m'aide à me laver, on me rhabille. Je ne dois pas trop tarder, mais on m'annonce une demande d'audience de la part de Bowen Glover. J'accède à la requête, me trouvant alors dans la salle des cartes. Je range celles que j'utilisais en claudiquant, m'appuyant sur ma canne, héritée de La-Mort-Aux-Loups, mais dont j'espérais bientôt me passer. Je me touche la cicatrice sur la pommette, qui me démange. Puis je réclame de la bière, avant que le Poing n'entre. Je le vis alors entrer, sombre et digne. Son histoire à lui n'était pas plus réjouissante que la mienne, et j'en étais une des causes... Il semblait cependant heureux, même un peu, de me revoir et je ressentais la même chose. Bowen avait été de nombreuses années à mon service, et fut sans doute le meilleur écuyer qui soit. Il me salue et je le détaille du regard. Je le tance, doucement.



| En effet, lord Bowen. Vous ne devriez pas douter ainsi de votre Roi; un loup blessé n'en est que plus dangereux et les sauvageons ont été nombreux à le regretter. |


Que pouvaient des individus sans armes ni armures dignes de ce nom, pressés comme des sardines, contre un homme en armure lourde, coiffé d'un heaume et maniant avec expérience une lame longue d'acier valyrien? Rien. Je les avais moissonnés comme les blés, comme mon armée l'avait fait de la leur. Quoique leur nombre avait failli tout changer. Je hoche la tête, doucement, quand il évoque Brandon.


| Le Nord a perdu un de ses meilleurs loups et la Meute est aujourd'hui bien plus clairsemée que lorsque je paradais à votre âge, après mes premières victoires. Celle-ci a un goût de cendres. Plus encore avec ce qui est arrivé à votre domaine, votre maison. Bowen, je suis sincèrement désolé moi aussi de la tempête qui s'est abattue sur Motte-La-Forêt. Les décrets-lois que j'ai pris récemment devraient vous aider à rebâtir votre cité, j'y veillerais. Je ne veux pas que le sacrifice de tant de gens de mon peuple ne soit oublié. Comment le vivent les vôtres? |





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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Sam 2 Jan - 22:00

« Voyez-là l’inquiétude d’un vassal fidèle, à l’idée qu’une seule de ces … bêtes d’Au-delà du Mur ait pu entamer la chair de son roi. »

Bowen cracha presque l’insulte, et son visage hâve se teinta soudainement d’une couleur rouge, comme si la simple pensée des sauvageons lui échauffait par trop les sangs. Pour le reste, il comprenait la remarque, sans doute que son souci de la santé d’un homme qu’il considérait comme un père après avoir entendu la fâcheuse nouvelle avait pris le pas sur ses devoirs de croyance absolue dans la force indéfectible du souverain.

Sauf que le jeune homme connaissait trop bien le roi pour y croire encore tout à fait. Non pas que cela diminuât la valeur de Torrhen Stark à ses yeux, au contraire : il savait mieux que beaucoup qui était l’homme derrière la carapace royale, et l’en appréciait d’autant plus. Néanmoins, de telles pensées devaient avoir pour cadre l’intimité de l’écuyer e de son maître, et non la réception d’un vassal par son suzerain. Qu’il était difficile parfois de se considérer autrement que comme un gamin accumulant les fautes car trop jeune pour assumer la charge qui lui incombait désormais. Enfin, ses excuses étaient faites, l’esprit courtisan prenant tout de même le dessus, même si c’était pour tourner une vérité.

Quand le Loup de Winterfell ses condoléances pour ses pertes, le Poing acquiesça silencieusement, sincèrement touché par ces mots, qui s’ils étaient de circonstances, sonnaient tout de même agréablement à ses oreilles. Le sacrifice de sa maison n’était pas oublié, le roi lui-même le reconnaissait, l’honorait. Il y avait là de quoi mettre un peu de baume autour de son cœur meurtri, froid, mort. Néanmoins, l’annonce d’une promesse d’aide résonna encore plus fortement dans son âme, car c’était là précisément l’objet de sa visite. Du moins, le but pas encore tout à fait avoué, même si cela tenait du secret de polichinelle. Malgré son naturel bon et fidèle, Bowen n’avait pas fait tout le chemin depuis Motte-la-Forêt et demandé une audience uniquement pour s’enquérir de la santé de son souverain. Certes, il était heureux de le savoir en pleine convalescence… Mais son sentimentalisme digne d’une pucelle devrait s’effacer face aux contraintes qui pesaient sur les épaules de l’héritier des Glover.

Il se contenta donc de noter mentalement la proposition, hésitant sur la manière de répondre à l’interrogation qui lui était faite. Croisant machinalement ses bras, le guerrier nordien réfléchit au choix devant lui : respecter la bienséance… Ou dire la vérité crûment. Certains auraient opté pour une option plus prudente, mais il choisit néanmoins la seconde, porté à cet instant par les images de ses gens, de ceux qui souffraient encore sur ses terres, et le souvenir d’un père divaguant dans sa chambre, appelant sa femme morte à son chevet, réclamant ses fils disparus.

« La plupart des survivants faisaient partie de notre ost… Ces hommes sont partis à la guerre, et n’ont pas perdu des frères ou des pères, mais des femmes et des enfants. Je les tiens occupés, pour éviter que certains ne commettent des actes répréhensibles… mais le coup porté fut rude. Et je ne parle pas des rares femmes étant parvenues à s’enfuir, ou libérées par nos armées. Les plus jeunes ont subi des horreurs, quelques-unes sont enceintes et les maris, quand ils sont en vie, ne savent si l’enfant est d’eux ou de violeurs sauvageons… Nos gens mettront du temps à s’en remettre.

Aucune famille ne sort indemne d’une guerre, de toute manière. »


Il y avait dans sa voix une sollicitude sincère envers les vilains de ses terres, ces hommes et ces femmes qu’il avait côtoyés pour beaucoup. Bowen ne voyait pas que le manque à gagner, le désordre, mais aussi la souffrance de ces malheureux, et compatissait, se sentant plus proches d’eux en raison de ses propres pertes. Néanmoins, il savait que la question qui intéressait principalement le roi concernait sa famille. Et, c’était sans doute la réponse la moins aisée à apporter, étrangement.

Que dire ? Qu’il craignait que son père ne sombre dans la folie et l’apathie ? Que son frère commençait à montrer des signes inquiétants de dépendance à la boisson, dont il abusait depuis l’annonce de la prise de leur fief ? Que lui-même alternait périodes de froide détermination et exaltation haineuse ? Alors, il biaisa dans un premier temps, en parlant d’un autre membre de sa famille.

« En ce qui concerne ma maison… Dame ma sœur, Lady Manderly, a été durement éprouvée mais je suis certain que le Lord son époux et sa belle-famille lui apporteront le soutien nécessaire. Il est bon qu’elle soit éloignée de Motte-la-Forêt, le spectacle aurait été sans doute trop dur à supporter. »


Nouvelle pause. Il allait maintenant aborder le cœur du problème…

« Pour le reste… Je ne sais que dire. Père n’est… il ne sera sans doute plus jamais lui-même, et malgré la bonne cicatrisation de son bras, la fièvre ne le quitte guère. Je crains que la perte d’une épouse chérie de ses deux benjamins ne lui aient portés un coup particulièrement rude. Maintenant que justice a été faite, et la maison Glover vengée… Il lui faudra du temps pour retrouver le goût de vivre. »

Peut-être avait-il été trop sincère. Mais ce n’était que pure vérité. Lord Galbart avait été passionnément épris de sa femme, l’avait même épousé pour sa propre convenance avant la recherche d’alliance, et un père aimant, bien plus coulant avec ses deux plus jeunes enfants qu’il ne l’avait été avec ses trois aînés. Leur perte avait été un coup de semonce terrible, et sa vengeance achevée, plus rien ne le retenait sur les rives des vivants qu’un instinct de survie qui le faisait combattre la fièvre… et rechuter quand sa mélancolie le gagnait.

« Le temps qu’il se rétablisse, mon cadet et moi-même assurerons la gestion de nos terres et la reconstruction de Motte-la-Forêt. Edwyle est heureux de s’occuper l’esprit, je crois. C’est une bonne chose. »


Pas un mot sur ses fréquents accès de rage ou sur son penchant pour la bouteille, tant Bowen espérait que ces derniers soient passagers. Après tout, il n’avait que dix-huit ans… Il aurait plus de chances de se remettre, non ?

Ce triste tableau brossé, le Poing du Nord s’arrêta, la mine sombre, une émotion ayant étranglé ses derniers mots. Certes, il était doté d’une excellente maîtrise de lui-même, mais il y avait une limite à ce que tout homme pouvait endurer, tout de même. Il lui fallait se ressaisir, s’éclaircir les idées… Penser à son but, à la reconstruction, penser pour ne plus penser en fait… La chose avait un caractère profondément ironique.

Prenant une grande respiration, Bowen enchaîna finalement avec ce qui le préoccupait en premier lieu, aussi il s’inclina légèrement devant Torrhen avant de dire :

« Moi roi, je vous remercie en tout cas de votre sollicitude… Et aimerais vous présenter une requête, qui me tient particulièrement à cœur. Je vous conjure de dépêcher votre marbrier à Motte-la-Forêt, pour que nous puissions offrir une digne sépulture à nos morts. Certes, les corps des membres de ma famille ne sont plus… mais leur esprit demeure, et je désirerais que leur mort ne soit pas oublié, qu’ils reposent aux côtés de nos ancêtres.

Mais notre marbrier est mort lors de l’assaut…

Ce serait un moyen de tourner la page, de leur rendre un ultime hommage, de leur offrir leur dignité retrouvée. »
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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Mar 5 Jan - 21:06

Bête. Ces bêtes, même. Bowen Glover est un homme jeune, vigoureux, plein d'esprit, d'entrain, de courage. Mais il est comme je l'étais jadis, incapable de lire les nuances. Bêtes. Ces gens ne faisaient que chercher un refuge contre les conditions de la nature, contre les bandes rivales, contre ces cruels corbeaux du Mur. Cela ne voulait pas dire que je pardonnais les sauvageons. C'était même tout le contraire. Je les crucifiais sans la moindre vergogne, je les massacrerais tous, tous jusqu'au dernier. C'était comme ça. Mais ce n'était pas des bêtes. Les bêtes étaient en chacun de nous. Je savais que le Nord se traînait sa réputation, et que j'en étais le principal responsable. Je savais tout ce que cela impliquait. Et je jouais dessus. Tout n'était que stratégie. Une stratégie mûe par la colère, par la haine, mais une stratégie quand même.


| Un jour, Bowen, vous comprendrez qui sont les bêtes et ce que cela implique. Pas maintenant, plus tard. |


La haine n'avait de valeur que si elle servait un objectif. Pas si elle ne servait que sa propre colère. Cela ne pouvait pas être. Il en fallait plus, toujours plus. Sinon, nous risquions de nous perdre nous même dans les abîmes, et cela je ne le souhaitais pour personne. J'avais déjà contemplé la noirceur de l'âme, et je savais très bien ce qu'il se cachait au plus profond du cœur des hommes. Je savais ce qu'il s'y cachait, dans les plus obscures profondeurs. Je le savais, je le sentais. Je l'avais toujours senti. C'était en moi et en Bowen, mais j'avais assez de recul dans ma colère, dans ma haine, pour y voir plus clair, pour les toiser toutes deux avec froideur. Je savais à quoi elles me servaient, à quoi elles étaient destinées. J'en avais fait des outils. Des outils à ma gloire et à ma propre destruction. Rien ne réchauffait autant que la haine. C'était plus qu'une drogue, à laquelle on était accoutumé après les premiers travers. Qui nous insufflait force et vigueur. Le jeune homme se laisse toucher par ma sympathie et ma compassion. Je me targuerais volontiers d'avoir bien peu de sentiments, mais je savais ce qu'était la souffrance et le ressentiment, je le savais depuis des années. Comme tout le Nord. Le Nord saigne en permanence. Ce n'est pas son but, mais c'est sa fonction depuis des temps immémoriaux. Ce qui nous rendait bien plus valables que tous les sudiens. Le jeune homme, jadis mon écuyer, me parle de la survie de ses gens. Mon peuple, mais le sien aussi. Il les connaît mieux que moi. Je savais quelle horreur ces récits incarnaient réellement.


| Je connais les horreurs d'une guerre. Les sauvageons la mènent comme nous depuis des millénaires. Je ne peux que vous inciter à faire preuve à la fois de sévérité et de compréhension. Pareils gens, autant endommagés que les vôtres, méritent quelques largesses et à n'en point douter, un nouveau départ. Au cas où des enfants seraient rejetés, versés les dans mes Louvarts et ils serviront le Nord, après avoir reçu bonne éducation. |


Je faisais référence à un des nombreux édits que j'avais pris récemment, pour recueillir tous les orphelins de guerre, les nourrir, les éduquer à la dure loi des armes et plus tard, à en faire des conscrits ou des terrassiers. Le Nord n'avait que faire de bouches à nourrir inutiles et si je pouvais malgré tout nourrir quelque compassion, il fallait également préciser que je savais identifier les bons outils et les bonnes personnes. Je sens mon ancien écuyer hésiter, comme s'il ressentait le besoin d'édulcorer la réalité. Comme s'il ne pouvait pas tout me dire. Ce qui était sans doute le cas. Je hochais la tête, me remmémorant sa sœur avec difficulté. De tous les Glover, c'était Bowen que j'avais été amené à le plus côtoyer, vous pouvez en être certain.


| Dame votre sœur s'en remettra, Bowen. Il le faut. C'est dans notre cœur à tous, votre tragédie. Mais nous ne pouvons nous laisser aller. Ni elle, ni vous, ni moi. Nous devons avancer. Pas tant pour nous mêmes, que pour ceux qui sont morts. |


Double vérité. J'attends maintenant que le Poing du Nord aborde le véritable sujet de sa demande d'audience, autrement il m'aurait fait part de sa sollicitude en d'autres endroits, à d'autres moments, et certainement pas seul à seul. Il me parle de son père, diminué, qui ne se relève pas de ses pertes. Je comprends cet état d'esprit, car je l'ai déjà partagé. Mais tous n'ont pas la force de passer outre, c'est un fait. Pas le père Glover, apparemment. Son frère et lui semblent prêts à pendre la suite, au moins dans une certaine mesure.


| Je connais moins votre frère, mais vous-même en avez la trempe, Bowen. Il y a des épreuves dont un homme a du mal à se relever et je n'ai moi-même jamais vu Winterfell en cendres, mais j'ai perdu tous mes frères, mon épouse, mes parents. Je comprends la douleur que vous éprouvée. Mais cette douleur, vous devez vous en servir. Pour reconstruire les choses. Plus grandes et plus solides qu'autrefois. C'est une nécessité, pour éviter que ce drame ne retouche votre maison dans l'avenir. |


Je parlais d'une voix sérieuse. Je ne jouais pas au Roi sans cœur et donneur de leçons, mais je lui faisais malgré tout comprendre mon point de vue de souverain. Voilà enfin le cœur du sujet, quand il m'explique qu'il a besoin d'un marbrier. Pour enterrer ses gens. Je n'étais pas un inconditionnel du marbre. Les caves de Winterfell étaient peuplés de Stark, dont plus à chaque fois que je n'avais su protéger. Pareille demande alors que le gosse aurait pu me demander une femme, des terres, des soldats, des manœuvres, ne pouvait que me faire acquiescer.


| Vous l'aurez. Je peux comprendre ce désir, et vous n'aurez pas à avancer quelque somme que ce soit, je vous en fait la promesse. Ce sera pour la maison Stark, pour le sacrifice fait en son nom. Mais sachant tout le beau monde qui se presse à Winterfell, je vous recommanderrais plutôt des artisans Valois ou Ouestriens. Sachant que votre famille et la mienne sauve leur peau depuis des milliers d'années, ces reines seraient bien sèches de vous le refuser. Au pire, je l'embaucherais, car leur travail sur les pierres est la même que le nôtre sur l'acier. Avez-vous d'autres demandes à formuler à votre suzerain, Bowen, ou ai-je répondu à vos besoins ? Il y a d'autres sujets pour lesquels j'aimerais m'entretenir avec vous. |





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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Mar 26 Jan - 21:54

« Je n’y manquerais pas, Sire. Par ailleurs, si vous avez dans ces Louvarts quelques jeunes gens bientôt en âge d’hommes, n’hésitez pas à les envoyer sur mes terres. Nous manquons de bras, et ils auront une place assurée comme apprenti ou fermier, les lopins inoccupés ne manquent guère, hélas. Cela vaut aussi pour les filles. J’ai beaucoup de veufs à remarier, d’enfants sans mère… Elles auront de bons partis, des hommes rudes du Nord, mais qui seront sans nul doute heureux de pouvoir prendre compagne à nouveau. »

A vrai dire, Bowen préférait cette solution aux meurtres des nourrissons à la naissance douteuse, même s’il n’aurait pas hésité un seul instant à ordonner de tels actes si le besoin s’en était fait sentir. Certes, il répugnait quelque peu à abandonner des gamines à peine fleuries aux mains d’hommes nettement plus âgés et durement éprouvés par la guerre, mais il ne se faisait pas d’illusion. Viendrait un moment où le besoin de femmes se ferait sentir, et où les gamins laissés à l’abandon auraient besoin de mère de substitution. Alors, autant que ce soit une manière d’offrir un avenir à des orphelines qui n’auraient en d’autres temps guère eu beaucoup de choix de toute manière. Au moins, il leur garantissait un toit et un mari, c’était déjà cela.

Il médita quelques instants les paroles du roi, reconnaissant un fond de vérité dans son affirmation. Evidemment qu’ils devaient aller de l’avant tous. Pour honorer le sacrifice des morts, pour leur rendre hommage en s’en faisant les dignes héritiers… Mais que ces paroles paraissaient creuses à une famille en deuil, qu’il était difficile de les accepter, quand bien même elles étaient véridiques.

Encore, pour les plus jeunes, peut-être qu’il était plus aisé d’oublier, petit à petit, de se tourner vers l’avenir. Alysane avait un fils, un mari sur lesquels se reposer et reporter son affection, Edwyle et lui-même seraient bientôt appelé à fonder leurs propres familles… Oui, eux, avec le temps, pourraient avancer, tout en restant à jamais marqués par la tragédie de leur famille. Mais leur père ? Très sincèrement, Bowen en doutait. Il fallait une force de caractère que Galbart Glover n’avait sans doute plus, miné qu’il était par l’âge et le deuil. A vrai dire, le voir se laisser aller ainsi était une douleur sans cesse renouvelée pour son aîné qui avait toujours considéré son géniteur comme un modèle de constance et de droiture et le voyait à présent manquer peu à peu à ses devoirs pour s’enfoncer dans une apathie inquiétante, et tellement compréhensible.

La suite lui arracha un mince sourire de satisfaction, tant pour les compliments reçus que pour la promesse faite par le roi de financer les tombes de ses parents tombés. Au moins, les âmes de ces derniers auraient un endroit où reposer avec les autres membres de la maison Glover, et à défaut de corps à honorer, leur souvenir demeurerait au sein de la crypte familiale. Bowen était persuadé, quelque part, qu’offrir un dernier voyage somptueux vers les dieux à sa mère et à ses frères pourrait peut-être permettre à son père de passer à autre chose, ou au moins d’avoir le cœur un peu plus en paix. Lui-même, quelque part, en avait besoin, et désirait que le nom de ses benjamins ne s’évanouisse pas de la mémoire des hommes. Tonnie et Robert avaient été des garçonnets adorables, ils auraient fait de fiers Glover, des hommes d’honneur et du Nord, ils avaient apporté de la joie à ses parents vieillissants, il se devait de les honorer, comme il était de son devoir devant les dieux et les hommes de rendre hommage à ce qui avait uni sa mère et son père, à cette génitrice qu’il avait adorée.

Cependant, il ne devait pas s’arrêter à cela, en effet. Torrhen Stark devait se douter qu’il avait d’autres propositions à lui faire. Il avait simplement tenu à faire la plus symbolique en premier, en faisant fi de la logique élémentaire des impératifs. Face à la douleur, il lui importait presque autant que ses morts soient honorés plutôt que sa cité soit reconstruite sur des fantômes. Se redressant de toute sa hauteur, Bowen plongea son regard dans celui du roi et déclara avec emphase :

« J’espère me montrer digne de cette confiance, Majesté. »

Maintenant, il était temps de rentrer dans le vif du sujet.

« A vrai dire, j’aurais en effet d’autres requêtes à vous présenter, en effet, Sire. Comme vous l’avez-vous-même dit il y a quelques instants, il est nécessaire de reconstruire Motte-la-Forêt sur des bases saines, fortes. Pas seulement pour ma maison, je pense, mais aussi pour le Nord. Les côtes du Bois-aux-Loups sont trop importantes pour ne pas être correctement défendues.

Tôt ou tard, il nous faudra des bras, et si vos mesures n’y suffisent pas, alors j’espère que les autres seigneurs nordiens ne verront pas d’inconvénient à envoyer leurs bouches en trop vers nos terres. Mais le plus important est sans doute le manque d’artisans dont nous souffrons pour reconstruire. Pour le moment, j’ai envoyé des corbeaux aux familles avec lesquelles nous sommes liés directement par le sang : Manderly, Karstark… Je pense qu’elles répondront présentes, je n’en doute point. Pour autant, je ne peux pas les priver indéfiniment de leurs propres hommes d’art, aussi j’aimerais savoir si vous aviez quelques artisans en surplus pour effectuer des travaux si le besoin s’en fait sentir dans les mois qui viennent.

Ils seront payés, certes peu, mes gens manquent de moyens et notre propre trésorerie a beaucoup souffert, mais je gage qu’avec la reprise de nos activités, et, même si c’est cruel à dire, avec autant de bouches en moins à nourrir, et donc de commandes de nourriture à assurer en moins pour un temps, nous aurons de quoi offrir une rétribution correcte. »


Il ne pouvait évidemment pas espérer que tous travaillent gratuitement, tout en étant lucide sur le fait que les sommes offertes seraient forcément assez basses. Seul un ordre de leurs seigneurs pouvait donc convaincre ces travailleurs d’accepter de venir sur les terres de Bowen, et il comptait pleinement sur ce fait pour reconstruire ses terres. Pour autant, il n’en avait pas fini.

« Cependant, reconstruire à l’identique ne suffira pas. J’ai beaucoup réfléchi, ces dernières semaines, et je pense que le Nord gagnerait à fortifier davantage ses côtes, aussi bien en termes de sécurité que de commerce. Pour le moment, le dernier port au Nord avant le Mur se situe sur l’Ile aux Ours, dont les abords rendent la navigation difficile et qui reste une île. Nous devrions avoir d’autres places fortes, d’autres ports fortifiés à l’ouest, pour prévenir plus facilement de telles invasions et encourager les bateaux des autres contrées à venir s’aventurer vers nos rivages.

Je vous ai suivi pendant toutes ces années, j’ai vu vos projets pour moderniser le Nord. Faites de Motte-la-Forêt le symbole de notre résilience, de notre résistance. Nos récifs sont moins dangereux que ceux situés plus au nord, et ma ville est située près des côtes. La construction d’un ensemble portuaire prendra du temps, et je reconnais que c’est là une demande ambitieuse…

Mais mes gens ont besoin d’avoir un grand projet auquel se raccrocher, pour espérer des jours meilleurs, pour voir que le Nord les soutient, leur accorde même sa confiance pleine et entière à nouveau.

Sans compter que je crois fermement dans les bénéfices que la Couronne pourrait en retirer. »

Voilà, c’était lancé. Ne restait plus qu’à voir comment le souverain du Nord allait prendre ce projet, s’il allait l’accepter. Bowen savait le roi intéressé par les idées de modernisation de son royaume, aussi il espérait sincèrement que le Torrhen bâtisseur et entreprenant qu’il avait connu répondrait favorablement, ou laisserait au moins la porte ouverte pour qu’un tel ensemble se fasse et sorte de terre. Reconstruire plus grand et plus solide ? Parfaitement, plus ambitieux aussi.

« Il y aurait également une dernière chose dont je dois vous faire part. Qui… me concerne plus directement cette fois. Je sais que mon père avait quelques contacts avec d’autres seigneurs de nos contrées, mais depuis les événements récents, je m’occupe de nos missives, et n’ai point accès à celle qu’il conserve dans ses coffres. Par conséquent… je ne sais exactement s’il avait des projets de mariage à mon endroit, mais étant donné la situation de ma maison, si vous avez eu vent de Lords intéressés pour nouer une alliance matrimoniale pour une de leurs filles…

Je vous avoue sans ambages que j’apprécierais beaucoup de le savoir, que je puisse éventuellement m’enquérir de leurs conditions, et voir pour me trouver une épouse. En tant qu’aîné, il est de mon devoir de m’assurer que notre lignée perdure malgré les épreuves, mon roi. »


Il s’arrêta, légèrement gêné par sa demande. Enfin, il fallait aussi aborder son cas personnel, et son suzerain devait se douter qu’à son âge, et au vu de son statut et de sa situation, il devait penser à s’unir à une autre maison pour engendrer une descendance. Ils n’étaient plus que trois Glover, dont un veuf âgé et sur le déclin. Il lui fallait faire son devoir.

« J’espère ne pas vous importuner avec tant de demandes… Mais elles sont toutes faites. Quels sont donc ces autres sujets que vous souhaitiez aborder, mon roi ? »


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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Lun 1 Fév - 21:43

Gouverner un royaume ainsi en guerre n'est pas une sinécure. Très vite, dès qu'ils rentrent du front ou que le péril n'est plus immédiat, tout le monde imagine que ça y est, tout est sauvé et tout le monde pourra rentrer à la maison. Le fait est que tant qu'il y aura des prétendants à l'unification des sept couronnes, unification volontaire ou forcée, alors il y aura des armées en campagne, des filles en pleurs le bord des routes qui se masqueront leur intimité ravagée et des vieillards trucidés dans tous les coins. Ca promettait d'être une bien belle bagarre, vous pouvez me croire, ce qui allait se passer dans les mois et les années à venir n'allait pas être beau ni propre. Les Louvarts étaient l'éménation directe de ce genre de carnage. Orphelins et gosses laissés pour compte, je prenais dans les propres deniers royaux pour financer ce qui s'apparentait à une éducation, un toit, du travail, même s'il était quelconque. Je ne savais pas encore quoi en faire, j'avais laissé les options ouvertes et aussi larges que possible pour saisir au moment le plus important les opportunités qui seront les plus intéressantes. En faire des soldats était probablement le plus envisageable, mais Bowen Glover me faisait réfléchir aux alternatives, notamment de pouvoir les envoyer renforcer le processus de colonisation du vaste territoire que je ne voulais plus laisser aux sauvageons et aux bêtes sauvages, aux brigands et autres tarasques. J'opinais donc lentement du chef. Je note aussi ce qu'il disait à propos de femmes.


| Eh bien, c'est ma foi une proposition intéressante. Si la majorité n'est pas en âge de porter ni soc ni mailles, je peux toutefois encourager leur déplacement dans votre fief pour l'aider à le rebâtir, une fois le temps venu. Peut-être pourrions nous proposer des places chez vous aussi, aux jeunes femmes en quête de maris, si l'on faisait renoncer vos gens à une dot, même quelconque. A moins que l'Etat ne paie ces dots, pour encourager les unions et les déplacements. Je vais y réfléchir. Repartir chez soi lorsqu'on revint de guerre n'est jamais aisé et le faire dans une maison vide l'est encore moins. |


Je savais qu'il fallait sacrifier beaucoup pour calmer un peuple qui, s'il était besogneux, n'en était pas moins fier et chamboulé par les combats et les horreurs déjà vécues. Je devais prendre soin de ceux qui me servaient, qu'ils arborent un surcôt orné du loup-garou ou non, car il fallait pour qu'ils aillent jusqu'à se sacrifier, qu'ils n'aient pas le sentiment d'être abandonnés, laissés pour compte ou mésestimés. Ne pouvant déclarer mes intentions à la face du monde, je ne pouvais encore lancer mes promesses pourtant déjà pensées à l'endroit de mes vétérans, mais tous ceux qui se seront battus pour moi pendant si longtemps auront droit à leur récompense, en plus des honneurs de leur place dans l'Histoire. Ils allaient souffrir. La faim. Le froid. Ce froid si bleu, si vif, si lancinant que certains risquaient d'en perdre extrêmités et oreilles. Le desespoir et le reste. Rien n'irait bien pour eux, tant qu'ils ne pourront rentrer chez eux. J'écoutais tout ce que le jeune nordien avait à me dire, car je me doutais bien que notre proximité passée de maître et d'écuyer, de suzerain et féal, de jeune à mentor, le gamin avait encore d'autres choses à me demander.


Nous avions tant de devoirs, d'obligations ? Lui même en était plus qu'accablé, avec tout ce qui était arrivé aux Glover depuis la dernière fois que je l'avais vu. Les choses avaient changé. Pour nous tous. De veuf occupé à redresser mon royaume, l'on me pressait pour retrouver femme avant de repartir, de pacifiste emprunt de neutralité, je passais à belliqueux et bélligérant. C'était comme ça. Tout change. Sans arrêt. Le jeune homme me remercie, et voilà qu'il me présente ses nouvelles requêtes. Il me parle des côtes du nord, du septentrion. Il parle de l'ïle aux Ours, il parle aussi de l'aide dont il aurait besoin. Je ne peux malheureusement pas accéder à toutes ses requêtes. Ce serait trop dangereux, et pour mes forces, et pour mes finances. Je ne veux pas laisser les choses m'échapper. Je le laisse terminer, sachant qu'il réclame encore plus d'actionnariat de la part du Royaume envers la famille Glover. Et va plus loin en me confiant des projets qui visiblement, lui tiennent à cœur. Il n'y a là rien d'aisé à entreprendre, mais c'est un joli rêve que je caresse depuis longtemps. Je pense depuis toujours à nous protéger, car des milliers de kilomètres de côtes n'aident absolument pas à tenir le pays, surtout que nous sommes coincés entre fer-nés et sauvageons. Cela ne peut pas du tout nous prédisposer à vivre en paix et en toute tranquilité, avec autant de fielleux marins susceptibles de descendre sur nos côtes.



| Je ne peux pas vous envoyer tant d'artisans que cela. La plupart sont actuellement sous les drapeaux et leur mobilisation empêche ceux qu'il reste d'abandonner leurs villages et leurs bourgs. Il y a sans aucun doute moyen de requérir auprès d'autres seigneurs les mains qu'il vous manque, comme vous avez commencé à le faire, mais j'ai des doutes sur leur capacité et leur bonne volonté à mettre à votre disposition leurs eilleures mains. Karstark et Manderly sont sans aucun doute vos meilleures chances. Je ne saurais de mon côté, à Winterfell, me priver d'eux car la guerre qui couve nécessite déjà quantité d'énergies. Je le regrette bien, Bowen. Tout ce que je peux m'engager du côté de la Couronne, c'est de financer pour partie la venue d'artisans si vous en trouvez. Quant à la défense des côtes, c'est un projet de longue haleine, particulièrement coûteux comme vous vous en doutez. J'ai entrepris des travaux au mieux des capacités de nos finances, à savoir de privilégier l'essor en continu de Blancport du fait d'un accroissement significatif des échanges depuis six mois, qui voient le port crouler sous les marchandises. Valois, Peyredragoniens, Orageois, Dorniens, sont autant de commerçants qui nous assaillent de demandes de comptoirs et d'autres demandes en infrastructures. Il me faut donc aider les Manderly à les élargir. Mais commercer avec l'Ouest m'a également poussé à créer de facto deux nouveaux ports dans les Roches, notamment à Pouce-Flint, dont les capacités sont dérisoires. Je pourrais étudier le cas de Motte-La-Forêt, je peux même vous en faire la promesse. Cela nous permettrait d'avoir un autre point d'ancrage au nord de Winterfell. Il faudrait discuterdroits de douane et droits de passage aux autres seigneurs des alentours. Mais ce serait un projet au long terme, qui profiterait à tout le monde. |


J'appréciais que mes hauts seigneurs ne s'occupent pas que de compter leurs rentes et profiter d'elles comme s'il ne pouvait pas y avoir de visée à long terme. Cela ne m'étonnait guère de la part de Bowen, que j'avais emmené avec moi des années durant sur les routes du Nord pour construire ponts, routes, infrastructures diverses. Que je payais ou parainnais, mais qui dans tous les cas étaient utiles. Pas toujours rentables, mais utiles et qui permettaient de prévoir un certain avenir. Je souris doucement quand il me parle union.


| J'ai quelques bougresses qu'il serait plaisant de vous proposer, car elles sont girondes, bien faites et bien nées. Maedelyn Cerwyn. Une femme d'esprit mais qui, je le crains, est quelque peu rétive à l'idée. Lynara Karstark, un peu timide et réservée peut-être, mais de haut parage. On m'a parlé aussi de quelque Omble et Bolton qu'il serait peut-être séant de rencontrer... Sans compter quelques beautés étrangères dont on m'a parlé. Daena Velaryon, dame de Lamarck. Une Corbray, aussi. Je me suis laissé dire qu'un jeune noble du Nord ne pourrait que trouver son bonheur. |


Je le détaille un instant du regard. Homme fait, désormais. Il va effectivement lui falloir se marier prochainement. J'abandonne la cuirasse du Roi un instant.


| Juste qu'il ne faut pas trop te laisser accaparer par le reconstruction, fils. L'Hiver Vient. Mais plus pour nous. Pour tous ceux qui depuis des années s'en prennent à nous. Es-tu prêt à me suivre? |





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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Lun 8 Fév - 16:22

« Les veufs avec enfants se contenteront d’épouses sans dot la plupart du temps, un certain nombre m’ont déjà fait part de leur besoin de trouver des mères pour leurs enfants, et ce rapidement. Ainsi que ceux qui ont perdu toute leur famille et voient l’âge poindre à grand pas. Pour les hommes, sans doute que la perspective d’avoir ses propres terres ou sa propre échoppe pourrait suffire à les contenter.

Quant aux autres, j’admets qu’une aide pour financer des dots serait appréciable, nos propres finances ne le permettant pas forcément. Même si j’escompte que le besoin sera plus important que la somme à négocier. Parfois, la nécessité se fait l’alliée des finances, bien que je le regrette dans le cas présent. »


Bowen était réaliste. Les hommes jeunes, passés, le choc, chercheraient probablement des femmes selon les coutumes en vigueur. Mais les plus vieux, ceux ayant passé leur prime jeunesse depuis longtemps, avec des enfants placés chez des parents à l’intérieur des terres où désormais seuls au monde ne cracheraient pas sur une donzelle à même de réchauffer leur lit et d’élever leur progéniture, quand bien même elle viendrait sans apport pécunier et sans trousseau. Quant aux femmes seules, la situation était encore pire. Et le Glover refusait de voir le peu qu’il restait devoir vendre sa vertu pour subvenir à ses besoins. Au pire, il en emploierait certaines au château, mais… Il ne pourrait pas le faire pour toutes, évidemment. Parce qu’il n’y avait pas de places, tout d’abord, et surtout parce qu’il n’en avait pas les moyens.

La réponse suivante du roi n’était que partiellement satisfaisante. Il lui faudrait se débrouiller seul pour quérir des artisans. Soit. Si les frais étaient payés, alors il mettrait toutes ses relations à contribution. Jamais le jeune homme n’avait profité de son ancienne position d’écuyer du roi et de proche des Stark pour obtenir quoi que ce soit. Mais aujourd’hui, il était temps de le faire. En dépendait la survie de ses gens. Alors il irait frapper aux portes des autres seigneurs du Nord, aux alliés traditionnels des Glover, comme les Mormont, mais aussi à d’autres. Peut-être que la Corbois serait une oreille attentive. Après tout, il avait veillé sur son fils à la Mort-aux-loups, et c’était une Mormont. Que le gamin s’affirme un peu, et il y avait des perspectives intéressantes. Et puis, il y avait les valois, les oustriens… Ils avaient des bras, eux, et ils étaient tous là. S’ils pouvaient prêter des marbriers, pourquoi pas d’autres ? Peut-être que Jeyne serait disposée à glisser un mot à son promis en sa faveur. Il ne lui avait jamais rien demandé mais… Maintenant, maintenant… Il était temps.

D’une voix neutre, il répondit donc :

« Je comprends. »

C’était vrai, en sus. Il avait trop parcouru les infrastructures du royaume pour ne pas connaître les besoins des uns et des autres. De là à dire qu’il n’était pas déçu, il y avait tout de même un pas, mais d’un autre côté, le Glover voyait cela comme peut-être le moyen de commencer à s’affirmer par lui-même et non pas uniquement en tendant sa sébile au roi. Enfin, en ne la tendant qu’à moitié, du moins. C’est pourquoi il poursuivit :

« Si la couronne débloque les fonds qui me manquent, alors je trouverais ces artisans. J’ai d’ors et déjà quelques pistes en tête. »

Ses yeux bleus perçant se posèrent sur le roi, et il ajouta :

« Et si… Je parviens à conclure des accords avec l’Ouest pour faire venir des hommes d’art sur mes terres, ce qui permettra de tester la faisabilité de tels trajets, j’espère que cela rehaussera votre intérêt pour faire de Motte-la-Forêt un port qui croîtra rapidement, je n’en doute point.

Quant aux négociations avec les autres seigneurs… J’espère mettre à profit que j’ai reçu des années durant à ce sujet. »


L’ombre d’un sourire passa sur son visage quand il souffla :

« Il paraît que j’ai été à bonne école. »

Maintenant que les questions immédiatement financières et administratives, le Poing du Nord pouvait donc pleinement se concentrer sur un fait le visant plus personnellement, à savoir le mariage. Non pas que les précédentes considérations n’aient pas un rôle à jouer dans cette affaire, au contraire même…

Attentif, il écouta les propositions du roi, notant les noms, souriant parfois en reconnaissant quelques-uns. D’emblée, il écarta les non-nordiennes. Les noms cités étaient prestigieux, certes, mais il avait peur de n’avoir rien à offrir à de tels familles, et à une dame sudière qui se retrouvait châtelaine d’une ruine. Evidemment, la perspective restait peu reluisante pour une femme du Nord, mais dans son pays, tous savaient ce qui était arrivé à sa famille, tous pouvaient respecter, comprendre ce sacrifice, communier à travers le sang versé de concert. Il voulait une épouse capable d’administrer son domaine en son absence, qui pourrait connaître les besoins et les rigueurs de ces terres. Il écarta donc la Bolton. Il voulait une femme, pas une guerrière sauvage aux mœurs … qui attisaient toujours la méfiance. Restait l’Omble… Et deux noms qui ne lui étaient pas inconnus, quoique pas pour les mêmes raisons.

Lynara… En d’autres temps, elle eut été son premier choix, et il le reconnaissait sans mal. Il la connaissait bien, ils étaient amis, à défaut de s’aimer, sans doute qu’ils auraient pu former un couple où aurait régné une entente cordiale. Sauf que les Glover étaient déjà liés aux Karstark. Encore une fois, sans l’impératif de trouver une alliance, renforcer leurs liens aurait été tout à fait envisageable. Mais au sein de cette maison, il avait déjà une tante, le futur Lord serait son cousin direct. Et puis… Peut-être en son for intérieur, qu’il repoussait cette échéance en prenant en compte le fait que Jeyne ne lui pardonnerait pas de lui enlever sa suivante. Or, pour obtenir ce qu’il escomptait avoir, il aurait été fort malvenu de fâcher la future souveraine du Roc. Peut-être également qu’une toute petite part de lui-même trouvait Lynara trop jeune, un peu trop réservée en effet, pour affronter la tâche qui l’attendait, quand bien même elle avait son caractère, il le savait fort bien.

Lui restait donc deux options. Une inconnue, avec une famille prestigieuse, dont l’héritier occupait une place de choix auprès du roi. Mais pas forcément riche. De l’autre, une jeune femme qu’il avait croisé quelques heures auparavant et qui l’avait laissé songeur. Rétive ? Il avait cru très clairement le comprendre. Et alors ? La réalité était qu’on ne demandait guère leur avis aux femmes. Que son père ordonne, et elle ferait. Point. Ordinairement, une telle pensée lui aurait sincèrement répugné. Mais sa situation n’avait rien d’ordinaire, aussi il devait penser en seigneur, et non en jeune homme trop tendre. Et puis, il sentait sous cette carapace de politesse un caractère affirmée qui ne pourrait que l’aider dans ce qu’il désirait entreprendre. Femme d’esprit, avait dit son roi ? Voilà ce qu’il cherchait. Pas une Lady qui l’aimerait lui, mais une épouse qui saurait se faire respecter sur des terres désolées. Tant pis si son propre bonheur s’y perdait. Ce genre de considération n’était que sentimentalité futile.

Et puis… Les Cerwyn étaient une famille reconnue dans le Nord, des proches des Stark. Le Lord actuel était même fils de l’une d’elle, s’il se souvenait bien. Surtout, avec leurs terres en plein sur la Voie Royale, et pas trop au Nord, ils avaient de quoi assurer de bonnes rentrées financières, plus encore en ce moment avec tous ces gens qui venaient à Winterfell pour les festivités. Qu’une alliance se fasse par mariage, et Motte-la-Forêt ne pourrait qu’en profiter. Après tout, c’était tout ce qui comptait. Pour autant, il n’était pas sûr de faire un parti très attrayant pour l’unique fille du Lord Cerwyn. Certes, il était l’aîné de sa maison, les Glover avaient des alliances familiales puissantes, lui-même avait occupé des fonctions qui lui offraient l’oreille de la plupart des Stark. Mais en terme de confort à offrir… eh bien, leurs premières années d’union seraient sans doute pour le moins … frustes.

Il soupesa encore quelques instants ses options, puis prit une profonde inspiration. Les dés étaient jetés, au moins pour la première tentative. Si cette dernière échouait, il se replierait sur autre chose.

« Je vois. Ce sont là toutes des familles honorables. Pour autant, j’admets que je préférerais épouser une nordienne. Non pas que j’ai quoi que ce soit envers nos alliés valois ou même envers les dragons du détroit, mais… je crains de n’avoir rien à offrir à une dame élevée sans connaître les rigueurs de ces terres. La femme qui m’épousera se devra de connaître et d’apprécier le Nord, de savoir s’y conformer… Et d’être à même de comprendre dans sa chair ce qui est arrivé au Glover pour relever notre maison.

Je serais franc. En d’autres temps, j’aurais demandé la main de votre nièce. Je connais Lady Lynara depuis mes années passées à votre service. Elle ferait une épouse agréable. Mais, ma famille et la sienne sont déjà liées, et si consolider l’alliance avec les Karstark serait fort à propos, en des temps moins difficiles, je me dois de tenter d’ouvrir les horizons de ma lignée à d’autres maisonnées. Nous aurons leur aide. Autant tenter d’avoir celle d’autres familles.

J’ai croisé Lady Maedalyn pas plus tard qu’il y a quelques heures. Je doute en effet que la perspective de se lier l’enchante. Certes. Néanmoins, je crois aussi qu’elle obéira à son père. Tant pis si vivre à mes côtés lui déplaît. Tant mieux si son esprit est affûté. Je ne cherche point une amante heureuse de réchauffer ma couche, mais une Lady pour la maison Glover. »


Et une dot pour remplir ses caisses. Il se détestait de penser ainsi. Mais nécessité faisait force de loi. Il espérait aussi secrètement qu’avec le temps, celle qu’il choisirait saurait l’apprécier. Ou apprécier leurs enfants, à défaut. Il pouvait se passer d’étreintes tendres. Il ne pouvait se passer d’une femme et encore moins d’héritiers. Accomplir son devoir sans entrain serait une formalité, certes peu agréable, mais guère complexe. Au moins, la demoiselle était accorte, voilà qui ne manquerait pas de l’aider à performer.

« Néanmoins… Je doute que marier sa seule fille à ma personne soit de nature à enchanter un père au premier abord. Cependant, avec votre appui… Je suis certain que Lord Cerwyn accepterait. »

Il laissa sa phrase en suspens… La demande était claire, il ne s’était pas adressé au roi par hasard pour parler mariage. Il ne désirait pas uniquement des conseils, mais bel et bien l’appui de son roi pour ses futures épousailles.

Mais la dernière déclaration du roi ne manqua pas de le prendre au dépourvu. Il sentit l’émotion le prendre à la gorge quand ce mot sortit de la bouche de Torrhen, avec tout ce qu’il impliquait. Fils. Bien sûr, c’était une marque d’appellation d’un homme plus âgé à un cadet mais… Quelque part, au plus profond de lui-même, Bowen espérait qu’il y avait plus que cela. Que le Stark le considérait vraiment comme un fils. Même un peu.

Néanmoins, l’implication de ses propos le ramena rapidement à des considérations nettement plus terre à terre. Inspirant profondément, il souffla, comme s’il prononçait à nouveau le serment de vassalité de sa maisonnée, avec la solennité qui convenait :

« Mon bras sera toujours à votre service, mon roi. Je vous suivrais. Evidemment. »

Vers quoi, là était toute la question.


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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Jeu 11 Fév - 17:22

Bowen Glover avait quantité de sujets à aborder avec moi. Motte-La-Forêt avait beaucoup souffert de la guerre. Ses murs tenaient toujours debout car les sauvageons n'avaient pas de quoi les détruire, mais à l'intérieur de cette ceinture de murailles, les bâtiments avaient été saccagés ou incendiés. Une horde de sauvageons n'avait pas une grande capacité de destruction et comme ils avaient essayé d'y camper au maximum, il n'avaient pas su raser la ville jusqu'à ses fondations. Il n'empêchait qu'il y avait beaucoup à reconstruire. Plus encore, ce n'était pas tant le bâti qui importait dans le cas présent, mais infiniment plus la population. Celle-ci avait été dans sa majorité massacrée ou réduite en esclavage. Quantité de femmes avaient survécu, m'avait-on dit, mais beaucoup étaient sans doute déjà grosses de la quantité de viols qu'elles avaient dû subir des mains des barbares. La population avait donc souffert et en cela, c'était un véritable danger pour la maison Glover. Oh, bien sûr, tout le monde finirait par se relever de cette épreuve mais cela prendrait des années, sans aide extérieure. J'imaginais aussi que pour les Glover eux-mêmes, les choses devaient être difficiles. Ils avaient subi leurs propres pertes et devaient en plus gérer ceux de leurs gens. Je ne montrais pas toute la compassion possible en gardant leurs troupes sous les drapeaux, comme celles du Nord tout entier, mais nous avions à affronter de nouveaux périls avant la fin de toute cette histoire. Si maintenir des centaines d'hommes déjà affligés en service actif pouvait aider à éviter d'autres Motte-La-Forêt, alors je signais sans le moindre remord. C'était cela, être Roi.


Le jeune homme me confirme que les veufs accepteront de prendre de nouvelles femmes sans dot. Il me demande donc plus directement mon aide pour financer le repeuplement de son territoire. Somme toute, cela ne devrait pas tant peser que cela, car indemniser de quelques pièces chaque épousaille ne serait qu'une goutte d'eau dans l'affluence de l'or qui me parvenait de Blancport, depuis que j'agrandissais son port pour accueillir sans cesse des navires de commerce de tout Westeros. Certes, cela serait un poids supplémentaire pour un trésor déjà largement mis à contribution. Je réfléchissais un instant, avant de définir clairement ce que j'allais faire.



| Un loup d'argent pour chaque dot concernant le mariage d'un homme jeune. Deux pour ceux à qui ils restent des enfants à charge. Cela devrait suffire. En contrepartie de cet argent qui devrait largement suffire à la plupart des roturiers, j'escompte qu'ils ne rechignent pas à continuer de servir le Nord. Tout en continuant de cumuler leur solde, bien sûr. Est-ce que cela vous paraît acceptable? |


Le mariage était une plaie à organiser. Moi-même devais-je me remarier pour nouer de nouvelles alliances, et je n'arrivais pas à me décider. Il me serait infiniment plus simple et agréable de rester seul, mais comme il était de tradition que le Roi du Nord épouse une nordienne et que Jon devait se marier lui aussi prochainement, la responsabilité de trouver de nouvelles alliances m'incombait, pour moi et Walton. J'avais d'autres choix, bien sûr, que de me sacrifier moi-même sur l'autel du devoir. D'un autre côté, aucune alliance ne serait aussi bien cimentée que si je m'en chargeais moi-même. Quel casse-tête. Qui plus est, il fallait se mettre à la place de la malheureuse que je finirais par choisir ; avoir un lit froid et sans amour ne pouvait guère aider au bonheur, de cela j'en étais certain. Le jeune homme me dit ensuite qu'il comprenait ma décision en parlant de ses artisans, mais je le sentais déçu, éprouvé. Il en attendait plus, c'était l'évidence même. Mais au delà de cela, aurait-ce été bon pour nous tous que je prive mes troupes d'une partie de ses hommes ou enjoignent directement aux autres seigneurs de mettre leurs artisans à disposition ? Le Roi a tout pouvoir, mais pas un crédit illimité auprès de ses gens. Je ne pouvais pas passer mon temps à imposer des choses alors que je passais déjà une grande partie de mon existence à réformer la vie nordienne par quantité de lois, de travaux, de conflits également. Tout ce que je pouvais faire, c'était inciter les autres nobles nordiens à venir spontanément en aide aux Glover, ou tenter une fois encore de rétribuer leur assistance.


| Vous avez mon accord pour trouver votre main d'oeuvre où vous le désirez, tant qu'elle ne vient ni du Conflans ni des Îles de Fer, ni de Dorne ou du Bief. Je me méfie de tous ces pays déjà engagés dans des guerres pour des motifs qui ne me convainquent pas. Et quand bien même vous trouveriez ouestriens ou valois, j'insiste pour que vous les teniez sous surveillance, juste au cas où. Quant au reste, si vous avez des difficultés à trouver de l'aide et des appuis, n'hésitez pas à m'en faire part. Je pourrais sans doute tirer quelques ficelles supplémentaires. |


Je souris succinctement à son compliment. Sans doute oui, avait-il été à bonne école. Mais Bowen Glover avait toujours été un garçon intelligent et avenant, qui parvenait facilement à se faire estimer de ses pairs, autant que de moi-même. Certes, il n'était pas le plus jovial des jeunes nordiens. Je me souviens qu'il était parfois la cible de plaisanteries, voire de quolibets, quand il refusait de profiter des filles d'auberges au bord des routes, lors de nos pérégrinations. Je me souviens l'avoir vu gêné plus d'une fois alors que Conrad et moi-même disparaissions avec quelques jeunes beautés. Il n'était pas non plus un de ces soiffards comme on en voyait si souvent parmi mes bannerets. Mais c'était quelqu'un d'honnête et de fiable malgré tout, quelqu'un sur qui on pouvait compter en toutes choses. Sans compter que naturellement curieux, il n'avait rien contre les choses qu'il ne connaissait pas ni ne comprenait forcément ; ce jeune homme avait toujours su combler ses lacunes par force travail.


Quoiqu'il en soit, parler mariage avec lui ne me semblait guère naturel. Ce n'était pas qu'il ne me semblait pas porté sur les femmes, mais ce n'était pas un de nos sujets de prédilection. Il réfléchit un temps à mes propositions. Il ne fallait pas être un fin connaisseur de l'âme humaine pour comprendre que ce que je lui proposais ne l'emballait pas plus que cela. Il n'y avait ni sourire ni impatience dans son regard. Je devais reconnaître alors, que les nordiens ces derniers temps freinaient plutôt des quatre fers pour s'unir à d'autres maisons. Peut être la perspective de la guerre attirait par trop nos pensées sur d'autres sujets... Je le laisse se faire sa propre idée alors que c'est tout de même un sujet qui l'impactera tout au long de son existence, et qu'il convenait donc de choisir avec soin.


Il finit enfin par convenir de l'honorabilité des choix que je lui présentais. Nordienne avait sa préférence, de toute évidence. Je comprenais bien sûr ses raisons, c'était pour celle-ci que nous autres Stark, n'engendrions la lignée suivante de souverains du Nord qu'avec des nordiennes. Il fallait être du Nord pour aimer ce pays froid et belliqueux, s'y tailler une place et le respect afférent à son rang. Je hochais doucement la tête à ses paroles.



| Il semblerait, Bowen, que j'ai plus que prévu déteint sur vous. Se marier par devoir est une chose admirable que je respecte énormément. Mais votre famille a beaucoup souffert et avec les épreuves qui nous attendent, il vaudrait mieux que la perspective de votre propre lit ne soit ni un cauchemar ni une opportunité des plus mornes. |


Il me demande mon appui. Je le fixe des yeux.


| Si effectivement vous me suivez jusqu'aux sept enfers sudiens jusque dans lesquels je suis prêt à aller, alors vous aurez tout mon appui, tout mon patronage, pour faire en sorte que cette union aie bien lieu. Je connais mal Maedelyn Cerwyn. Mais elle est jolie, sans nul doute, et elle fait preuve d'esprit. Elle me semble assez indépendante, mais je ne doute pas que vous soyez à même de la plier aux desseins de Motte-La-Forêt. Si j'arrange cela, je veux que vous passiez vite aux épousailles pour ensuite servir d'aide de camp à mon fils ; la guerre sera bientôt sur nous, j'en suis persuadé, et si j'ai tout fait pour me préparer, je ne pourrais probablement pas être présent moi-même aux côtés du Prince du Nord. Aussi, j'aimerais quelqu'un de confiance à ses côtés. |





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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Mar 16 Fév - 20:33

« Je transmettrais la nouvelle à mon frère pour qu’il l’annonce à nos gens. Etant donné leurs besoins urgents, une telle somme suffira sans nul doute, en effet. »

A vrai dire, la plupart n’aurait sans doute pas eu une telle somme par les voies habituelles. Evidemment, pour les petits commerçants, il y aurait un manque à gagner, certes, mais ils représentaient une petite minorité parmi une population principalement composée sinon d’éleveurs, de chasseurs et pour quelques-uns de petits pêcheurs. Pour le reste… La plupart avaient soif de vengeance, de carnage, et adoreraient servir encore un peu sous les drapeaux et se vider dans quelques bordels de campagne.

Bowen avait beau ne pas forcément regarder ce genre de comportement avec énormément d’appréciation, il restait lucide et pouvait comprendre que ces pauvres hommes aient envie d’oublier en galante compagnie les visages de leurs femmes et enfants tués. Ils feraient de bons soldats, quoique suicidaires, sans doute. Mais c’était cela que le roi voulait, n’est-ce pas ?

Quant aux artisans, avec une promesse de financement, il pouvait commencer à chercher. Avec l’appui du roi, trouver un marbrier valois ne serait sans doute pas facile, mais pour quelque chose de plus durable, afin de combler les manques de main-d’œuvre qui ne manqueraient pas de se faire sentir une fois toutes les familles nordiennes contactées, il préférait viser autre chose. Et pourquoi pas tenter de faire d’une pierre deux coups, comme il l’avait expliqué. Le reste relevait de la pure évidence, il n’était pas fou au point de faire confiance à des sudiers, tout de même ! En cela, Bowen restait un pur nordien.

« Cela va sans dire, mon roi. Ils sont nos alliés, pas nos frères et sœurs d’hiver. Je ne doute pas que leur arrivée ne manquera pas de toute façon d’attiser l’intérêt de mes gens qui surveilleront de toute manière naturellement d’éventuels étrangers installés quelques temps auprès d’eux. La rumeur villageoise a parfois ses avantages.

Même si je laisserais quelques gardes, évidemment. Et en cas de difficulté, je reviendrais vers vous. »


Il espérait tout de même y parvenir en écumant ses propres liens, même s’il était reconnaissant pour cette aide proposée. Qui n’était que justice cependant. Mais tout de même appréciable, le jeune homme en convenait. Les journées qui allaient venir ne manqueraient pas d’être fort occupées en missives et tractations diverses, il semblerait.

Est-ce que le roi avait trop déteint sur lui ? Assurément. On ne restait pas au service d’un homme pendant des années formatrices pour ne pas en retenir un certain nombre d’habitudes et de préceptes. Cependant, pour une fois, les conseils du roi du Nord laissèrent Bowen parfaitement froids. A vrai dire, la perspective de son lit était le dernier de ses soucis. Ou plus exactement le premier, mais la façon dont il serait occupé était hélas relégué au rang de question subsidiaire. Est-ce que cela l’enchantait ? Clairement non. Mais il se devait de penser froidement… Quitte à le regretter à titre personnel plus tard.

Il savait qu’il aurait le cœur lourd d’obliger Maedalyn Cerwyn à l’épouser. Mais il n’avait pas beaucoup de choix. Son devoir de futur Lord réclamait qu’il prenne femme, et urgemment. Ainsi que ses devoirs de vassal, s’il en croyait ce qu’esquissait son souverain. Le reste… Le reste, il essayerait de s’en accommoder au mieux.

« J’espère qu’avec le temps… Ce ne sera pas le cas, et que je saurais me faire apprécier de celle qui deviendra mon épouse. »

Il n’était pas le plus mauvais des hommes, ça non, il savait être à l’écoute des femmes, plus que bon nombre d’autres nordiens, n’avait pas pour habitude de traîner dans tous les bordels du coin, n’avait pas de vieilles maîtresses ou bâtards dans ses placards, n’était pas violent… Il pourrait être un époux agréable.

« Et si jamais… Les choses ne se passent pas ainsi entre nous, eh bien, je m’en accommoderais comme beaucoup d’hommes. »

En arriver à une telle extrémité lui répugnait sincèrement. A vrai dire, son caractère faisait prendre une signification autre que celle attendue ordinairement à cette phrase. Il se voyait mal perdu au milieu de diverses amantes, mais plutôt s’occuper à d’autres choses que voir son épouse, si cette dernière ne supportait pas sa présence. Ce qu’il ne désirait tout de même pas, au contraire même.

« Au moins, elle est belle, ce ne sera pas si cauchemardesque pour mes yeux. »

Un léger rire, tel un chuintement, lui échappa. Jamais il n’aurait cru laisser échapper un tel commentaire devant son roi, devant qui que ce soit en réalité. Avait-il à ce point changé ? Peut-être. Ou alors il donnait le change. Pour être franc, lui-même n’était pas sûr de la réponse à cet instant précis.

« Si vous me donnez la fille, je suis prêt à l’épouser dès demain à Winterfell, Sire. »

A nouveau un léger sourire se peignit sur son visage, puis il reprit son sérieux avant de dire :

« Un délai d’un mois à compter de l’envoi de votre corbeau vous siérait-il ? Je doute que mon propre fief soit à même d’accueillir dignement une célébration digne de ce nom, aussi je demanderais à ma sœur d’organiser cela sur les terres du Lord son époux. Une cérémonie à Blancport pourrait-elle vous agréer ? »

Subtilement, Bowen tendait aussi l’invitation au roi. Bien sûr, ce dernier ne manquait pas d’occupation. Mais pour le coup, sur un aspect purement personnel, le jeune homme espérait que son mentor se rendrait à son mariage, juste par affection.

« Une fois cela fait, je me rendrais aux côtés de votre fils séant. Je serais honoré de servir d’aide de camp à mon futur roi, Sire. S’il veut de moi à ses côtés comme conseiller, bien entendu. »

Tout de même, il ne tenait pas forcément à s’imposer. Certes, ses relations avec Jon Stark s’étaient considérablement réchauffées depuis leurs années d’adolescence, et depuis la Mort-aux-Loups et ce moment où il s’était interposé entre une lance sauvageonne et le prince du Nord, il sentait dans le regard de ce dernier une lueur nouvelle : celle du respect, de l’amitié sincère. Aussi Bowen ne tenait pas forcément à ce que l’impétueux louveteau voit sa venue comme celle de l’homme de main de son père. Un jour il serait son souverain, et il voulait continuer de cultiver un lien positif, fort, avec le futur Stark de Winterfell. Après, évidemment, que Torrhen l’ordonne, et il s’exécuterait. C’était plus une question de confort personnel, autant se l’avouer.

« Sachez en tout cas que votre confiance, elle, m’honore déjà. »

La phrase avait son importance, il en avait conscience, venant d’un homme comme Torrhen Stark pour quelqu’un d’aussi jeune que lui, et il se sentit un bref instant un peu mieux. Un peu plus rasséréné. Il se raccrochait à ce qu’il pouvait, et s’entendre dire qu’il demeurait un élément important pour le roi lui réchauffait le cœur.



Dernière édition par Bowen Glover le Lun 22 Fév - 20:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Mer 17 Fév - 19:46

Il en faut beaucoup pour décourager les nordiens. Détruisez leur des villes et ils les rebâtiront. Volez leur or, leur cheptel, leurs ressources, et ils éleveront des murs plus hauts, entraîneront des guerriers encore plus valeureux, pour se protéger des rapines. Envahissez les et ils combattront avec la plus grande des énergies. Le Nord fonde un peuple pugnace et opiniâtre, qui n'a de cesse de se défendre bec et ongle pour éviter de perdre tout ce qu'il a. Le peu qu'il a, si on en écoute certains sudiens. Bowen Glover est particulièrement de cette trempe. Il a appris auprès d'une famille particulièrement tenace et je ne suis pas sûr que sa proximité avec son Roi ait bien arrangé les choses... Mais c'est plutôt une bonne chose, d'avoir un homme comme lui parmi ses bannerets. A plusieurs niveaux. Le premier est le plus évident ; plus les individus sous notre autorité sont tenaces et obstinés, et plus ils vous soutiendront ne serait-ce que pour l'honneur que cela induit. En sus, il en faut beaucoup pour les faire changer d'avis au sujet de leur suzerain. L'autre avantage était que des bannerets de ce genre ne nécessitaient pas forcément beaucoup d'attention. Ils savaient très bien se gérer eux mêmes et prenaient des initiatives. Oh, bien sûr, le plus souvent ils en venaient à demander l'autorisation mais cela ne changeait pas grand chose au final. Mais ils aimaient bien cela, avoir l'aval et l'approbation de leur suzerain. Bowen n'aurait pas eu besoin de mon avis pour l'affaire qui nous occupait, mais son sens de l'honneur poussait malgré tout à le demander. Il convient de la suffisance de la somme que je compte attribuer à l'opération. Je savais que je les enrichirais sans nul doute mais eut égard à leur sacrifice, et plus encore à leur maintien sous les bannières de l'armée, je m'arrangeais leur loyauté à bon compte.


Le jeune homme ne me donnait pas l'impression de me tromper de bénéficiaire pour ces oboles. J'imaginais pourtant non sans mal que beaucoup de ces hommes dilapideraient leur pécule en putains ou en alcool, mais cela avait assez peu d'importance au final ; le geste comptait au moins autant que le résultat du point de vue du Roi du Nord. Le jeune homme ne semble pas faire éminemment confiance aux artisans d'autres royaumes, suffisamment pour leur confier du travail mais pas assez pour leur confier leur tâche les yeux fermés. Je reconnaissais bien là mon ancien écuyer, un homme qui se montrait toujours assez circonspect. J'opinais du chef, alors qu'il me parlait de la surveillance d'éventuels travailleurs étrangers. D'ordinaire, les nordiens ne voyaient pas d'un très bon œil qu'on les remplace pour quelque activité que ce soit.



| Il y a aussi des chances pour qu'on essaie de s'informer sur ce que le Nord met en œuvre, qu'il s'agisse ou non de nos alliés. Nous vivons une époque sombre, et ça ne m'étonnerait pas qu'on essaie ainsi d'en savoir plus sur ce que nous préparons. Je sais par exemple, qu'Harrenhal essaie de passer des espions chez nous. |


Je l'avais dit sur le ton léger de l'exemple, mais je pensais forcément immédiatement à Mathie quand je pensais à l'espionnage du Nord par d'autres puissances. Comment n'avais je rien pu voir ? Je savais pourtant, qu'elle était du Conflans. Mais discrète comme pas possible, ça ne manquerait pas de m'étonner encore à l'avenir. Comment elle avait su se faire sa place, son nid auprès de moi. Je me jurais pour la centième fois de ne plus jamais me laisser atteindre aussi profondément par aucune femme. Surtout pas par elle, c'était certain. Mais que si je devais me remarier, ça ne serait pas une partenaire, une amie, une maîtresse, une faiblesse liée à des sentiments. Consort, alliée, maîtresse oui, c'était la base même d'une union. Mais rien de plus. Plus jamais. Il le fallait pour éviter de retomber dans ces pièges si doucereux qu'ils risqueraient bien de m'engloutir avec le royaume tout entier si cela devait recommencer. Je devais prendre garde, maintenant comme jamais. Surtout avec les reines présentes à Winterfell. Ne pas mettre trop de pathos dans nos relations. C'était difficile à faire pour un souverain dont la manière de régner était intimement liée à sa proximité avec mes propres bannerets. Quoiqu'il en soit, le sujet de la conversation dévie plutôt sur la future femme de Bowen Glover, qui aura dès lors la lourde charge d'assurer une descendance nombreuse à une famille sur le déclin du fait de la guerre. Je lui donne une tape sur l'épaule, mince sourire aux lèvres. Ses doutes en matière de mariage étaient quelque peu rafraîchissants, vous pouvez me croire. Il y avait tellement plus compliqué pour se faire apprécier... Maedelyn Cerwyn était une jeune femme intelligente et pleine de vie. Elle aimera qui lui donnerait de l'amour, je n'en doutais pas. Il était donc assez heureux qu'elle ne soit pas devenue ma maîtresse, ce qu'avaient sans doute estimé les autres nobles dames que j'avais croisées en compagnie de la Cerwyn. Mais qu'importent les ragots, je ne me liais pas aux rumeurs qui animaient le peuple en continu.


| N'ayez pas de doutes à ce sujet, Bowen. Il n'y a aucune raison qu'une jeune nordienne ne s'entiche pas d'un homme tel que vous. Votre sérieux vous donne sans doute quelque charme et les damoiselles se pâment devant les fiers guerriers. Maedelyn Cerwyn est pétrie d'idéaux. Si vous savez l'aimer, elle ne vous en aimera que plus passionnément encore en retour. Je ne l'ai pas sentie versatile ou compliquée de cet aspect-là, lorsque je l'ai rencontrée. Elle sera déjà charmée dès le départ en ayant un jeune guerrier tel que vous plutôt qu'un homme plus vieux. |


J'étais certain de ce que j'avançais. Si je me connaissais très bien moi même, je connaissais aussi assez bien les femmes, du moins cela avait-il été mon sentiment avant que la duplicité de Mathie Rivers ne me soit révélée. Je ris plus franchement lorsque le jeune Glover flatte la beauté de la future épouse qu'il convoite, et qu'il embraie directement sur la question de l'organisation de l'événement.


| Serait-ce le désir de passer au plus vite au coucher qui vous taraude, Bowen ? Je pense que c'est chose parfaitement faisable à Blancport, même si cela fait assez loin pour quantité de nobles de la cour. Je devais justement m'y rendre pour y rassembler les troupes des marches orientales et méridionales du royaume. Nous pourrons vous y unir là bas, si Maedelyn y agrée. |







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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Mar 23 Fév - 14:45

L’information quant à des espions du Conflans avait beau avoir été dite par le roi sans gravité particulière, elle ne manqua pas de rembrunir considérablement Bowen. Sourcils froncés, le Glover arborait sa tête soucieuse des mauvais jours, soit le faciès qu’il avait présenté au monde depuis plusieurs semaines maintenant, excepté en de très rares occasions. C’est que cela venait confirmer ses soupçons vis-à-vis de l’incident survenu juste avant sa venue à Winterfell, lors de sa patrouille à l’extrémité de ses terres.

L’air songeur, il calculait mentalement les chances que sa prise se révèle nettement plus critique qu’il ne l’avait d’abord pensé. En tout cas, voilà qui allait peut-être donner de l’eau au moulin du souverain, ou en tout cas le conforter dans sa pensée. Le jeune homme espérait simplement que ce ne serait pas suffisant pour qu’il revienne sur sa décision précédente et ne l’empêche de négocier la venue d’artisans étrangers. Après tout, jamais il n’aurait demandé à des fer-nés ou assujettis à ces derniers de venir sur ses terres. C’était d’ailleurs précisément pour cela qu’il n’avait pas cherché d’appui auprès de la famille de sa mère, estimant que la confiance n’était pas suffisante entre les deux royaumes. Si les Nerbosc avaient un jour été nordien, ce qui expliquait la permanence de leur croyance dans les Anciens dieux, aujourd’hui, ils étaient riverains, et sujet du Hoare. Au vu des tensions grandissantes dans les Sept couronnes, rappeler de vieilles alliances n’était pas vraiment la meilleure solution. Pour autant, Bowen se devait de révéler à Torrhen ce qu’il savait, aussi il dit, la mine résolument soucieuse :

« Des espions… A ce propos… Je comptais vous en parler à la fin de notre conversation, mais puisque le sujet vient sur la table maintenant… Peu avant mon arrivée en ces murs, quelques-uns de mes hommes et moi-même avons appréhendé un étranger suspect, qui tentait de gagner la capitale. Et… disons que son accent me faisait plus penser à celui de ma propre mère qu’à celui d’un autre endroit, si vous voyez ce que je veux dire. Nous l’avons confié à votre garde, il doit être en cellule à l’heure actuelle.

Peut-être qu’un interrogatoire plus… poussé révélera des choses intéressantes. »


Ceci dit, ils pouvaient à nouveau continuer leur discussion sur ce qui les préoccupait plus particulièrement, en premier lieu ce mariage. Sans doute que pour un homme veuf, plus âgé comme Torrhen Stark, qui avait vu un bon nombre de jolies donzelles passer entre ses cuisses, les inquiétudes d’un tout jeune banneret comme Bowen devaient paraître un peu ridicules. Mais pourtant, peut-être par égard pour sa personne, il ne semblait point vouloir se moquer, plutôt… le rassurer, et de cela, le Poing du Nord lui en savait gré.

Ce n’était pas tellement qu’il ne savait pas se comporter en présence des femmes. A vrai dire, il se savait de bonne compagnie, avec ses manières étonnamment policées et sa discrétion proverbiale, et n’avait jamais eu de problèmes à lier des amitiés féminines. Sauf que là résidait l’écueil : Bowen avait toujours bien plus été le confident de ses dames que celui vers qui se dirigeaient leurs soupirs. Du moins, c’était ainsi qu’il avait toujours perçu les choses, aveugle à leurs coups d’œil discrets sur sa personne à mesure qu’il grandissait et s’étoffait. Encore aujourd’hui, il doutait sincèrement d’avoir beaucoup d’attraits pour une Lady. Son domaine mettrait longtemps à se remettre du coup porté par l’invasion sauvageonne, celle qu’il épouserait devrait gérer un fief qu’elle ne connaissait pas sans l’apport bienveillant d’une belle-mère présente, ni même d’une belle-sœur qui se devait de rester tout de même auprès de son époux la majeure partie du temps. Il ne savait pas ce qui pourrait faire plaisir à une dame, hormis peut-être entre les draps, certes. Au moins, ces enseignements d’une nuit, il ne les avait jamais oubliés, et ils constituaient sans doute la seule chose à même, peut-être, de charmer une jeune mariée.

« J’espère que vous ne vous trompez point à son sujet. Je m’emploierais à cela alors, autant que les choses me le permettront. »

La remarque suivante de son roi lui arracha un léger rire, et il répondit avec un amusement visible, détendant son visage de façon notable :

« La perspective n’est pas de taille à m’effaroucher, je dois l’avouer. Comme tout homme sans doute. Voilà bien le seul aspect sur lequel je m’estime en mesure de combler celle que je choisis pour être auprès de moi.

C’est que, j’ai une réputation auprès de vos hommes à tenir. »


Longtemps, il avait été moqué pour sa réverse un peu prude. Puis, après cette fameuse nuit où il avait fini par s’initier aux plaisirs de la chair dans les bras de cette prostituée, on l’avait laissé en paix. Après tout, il avait été un élève assidu et fort appliqué. Certains l’avaient surnommé le Long Poing, estimant qu’arracher de tels soupirs ne pouvait venir que d’une dotation avantageuse de la nature. Les taquineries revenaient parfois, comme on ne lui connaissait pas de maîtresses, mais elles étaient nettement moins désagréables, plus fondées sur l’idée que le Glover savait simplement être extrêmement discret. L’image ne le gênait pas vraiment, certainement parce qu’elle était vraie. Dans l’hypothèse où son cœur se serait mis à battre pour une fille, le jeune homme aurait sans doute mis à profit son manque de relief ordinaire pour ne surtout pas faire remarquer son penchant galant. Enfin, foin de rodomontades masculines, il était temps de revenir à l’important, et au sérieux.

« J’enverrais des corbeaux pour les invitations. Peut-être que le déplacement sera trop difficile pour certains, quoique la plupart de vos vassaux sont présents à Winterfell… A eux de voir si vous côtoyer encore un peu et continuer la tournée des festivités leur siéra.

En tout cas, sachez que votre présence sera particulièrement appréciée. Et pas uniquement par votre féal. »


Il laissa sa phrase en suspens, n’aimant guère s’épancher ainsi. Pour autant, il devait l’avouer : si la présence du roi le ravissait, c’était surtout parce qu’il était sincèrement heureux de voir l’homme qui l’avait formé venir assister au moment où il deviendrait pleinement, virilement, devant les dieux, un être majeur sur le point de former sa propre lignée.

Ses demandes faites, l’avenir discuté, dans ses aspects agréables ou sombres, Bowen comprit qu’il était temps de se retirer, aussi il s’inclina devant le Stark avant de dire :

« Je ferais selon vos désirs. Dès que votre corbeau partira pour Castel-Cerwyn, j’y adjoindrais le mien, puis m’occuperais des négociations avec Lord Cerwyn pour les conditions. Etant donné nos lignées respectives, je présume que nous allons devoir parler héritage… Ainsi que les clauses habituelles de partage de biens et versement de dot.

Et pour le reste… Que l’Hiver vienne, sachez que je suis tout de même fier de votre confiance et de l’occasion qui m’est accordé d’être auprès de futur roi du Nord. »


Avec un mince sourire, il conclut :

« Je vous remercie pour m’avoir accordé cet entretien et répondu à mes sollicitations. Si vous me le permettez, je vais prendre en congé, et m’enquérir de prévenir mon frère des détails pratiques que nous avons évoqué quant au futur de Motte-la-forêt. »

En sortant, Bowen avait aussi l’impression, quelque part, et cela gonflait son cœur d’orgueil, d’avoir aussi désormais sa part à prendre dans l’avenir du Nord… Et d’avoir son propre destin qui venait d’être scellé irrémédiablement de son plein gré.
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MessageSujet: Re: Le Nord se souvient [Tour II - Terminé]   Jeu 25 Fév - 19:06

L'entrevue touchait à son terme. Mon vassal m'avait fait part de ses doléances et il se montrait qui plus est assez arrangeant sur les termes de réponses que je lui imposais. Cela n'avait aucune conséquence pour moi, sinon que je me montrais avenant vis à vis de ceux qui m'avaient juré leur loyauté, et aussi, il est vrai, dispendieux avec le trésor royal. Mais j'avais cru toute ma vie que seul l'investissement sur l'avenir pouvait garantir ce dernier, au moins un petit peu. Je m'étais toujours échiné à améliorer l'existant, à dépenser sans compter. Comme pour nos fortifications, l'entraînement des hommes, les infrastructures de commerce, de ravitaillement. Tout cela coûtait fort cher. Traditionnellement, le Roi du Nord se mêlait plutôt des affaires de son domaine et autrement, réglait la justice et la protection de ses féaux. Il n'y avait là aucune autre chose à voir que mon propre désir de voir le Nord se lancer et s'épanouir vers son destin, un destin plus grand que ce qu'il était jusque là. peut-être étais-je trop pétri d'ambition. Je le concédais. Mais je ne voyais pas l'intérêt de tout faire à l'identique sur des millénaires et des millénaires, sans autre intérêt que celui de perpétuer nos traditions. Il était temps que certaines choses changent. Pas toutes, mais certaines.


Je note la mine sombre qu'arbore maintenant Bowen. Il se rend bien compte que ce genre de réaction ne peut qu'attisait ma curiosité. Je le laisse réfléchir pourtant, à ce qu'il compte me dire sur ce qu'il pense. Je ne pensais pas qu'il puisse me reprocher de ne pas prendre de gants avec les éventuels espions. Je traitais tous ceux qui mettaient le Nord en danger avec la même extrême sévérité, à savoir la pendaison, la crucifixion, tout un tas de mesures extrêmement salissantes et douloureuses à subir autant qu'à regarder, voire même à infliger. Ce n'était pas quelque chose dont je me vantais, mais qui correspondait pourtant à quelque chose, un message très fort que je souhaitais faire passer à mes adversaires. Finalement, Bowen crache le morceau, visiblement soucieux ou gêné par la situation. Je fronce les sourcils devant sa révélation. Je n'étais pas maître lorsqu'il s'agissait de faire parler les gens, mais d'autres létaient bien plus que moi.



| Bien, je vous remercie de m'en avoir parlé. Il est probable qu'en effet nos geôles soient plus peuplées d'un individu que notre cher Sénéchal ira se faire une joie d'interroger. |


Je n'avais pas le temps pour ce genre de choses et quand on était souverain il fallait apprendre à déléguer sous peine de se voir ensevelir sous les différentes tâches. Interroger les prisonniers, je ne le faisais qu'en campagne, et uniquement si aucune autre tâche urgente n'accaparait mon attention.Quoiqu'il en soit, nous avions abordé quantité de sujets différents. Voilà maintenant le jeune homme à s'inquiéter de ce que dame sa future épouse pourrait ressentir quant à la perspective de l'épouser lui. Ce n'était pas forcément une mauvaise perception; certaines femmes pouvaient se montrer plus ambitieuses ou plus candides, alors qu'épouser quelqu'un comme Bowen Glover ne manquerait pas de décevoir les premières autant que les secondes. Bowen était un individu pragmatique, dévoué, qui avait sans doute quantité de choses à offrir si son épouse s'y montrait ouverte. Le mariage n'était jamais chose simple. Il y avait tellement de paramètres à prendre en compte pour le bonheur ou à tout le moins la satisfaction des deux époux, que c'était chose complexe que de présager du bonheur conjugal entre deux personnes qui ne se connaissaient pas encore assez.Je pars d'un petit rire quand le jeune homme fait référence à ses expériences passées au sein de mon entourage, alors que nous fréquentions des endroits réprouvés par la morale. SI je ne m'abusais, il n'était jamais vraiment porté sur la chose, contrairement à ses camarades et hommes tout aussi jeunes que lui.


| Je vous trouve bien confiant, jeune homme. Je n'ai pas souvenir que vous avez tant pratiqué que cela... Mais la confiance en soi joue sans doute pour beaucoup. En cas de besoin, je connais quelques donzelles qui vous seraient d'un grand secours, ou d'agréables expédients. |


En fait, je ne pensais qu'à Mathie Rivers, mais aurais-je le courage de la donner à un autre homme encore? Ce serait sans doute la solution, la confier à tant d'hommes que je ne pourrais plus jamais l'identifier comme mienne. D'un autre côté, cela continuerait de me mettre mal à l'aise, de me hanter, même. Je ne pensais pas que j'aurais le courage d'en faire beaucoup plus de mon côté. L'homme me confirme qu'il enverra des corbeaux pour faire les invitations et qu'il se demandait déjà qui viendrait pour de bon. Je souris au jeune homme, alors que j'avais déjà quelques plans pour la suite des événements. Je ne pensais pas m'en confier de suite, mais ma présence à Blancport était prévue de toute manière.


| Je viendrais, bien entendu. J'avais déjà pour désir de rejoindre Blancport et ses troupes, m'y attendent aussi de nouvelles rencontres. Il y a des chances que d'ici là, votre mariage soit aussi pour moi l'occasion d'amener devant le reste de la noblesse ma future promise. Je vous promets en tous cas, de ne pas vous voler ce jour qui ne saurait rester que le votre. |


Bowen me parle ensuite organisation de mariage, avec les différents envois de corbeaux et me dit ainsi qu'il négociera une dot. Il me remercie bien sûr, et j'agrée à sa reconnaissance d'un signe de tête. Je le laisserais un peu plus seul et autonome en ce qui concernerait ces négociations; je n'avais pas à m'en mêler et qui plus est il ne m'en avait pas fait la demande expresse. Autant me mêler de mes propres épousailles à venir... N'en doutez pas.


| C'est moi qui vous remercie, Bowen. Je n'ai qu'à me féliciter de vos services et de votre loyauté et vous m'honorez bien assez en retour. Profitez bien de votre séjour à Winterfell et des festivités, je gage que les vôtres seront tout autant à mon gré que celles-ci au vôtre. |





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