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Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Ven 11 Déc - 12:16

Ils étaient rentrés depuis quelques jours maintenant. Et j’avais passé énormément de temps avec Benjen. Certes le premier jour, au bout d’un moment, les mestres m’avaient demandés de partir arguant que je les gênais, mais vu le résultat avec Lucan, il en était hors de question. Oui, j’étais de mauvaise foi, la blessure de mon fils était nettement moins profonde et moins importante. Et alors ? Pensaient-ils réellement qu’ils allaient pouvoir me faire partir aussi aisément ?
Je leur avais gentiment, mais fermement, fait comprendre. J’avais dès lors été étrangement moins gênante. J’avais détaillé les gens qui passaient, essayant de mettre un nom sur chaque visage et de retenir ce qu’ils étaient, qui ils étaient, tout en m’occupant de mon fils.
Pourtant, il fallait que je me rende à l’évidence. Je ne servais à rien. J’étais totalement inutile, et je détestais cela. Surtout au bout de 3 semaines dans le même état.
Aussi, lorsque même mon fils me demanda d’aller me reposer en souriant, charmante façon de me congédier, je pris sur moi et accepta de sortir. Soit. Il avait besoin de se reposer, et le connaissant, j’étais persuadée qu’il voulait réellement que je me repose également… ou qu’il avait aperçu une jolie demoiselle. Bref.

Cherchant Juline, je finis par la trouver dans la cour avec Lyarra et Keran, avec maman, toujours aussi émerveillée devant eux… Au moins les deux petits profitent de leur séjour ici. Je leur souris et dépose un baiser sur leur tête avant d’informer Juline que je vais me promener, embrassant ma mère à son tour alors qu’elle préfère rester avec les enfants. Fort bien, car je ne tenais pas spécialement à ce qu’elle m’accompagne. Oui. Je suis une fille cruelle et insensible...
Mais j’avais revu ma famille, ma mère et mes frères. Et cette idiote fiancée à Lyam. Et cela avait été affreux. Devoir supporter ma tristesse était une chose. Devoir supporter celle d’une personne, passe encore. Mais tous… ils avaient été blessés, même si superficiellement, et ils allaient physiquement plutôt bien… Et ça c’était plus ou moins terminé en reproche, comme souvent, parce qu’ils ne me voyaient pas assez, que je n’avais pas revu mon père depuis longtemps, que je ne pensais pas à eux, etc… J’avais failli leur répondre qu’effectivement, j’avais déjà bien du mal parfois à songer à mes enfants plutôt qu’à moi, mais je m’en étais abstenue. Ils n’auraient pas appréciés.
Et c’était faux. Pour mes enfants. Mais c’était bien les seuls à qui je pensais souvent.

Nouant ma cape autour de moi, je prends la route du village.
J’aurais pu aller dans les Bois Sacrés, mais je n’avais pas envie de croiser du monde et devoir faire semblant de prier. J’y allais surtout parce que j’adorais le calme et la sérénité qui y régnaient en général, et ceux de Winterfell ne manquent pas à la règle, pas pour devoir encore jouer de faux-semblants. Certes, il m’arrivait de réellement y prier. Mais cela restait rare.

J'étais allée voir le roi. Peut-être aurais-je dû attendre davantage. J'y étais allée dans un premier temps que pour lui présenter mes condoléances. Je sais à quel point il tenait à Bran. Ça devait être un coup particulièrement douloureux. J’esquisse un sourire en avançant, me rappelant le sourire et le rire de ce dernier. Je dirais bien qu’il me manquera aussi, et j’étais désolée de sa mort, mais il y avait tellement longtemps que je ne l’avais vu... Ni lui, ni les autres. Le dernier que j’avais croisé avait été Ryman, peu de temps avant sa mort. Qui m’avait plus attristée encore. Oh si, sérieusement.
Je fronce les sourcils. Peut-être aurais-je dû accepter. Mais et quoi ? Devenir juste une de celles qui réchauffent son lit et le soulage quand l'envie lui prend ? Non. Certainement pas. J'avais bien fait. Sauf que là, je ne savais comment l'aborder à nouveau... et il me fallait pourtant le faire.

J’inspire profondément, observant autour de moi sans réellement regarder. Je stoppe brutalement, rencontrant un obstacle. Je fronce les sourcils et tourne la tête, alors même qu’une main me saisit.

« Hé ! Regardez ce que j’ai trouvé ! »

Un rire se fait entendre. Oh, fantastique. Il n’est pas encore l’heure, mais j’avais oublié que l’on trouvait des soûlards à chaque coin de rues quelque soit l’heure ici. S’ils n’étaient pas ivres, c’était encore pis. Trois hommes, sans aucun doute soldats au vue de leur blessures, me faisaient face.

« T’es mignonne chérie. Qu’est-ce tu dirais d’nous avoir tous les trois ? Hein, ce s’rait pas d’la chance ? »

Par tous les dieux ! Je regarde l’homme qui vient de parler, tant pour essayer de comprendre ses paroles  au vu de son élocution, que parce qu’ils ont vraiment l’air de me prendre pour une prostituée. Je n’avais rien contre elles, mais me confondre avec une de ces filles… Avais-je l’air d’une catin ? Ces idiots étaient-ils donc tant en manque ou saouls qu’ils amalgamaient toutes les femmes ?
Je redresse la tête et dégage mon bras d’un mouvement brusque, un sourcil levé.

« Pardonnez-moi, Messires » J’insiste sur le terme. Non, ils n’ont rien de cela… « Je crains que vous ne me confondiez avec l’une des dames qui acceptent de partager vos couches pour quelques pièces, et ce, malgré votre apparence et votre odeur. » Je les regarde tour à tour, et grimace un sourire. « Et par les Anciens Dieux, j’espère qu’elles vous font payer rubis sur ongle. »

Oh, ils n’ont pas l’air d’apprécier mes réfléxions… Peut-être aurais-je dû venir accompagnée finalement.


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Dernière édition par Nelya Corbois le Dim 8 Mai - 19:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Sam 19 Déc - 19:36


J'étais épuisée. Cela faisait déjà quelques jours que nous étions rentrés mais les choses semblaient se bousculer sans que je n'arrive à m'arrêter sur quoi que ce soit. Le retour au monde réel, à ce quotidien qui avait paru si lointain jusqu'à ce que je finisse par me demander s'il avait jamais vraiment existé, avait été bousculé par la mort d'Ada, la tenancière du bordel. Elle avait gentiment attendu que je passe la porte pour mourir, quelques jours plus tard, juste avant que ne sois convoquée par Torrhen.

L'espace d'un instant, je m'étais demandé si je n'avais pas épuisé toute la compassion dont j'étais dotée alors que j'avais veillé nombre de blessés et de mourants après la bataille. Et pourtant, j'avais encore réussi à être touchée par sa mort, d'autant que j'avais appris dans la foulée qu'elle m'avait légué le bordel. Mais aujourd'hui, après ce qui s'était passé lorsque j'avais été convoquée par Torrhen, j'avais du mal à me réjouir d'être la tenancière du plus gros bordel de Winterfell ou à réussir à continuer de m'attrister de la mort d'une femme que, à dire vrai, je n'avais jamais vraiment connue et qui s'était prise d'affection pour moi sans que je ne comprenne tout à fait pourquoi. Alors, plutôt que de tourner en rond dans la chambre, j'avais décider de marcher dans les rues des Winterfell. Retrouver ces rues familières de cet endroit que j'avais fini par considérer comme chez moi, sourire aux commerçants que je croisais et qui semblaient pour une fois prendre sur eux pour accepter le fait de me reconnaitre tout en ignorant la mine que j'arborais, avait quelque chose d'à la fois plaisant et d'oppressant. Le retour avait, pour quelques jours, changé bien des comportements et j'avais presque hâte que tout redevienne comme avant. Une part de moi avait du mal à soutenir leur regard alors que je pensais sans cesse à cette trahison qui était la mienne.

J'avais déjà bien marché et j'étais en train de songer à rentrer au bordel pour savoir ce qui allait se passer maintenant, ce que j'allais devoir faire. D'ailleurs, à bien y réfléchir, j'aimais cette idée de pouvoir me raccrocher à ça. Cela m'évitait de penser au loup, à notre dernière rencontre désastreuse, à cette impression latente d'avoir achevé de tout gâcher et à tout ce que j'avais perdu. Je voulais encore moins songer à ce qui avait suivi, tout était encore bien trop frais dans mon esprit pour que j'arrive à faire la part des choses sans repartir dans une énième crise de nerfs. Pourtant, difficile de l'ignorer, la nuit que j'avais passée dans la chambre de Conrad avait laissé des traces qui commençaient à peine à s'estomper. On pouvait encore deviner un bleu devenu violacé à la naissance de mon cou et j'avais encore la lèvre tuméfiée. Mais personne n'avait fait de commentaires et j'avais appris ce matin qu'il attendait de nouveau ma visite dans les meilleurs délais. Bien, au moins, son Altesse serait satisfaite. Ou pas. A dire vrai, je n'en savais strictement rien et je ne voulais pas penser à lui et à tout ce qu'il avait pu dire. Cela ne faisait que me serrer le cœur un peu plus et à me plonger dans le chaos le plus total.

Plongée dans mes pensées, il me fallut quelques instants avant d'entendre des échanges pour le moins virulents. J'hésitais, me demandant si j'avais envie de me mêler de ce qui ne me regardait pas et de risquer d'intercéder dans une affaire qui pourrait mal finir. Le fait d'entendre une voix féminine me décida et je penchais la tête dans la ruelle, grimaçant alors qu'il me semblait reconnaitre au moins deux des silhouettes.

J'avançais en silence, gardant l'air le plus naturel possible et, j'esquissais un sourire amusé aux propos de la femme. Elle semblait dans une situation délicate mais ne perdait pas sa répartie, quand bien même elle n'était pas des plus appropriée en cet instant précis. Me demandant un instant comment elle avait pu se retrouver dans un endroit pareil seule, j'essayais de capter son regard et je lui adressais une moue qui se voulait compatissante.

Je toussotais, suffisamment fort pour capter leur attention avant de souffler, d'un ton narquois.

"Je ne suis pas sûre qu'ils aient assez de pièces sur eux pour que la moindre catin ait envie de faire suffisamment d'efforts pour faire croire qu'elle a envie qu'ils posent leur pattes sur elle."

Mon regard passa sur chacun des hommes alors que je m'appuyais contre le mur, les bras croisés, attendant de voir s'ils me reconnaitraient ou non. Je me souvenais en tout cas vaguement d'eux et, si c'était le cas, il était peu probable qu'ils m'aient oubliée.  
Non pas que je sois du genre à me vanter d'être ce genre de femme qui marquait les esprits, mais ils avaient plutôt dû passer par mon aval pour avoir droit de poser leurs pattes sur les filles, que ce soit à Winterfell ou en campagne. Et pour ça, il était possible qu'ils ne m'apprécient guère. Ou qu'ils aient suffisamment peur de moi et des remontées que je pourrais faire à leur propos pour filer sans demander leur reste.

Je soufflais alors, d'un ton plus calme, sans quitter les hommes du yeux et essayant de garder cet air tranquille, comme si la situation ne risquait pas de déraper à notre désavantage.

"Tout va bien milady ? Vous venez du château n'est ce pas ? Invitée du Roi pour fêter son retour je suppose ?"

Car, à moins que je ne me leurre totalement, la femme qu'ils avaient accosté n'était pas du genre à faire commerce de ses charmes. Et ces idiots étaient bien trop avinés pour s'en rendre compte. Mais peut-être qu'en entendant ses réponses, ils commenceraient déjà à comprendre ce qui se passait.

En tout cas, tien que de prononcer le mot Roi, j'avais retenu un frisson. Il allait vraiment falloir que je me reprenne. Et vite. Avant qu'il ne soit trop tard.


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Dernière édition par Mathie Rivers le Mer 23 Déc - 21:27, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Lun 21 Déc - 13:35

Aurais-je dû ? N’avait-il point des femmes à sa disposition pour se satisfaire ? Venant de lui, cela m’étonnait. Il avait changé certes… Pourtant, il m’avait proposé de but en blanc de rester à ses côtés pour la nuit. Il n’avait pas tant changé que cela à ce niveau… Etait-il à ce point esseulé ? C’était étrange. Et toutes ces questions ne résolvaient pas mon problème…
Perdue dans mes pensées, obnubilée par ce que j’aurais peut-être dû faire, je ne m’aperçus que trop tard de l’endroit où je me dirigeais, où en l’occurrence, de la personne vers laquelle m’orientait mes pas.
Je me raidis en sentant la main sur moi, et je relève la tête, fixant les trois énergumènes face à moi. Je ne sais ce qui me désole le plus : qu’ils me confondent avec une putain ou qu’ils considèrent réellement me faire une fleur. Par tous les dieux ! Je soupire et mon regard se fait plus hautain et méprisant, alors que je me dégage vivement. Pourquoi tous les hommes sont-ils si prévisibles et stupides ? Un joli minois, de jolies formes, et ils en perdent littéralement toute bienséance et toute éducation. Avec plus ou moins de tact et de retenues il est vrai. Or, ceux-là étaient visiblement dépourvus de tout…
Je tourne la tête alors que je vois apparaître une jeune femme. Je la détaille rapidement. Pas une noble, mais ses vêtements sont trop bien coupés, trop beaux et trop propres pour qu’elle ne soit qu’une vulgaire paysanne ou une justement des demoiselles susmentionnées… et elle a l’air fatigué… Et même bien davantage. Je ne sais quel est l'auteur de ces marques, mais ce n'est guère joli à voir. Entre sa lèvre et le bleu que l'on distingue, je me demande combien passent inaperçus...
Non pas que cela ne me concerne ou ne m'émeuve réellement, mais je n'apprécie pas pour autant la violence, ni le fait de gâcher un si joli visage...
Je perds un peu ma froideur et mon arrogance, et lui rends son regard, me retenant de soupirer d’un air navré.

« Non effectivement. Vu qu’ils semblent préférer mettre toute leur solde dans l’un des horribles tord-boyaux vendus dans la rue plus bas… » Je la regarde en haussant les épaules. « Au moins, ces filles n’auront pas à faire d’efforts supplémentaires les concernant… »

Et j’ai beau ne pas savoir qui elle est, je remarque bien rapidement le petit jeu qui s’instaure entre elle et les trois hommes. Ils semblent hésiter davantage que face à moi. C’est amusant. Mon regard se pose à nouveau sur elle quand elle me parle.

« Je vais fort bien. Malgré la… méprise dont semblent avoir fait preuve ses braves soldats… » Je les regarde à nouveau, un sourcil haussé, mon ton se faisant plus froid, alors que je réponds tout aussi calmement qu’elle. « Je suis venue à Winterfell car mon fils, Lord Corbois, a combattu aux côtés du Roi et je m’en inquiétais grandement. »

Je souris, même si mon ton reste tout aussi glacial.

« Mais je suis effectivement une amie de longue date de sa Majesté. J’ai d’ailleurs eu l’honneur et le plaisir de pouvoir diner avec lui pas plus tard qu’hier soir. Il va sans dire que j’ai été ravie de le voir sain et sauf…
Je suis persuadée qu’il saura apprécier l’attention dont vous faites preuves envers les dames de son royaume, je ne manquerais pas de lui en faire part.  »


La mention répétée du roi finit semble-t-il par avoir raison de leur ébriété et ils commencent à se regarder, avant de nous regarder à nouveau, lançant des regards furtifs à l’autre femme.

« On savait pas. On voulait juste s’amuser quoi... »


Ils bredouillent quelques paroles que je n’écoute même pas. Et ils ne s’en vont pas…
J’inspire profondément, les sourcils vaguement levés de dégoût et de lassitude. C’est d’une stupidité affligeante. Et dire que c’est ça qui nous protège… Faites qu’ils soient meilleurs soldats qu’hommes, car sinon nous ne finirons pas l’année.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Mer 23 Déc - 23:22


La seule question que je voulais éviter continuer de revenir sans cesse, que je le veuille ou non. Pourquoi est-ce que je ne quittais pas Winterfell ? Mes options étaient certes limitées et il était hors de question de retourner dans le Conflans mais Westeros était vaste et je n'avais pas à me soucier de mon identité hors de ces deux royaumes. Qui irait se soucier du passé d'une catin après tout ? Comme Torrhen me l'avait promis, j'avais amassé une véritable petite fortune en gérant le bordel qui suivait les troupes. Bien plus que je ne l'avais imaginé. Oh, bien évident, à hauteur de noble ce n'était bien évidemment rien mais je pouvais partir sans un regard en arrière si je le souhaitais.

Et pourtant, je n'arrivais pas à m'y résoudre. Impossible de me détacher de cet endroit, de tout quitter sans me retourner. Malgré ce qu'il avait dit, malgré ce que j'avais fait et ce qui s'était passé, j'étais tout simplement incapable de le faire pour le moment. Je me consolais en me disant que j'arriverais peut-être enfin à assouvir cette vengeance qui restait visiblement la dernière chose à laquelle me rattacher. Mais je n'avais pas particulièrement envie de me focaliser sur ça, persuadée que j'y trouverais trop de failles pour arriver à me garder cette excuse pour rester à Winterfell.

Bizarrement, ce petit interlude dans cette ruelle était presque salvateur pour éviter que je ne me perde totalement. Me focaliser sur autre chose, sur cette femme qui semblait sérieusement avoir besoin d'aide était bien mieux que de songer aux raisons qui m'empêchaient de quitter ce maudit pays.

Quand elle me rendit mon sourire, je hochais légèrement la tête. Elle me voyait comme une alliée et ne se montrait ni condescendante, ni agressive, c'était déjà une bonne chose et une raison de lui venir en aide.

"Oh elles ont déjà tellement d'efforts à faire en temps normal qu'elles n'auraient probablement même pas vu la différence, n'est ce pas messires ?"

Avant que je n'ai le temps d'ajouter quoi que ce soit, la dame entrait dans mon jeu, appuyant mes propos comme je l'avais espéré alors qu'ils semblaient hésiter sur la marche à suivre à mon propos.
Le fait que je ne sois pas au meilleur de ma forme ne jouait probablement pas en ma faveur mais, s'ils apprenaient de qui j'allais probablement devenir le nouveau jouet, j'étais presque sure qu'ils détaleraient sans demander leur reste. Sans bien savoir pourquoi, cette pensée presque morbide m'arracha un sourire amusé.

Je leur jetais un regard dépité en secouant la tête, même si je commençais pourtant à m'inquiéter doucement mais surement. Ils ne bougeaient pas, alors même que la soi-disant lady Corbois, si c'était bien son nom, confirmait qu'elle connaissait bien le Roi. Et qu'elle avait même diné avec lui la veille. Sans bien savoir pourquoi, cette pensée m'arracha un froncement de sourcils que je réprimais au plus vite. Retrouver cette distance que j'avais perdue, ne plus songer à mon ancien client comme un homme mais comme le Roi qui me donnait des ordres, voilà quelle était ma priorité si je ne voulais pas voir les rares barrières que j'avais construites céder une à une. Ce que je pouvais ressentir n'avait pas la moindre importance, il me l'avait bien fait comprendre.

L'un d'eux lâcha alors, visiblement à contre-cœur.

Mathie, tu vas pas aller lui dire hein…"

Je laissais claquer ma langue contre mon palais, ne cherchant pas à cacher un agacement feint qui semblait pourtant prendre, contrairement à ce que j'aurais cru. S'ils savaient, probablement ne seraient-il déjà plus en train de m'écouter.

"Dire quoi à qui ? Au Roi que ses soldats sont tellement ivres qu'ils viennent à prendre une de ses proches amies pour une de mes employées ? Je tiens à ma vie personnellement. Et vous ?"

Si, après tout ce qui s'était passé, Torrhen apprenait que visiblement mes putes ne suffisaient pas à contenter ses soldats, voilà qui promettait des réprimandes pour le moins violentes. A cette pensée, mes mâchoires se contractèrent bien involontairement. Heureusement pour moi, ils ne se rendaient compte de rien. Quels crétins.

On pouvait pas d'viner non ? Et puis, tu sais, y a tellement de monde partout, que pour trouver une fille c'est compliqué, enfin, tu vois… et puis…"

Je plissais des yeux et je haussais la voix, leur coupant la parole avant qu'ils aient réellement le temps de remettre leur cerveau en marche.

"Bien sûr que si vous pouviez. Ne me prends pas pour une idiote. Et si vous arrêtiez de dépenser toute votre solde en mauvais vin, je suis sûre que vous auriez des filles. Si vous vous souvenez encore du chemin, allez au bordel. Vous leur direz que vous venez de ma part et, si vous dépensez ce qui vous reste, peut-être que j'oublierais cet incident. Et la dame ici présente pourra y réfléchir également."

Je jetais un bref regard à la lady, m'attendant à une mine outragée, horrifiée alors que je n'avais même pas chercher à cacher mon identité. Je n'avais pas à rougir de ce que je faisais. Sans ça, il y aurait bien longtemps qu'elle aurait fini dans un sale état au fond de cette ruelle. Mais, si la plupart des hommes s'accommodaient tant bien que mal de mon statut même s'ils n'osaient guère l'évoquer à haute voix, c'était une toute autre histoire pour les dames de haute lignée. Et si en plus celle-ci était vraiment une proche de Torrhen, voilà qui n'était vraiment pas une bonne chose pour moi. Enfin, elle avait l'air d'aller vraiment bien. Ne resterait qu'à la convaincre de ne pas parler de l'incident, si l'on s'en tirait vraiment sans dommage.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Mer 30 Déc - 18:38

Les hommes ! Je me demande parfois comment certains pouvaient faire pour diriger quelque chose ou même simplement pour survivre avec la capacité de réflexions dont ils font quelquefois preuve. Comme à l’instant. En soi, ils ne réfléchissaient point. Pas avec leur tête toujours est-il. Et si cela pouvait parfois s’avérer avantageux pour moi, ce n’était nullement avec ces rustres. Je n’avais nulle intention de m’approcher, ni même de me servir d’eux.
Certes les rapports de force ne sont pas en ma faveur, et de loin. Mais ai-je réellement l’air d’une catin ? Avec ma fourrure et mes bijoux ? J’aurais eu affaire à un voleur, j’aurais compris… Mais là… La colère le dispute un instant au mépris alors que je leur réponds. Et sans l’intervention de la jeune femme, je ne sais au final comment j’aurais pu m’en sortir sans heurt.
Je souris malgré moi à sa répartie. Il est vrai qu’au vu des énergumènes je pourrais presque plaindre ces pauvres filles. Mes efforts à moi à ce sujet s’étaient un temps limités à Lucan, au début et à la fin… En dehors de cela… Et bien, j’avais eu la chance de pouvoir choisir et de ma foi ne pas avoir à me forcer, loin de là.

Mais passons. Ses questions, bien que semblant anodines, me permettent de placer ma rencontre avec le roi et le fait que je le connaisse depuis longtemps. Ce qui, dans leurs cerveaux embrumés, ne semblent pas avoir les effets immédiats escomptés. Ou du moins, pas aussi rapidement que souhaité.
L’un d’eux reprend la parole, s’adressant à la femme. Mathie donc. Dire à qui ? Je hausse les sourcils, mais elle répond d’elle-même à mon interrogation, prenant un air exaspéré. Le Roi ? Ses employés ? Je la dévisage un instant. Elle me semble pourtant jeune pour pouvoir tenir le rôle de maquerelle non ? A moins qu’elle soit plus âgée qu’elle ne le paraisse, mais les filles de joies ne se conservent pas aussi bien d’ordinaire. Et en quoi Torrhen pouvait-il la connaître ? Certes, s’il voulait quelqu’un pour lui tenir compagnie, il devait la connaître, ne serait-ce que pour avoir ce qu’il souhaitait. Mais je ne l’avais point rencontré avant, malgré mes visites en ville. Se cachait-elle ? Ou bien… Oui, peut-être faisait-elle partie de celles qui avaient accompagnées les soldats. Sans doute même si elle était responsable des autres filles. Mais les bleus… Qui donc oserait s’en prendre à celle qui pouvait lui refuser accès à ses catins ?  
Elle poursuit avec les hommes, qui semblent à présent embarrassés et quelque peu anxieux. Echange que je suis, non sans cesser de me questionner. Bon, ce n’était point une noble, pas plus qu’une paysanne. Et elle tenait la maison close de Winterfell… apparemment. Connait-elle vraiment le roi ?  Je veux dire, vraiment, plus que pour un simple échange d’or et de filles ? Aux dires des soulards et au vu de ses réponses, il semblerait que oui, ils devaient discuter. En était-elle proche ? Ce serait amusant de le savoir tiens. Je hausse un sourcil. Elle ne semble en tout cas guère embarrassée de son statut. Assez sûre d’elle pour ne pas se sentir mal à l’aise face à une noble. Ou assez pour le cacher, je ne sais trop. Toujours est-il que c’est surprenant. Plaisant, peut-être, distrayant sans aucun doute.

Je lui rends son regard, un rien amusé alors qu’elle finit son petit discours, m’offrant de nouveau la possibilité de faire réfléchir et partir ces hommes pour de bon. Je les dévisage, la tête haute, et soupire d’un air contrarié.

« Il n’est rien arrivé de fâcheux… Je pourrais faire de cet indicent un mauvais souvenir, que je garderais pour moi. »

Sur un vague signe de tête, ils font demi-tour, avançant comme ils peuvent, en direction du bordel donc sans doute. Je secoue la tête et soupire. Stupidité masculine.

Je me tourne vers la… dame, Mathie donc, un léger sourire amusé sur le visage.

« Je vous remercie pour votre intervention Ma Dame. J’aurais sans doute eu davantage de mal à me débarrasser de ces hommes sans vous. »

J’incline doucement la tête.

« Beaucoup auraient simplement passés leur chemin. »

Sans doute à commencer par moi, je le crains. Mais que voulez-vous, je n’ai guère à faire de sauver des inconnues… Quoiqu’une dame de la noblesse, j’y aurais sans doute réfléchi… Je serais allée chercher la garde tout du moins.

« Je suis Lady Corbois, comme vous avez pu le deviner. » Je souris. « Et vous êtes donc Mathie c’est bien cela ? Je n’ai pas l’honneur de vous connaître, mais j’en serais ravie, je tiens à vous remercier. »

Et peut-être pourrais-je ainsi apprendre ce que signifiaient les regards et les paroles de ces hommes. Ainsi que la place que vous occupez pour le roi, s’il y en a une autre en dehors de tenancière de bordel.
Il est toujours utile de savoir à qui l’on a affaire n’est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Mer 6 Jan - 15:47


J’essayais de rester aussi calme et détendue que possible, tout du moins en apparence, me rappelant brusquement et non sans amertume que j’étais effectivement douée pour le mensonge et la dissimulation. Dans l’immédiat, cela m’arrangerait fortement, surtout si ces soldats abrutis par l’alcool craignaient suffisamment les conséquences pour laisser la lady en paix. C’était ce qui importait le plus, pour elle comme pour moi.

Elle semblait avoir compris les enjeux et guettait nos échanges, alors que les soldats se faisaient plus hésitants. Impossible de ne pas sentir son regard peser sur moi alors que je les sermonnais sans scrupules. L’espace d’un instant, je l’imaginais juger chacune de mes paroles, ce que je pouvais représenter pour des femmes comme elle mais je n’en avais cure. Il y avait longtemps que ce genre de considérations ne me touchait plus et c’était nécessaire si je voulais m’en sortir sans trop de dommages. Pour autant, elle ne semblait ni choquée ni prête à enfoncer le clou alors qu’elle rebondissait à chacune de mes répliques la concernant.

Je réprimais un sourire en coin à son soupir et me contentais de hocher la tête lorsque les soldats se tournèrent une dernière fois dans ma direction. Je les toisais de bas en haut, bras croisés, alors que j’arquais un sourcil sceptique.

"Ouste, avant qu’elle ne change d’avis. Ou que je ne décide que vous méritez une vraie punition."

S’éloignant sans demander leur reste, je les fixais quelques instants pour être bien sûre qu’ils ne changeraient pas d’avis et me demandant comment allait se passer la suite des évènements. J’attendais sans rien dire qu’elle reprenne la parole, pour voir ce qu’elle dirait et, surtout, de quelle façon. Elle aussi les regardait partir, probablement rassurée de voir que tout semblait se passer comme espéré.

Je laissais filer, plus pour moi-même qu’autre chose alors que je secouais la tête.

"Heureusement qu’ils ont déjà probablement dépensé toute leur solde. Ils seraient capables de s’enivrer jusqu’à en mourir s’ils le pouvaient. A croire qu’ils ne retiennent jamais la leçon."

Quand lady Corbois reprit alors la parole, j’esquissais un sourire amusés que je ne cherchais même pas à cacher au « ma dame » qu’elle m’adressa alors qu’elle reportait son attention sur moi. Voilà qui était pour le moins original et je secouais légèrement la tête en réponse.

"Nul besoin de me remercier. Je sais pertinemment que d’autres auraient passé leur chemin mais, outre le fait que ce n’est pas dans mes habitudes de faire mine d’ignorer ce qui se passe autour de moi, je m’en serais voulue si vous aviez été molestée à cause de soldats frustrés et trop ivres pour savoir à qui ils ont affaire."

Surtout que je l’aurais probablement payé au centuple et, au vu de l’atmosphère actuelle, je n’avais pas particulièrement envie de m’essayer une nouvelle fois au courroux royale. Je ne m’en étais déjà pas si mal sortie au vu de nos derniers échanges, inutile d’en rajouter.

"Mathie Rivers. L’usage veut que je me dise enchantée de vous rencontrer c’est bien cela ? Je n’ai guère l’habitude de ce genre de situation, d’autant que les femmes de noble rang auraient plutôt tendance à me fuir qu’à vouloir faire ma connaissance."

Mon sourire se fit plus mutin. L’attitude de la lady était pour le moins inhabituelle. Je m’étais attendue à ce qu’elle file sans demander son reste, me lançant au mieux une pièce pour me remercier et, au pire, me menaçant si je parlais de cette histoire à quiconque. Je repris alors, mon regard se faisant malicieux.

"Vous avez probablement brillamment deviné ce que je fais pour vivre. Vous êtes vraiment sure de désirer continuer cette conversation ?"

Si c’était vraiment le cas, outre le fait que cela me changerait probablement les idées, il faudrait surtout éviter de le faire dans cette ruelle pour le moins sordide. Il y avait nombre d’auberges qui ne demandaient qu’à nous vider les poches non loin d’ici mais je ne m’attendais guère à une proposition de la sorte. Je continuais alors de la fixer, non sans cacher ma curiosité ni mon amusement.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Dim 10 Jan - 20:48

J’avais appris depuis longtemps déjà que toute rencontre peut-être bénéfique pour peu que l’on sache tirer son épingle du jeu et en tirer profit. Je ne savais certes pas encore comme ma rencontre avec visiblement la maquerelle du coin allait pouvoir me servir, mais ne rien négliger faisait partie du jeu et je jouais fort bien en général. Et quoiqu’en pense les bonnes gens et les prudes dames de mon entourage, il était toujours utile de connaître ces filles et il n’était jamais mauvais de bien s’entendre avec.
Pour le moment, qui plus est, elle m’aidait à me débarrasser de ces sombres idiots de gardes, et la situation m’amusait. Enfin, maintenant que j’étais quasi certaine qu’ils allaient s’en aller du moins. Ils finissent par tourner les talons et je secoue la tête avant d’esquisser un sourire. Je me tourne vers elle alors qu’elle reprend la parole.

« Oh, ils ne le font jamais, de retenir la leçon. Les hommes, pour la plupart, sont encore plus idiots que vous ne pouvez l’imaginer très chère croyez-moi… Et ceux-là mourront plus certainement à cause de l’alcool qu’à cause d’une attaque de sauvageons. »

Son sourire amusé répond au mien, sans doute à cause de mon appellation aussi. Mais après tout, elle m’avait été secourable. Non ?
Je la fixe alors qu’elle me répond. Certes, si cela avait été trop loin, il y aurait sans doute eu moyen de le reprocher à quelqu’un en particulier. Mais à elle ? Oh, peut-être… Vu qu’ils m’avaient pris pour une putain, peut-être que… Je ne sais. Et honnêtement, je m’en fiche totalement.

« Certes. Mais il n’en reste pas moins que je vous en suis redevable, vous avez tout de même pris des risques. »

Je lui souris. Car ces hommes auraient au final aussi bien pu s’en prendre à elle vu l’état dans lequel ils étaient. Mais je ne me plaindrais point de son intervention. Je me présente, même s’il n’y en a guère besoin à présent. C’est un moyen comme un autre d’entamer la conversation et de faire sa connaissance. Et elle m’amuse. Tout comme je semble l’amuser. Devrais-je m’en offusquer ? Non, au vu de ce qu’elle dit, il semblerait que je sois simplement moins facilement offusquée que le reste des Dames.

« L’usage n’a point vraiment sa place dans une telle rencontre, mais oui, ce serait une phrase adaptée. »

Je souris tout aussi espiègle qu’elle.

« Les femmes de noble rang se scandalisent à votre simple vue, c’est cela ? A jouer les biches effarouchées, comme si elles demeuraient aussi pures que la  Jouvencelle des sudiens…
Peut-être que si la moitié d’elle se montraient moins austères avec leur époux n’auraient-elles pas à subir votre présence… »


Ou pas. Bien que cela ne soit guère une pensée que je cache réellement, et qui ne soit fausse, je me retiens de grimacer. Peut-être devrais-je me montrer un peu plus offensée quant à moi vis-à-vis d’elle … Les rumeurs vont si vite. Je doutais même que cette entrevue, si je la poursuivais, resterait longtemps secrète. Mais je pourrais toujours targuer le fait qu’elle m’avait sauvée du déshonneur complet.
Elle reprend la parole, toujours amusée.

« Je suis particulièrement perspicace, je pense donc avoir trouvé effectivement. »
Je la dévisage un instant. « Et je devrais tout comme les autres femmes me sauver en courant maintenant, n’est-ce pas ? »

J’inspire profondément, sans pouvoir masquer l’amusement dansant dans mes prunelles.

« Toutefois… J’ai besoin de me remettre de toutes ces terribles émotions que je viens de vivre. Et je crains de m’aventurer seule dans ces ruelles à présent.
M’accompagneriez-vous à l’auberge située un peu plus loin ? Celle avec la devanture bleue, je ne me souviens plus du nom. On y mange relativement bien, et ils ont de délicieuses liqueurs. Je serais ravie de pouvoir au moins vous remercier un tant soit peu ainsi. »


Et je la fixe à mon tour, amusée à mon tour. Avant de faire un pas dans la direction de l’auberge.

« Trêve de bavardages inutiles. Il fait froid. »

Et je me dirige vers le bâtiment.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Mer 13 Jan - 13:33

Si j’avais toujours eu tendance à me méfier des rencontres au hasard, j’avais durement retenu la leçon suite à mon tête à tête avec Arya à Goëville que je soupçonnais tout de même de ne pas être entièrement dû au hasard, j’étais pour une fois encline à me laisser porter et à voir ce que cela pourrait donner. Après tout, le danger était écarté et ces soldats étaient trop stupides ou trop ivres, voire les deux, pour songer à nous tendre une embuscade au bout de la rue. Ils devaient s’être écroulés quelques rues plus loin et je leur souhaitais vaguement de ne pas mourir de froid avant d’être en état de repartir, n’ayant pas particulièrement envie de perdre des clients qui ne savaient pas garder une bourse fermée.

J’esquissais un sourire amer à sa remarque, fixant la lady quelques instants avant de rétorquer, d’un ton léger qui contrastait avec le sérieux de mes propos.

"Oh j’ai vu suffisamment de choses pour ne pas avoir besoin de faire jouer mon imagination dans ce domaine. Je crois que j’ai eu ma dose de stupidité masculine même si je me dis tous les jours qu’il est encore possible de faire pire visiblement."

Je levais les yeux au ciel, comme pour appuyer le reste de ses propos avant qu’elle ne me remercie. Je n’y tenais pas particulièrement, n’ayant pas besoin de ce type de reconnaissance pour satisfaire mes journées. Pourtant, elle se sentait visiblement la nécessité d’insister et je rétorquais alors, avec un haussement d’épaules.

"C’est vrai. L’essentiel est que nous nous en tirions à bon compte toutes les deux et qu’il n’y ait rien à déplorer."

La curiosité qu’elle faisait preuve à mon égard, n’essayant même pas de la cacher, et cette absence de mépris, tout du moins visible, avait quelque chose d’intrigant et, ma foi, d’amusant. C’était un peu étrange de penser ça mais, après tout, je n’étais guère habituée à voir les dames de haute naissance faire autre chose que passer leur chemin lorsqu’elles avaient la malchance de me croiser.

"Il est vrai que là, nous sortons quelque peu de l’ordinaire. Mais vous avez particulièrement bien cerné la chose. Je représente quelque chose qui les dérange fondamentalement, que ce soit parce que leurs hommes viennent trouver chez moi ce qu’elles ne leur offrent pas ou, tout simplement, parce que ce genre de besoins existe."

Je laissais échapper un bref haussement d’épaules avant de reprendre, du même ton léger.

"Je ne saurais dire si un réel changement dans leur comportement serait efficace, mais il serait en tout cas particulièrement mauvais pour le commerce. Laissez-les donc s’offusquer et ma bourse se garnir en conséquence."

Je ne retins pas mon rire à sa répartie. Sa façon de dire les choses était pour le moins originale et, autant l’avouer, plutôt amusante.

"Et bien, vous pourriez craindre qu’on nous voit discuter ensemble et qu’on se fasse des idées à notre propos. Parce que vous pourriez être en train de demander mes services, de me houspiller parce que j’ai justement usé d’eux auprès d’un de vos proches dont la vertu aurait du demeurer intacte… ce genre de choses. Les rumeurs vont vite et l’imagination des gens est parfois sans limite."

Elle reprit alors, trouvant sans difficulté une répartie diplomate qui ne pouvait que m’amuser, surtout au vu des circonstances. Mon sourire se fit plus large alors que je hochais la tête, la mine faussement sérieuse.

"Oh je vois. Je comprends tout à fait votre inquiétude et il serait malvenu de ma part de vous laisser errer de la sorte sans prendre le temps de m’assurer que vous êtes parfaitement remiser et qu’il ne vous arrive rien."

Je laissais filer un silence avant de reprendre, plus malicieuse.

"Je crois avoir récité le bon texte, n’est ce pas ? Toujours est-il qu’un repas et un bon verre en votre compagnie ne seraient, à la réflexion, pas de refus."

Je n’eus de toute façon pas le temps d’en dire plus qu’elle se dirigeait vers ladite auberge. J’étais curieuse de voir la mine du tenancier quand il nous verrait entrer toutes les deux. S’il m’avait déjà vue à plusieurs reprises, que ce soit sur son terrain ou le mien, je n’étais pas persuadée que c’était le cas pour lady Corbois. Et encore moins en compagnie d’une catin tout juste promue mère maquerelle du plus gros bordel du coin.

"Au moins, on peut dire que vous êtes quelqu’un de décidé."

Je la suivis pourtant sans me faire prier. Il faisait froid, je n’avais guère envie de rentrer chez moi et, autant le dire tout de suite, j’étais tout de même quelque peu intriguée par son comportement.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Dim 17 Jan - 21:37

Je la dévisage, et un léger sourire désabusé apparaît à son tour sur mon visage.

« Oui, je ne doute pas que vous ayez eu votre lot d’imbécilités, peut-être même encore davantage que moi. Et il faut effectivement croire que celle-ci est semblable à un puits sans fond chez la plupart d’entre eux… »

Je la remercie, parce quelle que soit sa position ou son rôle, il n’en est pas moins vrai qu’elle vient de m’éviter beaucoup plus que quelques ennuis. Elle se contente pourtant de hausser les épaules, ce qui me fait sourire.

« Certes, vous avez raison. »

Et il est vrai que je dois me montrer beaucoup plus agréable et loquace à son égard que les autres dames de la cour. Peut-être devrais-je me montrer plus prudente, même s’il est plus ou moins connu que je suis beaucoup moins craintive et tourmentée que peuvent l’être les autres pour si peu. Qui plus est, je n’ai jamais été réservée et mesurée, je ne commencerais certainement pas aujourd’hui.

« Stupidités. Ce genre de besoin existe aussi bien chez les femmes que chez les hommes, mais il ne fait pas bon d’en parler pour la gente féminine. Grand bien leur fasse de jouer les prudes. »

Pour ma part, j’aime autant en profiter.
Mon sourire se fait plus grand alors que Mathie revient aux conséquences si tout le monde en faisait autant.

« Oh, il n’était pas dans mes intentions de changer quoi que ce soit à leur comportement, n’ayez crainte.
Par quelques mots, j’apparais déjà souvent comme trop désinvolte, je ne me risquerais pas à paraître totalement dépravée et impure aux yeux de mes égaux… »


Et pour se faire, je devrais sans doute esquiver une telle conversation gênante. Ce qui a le mérite de la faire rire. Un rire somme toute agréable et bienvenue. Mon sourire s’agrandit à sa réponse.

« Il est vrai que les rumeurs iront bon train demain. Autant les laisser parler, seuls ceux qui s’ennuient dans leur morne vie y prêtent attention.
Je n’ai personne dont la vertu se doive de rester intacte, mon fils est assez bien en âge pour faire ce qu’il souhaite. Il n’est ni promis, ni fiancé. Et c’est un homme, cela n’est donc guère gênant. »
Je la dévisage, amusée. « Proposez-vous donc vos services aux femmes également ? »

Cela serait-il mieux vu que l’on me surprenne avec une femme? Certes non, ce serait même pire. Au déshonneur se rajouterait l’ignominie de partager la couche d’une autre femme, une catin de surcroit. Enfin, cela ne m’avait point empêché d’essayer également. Il faut avoir l’esprit ouvert n’est-ce pas ? Et ma foi, c’était pour le moins agréable. Oui, je le regretterais dans l’après-vie, blablabla.
Toujours est-il que je saurais dans l’immédiat me dépêtrer d’une telle situation par quelques paroles et mines apeurées.
Je ris à mon tour.

« C’était parfait. A croire que vous avez répété ce texte pour le parfaire.
Et votre sollicitude à mon égard est touchante. Je ne puis faire autrement que de vous suivre et de patienter avec vous le temps que mes nerfs se remettent. »


Je souris en hochant la tête.

« Tant mieux alors. J’aurais dû m’offusquer si vous aviez refusé d’être vue en ma compagnie. »

Je prends la direction de l’auberge, me tournant vers elle alors qu’elle me suit.

« Il le faut bien ma chère. Ce n’est pas en se contentant de hocher bêtement la tête que l’on obtient ce que l’on désire. » Je souris. « J’ai toujours aimé obtenir ce que je convoitais. Et j’ai toujours convoité beaucoup. »

Je hausse les épaules. Ça non plus, ce n’était guère un secret. Même si mes souhaits d’autrefois ne sont plus ceux d’aujourd’hui il est vrai. Et même si aujourd’hui, j’aurais donné beaucoup pour avoir ce que j’aurais peut-être pu avoir autrefois. Passons.
J’entre dans l’auberge, regardant autour de moi, alors que les quelques clients déjà présents me dévisagent. Certains surpris, d’autres offusqués ou choqués je ne saurais le dire. Il est vrai que nous ne formons pas vraiment un duo habituel. Un sourire discret se dessine sur mes lèvres.

« Mad… Mesdames. Que puis-je vous servir ? »

Je me tourne vers la jeune serveuse qui me fait face, elle aussi quelque peu surprise. Je retiens un soupire.

« Une bouteille de liqueur de mûre et une de châtaigne s’il vous plait. Quant aux repas… » Je me tourne vers Mathie, interrogative. « Vous choisissez. »

Sans attendre, je vais m’installer à une table, aussi éloignée que possible des autres, non sans avoir quelque peu nettoyé la chaise. Je retire mon manteau, que je pose précautionneusement sur la chaise à mes côtés. J’attends que Mathie me rejoigne, avant de lui sourire, à nouveau taquine.

« Nous faisons effet. Vous entendrez certainement plus de murmures que moi à ce sujet, mais je serais fort amusée de les connaître, il vous faudra me les apprendre. »

Je m’adosse à la chaise, replaçant mes cheveux tant bien que mal, continuant sur le même ton amusé.  

« Alors, dites-moi Mathie, je suis ici depuis des semaines et je ne vous avez point encore vu, alors qu’il semble que vous ayez un poste… relativement important. Où étiez-vous cachée ? »


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Jeu 21 Jan - 15:09

Son sourire désabusé faisant quelque peu écho au mien, impossible de ne pas la dévisager, non sans une pointe d’amusement.

"J’avoue, j’espère pour vous en avoir vu davantage, surtout lorsque l’on sait que je suis habituée à croiser des hommes comme ceux que nous venons de voir. Mais ils savent parfois se montrer effectivement encore pires qu’imaginés."

Je grimaçais un peu à cette pensée, laissant filer un instant de silence alors qu’elle semblait enfin décidée à cesser de me remercier. Il était inutile de s’appesantir sur le sujet, le plus important était tout de même qu’elle soit en état de me remercier et d’être à même de mener cette conversation sans avoir envie de hurler au viol ou à je ne sais quelle sottise du même genre qui m’aurait valu un sale quart d’heure, je pouvais en être assurée sans avoir à trop m’avancer.

Je laissais filer un rire à sa répartie concernant les femmes et je la fixais, un rien curieuse. Qu’elle semble différente des nobles que j’avais pu croiser était une chose, mais qu’elle parle aussi librement avait quelque chose de surprenant.

"Je ne vous envie guère. Il est vrai qu’il est mal vu pour les femmes d’avoir ce genre d’envie. Vous ne semblez être destinées qu’à enfanter quand nous sommes là pour leur bon plaisir. A croire que le nôtre est inexistant même s’il ne m’est guère difficile de rappeler le contraire."

Enfin, pour cela, il aurait fallu que ce besoin existe pour moi ces derniers temps. Et, autant être honnête, ce n’était pas vraiment le cas. Si j’avais une envie presque viscérale de retrouver la couche du nordien, je m’efforçais de l’ignorer soigneusement, me focalisant plutôt sur le peu de goût que j’avais eu à passer la nuit avec Conrad. Son sourire se fit plus large au reste de mes propos et je haussais les épaules à sa répartie, chassant ces idées de mon esprit.

"Vous, désinvolte ? Je suppose que vous ne tenez tout de même pas ce genre de discours au tout-venant non ? Et puis, j’aime autant que mon gagne-pain soit assuré suffisamment longtemps pour que je prenne ma retraite. Mais après, les choses pourront changer sans que j’y oppose, bien au contraire."

Etonnamment, ses propos avaient le mérite de me faire rire. Et voilà quelque chose qui n’était pas fréquent ces derniers temps. J’en avais même presque oublié à quoi mon propre rire pouvait ressembler, tant j’étais occupé à trouver comment survivre au mieux à la tempête que j’affrontais depuis des mois maintenant.

"Les rumeurs… voilà bien une chose qu’il est impossible de maitriser, qu’elles soient fondées ou non. Mais, en ce qui me concerne, cela m’importe peu. Et vous non plus visiblement. En tout cas, je n’ai jamais proposé mes services à une femme. Enfin exclusivement. Je pense que c’est quelque chose de plutôt rare, sans trop vouloir m’avancer, non ?"

J’en étais même certaine. En tout cas, dans cette région, je pense que l’idée était tout bonnement inconcevable et qu’aucune femme ne s’y était aventurée. En tout cas, je n’en avais jamais eu vent, même si ce n’était pas le genre de choses qui m’intéressait particulièrement. Son rire fit écho à mes propos et je soufflais, d’un ton sérieux que démentait mon regard pétillant.

"C’est donc un véritable devoir de vous tenir compagnie, surtout pour vos pauvres nerfs. Je suis une femme, je comprends tout à fait ce genre de problèmes."

Je lui décochais alors un clin d’œil avant de reprendre, d’un ton amusé.

"Oh que l’on parle de moi est toujours bon pour les affaires. Et être vu avec une noble que bien des hommes aimeraient mettre dans leur lit dans une auberge, voilà qui ne peut qu’être bénéfique, alors je ne vois pas pourquoi je refuserais, n’est-ce pas ?"

Elle ne me laissait de toute façon guère le choix, sauf si je voulais rester en arrière. Et, pour l’heure, ce n’était pas dans mes attentions. Sa réplique me laissa quelque peu songeuse. Convoiter beaucoup, voilà qui pouvait tout et rien dire. Personnellement, je me contentais de me maintenir en vie et c’était déjà un exercice plus que périlleux. Est-ce que cela pouvait entrer dans cette catégorie ?
Difficile à dire et la lady était probablement l’une des dernières personnes à qui je pouvais poser cette question. Je me contentais alors de souffler, à mi-voix, alors que nous étions à l’entrée de l’auberge, les sourcils froncés.

"Il parait qu'il ne faut pas trop convoiter au risque de perdre bien plus que ce que l’on voulait.Enfin tout doit dépendre de sa propre situation."

Evidemment, les regards s’étaient tournés vers nous. Je laissais filer un sourire amusé, fixant l’aubergiste longuement dans les yeux. Il ne lui fallut qu’un battement de cils pour me reconnaitre et pour se rappeler de la discrétion qui devait être de mise entre nous. Cillant, il se contenta de hocher la tête aux propos de lady Corbois avant que je ne reprenne, d’un ton léger.

"S’il reste de ce délicieux ragoût, ce sera parfait. Avec du pain."

Rien de bien raffiné mais je supposais qu’elle se douterait qu’ici, elle n’aurait de bien élaboré. Mais c’était bon et consistant, le reste importait peu. Je m’installais alors en face d’elle, laissant filer un sourire.

"Oui, il est certain que j’aurais des échos pour le moins intéressant. Je suis sure de savoir ce qu’ils diront. A votre avis ?"

Il pourrait se dire bien des choses et je savais que, dès ce soir, j’aurais probablement des nouvelles de mon petit tête à tête dans l’auberge. Restait à savoir de la part de qui.

"En même temps, c’est plutôt une bonne chose que vous ne m’ayez pas encore vue. Cela veut dire que je fais bien mon office non ? Une mère maquerelle qui se baladerait dans les rues ou dans le château comme si tout lui appartenait serait plutôt mal vu non ?"

Je laissais filer un instant de silence avant de reprendre, la mine un rien plus sérieuse.

"A dire vrai, pour être honnête, nous sommes rentrés depuis quelques semaines à peine. Et beaucoup de choses sont arrivées d’un bloc. Il y a un monde fou à Winterfell, difficile de savoir où donner de la tête. Et, je ne sais pas vous, mais j’imagine mal une femme dans ma position se présenter officiellement à la cour…"

J’avais fini par me faire mutine à nouveau. Bien évidemment que j’étais allée au château mais je préférais oublier ces épisodes pour le moins désagréables pour ne pas dire totalement désastreux.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Mer 27 Jan - 11:27

J’ai un léger rire.

« Certes. Mais je ne vous apprendrais point que même les nobles peuvent se montrer stupides, et qu’il n’y a guère plus arrogants qu’eux. Je crois que ça se vaut… »

Si encore les actes puérils et idiots étaient l’apanage des gens du peuple… Malheureusement, cela n’était aucunement lié au statut des personnes et grand nombre de nombre de personnes de mon entourage pouvaient entrer dans la catégorie. Hommes comme femmes d’ailleurs.
Elle rit à son tour, et mon sourire se fait à nouveau désabusé.

« Oui, il semblerait. Le plaisir des femmes, quelles qu’elles soient, ne doit pas être. Un des pires secrets existants… C’est bien malheureux si vous voulez mon avis. »

Si les hommes savaient ce qu’ils gagneraient en y portant attention. Et si les femmes le savaient elles… Ils en seraient tous plus heureux et satisfaits sans nul doute. En attendant, ce n’était aucunement mes affaires et je n’en avais cure. Je savais, moi, m’y prendre et ce qu’il fallait pour me satisfaire, et c’était bien là le principal.

« Non. Je fais une exception pour vous. Car vous êtes étrangement plus à même de comprendre cela. Mais il m’arrive parfois de mentionner que les femmes peuvent aussi… prendre du plaisir à ce que leur offre leur époux. Il faut croire que cela est suffisant pour me pointer du doigt.
Ne vous en faites pas, les choses resteront telles qu’elles sont. »


Je souris en l’entendant rire et hoche la tête.

« Cela m’importe peu, voire pas du tout effectivement. Mais il me faut tout de même prendre garde que cela ne s’amplifie pas outre mesure. Ma réputation et mon honneur y sont malgré tout soumis, malheureusement. Mais je devrais supporter notre rencontre. » Je souris, amusée. « Oui, je pense aussi. Il est déjà surprenant en soi que des… couples puissent mander vos services. »

Enfin, surprenant… Dans le royaume, rares, très rares devaient être les femmes acceptant ce genre de fantaisies de la part de leur époux. Même ailleurs. Alors ne parlons pas de celles qui auraient pu être tentées seule. Je souris en me disant qu’encore une fois, j’étais une exception à ce sujet.
Et là voilà qui poursuit en jouant son rôle de demoiselle voulant m’aider à surmonter cette épreuve. Je hoche la tête d’un signe d’assentiment, un léger sourire aux lèvres. Je hausse les sourcils.

« Me mettre dans leur lit ? Pour ce que je représente ou parce que je suis encore fort jolie ? Mais oui, cela doit faire jaser et par conséquent attirer la curiosité, ce qui est effectivement une bonne chose dans votre métier. »

Je me tourne à moitié vers elle alors que nous arrivons à l’auberge, avant de l’observer et de reprendre sur le même ton qu’elle.

« Certes. Quelle que soit sa situation croyez-moi. Mais à ne rien convoiter, combien passent à côté de leur désir et de leur vie ?
Il faut apprendre à jouer subtilement, tout le secret est là. »


Bon, certes, je ne l’étais pas toujours subtile. Mais je savais l’être quand je le désirais.
Je laisse passer les regards et interrogations muettes de l’assemblée, avant de commander et d’aller m’assoir, suivie de près par Mathie.
Je jette un coup d’œil autour de nous, reprenant d’un air détaché.

« Qu’une noble souhaite s’essayer à de nouveaux horizons. Ou qu’elle monnaie pour la virginité de son fils adoré. Principalement. La deuxième version est moins amusante, mais me serait moins préjudiciable. »

Je souris et l’interroge. J’approuve d’un signe de tête.

« Certes. Il serait malheureux que vous manquiez de travail au point d’avoir trop de temps à perdre… Quant à vous promener au château, tout dépend de votre clientèle en vérité. »

Je l’observe avant qu’elle ne reprenne, plus sérieusement. Ainsi, elle accompagnait les soldats… Une serveuse apparait et dépose rapidement la commande, nous dévisageant malgré tout tour à tour. Je la fixe et lui sourit, même si mes yeux restent froids. Elle finit par se sauver.

« Vous étiez avec le roi et son armée ? » Je penche la tête sur le côté. « Cela a dû être particulièrement difficile. »

Je m’empare de la mirabelle et nous sers.
« Quant au monde actuellement présent, j’avoue que je m’y perds moi-même, alors que je connais la plupart depuis des années… » Je souris en réponse à son air mutin. « Vous devriez pourtant avoir une clientèle plus qu’intéressante là-bas… »

Je souris et la dévisage. Ce n’était peut-être pas des paroles en l’air, tout à l’heure. Quoique non, forcément, vu que les hommes le savaient…

« Vous connaissez donc réellement le roi ? »

Ma question contient assez de sous-entendus dans l’intonation pour qu’elle comprenne, d’autant plus qu’elle n’a point l’air sotte.
Je m’empare de la mirabelle et nous sers. Je lui tends un verre avant de lever le mien.

« A votre réussite Mathie. Que tous ces hommes frustrés trouvent réconfort près de vous. »

Je lui offre un grand sourire amusé, avant de boire quelques gorgés.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Mer 17 Fév - 9:52

Lui rendant son sourire, je laissais échapper, avec un léger haussement d'épaules.

"Il est vrai que les nobles peuvent se montrer d'autant plus stupides qu'on attend généralement d'eux un comportement un peu plus exemplaire. Le contraste est encore plus violent que lorsqu'un soldat ivre se permet d'agir comme nous avons pu le voir. Là au moins, c'est ce qu'on attend de lui et il n'étonnera personne en essayant de voir sous le corset de la première donzelle qui en vaut la peine. Sans offense pour vous bien évidemment."

Mon sourire se fit plus large au reste de ses propos. J'avais au moins cette liberté-là, quand bien même je devais faire semblant plus souvent qu'à mon tour. Celle de ne pas cacher ce qui me plaisait ou non.

"Un secret pour le moins bien gardé quand j'y pense. Nombre de jeunes gens ne semblent même pas savoir qu'une femme peut avoir des besoins lorsqu'ils passent notre porte, voilà qui aurait le mérite de vous faire revoir certaines méthodes d'éducation."

Je m'étais faite amusée, essayant d'imaginer le genre de leçons que pourrait donner un mestre ou une septa à une jeune fille à ce propos. Retenant de pouffer de rire de justesse, je reportais à nouveau mon attention sur la lady, mon regard se faisant pétillant de malice quand elle m'évoqua comme une exception.

"Quelle drôle d'idée de pointer ce genre de choses à haute voix. Voilà bien quelque chose que je n'avais encore jamais entendu. Mais vous semblez totalement sortir des sentiers battus à dire vrai. Je ne pensais pas avoir un jour ce genre de conversation, surtout dans une ruelle après une telle altercation. Comme quoi, je peux encore être surprise malgré tout ce que j'ai pu voir, c'est plutôt une bonne chose à bien y réfléchir."

Je hochais la tête, laissant filer un silence quand elle évoqua les rumeurs et le fait de ne pas les amplifier. J'avais jusqu'à présent réussi à maitriser chaque rumeur me concernant, en tout cas j'essayais de m'en persuader. Même les dernières en date, concernant mon passage dans le lit de Conrad jouaient pour le moment en ma faveur, contre toute attente. Mais c'était un jeu dangereux, un de plus, auquel il fallait que j'évite de jouer trop longtemps.

"Je ne peux qu'être d'accord avec vous. Enfin, je ne peux pas vraiment parler de mon honneur mais j'ai tout de même une réputation, bien qu'elle n'ait pas du tout la même signification que pour vous."

Si j'avais été sérieuse l'espace d'un instant, je retrouvais ma bonne humeur, écartant autant que possible les pensées sombres qui continuaient de s'accumuler dans un coin de mon esprit.

"Bien, je m'en voudrais que vous ne soyez plus à même de supporter ma présence. Vous vous êtes faite trop intéressante pour que je vous abandonne ainsi à votre triste sort. Et pour répondre à votre question, il est déjà arrivé que des couples fassent ce genre de demandes. Il faut de tout pour satisfaire les gens. Il faut y voir le coté positif, au moins les hommes pensent alors au plaisir de leur épouse. Ou à doubler le leur, allez savoir."

J'arquais un sourcil avant de laisser filer un rire à son interrogation.

"Probablement les deux ma lady. Vous avez l'avantage d'être à la fois belle et noble, autant que j'en profite un peu non ?"

Alors que nous approchions de l'auberge, sa réplique me laissa songeuse une fois de plus.

"Le désir est parfois incompatible avec bien des choses ma lady. Et à trop convoiter c'est là que l'on risque le plus."

Une fois installées, ses idées quant à sa possible présence ici m'arracha un rire et je laissais filer quelques secondes avant de répondre, non sans malice.

"Et bien au moins, je pourrais m'estimer flattée que vous ayez décidé de découvrir de nouveaux horizons en vous adressant à moi. Quant à la deuxième idée. Je peux tout à fait trouver la personne parfaite pour votre fils, pour qu'il y ait une vision des femmes qui puisse se rapprocher de la votre."

Autant l'avouer, je me ferais même un plaisir de lui trouver une jeune femme, ne serait-ce qu'en remerciement de ces quelques moments de répit qui me faisaient oublier mon quotidien pour le moins complexe. Mais, à l'évocation du château et de ce que je pouvais y faire, je me contentais d'un bref hochement de tête, réalisant que j'allais devoir marcher sur des œufs pour éviter des retours pour le moins déplaisants.

"Oh ma clientèle est pour le moins variée. Mais Winterfell a beaucoup de convives ces derniers temps, il convient de les accueillir de toutes les façons possibles."

Et offrir des putes aux invités les plus prestigieux m'avait de toute façon était expressément demandé par Torrhen lors de notre dernière rencontre. Si elle avait mal tourné, je n'avais tout de même pas oublié les engagements auxquels j'étais tenue maintenant que je gérais le bordel le plus réputé. Je savais que j'avais beaucoup à y gagner dans cette histoire même si, au fond, cela ne m'intéressait plus vraiment. Mais il fallait continuer à donner le change. Par habitude. Peut-être qu'à la longue, je finirais de nouveau par retrouver cette envie. Ou pas d'ailleurs, ça n'avait pas vraiment d'importance tant que tout semblait fonctionner à la perfection.

Je hochais la tête au reste de ses propos, laissant échapper une grimace.

"J'étais chargée de la gestion du cortège qui suit les soldats. Putes et autres. J'ai eu la chance de ne pas voir ce qui s'est passé de près. J'ai pu l'entendre, de loin et surtout, j'ai passé les jours qui ont suivi  à faire comme les autres et à soigner les soldats du mieux que je pouvais."

Ces souvenirs étaient encore bien plus vifs dans mon esprit que ce que je pensais. J'avais réussi à les occulter au vu des récents événements mais ils étaient bien là, revenant quand je m'y attendais le moins. Je laissais échapper un soupir avant de reporter mon attention sur lady Corbois et de lâcher un sourire amusé.

"La clientèle est effectivement fort intéressante. Et ils ont besoin de distraction en attendant le mariage. Ils sont un peu moins rustres que les soldats, les filles sont contentes, même si elles ne sont pas habituées."

A sa question, je me contentais de boire une gorgée de mon verre avant de rétorquer, d'un ton malicieux.

"Et vous alors, vous le connaissez vraiment ?"

Si elle voulait jouer, je n'avais pas de problème, mais je n'allais pas lui raconter quoique ce soit, en tout cas, pas aussi facilement.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Ven 26 Fév - 15:44

Comme si les hommes étaient différents qu’ils portent de la soie ou du lin grossier. Mais certes, on pouvait s’attendre à davantage de courtoisie et de savoir-vivre chez ceux bien nés. J’esquisse un sourire et hausse les épaules.

« Je le prends comme un compliment. Même si je me passerais volontiers d’attirer ainsi l’attention de certains, comme dans le cas présent je vous avoue. »

Je réponds à son sourire et à sa réponse par une grimace amusée.

« Je confesse qu’il est bien délicat d’aborder ce genre de sujet lorsque l’on a un fils... J’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises pour lui faire comprendre que les femmes n’étaient pas juste des objets et qu’elles pouvaient également ressentir des besoins et des plaisirs... même s’il s’avérait plus gêné que moi au final… ce qui avait tendance à m’amuser…
Tout cela pour dire que c’était compliqué, même pour moi, qui suis plutôt ouverte d’esprit. Alors je vous laisse imaginer les méthodes d’éducation des autres. »


Je souris grandement. Oui, je m’étais amusée de mon propre fils et de son embarras. Ce n’était point délicat je sais. Mais cela m’avait fait rire, pas devant lui je vous rassure. Et personne n’en parlait, il n’y avait donc là aucune méthode d’éducation. Je pouvais me rassurer en me disant que mes fils seraient parmi les seuls hommes à prêter peut-être attention à la femme en face d’eux.

« A quoi bon fermer les yeux ? J’ai tendance à trouver cela à la fois extrêmement amusant et terriblement inepte lorsque certaines pouffent de rire, en se pensant affreusement sybarites, alors qu’elles parlent des besoins incessants de leur époux… Cela m’attriste parfois pour elle. »

Je hausse les épaules, avant de la fixer.

« Je vous surprend. C’est amusant aussi. Je ne pensais pas non plus surprendre un jour une prostituée... »

Je lui souris. Je ne pensais pas non plus avoir ce genre de conversation il faut bien le dire. Le fait est que je l’aurais probablement remerciée plus que froidement, comme toutes les autres Dames, pour son aide si elle s’était un peu moins…  divertissante et spirituelle dès le départ. Mais elle était plus intelligente et intéressante que ce que l’on pourrait croire de sa part. Un esprit dégourdi était ma foi assez rare pour attirer mon attention, fut-il celui d’une catin.

« Qu’elle n’ait pas la même signification importe peu, cela joue en faveur ou en défaveur quelle que soit le cas… »

Quant à l’honneur… Une femme dans son genre pouvait-elle en avoir ? Elle semblait penser que non. Mais encore une fois, peut-être est-il simplement différent pour elle que pour moi. Mais je ne débattrais pas de cela avec elle, il ne fallait pas trop m’en demander non plus.
Je lui souris, me faisant de nouveau amusée.

« Savoir se faire captivante est un don chez moi. » Mon sourire s’agrandit.
« Sans doute pensent-ils davantage au leur. Mais peut-être suis-je simplement cynique. J’espère que certains pensent réellement à leur épouse. »

Le contraire serait plutôt dramatique et triste. Même si comme dit, dans l’absolu, cela ne me concerne absolument pas, et je n’en ai que faire.

« Profitez donc, vous avez tout à fait raison, il serait stupide de laisser passer de telles aubaines. »

Je souris. Avant de la fixée un instant, pensive.

« Vous avez raison. Mais je reste persuadée que de vivre sans essayer d’obtenir ce que l’on souhaite, sans prendre en compte ses envies et besoins, doit être d’une tristesse… Comme dit, il s’agit de trouver le bon équilibre, même si je suis tout à fait consciente que ce n’est pas toujours évident. »

Je hausse doucement les épaules en la fixant, avant d’esquisser un sourire amusé.

« Qui serait mieux placée que la maquerelle du plus grand bordel du Nord pour cela ? Qui plus est, vous êtes assez jolie et ma foi doté d’un esprit plutôt aiguisé aux premiers abords, c’est assez pour éveiller ma curiosité. » Mon sourire s’agrandit et je me fais songeuse. « Je doute que mon fils apprécie cette idée, mais elle ne manque pas d’intérêt pour être franche. Quitte à faire passer ça pour une rencontre disons fortuite… »

Car s’il avait déjà été embarrassé par des paroles, il le serait tout autant par cela… Mais si cela faisait un rustre de moins en ce royaume et si cela pouvait l’aider par la suite à avoir un mariage relativement plus heureux… Je le ferais sans hésiter.
Je hausse un sourcil, avant de secouer la tête.

« Oui, je ne doute pas qu’il y a énormément de besoins à satisfaire. Et c’est un moyen comme un autre de contenter et de remercier ses bannerets. »

Et de s’assurer en quelques sortes qu’ils ne fassent pas trop de stupidités à côté. Parce que le roi devait s’assurer de loin du bon fonctionnement sans nul doute. Et actuellement, il ne devait guère être évident de répondre à tous, avec la quantité d’invités dont regorgeait Winterfell. Même si dans le fond, cela ne devait guère être différent de l’organisation des récoltes et autres occupations liées à un domaine. Tout n’était que gestion et aménagement après tout.
Je grimace à mon tour, avant d’avoir une moue compatissante.

« Fort heureusement pour vous. Ce genre de choses marque les esprits. » D’autant plus à si grandes échelles… il ne me restait qu’à espérer que Benjen soit assez fort pour le supporter. Mais c’est mon fils, je n’ai sans doute point à m’en faire.  « Oui, je suppose que la plupart des prostituées ont finies en infirmières… même si cela n’est pas la bataille elle-même, c’est parfois tout autant difficile à supporter. »

Entre mon enfance sur l’ile, avec Père et Lyam qui combattait déjà à l’époque, et maintenant Benjen, j’avais eu plus que le loisir de découvrir la joie de s’occuper des blessés. Sans parler de Luncan oui, effectivement… Mais j’avais fini par m’en remettre bien rapidement totalement au mestre le concernant.
Je lui rends son sourire.

« Les hommes ont tout le temps besoin de distractions… Mais tant mieux pour vous et vos filles. Tout le monde y trouve son compte au final… »

Je l’observe, un sourcil haussé et une moue amusé sur le visage, alors qu’elle me retourne la question. Je suppose que cette absence de réponse en est une en elle-même. Maquerelle et putain du roi. Pas si mal comme position.

« Je le connais effectivement. Cela remonte en vérité a de nombreuses années, alors qu’il n’avait pas encore ce poids sur les épaules. Lui et ses frères combattaient au côté des miens sur noter ile, toujours pour repousser les sauvageons. » Je souris. « Mais il y a de nombreuses années que je ne l’avais vu en vérité. »

Je bois une gorgée, avant de retrouver une mine plus espiègle.

« J’ai répondu à votre question alors que vous avez esquivé la mienne, je me permet d’en poser une nouvelle. Que faites-vous si loin de chez vous Mathie Rivers ? »


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Dim 6 Mar - 15:01

La lady ne semblait pas convaincue de la différence entre les nobles et les gens du peuple. A la réflexion, elle n'avait pas tout à fait tort. Si les nobles se faisaient souvent un point d'honneur être le mieux vu possible en public, ils étaient parfois les pires dans la sphère privée, comme s'ils avaient plus besoin que les autres de se défouler. Ayant toujours essayé de fréquenter le haut du panier, qui rapportait bien plus, il ne fallait pas se leurrer, j'essayais tout de même de réprimer un frisson à certains souvenirs qui s'imposaient à moi en cet instant et je me focalisais à nouveau sur la lady, lui rendant son sourire.

"Prenez le pour un compliment ma dame. Je n'en fais déjà pas souvent et les gens n'attirent en général pas mon attention suffisamment longtemps pour que j'ai envie de leur accorder autant de temps."

Je l'écoutais alors qu'elle évoquait son fils, me faisant amusée alors qu'elle parlait des difficultés qu'elle avait rencontrées. Il était vrai qu'au premier abord, je n'avais aucun mal à l'imaginer aborder le sujet mais, à la réflexion, il était plus délicat d'imaginer la réaction de son fils. L'idée m'amusait et je laissais filer, d'un ton léger.

"Quel âge à votre fils au fait ? Il faudra maintenant faire ce qu'il faut pour qu'il mette tout cela en application, avant que d'autres ne lui soufflent des idées bien plus étriquées. Et au final, qu'a-t-il retenu de votre petite leçon ? Mais oui, j'imagine sans mal les autres méthodes qui doivent souvent, pour les femmes, se limiter à écarter les cuisses en silence en espérant que ça ne dure guère."

Je dardais un regard dans sa direction, me demandant comment elle pourrait bien réagir à mes propos quelque peu crus. Si elle semblait ouverte à la discussion, je ne pouvais tout de même m'empêcher de chercher certaines limites.

"Et bien fermer les yeux permet de ne pas s'appesantir sur son propre sort peut-être. C'est parfois ridicule, mais se plaindre de la situation dans le lit conjugal permet souvent de tisser les liens entre certaines femmes. Enfin, je ne sais pas trop. Est-ce que les nobles parlent souvent de ce genre de choses ? J'avoue, je suis curieuse et l'idée de vous imaginer en train de discuter des prouesses de vos conjoints ou amants tout en faisant de la broderie a quelque chose de… particulier."

Je laissais échapper un rire avant de hausser les épaules, la mine malicieuse.

"Et pourquoi ? Vous pensez que les prostituées en ont trop vu pour arriver à être surprises de quoi que ce soit ? Vous savez, la plupart ne sont que des pauvres filles qui ne connaissent pas grand-chose à la vie. Je pense que tout et n'importe quoi peut être source de surprise, ne serait-ce que croiser un soldat qui se lave plus d'une fois par mois et pas uniquement parce que son supérieur l'y a obligé."

Autant être honnête, j'en avais pour ma part vu beaucoup. Beaucoup trop pour quelqu'un de mon âge certainement. Et il fallait vraiment sortir des sentiers battus pour me surprendre. Pour autant, je n'avais pas menti en étant étonnée du comportement de lady Corbois.

Mais, une fois de plus, j'arrivais à capter l'attention d'une personne de haut rang. A croire que j'avais un don pour ça, quand bien même cela avait fini par me porter préjudice à la longue. Et pourtant, je n'arrivais pas à me résigner  et à retourner dans le monde auquel j'appartenais. Non par goût du luxe, au vu de mes revenus, je pourrais vivre largement à mon aise si je retournais vivre dans des milieux bien moins aisés que le mien, mais probablement pour continuer de l'apercevoir, même de loin. C'était stupide, totalement stupide et je chassais rapidement cette pensée de mon esprit avant de souffler, avec un rire.

"Il est vrai que ce sont plus les conséquences qui importent. Et, étonnamment, quel que soit le sens que l'on lui donne au départ, elles seront les mêmes pour tous."

Je la fixais alors, arquant un sourire et mon sourire se faisant plus mutin.

"Alors, j'ai réussi à me montrer suffisamment captivante pour que je puisse le considérer comme un don ? Quant au reste… je pense malheureusement que vous n'êtes pas cynique. Enfin, il est naturel qu'au vu des femmes comme moi ils pensent d'abord à leur plaisir, le contraire est étonnant et particulièrement rare, même s'ils sont flattés de croire qu'ils arrivent à combler leur partenaire, mais j'aurais aimé croire qu'ils avaient plus d'attention pour leur conjointe, qu'elle soit légitime ou non."

Laissant filer un silence, je lui décochais un clin d'œil avant de souffler, la mine complice.

"Et bien, puisque j'ai votre accord, je vais donc en profiter sans vergogne."

La voyant se faire pensive, je fronçais les sourcils, mes pensées faisant probablement écho aux siennes.

"Difficile de chercher un équilibre quand on ne sait peut-être même pas où il se trouve et ce que l'on veut réellement. Certains veulent simplement être heureux, d'autres du pouvoir et d'autres ont des ambitions tellement complexes qu'elles en sont incompréhensibles aux yeux des autres."

Comme celles de vouloir retrouver grâce aux yeux d'un Roi qui ne me pardonnerait jamais alors que tout me poussait loin d'ici. Voilà un exemple qui pouvait en étonner plus d'un, y compris la femme qui me faisait face. Je laissais à nouveau échapper un rire au reste de ses propos avant de lever la main dans sa direction.

"Ma dame, vous m'abreuvez de tant de compliments que je vais finir par ne plus passer la porte tant ma tête sera gonflée d'orgueil. Je vais tâcher de ne pas vous décevoir. Et pour votre fils, je peux faire effectivement en sorte que la rencontre soit fortuite et qu'il ne soit pas vexé par un excès de considération de votre part. Je peux vous assurer que je trouverais la personne parfaite pour qu'il soit satisfait en tout cas."

L'idée m'amusait, autant être honnête. Et la vision qu'avait lady Corbois de la vie et surtout, des relations entre les hommes et les femmes, ne pouvait que m'inciter à essayer de lui rendre ce service. Quand elle secoua la tête, je laissais échapper une grimace involontaire, repensant une fois de plus à mon entretien avec Torrhen avant de souffler, retrouvant ma malice habituelle.

"C'est un moyen qui remplit mes caisses, je ne vais pas m'en plaindre. Et puis, ils ne sont guère difficiles à contenter contrairement à ce que je croyais. De l'attention, quelques bons mots, des rires et des femmes peu farouches, le tout noyé dans l'alcool, voilà qui leur suffit amplement."

Evoquer notre voyage plus au Nord et la guerre contre les sauvageons ne pouvait que réveiller de mauvais souvenirs, un peu comme toutes les personnes qui avaient vécu ces événements. Je n'y pouvais pas grand-chose et mon quotidien m'accaparait beaucoup trop pour que j'ai réellement le temps de m'appesantir dessus. C'était plutôt une bonne chose à bien y réfléchir. Avoir trop de cauchemars à combattre tous les jours pour songer à ceux-là.

"Il n'y avait effectivement pas d'autre alternative quand les blessés ont commencé à affluer. Mais au moins, j'ai assisté à un élan de ... de solidarité que je n'avais encore jamais vu. C'est tout aussi marquant que le reste."

Et, l'espace d'un instant, j'avais presque cru trouver envers qui allait réellement mon allégeance. Avant que tout ne s'embrouille de nouveau. Voilà qu'elle parlait du Roi et je m'en sortais d'une pirouette, qu'elle ne laisserait probablement pas passer longtemps à voir la façon dont elle se comportait.

"Vous êtes donc de vieux amis… enfin n'y voyez rien de péjoratif dans ce terme évidemment. Vous avez donc eu aussi la chance de connaitre ses frères."

Je me retins de lui demander à quoi pouvait bien ressembler le Roi du Nord à cette époque, quand ses frères étaient toujours en vie. Voilà qui aurait bien trop montré le lien que j'avais pu avoir avec lui et surtout, je serais allée bien trop loin. Me mordillant la lèvre, je laissais filer un sourire avant de reprendre, me faisant amusée.

"Ai-je vraiment esquivé votre question ? Quant à la nouvelle… et bien le hasard fait bien les choses. Je suis une fille de prostituée moi-même et j'ai longtemps erré du coté d'Harrenhal du temps de sa construction. Mais j'ai aussi suivi une troupe de saltimbanques pendant plusieurs années. Je vais là où le hasard et les opportunités me portent. Et j'ai fini par voyager vers le Nord il y a presque trois ans. Et bizarrement, par m'y sentir plus chez moi qu'ailleurs. Etonnant non ?"

Je la fixais, curieuse, guettant sa réaction à ce qui n'était, au fond, qu'un demi-mensonge.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Sam 19 Mar - 22:47

Je ne suis pas certaine que la différence de couche sociale soit si déterminante que cela dans le comportement des hommes, à mon grand regret d’ailleurs. Mais qu’importe.
J’incline la tête, presque flattée et sans aucun doute amusée.

« Si qui plus est vous êtes un public difficile… Je devrais m’estimer chanceuse et flattée dans ce cas que vous m’accordiez tant de temps. »

Ou peut-être pas, n’exagérons point, elle ne reste qu’une prostituée, même si elle est amusante et plutôt maligne ma foi je l’avoue. Assez même pour que je passe outre la différence de classe et que je m’adresse à elle. Assez divertissante et subtile pour que je parle même de sujet plus personnels.
Je la fixe un instant. Cherche-t-elle à me choquer à parler ainsi ? Je l’imagine mal parler ainsi à n’importe quelle femme, donc je suppose que ce doit être dans cette optique, ou peu s’en faut. Et si tel est le but, c’est raté, même si je papillote quelque peu des yeux, plus par reflexe que par réelle gêne. Je secoue la tête lentement.

« 15 ans, il vient d’avoir 15 ans. » J’ai un petit rire. « Et m’est avis qu’on lui a déjà soufflé bien d’autres idées déplaisantes. Il ne me reste qu’à espérer qu’il soit moins stupide que ses homologues… et qu’il retienne davantage les paroles d’une femme que celles d’hommes grossiers et ignorants… » Je grimace un sourire et hausse les épaules. « On ne peut leur en vouloir sachant que nul ne leur apprend quoique ce soit et qu’il est si mal vu de vouloir faire autrement... Les gens apprennent à aimer leurs chaines, et lient leurs enfants avec les mêmes chaines qui les révulsaient tant auparavant. »

D’un autre côté, je l’avais bien fait moi, d’apprendre et de vouloir autre chose. Si les femmes préféraient subir et demeurer niaises, endurant cela toute leur triste vie, afin de sauvegarder un semblant de bienséance, grand bien leur fasse. J’incline la tête, souriante.

« Pas toutes, loin de là, mais plus que vous ne pourriez l’imaginer. Autour de leur travaux de coutures, d’un thé ou lorsque les enfants s’éloignent pour jouer… Pas dans des termes aussi crus que vous le pourriez sans doute, mais elles se révèlent parfois surprenantes et amusantes. Même si je ne me risquerais pas à leur dire, vu qu’elles le sont souvent malgré elles… »

Je ris un peu à nouveau, avant de lui jeter un regard amusé.

« Oui, j’imaginais sans doute quelque chose de la sorte… Mais vous avez raison. Les sources de surprises sont multiples et sont souvent là où on ne s’y attendait pas. » Je fronce les sourcils. « Et je n’avais pas songé à cela. Un mois ? Quelle horreur… Comment… Non, je ne veux pas savoir. »

Non, cela n’était point une découverte, même si ça n’avait de cesse de m’étonner que si peu tombent malade ou pire vu leur absence totale d’hygiène. Mais passons, ce n’est pas le sujet du jour.  
Je hochais la tête, acquiesçant en silence. Seules les conséquences importaient. Et si vous saviez les anticiper, il était toujours possible de les éviter, ou du moins de les amoindrir, protégeant et sauvegardant ainsi réputation et honneur. Je retrouve à mon tour mon sourire.

« Je pense que vous avez effectivement réussi oui. C’est un don précieux. » Je grimace et lève les yeux au ciel. « Ils ne font guère de différence, quelle que soit la femme, et c’est bien malheureux effectivement. Même si il y a quelques rares exceptions, le fait est qu’en dehors d’eux rien n’a d’importance. »

Je hausse les épaules, avant de répondre par un sourire à son clin d’œil.
Elle se fait songeuse à son tour, et une fois de plus,  elle m’étonnerait presque de trouver tant de sagacité chez une prostituée. D’un autre côté, être maquerelle à son âge nécessite sans doute plus d’intelligence et de perspicacité que la moyenne…

« Savoir ce que l’on veut est déjà bien compliqué en soi il est vrai. Surtout que les besoins et les envies changent avec l’âge et les expériences, malheureusement. » SI j’avais su autrefois, aurais-je dit oui à Ryman ? Peut-être. Sans doute. Qu’importe maintenant.  « Mais tout le monde veut quelque chose. Il faut chercher et essayer de l’avoir, croyez-moi. »

Elle rit et cela ne fait que renforcer mon impression.

« Il m’arrive de manier les mots, mais je mens rarement Mathie. Je ne vous dis point tout cela pour vous flatter. » Je hausse les sourcils, les coins de ma bouche relevés en un léger sourire. « L’idée me plait. Si je puis à la fois m’assurer de ce qu’il… a compris et retenu dirons-nous, et le rendre plus sûr de lui… Je compte donc sur vous pour trouver une perle rare. »

Et je lui fais effectivement confiance à ce sujet, elle semblait suffisamment débrouillarde pour s’organiser. Quant à la laisser transformer cela en rencontre due au hasard, ce ne serait guère difficile.
Elle grimace avant de reprendre, de nouveau amusée. Je secoue la tête.

« Quand je disais que les nobles n’étaient aucunement différents des autres hommes. Les mêmes besoins, les mêmes espoirs, les mêmes demandes, les mêmes irritations… Mais si cela vous permets à vous et à vos… aux vôtres de vivre, tant mieux malgré tout. »

Même si cela signifie les avoir accompagnés au front ? Pour avoir déjà vécue près des batailles et pour avoir aidé à soigner nombre de blessé fut un temps, je n’en suis pas certaine, loin de là. Mais il s’agissait du Nord. Du Nord et de ses guerriers. J’esquisse un sourire.

« Oui, la proximité de la mort et l’ennemi commun créent souvent ce genre de choses. Les différents s’effacent et tous souhaitent aider et soutenir. C’est l’un des rares… mérites de la guerre… »

Je souris. Même si c’est stupide. Il n’y a à mon avis, rien de glorieux ou de fabuleux à être recouvert du sang des autres, à voir les hommes délirer, à en perdre certains malgré les efforts, alors que d’autres malheureusement survivent. Peut-être avaient-ils besoin de se prouver certaines choses, mais ce n’était point mon cas.
Je souris à nouveau, alors qu’elle esquive ma question, me donnant par là-même une réponse, et qu’elle me retourne la question. Et qu’elle cherche à en savoir davantage sans réellement le faire.
Mon sourire s’agrandit et se teinte malgré moi d’une légère tristesse.

« Oui, je les ai effectivement connus… Alors qu’ils n’étaient tous que des princes insouciants et enthousiastes. C’était effectivement il y a bien longtemps, sans que cela ne soit péjoratif. Et les gens changent, tout comme leurs désirs, besoins et aspirations. C’était plus facile à cette époque, je le regrette parfois… »

Je hausse lentement les épaules, remplissant à nouveau les verres. Je lui jette un coup d’œil alors qu’elle répond enfin à une question. Au vu de son nom, qu’elle vienne du Conflans était une évidence, comment elle s’était retrouvée ici ne l’était pas. Mais qu’elle vienne d’Harrenhal même… Enfin, d’un autre côté, pour le peu que je connaisse de la vie des filles de joie…
J’ai un léger rire alors qu’elle termine.

« Ainsi donc, vous avez quitté votre famille, votre ville…  Cheminant au hasard… Vous avez donc voyagé ici et là, visitant de nombreuses contrées, rencontrant de plus nombreuses personnes encore. Et vous vous sentez chez vous dans ce qui doit être le royaume le plus rude et le plus sauvage de tout Westeros ? C’est effectivement étonnant ma chère ! »

Je l’observe et mon sourire se fait taquin.

« Mais après tout, pourquoi pas. Nous avons également des beautés et des trésors inégalés je suppose… Et j’aime également ces terres, je ne peux que comprendre votre sentiment… »

Même si je ne suis pas persuadée qu’elle fasse davantage allusions aux terres que moi. Quoiqu’après tout, elle a son propre établissement, elle ne se débrouille pas si mal que cela dans la région… Même si l’appui du roi ne doit pas y être étranger…

« Puis-je vous demander pourquoi ? Vous êtes fort jeune, vous avez visiblement sillonné de nombreux paysages, et vous vous arrêtez ici… chez nous. Je suis certainement encore trop curieuse, mais pour quelles raisons ? »

La tête inclinée sur le côté, je souris doucement, curieuse.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Mer 30 Mar - 19:48

Si les différences que j'avais avec la lady était flagrantes et pouvaient être longuement énumérées, il s'avérait que j'avais peut-être plus de points communs avec elle que je ne l'aurais soupçonné au premier abord. Sa façon franche d'aborder les choses et de ne pas faire plus grand cas que cela de notre grande différence de rang.

"Il m'en faut effectivement beaucoup pour être contentée. Mais quand je le suis, je ne le cache pas. Et j'avoue trouver votre compagnie surprenante, ce qui n'est pas pour me déplaire."

A la façon dont elle conversait avec moi, j'avais comme dans l'idée que la réciproque était vraie. Sinon elle aurait trouvé une excuse pour s'éloigner dans la direction opposée sans demander son reste. Mais les quelques mots que j'employais ne restèrent pas sans effet. Je ne savais toujours pas si elle était choquée ou non, à mon grand dam mais la situation m'amusait, autant être honnête. Assez peut-être pour que je tente ma chance un peu plus loin.

Soutenant son regard, je la fixais avec une attention non dissimulée alors qu'elle parlait de son fils. Je ne pouvais que comprendre ce dont elle voulait parler. Après tout, j'avais moi-même tissé les mêmes chaines que ma mère, en bien pire d'ailleurs à la réflexion et, si j'avais le malheur d'avoir un jour une fille, les Sept comme les Anciens Dieux m'en préservent, il était fort probable que je lui apprendrais à se défier autant des homme que j'avais pu le faire moi-même.

"Les idées déplaisantes continueront de faire leur chemin, quels que soient les principes que vous tenterez de lui inculquer. Mais si vous n'êtes pas la seule à faire, probablement écoutera-t-il… surtout s'il y trouve son intérêt."

Il fallait être honnête, rares étaient les hommes qui se souciaient du bien-être des femmes dans leur lit. Et à dire vrai, difficile de leur en tenir rigueur, personne ne faisait jamais rien pour changer cet état de fait. Je laissais alors filer un rire à sa façon de dépeindre les femmes de cet univers que je n'approcherais jamais. Non pas que cela me pose un problème, c'était bien quelque chose qui ne m'avait jamais effleuré et jamais fait envie. Oh j'étais sure que si je le voulais, je pourrais me trouver un marchand ou quelque homme un peu influent dans son domaine pour m'établir pour de bon mais cette idée me rebutait à un point tel que j'avais parfois du mal à saisir pourquoi.

Parfois je repensais à cette évocation un peu folle, il y a si longtemps, quand nous étions à Goeville, quand je lui avais proposé de tout quitter, juste comme ça. Il n'y avait rien eu de sérieux dans mes propos mais cette idée me revenait parfois, quand je m'y attendais le moins. Comme en cet instant précis. Je laissais échapper un bref soupir avant de reporter mon attention sur la lady, toujours aussi amusée par le divertissement qu'elle  m'offrait. Pour une fois, j'étais de l'autre coté, c'était quelque chose de rafraichissant et d'assez inattendu pour me donner encore envie de l'écouter.

"Il est vrai que, si l'on a l'esprit assez ouvert, on peut trouver des surprises au premier coin de rue. Et finir par boire un verre en très bonne compagnie."

Je levai mon verre dans sa direction, appuyant mes propos, avant de commencer à picorer dans l'assiette que l'aubergiste venait de déposer devant nous. Je n'avais pas faim mais il fallait bien faire quelque peu illusion. Je continuais de l'écouter, attentive, intriguée par cette vision du monde qu'elle avait et qui me semblait si peu habituelle des femmes de son rang. Et je laissais filer à nouveau un rire à ses propos.

"N'essayez pas d'imaginer, ça ne peut que vous faire du mal ma dame. Et il y des choses qu'il vaut mieux ignorer, je vous le garantis."

Au reste de ses propos, je gardais le silence durant de longs instants, mon regard se perdant dans le vide avant que je ne souffle, non sans un sourire un rien amer.

"Parfois il vaut mieux s'abstenir, croyez-en mon expérience. Les conséquences peuvent être bien trop lourdes à gérer."

Je n'avais pas envie de m'appesantir sur le sujet et je balayai l'air d'un revers de la main avant de reprendre, d'un ton plus joyeux.

"Et pourtant, le mensonge, voilà une arme bien utile lorsqu'elle est nécessaire. Mais je note votre franchise, elle est agréable. Même si je ne dis pas non à un peu de flatterie. Je trouverais cette perle rare et il en sera ravi. Si ce n'est pas le cas, vous n'aurez même pas à payer, qu'en dites-vous ?"

Voilà qui pourrait être un commerce des plus florissants, me spécialiser dans une forme de luxe. Mais c'était sans compter sur cet avenir des plus incertains qui était le mien et auquel je ne pouvais, ou je ne voulais, pas songer, pas maintenant en tout cas.

Je hochai alors la tête à l'évocation de la guerre, des batailles et de ce rapprochement inéluctable occasionné par des circonstances si particulières. Il n'y avait pas grand-chose à ajouter à ce propos. Je me contentais de laisser filer, dans un souffle.

"Il fallait bien que la guerre ait un mérite, ne serait-ce que pour compenser cette capacité qu'elle a de détruire tout ce qui nous est cher."

Il m'avait fallu du temps avant de comprendre que j'étais engagée dans cette guerre depuis que j'avais mis les pieds à Harrenhal, que je le veuille ou non, quoi que j'ai pu croire. Je n'avais rien maitrisé, pas un seul instant et j'avais été assez dupe pour penser le contraire.

Imaginer Torrhen insouciant était tout simplement inconcevable, surtout avec ce qui s'était passé ces derniers temps et, autant être honnête je l'enviais quelque peu. Mai sil était inutile de tergiverser à ce sujet et je laissais filer ce sujet pour m'en raccrocher à un autre, moins risqué. Je haussais alors les épaules à ses questions avant de souffler, la mine malicieuse.

"Il n'est pas difficile de tout quitter lorsqu'il n'y a ni famille ni réelles attaches qui nous attendent. Non que je m'en plaigne, j'ai une liberté que d'autres n'ont pas eu la chance de goûter. Mais oui, quand je suis revenue à Winterfell après la bataille, j'ai eu le sentiment étrange d'être chez moi."

Sentiment qui n'avait pas duré, sur lequel j'avais refusé de me pencher plus longuement sachant que rien n'était certain, même pas ma position au bordel. Mais c'était la vérité. L'absurde vérité. Mon sourire se fit plus large à sa question avant que je ne me penche vers elle, mutine.

"Vous aimeriez que je vous dise par amour n'est ce pas ? Voilà qui serait follement romantique et manquerait tellement d'originalité. Mais non. J'ai suivi un marchant qui a passé nombre de semaines ici et, malheureusement pour moi, il est mort. Dans des circonstances peu glorieuses. Une fenêtre ouverte au mauvais moment, au mauvais endroit, alors qu'il riait à l'une de mes plaisanteries. Voilà qui aurait pu être gênant mais j'ai eu le droit de rester pour payer ma chambre, l'enterrement et je ne sais plus quoi. Et finalement, après, je n'avais pas plus de raisons de partir que de rester."

J'avalais une gorgée de mon verre avant de souffler, amusée.

"Alors, que pensez-vous d'une telle histoire ?"


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Lun 4 Avr - 21:14

Décidemment, il semblerait que je m’entende avec des personnes avec qui je n’aurais pas pensé pouvoir. D’un autre côté, ce n’était guère surprenant si l’on prenait en compte la façon de penser de la plupart des dames de mon rang. J’ai un léger sourire en me disant que non, je n’agissais que peu comme telle décidemment.

 « Surprenante et agréable. Voilà qui me convient.
Et je vous avoue me surprendre à apprécier la vôtre, mais ne le répétez surtout pas. »


Ma réputation serait bien mise à mal si quelqu’un l’écoutait, quand bien même se révélait-elle pleine d’esprit et amusante. Même si au vu de mon comportement habituel avec les petites gens, peut-être aurait-on plus tendance à rire d’un tel aveu que du contraire. Sans doute même, vu le peu d’intérêt que je pouvais porter aux personnes qui ne m’intéressaient nullement.

Et dans le pire des cas, je pourrais toujours mettre en avant que je désirais trouver perle rare pour mon fils. Cela étonnerait certainement moins au final. Même si j’essayais justement d’inculquer à mon fils des notions moins sommaires, grotesques et insultantes que celles qu’ont en général les hommes à l’égard des femmes.

« Malheureusement oui. Il écoutera quand il se rendra compte que sa femme… apprécie et lui rend bien… si tant est qu’elle ne soit pas totalement ingénue… »

Je soupire et hausse les épaules. Après, dans le fond, ce n’était guère plus mon problème en vérité. Même si j’aimerais me dire que j’ai réussi à faire penser mes enfants différemment. Il en serait autrement pour ma fille, et je redoutais grandement de devoir m’adresser moi-même au futur époux pour mettre les choses au clair. Mais si je parvenais à ce que je désirais, sans doute se débrouillerait-elle assez bien pour lui faire comprendre. Si je choisissais bien le garçon, peut-être n’aurait-elle-même pas à le faire.
Je secoue la tête et me reconcentre sur mon interlocutrice alors qu’elle semble durant quelques secondes elle aussi perdue dans ses pensées. Je lui souris et lève également mon verre, quand bien même ne suis-je pas certaine d’avoir eu l’esprit si ouvert si elle en avait été dépourvue. Et je ris avec elle.

« Je n’essayerais pas, c’est promis. Ce n’est guère le genre de choses que j’aime à connaître. »

Je penche la tête sur le côté en l’observant. Elle semblait bien aigrie pour quelqu’un de son âge. D’un autre côté, elle avait dû en voir beaucoup trop également. Et peut-être n’avait-elle pas tort.

« Oh, que voulez-vous, je suis une éternelle optimiste insatisfaite. » Certes, plus certainement opportuniste qu’optimiste, mais c’est un détail. « J’aime obtenir ce que je désire. Alors je m’y emploie en général. Quant aux conséquences, et bien, je m’en débrouille jusqu’à présent. »

Mais je la laisse chasser ce sujet alors qu’elle se fait plus joyeuse. Je hoche la tête.

« Oh, le mensonge est plus qu’utile je suis bien d’accord. Mais il est toujours plus aisé de manipuler quelque peu la vérité, sans trop s’en éloigner que de partir sur une base vide. Les mots prennent la signification qu’on leur donne, si tant est que l’on sait les utiliser.
Mais j’étais sincère. »
Je lui souris.  « Et bien soit, même si je doute qu’il vienne se confier à moi… Mais je suis persuadée que vous trouverez celle qui faut, n’est-ce pas ? »

Et si elle trouvait, je la paierais largement, cela va sans dire. Ne serait-ce que pour me donner le change ainsi et de se donner la peine d’avoir cherché.
Et des sujets légers abordés jusqu’à présent, nous finissons par discuter de faits bien plus sombres, même si je dois avouer ne guère me sentir concernée en général par tout ce qui a trait aux combats.  Certes, je l’étais aujourd’hui, mon père était mort et mon fils avait été blessé. Mais ça ne me touchait bien moins que cela ne devrait.

« Oui. Même si cela n’est guère à la hauteur des pertes subies je le crains. »

Je souris alors que je remonte dans mes souvenirs. Je m’étais souvent dit, plus jeune, que je ne serais pas nostalgique, les moments passés avaient été heureux et que j’en avais bien profité, mais le fait est que je le suis parfois quelque peu. Mais elle ne s’y attarde pas, embrayant sur elle et sa jeunesse, ou tout du moins, sur elle et les voyages qui l’avaient fait arriver jusque chez nous.

« Oui, ne pas avoir d’attaches facilite sans aucun doute le départ et les voyages… » Je lui souris. « Sans doute parce que vous y avait maintenant des connaissances, des amis sans doute, et que la proximité des batailles vous a fait prendre conscience que vous aimiez être ici. »

Je l’observe alors qu’elle se penche vers moi et semble répondre à ma question. Mon sourire s’agrandit.

« Cela aurait été follement romantique et follement idiot. Digne des plus grandes pucelles de ma connaissance. Mais ce n’est que mon avis personnel, je ne suis guère objective à ce sujet. »

Mon sourire s’est fait également mutin, avant que je ne l’observe un instant.

« Rester pour payer l’enterrement d’un homme assez stupide pour tomber par une fenêtre est effectivement plus surprenant et original… Mourir parce que votre compagne du moment est trop divertissante est, avec tout le respect dont je peux faire preuve, plutôt comique… »

Je souris.

« Je pense que les surprises surviennent quand on s’y attend le moins. »

Je lève à nouveau mon verre à son attention.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Ven 15 Avr - 22:01

J'avais quitté le bordel complètement perdue ce matin, ne sachant pas vraiment quoi faire et j'avais erré sans but, jusqu'à tomber sur lady Corbois. Et, maintenant que j'étais installée à table à ses cotés, je retrouvais doucement mais surement, cette personnalité qui était la mienne et que j'avais crue perdue l'espace d'un instant. Je pouvais lui en être redevable, sans bien arriver à saisir pourquoi elle m'avait permis de me retrouver, même si ce n'était que temporaire et que je ne savais toujours pas de quoi mon avenir serait fait.

Je laissai filer un sourire amusé à sa réponse, haussant brièvement les épaules.

"Et bien si cela vous convient, voilà qui est parfait. Et je suis ravie de voir que vous appréciez ma compagnie même si cela n'est guère convenable et ne saurait être entendu par les mauvaises personnes. Je m'en voudrais d'entacher votre réputation."

Mon sourire se fit plus mutin alors que je plissai du nez, l'écoutant avec attention lorsqu'elle parla de son fils. L'espace d'un instant, je me demandais ce que serait ma vie si j'avais un enfant, une famille, comme avait pu l'évoquer Torrhen à Blancport. J'avais rejeté en bloc cette idée et aujourd'hui encore elle m'était totalement inconcevable, rien n'avait changé bien au contraire. Un enfant, quel que soit le père, ne serait qu'un poids et à cette idée, je sentis une vague de panique que je calmais tant bien que mal avant de me focaliser à nouveau sur la lady.

Je tapotais légèrement du bout des doigts sur mon verre avant de me pencher vers elle, complice.

"Et bien, il ne tiendra qu'à vous de faire en sorte qu'elle en sache suffisamment pour ne pas être trop ingénue le jour de son mariage. Rien de ce que vous pourrez lui dire ne saurait lui faire de mal vous ne croyez pas ? Et puis, au final, elle ne pourra que vous en être reconnaissante, j'en suis persuadée."

Quant au reste… je me contentais de hocher la tête, laissant filer un silence pensif. Le poids qui m'accablait et qui s'était un peu allégé semblait vouloir revenir de plus belle mais, prenant une grande inspiration, je décidai de ne pas y prêter attention, préférant continuer à échanger avec la lady. J'esquissai un sourire à sa répartie, amusée.

"J'ai arrêté d'être optimiste il y a bien longtemps, je ne pouvais plus me le permettre. Et j'ai appris à me satisfaire de petites choses, faute de quoi, je n'aurais jamais vraiment été heureuse de rien. Mais vous pouvez aisément vous permettre d'exiger plus. Tout comme vous pouvez mieux gérer les conséquences que moi j'imagine."

Surtout qu'elles ne devaient clairement pas être les mêmes. Mais ce n'était pas une accusation, loin de là, simplement un constat de nos deux situations si dissemblables. Tout le monde ne naissait pas avec les mêmes options, j'avais fait au mieux avec les miennes, tout du moins j'aimais à le croire même si ces derniers temps, ce n'était guère flagrant. Changer de sujet fut tout de même un soulagement et je retrouvais mon air mutin sans difficultés alors que je soufflais, d'un ton léger.

"Le mensonge est bien pratique pour arriver à ses fins il est vrai et j'avoue l'employer sans vergogne. Les gens n'aiment que rarement la vérité. Ils la trouvent fade, sans goût et préfèrent qu'on les embobine, qu'on leur fasse croire monts et merveilles. Alors, pourquoi les décevoir ? Mais je vous garantis, sans vous mentir cette fois, qu'il sera pleinement satisfait."

Parler de la guerre ne m'enchantait pas particulièrement et, les dieux soient remerciés, c'était également mon cas. Cette période était synonyme de bien trop de mauvais souvenirs pour que j'ai envie d'y songer plus que de nécessaire et ce fut avec soulagement que le sujet dériva tout naturellement sur autre chose, ma présence à Winterfell. Voilà qui avait été source de bien des discussions derrière mon dos, personne n'ayant jamais vraiment compris pourquoi j'avais décidé de venir et puis de rester, quand bien même être la favorite du Roi était tout de même une position particulièrement enviable qui ne pouvait que donner envie de s'installer ici tant qu'il ne serait pas lassé de moi.

"C'est possible oui. Certain même. J'ai fini par me faire des attaches à mon insu et par ne plus avoir envie de quitter cet endroit peu hospitalier au premier abord. Quant au reste…"

Je lâchai un rire avant de reprendre, le regard pétillant.

"L'amour fait faire tant d'idioties, commettre tant d'erreurs que jamais je ne me ferais avoir une seconde fois. Car oui, il faut malheureusement savoir ce qu'il en est pour comprendre à quel point c'est la pire des choses qui peut arriver n'est ce pas ?"

Et c'était encore bien trop frais dans mon esprit pour que j'arrive à faire la part des choses, moi qui avait réussi à y échapper durant toutes ces années, j'étais tombée amoureuse de la pire personne qui soit.

"Je n'ai jamais su ce qui avait été raconté à son épouse d'ailleurs. La pauvre, elle n'a de toute façon rien perdu, il était grossier, malhabile et j'en passe. Peut-être lui ai-je rendu service en fait."

Je levai mon verre à mon tour, l'entrechoquant contre le sien et lui rendant son sourire.

"Le hasard fait parfois bien les choses n'est-ce pas ?"


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   Dim 8 Mai - 19:47

Je hausse légèrement les épaules à mon tour.

« Je m’en voudrais également… Mais comme je l’ai dit, je crains que l’on ne me pense un peu trop singulière ou… Je ne sais… peut-être ma réputation ne sera-t-elle point entachée pour si peu quoiqu’il arrive, et dans le pire des cas, je jouerais mon rôle de dame apeurée et malmenée… »

J’esquisse un sourire. Nul doute que je saurais tenir ce rôle, rajoutant quelques larmes, sans en abuser, il n’y avait rien de bien difficile. Ou comme mentionné, je parlerais de mon fils, de le faire devenir homme, ce genre de stupidités que les bonnes gens croiront bizarrement bien davantage. Bien que cela ne soit pas stupide en soi, vu que j’y songeais sérieusement, mais qui n’était pas forcément plus censé que de trouver cette maquerelle plutôt spirituelle et amusante. De mon point de vue du moins.
Je lui rends son sourire.

« Certes, mais s’il est déjà difficile de discuter de ceci avec ses enfants, je n’ose imaginer avec une bru… Mais vous avez raison, et je le ferais sans doute il est vrai. Quitte à ce qu’elle semble probablement offusquée, ou embarrassée… »

Je l’observe alors qu’elle semble réfléchir, puis chasser ses tristes pensées pour se focaliser sur notre discussion. Je grimace un sourire.

« Oui, savoir se satisfaire des petites choses n’est pas non plus un mal, loin de là. Mais il est vrai que je peux me permettre bien davantage… et que je veux bien davantage. Même si je peux gérer certaines conséquences, je crains tout de même de parfois aller trop loin… Mettons que j’ai une sacré dose de chance malgré tout. »

Je lui souris. Et oui, je craignais bien moins de par ma naissance qu’elle il est vrai. Mais je n’allais tout de même pas commencer à plaindre les petites gens, ce serait absurde et stérile. Une perte de temps. Totalement inintéressant qui plus est.
Elle retrouve son joli sourire alors que nous changeons de sujet. Je me fais amusée à mon tour, il faut dire que parler mensonge avec une putain ne doit arriver que rarement, même à moi. Je lui adresse un sourire radieux.

« Oh, je ne peux que vous rejoindre sur ce point. La vérité est en général lassante et sans intérêt. Il est bien plus amusant de créer de nouvelles aventures, ou de laisser l’imagination des personnes travailler sur quelques mots… » J’incline la tête. « Et je n’en doute point, je vous en remercie d’avance. »

Et je me surprends à discuter batailles et guerres avec elle. Il n’est guère surprenant en vérité que le danger et la mort rapprochent les personnes et les soudent contre l’adversité. Et c’était sans doute là où naissaient le plus de possibilités… Mais nous revenons à elle et à son arrivée dans le nord.
Je hoche la tête et acquiesce en souriant.

« Oui, certaines personnes s’insinuent malgré vous dans votre esprit… Quant au lieu en lui-même, je dois avouer que Winterfell est plus qu’agréable en vérité. »

Je la fixe un instant et bois une gorgée de mon verre.

« Je suis désolée que vous vous soyez fait avoir une première fois toujours est-il. Mais c’est malheureusement l’une des choses que l’on peut difficilement éviter. » Je lui souris, lui rendant son regard pétillant. « Mais les plus sages d’entre nous essayent effectivement de ne point se faire avoir une nouvelle fois… Toutefois, cela reste difficile à contrôler, quand bien même nous pouvons essayer… »

Je hausse doucement les épaules. J’avais pour ma part toujours réussi à m’en préserver… ou presque. J’y parvenais fort bien néanmoins aujourd’hui.
Je ris un peu à sa répartie.

« Vous lui avez peut-être donc rendu service sans le savoir. »

Je lui souris.

« Oui, le hasard fait parfois des merveilles. »

Et cette rencontre s’inscrit sans doute dans les plus inattendues et malgré tout dans les plus agréables que j’ai faites.


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MessageSujet: Re: Flame and candle meet - [Livre II - Terminé]   

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