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Coming Home... [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Jeu 3 Déc - 8:59

La journée est déjà bien avancée alors que j’erre dans les couloirs de Winterfell. Il n’y a personne dans ce coin du château et j’avoue que j’en suis plutôt heureux, n’ayant pas à faire bonne figure face à ceux que je pourrais croiser et qui viendraient me remercier pour ce que j’ai fait pour leur peuple. Non pas que ça me déplaise ou que je regrette quoi que ce soit mais j’avoue avoir un peu de mal à arborer une mine fière après tout ce qui s’est passé, alors que nous sommes si peu à revenir.

Ce soir nous fêterons la victoire, nous allons honorer les morts, leur mémoire, leur sacrifice et probablement boire jusqu'à faire mine d'oublier ce que nous avons vécu. Je ne sais même pas si j'en ai vraiment envie mais la question de ma présence ne se pose même pas. Si j'avais pu hésiter avant de combattre auprès des nordiens, maintenant, il est hors de question que je ne trinque pas avec eux. Je leur dois au moins ça.

J'ai pourtant besoin de retrouver un semblant de calme et j'arrive tant bien que mal à m'esquiver. Lyman est en train de se faire soigner par un Mestre après avoir insisté pour qu'il m'examine en premier. J'ai manqué de sourire à la mine outrée du vieil homme en voyant le Prince faire passer son valet avant lui mais cette idée s'est envolée quand son air a laissé place à une véritable inquiétude. Je ne sais quel cataplasme il a employé sur ma blessure mais depuis, je suis partagé entre une furieuse envie de tout arracher tant cette pommade me gratte et le soulagement qu'elle procure. J'ai enfin la sensation de ne plus avoir le bras qui brûle et j'ai presque l'impression que je pourrais dormir un peu. Mais c'est bien évidemment hors de question. Alors, à défaut de dormir, je m'éloigne du gros des troupes, aussi discrètement que possible.

Ce n'est qu'une fois tout près du Bois Sacré que je me rends compte que mes pas m'ont porté là où je savais que je trouverais un peu de cette sérénité qui me manque tellement depuis des semaines, pour ne pas dire des mois. Il est vide, à mon grand soulagement et, même si je ne compte pas prier, j’ose espérer que les Dieux ne m’en voudront pas de mon intrusion en ces lieux.

Je m'assois sur un banc dans un soupir et je ferme les yeux. En cet instant, je donnerais cher pour être n'importe où ailleurs, sans bien arriver à saisir pourquoi. Peut-être pour croiser des gens qui ne me rappellent pas sans cesse l'horreur que nous avons vécue ou celles que nous avons commises.

J’entends alors du bruit et je rouvre un œil, prêt à me à endosser à nouveau le rôle qui conviendra en fonction de la personne qui va me faire face. Mais, alors que je reconnais la silhouette, je me fige, un peu décontenancé.

"Lyn… lady Lynara. Bonjour."

Pour un peu, je me mettrais à bafouiller. Pourtant, nous nous sommes déjà revus. Enfin croisés, de loin. Je toussote, essayant de reprendre une contenance et je me bricole un sourire guère convaincant, je dois l’admettre, alors que je me relève pour lui faire face.

"J’aimerais dire que je suis surpris de vous voir ici mais, à bien y réfléchir, s’il y avait bien quelqu’un que j’aurais pu croiser en ces lieux, c’est vous."

J’essaie de ne pas trop la dévisager mais je ne peux m’empêcher de guetter son état. Ces derniers mois n’ont pas été aisés pour elle non plus et je me dis qu’elle doit être tout aussi fatiguée que moi et à la recherche d’un peu de tranquillité. C’est probablement pour cela qu’elle est venue ici d’ailleurs. J’hésite alors à ajouter quelque chose. Lui demander si elle va bien me semble brusquement déplacé, même si j’aimerais vraiment le savoir. Mais cette question a pris un tout autre sens dernièrement et je ne veux pas qu’elle se sente obligée de quoi que ce soit.  



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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Jeu 10 Déc - 17:13

Les yeux rougis par la fatigue et l’attention minutieuse que j’avais prêtée à la blessure de mon frère, dans la lumière déclinante, je m’éloignais de son côté pour la première fois de la journée. Ils étaient arrivés avant même que le soleil ne se lève, et l’attente difficile que nous vivions, le qui-vive sur lequel nous étions, avaient contribués à nous réveiller alors que les premiers martellements de chevaux résonnaient dans la cour de Winterfell. La nuit avait été brève ; les préparatifs pour leur retour nous ayant demandé toute notre attention alors que nous savions qu’ils seraient bientôt là. Les nuits précédentes n’avaient pas été plus reposantes, alors que les nouvelles qui m’étaient parvenues sur mon frère étaient peu rassurantes. A priori, si Père était sauvé d’affaire, ça n’était pas le cas d’Andren. Je m’étais imaginé le pire, finissant par rejoindre Jeyne certaines nuits, alors que je ne parvenais pas à éloigner mes terreurs nocturnes. Sans rien dire, elle avait été là pour moi, sans que je n’exprime le mal qui me rongeait. Elle ne pouvait que le comprendre, son inquiétude pour le Roi son père devait être vive, elle aussi. Bien qu’il ne soit plus en danger de mort.

Je ne ressentais malgré tout plus la fatigue, tant le soulagement suppléait. Voir que mon frère survivrait, et serait encensé pour son attitude guerrière, avait éloigné – temporairement peut-être – tous les sentiments négatifs. Il n’était malgré tout pas sorti d’affaire. Son bras était encore en mauvais état, et il peinait à ne serait-ce que le bouger. Ce n’est que parce qu’il avait besoin de repos, loin de tout bruit, que j’avais consenti à le laisser. La vérité, cependant, est que j’aurai souhaité veiller auprès de lui, quitte à m’user la vue dans la pénombre croissante en lisant. J’étais cependant partie malgré tout, sans réellement savoir où me dirigeaient mes pas, avant d’apercevoir la silhouette familière du bosquet sacré abritant le Barral.

La lumière, bien que s’évanouissant rapidement, me permet de distinguer une silhouette, sans que je sois certaine pour autant de la personne se trouvant là. Il pourrait s’agir de n’importe qui : mère, femme ou sœur éplorée, guerrier repentant, et bien d’autres encore. Je m’avance encore malgré tout, tentant de ne faire nul bruit, afin de ne pas troubler la quiétude de celui ou celle qui souhaite se recueillir, et de pouvoir me recueillir moi-même. Les bois ne semblent pas désirer accorder cette trêve à l’inconnu, brisant une brindille sous mes pas, alors que la silhouette se précise et confirme quand il se met à parler. Je ne peux que sourire sur sa méprise, ou son audace, malgré la gêne qui orne mes joues. Je ne le reprends pas, en l’autorisant à m’appeler Lynara. Il n’est guère similaire de le faire dans une lettre, et de vive voix. L’inconvenance de la première est moindre quant à la seconde.

« Gareth… Veuillez m’excuser de n’être pas venue prendre de vos nouvelles, j’ai été retenue au chevet de mon frère. »

Je fis mine de ne pas percevoir son sourire qui ressemblait peu à ceux que j’avais pu voir, avant son départ, ni même sa gêne. Ce ne serait que peu charitable, de lui faire remarquer les changements qu’il semble avoir subis. Je les ai vus, années après années, ces mêmes changements, sur tous les hommes du Nord. Sur mes frères, aussi, tout à l’heure. Je n’ose imaginer ce qui les a provoqués, mais jamais n’ais-je questionné l’un d’entre eux à ce sujet.

« Je ne souhaitais pas vous interrompre, alors que vous devez chercher le calme. Je vais vous laisser. Non sans vous remercier, à nouveau, d’avoir pris des nouvelles de ma famille pour moi… Je vous en suis redevable. »

Souriant doucement, un peu difficilement, je reculais légèrement, hésitant à réellement partir.


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Dernière édition par Lynara Karstark le Lun 14 Déc - 21:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Ven 11 Déc - 10:27

La fatigue, la lassitude même, que j’éprouve ne sont pas feintes. Pour autant, il est impensable de le montrer, il faut continuer à faire bonne figure jusqu’au bout, ne serait-ce que pour rassurer tous ceux qui ont attendu des nouvelles. Mais c’est aussi pour ça que j’ai préféré m’esquiver un peu, pour être sûr de pouvoir tenir bon le temps qu’il faudra quand ce sera nécessaire.

Le Bois Sacré est probablement l’endroit le plus calme qu’il m’ait été donné de découvrir à Winterfell. Je ne vois guère où j’aurais pu aller et, visiblement, je ne suis pas le seul à avoir pensé de la sorte. Mais peut-être est-elle venue prier, remercier ses Dieux d’avoir ramené les siens. Après tout, j’ai eu tendance à oublier que c’était la vocation principale de cet endroit et qu’il n’est pas là pour servir de refuge pour fuir une foule de gens un peu trop heureux de vous voir.
Elle ne me reprend pas quand je l’appelle par son prénom mais, pour autant je ne sais plus vraiment comment l’appeler. Les choses semblaient plus simples lors de nos quelques échanges de missives bizarrement. A sa réponse, je secoue brièvement la tête à son attention.

" Vous n’avez pas à vous excuser, vous aviez bien plus important à penser, c’est normal. Comment se porte votre frère ? J’ai cru comprendre que ses blessures étaient particulièrement sérieuses."

Difficile de ne pas sentir son regard sur moi. Je me demande, l’espace d’un instant, quelle mine je peux avoir et à quel point nous avons changé depuis notre départ. Plus d’une fois, lorsque j’ai pris la peine d’observer Lyman, je me suis demandé quelle sera l’attitude des nôtres lorsque nous rentrerons. De la fierté j’espère, du soulagement de nous savoir en vie et entiers et, probablement, cette pointe de regret alors que maintenant, nous aussi nous savons.  

"Vous n’interrompez rien du tout. Je cherchais effectivement un peu de calme mais votre compagnie sera bien plus agréable. Enfin, sauf si vous préférez partir. Auquel cas, je peux à nouveau fermer les yeux et vous laisser filer."

Le sourire que je lui rends est un peu plus assuré alors que, l’espace d’un instant, je repense à nos premiers échanges. J’ai l’impression qu’ils ont eu lieu il y des années de ça et je me demande si cette sensation va perdurer ou si je finirais par retrouver une certaine normalité. Dans tous les cas, il va falloir réapprendre à faire semblant et, pour quelqu’un qui s’est toujours targué de n’avoir aucun souci dans ce domaine, je sens tout de même que je vais avoir quelques difficultés pour ce nouvel exercice.

Alors qu’elle recule, visiblement bien décidée à me laisser seul, je la fixe dans les yeux et je finis par souffler, d’un ton tranquille, non sans remarquer que son sourire peu convaincant fait probablement écho au mien.

" Je ne suis pas persuadé que ce que je vais vous dire sera vraiment convenable mais peu importe. Je suis heureux de vous voir. Et de voir que même si vous êtes fatiguée, vous semblez aller bien."

J’ajoute alors, sachant pertinemment que le reste de mes propos risque de la gêner encore plus.

" Vous m’avez manqué."

Elle et tout ce qu’elle a pu représenter avant mon départ ou lorsque j’étais plus au Nord. J’ai souvent songé à elle, mais ce n’est que maintenant, alors que je lui fais face, que je me rends compte à quel point j’avais pu apprécier sa présence et le temps que j’ai pu passer avec elle. Je repense alors brusquement à ma discussion avec Lyman et à ce que je vais devoir faire. L’idée ne me plait guère mais il s’est passé bien trop de choses pour que je continue de passer tout ça sous silence. Même si je ne sais pas quand le moment sera le plus opportun.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Lun 14 Déc - 21:59

Je n’avais pu laisser parler ma tristesse, à la vue de mon frère ainsi blessé. Sa carrière de guerrier était finie. Il avait échappé à la mutilation de son bras, mais il ne pourrait plus jamais se battre aussi efficacement. Les mestres, du moins, étaient peu convaincus. Andren n’était pas encore conscient de cela, et quand il ne s’assoupissait pas, parlait avec exaltation et fierté de sa première bataille, de ce combat qui avait fait de lui un homme. Et l’avait diminué, bien que ses exploits seraient contés par des chanteurs que Mère et moi ne manquerions pas de missionner pour cela. Bien que j’espère qu’il se rétablisse totalement, et ne perde pas totalement l’usage de son bras. Il était difficile de le dire actuellement. Mais je ne voulais pas broyer du noir ainsi. Il était tant de se réjouir et de célébrer la victoire et le retour de tous nos hommes. Je m’efforce de sourire, de chasser ces pensées peu heureuses, quand Gareth me questionne.

« Il est encore en vie, et c’est beaucoup. Les mestres ne se décident pas sur le fait qu’il pourra encore utiliser son bras ou non. Je ne peux qu’espérer que oui. Il est destiné, avec son jumeau, à gouverner Karstark et à défendre ses terres. Il ne survivra pas, je le crains, s’il ne le peut plus. »

Ce n’était que peu engageant, mais c’était la vérité. Je n’avais aucun doute quant au fait qu’il avait grandi entouré des nombreux récits de guerre de mes oncles, de leur fierté d’être défenseurs et guerriers du Nord. Gareth pourrait-il le comprendre ? Je n’en étais certaine. Je le regarde, avant de me détourner de lui pour le laisser à la quiétude qu’il semblait rechercher. Souriant plus franchement en l’entendant.

« Je vous avoue que j’apprécie votre compagnie, et ne suis pas désireuse de m’éloigner. Mais j’apprécie que vous me laissiez cette possibilité… Mais de grâce, gardez vos yeux ouverts. »

Je m’avance, prenant place sur un rocher assez lisse et proche de lui, pour ne pas que je souffre de la position inconfortable.

« Personne ne sera là pour l’entendre, mais je suis heureuse de vous savoir de retour, et de vous revoir ici. Je… J’espère que nous pourrons profiter du temps qu’il nous reste, pour que je vous fasse connaître davantage Winterfell, maintenant que votre esprit n’est plus préoccupé par les préparatifs de la guerre… Quand je n’aurai pas à m’occuper du mariage à venir. Si vous le souhaitez. Si vous n’êtes pas écœuré de ce que vous avez vu… »

J’étais hésitante, dans mes propos. Je m’adressais à un valet, et… Oui, si l’on m’entendait, je risquais gros. Et je ne souhaitais pas non plus le blesser, en évoquant les horreurs de la guerre qu’il avait menée auprès des nôtres…


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Sam 19 Déc - 21:28

L'espace d'un instant, je me rappelle l'atmosphère si particulière, si tendue qui avait été celle de Winterfell juste avant notre départ. Nous en avions parlé, brièvement, préférant ne pas trop nous focaliser sur ce qui nous attendait et les risques de ne pas revenir. Et maintenant, c'était tout autre chose. Ce mélange de joie et de deuil impossible à décrire. Ce soulagement d'être envie et ce sentiment diffus de ne pas savoir pourquoi certains s'en étaient sortis alors que d'autres non. Là encore, difficile de faire l'impasse dessus, surtout que les proches de la jeune Karstark avaient été touchés de plein fouet.

J'ai un bref hochement de tête à ses propos et j'ai une moue compatissante alors qu'elle me parle des séquelles prévisibles de son frère.

"Il est jeune, il a toutes les chances de s'en remettre, il faut être optimiste. Et puis, c'est un véritable héro maintenant, voilà un sentiment qui devrait l'aider à garder la tête haute, quelles que soient les conséquences physiques de son exploit. Il pourra tout de même gouverner, quel que soit son état non ?"

La question ne s'est jamais posée pour moi. Voilà pourquoi je me suis peut-être précipité la tête la première dans ce bourbier. Après tout, ma lignée ne s'éteindra pas avec moi et j'ai une fratrie suffisamment nombreuse pour que je n'ai pas à me soucier de ce genre de choses, fort heureusement pour moi. Je réalise brusquement que je n'ai même pas pris le temps d'envoyer une missive à mes parents et je grimace bien malgré moi à cette pensée peu glorieuse.

Quand elle parle de partir, ma réponse semble la toucher et la décider à rester ici. J'en suis content, même si cela ne fait que précipiter le moment où je comptais lui avouer la vérité.

"J'espère que vous apprécierez toujours autant ma compagnie qu'avant notre départ. Je crains que ces évènements nous aient quelque peu changés et j'ai peur que ce ne soit pas forcément en mieux. Vous avez du le voir avec les vôtres déjà si je ne m'abuse. Mais je garde donc les yeux ouverts et nous restons tous les deux là, voilà qui me convient tout à fait."

Je laisse filer un instant de silence avant de reprendre, esquissant un sourire à ses propos.

"Vous êtes heureuse que personne ne soit là pour l'entendre ? Et pourquoi donc ? Quant au reste… ce serait un honneur et un plaisir de passer du temps avec vous pour mieux connaitre les lieux. Même si vous allez être quelque peu débordée à mesure que le mariage va approcher, c'est certain. Mais j'apprécierais chaque moment que vous aurez à m'accorder. Et je ne suis pas écoeuré par ce que j'ai vu. J'ai découvert des hommes courageux, prêts à tout pour défendre leur contrée. Le reste n'a que peu d'importance."

Surtout pas le sang versé et surtout ces cris, qui continueront de me hanter longtemps. Je fixe alors longuement la jeune femme, accrochant son regard et guettant sa réaction à mes propos. Je suis direct, probablement un peu trop et j'imagine qu'elle va trouver quelque chose de convenant à répondre mais cela me donnera une idée de la façon dont elle va réagir au reste de mes propos.

Je me rends compte que j'ai laissé le silence envahir les lieux à nouveau et je prends une profonde inspiration avant de désigner la souche de bois sur laquelle j'étais installé avant son arrivée.

"Lynara, est-ce que vous voulez bien vous rapprocher et vous assoir à mes cotés ? Il faut que je vous parle de certaines choses."

Sans vraiment attendre de répondre, je retourne m'assoir, fermant les yeux quelques instants pour occulter au mieux la douleur lancinante qui ne me quitte pas. Les mots ne me viennent pas facilement, je me rends compte que je ne vois pas trop comment tourner la chose alors, plutôt que de tergiverser, je me lance, d'un ton tranquille.

"Vous vous souvenez, dans une de mes lettres, je vous ai dit que j'ai fait des choses qui n'étaient pas admirables contrairement à ce que vous pensiez. Je ne sais plus exactement comment j'ai formulé cela, j'avoue mais j'espère que vous vous en souvenez."

Je me frotte la nuque et je reprends, après avoir jeté un regard aux alentours, comme pour me donner un peu de courage. Etonnant d'avoir autant de mal à parler de ça après tout ce par quoi nous sommes passés. Et pourtant, j'ai du mal, beaucoup de mal.

"Je vous ai menti. Enfin, je ne vous ai pas dit l'exacte vérité à mon propos. Sur mes origines. Et les réelles raisons de ma venue dans le Nord auprès de Lyman."

Le fait déjà que j'use du prénom du lionceau au lieu d'être aussi cérémonieux que d'habitude la mettra peut-être sur la voie. Ou pas d'ailleurs, dans tous les cas, elle risque de ne guère apprécier la suite. Je me souvient de son aversion pour le mensonge, aversion partagée par la jeune louve maintenant que j'y pense. Décidément, c'était vraiment une riche idée.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Jeu 24 Déc - 12:23

Je soupirais, osant à peine affronter le regard de Gareth. Comment lui faire comprendre que, malgré la joie d'avoir trouvé ma famille vivante malgré les blessures qui auraient pu leur couter la vie, ça n'est pas suffisant ? Comment lui dire que pouvoir gouverner ne sera peut-être jamais assez pour mon frère ? Sans doute nous dirait-il barbares, comme beaucoup en Westeros, quand nos hommes sont des guerriers avant tout. Peu comprennent. Peu sont dévastés par des guerres incessantes. Combien ont grandi avec des récits de batailles, adoucis par le fait de n'être que cela, des histoires qu'ils pouvaient espérer ne pas vivre ? Les jumeaux avaient vécu avec l'espoir de faire leurs preuves, désireux de défendre Karhold, de défendre Winterfell où je me trouvais, de défendre le Nord, comme loyaux sujets des Stark. Ils avaient été galvanisés par les récits de mes oncles, des étoiles brillaient dans leurs yeux enfantins quand ils avaient commencé leur entrainement martial auprès de mes oncles, si jeunes. Je me souvenais encore de leurs missives brouillonnes mais débordant de fierté, quand ils avaient obtenu une armure à eux, puis leurs premières épées. Mon coeur se serre, alors que je me souviens de leur joie, aussi, de se trouver auprès du Roi, plus récemment, pour cet affrontement dévastateur. Parce que j'avais demandé cet honneur pour eux. Je blêmis, à cette pensée. Auraient-ils été moins exposés, sans moi ? Je n'ai agi que comme une soeur le doit, et je n'aurai pu faire autrement, je n'aurai pu être moins loyale envers mes frères. Et pourtant... Andren pourrait gouverner, oui. Mais le supporterait-il, alors que son frère défendait Karhold, le pays, et qu'il ne le pouvait pas ? J'en doutais. Je grimaçais, à nouveau. Les rêves d'enfants tout juste guerriers que les jumeaux avaient pouvaient se briser aisément, et je ne le souhaitais pas, mais comment ne pas l'envisager ? J'inspirais, comme pour me donner du courage ou la force d'expliquer les choses à Gareth, alors que je n'en avais pas, semblait-il.

« Il pourrait, bien sûr. Un des jumeaux séjournant à Karhold, pendant que l'autre guerroie, protège le fort, défend Winterfell et le Nord. Mais le supportera-t-il ? Je sais, ou du moins j'ai cru comprendre mais détrompez-moi si je dis faux, que vous êtes moins sujets aux guerres, à l'Ouest. Mais nous sommes un peuple guerrier. Nous gagnons nos gallons comme ça. Nos hommes font la fierté de leur famille en s'illustrant au combat - peu importe l'inquiétude que suscite leur départ sans cesse renouvelé, les déchirures causées aux familles. Mère sera sans doute heureuse d'avoir son fils auprès d'elle, mais lui ? Supporterait-il de ne pouvoir repartir, affronter les menaces qui pèsent sur le Nord ? Vous devez me trouver bien noire, à penser ainsi au pire. Mais je ne voudrais pas que mon frère subisse cette désillusion. Il est évident qu'il fera son devoir quelle que soit sa forme, mais il n'est pas prêt à se sacrifier pour une cause plus grande. Pas encore, pas comme je puis l'être. Il est trop jeune. Il doit montrer sa bravoure, non être un infirme. Il n'a que quatorze ans. Mais je ne devrais pas vous importuner avec cela, alors que rien n'est sûr. Je vois plus loin qu'il ne se doit, alors que tout se passera bien. »

Je n'étais pas calme, si je m'efforçais de me maitriser, je n'étais pas hystérique pour autant. Je ne pouvais simplement rester impassible. Pas alors que tous les rêves de mon frère pouvaient se voir brisés si son état ne s'améliorait pas. J'étais résignée à mon sort, j'espérais que mes obligations seraient douces, mais je ne m'y déroberai pas : me marier, servir les Stark et honorer le Nord, être toujours fidèle à ma famille. Mon frère n'avait pas été préparé à régner sans se battre, il ne pouvait l'accepter. Pas sans payer le prix d'une grande blessure morale. De sa fierté brisée.

Soupirant, je l'écoutais malgré tout me laisser le choix de rester ou non. Mais puis-je lui imposer ma présence de cette façon ? Peut-être souhaite-t-il que je parte, en vérité. Peut-être n'ose t'il pas le dire ? « Souhaitez-vous que je ferme moi-même les yeux, Gareth ? Comme je vous l'ai dit, je ne souhaite pas vous contrarier par la présence d'une sœur éplorée ou proche de l'être, qui nourrit quelque inquiétude pour son frère... Dites moi ce qu'il en est, et je partirai, ou n'évoquerai plus cette possibilité. Je ne veux pas alourdir vos fardeaux des miens... » Non, je ne le désirais pas. Je n'aurai, en temps normal, jamais autant dévoilé mes états d'âme. Jeyne parvenait à me faire me confier, si elle-même n'avait pas besoin que je la soulage de ses maux car jamais je ne passerai avant elle, et Bowen parfois, mais peu pouvaient se targuer d'avoir ainsi mes confidences. Étais-je par trop vulnérable, pour me laisser aller ainsi ? « J'espère ne pas être trop changée pour vous. Je me laisse aller à l'allégresse qui se répand et nous touche tous mais... Il faut affronter le tout, parfois. Je ne doute pas d'apprécier votre compagnie, peu importe les différences. M'éloigner de vous qui vous êtes battu pour nous serait cruel. Je ne le suis pas. Ou ne pense pas l'être, en tous les cas. »

Je lui adressais un regard plein d'incompréhension, alors qu'il affirmait que j'étais heureuse que personne ne m'entende. Ce n'était pas ce que j'avais dit, bien qu'il ait raison, en réalité. « Je vous ai dit ne pas mentir, aussi vais-je énoncer cette vérité dont nous avons tous deux conscience. Vous êtes un valet, et moi une nièce de Roi, dame de compagnie de Princesse. Que j'apprécie votre compagnie délierait les langues, et les ornerait surement des plus vils mensonges à mon égard, à n'en point douter. Mais je n'ai à rougir de rien, et passerai du temps avec vous autant que j'en aurai. Vous me voyez rassurée, en tous cas, que vous ne souhaitiez pas repartir au plus vite. Même si l'Ouest et Castral Roc doivent vous manquer. »

Si j'en étais venue à lui sourire, je fronce les sourcils en l'entendant, soudain si grave, mais m'exécute, m'asseyant à ses côtés mais gardant entre nous une distance convenable. Je hochais la tête, alors qu'il me remémorait nos échanges. Je me souvenais, oui. Et ne dirais pas les avoir lues de nombreuses fois.

Je fronçais encore davantage les sourcils, en l'entendant. Que m'avait-il dit, de mensonger ? Et pourquoi appelait-il soudainement le prince par son prénom ? Il ne l'avait pas fait, auparavant. Étaient-ils plus proches qu'il ne l'avait laissé entendre ? De manière inconvenante ? La curiosité était un mal auquel j'avais succombé, et j'avais entendu parler de ces hommes, des injures à tous les dieux qui soient. « Vos... relations ne regardent que vous, ne vous sentez pas obligé de vous confier uniquement pour m'éloigner de vous. La vérité suffirait. »


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Jeu 24 Déc - 18:07

La situation semble toucher Lynara bien plus que je l'imaginais. Visiblement, le fait de savoir son frère en vie est loin de compenser les séquelles qu'il risque d'arborer par la suite. Voilà quelque chose que je peux comprendre même si ma situation n'est guère comparable à celle des siens. Impossible de ne pas sentir que le sujet la rend particulièrement sensible.

"Nous sommes en effet moins sujets aux guerres. Pour le moment même si je crains que les choses ne finissent par changer au vu des récents évènements. Et il est vrai que nous avons nettement moins cet esprit qui semble animer tout le Nord. Mais je comprends. Vous ne m'importunez pas évidemment, pourtant, vous n'avez pas lieu de vous inquiéter avant que les choses ne soient sûres non ? Laissez-le déjà se remettre, il en a assez vu et fait pour avoir besoin de temps. Comme  nous tous. S'il a de quoi être fier de ce qu'il a fait, il est tout de même bien jeune pour avoir vécu tout ça."

A cette pensée, j'ai une grimace, me rappelant bien malgré moi ces sons, ces images et, surtout, l'odeur entêtante du sang. Je cille, revenant à la réalité avec quelques difficultés avant de souffler, d'un ton plus doux.

"Ils ont en tout cas de la chance de vous avoir. D'avoir quelqu'un qui tient autant à eux et se préoccupe autant de leur avenir."

Je laisse filer quelques instants de silence, pour lui laisser le temps de reprendre une contenance et, quand elle reprend, j'esquisse un sourire en secouant brièvement la tête.

"Votre présence ne me contrarie pas, bien au contraire. Vous pouvez garder les yeux ouverts. Comme je vous l'ai dit, je suis heureux de vous voir. Vraiment. Et vous n'alourdissez en rien mes propres fardeaux, n'ayez pas d'inquiétudes à ce sujet."

Sans que je n'arrive vraiment à savoir pourquoi, la présence de Lynara m'apaise plus que je ne l'aurais imaginé. C'était déjà le cas avant que je parte et, maintenant que j'en ai grandement besoin, j'ai l'impression que c'est encore plus flagrant. Je la fixe quelques instants, fronçant légèrement les sourcils à ses propos avant de souffler, d'un ton tranquille.

"Vous ne me semblez pas avoir tant changé que cela, même si, en ce qui me concerne, ce ne doit pas être le cas de mon coté. Toujours aussi prévenante envers les autres, à l'écoute des vôtres et oublieuse de ses propres difficultés quand il s'agit de veiller sur votre Princesse. Ai-je tort ? Quant au fait que vous ne souhaitez pas vous éloigner de moi… j'espère que vous ne changerez pas d'avis plus tard."

Au reste de ses propos, j'ai un sourire en coin et je hoche la tête, compréhensif.

"Et vous ne désirez pas que les langues se délient à notre propos. Je peux aisément le comprendre. Tout comme je pourrais comprendre que vous préfériez vous assurer que les gens ne diront rien en passant moins de temps avec moi. Castral Roc me manque, je ne vous mentirais pas, mais j'ai appris à apprécier bien plus de choses que je ne l'aurais soupçonné à Winterfell."

Je la fixe longuement sans rien ajouter de plus avant de reprendre, plus hésitant, alors que je l'invite à s'assoir près de moi. Elle s'exécute, à mon grand soulagement et je cherche mes mots avec difficulté.
Visiblement, elle ne semble vraiment pas voir où je veux en venir.
Je me fige d'ailleurs et je la fixe, incrédule, me demandant, l'espace d'une seconde si je suis bien en train de comprendre ce qu'elle essaie de sous-entendre.

"Je… pardon ? Mais de quoi vous… ? Oh… par tous les Sept…"

Ce n'est que sa mine particulièrement sérieuse qui me retient d'éclater de rire. Si Lyman était là, je n'ose même pas imaginer la tête qu'il ferait.

"Non, Lynara. Ce n'est pas ça. Pas du tout. Vous me voyez d'ailleurs surpris que vous ayez songé à ce genre de choses et que vous ne sembliez pas choquée outre mesure. Enfin. Peu importe."

Je prends une profonde inspiration et je toussote avant de reprendre, aussi sérieusement que possible.

"Il faut avant tout que je vous explique quelque chose. Vous vous rappelez, je vous ai dit que j'avais été mis au service de Lyman en remerciement de ce qu'avait fait ma famille pour les Lannister et que je veille sur lui depuis toujours ou presque. C'est effectivement bien le cas. Quand il a été décidé que le lionceau partirait dans le Nord et irait combattre auprès du loup, il a été également demandé à ce qu'il ne soit pas accompagné par sa garde rapprochée. Uniquement les hommes de la garde de la Reine, rien de plus."

Je lui jette un regard, me demandant si elle commence à voir où je veux en venir.

"L'idée qu'il soit envoyé dans le Nord sans que je puisse rien y faire était difficilement concevable. J'aurais failli à ma mission et l'honneur des miens aurait été entaché. Imaginez-vous à ma place Lynara. Si on vous avait dit que la seule façon d'accompagner Jeyne dans l'Ouest aurait de vous faire passer pour l'une de ses domestiques… est-ce que vous auriez accepté ? Moi je l'ai fait, sans hésiter."

Bon, évidemment, l'idée nous avait parue pour le moins amusante. Au début. Avant que les choses ne commencent à se faire réellement sérieuses, avant que l'on ne commence à rencontrer des gens, à les apprécier et avant que la réalité de la bataille nous frappe de plein fouet et me rappelle vraiment pourquoi je me devais d'être auprès de lui. Je me passe nerveusement une main dans les cheveux avant de reprendre, mon regard se perdant un peu dans la contemplation des alentours. Comme si ça allait rendre la chose plus aisée.

"Je m'appelle Gareth… Kenning. Lord Kenning si vous préférez. En remerciement pour la bravoure dont mon père a faire preuve lors des dernières batailles qu'avait mené l'Ouest, le Roi lui a fait l'honneur de m'élever auprès de Lyman. Nous avons grandi ensemble, j'ai suivi les mêmes leçons, j'ai appris à me battre à ses côtés et, quand je suis devenu membre de sa garde rapprochée, j'ai fait le serment de tout faire pour être tout le temps là quand ce serait nécessaire, quelles que soient les conditions. Quitte à me vêtir comme un valet récurer ses bottes."

Voilà c'est dit. J'hésite un instant à m'excuser mais, à dire vrai, si c'était à refaire je ne changerais absolument rien. C'était la seule possibilité pour moi de venir dans le Nord et, avec le peu de recul que nous avons, je n'ose pas imaginer ce qui se serait passé si Lyman avait vécu tout ça seul, sans véritable allié.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Mer 30 Déc - 0:03

Je hoche la tête, à ses paroles. Il a besoin de temps, oui, c'était certain. Et peut-être en ais-je besoin aussi. Tous ces morts, dont certains que je connaissais, plusieurs laissant des femmes que je fréquentais esseulées... Les Glover, une branche de ma famille que je connaissais peu hormis Bowen, dévastés. Bowen allait pis que mal, Brandon que Jeyne chérissait plus que tout n'était plus et son absence était difficile même alors que je le connaissais peu bien que nous puissions nous entendre, et tant d'autres encore... Je prenais conscience de cela, alors même que j'agissais comme une enfant stupide et écervelée. J'aurai pu m'excuser encore, mais j'étais trop fière peut-être pour cela. Je feins en tout cas ne pas remarquer le trouble soudain qui l'étreint et ne semble pas vouloir le laisser aller que beaucoup arbore depuis leur retour, avec plus ou moins de discrétion selon l'entraînement qu'ils en ont. Mon père, mes oncles, le cachent habilement.

« C'est, je le crois, le devoir d'une épouse, d'une fille, d'une sœur, que d'agir ainsi. Sans doute ne les mériterais-je pas si je ne le faisais pas. »

Oui, il en était ainsi. Le rôle que nous pouvions avoir était celui-ci, condamnées à ne pas nous battre aux côtés des hommes. Je ne m’en plaignais pas. Si je déplorais ne pas être en mesure de me défendre, par moment, si je devais être agressée – bien que je sois suffisamment protégée -, je ne désirais pas un instant affronter les horreurs qu’ils pouvaient voir, et qui les marquaient tant.

« Je choisis de vous croire, Gareth, mais promettez-moi de ne pas dissimuler que je vous rappelle des choses que vous préféreriez oublier, si je vais trop loin. Il ne serait pas volontaire de ma part que d’agir ainsi. Bien des choses doivent sans cesse vous rappeler cela, je ne veux pas faire de même. Alors dites le moi. »

Une maladresse pouvait vite arriver, et il était en mon pouvoir de lui faire oublier ces souvenirs dérangeants qui devaient venir le hanter. Quoi qu’il ne reconnaîtrait surement pas cela. Pas quand il était honorable aux yeux de tous de se combattre, que cela faisait de lui un vrai homme. Je souris, en l’entendant, et tentais sûrement vainement de dissimuler la gêne et le plaisir que son opinion flatteuse faisait naître en moi.

« Je n’ai pas les capacités de deviner le futur, mais peu de choses me portent à croire que je serai amenée à agir ainsi. Mais nous verrons ce qu’il en est. Je suis amenée, en tous les cas, à suivre ma Princesse dans l’Ouest, et c’est un pas qui va de pair avec le fait de vous revoir dans le futur, je suppose. À moins que votre prince ne décide subitement de vous éloigner de lui, mais je doute que cela arrive, alors que vous êtes à son service depuis tant d’années. Vous devez savoir quoi faire ou ne pas faire. Quant à ma dévotion aux autres… En tant que fille, bien qu’aînée, d’un seigneur nordien important, n’y voyez là nulle vanité, je ne fais que me conformer à ce que l’on attend de moi. Bien que je n’ai pas fait que me conformer à toutes attentes que l’on a d’une jeune femme, je suppose. Et n’y voyez rien d’inconvenant. Je me suis simplement laissée séduire à l’idée d’entrainer moi-même un faucon. »

Je plisse les yeux, à voir son sourire, avant de les fermer un bref instant. « Nous ne sommes jamais réellement seuls, et nous ne faisons rien d’inconvenant, nul n’a son mot à dire. Tant que nous nous conduisons de manière honorable, nul problème ne saurait se présenter. Et je ne suis pas à même de me dérober aux regards, quand je me sais droite et que je ne pèche pas. Mes lèvres se relèvent à nouveau en un sourire ravi, alors qu’il me parle du Nord. Vous m’en voyez ravie, réellement. Je comprends fort bien que Castral Roc vous manque, mais je ne peux m’empêcher d’être fière et heureuse que vous appréciiez Winterfell. Mais dites moi donc ce que vous aimez ici. Je ne peux nier être désireuse de le savoir. »

Sa mine assez sérieuse alors qu’il me demande de le rejoindre me convainc de lui obéir, bien que je me demande ce dont il veut parler qui nécessite cela. Inquiète ? Peut-être quelque peu. Je ne peux m’empêcher de rougir, alors qu’il amène le sujet, et que j’évoque une telle chose si… si peu convenable, et choquante. Je dois ressembler à une petite fille choquée, tellement il me dérange d’évoquer un tel sujet, et tellement cela me semble impie. Même pour Nos Anciens Dieux. Je prie pour laver tout cela de ma tête prochainement.

« Je… Les soldats parlent. Trop, parfois, quand ils pensent que nous n’entendons pas. Si je ne vous semble pas choquée, peut-être est-ce que je retiens la leçon, afin de mieux dissimuler ce que je pense à Castral Roc. Mais sans doute la pénombre vous dissimule-t-elle ce que réflète réellement mon visage. Ne croyez pas que… je souhaite connaître cela, ou le cautionne, ou l’accepte, ou ne semble pas choquée… Je… Il est… Peu importe, vous me voyez rassurée qu’il ne s’agisse pas de cela. Mais vous m’inquiétez. Est-ce donc grave ? »

Je le regardais, perdue, et toujours pas certaine de vouloir savoir, bien que ça ne soit pas… ça. Surtout qu’il semblait… inquiet ? J’en doutais, mais je ne savais pas réellement dire ce qu’il en était. Je l’écoutais en tout cas attentivement, silencieuse. Que pouvais-je dire, de toute façon ? Je ne comprenais pas, pas encore je l’espérais, ce qu’il voulait me dire. Je fronçais les sourcils, en entendant cela. Partir sans sa garde ? Un Prince ? Je ne remettrais pas en cause les décisions de mon Oncle, que je n’étais pas apte à comprendre, mais je ne comprenais pas que la Reine ait accepté cela. L’alliance devait être importante pour qu’elle consente à exposer ainsi son aîné. Mais quel était le rapport avec Gareth ? Je m’imaginais fort bien ce qu’il tentait de me dire, à mi-mots, mais pouvais-je le cautionner pour autant ? Je n’en étais pas sûre. Il ne me laissa pas le temps d’intervenir, avant de poursuivre, cependant.

« Jamais je n’aurai laissé Jeyne partir seule. Jamais. Mais ne croyez-vous pas faire une tâche sur votre honneur, alors même que vous vous dissimulez en prétextant n’être qu’un domestique ? Votre talent à l’épée, car vous devez assurément bien la manier, n’a pas dû passer inaperçu pour autant. »

J’étais calme, presque trop, mais je me sentais malgré tout offensée. Nous pensait-il donc si peu capables de comprendre les motivations qui pouvaient l’amener à suivre son Prince, au point de recourir à ce subterfuge ? Je fronçais les sourcils.

« Mais je ne l’aurai probablement pas fait à couvert. Pensez-vous donc mon Oncle le Roi incapable de comprendre l’honneur qui lie un sujet à son Prince, à son futur Roi ? Croyiez-vous donc qu’il aurait ordonné que cette tache demeure sur votre honneur ? Malgré les rumeurs, nous sommes perméables à tout argument bien amené. »
Soupirant, je regardais un instant le sol, avant de refixer l’homme en face de moi, m’éloignant légèrement. Je résistais à l’impulsion de me lever.

« Je ne vous blâme pas, pas plus que je ne doute de votre honnêteté. Je suis simplement peinée. Peinée, d’abord, que vous m’ayez laissée dans l’ignorance, alors même que j’aurai gardé le secret, s’il l’avait fallu. Au moins jusqu’au départ des troupes, même de ma cousine. Peinée, aussi, que vous n’ayez pas envisagé un instant que mon oncle ait pu comprendre et toléré votre présence. Peinée, peut-être, de devoir comprendre que vous donnez crédit à cette vision que l’on a de nous comme des êtres sauvages, que peu éloignés des sauvageons eux-même. Mais considérons cela comme une première leçon de l’art de la dissimulation que je dois acquérir pour survivre quand je serai sur vos terres. »

Sans doute n’était-ce pas ainsi que j’aurai voulu avoir cette première leçon. Mais je la retiendrais plus efficacement. Je ne me levais pas, pour le moment, mais sans doute étais-je moins amène. Je n’en savais à vrai dire rien, la seule certitude que j’avais était celle d’une amère déception.

« Il est heureux, Ga… Lord Kenning, que votre Prince ait un vassal comme vous auprès de lui. Sans doute faites-vous preuve de la même dévotion que je nourris pour ma Princesse. Bien qu’elle prenne des formes plus voilées, dans votre cas. »

Je ne sais guère si je suis en colère. Semblais-je en colère ? Je ne pouvais en tout cas rien dire de plus. Ni l’accabler, pas alors qu’il était blessé parce qu’il s’était battu pour nous, ni même alors que je comprenais ce qui l’avait amené à agir ainsi. Non, je ne pouvais rien ajouter, simplement regretter la déception que je ressentais, alors même que le monde qui nous séparait n’était plus.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Lun 4 Jan - 18:52

Cette guerre a fait bien des ravages dont je ne commence qu'à peine à entrevoir les conséquences sur le Nord. J'avoue ne pas saisir encore réellement tous les tenants et les aboutissants mais il est certain qu'il sera difficile de se relever. Pourtant, à les avoir fréquentés plusieurs mois, je sais que ses hommes sauront faire face et avancer, blessés ou non.

Elle me fait la grâce de ne pas relever quand la réalité se dérobe une fois de plus pour me rappeler ce que nous avons pu vivre là-bas et j'enchaine rapidement, sans me laisser le temps de trop m'appesantir sur le sujet et chassant d'un battement de cils ces images lugubres.

"C'est peut-être le rôle que vous devez tenir mais vous le faites remarquablement bien. Sans donner l'impression d'avoir un réel fardeau sur les épaules."

Je la fixe quelques instants en silence, mon sourire s'affirmant à mesure que je l'observe, même si j'ai bien peur que cette opinion positive qu'elle semble nourrir à mon égard ne s'évapore comme neige au soleil quand je lui aurais raconté tout ce que je veux lui dire.

"Je vous le promets. Mais je peux aussi comprendre que vous ayez des questions quant à ce qui s'est passé. Et qu'il vous semble délicat d'interroger vos proches. Je pourrais vous répondre si vous le souhaitez. Je ne souhaite de toute façon pas oublier ce que j'ai pu voir, entendre ou faire. Il est important de connaitre ce genre de choses si l'on veut servir son pays au mieux par la suite."

Mon ton s'est fait un rien plus sérieux mais, au reste de ses propos, j'ai un mince sourire.

"Oh, après tout ce qui s'est passé, il est peu probable que le Prince m'envoie loin de Castral Roc dans un avenir proche. Alors, à moins que vous ne soyez effectivement plus amenée à suivre la jeune louve, nous pourrons passer du temps ensemble. Si vous le souhaitez à l'avenir."

Rien ne sera moins sûr mais je continue tout de même, me faisant curieux à ses dernières paroles.

"Un faucon ? Vraiment ? Et dans quel but ? Enfin, vous chassez, vous ?"

Nous évoquons alors la possible inconvenance de notre présence à tous les deux ici, sans que personne ne soit là pour le voir. J'ai un bref hochement de tête, comme pour appuyer ses propos et je souffle, non sans malice.

"Je ne ferais rien que vous réprouverez et qui vous poserait souci. Quant à que j'apprécie à Winterfell…"

Le regard que je lui jette doit en dire long mais je continue, le plus naturellement du monde.

"Les paysages que votre princesse a pris le temps de me montrer, les habitants de ce château et du Nord d'ailleurs, dont l'accueil a été bien plus chaleureux que je l'aurais pensé. Et bien d'autres choses encore."

Je laisse pourtant filer un silence alors que je cherche les mots pour lui avouer la supercherie quant à mon identité. Si je suis particulièrement sérieux et inquiet à propos de sa réaction, les propos qu'elle rétorque et l'idée qu'elle semble soudain se faire de la relation que je peux avoir avec le lionceau est tellement incongrue que, pour un peu, j'en oublierais même ce que je suis en train d'essayer de lui raconter. Je garde mon sérieux avec beaucoup de mal alors qu'elle se justifie difficilement. Je lève une main dans sa direction, comme pour lui éviter la gêne d'avoir à expliquer comment elle a pu penser à ça mais il est trop tard pour elle.

"Il est vrai que les soldats ont tendance à oublier qu'il peut y avoir des oreilles sensibles à proximité. Certains hommes aussi, j'en suis désolé. Quant à ce que vous souhaitez connaitre ou ce qui peut vous choquer, je pense qu'il vaut mieux éviter de trop discourir à ce sujet, je ne veux pas vous voir davantage mal à l'aise."

Je toussote alors, avant de reprendre, me faisant plus grave à mesure que je parle. Elle ne m'interrompt pas et je finis par tout raconter. L'essentiel en tout cas et rien qui n'aborde ce que je peux penser de la situation sur un plan entièrement personnel. J'ai un bref hochement de tête quand elle me confirme que jamais elle n'aurait laissé Jeyne seule, ce dont je n'aurais pas douté après les avoir côtoyé toutes les deux, mais le reste de ses propos m'arrache une grimace.

"Mon honneur importe peu quand il s'agit de faire ce qui doit être fait pour veiller sur Lyman. Si je devais faire bien pire, je n'hésiterais pas. Et, dans la mêlée, avec le carnage qu'a été le combat, je ne suis pas persuadé que mes talents d'épéiste aient eu plus de poids que cette chance que j'ai pu avoir."

Je fronce légèrement les sourcils. Sa réaction me décontenance quelque peu. Pour un peu, j'aurais presque l'impression qu'elle s'en moque complètement. Mais je la vois qui s'éloigne légèrement, juste ce qu'il faut pour marquer une distance bien tangible entre nous alors qu'elle continue de parler. Je laisse filer un instant de silence, digérant chacun de ses propos avant de la fixer, pensif.

J'ai l'impression qu'au fond, ce qui la dérange vraiment, ce n'est que l'image extérieure que les autres pourront avoir de mon comportement. Peu importe les raisons ou les complications que la franchise aurait pu avoir. Bien. Je ne dis rien alors qu'elle parle d'un ton calme et posé et je laisse à nouveau filer un silence avant de me décider à lâcher, mon visage se détournant du sien.

"De quelle vision parlez-vous ? Jamais je n'ai pensé une seconde que vous puissiez être des sauvages qui ne comprendraient pas les raisons de ma présence ici. Il y avait des ordres, il fallait les suivre, que cela me plaise ou non. Votre oncle a certainement compris au moment-même où il a pris un peu de temps pour discuter avec moi que ma place de valet était totalement factice. Il a probablement fermé les yeux car nous avons respecté les règles qu'il avait imposées. De façon détournée certes, mais nous l'avons fait. Ou parce que, dans le fond, cela n'avait pas la moindre importance. Il avait été interdit pour Lyman d'amener ses hommes dans le Nord car il n'y avait à ce moment-là guère de confiance entre les deux partis. Que cette situation soit justifiée ou non ne nous regarde pas, il nous a juste fallu faire avec."

Je pousse un profond soupir avant de reprendre, un peu plus hésitant.

"Je ne voulais pas vous laisser dans l'ignorance et j'aurais pu, je vous aurais dit la vérité plus tôt. Mais je m'étais engagé auprès de mon Prince et, lorsque je lui ai promis de faire ce qu'il faudrait pour tenir mon rôle, je n'avais pas songé aux rencontres que je pourrais faire ici et à l'importance qu'elles pourraient avoir. Vous êtes la première à savoir et je tenais à le faire moi-même mais cela ne semble guère importer. Passons."

Impossible de ne pas remarquer que son ton a changé et que le mien se fait un rien plus sec, sans que j'arrive à me retenir. J'avoue, je ne savais pas trop à quoi m'attendre quand j'ai décidé de tout lui dire mais sa pique sur la dissimulation et le reste ne me laisse pas de marbre.

"Je m'appelle toujours Gareth, ça n'a pas changé depuis tout à l'heure. Enfin, sauf si désormais, cela vous semble trop inconvenant. Quant à ma dévotion… elle prendra les formes nécessaires à chaque fois qu'il le faudra, que ça me plaise ou non. La dissimulation n'est pas qu'une spécialité de l'Ouest, lady Karstark mais elle est parfois nécessaire pour veiller sur ceux à qui l'on tient."

J'en viens presque à regretter de lui avoir tout dit. Ou alors, c'est cette espèce d'indifférence qui m'agace plus que le reste.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Mar 5 Jan - 0:34

J’acquiesçais encore une fois, sans rien ajouter, humble je l’espérais, mais touchée par l’opinion qu’il avait de moi. Même dans une contrée comme la nôtre, il n’était pas coutumier de dévoiler à un autre la façon dont on le considérait, et j’étais flattée de ne pas paraître ingrate ou autres mots peu flatteurs. Je le remerciais d’un petit sourire, le laissant poursuivre.

« Je ne saurai comment vous dire combien votre attitude me touche. Je doute que grand nombre de gens offre ainsi de satisfaire une curiosité malvenue, alors que je n’ose imaginer l’horreur de ce que vous avez vécu. Mais je vous promets d’y réfléchir sérieusement, et de limiter mes demandes, si j’en venais à le faire. Mais sachez une chose, Gareth, vous êtes un bon et grand homme. Un homme sage, malgré votre jeune âge. »

Combien de jeunes exprimeraient les choses ainsi ? Nos ainés devaient le taire pour ne pas apeurer les femmes et les plus jeunes, mais tous les écuyers et soldats en devenir se perdaient dans la fierté qu’ils avaient de leur action, bien davantage que dans des propos tels, emprunts de grande intelligence et résultat d’une grande réflexion, certainement. Surtout pour un valet, pas éduqué au sacrifice nécessaire à la gouvernance d’un pays.

« En ce cas, nous nous reverrons. Je n’ose croire que Jeyne se sépare de moi. Je ne l’espère en tout cas pas. Je suis à son service, et y resterais, je l’espère. »

Je lui souris, en entendant sa question. Je n’ai pas dressé moi-même un faucon dans l’optique de chasser, ou pas directement. C’était une manœuvre bien plus pernicieuse, à vrai dire. Mais Jeyne ne devait pas avoir été dupée.

« Je l’ai entraîné pour mieux le manipuler afin de le rotir et de le manger, Gareth. J’esquissais un nouveau sourire amusé, avant de répondre un peu plus sérieusement. Il s’avère que Jeyne, digne des plus grands princesses, est aussi peu conventionnelle, et avait obtenu de dresser elle-même son faucon. Sans que je sois aussi… affirmée et libre qu’elle, à l’époque du moins. Je n’ai cependant pas pu m’empêcher de l’imiter. Parce que l’idée m’intriguait et me séduisait, d’être davantage que ce que l’on attendait de moi, mais aussi pour une volonté bien moins honorable. Je ne connaissais pas cette cousine chez qui l’on m’envoyait, et je le désirais plus que tout, aussi pensais-je qu’il s’agissait d’une façon d’y parvenir. Ce choix n’était ni franc, ni désintéressé, je le crains. Mais Jeyne ne m’en a pas tenu rigueur, pas plus qu’elle n’ait été dupe, je le crains. Mais c’est une chose sur laquelle je ne reviendrais pour rien au monde. Et nous chassons, en effet. »

C’était là un souvenir précieux. Une attitude qui avait influencé bien des nobles, désireuses d’observer l’attitude de leur princesse et de la suivre, pour des motivations bien plus intéressées que moi qui ne voulais que servir Jeyne au mieux, en revanche. Ou peut-être voulais-je juste me croire meilleure qu’elles, par péché d’orgueil. Je me gardais bien de le dire, toutefois.

Je ne peux m’empêcher de rougir plus que de raison, devant le message que ses yeux me transmettent, alors qu’il répond à mon interrogation quand je l’interroge sur ce qui l’a charmé ici. Il serait hypocrite de nier m’être attachée à lui, bien que je me garderai de lui dire s’il ne l’avait pas encore compris, et même d’avoir sûrement souhaité un indice quelconque à ce sujet, mais je ne m’attendais pas à un tel regard. Je détourne le mien, très brièvement, avant de l’affronter à nouveau. De sourire, comme si de rien n’était, avant de m’embarrasser définitivement en réagissant comme une jouvencelle. Oh, j’en étais une, n’ayant jamais ne serait-ce que posé mes lèvres sur celles d’un homme, mais je ne voulais pas me comporter comme une écervelée qui ne veut que vivre le grand amour. Il était de toute façon improbable que cela arrive : je me marierai par devoir et non affection.

Comme si cela ne suffisait pas, cependant, la rougeur de mes joues grandissait encore, alimentée par la gêne et la honte d’avoir connaissance de telles choses impropres, et ne peux m’empêcher d’être rassurée qu’il n’en soit rien, bien que très honteuse, au point de me justifier de manière décousue. Gareth est cependant étonnamment compréhensif, aussi n’en rajoutais-je pas, plus que ravie de ne pas disserter encore à ce sujet. Je me tais, attendant qu’il m’éclaire sur le sens de ses mots. J’écoute, sans l’interrompre. Sans laisser libre court à mon caractère emporté, et à la… je ne sais. À ce sentiment confus et désagréable que je ressens. Je ne peux réellement le blâmer, sachant pertinemment que j’agirai à l’identique pour Jeyne. Puis-je réellement lui reprocher ses mensonges, étant donné les circonstances ? Dois-je me taire, alors que je fais face à un blessé qui s’est battu aux côtés de mes proches, pour défendre les terres qui m’ont vue naître, et où j’ai toujours vécu ?

J’entendais la plupart de ses propos, sans réussir à tous les percevoir, bouleversée comme je l’étais. Que pouvais-je penser ? Que pouvais-je dire ? À quel point pouvais-je trahir ce qui me traversait l’esprit ? Je me reconcentrais sur ce qu’il me disait, le sentant froid, entendant sa voix presque aussi tranchante que nous l’étions l’une envers l’autre, Jeyne et moi, quand nous nous opposions l’une à l’autre. C’était encore plus blessant, de le voir se distancier ainsi, maintenant qu’il m’avait dit la vérité. Autant que de l’entendre énoncer de telles vérités, comme si j’étais sotte, ou déraisonnable. Peut-être l’étais-je. Peut-être n’aurais-je pas du me bercer des illusions que lui et moi nous nous entendions. Je me levais, réellement blessée, et furieuse, cette fois. Énervée contre lui, autant que contre moi, d’avoir été aussi sotte.

« Vous avez raison, je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Peu importe l’impact que votre dissimulation a sur moi, vous ne faisiez après tout qu’obéir aux directives imposées, et il serait bien ingrat de me plaindre d’avoir eu la naïveté de m’attacher à vous et de m’en sentir blessée. J’aurai du tenir ma place, face à votre identité supposée, et ne pas me montrer accueillante. Ne pas me faire d’illusion. »

Je ne parvenais pas à me montrer aussi distante que je me l’étais imposé, un instant plus tôt, alors que je l’accusais de m’apprendre à mon insu la valeur de la malhonnêteté, pour lui et la Cour de Castral Roc. Sous le choc, et amère, de m’être vue ainsi dupée. Sonnée, et peu désireuse de me laisser aller à une colère qui me ferait davantage encore passer pour une imbécile. Il était malheureusement trop tard.

« Comment pouvez-vous croire que cela n’importe guère ? Me croyez-vous toujours aussi… accorte, avec la première personne rencontrée ? Me croyez-vous offrant des libertés telles que celles que je vous ai données, à tout le monde ? Me pensez-vous donc si versatile, volage, peut-être ? Doutez-vous donc de mon intégrité ? Mais peut-être préfèreriez vous que cela n’importe guère, et laisser la sotte cousine de votre future Reine en devenir qu’un souvenir ? »

Je baissais les yeux, et inspirais avec exagération, avant de me rapprocher légèrement.

« Gareth. Lord Kenning. Comment voulez-vous que je sache comment je puis vous nommer ? Comment voulez-vous, seulement, que je ne doute pas ? Quelle devrait être ma réaction ? Je ne sais pas comment vous considérer, alors que vous m’annoncez de concert, si sèchement que la morsure que vous m’infligez n’en est que plus déplaisante encore, que vous recouvrez la plaie de sel et qu’elle devient plus vive encore, que vous agiriez de même. Je ne peux vous juger de votre dévotion et des formes qu’elle prend, mais ne me demandez pas d’être impassible. Ne me demandez pas de prétendre ne pas être touchée, ou blessée, par cela. Comme je suis touchée par le fait que je sois la première à qui vous ayez souhaité le dire, à qui vous le dites. »

Je lui tournais le dos, un court instant, en ayant bien trop dit sous la colère que je ressentais, et qui dissimulais bien plus aussi.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Jeu 7 Jan - 11:43

Visiblement, non seulement mon opinion lui importe mais elle semble aussi la toucher. Voilà qui risque de compliquer quelque peu les choses, quand bien même je suis flatté de l’entendre parler de moi de cette façon. Je lâche pourtant un rire, secouant la tête.

"Oh je suis loin d’être un sage, croyez-moi. Mais je pense que ces derniers mois m’ont permis d’être un peu moins écervelé. Je ne suis pas convaincu que cela dure bien longtemps par contre."

Retrouver mon quotidien à Castral Roc me permettra certainement d’avoir un point de vue différent et c’est seulement à ce moment-là que je verrais vraiment à quel point tout cela a bien m’impacter. J’appréhende toujours le moment où je reverrais les miens et la mine qu’ils aborderont en voyant à quel point j’ai changé. Si j’ai vraiment changé comme je l’imagine quand je croise le regard des ouestriens que j’ai déjà accompagné dans le Nord.

J’ai un bref sourire quand elle confirme que nous nous reverrons. Je n’avais effectivement pas pensé qu’elle ne puisse pas accompagner Jeyne, c’est pour moi une évidence qui j’espère le sera pour tout le monde en tout cas. Quand elle parle de son faucon, j’ai un rire à sa répartie avant de l’écouter avec un peu plus d’attention.

"Je peux comprendre cette envie de vouloir faire des choses un peu moins conventionnelles et encore plus cette idée de trouver un moyen de vous rapprocher d’elle. Mais, au final, vous avez apprécié de faire ça ? Ou est ce que vous continuez uniquement pour lui faire plaisir ?"

Sans bien savoir pourquoi, j’ai une pensée pour Nymeria à qui j’ai appris à se battre et je me demande ce que la Princesse et sa jeune dame de compagnie pourraient bien penser de cette envie et, surtout, de la façon dont j’y ai répondu. Voilà qui devrait leur paraitre particulièrement peu conventionnel. Elles le sauront d’ailleurs tôt ou tard et l’idée m’amuse, j’avoue.

Le regard que je lui jette quand elle me demande ce que j’ai pu apprécier dans le Nord est plus qu’équivoque et, à la rougeur qui gagne ses joues, je gage qu’elle a tout fait compris ce que je voulais dire. J’ai un mince sourire alors que je continue, l’air de rien et que nous parlons un peu du Nord.

Je me fais alors plus sérieux, même si l’idée qu’elle puisse avoir entendu parler de ces choses qu’elle considère comme si peu convenable est franchement amusant. Ca l’est un peu moins qu’elle puisse s’imaginer quelque chose du genre avec Lyman, enfin, à la réflexion si, ça l’est mais, pour l’heure, je n’ai guère envie de la gêner encore plus, surtout avec ce que j’ai à lui dire.

Alors je commence à lui expliquer tant bien que mal, un peu décontenancé par sa réaction et par ses propos. Elle semble particulièrement mal interpréter ce que je lui raconte et surtout, ne pas comprendre du tout l’impact de notre rencontre sur la nécessité que j’ai eue de lui révéler tout ça. Je laisse échapper un profond soupir avant de rétorquer, en secouant la tête.

"Si je jugeais que cela ne vous regardait pas, jamais je n’aurais pris la peine de vous en parler. J’ai mieux à faire de mes journées et vous aussi. Je ne suis pas juge non plus de l’impact de cette dissimulation sur vous, ne sachant pas jusqu’à maintenant à quel point elle pouvait vous intéresser ou non."

Quant au reste, je laisse filer un instant de silence, la fixant, la mine pensive, avant de souffler, mâchoires contractées.

"Des illusions ? A quel propos ? Je n’ai pas caché le fait que j’appréciais votre compagnie, je n’ai pas menti sur ce fait et je ne vois pas en quoi vous pourriez être blessée de vous attacher à moi."

Au reste de ses propos, je me retiens à grand-peine de lever les yeux au ciel. Décidément, ou je me suis particulièrement mal exprimé, ou ne parlons pas du tout le même langage, à dire vrai, je commence à me poser des questions. Je lève une main dans sa direction, comme pour l’arrêter, avant de reprendre en secouant à nouveau la tête.

"Ne me prêtez pas des paroles ou des idées qui ne m’ont même pas effleuré. Je ne vous ai jamais imaginée volage et j’espérais bien tout à fait égoïstement que vous n’agissiez pas de la sorte avec tout le monde. Quant au fait que je puisse vous trouver sotte ou que je puisse douter de votre intégrité… je ne prendrais même pas la peine de vous répondre à ce sujet, ce serait insultant pour vous comme pour moi."

A ses autres interrogations qui ressembleraient plutôt à des accusations, je réponds, sur le même ton qu’elle.

"Et comment voulez-vous que je puisse penser autrement ? Vous dites ne pas vouloir être impassible alors que c’est exactement l’impression que vous donnez, sans compter le fait que j’ai le sentiment que ce n’est pas tant que je vous mente qui soit un problème mais le fait que vous vous soyez attachée à un valet."

Je secoue brièvement la tête, essayant de retrouver mon calme alors que je sais encore moins quoi penser de la situation. Moi qui me targue de ne jamais m’énerver, surtout face à une jeune femme, voilà qui change quelque peu de d’habitude. Je lâche alors, un peu plus sèchement.

"C’est à vous de voir comment vous voulez me nommer, vu que Je m’adapterais, quelle que soit votre décision. Et comment vouliez-vous que je vous l’annonce ? Cela fait des semaines que je cherche la meilleure façon de le faire et, à dire vrai, rien de mieux ne m’est venu. Et, contrairement à ce que vous semblez croire, je ne passe pas mon temps à enrober les vérités pour que les gens prennent mieux les choses, quand bien même j’avoue être plutôt doué à ce genre d’exercice."

Mais là, avec elle, je n’arrive de toute façon à rien et c’est bien quelque chose qui m’agace prodigieusement. Et voilà qu’elle me tourne le dos. Je ferme les yeux quelques instant avant de reprendre, un ton plus bas.

"Et oui, quoi que je puisse penser, si je dois refaire les choses de la même façon, je n’hésiterais pas un instant. Là encore, je ne vois pas de moyen de vous le dire sans visiblement vous heurter. Ce n’était pas du tout le but, bien au contraire."

Sans même lui laisser le temps d’ajouter quoi que ce soit, je me relève et je la contourne, la fixant quelques instants dans les yeux. J’attrape alors son menton du bout des doigts et je l’embrasse avant de lâcher, d’un ton neutre tout sauf naturel.

"Voilà pourquoi je voulais que vous soyez la première informée lady Kartsark. Maintenant, si vous le souhaitez, je peux m’en aller. Vous pouvez m’appeler Lord Kenning et vous pourrez faire mine d’oublier tout ce qui s’est passé entre nous."

Je reste debout, guettant sa réaction alors que je prends une profonde inspiration, me demandant si les choses pourraient encore empirer ou pas.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Dim 10 Jan - 21:40

Je lui lançais un regard perplexe, en l’entendant rire. Qu’avais-je dit ? Avais-je, sans m’en rendre compte, dit quelque chose d’absurde ? Ça n’était pas impossible. Je lui souriais, pourtant, quoi qu’amusée mais manquant d’entrain tout à la fois. Il ne se rendait surement pas compte…

« Nous verrons ce qu’il en est, en ce cas. »

Non, il ne pouvait se rendre compte de la façon dont les gens pouvaient changer. Ils pouvaient s’efforcer d’être les mêmes qu’avant, mais il y avait toujours un petit quelque chose, presque insignifiant et impossible à détecter pour ceux qui ne les connaissaient pas, qui les trahissaient. Pas en permanence, mais présent tout de même. Je ne saurai pas dire s’il en serait le cas pour Gareth, je ne le connaissais pas assez pour cela, mais c’était un risque.

Je secouais la tête, à sa question, avant de rire légèrement à mon tour. Continuer dans l’idée de faire plaisir à ma cousine ? Non, elle ne l’aurait sûrement pas toléré. Elle l’aurait même très probablement fermement condamné. Il suffisait de voir le nombre de fois où elle avait semé les filles de seigneurs importants, pour mieux les condamner plus tard, parce qu’elles étaient incapables de faire un choix sans la singer.

« Si je n’y avais pas pris goût, je crois que Jeyne m’aurait interdit de continuer. Mais je n’aurai pas persévéré dans le dressage, je le crains, si je n’avais pas développé une quelconque affection pour mon faucon, et pour les soins qu’il me fallait lui dispenser. Nombre de Lady sont peu persévérantes, et versatiles, passant d’une activité à une autre. Pas moi. J’en découvre de nouvelles, mais je n’oublie pas les plus anciennes. »

Je ne fais pas preuve de mépris à l’encontre des autres jeunes filles envoyées à la cour du Nord, soumises à la désillusion que j’ai du affronter et incapables de persévérer face à leur Princesse peu conventionnelle, surement plus désireuses d’attirer l’attention des Princes, ou du moins n’est-ce pas ce que je veux transmettre. Simplement que je ne baisse pas les bras. Ce n’est pas dans mes habitudes, et je ne souhaite pas que ça le devienne. Si l’on fuit face à la moindre difficulté… La vie doit n’avoir que peu de saveur. Je préfère les surmonter, mais je suis bien consciente que cela ne me rend pas forcément facile à appréhender.

Quoi que ça n’ait pas eu l’air de gêner Gareth, vu son regard, qui fait apparaître un rouge peu naturel sur mes joues. Mais je me concentre rapidement sur ce qu’il a à me dire, alors qu’il semble… embarrassé ? Non, je ne sais pas quoi dire, mais il me surprend, et je m’imagine des choses des plus improbables. Qu’il dément au plus vite, alors que je manquais de me perdre dans la honte d’avoir surpris une conversation sur des hommes en désirant d’autres, même si je m’étais éclipsée sitôt que j’avais compris ce dont les soldats parlaient, perturbée et incroyablement gênée.

Je ne le suis rapidement plus, en revanche, au fur et à mesure de sa confession. Sonnée, sujette à l’incompréhension puis à la colère froide, d’avoir été ainsi dupée. Et à une sensation plus confuse, à laquelle je refusais de prêter attention, pour le moment. Il ne méritait pas que je me soucie d’autre chose, que la sensation d’avoir été prise pour une jeune oie blanche, stupide et incapable de faire preuve de discernement. Incapable de ne pas succomber à un beau parleur au visage agréable.

« Vous pensez sérieusement qu’une telle révélation m’indiffèrerait ? Alors même que je me suis inquiétée pour vous, attachée à vous, et que je vous ai fait part de certaines inquiétudes que je n’expose pas à tous ? Pensez-vous que j’aurai confié l’incertitude que je ressens pour le futur de mon frère à quelqu’un dont je me désintéresse ? »

Je sentais la colère grandir, bien que j’essaye de la contenir. La laisser éclater dans un lieu aussi calme que le bois sacré serait déplacé. Je ne parvenais pourtant pas à me calmer, alors que tout indiquait qu’il était aussi peu amène que moi, ce qui n’améliorait pas mon humeur. Je me refusais de répondre, alors qu’il affirmait ne pas comprendre le mal dont il était la cause. Me mentir pour mieux me tromper, et penser que le fait qu’il apprécie ma compagnie devrait me suffire, alors même que je ne sais justement si je peux croire en la vérité de ses paroles… Je laisse passer, de même qu’il signale son refus de me répondre quant à ma sottise ou mon intégrité. Fort bien. Je ne me dissimule de toute façon pas, quel mal a-t-il à douter de moi ? Si j’avais failli à l’une de ces deux choses, je serai très probablement devenue Septa ou Sœur du silence – quoi que, ne croyant pas en leurs dieux, peut-être n’aurais-je pas pu. Peu importait.

« Si j’étais impassible ou indifférente, sachez que j’aurai dès lors tourné les talons, et n’aurai pas poursuivi une conversation qui n’avait donc aucun intérêt. Si le problème était que je me sois attachée à un valet, alors je vous aurai dit qu’il aurait été inconvenant que je continue à vous aider et vous fréquenter, pour ces raisons exactement, et je me serai contrainte à garder le silence en votre présence. Mais pensez-moi donc incapable d’être heurtée à l’idée que vous ayez pu, alors que je vous avais pertinemment dit ne pas aimer la dissimulation, justifier votre présence par une fable qui n’aurait pas pu être plus éloignée de la vérité. Pensez que seule votre position importait. Si tel était le cas, ne devrais-je pas être en train de me montrer charmante, de tenter de vous faire la cour ? »

Ma voix se faisait probablement peu agréable, encore moins qu’avant, mais cela m’indifférait. J’étais bien trop en fureur pour m’en soucier.

« Attendez-vous que je vous donne une solution ? Je ne suis pas familière de ce genre de stratagème, je ne saurai vous dire. »

Je retenais les mots qui me venaient. L’accuser de me confier la vérité sans me préparer ou l’adoucir à l’aide de lait de pavot, contrairement à ses habitudes ainsi qu’il venait de me le confier, serait particulièrement hypocrite alors que je lui reprochais son manque de franchise. Lui reprocher d’en faire preuve… Non, j’étais peut-être perdue, mais j’avais mes limites.

L’énervement se partage avec… je ne sais pas. Je ne sais pas avec quoi. Pas de la gratitude, de sa franchise. Je suis touchée, qu’il ait voulu se confier à moi, comme je le lui ai dit, même si la confession a été totalement éclipsée par la colère. Je comprends ses motivations. Je le fais réellement. Je ne sais pas si je suis prête à les accepter, cependant. Je me laisse malgré tout surprendre, alors qu’il se rapproche, bien trop rapidement à mes yeux, même s’il laisse un peu de temps s’écouler. Je ne comprends pas, quand il saisit mon menton, pas plus quand il m’embrasse. Pas de suite. Et je me recule, abasourdie. Que croit-il faire ? M’amadouer, comme ça ? Je le regarde, choquée, alors qu’il me suggère d’oublier. Se moquerait-il ? Croit-il qu’il s’agit là de ce que je veux ? Ma main se pose sur sa joue, en une gifle pas bien puissante, qui ne retranscrit pas une seconde la colère dans laquelle me met sa proposition d’oublier. Si ça avait été un jeu, de suggérer de fermer nos yeux et de nous laisser partir l’un et l’autre, sa proposition est bien moins plaisante. Sauf que je ne sais pas quoi penser. Pas comment réagir. Sans même savoir ce que je fais, je repose mes lèvres sur les siennes, d’une manière bien plus maladroite que celle dont il a fait preuve. La colère n’est pas partie, s’y est simplement ajoutée l’envie.

« Je ne veux pas oublier, Gareth. »

Ni de l’avoir connu, ni la colère. Je ne pardonne pas le mensonge, mais…


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Lun 11 Jan - 16:13


Visiblement, ma réaction la déroute quelque peu. Il faut dire que le fait que les gens semblent vraiment persuadés que tout ce qui s’est passé m’a réellement rendu plus sage a quelque chose de réellement inhabituel et, l’espace d’un instant je repense aux propos de Lyman. Je secoue brièvement la tête avant de souffler, avec un léger sourire en coin.

"Nous verrons effectivement. Et vous pourrez alors me dire si j’ai vraiment appris quelque chose sur ce que j’ai vécu ces derniers mois."

C’est le cas bien évidemment, mais pour l’heure je n’ai pas envie de vraiment y penser. Il y a trop de conséquences, trop de choses qui seront amenées à changer une fois rentrés dans l’Ouest sans que je n’arrive vraiment à deviner quoi. Le regard des autres déjà et je me demande jusqu’à quel point.

A l’évocation des faucons, je la fixe, un rien perplexe quand elle laisse échapper un rire. Je l’écoute avec une attention non feinte, amusé de la façon dont elle dépeint sa princesse.

"Je ne suis guère surpris de voir que vous n’êtes pas du genre à abandonner mais il ne semble que ce ne soit pas le cas de toutes les ladies qui gravitent autour de votre princesse. C’est une qualité appréciable et, ma foi, une activité qui change de l’ordinaire. Je serais curieux de vous voir à l’œuvre un jour en tout cas. Je suppose que vous amènerez vos faucons à Castral Roc non ?"

Je l’imagine mal les laisser ici. Elles vont déjà avoir des difficultés à s’adapter à l’Ouest, autant faire ce qu’on peut pour qu’elles puissent se sentir autant à l’aise que possible. Mais je n’ai pas le temps d’y songer plus longtemps que les choses se corsent. J’aurais, et de loin, préféré continuer de discuter de tout et de rien avec la jeune femme qui arrive sans difficulté à me faire oublier ce qui a pu se passer dernièrement. La voir est aussi nettement plus plaisant que de la voir s’énerver peu à peu. Et, à dire vrai, je ne suis pas en reste. Ce qui me semblait si clair quand je suis arrivé dans le Bois ne parait plus aussi évident maintenant et c’est quelque chose que j’ai du mal à appréhender.

"Je ne savais pas comment vous alliez réagir. Il est facile de se dire attaché à quelqu’un qui n’est pas du même rang, qui part à l’autre bout du pays ou que sais-je encore. Vous pouviez aussi agir par simple sympathie et non par attachement. Et vous seriez-vous comportée de la sorte si j’avais été présenté comme lord Kenning ?"

Autant être honnête, outre le fait que j’ai depuis un moment perdu mon calme, j’avoue que je ne sais même plus comment expliquer tout ça. Je m’étais douté que les choses ne se passeraient pas facilement mais je ne m’étais pas attendu à ça. Bon, en fait, je n’avais pas vraiment songé à la façon dont elle pourrait réagir et ce n’est que maintenant que je commence à mesurer l’attachement réel qu’elle semble avoir pour moi. Et, à dire vrai, je ne réalise qu’à mesure que je lui parle que je tiens réellement à elle. Jusqu’à quel point, je ne saurais le dire. Je ne saurais pas dire non plus ce que ça pourrait signifier et ce n’est de toute façon  pas le moment du tout de songer à ce genre de chose.

"Je sais très bien que vous n’aimez pas la dissimulation, vous avez été particulièrement claire à ce sujet. Mais je vous avais répondu que parfois, nous sommes obligés de faire des choses dont nous ne sommes pas fiers. Je ne le suis pas de vous avoir menti ni d’avoir songé à cette fable mais il aurait été impossible de faire autrement. Vous demander de partager un secret n’était pas quelque chose d’envisageable, je vous aurais mis en défaut avec les vôtres et vous n’aviez pas à porter ça en plus du reste, d’autant que, nous le savions tous les deux, il n’était pas certain que je revienne."

Je fronce les sourcils quand elle parle de se montrer charmante et de me faire la cour. L’idée qu’elle le fasse à cause de mon titre lui déplait et je souffle, agacé.

"Vous n’auriez pas été la première lady Karstark. Là au moins, vous pouvez vous dire que nous avons appris à nous apprécier pour ce que nous sommes réellement, sans les titres et ce qu’ils peuvent représenter. Ou pas, à votre guise."

J’avoue, j’ai bien évidemment joué plus d’une fois sur mon titre et ma position, surtout auprès des jeunes femmes. Mais, en cet instant, autant dire que l’idée ne m’a même pas effleuré. Je secoue la tête au reste de ses propos, prenant une profonde inspiration pour garder un semblant de calme.

"Une solution ? C’est un peu tard pour ça. Vous ne vouliez pas de mensonge, vous n’appréciez pas la vérité. Je ne vois guère ce que je peux faire de plus dans la mesure où il m’est impossible de remonter le temps pour que les choses se passent autrement. Et que je n’en ai pas envie."

Parce que, même si elle m’en veut, j’ai apprécié les moments passés avec elle et tout ce qui a pu m’arriver dans la peau du valet que j’ai prétendu être ces derniers mois, quelles qu’en soient les conséquences.

Sans bien y réfléchir, je l’embrasse et  autant le dire tout de suite, au moment-même où je le fais, je suis persuadé qu’elle va me gifler. Ca ne manque pas mais j’ai comme l’impression qu’elle manque un peu de conviction. Ou alors, j’essaie de m’en persuader, ce qui, dans le fond, ne change pas grand-chose. Je n’ai de toute façon pas le temps d’y réfléchir qu’elle m’embrasse à son tour. Ca, je ne l’avais clairement pas vu venir.

Je la fixe alors longuement, brusquement calmé et je tends la main vers elle pour effleurer ses lèvres du bout du pouce avant de souffler à mi-voix.

"Bien. Moi non plus. Que faisons-nous alors ? "


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Lun 11 Jan - 23:05

J’acquiesce, sans ajouter que je ne suis pas certaine d’être en mesure de le savoir, s’il avait vraiment retenu l’horreur qu’il a vécue. S’il en ressort grandi. Je n’en dis rien, préférant croire que je saurai si tel est le cas. Il est plus aisé de parler des faucons que nous avions dressés, Jeyne et moi. Moins… attristant, ou moins lourd, comme sujet. Je souris, en l’entendant.

« Voulez-vous dire que je suis obstinée, Gareth ? Je ne sais pas si je dois apprécier cela, ou bien être flattée que vous ne m’imaginiez pas persévérer. Mais je suppose que nous pourrons vous montrer, Jeyne et moi, après le mariage. Et je n’ose imaginer que l’on puisse nous séparer de nos faucons, non. Je crois qu’on les apprécie autant qu’une autre aimerait un chat. »

C’était même certain, à vrai dire, bien que la relation ne soit pas la même. Nous n’allions pas serrer un faucon dans nos bras. Mais l’affection était réellement là. Cependant, cela importait peu, en comparaison au sujet qui prenait la suite de celui-ci, sans aucune conséquence. Il était bien moins léger, et assurément bien moins plaisant. Et surtout, il me prenait totalement au dépourvu et me laissait absolument incertaine quant à la façon d’agir qu’il convenait d’adopter. Je m’énervais, je n’anticipais rien, et cela semait encore davantage la confusion dans mon esprit. Je restais un instant sans voix, ne sachant absolument pas quoi répondre.

« Sans doute n’était-ce qu’un geste sans importance, au vu des jeunes demoiselles bien plus accortes que vous avez du fréquenter, mais je n’appose pas mes lèvres sur la joue de valet pour qui je ne manifeste qu’une simple sympathie. Quand bien même mon geste avait été impulsif. Et que voulez-vous que je vous dise ? Savez-vous, vous-même, comment vous vous seriez comporté, à mon sujet, si vous étiez venu à nos côtés en tant que Lord Kenning ? Alors sûrement me serais-je montrée courtoise et bienveillante, mais auriez-vous sollicité Lady Lynara Karstark, pour vous montrer les cartes du Nord, plutôt qu’un mestre expérimenté ? Il n’est pas si facile que cela de répondre, n’est-ce pas ? »

Je souffle, non pas de colère, mais plus de… lassitude. Oui, il me pose des questions aucune je ne peux guère répondre, comme si mon attitude était évidente. C’en serait presque insultant, mais je m’abstiens de relever pour ne pas attiser encore ma colère. Elle n’en a pas besoin, pour que j’explose encore davantage.

« Sans doute, mais vous l’auriez vu, et en ce cas, auriez pu m’éviter, n’est-ce pas ? N’est-ce pas vous qui souffrez que j’apprécie davantage le valet que le Lord, ou du moins que j’en sois amenée à apprécier ce dernier pour les mauvaises raisons ? »

J’allais peut-être trop loin, mais n’en avais pas réellement conscience. Et je savais ne pas être en tort, dans ce que je disais.

« Chaque vérité n’est pas appréciable, mais elles sont nettement moins malvenues, quand elles ne sont pas précédées par un mensonge ensuite démenti. Mais soit. Et je comprends bien que, sans être fier de ce que vous avez fait, vous ne le regrettez pas pour autant. Ou peut-être pas assez, pour avoir changé les choses, m’avoir confié ce secret, peut-être. Mais je ne peux même pas vous le reprocher, avec les explications que vous me donnez. »

Ma voix était moins agressive, bien que pas plus affable. Comme si je ne culpabilisais pas déjà assez, de m’emporter contre lui alors qu’il avait été blessé pour une guerre qui ne le concernait pas au départ, comme s’il était nécessaire qu’il me rappelle qu’il y avait risqué sa vie. Le gifler m’était insufflée par ce qu’il me faisait ressentir, et perdait de sa puissance à cause de cela aussi. De même que le baiser, qui me surprenait moi-même. Je ne m’attendais pas à agir ainsi, et sa main qui s’approche, effleure mes lèvres, n’arrange rien. Je rougis, tant par la confusion que… Je ne sais pas. Je ressens trop de sensations contradictoires.

« Comprenez que je sois… heurtée, de votre mensonge. Comprenez que je ne sois pas aussi amène que je le devrais, après ce que vous avez vécu, me sentant trahie. Comprenez, malgré tout, que je ne suis pas décidée à exprimer ma colère sur vous, bien que je ne sois pas encore calmée à ce sujet Comprenez que je tienne à vous. »

Je me retenais, avant de lui dire qu’il faudrait qu’il comprenne que j’allais en parler à ma cousine. Soit il chercherait à m’en dissuader, soit il s’en amuserait. Soit il le savait. Je n’étais pas certaine de vouloir savoir quelle serait sa réaction.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Mer 13 Jan - 16:12

Lynara semble rapidement comprendre que, si je ne suis pas contre l’idée de parler de ce qui s’est passé dans le Nord, ce n’est pas vraiment mon sujet de prédilection. Elle a la délicatesse de ne pas insister et de ne pas demander des détails là où elle pourrait faire preuve d’une curiosité pourtant légitime. J’ai un sourire en réponse au sien avant de souffler, la mince complice.

"L’obstination est pour moi une véritable qualité. Sans elle, difficile d’arriver à ses fins et d’être vraiment satisfait de ce qu’on a fait, vous ne croyez pas ? J’aimerais beaucoup voir ça en tout cas, dès que nous aurons tous le temps."

Et si elles en ont l’envie. Ce qui, au vu de la révélation que je lui fais, va certainement s’avérer peu probable. Si elle me laisse le temps de tout lui dire, ce n’est pas pour autant qu’elle le prend bien, au contraire. Enfin, elle semble indifférente au départ mais, au final, elle est vraiment touchée. Et elle arrive à m’énerver, à m’embrouiller, moi qui, en temps normal, n’aurait probablement eu rien à faire de sa réaction ou m’en serais-je amusé. Après tout, elle n’est pas la première jeune femme de qui je peux me rapprocher ou, pire, à qui j’aurais joué un tour tout aussi peu recommandable. J’ai une vague réminiscence de ma discussion avec Lyman, quand il s’amusait de me voir aussi mordu. J’avoue, je ne pensais pas que ce serait à ce point-là.

"Je… pardon ? Et bien, voilà une belle image que vous avez de moi on dirait. Vous pensez que nous avons des idées reçues sur le Nord mais vous ne faites guère mieux. Vous semblez donc croire que je passe beaucoup de temps avec des jeunes filles … comment avez-vous dit ? Ah oui, plus accortes que vous. Fort bien. En tout cas,  je ne sais pas comment j’aurais agi si j’étais venu en tant que lord Kenning parce que, de toute façon, comme je vous l’ai dit, cela n’aurait pas été possible. Mais probablement me serais-je alors contenté de passer du temps avec un tout autre genre de jeunes filles si je suis votre raisonnement."

Voilà une réplique aussi ridicule que peu à propos. Mais, et je n’arrive pas à savoir pourquoi, je suis incapable de faire mieux. Je la fixe, sourcils froncés alors qu’elle en rajoute une couche. Et là, j’ai une pensée pour Lyman dont la colère froide pourrait à ce moment-là m’être grandement utile.

"Peut-être suis-je plutôt heureux de voir que c’est l’homme que vous aviez appris à apprécier et non le lord. Je suis habitué à être apprécié pour de mauvaises raisons comme vous le dites si bien, ma position auprès de Lyman est plus qu’appréciable et je sais que bien des gens m’envient ou trouvent qu’elle est injustifiée. L’honneur qui a été fait à ma famille quand j’ai été envoyé à Castral couplé à celui d’avoir réussi à gagner l’amitié du Prince a bien des revers que je n’avais pas eu à vivre avec vous. J’ose espérer que cela ne changera pas. Ou alors devrais-je vraiment apprendre à vous éviter effectivement."

Elle continue et, autant l’avouer, m’embrouille de plus belle et je me masse la nuque de ma main libre en soupirant profondément avant de reprendre, sur le même ton qu’elle.

"Donc. Que je comprenne bien. Vous m’en voulez de vous avoir caché la vérité. Vous m’en voulez de vous l’avoir dévoilée de la sorte sans essayer de l’enrober d’autres mensonges. Mais vous comprenez. Mais pas complètement. Que je sois fier ou non de ce que j’ai fait n’a pas la moindre importance. Il y a des choses que nous serons obligés de faire, vous comme moi, de par nos positions, et que nous devrons taire, que ce soit plaisant ou non."

Je reprends peu à peu mon calme, en apparence tout du moins, même si je continue de bouillir et que ça ne va pas en s’arrangeant. L’embrasser n’est pas une idée très lumineuse mais, sans bien savoir pourquoi, je le fais quand même. Parce que j’en ai envie depuis le dernier tête à tête que nous avons passé ici et que je me dis qu’elle comprendra mieux ce que je peux ressentir à son égard. Le résultat est mitigé et j’avoue, je ne sais pas trop quoi penser.

Je me rapproche d’elle, avec précaution, mais je tends tout de même la main dans sa direction. J’ai un mince sourire quand je la vois rougir et j’effleure sa joue avant de reprendre, d’un ton calme.

"Je vous ai vue Lynara, vous êtes comme moi, prête à ce qu’il faudra pour veiller sur votre princesse. Et je gage que s’il vous faut mentir pour elle, quel que soit le peu de goût que vous avez pour l’exercice, vous le ferez. Cette loyauté qui nous lie à eux va au-delà de tous les autres attachements que nous pouvons avoir, que nous le voulions ou non."

A ses propos, je garde le silence, hochant la tête.

"Je comprends tout ça. Et comprenez à votre tour que rien de tout ça n’a été facile pour moi non plus. Que ce n’était pas un jeu et que je n’ai pas agi de la sorte pour me moquer de vous. Je sais que, pour l’heure, vous êtes incapable de démêler le vrai du faux me concernant et je peux le comprendre. Mais je ne veux pas que vous oubliez que l’attachement que j’ai pour vous est réel. Vraiment. Quoi que vous décidiez de faire après notre discussion."

Moi en tout cas, je vais faire en sorte d’éviter le monde entier pendant quelques temps. Si c’est possible en tout cas.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Dim 24 Jan - 2:28

Mon sourire s’élargit, alors qu’il répond avec aisance, et une certaine flatterie. Je souhaite croire qu’il est sincère, et je ne parviens pas à faire ce souhait, au profit de la raison.

« Tant qu’elle ne devient pas un entêtement, et un refuse de se conformer à la réalité. Mais j’ai toujours partagé votre avis, et je crois que cela m’a permis de ne pas lasser ma Princesse, contrairement à beaucoup. Pas qu’elle ne se lie pas aux gens, simplement qu’elle ne soit pas réfractaire à la diversité, ou la divergence quant à son opinion. C’était un portrait presque peu flatteur que je faisais là, mais à moins de la décrire dans toutes ses nuances et toute sa richesse, et à moins que Gareth ne veuille en savoir davantage que les généralités qu’il pourrait savoir de ma cousine, rien ne lui rendrait autant grâce qu’elle le méritait. Je ne pense pas présumer des volontés de ma Princesse, en affirmant que nous serions ravies de vous montrer. »

J’en étais convaincue, oui. Mais je ne m’attendais pas à l’aveu qu’il venait de me faire. Rien n’était moins sûr, après cette révélation, cette vérité énoncée. La colère m’emportait, montrant une facette de moi fort peu reluisante alors que je ne parvenais pas à la refreiner ou à me raisonner.

« Oui, peut-être ai-je des idées arrêtées et erronées. Mais je ne suis pas obstinée au point de refuser de reconnaître avoir tort, si l’on me montre que c’est le cas. Vous me dites que ces jeunes femmes plus… accortes, comme je dis, font grand cas de Lord Kenning. Ai-je dit que vous appréciez de les fréquenter, alors même que vous venez de me reprocher un comportement que vous ne pouvez affirmer que j’aurai eu, si je vous avais connu comme tel, et non comme le valet que vous prétendiez être ? Vous êtes aussi prompt à m’accuser de vous penser ouvert à ces jeunes femmes, que vous pensez que je le suis à vous juger si versatile et désireux de leur compagnie. Ce n’est nullement ce que j’ai dit, uniquement que je suis de toute évidence moins avenante qu’elles, et moins à même de me laisser aller à des actes si légers, si bien que lorsque j’agis ainsi, ça n’est jamais sans sincérité. »

Mais qu’il me pense obtuse et incapable de comprendre ce qu’il veut me dire, il me renvoie avec autant de force et aussi peu d’amabilité que lorsque je m’adresse à lui, tellement il me sort de ce que je connais, et m’empêche de réfléchir avec lucidité.

« Craignez-vous donc que je montre que je n’ai été que malhonnête, et que j’ai feint de me lier avec vous ? Peut-être pour le plaisir de l’interdit, le frisson de savoir que je me liais à quelqu’un qui ne serait pas réellement convenable pour une jeune lady ? Peut-être ne suis-je qu’une écervelée, en quête d’un bon mariage pour soulager ma famille de ce fardeau qu’est leur aînée non mariée, mais je ne feins pas d’être une autre. Je ne dissimule pas mes joies ni mes éclats. Peut-être me serais-je approchée de vous, car vous auriez été mon égal, mais je n’aurai pas minaudé pour entrer dans vos bonnes grâces, ou dans celles de Prince. Il tourmente Jeyne en bien des choses, mais je crois qu’il peut la rendre heureuse, et je n’ai pas besoin d’approcher son valet ou l’ami que vous êtes, Lord, pour me rendre agréable auprès de lui. S’il respecte Jeyne. J’admets ma curiosité, ma nécessité de savoir s’il était bien pour elle, et avoir profité de converser avec vous pour me faire mon opinion sur le Prince et les gens dont il s’entourait, mais je ne l’ai ni caché, ni fait sournoisement. Je n’ai pas eu l’audace de venir vers vous uniquement pour sonder avec fourberie votre Prince. J’ose espérer que vous en êtes conscient. Mais je comprendrais qu’il n’en est rien, si vous m’évitiez. »

Et j’en serai cruellement déçue, et peut-être même blessée. Mais qu’il ne compte pas sur moi pour dévoiler cela.

« Il est aussi important de savoir placer sa confiance, malgré les choses délicates que nous sommes amenés à faire. Sans doute est-ce ce que vous faites actuellement, peut-être est-ce trop tard, peut-être suis-je excessive car je me sens manipulée, ou parce que je suis blessée. Il y a des choses que, quelle que soit la façon dont on les rationnalise, on a du mal à accepter, que cela nous convienne et nous soit bénéfique. »

Je suis très certainement moins emportée, bien que cette impression amère ne me quitte pas, pas réellement. Je lui en veux, que je comprenne ou non les raisons qui l’ont poussé à agir ainsi. Et pourtant, je ne le repousse pas, alors qu’il m’embrasse. Non, j’agis impulsivement, et goutte à nouveau à cet aperçu qu’il m’a donné, rougissant. Gênée. Sa main sur ma joue me trouble, et me réconforte étrangement.

« Je ne nierai pas. Mais il faut savoir à qui mentir, et à qui faire confiance. Le destin de votre Prince sera lié à celui de ma Princesse, comme je suis liée à elle et que vous êtes lié à lui, et je ne peux croire que ce que je devrais faire pour elle sera nocif pour votre Prince. Je ne peux croire que nos intérêts divergeront, et que nous devions le dissimuler. N’avez-vous réellement pas compris cela, bien avant ? Je ne doute pas que vous contribuiez à faire de Lyman un vrai Roi, comme je m’y efforce pour Jeyne, mais cela se rejoint, maintenant. Et aucun n’attachement n’effacera cela. Mais nous pouvons apprendre à faire front commun, sans dissimulation. »

On y revenait, et surement ne voudrait-il pas, mais je ne pouvais pas croire que l’union de Jeyne et de Lyman Lannister serait heureuse, si le secret la rythmait. Non, je ne le pouvais pas.

« Je ne le pense pas. Mais est-ce facile, que de s’opposer à une Princesse ? Ou un Prince, dans votre cas ? Car si vous êtes là, c’est bien parce que vous y parvenez, n’est-ce pas ? Alors apprenez à vous confier, et à ne pas craindre que je trahisse la cause de votre Prince. Si vous le souhaitez. Si vous adoptez le silence, malgré ce que vous me dites… Alors je comprendrais. Dans un cas comme dans l’autre, je ne cacherai pas la vérité à Jeyne. Je ne vous dissimule pas cela. Je vous comprends, que je sois perdue et bien trop touchée pour le moment, mais je vous crois. Je pense cependant que la décision est vôtre. Je ne vous cache rien de ce que je souhaite. Je saurai pardonner la blessure causée. Saurez-vous comprendre ce que je vous dis ? »

Je n’en savais strictement rien. Le savait-il seulement lui-même ?

|HJ| Je suis désolée, j'ai pas l'impression d'être très claire ^^'


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Lun 25 Jan - 12:09

Il aurait été tellement plus simple de continuer ces échanges légers et pour le moins agréables avec la jeune Karstark. Mais c’était sans compter mon besoin de lui dire la vérité. Quelle idée saugrenue à dire vrai. Enfin, je n’ose pas imaginer sa tête si elle l’avait appris autrement.

Elle arrive à me faire sortir de mes gonds et j’ai du mal à retenir mes mots, sans arriver à bien saisir pourquoi. Il faut dire qu’elle me le rend bien et qu’elle sait pointer du doigt ce qui m’agace le plus. Autant dire que ça ne m’aide pas à retrouver mon calme. Je prends une profonde inspiration avant de rétorquer, d’un ton sec.

"Fort bien. Vous êtes persuadée d’une chose à mon égard, ou pas visiblement. Quand je suis persuadé du contraire. Ou peut-être pas. Au final, peut-être n’apprécierez-vous pas du tout lord Kenning, allez savoir. Mais jamais, au grand jamais, je vous ai trouvée moins avenante que les jeunes femmes que j’ai eu l’occasion de croiser. Vous avez bien des qualités qu’elles ne possèdent pas et vous… peu importe en fait."

Je secoue la tête, incapable de faire la part des choses, partagé entre cet énervement croissant et cette impression fugace qu’elle m’apprécie bien plus que je ne le mérite en cet instant.

"Je ne sais pas ce que je crains car je ne sais pas sur quel pied danser avec vous.  Peut-être que maintenant je crains surtout que vous n’évitiez le lord quand vous cherchiez la compagnie du valet et que je le regrette. Et que toutes les possibilités que vous avez évoquées flotteront entre nous sans qu’on ne puisse rien y faire. Que ce soit le comportement que j’aurais pu ou non avoir et le votre."

Je n’ai pas envie de l’éviter mais je ne sais même pas si je dois lui dire ou pas. Je ne sais même plus ce qu’il est opportun de répondre en cet instant à dire vrai, tant j’ai l’impression qu’elle pourrait mal interpréter le moindre de mes propos.

"Il est vrai qu’en venant vous parler maintenant, je vous accorde une forme de confiance que je n’ai fait avec personne d’autre. Ce sera à vous de me dire si c’est réellement trop tard ou pas, je ne peux le décider à votre place. Je n’avais pas l’intention de vous manipuler Lynara, loin de là. Si c’était le cas, je ne vous aurais pas parlé de tout ça et le faire plus tôt m’était impossible. Mais je comprends que vous ayez du mal à accepter tout ça."

Je laisse échapper un soupir. Si elle est moins emportée, la situation reste suffisamment tendue pour que j’agisse de façon impulsive. Comportement qu’elle me renvoie sans hésiter, sans que je ne comprenne réellement ce que cela peut bien représenter pour elle.
Mais j’avoue qu’une part de moi apprécie de comportement qui sort quelque peu de l’ordinaire, quand bien même ses implications sont bien trop compliquées pour que j’aie envie d’y songer dans l’immédiat.

Elle ne s’écarte pas quand j’effleure sa joue, ce qui doit être une bonne chose. Je crois. J’avoue, je ne suis pas vraiment en terrain connu et ses réactions me laissent quelque peu dubitatif. Pour autant, j’ai envie qu’elle comprenne et que nous ne nous quittions pas fâchés, même si cela semble pour le moins délicat.

"Je ne suis pas habitué à faire confiance à grand-monde Lynara. Dans l’Ouest l’hypocrisie est tellement présente qu’il est stupide de croire ce qu’on peut nous dire. Je vous ai probablement fait plus confiance en quelques mois qu’en plusieurs années auprès d’autres personnes à la Cour. Et j’aimerais pouvoir m’avancer avec autant de certitude que vous et croire que nous n’aurons jamais à nous opposer en remplissant nos missions respectives. Mais j’aimerais que nous fassions front commun. Ce sera nécessaire vu ce qui nous attend une fois à l’Ouest."

Entre les détracteurs de ce mariage et la personnalité de la jeune louve, il est certain que la tâche ne sera pas aisée. Je ne sais si Lynara en a parfaitement conscience mais Jeyne peut déjà se targuer d’avoir une alliée prête à tout pour elle. Au reste de ses propos, j’ai un silence et je la fixe longuement, un mince sourire se dessinant sur mes traits.

"Il parait que la raison de ma présence depuis toujours ou presque auprès de Lyman est justement parce que je ne cesse de m’opposer à lui. Ou quelque chose dans le même acabit. Je ne suis pas de nature à me confier Lynara, mais je n’étais pas non plus de nature à m’attacher de la sorte. Peut-être pourrez-vous me faire changer d’avis. Et il est normal que Jeyne en soit avertie."

Même si je crains fortement la réaction de la jeune louve qui ne risque guère d’apprécier la duperie à son tour.

"Je comprends. Je crois. Mais je pense qu’il va falloir un peu de temps pour que les choses deviennent… normales ? Pour que vous soyez à même de me pardonner et que nous puissions savoir quel type de relation nous pourrons avoir vous et moi."

Je me penche à nouveau vers elle pour l’embrasser, de façon bien différente que lorsque je me suis emporté quelques minutes plus tôt. Ce n'est pas dans un élan d'impulsivité ni de colère mais parce que j'en ai envie, réellement.

"Je ne veux pas vous blesser Lynara. Vraiment pas. Prenez le temps qu’il vous faudra. Après tout, ce n’est pas comme si nous n’allions pas nous revoir. Et je ne serais jamais bien loin."

Je me recule alors d’un pas et je souffle, à mi-voix, après m’être incliné devant elle.

"Il est temps pour vous de fermer les yeux pour que je puisse m’en aller. C’est encore ce qu’il y a de mieux à faire pour le moment je crois."

Pour que nous puissions nous calmer l’un comme l’autre et réfléchir à tout ça. Pour qu’elle décide si elle souhaite me pardonner, connaitre lord Kenning ou je ne sais quelle autre option qui s’ouvre à elle.
J’avoue, je n’ai pas souvent été aussi décontenancé et je n’aime guère maitriser aussi peu la situation. Et pourtant, je n’ai pas la moindre envie de m’en aller.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   Mer 27 Jan - 21:35

Il m’embrouillait. Je crois bien que je ne le comprenais pas. J’étais persuadée ou non, et lui aussi ? Que cherchait-il à me dire ? Que cherchait-il à faire ? Je me retenais de saisir ma tête entre mes mains, incapable de comprendre quoi que ce soit. Je le fixais, au contraire, chercher à déchiffrer ce qu’il voulait bien me faire comprendre. Je plissais les yeux, cependant, lorsqu’il disait qu’il était possible que je puisse ne pas apprécier Lord Kenning. Ainsi donc, il ne considérait pas Gareth comme Lord Kenning ? C’était à me perdre et à me filer un sacré mal de tête.

« Lord Kenning est donc si différent pour vous de Gareth ? Qu’entendez-vous par là ? Que je ne saurai faire abstraction de votre titre, et vous considérez de la même façon que je le faisais avant de savoir la vérité, il y a quelques minutes ? Je ne suis pas cruelle, ni… je ne sais pas. Je vous aurai dit avant ne pas me croire naïve, mais peut-être bien est-ce l’inverse, finalement. Mais je ne pense pas être un mauvais juge des caractères. Peut-être suis-je présomptueuse, en disant cela. Je pourrais parier sur l’improbabilité de vos propos, mais sans doute est-ce plus sage de ne pas le faire. »

Je ne relevais pas le reste de ses paroles. Mon visage devait se contenter de le faire pour moi, alors que je sentais mes joues rosir. Ma tête me trahissait, et je n’arrivais à dire s’il était embarrassant ou non, que la moindre émotion se voit physiquement sur moi.

« Pourquoi condamner tout de suite mon attitude potentielle, au lieu de lui donner une chance ? Peut-être vous surprendra-t-elle. Comment pourrais-je croire que le Lord, très certainement populaire et plus habitué que nous Nordiens à charmer sciemment, puisse ne pas ignorer la jeune fille que je suis, si vous ne pouvez croire que je suis à même de vous apprécier ? »

Je ne pouvais lui donner une chance de poursuivre ce que nous avions construit, si lui-même doutait de moi. Mais peut-être, sans doute, étais-je la première à avoir douté de lui. Sans doute étais-je fautive de ça, au moins. J’acquiesçais, cependant, à la suite de ses paroles. Je ne pouvais lui dire quoi que ce soit. Et je ne saurai si je pouvais passer outre, qu’avec du temps. Pas forcément sans lui parler, au contraire. S’il m’ignorait ou que je l’ignorais, comment savoir si je pouvais me comporter normalement avec lui ? Je secouais la tête à mon tour, sans savoir pour autant quoi rajouter. S’il ne comprenait pas ça de lui-même… Je ne savais pas quoi faire.

Je devrais peut-être m’éloigner, ne pas lui donner l’opportunité de m’embrasser à nouveau, retirer sa main de ma joue. Je n’en fais rien, pourtant. Je reste là, et je le regarde. Désorientée et touchée. Je fronçais les sourcils, fermais les yeux un instant, en l’entendant parler de ce qui nous attendait dans l’Ouest. Comment pouvais-je seulement croire que nous n’allions pas être dévorées, Jeyne et moi, une fois là-bas ? Non, pas Jeyne. Je ne le permettrais pas, quand bien même je devrais prendre les coups à sa place. Elle serait épargnée, il ne pouvait en être autrement. Que je doive apprendre à être comme eux ou non. Si son mari ne la protégeait pas, je le ferai. Je n’ignorai pas ce qu’il me disait d’autre. Je souriais, même, sûrement assez stupidement, réellement touchée. Flattée, bien que je n’en dise rien.

« Apprenez moi, dans ce cas. À être comme… les gens dans l’Ouest. À pouvoir défendre ma Princesse avec les armes à ma disposition – que je les exècre ou non. Laissez moi vous prouver que nous pouvons faire front commun, que vous n’avez pas tort de me faire confiance. Que je peux essayer de comprendre la façon de fonctionner de l’Ouest. Jeyne compte sur moi, Lyman compte sur vous, et notre aide sera plus efficace si elle est cumulée, n’est-ce pas ? »

Je réagissais peut-être impulsivement, mais j’étais convaincue de ce que je disais. De tout ce que je disais. Je ne disais rien de plus, en l’entendant. Je ne comptais pas lui dire qu’il pourrait changer, oui. C’était à lui seul de le décider, et que je l’espère, que je le veuille, ne devait rien y changer. Et je ne comptais pas passer pour une idiote, en admettant avoir des rêves de jeunes filles qui ne connaît rien si ce n’est de belles histoires d’amour lisses évoquées dans des livres.

Je n’ai pas le temps de lui répondre, qu’il se penche vers moi et m’embrasse à nouveau. Si mes joues étaient légèrement rouges, elles doivent être écarlates maintenant, alors que je l’encourage bien malgré moi, qu’il fait naître en moi des sensations qui me perturbent et me plaisent simultanément… Je pose ma main sur sa joue, et le regarde quelque peu tristement, en l’entendant, souriant aussi paradoxalement. Oui, nous nous reverrons. Je l’espérais, en tout cas. J’acquiesçais, incapable d’en dire plus. Je souriais cependant un peu plus franchement, en l’entendant. Quoi qu’il en dise, cette simple phrase me prouvait qu’il était le même. « À bientôt, Gareth.. » Je fermais les yeux, déroutée de ne rien voir, et comptais silencieusement pour lui laisser assez de temps.


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MessageSujet: Re: Coming Home... [Tour II - Terminé]   

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