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Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Mar 8 Déc - 22:27

Deux semaines. Peut-être trois. J’aurais dû rester au château, dans mon château. J’avais des choses à  faire, à préparer, même si l’intendant se débrouillait fort bien sans moi. Mais cela m’aurait occupé. Non pas que je n’aime pas me retrouver oisive, mais là, cela devenait insupportable. Et je n’étais pas chez moi, je ne pouvais faire ce que je souhaitais. J’avais croisé, à quelques reprise, la princesse et quelques-unes de ses dames. C’est étonnant comme elle ressemblait à sa mère. Et elles avaient l’air adorable. Vraiment. Tellement sages et posées. Je m’étais présentée comme une vieille amie de la famille, ce qui était totalement vrai, surtout du côté paternel, et je lui avais rappelé, ou je l’avais informé que j’étais venue célébrer sa naissance, ainsi que celle de son petit frère. Certes, depuis, nous nous étions éloignés, mais la vie est ainsi…n’est-ce pas. Enfin, tout ça pour dire, qu’elle avait été charmante…
Mais rien ici ne m’aidait à faire passer le temps. Ou à ne pas trouver tout extrêmement fastidieux…

Mais heureusement, ils étaient rentrés. L’effervescence était telle que j’avais mis du temps avant de le retrouver. Sain et sauf. De nombreuses contusions, et une jolie coupure dans le dos, mais la plaie était superficielle, nette et bien nettoyée. Blessé, mais sain et sauf. Fatigué, mais vivant.
J’avais eu l’impression de revoir Arrun lors de son retour de son premier combat contre les sauvageons. Cette même ombre, cette même usure, cette même tristesse. Et cette même fierté. D’avoir combattu, d’avoir tué, d’être encore vivant malgré le sang qui lui avait rougi les mains et le visage.
Chaque jour, j’allais le voir. Chaque jour, je passais des heures avec lui. Le forçant à se lever, à marcher un peu. Et je l’écoutais inlassablement me raconter ses combats. Par les dieux, c’est bien parce qu’il s’agissait de mon fils, sinon il y a bien longtemps que je l’aurais fait taire.

Et aujourd’hui, il a beaucoup marché. Et alors qu’il dort, je sors de l’infirmerie… ou de ce qui semble servir d’infirmerie… et je me demande combien de temps avant qu’il ne puisse assez marcher pour se lever et se promener seul. Combien de temps avant qu’il ne retrouve assez de forces pour échapper à la vigilance des autres et se trouver quelque demoiselle dans un coin.
Je souris. Tous les hommes sont pareils, surtout à cet âge-là. Vantards, fanfarons et ravis de trouver un public aguichant à séduire… Non, je ne m’en plaindrais pas, j’ai toujours été la première ravie de cet état de fait.

Je traverse la cour, mon manteau sur le bras. Je hâte le pas, levant juste la tête pour voir les premières étoiles déjà apparaître dans le ciel encore quelque peu éclairé par les rayons du soleil.
Il fait froid, mais je laisse mon regard errer autour de moi. Il y a si longtemps que je n’étais venue…
Maintenant que je sais que Benjen va bien, que je n’ai plus à m’inquiéter, il faut que je trouve comment l’approcher de nouveau, après tant de temps. Je me presse pour retrouver un semblant de chaleur derrière les murs du bâtiment. Je soupire.

Tu sais comment faire. Même s’il a changé, tu le connais. Va au plus simple.
Souriante, je me dirige vers les cuisines, repoussant d’un geste le commis voulant m’aider, et m’emparant d’un petit panier que je garnis de pain, fromages, fruits et autres. Et à force de recherche, je trouve finalement une bouteille d’un très bon alcool que je case dedans. Le panier dans les bras, je me dirige d’un pas vif vers ses appartements. Gardés évidemment. Plaquant un sourire timide sur mon visage, je m’approche d’eux en les saluant avec hésitations.

« Bonsoir. Je suis une amie de longue date de sa Majesté. Lady Corbois. » Bien, aucune réaction… On dirait deux veaux munis d’épées. C’est super. Je reprends, les sourcils un peu froncés. « Je me suis dit que peut-être avoir de la compagnie lui ferait du bien et lui changerait les idées.
Pourriez-vous l’informer de ma présence ? Et me dire s’il serait disponible ? Ce serait vraiment adorable de votre part. »


Je continue de sourire, un air incertain et rempli d’espoir sur le visage. Par les anciens dieux, pensent-ils réellement qu’une femme de 50 kg puisse forcer l’entrée de sa chambre avec eux devant ? Je sais qu’il est roi, et assez amoché de ce que j’ai entendu, mais tout de même… Je ne cache pas d'armes de guerre sous mes jupes… Pas une de ce genre en tout cas…


La norme est ennuyeuse. Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais.

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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Mar 8 Déc - 23:01

D'ordinaire, je ne verse mon sang que sur le champ de bataille. Aujourd'hui est un jour différent. Après bien des courriers dont je me suis occupé le matin-même, je me retrouve à subir les attentions du vieux Mestre, qui se met en tête de vouloir me guérir sans potions. A l'ancienne, disait-il, car les décoctions des mestres de la Citadelle ne peuvent accomplir seules l'intégralité du travail. Il a fallu rouvrir la plaie sur mon flanc, laissée par une hache sauvageonne qui me fêla deux côtes mais heureusement, ne perça aucun organe. La plaie se refermait mal. Elle avait été mal saturée, sur le terrain. Je serrais les dents quand le vieille homme coupa les fils. Je fermais les yeux et me sentais partir quand il commença à les tirer pour les sortir de la plaie souillée. J'inspirais profondément. Je le remerciais, une fois qu'il eut terminé. Je ne sentais plus du tout le côté droit de mon torse, après ses bons soins qui me laissaient pantelant, brisé, éreinté. Je reprenais mon souffle et comatais un moment dans un grand baquet d'eau bouillante que Rorshar avait fait monter. Il m'avait dit que je devais prendre garde, car les fils pouvaient se détendre ou gonfler avec l'eau, mais devant l'expression que j'arborais, le vieil homme nuança en disant qu'une bonne eau, chaude et pure, ne pourrait que me faire le plus grand bien. J'y entrais avec l'aide de la servante, Cora, qui avait autrefois été dame de feue mon épouse. Elle me connaissait bien et si je n'étais pas coutumier du fait, elle ne manifestait aucune gêne lorsque vint le moment de m'aider à me déshabiller et me soutenir pour entrer dans l'eau. Je la remerciais une fois dedans, en lui lâchant qu'elle pourrait réclamer un bon gros chapon pour elle et sa famille, pour avoir aider son Roi dans un moment de grande détresse intime.


Sans elle, je n'aurais même pas su retirer ma large chemise, pourtant peu liée.


Je savourais l'eau chaude un bon moment. Je m'endormais doucement, dedans. Je me rappelais ma femme, dans cette même pièce. Une époque où je vivais entouré, d'elle, de Bran, de nos autres frères. Où Winterfell s'emplissait de rires à longueur de temps, où mes enfants couraient et jouaient, rendant fou mes gardes chargés de leur protection. Et Sigyn. Qui n'aurait probablement pas manqué de se dénuder et de venir me rejoindre dans le baquet. Je m'endormais un moment, sourire aux lèvres.


Quand je me réveillais, il faisait sombre. La nuit n'allait pas tarder à tomber. L'eau était froide. Je me relevais et sortais, appelant la garde qu'on me fasse venir quelqu'un pour m'aider. On ne m'habilla que de quelques vêtements, mais propres et frais. Je retournais m'allonger, par dessus mes lourdes couettes et fourrures. Sigyn... Elle aurait pu m'aider, même si elle m'aurait fait une scène. Je rédigeais, d'une écriture malhabile et tremblante, mes directives. Demain, je devais continuer la dictée de mes réformes à venir à Mestre Rorshar.


On toqua, finalement, pour m'annoncer que Lady Corbois souhaitait me voir. Je me figeais. Ne répondant pas un petit moment. Lady Corbois.


Nelya. Cela faisait combien de temps ? Autrefois Mormont, elle avait été l'une de mes premières maîtresses, quand je n'étais qu'un jeune guerrier qui se fichait bien de ses devoirs, qui ne souhaitait qu'une guerre, une beuverie et une orgie perpétuelles. Je l'avais séduite, et je l'avais baisée. Mes frères aussi. Ryman avait continué, pendant quelques temps. Mais moi, j'avais eu Sigyn, et la Mormont n'était resté qu'un bon souvenir parmi tant d'autres, demandant en compensation de sa perte de virginité mon aval pour son mariage, ce que je lui avais accordé, autant par intérêt que pour ménager Sigyn. Et la voilà, aujourd'hui. J'étais tiraillé entre mes fantômes et mon besoin de solitude, et la curiosité. Je repoussais au pied du grand lit les documents, que je cachais. Puis, j'appelais qu'on ouvre à Lady Corbois.


Elle entra, toujours d'apparence aussi jeune et vive. Je ne la regardais pas directement, pas de suite. Assis sur le bord de mon lit, je lâchais un grognement d'effort en me relevant, m'appuyant sur ma canne. Je la vis, alors. D'une beauté ténébreuse, comme autrefois. Avec plus de forme, plus d'élégance. Elle était gracieuse, et portait des victuailles.



| Lady Corbois ! Que me vaut le plaisir de votre visite? |


Je ne savais trop quoi dire. Comment s'adressait-on à un amour éphémère de jeunesse ? Que lui demandait-on?


| Cela fait bien des années que je ne vous avais vue à Winterfell. Que je ne vous avais vue tout court. La coutume impose la politesse et pourtant, j'avoue que vous avez bien changé. Vous êtes encore plus ravissante qu'autrefois. Non, ne dites rien. Moi aussi j'ai changé, mais j'ai peur que les années me réussissent moins qu'à vous. |


C'était le cas de le dire, avec ma carrure qui s'était fort amincie, amaigrie même, ces jouex creusées, ces cernes, ma barbe et mes cheveux qui blanchissaient sur le menton et les tempes... Et cette canne.



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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Mer 9 Déc - 11:00

Pendant quelques secondes, quelques minutes, je restais sur le palier, attendant qu’il se décide. Un sourire sur les lèvres, je me force à rester immobile, sagement, alors que les gardes patientent tout comme moi, ne me quittant pas du regard. Je me retiens de soupirer et de lever les yeux au ciel. Ai-je le droit de m’offusquer s’il ne se souvient pas de moi ? Certes non. J’en serais pourtant capable. Ce serait vexant, même si cela remonte à bien longtemps soit.
Ma présence causerait-elle quelques soucis ? Non, personne ne se souvient de moi, mise à part lui j’espère, ce serait donc étonnant. Et quand bien on se souviendrait de moi, je n’ai jamais rien fait qui puisse sembler déplacé ou répréhensible… Pas devant témoin tout du moins.

Et enfin, il me permit d’entrer. Mon sourire s’agrandit alors que j’avance lentement.
L’observant alors qu’il tache de se lever, je penche la tête sur le côté. Les dieux ne l’ont guère épargné. Le prix à payer pour ces batailles incessantes commence à être visible tant sur son visage que sur sa silhouette. Ou peut-être est-ce seulement les dernières et les blessures reçues qui l’amoindrissent ainsi, peut-être lui suffit-il de prendre du repos pour retrouver quelque peu meilleures santé et apparence. Je l’espère pour lui. Mais bien sûr que je suis sincère. Il serait dommage que ce ne soit pas le cas.
Il finit par se lever. Je m’empresse de poser mon panier sur une table à proximité, avant de me tourner à nouveau vers lui, m’inclinant en une profonde révérence.

« Majesté. C’est un plaisir que de vous revoir. »

Je me redresse et ris légèrement.

« Vous êtes toujours aussi vil flatteur, malgré toutes ces années, rassurez-vous. » J’incline la tête, souriant toujours. « Je vous remercie, il y a bien longtemps que l’on ne m’avait pas ainsi complimenté. Et même si je sais que ce n’est nullement le cas, cela me touche. »

Je l’observe une seconde, sans réellement me cacher alors que je le détaille.

« Etre …ravissante est chose aisée lorsque l’on a que cela à faire de ses journées… Tenir debout avec les coups que vous semblez avoir reçu tient du miracle Messire... Mais je ne dirais donc rien puisque tel est votre souhait. »

Je me détourne et fouille dans le panier pour en sortir la bouteille. Je la soulève pour lui montrer et murmure sur le ton de la conspiration, tout en la posant sur la table.

« Ne le dites à personne, mais je l’ai volé dans les cuisines. Ainsi que tout le reste par ailleurs. »  

Souriante, je réduis la distance qui nous sépare, reprenant un air plus sérieux.

« J’ai appris. Pour Bran. J’en suis désolée. Vraiment. Je sais à quel point vous étiez proche et… J’en suis sincèrement peinée pour vous. »

Ce n'était pas le seul a être parti. Je n'avais même pas pu dire au revoir à mon père. Je ne l'avais pas revu depuis... depuis bien trop longtemps. J'inspire et prends sur moi. Je ne suis pas venue pour me faire plaindre. Sûrement pas.
J’esquisse un léger sourire, reprenant plus bas, comme si je parlais pour moi-même, les yeux dans le vague.

« Je me suis donc dit que je devais venir te voir et … Je  ne sais pas. Peut-être… te changer les idées en buvant à sa santé. Et à tous les autres. Ou juste en… étant là… »

Je cligne des yeux, avant de le regarder à nouveau. Je rougis et ouvre la bouche, avant de la refermer et fronce les sourcils.
J’inspire profondément, avant de lui tendre le bras.

« Acceptez-vous Majesté de me tenir compagnie ? J’ai de quoi grignoter et un alcool assez fort pour vous faire oublier ces dernières minutes… »

Je reste les yeux fixés sur lui, un petit sourire aux lèvres, à attendre. Peut-être n’aurais-je pas dû… Mais après tout, ce n’est pas la première fois que je le tutoyais, même si la situation avait changée. Et puis surtout, je ne l’ai pas fait exprès, n’est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Mer 9 Déc - 21:40

C'était étrange que de revoir Nel entrer dans la pièce. Je n'avais pas aimé beaucoup de femmes, dans ma vie. Mais elle occupait une place spéciale malgré tout. Sans avoir été la première, elle avait été la première noble avec qui je couchais dans mon existence. On avait beau dire que tout homme est semblable à ses congénères, il y avait des différences. Surtout à cet âge là. Quand les filles de tavernes s'offraient à moi, cela n'avait pas la même saveur que lorsqu'il s'agissait de la fille du châtelain local, une jeune femme superbe, bien faite, sans les imperfections que fait fatalement naître une vie de labeur. Elle était belle. Elle avait un sourire à tomber et un regard plein de promesses. Il n'en avait pas fallu plus pour que je cours lutiner la fille Mormont. Ca avait été intense, les quelques temps où nous étions restés avec mes frères sur l'Île aux Ours. Mes frères eux-mêmes s'étaient occupés des appétits de mademoiselle, insatiable. Elle nous crevait autant qu'un champ de bataille. Nous étions jeunes, nous étions stupides et inconséquents. Ce n'était plus la même chose aujourd'hui. Si en règle générale je reste concentré sur des sujets bien précis, je savais pourtant retrouver les informations les plus importantes dans les recoins de mon esprit. J'avais suivi son évolution de loin, comme celle de toute ma noblesse. Nel m'avait demandé d'appuyer son union avec le précédent Lord Corbois, après tout. Je la savais mère. Je la savais riche et puissante. Tout ce qu'elle avait toujours voulu. Et la voilà aujourd'hui, qui se présente devant moi.


Sa révérence est parfaite. Son attention tout autant. Cette femme-là est dangereuse, car elle a été élevée pour gravir les sommets, et elle l'avait déjà compris toute seule malgré son jeune âge quand je la rencontrais, près de vingt ans plus tôt.



| Bien, ne fâchez pas ma royale personne en refusant mes piètres compliments, encore bien au-dessous de la réalité, tandis que j'accepte les vôtres. C'est rassurant de s'entendre dire que l'on ressemble à quelque chose. |


Je souris en notant les victuailles, et j'identifie de suite cela comme une manœuvre de sa part. D'un autre côté, j'ai faim. Et je me sens seul, maintenant qu'il n'y a plus Bran. Bran dont elle vient me donner ses condoléances, que j'estime sincère. Bran aussi l'avait eue, toutes ces années plus tôt. Je m'étais laissé dire qu'elle me le préférait, comme de coutume à cette époque. Et bien après aussi.


| Merci, ma dame, pour les victuailles comme pour votre compassion. Brandon n'était peut-être pas officiellement Stark mais il a vécu et s'est fait tuer comme l'un des nôtres. Il ne sera pas oublié. |


Jamais. Maintenant qu'il était mort, je n'avais plus que des inférieurs dans ce monde. Elle passe au tutoiement. Nous y voilà. Malin et habile de sa part. Je sais déjà comment agir et réagir. J'inspire profondément. Lui tend mon bras pour qu'elle m'aide à avancer jusqu'à la table, près du feu, avec les deux sièges confortables placés de part et d'autres.


| Hmmm, soit. Après tout, vous m'avez donné votre père, votre mari et votre fils pour la défense du Royaume et je ne suis capable que de vous en rendre qu'un seul des trois. Peut-être pourrions-nous nous délasser quelque peu. Qu'avez vous ramené? |



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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Jeu 10 Déc - 13:26

Tous les hommes que j’avais connu, mon père, Lyam, Lucan étaient déjà rentrés après des semaines d’absence dans un état approchant. Oh, certes, pas tous avec de nouveaux cheveux blancs, mais ils n’avaient pas le même âge. Mais des semaines de combats sans fin, à ne pas dormir, à ne pas manger, ou si peu, à combattre sans cesse… Le résultat était rarement beau à voir. Contrairement aux légendes que les gamines adoraient lire en général, les preux chevaliers reviennent généralement en mauvais état. Lorsqu’ils reviennent.
Je chasse ces ombres et souris au roi amoché qui me fait face.

« Vous fâcheriez-vous pour si peu Majesté ? » Je secoue la tête. « Je ne refuse jamais un compliment. Je me rends seulement compte du temps qui passe et de ses méfaits.
Et si cela puis vous rassurez encore un peu davantage, malgré votre nouvelle acquisition, »
Je désigne la canne dans un sourire. « Vous êtes toujours impressionnant. »

Et pour le coup, je ne mentais guère, malgré son état. Même si à l’époque, cela avait davantage été sa fougue et sa passion qui m’avait attirées, il n’avait pas alors cette prestance et cette… détermination. Oh, bien sûr, il faut voir sans les blessures et la fatigue qui lui pesaient. Mais le gamin empressé et hardi avait laissé la place à un homme tout aussi intéressant. Même s’il semblait beaucoup trop accablé à mon avis. Mais il venait de perdre son frère, son dernier frère encore en vie, et de nombreux, nombreux autres hommes. C’était sans doute justifié. Ennuyeux, mais justifié.
J’esquisse un petit sourire.

« C’était votre frère et… c’était un homme bon. » Je détourne les yeux. « Et aucun ne sera oublié non. »

Déplacé, sans doute. Mais j’en avais la trace sous les yeux chaque jour que les dieux faisaient, comment aurais-je pu ? Et, à ma manière, à une époque, je les avais appréciés. Aimés peut-être pour certains d’entre eux. Et même si Bran n’était pas l’un de ses derniers, il avait été de compagnie plus qu’agréable.
Je le regarde d’un air contrit.

« Quant au reste… Ne me remerciez pas… Le panier n’était qu’une excuse pour venir m’enquérir de votre état et pour pouvoir vous parler… Je n’ai rien fait de bien original, j’en ai peur. Je voulais simplement vous voir. Non pas que je ne serais pas ravie de partager ceci avec vous, bien au contraire. ! Mais ce n’était qu’un maladroit subterfuge. Pardonnez-moi Messire. »

Et il ne me reprend, ni me corrige pour mon écart. Soit, je trouverais autre chose. Je pourrais me dire que peut-être... Mais je crains qu’il ne soit trop habitué aux simagrées, tout roi bourru qu’il semble être. Après tout, il fréquente la cour depuis plus longtemps que moi, face à de biens plus gros poissons.
Il se contente d’inspirer, et j’évite de sourire en m’emparant de son bras pour le mener à un siège. Il ne me renvoie pas, poursuivons donc le jeu. Je l’aide à s’y assoir et regarde autour de moi. Ah ! Me dirigeant vers un petit meuble, je m’empare de deux verres y trônant avant de revenir vers lui.
Je les pose sur la table, tire le panier vers moi et fouille dedans

« Je me suis souvenue que vous aimiez les fromages aussi durs que cette table… » Je sors quelques mets que je pose de son côté. « Pour vous donc. » Et d’autres du mien. « Je préfère quant à moi ceux que je peux manger sans me casser les dents. » Je souris, sortant le reste au fur et à mesure, disposant le tout correctement sur la table avant de poser le panier à terre. « Et j’ai trouvé de la viande fumée. Du pain qui sortait du four, des fruits et autres… » Je souris amusée, pointant le panier. « Oh, et une petite tarte aux pommes. »

J’ai un sourire triste, alors que j’ouvre la bouteille pour nous servir.

« J’aurais aimé pouvoir revoir mon père… je n’en avais pas eu l’occasion depuis longtemps… mais mon fils est sain et sauf !... Et je vais sans doute paraître cruelle et insensible, mais je suis heureuse que ce soit lui qui me soit revenu… »

Mon sourire se fait plus léger.

« Et à l’écouter, malgré toutes les horreurs, malgré les coups, cela a été extraordinaire… Comme s’il découvrait… On dirait vous ou mes frères lorsque vous reveniez de vos premiers combats et que vous fanfaronniez comme pas permis… » Je secoue la tête en souriant. « Mais c’est normal. Il n’a que 15 ans. Et il est aussi passionné et vif que tous les enfants de cet âge… et aussi stupide malheureusement…
Il vous suivrait à nouveau demain si vous lui demandiez… Ne le faites pas ! Il le ferait vraiment, il est aussi idiot que son père à son âge… »


J’étais sérieuse pour le coup. Je l’étais souvent quand je parlais de mes enfants étrangement. Je soupire et lui tends son verre, avant de prendre place face à lui et de lever le mien.

« A tous les idiots qui nous manque. »

Oui, certes. Il peut ne pas apprécier. Pourtant, je trouve cela approprié. Je bois une gorgée et souris avant de murmurer.

« Et dire que l’on s’amusait à faire des culs-secs avec ce genre de boissons avant… »


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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Ven 11 Déc - 13:49

J'imaginais que je ne choquerais pas la jeune femme. Encore que jeune... Elle l'était autant que moi. Mais une vie confortable, bien entourée et soignée par quantité de serviteurs, toujours à l'abri du froid, de la faim, de la misère et de la mort, la jeune nymphe jadis rencontrée et séduite s'était muée en femme d'une grande beauté, toujours aussi séduisante. Une longue crinière noire, cheveux encadrant parfaitement son visage. Son regard était aussi alerte qu'autrefois, son sourire, toujours mutin. Elle était désirable, et la connaissant j'étais à peu près persuadé qu'elle en avait bien conscience. Je me méfie de ce retour-là, improbable et imprévu. Elle avait attendu toutes ces années et d'un coup, la revoilà. Peut-être que la rumeur d'un futur remariage du Roi du Nord était-elle parvenue jusqu'à elle. Quoiqu'il en soit, j'étais suffisamment cynique pour ne pas considérer que ce soit totalement désintéressé comme manoeuvre de sa part. La Corbois me questionne, me complimente encore. Je suis habitué aux flatteries. Quand on est Roi, tout un chacun vous brosse sans cesse dans le sens du poil.


| N'êtes vous pas au courant, ma Dame? Le Roi du Nord est un rustre, un colérique. |


Impressionnant. Pourvu que cette façade-là soit toujours effective. Je ne souhaitais absolument pas que mon image s'égratigne, car elle comptait au rang des diverses armes de mon arsenal royal. Un arsenal voué à se transformer sans aucun doute au fil du temps, mais existant malgré tout. La femme me sourit et me dit que mon frère était un homme bon. Je savais que Brandon avait été beaucoup de chose. Bon, il avait pu l'être. Je ne savais pas si je devais le considérer comme tel pour autant, alors je laissais couler. Je savais quoiqu'il en soit que l'ex-Mormont avait accompagné l'ensemble de la fratrie à tour de rôle. Elle nous connaissait, au moins en tant que jeunes roquets.Je ne souris pas à ses excuses, pas de manière compatissante en tous cas, il en fallait beaucoup pour m'amuser depuis la bataille, pour me distraire.


| Ne vous blâmez pas, ma Dame. Votre attention est tout à fait louable et n'ayant ce soir pas grand chose de plus à faire, je suis tout à fait disposer à dîner avec vous en discutant de choses et d'autres, vous pourrez me tenir informé de la tenue de vos domaines, de ce que devient votre fils, Lord Corbois. |


La guerre faisait les Seigneurs, elle légitimait leur position et surtout, elle les renouvelait. Les vieux mourraient, les jeunes prenaient leur place. Des lignées pouvaient disparaître et leurs territoires, attribués comme autant de nouveaux fiefs aux guerriers qui se seront les plus illustrés durant la campagne et les combats qui en ont découlé. Je me laisse quoiqu'il en soit aider par cette grande dame, alors qu'elle m'a tutoyé. Je ne l'ai pas rudoyée à la suite, car j'attendais qu'elle me dévoile cartes et intentions avant de porter un jugement. Sa manoeuvre n'était pas anodine dans un milieu aussi intimiste que mes propres appartements. Je la regarde alors qu'elle prépare les mets et les boissons pour cette petite dégustation. Je souris, d'un sourire fantomatique, quand elle évoque ses souvenirs de mes goûts culinaires.


| Voudriez-vous faire engraisser votre Roi, Lady Corbois? C'est bien parti pour. Je prendrais un peu de tout, mais j'ai bien peur que je ne saurais faire honneur aux quantités que vous avez rapportées, je n'ai pas encore retrouvé toutes mes forces. |


Manger allait bientôt me donner l'impression d'exploser, vous pouvez en être certains. Quoiqu'il en soit, ma curiosité était maintenant attisée et je ne me voyais pas m'arrêter en si bon chemin. Nelya ouvre la bouteille d'alcool tout en parlant de son père, de son fils. Je souffle, à mon tour.


| Moi aussi. Bran est mort en menant la vie qu'il a toujours vécue. Mes fils, je l'espère, vivront bien et longtemps. |


Je prends une mine faussement offusquée, levant un sourcil. J'avais compris sa subtile pique sur la naissance de son fils, que je doutais avoir été faite à dessein. Corbois, alors Mormont, avait passé le plus clair de ses années de jeunesse à tenir compagnie aux fils Stark. A l'un d'eux, en tous cas et l'affaire aurait pu faire grand bruit sans mon intervention.


| Moi? Je ne fanfaronnais pas, ma Dame. J'énonçais des faits. Pour m'en gargariser. Bon d'accord, j'étais fanfaron. C'est comme vous le dites de son âge. Espérons qu'il soit plus avisé que d'autres jeunes guerriers de notre connaissance... |


Lutiner comme nous l'avions fait la femme en face de moi, alors jeune personne en quête d'amour et d'expériences, n'était pas la chose la plus intelligente que j'avais faite dans ma vie, vous pouvez me faire confiance. Je prends mon verre entre mes doigts, et le petit contenant me semble lourd, massif. Je n'ai plus ma force d'antan, ni même de force tout court. Cela reviendra avec les efforts.


| Puissent-ils festoyer dans le Grand Hall de nos Ancêtres. |


Je descends le verre, alors que Nelya se dévoile un peu plus.


| Ce genre d'époque me manque, en effet. Tant d'insouciance, d'impétuosité, de plaisirs et d'inconséquence. Les choses ont bien changé, n'est-ce pas? |



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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Ven 11 Déc - 15:11

J’acquiesce d’un signe de tête convaincu, tentant de paraître sérieuse.

« Oh si. Les rumeurs courent jusqu’à moi. Un Roi dur et irascible dit-on.
Je me dis simplement que j’ai une chance d’y échapper de par ma position. »
Je souris. « Et je ne suis malheureusement pas femme à me laisser impressionner par des on-dit. »

Ni par grand-chose d’autre en vérité. Oh je ne dis pas. S’il s’avérait réellement colérique, je le serais sans aucun doute. Mais je doute malgré tout qu’il se montre effectivement violent ou emporté. D’autant plus envers moi. Envers une femme au sens général j’entends. Une noble qui plus est. Mais sait-on jamais, peut-être a-t-il davantage changé qu’il ne le semble.
Cela devait être difficile pour lui, d’avoir perdu ainsi tous ses frères au fur et à mesure des années. Ils avaient toujours été proches. Je n’étais quant à moi pas particulièrement proche de ma famille, aussi, je n’étais pas la mieux placée pour vraiment savoir. Peut-être était-ce une raison amplement suffisante pour changer.
Il sourit alors que je m’excuse d’avoir pris ce panier comme justification. Mais d’un sourire… vide ? Un sourire de façade. Beaucoup moins réussi que les miens soit dit en passant.

« Vous m’en voyez ravie. Je suis heureuse de pouvoir vous tenir compagnie alors. » Le mien se fait sincère. « Et après autant de temps à m’inquiéter et à ruminer dans l’attente, je vous avoue que je suis d’autant plus enchantée de passer du temps en votre compagnie et de satisfaire votre curiosité. »

Le domaine se portait fort bien, quant à mon fils, il ne serait pas inutile de placer quelques mots à son sujet, surtout si mon idée de mariage se précisait davantage. Il n’y avait donc rien que je pouvais craindre de ce côté-ci.
Sortant mes diverses trouvailles en les disposant, je m’arrête une seconde et le regarde.
Engraisser ? Par les Anciens Dieux oui, c’était mon but. Enfin, ce ne l’était pas à l’origine, mais à le voir maintenant… Il lui fallait se remettre. Pas seulement des blessures reçues. Mais également de la fatigue et de la perte de Bran. Du repos et oui, des repas. Et de la compagnie. Et si, dans l’affaire, je parvenais petit à petit à l’y aider, ce serait bénéfique pour tous les deux n’est-ce pas ?
Je fais un signe de tête, et prends ce coup-ci l’air faussement ennuyé.

« C’est cela ! Vous m’avez démasqué. J’aurais dû être plus subtile en sortant tout ceci j’en conviens. Je pensais pouvoir vous nourrir assez avant que vous ne vous en rendiez compte. »
Je le regarde et esquisse un sourire. « Sans vous offenser Mon Roi, si votre prestance et votre charisme sont toujours intacts, et c’est le cas croyez-moi… vous devez toutefois manger. Et certainement plus que vous ne le faites. Justement pour retrouver vos forces. Vous me verriez navrée de ne pas vous voir retrouver votre forme d’antan. »

Et pas que pour des raisons personnelles. Presque pas.

« Et vous connaissiez mon père. Lui aussi a combattu toutes sa vie. Je suppose que c’est ainsi que cela devait finir pour lui… et qu’il préférait mourir sur un champ de bataille que dans son lit. Sans aucun doute même. » Je souris légèrement. « Oui, je l’espère aussi. Nous ferons ce qu’il faut pour n’est-ce pas ? Pour nos enfants… »

Et mon fils ressemble à tous les autres garçons. Ce qui signifie que je n’aurais plus aucune prise sur lui sous peu de temps. Qu’il n’en fera qu’à sa tête, comme tous les autres. J’aimerais penser que j’ai réussi à le rendre plus responsable, moins idiot que les autres… Mais j’en doute.
Mon sourire s’agrandit en voyant sa réaction et je ris pour de bon en l’entendant.

« Vous étiez le pire ! Je n’ai jamais entendu quelqu’un être plus fier de ses exploits guerriers et des tripes qui pouvaient le recouvrir. » Je secoue la tête, un sourire toujours présent. « Je l’espère. Mais les choses ne changent guère vous savez. Peut-être l’ai-je rendu un peu plus prudent que ces autres guerriers… peut-être… »

Mais comme dit, je n’en suis pas persuadée, loin de là. Je le regarde et lève mon verre, doutant une seconde. A tort.
Je bois à nouveau alors qu’il a déjà fini son verre.

«Oui. La stupidité et l’inconscience partent rapidement généralement. Je ne saurais dire si j’en suis heureuse ou malheureuse parfois. » Je souris. « Mais croyez-vous que les choses changent tant ? Vous avez dit que le roi était colérique, n’est-ce pas de l’impétuosité en quelque sorte ? Et les plaisirs sont toujours là, il suffit de les voir et de s’en saisir. »

Et comme pour le démontrer, je me penche pour lui couper du pain et un morceau de fromage, qui se casse plutôt qu’autre chose, et le lui tends. Certes, il y a d’autres plaisirs que ceux de la table, mais je ne vais pas m’aventurer sur d’autres chemins aussi rapidement. Et dans l’immédiat, je parlais évidemment de ceux-là.

« Je vous ressers si vous mangez quelque chose. Je crains de ne vous voir tomber avant moi sinon…
Remarquez, ce serait bien la première fois que je pourrais me narguer de gagner à ce jeu-là… »


Je le ressers néanmoins en souriant, remplissant à nouveau mon verre à la suite.


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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Dim 13 Déc - 21:56

Je note que la Corbois a prêté oreille aux rumeurs. Il faut bien dire que les racontards sont depuis toujours la source d'information principale de tous les royaumes, toutes les maisons, tous les peuples. Dans un monde comme le nôtre, il est difficile de faire autrement. Avoir des espions, un réseau d'informateurs, de commerçants, c'est quelque chose qui échappe à tout contrôle. D'une personne à l'autre, les récits sont modifiés, enjolivés, détournés. Il est véritablement difficile de savoir à quoi s'attendre au final. Pour ce que j'en savais, la guerre dans le sud avait peut être déjà pris un tour autrement plus désastreux, le Val d'Arryn était peut être déjà assiégé et il n'y avait rien qui puisse être fait pour protéger le Nord de la tempête. J'essayais donc de m'avancer dans la direction d'une stratégie suivie depuis des années, ne faisant que des adéquations ponctuelles plutôt que tout bouleverser à chaque fois. Je souriais, furtivement.


| Oh, de cela je ne doute nullement. |


Je savais que Nelya était curieuse autrefois, et ce n'était pas le genre de trait de caractère que l'on pouvait aisément effacer avec le temps, vous pouvez me croire. J'étais sûr qu'elle l'était toujours. Sa seule présence ici le prouvait, s'il y avait besoin. Je sentais qu'elle était venue pour me jauger, et probablement pour rendre compte de la rumeur de mon retour, de mon état de santé, de la perspective d'unions de la famille Stark. Je hochais la tête pour acquiescer, lorsqu'elle me dit être ravie et enchantée de ce moment. Après tout, c'était un honneur, même pour quelqu'un de son rang, d'être ainsi reçue en privé par un Roi, même par le sien. Je n'avais pas le temps de faire ça avec tous ceux sur qui je régnais. Je note qu'elle instille une espèce de jeu, entre nous. Elle a en tous cas le bon sens de ne pas contredire son souverain. Nelya a donc bien prêté attention aux rumeurs. J'esquisse un sourire, plus grand que les précédents.


| Ma forme d'antan est je pense disparue. A l'époque, il y avait grande gloire à courir l'ennemi, quantité de femmes à aimer et un royaume à découvrir. J'ai bien peur que ce monde s'est étrécit avec le temps. Mais soit, mangeons donc, puisque vous vous inquiétez autant que je tombe d'inanition. |


Je toussais, à plusieurs reprises, avant de reprendre contenance. Ma respiration était sifflante et je fronçais les sourcils, m'astreignant mentalement à plus de retenue et de discipline. Je ne m'excusais pas, je ne dis rien, restant discret, comme s'il s'agissait d'une toux anodine.


| Toujours. C'est notre rôle de parents, et c'est plus important pour moi que celui de Roi, même si les apparences ne sont pas toujours en ma faveur. |


Nelya rit de bon cœur quand elle saisit la balle au bond. Je l'amène un peu plus à se dévoiler. J'ai un sourire poli, mais pas forcé pour autant.


| J'ai mûri, depuis. Les tripes ne m'enchantent pas, même si elles font partie de mon existence. Quant aux plaisirs, survivre à un bain de sang vous donne toujours l'envie d'en profiter, mais chaque chose en son temps. Essayons déjà de tous survivre à la fin de cet été. |


Je mentais à moitié. Je rechignais aux bains de sang, et pourtant je ressentais le manque quand je restais trop longtemps hors campagne. J'avais besoin de ça. Le frisson, l'adrénaline. J'avais besoin de chevaucher, de croiser le fer, de dessouder des hommes. Ma mère disait autrefoisn dans ses derniers jours, qu'elle ne comprenait pas, en référence à mon père, pourquoi les hommes passaient autant de temps à courir après ce qui leur causait le plus de tords. Je n'échappais pas à la règle. J'attrape la nourriture que mon ancienne maîtresse me tend, et commence à déguster l'assortiment.


| Soit, je mange. Resservez donc ma royale personne, voulez-vous? |


Je souriais aux souvenirs qui remontaient, mais mon cœur se serrait en me revoyant avec tous mes frères en train de faire la fête.


| Jadis, je fêtais mes victoires avec mes frères. Ryman, Weyton, Rickard, Brandon. Maintenant, il n'y a plus que moi. Et vous, aussi. Nous avons changé, n'est ce pas ? Autrefois, ce n'était pas le genre de fête de la victoire que nous attendions, après avoir affronté notre destin. |



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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Mer 16 Déc - 16:57

Les rumeurs courent bien plus vite que ce que l’on pourrait souhaiter, bien plus vite que la réalité. Et il y a dans tout racontar quelques traces de vérités, souvent dures et cruelles. Y prêter attention était vitale, y accorder trop de crédit était fatal. Le tout était de savoir doser et de trouver ce qui pouvait réellement en ressortir.
Torrhen Stark avait été fougueux dans sa jeunesse, il était possible que ce trait de caractère se soit transformé et qu’il soit devenu colérique, mais j’en doutais. Les hommes qui avaient œuvrés sous son commandement, qui avaient combattus à ses côtés, le disaient certes féroce lors des combats, mais n’en parlaient qu’en bien. J’aurais eu d’autres échos si le roi s’était avéré véritablement coléreux et hargneux, même parmi les soldats du nord si fidèles.

Je me contente de sourire en retour alors qu’il acquiesce sur ma capacité à être affectée. Je ne l’avais jamais été, impressionnable, pas même alors que j’étais toute jeune fille. Il aurait été sot de prétendre le contraire.
Il me sourit, et ce sourire me contente un peu davantage que les précédents. Plus grand, plus franc.

« Nous n’avons malheureusement plus 15 ans, il est vrai. » Je souris.
« Mais cela n’empêche en rien Majesté. Quand bien même vous ayez déjà découvert votre royaume entier, et aimer plus de la moitié des femmes y demeurant, il reste encore bons nombres d’aventures à vivre et autant de gloire à saisir. Peut-être avec moins de fougue et d’enthousiasme que dans notre prime jeunesse. Mais il serait tout autant dommage de les louper. »

Je fronce les sourcils une seconde, avant de reprendre une attitude neutre, alors qu’il tousse. D’une toux qui ne me plait guère. Même s’il a bien meilleure mine que Lucan à l’époque, ce n’est guère mieux de ce point de vue-là. Bon, certes si tout de même un peu. Mais je ne suis de toute façon point mestre, je ne suis personne, ce n’est pas à moi de lui dire quoique ce soit à ce sujet. Surtout quand lui-même fait mine de l’ignorer.
Je lève un sourcil et le regarde. Oui, les apparences le font facilement passer pour un père froid et distant. Ce qui est sans doute le cas, mais si ce n’était par choix… Je ne doute pas qu’il aime ses enfants, et qu’effectivement leur bien-être et leur bonheur passent avant le royaume. Mais, eux, le savent-ils ?

« Ce rôle prime sur tout le reste. Seuls sont qui n’ont pas d’enfants ne s’en rendent point compte. » Je hausse les épaules.  « Qu’importe les apparences ou ce que pensent les autres… même souvent les principaux intéressés… Notre vie est régentée par leur présence et leurs besoins. Tous nos actes n’ont que pour but de les protéger, n’est-ce pas ? Ils s’en rendront bien compte un jour mon Roi. »

Ou pas. L’aurais-je cru moi ? Non, je suis un mauvais exemple pour cela. J’avais toujours voulu davantage, aussi le mariage d’intérêt et les actions de mes parents me convenaient parfaitement. Je savais déjà qu’ils faisaient cela pour moi. Mais les autres ?
Mais je laisse cela de côté alors qu’il me fait rire en tentant de prétendre être ce qu’il n’était pas.

« Mon père disait la même chose. Qu’il n’aimait pas faire couler le sang. Que se battre et risquer sa vie ainsi n’était pas un choix. Peut-être disait-il vrai. Mais je ne l’ai pourtant jamais vu plus vivant que lorsqu’il revenait d’une bataille. Quel que soit son âge… Je pense qu’il essayait juste de… je ne sais pas, de s’en convaincre ou de nous en convaincre nous. »

Je fronce les sourcils, réfléchissant. Peut-être n’aimait-il réellement pas. Mais tous les guerriers aiment se battre. Tous ceux que je connais du moins. Et même s’il avait mûri, je doute qu’il ait perdu cette exaltation qu’il avait autrefois. Je secoue la tête, avant de sourire et acquiescer.

« Mais vous avez raison. Survivre à de telles épreuves donne envie de davantage. Et survivre à ce qui s’annonce actuellement sera peut-être d’une nouvelle difficulté il est vrai. »

Nul ne pouvait ignorer les tensions qui régnaient partout. Pas depuis le conclave du Val. Qui n’avait visiblement rien amené de très positif, si ce n’est avec le Val justement. La pensée qu’effectivement, il se pourrait que Torrhen et la reine Sharra Arryn soient en réalité en train de négocier plus qu’une simple alliance, m’avait traversé l’esprit. Se lier par le mariage leur assurerait à tous deux plus de sécurité et d’assurance. Et avec le mariage de la princesse Jeyne et du prince Lyman, cela rassemblerait trois royaumes…
C’était une possibilité. Mais tant que rien n’était officiel, je ne pouvais savoir, alors cela ne servait à rien de spéculer ainsi. Autant garder à l’esprit que rien n’était décidé et que je représentais une possibilité plus qu’intéressante non ?

Je souris à nouveau alors qu’il accepte mes conditions. Je ne demande pas grand-chose en même temps, et puis, surtout, ce n’est qu’un repas. Je nous ressers et lui tends son verre, alors qu’il semble un instant se perdre dans ses pensées. Je souris, un peu tristement à mon tour.

« Ils me manquent également… Je n’ai jamais autant ris que lors des soirées à vos côtés. Et nous n’attendions pas spécialement d’occasion pour fêter quelque chose si j’ai bonne mémoire… »

Je secoue la tête. « Nous avons changé, nous avons vieillis, malheureusement… ou heureusement, je ne sais point… »  

Je le regarde et penche la tête sur le côté.

« Je n’aurais pas l’outrecuidance de me poser en amie après tant d’années d’absence… Quoique si, je pourrais en avoir l’effronterie, même face à mon Roi. »

Je souris, avant de hausser légèrement les épaules.

« Il est vrai que je suis venue à Winterfell par inquiétude pour mon fils. Mais il n’en reste pas moins vrai que je m’inquiétais pour vous également. Nous étions amis. Enfin, je l’espère. Nous étions proches tout du moins…  
Et je… même maintenant, je peux assurer que vous n’êtes pas seul. »


Je souris à nouveau, embarrassée, avant de baisser les yeux et de m’emparer de mon verre, que je finis pour la deuxième fois. Je tends la main vers un morceau de pain. Il ne manquerait plus que ce soit moi qui perde le contrôle...


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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Mer 16 Déc - 19:53

Il était difficile de se couper des racontards, dans un monde comme le nôtre. Ce qui m'étonnait toujours le plus, c'était que certaines vérités passaient totalement inaperçu tandis que d'autres étaient abondamment répandues et commentées. Autant dire que ça n'allait pas vraiment de soi de considérer que la vérité vraie avait une place importante, en tous cas dans le Nord. Dans un pays de légendes et de mythes, la réalité et la rumeur se mêlaient jusqu'à ne plus former qu'un tout vaguement uniforme, mais néanmoins imposé à tous par la force des choses. Je ne savais pas trop ce que je devais en tirer comme conclusion. Sinon que je gouvernais un peuple bien compliqué à gouverner. Heureusement qu'il n'y avait pas eu d'attaque sur le Mur en même temps que les sauvageons s'en prenaient à nos terres, sinon nous aurions probablement eu droit à la rumeur de snarks et d'autres marcheurs blancs qui viendraient pour détruire notre avenir et ruiner


| Oh, il reste sans doute des aventures à vivre, oui. Et de la gloire, on en trouve toujours tant qu'on est prêt à en payer le prix. Je ne suis pas certain d'avoir encore beaucoup à dépenser, de ce côté là. |


Je mentais de manière éhontée, sans l'ombre de quoi que ce soit qui puisse me trahir, car je me répétais ce pieux mensonge depuis bien longtemps. Tant qu'il resterait de l'or, du sang, n'importe quoi d'autre à miser, je le ferais, bien entendu. Y compris ma propre vie. Je n'avais pas toujours eu ces ambitions. Je pensais, parfois, qu'elles seraient vaines et que mes efforts suffisaient simplement à assurer la prospérité de mon royaume sans aller chercher plus loin. Mais ce n'était jamais qu'un mensonge, Je n'allais pas pour autant m'ouvrir ainsi devant Nelya Corbois. Je connaissais l'intelligence de cette femme, du moins la vivacité d'esprit qu'elle avait eu jadis. Je n'étais pas prêt à miser bêtement mes atouts. Quant à ce qu'elle me dit sur mes enfants, j'étais un peu destabilisé. Avais-je vraiment toujours tout fait pour eux ? Le temps et les paroles cruelles m'avaient laissé à ce sujet en proie au doute. Il ne me restait plus pour me consoler qu'en conservant la conviction d'avoir fait ce qui était nécessaire. Je ne poursuivais pas, avalant un morceau de fromage, dur et orangé au goût épicé, avant de le faire passer par un verre de goutte particulièrement licoreux.  Je souris d'un air pâle à ma vis-à-vis lorsqu'elle parle du goût du sang.


| J'ai bien peur que contrairement à ce que vous avancez, les rumeurs soient vraies. Si je n'aime pas les tripes, je ne me sens à ma place qu'à la tête de l'Ost du Nord. C'est ainsi, certains sont faits pour être orfèvres ou métayers, d'autres sont faits pour la guerre. |


Inutile de préciser à quelle catégorie j'appartenais. Il y avait de nombreux signes qui abondaient dans ce sens. Quand j'entrais dans une place, j'en identifiais immédiatement les points forts et ceux par où j'attaquerais si un jour je devais prendre l'endroit par la force. Quand je rencontrais des gens, je les jaugeais immédiatement. J'étais comme ça. Nelya me dit que mes frères lui manquent. Comment pourrait-il en être autrement ? Le Nord n'avait jamais connu de seigneurs aussi plaisants qu'eux-mêmes. Je l'écoute jusqu'au bout, continuant de grignoter, comme pour donner le change. J'écoute et j'étudie, avant de répondre, finalement.


| Je vous remercie pour votre sollicitude, votre compassion et votre présence. Si le Nord tient toujours debout, c'est peut être un peu grâce à ses gouvernants et ses soldats, mais aussi grâce à l' « arrière » qui tient toujours bon quand les hommes ne sont pas là. |


Je me resservais seul, prenant la coupe entre mes doigts pour en avaler une bonne gorgée.


| Cette jeunesse me manque, en effet. Même si je me sens bien adulte. Je ne renierais jamais l'homme que je suis devenu. Cette condition me permet d'être ici avec vous, en train de savourer un repas informel et d'échanger sur nos fantômes, et cela me permet aussi de vous dire que vous êtes plus belle encore qu'autrefois, si c'est seulement possible, Lady Corbois. |



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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Jeu 17 Déc - 9:59

A parler de gloire, de femmes et de découvertes, je me dis que peut-être a-t-il changé après tout. Et moi ? Je n’en ai point l’impression. Certes, maintenant, je pense également à mes enfants. Mais dans le fond… Je sais tout aussi bien qu’autrefois ce que je souhaite ou ce que je ne désire pas. Oh. Oui, autrefois, je n’aurais aucunement voulu ce que je viens chercher auprès de lui aujourd’hui. Trop d’entraves et de précautions. Mais maintenant…
Et si tout ceci ne servait à rien ? J’ai entendu les rumeurs encore une fois. Pas celles qui disent que le roi est colérique ou difficile. Celles qui disent qu’il songe enfin à se remarier. Peut-être sont-elles loin de la vérité, mais le fait est que cela s’est confirmé depuis mon arrivée à Winterfell. Malgré la véracité des dires, cela pourrait tout autant être inutile, rien ne le rattache à moi dans l'état actuel des choses. Mais de ce que j’en sais, rien ne le rattache plus à aucune noble. Quoiqu’il arrive, cela ne me fera aucun mal de me rapprocher à nouveau du roi. Je lui souris et hoche la tête. Oui, il a beaucoup perdu. Est-ce une raison pour renoncer ? Me concernant, la réponse serait non. Le concernant ? Je n’en sais trop rien. Il semblerait.

Il ne répond pas alors que je mentionne l'importance des enfants. Aurais-je touché un point sensible ? Toujours en train de combattre, a-t-il été souvent présent ? Il semblerait que non… Les enfants donc… Je n’ai guère eu l’occasion de discuter avec eux, il faut dire que la princesse avait tant à faire et que les petits princes étaient partis avec leur père, mais… oui, il me faudra le prendre ce temps. Si cela le touche autant, en bon père qu’il est, m’enquérir à leur sujet serait opportun.
J’acquiesce d’un signe de tête, alors que nous enchaînons sur les batailles, évidemment.

« Je comprends fort bien. Vous êtes un guerrier. Aller au-devant du danger, sans tenir compte des conséquences désastreuses que cela pourrait avoir, et se rendre compte qu’on est toujours vivant alors que les autres tombent… c’est une façon dangereuse de vivre, mais je la comprends. »

Pas si différente de ce que j’avais fait moi-même. Même si soit, je ne risquais aucunement la mort.
Et encore une fois, il me laisse parler. Et je ne sais si c’est bon ou mauvais signe. Toujours est-il que je ne mens à aucun moment. Ni sur ma tristesse, ni sur les raisons de ma présence. Quant au fait que je puisse être présente à ses côtés, il n’y a rien de plus vrai.
Je souris alors qu’il mange, en profitant pour couper quelques morceaux de viandes que je lui sers. J’attrape un morceau de fromage, mangeable, pas les siens, que je grignote à mon tour.

« Ne me remerciez pas Messire. Cela me fait plaisir d’être à vos côtés et de pouvoir discuter ainsi avec vous. Vraiment.
Et c’est un honneur que d’avoir un roi à soi, ne serait-ce que pour quelques heures. »
Je lui souris, malicieuse. Je ne me leurre pas. Il lui suffirait d’un geste pour me chasser. Alors oui, autant en profiter et mettre autant de pions que possible de mon côté. Ou du sien. Bref.
« Des orfèvres, des boulangers et les femmes qui attendent encore et toujours le retour de leurs hommes. Se demandant s’ils reviendront entiers ou même en vie. Ce n’est pas le rôle le plus évident, il est vrai. L’attente et l’incertitude sont des maîtresses horribles et insupportables. »

Surtout lorsque l’on aimait avoir le contrôle autant que moi. Ne pas savoir et ne rien pouvoir faire était pour ma part bien plus qu’intolérable. J’avais cru devenir folle ces dernières semaines. Ne pas être maître de la situation et ne faire que subir… Merci bien, mais je m’en passe aisément.
Il se resserre à nouveau, et je finis d’avaler mon pain, les yeux rivés sur lui. Je cligne lentement des yeux. Avant d’esquisser un sourire timide. Oh. Il est adorable quand il veut. Pourquoi ? Cherche-t-il à m’amadouer ? Non, il n’en a guère besoin, et il doit le savoir. Non ? Va-t-il demander autre chose ? Cherche-t-il simplement à me remercier pour ma sollicitude ? Ou pense-t-il simplement ce qu’il dit ?

Je fronce légèrement les sourcils, avant de les hausser, prenant l’air à moitié amusé, à moitié scandalisé.

« Chercheriez-vous à me séduire en me couvrant de compliments Messire ? » Mon sourire s’agrandit et je secoue la tête, détournant les yeux. « Ce n’est plus guère de notre âge pourtant. »

Je le regarde à nouveau, souriant toujours.

« Je ne doute nullement de votre sincérité mon Roi, mais… cette jeunesse qui vous manque me manque tout autant. Je ne suis plus la jeune jouvencelle que j’étais. Et même si tout comme vous, je suis heureuse de la femme que je suis devenue, je regrette toutefois ce que cela implique. »

Je hausse les épaules. Je suis certes toujours belle. Plus qu’autrefois ? Pas de la même façon alors. Le temps fait autant de ravage que la guerre malheureusement.
Je me resserre un verre, avant de m’adosser au fauteuil, en croisant les jambes. Je souris légèrement, le regard perdu dans le liquide.

« Mais cela reste plaisant de savoir que certains peuvent encore vous trouver jolie… ou même attirante… Malgré les années et tout le reste… »

Je relève les yeux vers lui, un mince sourire aux lèvres timide, avant de finir mon verre d’une traite. Je me redresse un peu, tendant la bouteille vers lui pour le resservir.


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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Jeu 17 Déc - 11:39

Je me rends compte que je suis devenu bien vieux. Dans mon corps, c'est aujourd'hui une évidence, mais aussi dans ma tête. J'aurais dû l'être depuis longtemps et je ne regrettais pas une seule seconde. Je me disais que rester jeune n'aurait pu qu'apporter son lot de problèmes, ses hésitations, ses incertitudes et imprécisions. J'aurais été plus vif, plus emporté, et infiniment moins réfléchi. Je ne devais donc en aucun cas succomber de la sorte aux remords nés d'une nostalgie toujours vivace, bien que puérile. Aujourd'hui, j'étais le Roi du Nord. On attendait beaucoup de moi et ce n'était rien à côté de ce que j'attendais de moi-même. Un haut niveau d'exigence pousse les autres à se surpasser en votre présence, mais cela ne marche jamais aussi bien que si vous appliquez ces principes à vous-même en priorité. Il faut inspirer, pour régner. Et pour inspirer, il faut souffrir. D'une manière ou d'une autre. La noble que j'ai en face de moi semble être venue pour me jauger; ses regards ne m'échappent pas et je me rends compte que j'ai fort à faire pour la convaincre de ce que je veux incarner à ses yeux. Je laisse donc couler certaines choses, en met d'autres en avant, dans l'esprit de pouvoir façonner ce que je désire voir dans son esprit.


| Je dois vous détromper. Bien sûr que je tiens compte des conséquences de mes campagnes. Je serais bien mauvais Roi que de ne pas le faire... |


Je me saisis des morceaux de viande fumée que Nelya me tend, coupés en lamelles. J'ai toujours aimé la viande forte, avec un fromage tout aussi fort et normalement, une bonne pinte de bière brune pour tout faire passer en douceur. Je savourais ces plaisirs simples, surtout après une campagne brutale et douloureuse. Je reprends en appliquant une couche de beurre salé sur une tranche de pain blanc, avant d'y croquer en même temps qu'un bout de fromage.


| Vous m'en voyez ravi, ma Dame. Quant au reste, je ne peux qu'être d'accord avec vous. Il n'y a rien de pire pour nous autres que l'attente avant la bataille. |


La Corbois semble quelque peu décontenancée par mes paroles, en me demandant si je cherchais à la séduire, me disant que ce n'était plus de notre âge. Plaisanter me fait du bien. Et je sens aussi une chaleur, en moi. Un manque que je dois combler. Elle joue ensuite la modeste, avant de revenir à l'assaut. Les choses devenaient de plus en plus claires. Un instant, je pensais à Sigyn, à Mathie. Je me disais que je n'avais pas réellement besoin de tout ça. C'était effectivement le cas. Mon regard se promène sur ce qu'elle m'offre à voir, en venant me resservir. Je porte ma coupe à mes lèvres. Je me demandais si remplacer un poison par un autre était vraiment pertinent, mais je devais faire quelque chose, autrement mes résolutions allaient finir par vaciller. Je suis porté par la curiosité, et par tout un tas d'autres choses.


| Et si c'était le cas, Lady Corbois, si je vous trouvais séduisante, et même attirante, qu'est ce que cela éveillerait, chez vous? |


Je pique un carré de fromage poivré du bout de mon couteau avant de le porter à ma bouche.


| Qu'êtes-vous réellement venue chercher en ma compagnie, ma Dame? |


Question calme, posée, sans emphase. J'attendais la vérité.



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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Jeu 17 Déc - 15:00

Je secoue la tête.

« Ce n’est pas ce que je voulais dire Majesté. Evidemment que vous tenez compte des conséquences de vos campagnes, ce magnifique royaume ne serait plus debout dans le cas contraire et vos hommes ne vous tiendraient pas en si haute estime.
Je parlais à titre plus… privé. Je comprends ce besoin… d’aller plus loin, de se sentir vivre.
Mais se mettre en danger et risquer ainsi sa vie, partir combattre les sauvageons, les fer-nés ou autre, en laissant sa famille derrière… »
Je secoue la tête et fronce légèrement les sourcils. « Quand bien même est-ce pour les protéger et pour protéger vos terres… cela doit être bien difficile. »

Personnellement, cela me convenait fort bien lorsque Lucan s’absentait des semaines, des mois, pour partir guerroyer. Je dirigeais alors le domaine, tout comme je le fais encore aujourd’hui. Certes, je ne pouvais me permettre trop de… d’excentricités ou de plaisirs. Ma réputation et ma position sont bien trop importantes à mes yeux pour que je ne songe sérieusement à les entacher. Mais être libre d’administrer mon château et mes terres, sans contraintes et sans devoir en référer à un quelconque époux était on ne peut plus plaisant.  
J’acquiesce une nouvelle fois, dans un sourire.

« Pour tout le monde. L’attente et l’impuissance que cela engendre sont, pour ma part, totalement insupportables. »

Ne rien avoir à faire et choisir de ne rien faire sont deux choses différentes. Et si je peux parfois apprécier de rester oisive, cela reste rare, et c’est principalement lorsque je me promène dans mes jardins. Je suis sinon occupée… d’une manière ou d’une autre.
Là par exemple, on pourrait me taxer d’indolente. Pourtant, j’œuvre. Non pas à coup d’épées, ni même de mots assassins. Mais doucement, avec gentillesses et minauderies, à grand renfort de douceurs et de souvenirs.
Je sens son regard qui me suit alors que je le ressers, avant de me servir à mon tour. Je souris et joues, c’est une partition que je connais bien que celle-ci. Tout comme je sais que 20 ans et 3 enfants changent tout autant une femme que les batailles peuvent changer un homme. Mais certes, je suis toujours séduisante, fort heureusement.
Mais j’avoue que je ne m’attendais pas à tant de franchise. Non que cela ne m’étonne réellement au final, venant d’un Stark. Je ne peux m’empêcher de sourire, après l’avoir fixé quelques secondes. J’ouvre la bouche et la referme. Je m’empare de mon verre et bois une gorgée, avant d’à nouveau lever mon regard vers lui.

« Cela réveillerait bien d’autres souvenirs mon Roi.
Si tel était le cas, peut-être oserais-je vous dire que j’en serais plus que flattée. Si tel était le cas, je vous répondrais peut-être que cela fait bien longtemps qu’aucun homme ne m’a regardé de la sorte et que cela me manquait. Si tel était le cas, je pourrais murmurer que je me sens presque à nouveau comme la jeune fille que j’étais, fébrile, impatiente et avide. »


Mon sourire et mon regard se sont fait espiègles au fur et à mesure de mes paroles. Je croque un bout de viande que j’ai volé dans son assiette.

« Concernant ma venue… » Je l’observe en souriant, avant de hocher la tête.
« Soit puisque vous souhaitez de la franchise de ma part…
Oui, évidemment. J’ai également entendu les rumeurs concernant votre futur mariage. Je n’oserais vous mentir en prétendant ne pas être intéressée… Si je ne l’étais aucunement autrefois, je me retrouve aujourd’hui veuve avec un domaine à gérer. Domaine qui reviendra sous peu à mon fils. Et je ne supporterais pas de rester… superflue, tel un poids mort et encombrant. »


Je fronce les sourcils. Non, je ne pourrais pas. Et oui, avoir un rôle plus important, une place encore plus privilégiée est plus que tentant.
Je ne peux pour autant le laisser croire que l’idée du mariage est mon seul motif, quand bien même cela serait vrai…
J’esquisse un sourire plus doux, le regardant plus timidement.  

«… Toutefois… ce n’est pas totalement vrai… Pas entièrement.
Je suis réellement venue m’enquérir de votre état. Physique et mental. Que vous me croyez ou non, vous m’êtes important. L’homme, pas le roi. Je vous ai apprécié, aimé même sans doute. Vous êtes le premier qui… »


Je souris et me mords la lèvre, haussant doucement les épaules, avant de reprendre, un peu plus sérieusement encore.

« Vous êtes l’une des rares personnes avec qui j’ai réellement partagé des moments de ma vie autrefois, des joies et des peines. L’une des seules avec qui je puisse encore passer des moments comme celui-ci, aussi impromptus qu’agréables. L’un des seuls hommes a visiblement me trouver encore jolie et attirante et à pouvoir… me plaire. »

Je lui souris. La vérité, rien que la vérité. Que je souhaite devenir reine ou que je le désire lui... qu’importe au final. Les deux sont vrais. Même si je préfèrerais qu’il conserve à l’esprit le côté homme plutôt que roi… Ce sera plus flatteur pour lui, et plus profitable pour moi…


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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Ven 18 Déc - 11:19

La jeune femme se défend de toute méprise. J'avais bien compris ce qu'elle voulait me dire, à la base. Je n'étais pas stupide et je comprenais bien qu'elle indiquait par là que j'étais toujours quelque part, le jeune fol que j'étais jadis. Oui, je ne me souciais qu'assez peu des conséquences que la guerre pourrait avoir sur moi, sur mon corps, sur mon esprit. J'avais déjà affronté mon ennemi les yeux dans les yeux à de nombreuses reprises, et je ne pouvais certainement pas me contenir si jamais le Nord était envahi. Me freiner, me limiter, n'était pas dans ma nature. Dans la nature d'aucun Roi, c'était même certain. Un souverain ne pouvait se fixer aucune autre limite que celles de son devoir. Le reste ne serait alors qu'un carcan insipide, impossible à tenir dans le temps si l'on désirait vraiment évoluer avec son royaume. J'opinais lentement du chef.


| Ca l'est. Plus ou moins. C'est toujours un déchirement que de devoir quitter les siens, le confort de son château, de ses domaines. D'un autre côté, quand on a cela dans le sang, c'est réellement difficile d'y résister. |


Je ne pouvais donc que comprendre ce que me disait la femme que j'avais en face de moi à propos du côté insupportable de l'attente. L'incertitude était quelque chose qui effrayait depuis toujours, c'était une constante de l'être humain. Ne pas savoir nous rongeait. Ne pas connaître notre avenir non plus, mais il n'y avait pas grand chose qui puisse être fait dans ce sens. C'est pourquoi je me tenais occupé, sans arrêt. Un Roi a toujours des choses à faire. Préparer ses troupes, passer la garnison en revue, bâtir chateaux, routes, ponts, veiller au maintien de l'ordre, au bon état des finances et des dépenses, à l'organisation de tous les événements qui rythment notre existence. Nelya Corbois prend le temps de répondre à ma question franche et directe, en me disant finalement que mes paroles ne la laisseraient pas indifférente. Impatiente et avide. Je comprenais, et cela ne fit rien pour calmer la chaleur grandissante qui me réveillait à nouveau. Elle venait donc pour les rumeurs. Je n'en étais pas surpris, et même si elle nuançait ses propos, cela voulait tout dire, et signifiait fatalement beaucoup. Je n'en étais nullement offusqué, et je lui offris un sourire en coin tout en avalant une nouvelle gorgée de mon verre.


| Je vois. Vous avez entendu les rumeurs. Elles sont vraies. Mais ce n'est pas véritablement à moi de choisir. La décision en reviendra au Nord, à ses impératifs, pour me trouver ma prochaine épouse. |


Je reposais mon verre et la fixais du regard.


| Vous aviez autrefois mon attention et vous l'avez toujours aujourd'hui. Je ne peux vous garantir ni la place sur le trône à côté du mien, ni vous proposer mon amour. En revanche, je reconnais que vous êtes très attirante et il est vrai que vous êtes loin d'être une inconnue. |


Je suis direct, la détaillant d'un regard intense.


| Si cela vous agrée et que vous êtes prête à la discrétion et à toutes les précautions nécessaires, peut-être pourriez-vous rester cette nuit avec moi. Si vous n'avez pas peur de dormir aux côtés d'un vieillard. |



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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Ven 18 Déc - 17:19

Je ne sais ce que lui ressent quand il part à la guerre, laissant tout derrière lui. Lui, roi de ces terres, qui se doit de les protéger et d’en repousser sans cesse les ennemis. Lui, combattant dans l’âme, qui malgré ses quelques protestations, ne se sent vivant qu’une épée à la main. Lui, le père, l’époux, qui a délaissé et qui continue de le faire, sa famille, ses enfants, au risque de créer un abîme entre eux et lui.
Moi, à mon niveau, me mettre en danger et vivre sur le fil du rasoir consistait à me perdre dans les bras de certains hommes avant d’en avoir l’âge et le droit. Ou même après, alors même que mon époux parlementait dans la pièce d’à côté. Quoiqu’on en pense, il y avait tout autant de dangers pour moi que pour lui lors des batailles. Pas de la même sorte soit, mais je risquais néanmoins ma vie et mon honneur. Les diffamateurs pourront dire ce qu’ils veulent, rien ne sert de vivre si c’est pour se replier et se cacher. A quoi bon respirer et exister si ce n’est pas pour en profiter, jouer et s’amuser ?
Je lui souris.

« Oui… je n’ose imaginer la peine que cela doit être de laisser tout cela derrière soi. »

Je n’avais jamais eu à devoir abandonner mes enfants et mon domaine. Aurais-je pu ? Je ne sais point. Peut-être, sans doute même à une époque, quand j’avais encore du mal à me faire à mon rôle de mère et que j’aurais préféré continuée de m’amuser plutôt que de m’occuper d’eux. Maintenant… non. Il fallait bien que je finisse par avoir quelques attachements plus forts que mes seules envies n’est-ce pas ? Si cela n’avait point été le cas, je ne serais pas venue à Winterfell. Pas pour attendre impatiemment le retour de mon fils dans tous les cas. J’aurais cent fois préférée rester au domaine et continuer de m’occuper de l’intendance et du reste, plutôt que de rester ici les bras croisés, comme une étrangère que j’étais presque. Oh, certes, il y avait toujours Torrhen. Et les murmures sur ses projets. Peut-être serais-je venue uniquement pour cela.
Mais j’aimais mes enfants. Même si la force de cet amour m’étonnait moi-même parfois encore. Et je m’étais réellement inquiétée pour Benjen. Comme toute bonne mère effectivement.

Toujours est-il que je me retrouvais là quand même. Face à mon roi, face à mon ancien amant, à instaurer un léger jeu de séduction et de non-dits. Je sais fort bien qu’il n’est pas dupe, mais il joue tout de même. Il se montre même plus direct que je n’aurais pu l’imaginer. A mon tour donc de l’être. Même si j’essaie de distiller et de mélanger plusieurs vérités, celles crues comme mon envie de devenir davantage, celles plus nuancés qui font appel à ses souvenirs.
Il me sourit alors que je me tais. Mon sourire se fait léger et je hausse un sourcil.

« Je ne doute pas que les intérêts du royaume passeront avant les vôtres. Mais si vous ne choisissez pas, me permettez-vous de demander qui donc le fera à votre place ? Il faut bien que quelqu’un décide. Un nom ne va point apparaître seul devant vous ?
… Sinon, je peux fort bien vous proposer le mien… »


Mon sourire se fait clairement amusé. Certes, je plaisante… un peu. Suffisamment pour qu’il s’en rende compte.
Je penche la tête sur le côté alors que son regard se fait plus intense. Je cligne à nouveau des yeux. Bien. Oh. Je ne pensais pas qu’il irait jusque-là. Pas aussi directement, après une absence aussi longue. N’a-t-il personne pour réchauffer sa couche ? Je ne sais pas ce que je dois faire. En être offensée ? Dois-je accepter ?
Mon sourire s’agrandit.

« Concernant le trône, vous savez fort bien ce qu’il en est de mon côté, je ne reviendrais pas sur le sujet…
Et je ne recherche pas l’amour. Cela n’a jamais été réellement le cas, quand bien cela est vexant d’être si rapidement exclue de cette possibilité… »


Je me passe la langue sur les lèvres et le fixe.

« J’ai le regret de vous informer que pour dormir, j’ai une chambre confortable non loin de la vôtre. Qui plus est, je ne vois aucun vieillard face à moi. »

Je pose mon verre à mon tour.

« Et vous le savez bien que j’ai toujours su être discrète … ou du moins une fois sortie de la chambre, cela n’a pas changé non plus… »

Je me lève, avant de m’assoir avec douceur sur l’accoudoir de son siège, tournée vers lui. Je me penche, et esquisse un sourire, frôlant son cou de mon nez.

« J’aimerai pouvoir offrir un moment de distraction… » Mes lèvres frôlent sa peau à leur tour. « … et de bien-être… » Je remonte vers sa mâchoire que je mordille. « … à mon roi… » Je me redresse un peu, plongeant mon regard dans le sien. « … et à mon ancien ami… »

Mon pouce vient frôler sa lèvre. Lentement, ma main avance vers lui et passe dans ses cheveux, alors que je fais à moitié la moue.

« Mais vous devez toutefois vous douter que je n’ai aucun désir d’être simplement une femme parmi tant d’autres, même pour vous.
Je n’ai point pour intention de devenir la chaufferette de quelqu’un, fut-il roi. »


Mes lèvres rejoignent les siennes quelques secondes. Avant que je ne me détache de lui et ne me lève. Je fais un ou deux pas, avant de me tourner vers lui.

« Je suis désolée mon Roi. J’ai très envie de rester avec vous. Plus que vous ne pouvez l’imaginer. » Et de sentir à nouveau ses mains sur moi. De sentir un homme tout simplement même à mes côtés.
J’esquisse un sourire désolé. « Mais je n’ai plus 15 ans et je vous considère comme un ami. Je ne puis me permettre de simplement vous rejoindre pour la nuit. Je ne puis devenir uniquement une belle-de-nuit que vous appelleriez lorsque vous vous sentez trop seul.

Je mérite mieux. Vous méritez mieux Torrhen. »


Et les dieux savent que je le regrette pourtant. Je m’incline face à lui.

« Merci pour cette soirée et pour tout le temps que vous m’avez accordé Majesté. Je suis vraiment heureuse d’avoir pu vous voir à nouveau. »



La norme est ennuyeuse. Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais.

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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   Sam 19 Déc - 21:14

Je suis Roi. Et je gouverne depuis vingt ans un royaume parmi les plus vastes qui existent. J'ai l'habitude de la cour et de ses courtisans et courtisanes. Même dans un pays aussi rude que le nôtre, toutes les familles importantes du royaume nous envoient sans discontinuer leurs représentants, petits ou grands, qui venaient m'occuper pour m'arracher titres, terres et gloires. Argent, le plus souvent, pour financer différents projets, car le Nord comptait quantité de nobles mais bien peu finalement avaient les moyens de leurs ambitions. Notre artisanat basé sur l'exploitation de mines et de différentes fabrications d'objets suffisait à peine, le plus souvent, pour financer le maintien sous les étendards de troupes conséquentes et l'entretien des infrastructures déjà existantes. La Corbois compatit, mais si j'apprécie que l'on me comprenne, ou que l'on se figure me comprendre, je préfère de très loin que l'on fasse preuve de loyauté. Un Roi est nécéssairement au dessus des hommes et femmes à qui il commande, c'est la base même de son pouvoir. Autrement, rien ne peut réellement fonctionner. Pour le moment, je n'ai aucune véritable idée de ce qu'éprouve la Corbois pour ma personne ou pour mon règne, sinon qu'elle se trouve être dans de bonnes dispositions. J'estime donc, qu'elle attend quelque chose de moi, quelque chose que je n'ai pas encore su considérer.


Je n'aimais pas ne pas savoir. C'était ma faute, sans doute. Je ne passais pas mon temps à espionner ni les seigneurs étrangers, ni mes propres vassaux et si mon trésor s'en trouvait ainsi préservé, il n'en restait pas moins que j'étais parfois en proie au doute, né du manque d'informations. J'attendais donc que la femme se dévoile, pour savoir comment avancer. Moins j'en savais, plus je la poussais en avant, ce qui avait pour conséquence de la mettre sur ses gardes mais qui me permettrait, sans aucun doute, d'en savoir un peu plus sur elle et sur ses intentions. Nelya Corbois continue de s'avancer un peu, et se positionne par rapport à mon union à venir.



| J'ai confié la chose à une personne digne de confiance, afin de tester ses aptitudes à gérer le Nord et à se montrer digne de son titre. Je ne doute pas que cette personne saura faire le bon choix. De nouvelles alliances des Stark et de Winterfell sont à envisager au plus vite, même si je ne suis guère pressé d'être à nouveau marié. |


Je n'avais lâché aucun indice qui serait susceptible de faire tomber ma fille, mais il y avait peut être un peu trop de vérité dans ce que je venais de dire, rien qui puisse rassurer celle qui, déjà, m'attirait. Je n'avais plus pour ambition de fonder une famille, j'en avais déjà une, et j'avais déjà trop été déçu dans ma vie sentimentale pour m'engager à nouveau sur la pente glissante d'un amour partagé. Corbois le comprend, et dit que c'est vexant, pourtant je perçois chez elle une forme d'avidité. J'ai sans doute vu juste, encore qu'il est difficile d'en être certain. Je laisse faire ma vieille amie lorsqu'elle vient près de moi, emplissant mon corps de désir, le rassénérant après toutes les dernières meurtrissures et mésaventures. Je la laisse, sensuelle, s'immiscer dans le creuset de mon désir. Même si je ne serais sans doute pas capable de grand chose vues mes blessures, je ne peux m'empêcher de la désirer, ardemment. Pourtant, malgré ses caresses et son baiser que je lui rends, la belle se retire, se recule. Elle s'excuse et veut plus. Je ne sais si c'est d'un coup la clarté que je désirais voir dans son jeu, mais elle en a dévoilé certaines cartes. Mon cœur aurait pu se serrer d'être ainsi refusé, mon égo aurait pu se froisser... Mais non. J'étais Roi. Gouverner signifie être fort, mais seul. J'avais au moins compris qu'elle attendait que la chose vienne de moi et qu'elle soit exprimée avec vigueur. Ce dont j'étais, en cette période, foncièrement incapable. J'ai un pâle sourire quand elle m'explique se retirer alors que la brûlure de mon corps s'estompe aussi vite qu'elle s'est présentée.


| Soit, nous méritons mieux et vous attendez plus, ce que je ne saurais ni vous promettre, ni vous garantir. Vous avez entièrement raison, sans doute êtes-vous plus sage que le jeune fol que vous avez su réveiller, ce soir. S'engager sur cette voie serait sans aucun doute une erreur, car ni l'un ni l'autre ne pourrons y trouver notre compte, visiblement. J'ai déjà fait ce genre d'erreur par le passé et il n'est en effet pas plus mal de ne pas la réitérer. C'est donc moi qui vous remercie, pour votre compagnie et votre gentillesse. Bonne nuit, Nelya. J'espère que vous prendrez plaisir à votre séjour à Winterfell. |


J'étais las et fatigué. Un peu décontenancé aussi, je ne m'étais pas attendu à cette réaction. Je n'étais pas Roi à m'offusquer d'une rebuffade, mais rattérir aussi lourdement sur mes jambes chancelantes me faisait m'interroger ; chercher de la compagnie, simplement, en étais-je seulement capable sans compliquer les choses ? Nelya Corbois m'avait évité ce questionnement, tout en me l'imposant très prochainement. J'en avais encore visiblement beaucoup à apprendre sur moi, et sur ce que je voulais être dans l'avenir qu'il me restait. Je saluais la jeune femme d'un signe de tête, le désir frustré mais s'évadant petit à petit. Je devais retrouver mon lit, maintenant, contenté de paroles, de vin et de nourriture.



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MessageSujet: Re: Le petit chaperon rouge toque à ma porte [Tour II - Terminé]   

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