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Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »
MessageSujet: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Mar 1 Déc - 23:28



Voilà près de de deux  mois que j’étais à Winterfell. Loin de Castel-Cerwyn, je comptais les jours qui me gardaient éloignés des miens. Les journées étaient longues et l’ennui me gagnait. Je n’avais pas l’envie ni la volonté de sourire. Nous étions en guerre, les miens étaient partis combattre. Tous ne reviendraient pas, nous le savions. Les femmes, les enfants et les anciens étaient restés à Winterfell. Mon père et mon frère quant à eux, étaient partis depuis maintenant un mois. Quatre longues semaines où je me languissais de leur retour. A mon grand désespoir, ils ne faisaient toujours pas partis des combattants sur le retour... La plupart des troupes étaient déjà revenues et pour autant, pas l’ombre d’un Cerwyn à Winterfell. La peur me rongeait le ventre quand je prenais conscience qu’ils ne reviendraient peut-être pas. Etaient-ils blessés ou pire ? Pourquoi aucun d’entre eux n’étaient revenu ? La veille, on m’avait informé que le Roi aurait sauvé l’un d’entre eux pendant la bataille de la-mort-aux-loups. Et le deuxième ? Qui avait-il pu sauver ? Tout s’embrouillait dans mon esprit et je sentais mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine. Il fallait que j’en ai le cœur net. Il fallait que je parle à Torrhen Stark, le roi du Nord. Il était déjà venu en visite à Castle-Cerwyn, il y a bien longtemps, mais j’estimais pouvoir le reconnaître à nouveau.

Arrivée dans la grande salle du château, mon regard parcouru l’ensemble de la pièce. J’observai toutes les personnes qui croisaient mon chemin, cherchant le Roi. Avançant parmi la foule je remarquai des hommes blessés, boitant… Les joies de l’après-guerre. Soit on panse les blessures, soit on pleure ses morts, mais il était rare de revenir intact d’une bataille de cette envergure. Ayant traversé les salles les plus emplies, j’arrivais aux abords d’un long couloir. Soupirant de ne trouver l’objet de ma convoitise, je m’appuyais sur l’une des parois de pierre, dos à celle-ci. Je fermai les yeux, essayant de me reconcentrer et trouver une solution. Les paumes de mes mais touchèrent la rudesse de la roche un instant. Entendant que quelqu’un arrivait, je m’éloignai du mur et me redressa.

Se faisait face à moi un homme amaigri et aux traits marqués. Son visage était orné de blessures encore gonflées et rouge.  Sa main se prolongeait avec une canne sur laquelle il s’appuyait péniblement. Avançant en ma direction, je reconnu alors le roi du Nord. « Majesté » lançais-je en m’inclinant. « Maedalyn Cerwyn… » Précisais-je en me redressant face à lui. « …fille du seigneur de la maison de Castel-Cerwyn » je repris mes esprits. Par où commencer…  Mon père, mon frère… Ceux qui comptaient le plus pour moi étaient loin et leur avenir incertain et inconnu.

« Majesté, je n’ai aucune nouvelle de mon père et de mon frère… J’ai entendu les récits des combats, les blessés, les pertes… » Je fixais inlassablement le sol en m’imaginant les atrocités de la guerre, les souffrances des hommes blessés, mutilés.

« Il se raconte que vous étiez avec eux sur le champ de bataille… »

Constatant l’état physique de Torrhen Stark, je m’angoissais de plus en plus, pensant aux miens, à ler probable mort. Ma gorge se serra. Puis, je réalisai que ma demande auprès de Torrhen Stark pouvait lui paraître déplacée. Il était extrêmement blessé et semblait physiquement atteint. Je portai ma main près de mon front, sentant un sentiment de honte m’envahir.

« Je suis navrée de vous importuner de la sorte… » Je plissai les yeux en hochant la tête de droite à gauche puis, ramena mon regard vers lui. Bien que gênée, je ne voulais pas partir sans avoir obtenu ma réponse. J'avais besoin de connaître la vérité. Il n’avait pas dit mot.
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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Jeu 3 Déc - 21:06

Cela faisait un moment que j'étais revenu chez moi. J'étais paradoxalement exténué et las, mais aussi désireux de toujours faire plus pour mon royaume, pour Westeros, pour ma famille toute entière. Je ne savais pas encore trop tout ce que j'avais besoin de savoir pour agir directement, mes de vieilles idées m'imprégnaient depuis longtemps et il était temps de les laisser sortir, de les laisser s'exprimer. Je ne voulais pas me hâter, mais je n'en pouvais plus d'attendre non plus. Ah, que je haïssais ce genre d'arbitrage, vous pouvez me croire. Quoiqu'il en soit, je dormais mal la nuit, et cela n'aidait ni à la patience ni à la réflexion. Je n'arrêtais pas de penser à Mathie, qui me rappelait cruellement Sigyn. Parfois, je nourrissais le fantasme immonde et veule d'une existence simple, loin de toutes responsabilités. Avec la riveraine. Mais je me maudissais pour ce genre de faiblesse. Elle était déloyale. Je ne savais pas si c'était le cas de toutes les femmes, mais avec le résultat de mon expérience il m'était permis d'en douter. Sigyn m'avait trahi, trompé. De la plus cruelle des manières, car l'homme fier et entier que j'étais n'avait alors pas pu se défendre, n'avait pas pu se venger. Elle l'avait fait de la manière la plus abominable qui soit.


En me culpabilisant.


Mathie, c'était un peu pareil. Elle attendait le pardon et la compassion. Alors que l'ennemi, au travers d'elle, avait sans doute acquis un grand avantage. Je l'avais sauvée parce qu'elle pouvait encore m'être utile. Alors que je rêvais de mes mains sur son cou, quand je ne rêvais pas d'elles sur son corps. C'était une torture. Pourtant, les choses étaient très claires pour moi. Jamais plus je ne me laisserais faire, plus jamais je ne me laisserais abattre. Plus toucher non plus. Ce n'était pas du désespoir, une forme de tristesse pathétiquement larmoyante, c'était une nécessité, un devoir. Je prendrais ce que j'aurais à prendre. Le reste, ce n'était pas pour quelqu'un comme moi, dans ma position.


Cheminant parmi les blessés de mes troupes, je me perds dans mes pensées en boitillant, quand je ne distribue pas mots de réconfort, lampée de liqueurs ou quelques plaisanteries. C'est la manière dont je règne. Je ne sais pas faire autrement. En marchant, je note une présence qui dénote avec l'atmosphère ambiante. Une jeune femme. Assez menue, mais jolie. Je l'avais déjà vue, mais il y avait longtemps. La belle s'incline, se présente comme une fille de Cerwyn. Je l'écoute jusqu'au bout, et je constate quel désespoir semble l'atteindre. Je prends sa main et y dépose un fugace baiser, même si ce ne doit pas être ragoûtant d'en recevoir un d'un homme vieilli de dix ans en quelques jours, barbu et mal fagoté, avec tous ses bandages et sa canne. Je n'avais pas quarante ans, mais j'en paraissais plus de cinquante, ces derniers jours.



| Je vous connais, Maedalyn, même si la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, vous étiez encore enfant, et moi jeune Roi. |


Maintenant, elle était femme faite. C'était aussi évident, presque déplacé, dans un pareil endroit.


| La bataille a été terrible. Les batailles, même. Mais vos parents ne se trouvent pas au nombre des victimes. Je crois que votre père et votre frère se trouvent non loin d'ici. Ils n'ont peut être pas pu vous prévenir de leur retour. Ils sont blessés, mais rien de grave. |


Je méditais un instant en regardant la jeune femme.


| Ils ont de la chance de vous avoir, ma Dame. Le sort des guerriers soignés ici n'intéresse pas autant que je l'aurais désiré. |



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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Dim 6 Déc - 23:19

Le roi était impressionnant bien qu’il soit diminué physiquement. Il avait une prestance, une stature imposante. Les bruits des hommes résonnaient au loin. A l’écart, nous étions éloignés des pièces centrales et je pouvais lui parler à loisir. J’avais bien conscience que si l’on nous surprenait, la situation pouvait être mal interprétée et les rumeurs iraient bon train. Mais je m’en moquais allègrement. Tout ce qui comptait pour moi en ce moment-même était de savoir mon père et mon frère sain et sauf. Il prit le temps de développer et de converser avec moi alors même que je lu la fatigue dans ses yeux. Attentive, j’écoutais les moindres mots qu’ils prononçaient. Mon cœur tapait dans ma poitrine. « Vos parents ne se trouvent pas au nombre des victimes » Un immense soulagement m’envahit.

« Par les Sept, merci… » Lâchais-je en un murmure, en un soupir.

Je ressentis immédiatement un poids se retirer de mes épaules. Ils étaient vivants. Mais une question resta en suspens. Ils étaient blessés mais il précisa que ce n’était rien de grave.

« Je m’interroge sur les raisons qui font qu’ils ne sont toujours pas revenus à Winterfell… La majorité de vos troupes sont déjà de retour…»

Réfléchissais-je à voix haute toujours inquiète mais soulagée. Observant le long couloir sombre, je remarquai que seuls les lumières chaudes des bougies mouvaient. Le roi se réjouit de l’intérêt que je puisse porter aux blessés et plus particulièrement à mes parents. Lui, était amoindri physiquement, il boitait et se tenait toujours fermement à sa canne. Mon regard s’abaissa sur l’objet longiligne et se posa dans le sien. « J’espère que la santé de votre majesté s’améliorera rapidement » répondis-je prévenante en l’accompagnant d’un sourire timoré. Bien évidemment, la santé de notre roi nous préoccupait tous. Et pourtant, le sort des guerriers semblait laisser indifférent la plupart des habitants. J’en fus étonnée. Je vouais un culte sans nom aux hommes de ma famille.

« Pour être honnête, la solitude à Winterfell me pèse. Je suis ici depuis de longs mois maintenant… sans aucun homme pour me protéger. Tous sont partis à vos côtés. (…) Vos nouvelles me rassurent, Majesté. »

La guerre était la cause de ma solitude. Et bien que je sois à Winterfell, je me sentais en insécurité. J’étais seule, j’étais jeune et non accompagnée d’un homme : ni d’un mari, ni même d’un membre masculin  de ma famille. Je pressentais que mon père projette de me promettre en épousailles à son retour, pour ne plus jamais me laisser seule. Et j’espérais que mes craintes ne se révèlent pas être prémonitoires.
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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Mar 8 Déc - 21:24

Je devais avoir l'air bien fringant, me disais-je en notant ma propre démarche. Je paraissais toujours bien propre sur moi, mais me préparer chaque matin demandait quantité d'efforts que je n'avais autrefois pas à fournir. Déjà, tenir debout était compliqué, et j'étais rapidement essoufflé. Mes entretiens avec Mestre Rorshar et les autres soigneurs de l'armée étaient annonciateurs de nouvelles bien peu engageantes. Ma masse musculaire avait fondu, avec le peu de graisse dont ma carrure s'était encombrée, comme tous les vieux guerriers. Mes bras avaient perdu de leur vigueur et mes jambes étaient flageolantes. Apparemment, perdre autant de masse en quelques jours traumatisait le corps humain de manière systématique. Difficile d'en être sûr, mais l'infection avait failli me tuer et m'avait séché sur place, m'avait fait voleter au gré des remèdes comme un fétu de paille en pleine tourmente. Ma jambe droite, pour une raison inexplicable, répondait moins bien à mes directives que la gauche. Me faire tailler la barbe n'empêchait pas les poils blancs d'y être plus nombreux, comme sur mes tempes où ma chevelure autrefois si sombre avait commencé à blanchir. J'étais plus vieux, moins solide. Je devais reprendre du poil de la bête, car même en cet instant, avec cette jeune femme, je sentais le poids des blessures.


La jeune femme est rassurée, elle lâche une prière qui me semble incongrue. Je fronce les sourcils.



| « Par les Sept ? » que vous ont fait nos Anciens Dieux pour que vous remerciez les dieux sudiens, ma demoiselle? Quant au reste ne vous en faites pas ; ils sont sûrement avec l'arrière-garde qui veille à ce qu'aucun blessé ou traînard ne soit laissé sur le bord des chemins. |


Je savais certaines familles du Nord bien moins traditionnalistes que la mienne, mais je n'avais encore jamais mesuré à quel vitesse le changement venait. Peut-être avait elle été au contact de septas ou de mestres depuis l'enfance, qui l'avaient convertie à la Foi des pays du sud ? Je n'en savais rien. Je souris doucement à ses paroles qui se voulaient réconfortantes. Je réfléchis un instant.


| Pourriez-vous m'accompagner au dehors, dame Maedelyn ? Il me plairait de changer d'atmosphère. Peut-être pourriez-vous me conter ce qu'il s'est passé à Winterfell durant mon absence, et moi vous rassurer. Après tout aujourd'hui, il y a des milliers de vaillants gaillards pour assurer votre protection et celle de tous les habitants, bien que tout danger soit pour le moment écarté grâce à notre victoire. Vous plaisez vous en ma cité? |



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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Sam 12 Déc - 14:34


J’avais imaginé le Roi plus abrupte et moins sociable. Allez savoir pour quelle raison. Contredisant toutes mes idées préconçues, Torrhen Stark prenait le temps de converser avec moi, chose à laquelle je ne m’étais pas attendue. J’avais eu la réponse à ma question. Je savais maintenant que mon père et mon frère étaient vivants. Je pouvais dès maintenant laisser le roi à ses royales occupations. Mais mon souverain n’en avait pas décidé comme cela. Il me demanda de l’accompagner dehors. Étonnée de constater sa volonté de prolonger l'instant, j’acquiesçai d’un signe de tête. Comment puis-je refuser une requête du Roi ? Il se justifia voulant changer d’air. Je comprenais aisément qu’être entouré de guerriers blessés pouvait être combien déprimant. Marchant aux côtés du Roi, j’alignais mon rythme au sien. Mes pas se faisaient moindre et mon allure ralentie. S’appuyant sur sa canne, il s’avança vers une porte qui donnait à l’extérieur. Il saisit la poignée et un air frais me frappa au visage lorsque la porte fut ouverte. Je ramenai mon châle de fourrure sur mon cou. Il me rassura en me précisant que Winterfell possédait des hommes forts et vaillants qui pouvaient me protéger. Torrhen Stark devait ignorer les vices de certains hommes. Leur penchant pour les spiritueux et les femmes, à Winterfell ou ailleurs, un homme ne restait qu’un homme. Et une femme était toujours sujette aux avances mal placées des hommes, où qu'elle se trouve dans le Nord.

« … des vaillants gaillards, certes majesté… mais qui mieux que mon père, mon frère ou mon Roi pour me protéger des hommes et de leurs perfidies… »

Nous nous retrouvèrent à l’extérieur et un paysage glacé nous faisait face. Les pierres brutes du château contrastaient avec le blanc immaculé de la neige.

« L’atmosphère de Winterfell est douce. »


Je connaissais la situation de mon roi et ne pouvait ignorer qu’il n’avait pas d’épouse, ou d’officielle. La curiosité m’envahissait... Pourquoi n’y avait-il pas de reine du Nord ? Voilà la question que je lui posais indirectement et j’osais espérer qu’il eut compris mon double langage.

« Parmi toutes les femmes qui vivent dans ce royaume, aucune n'a pu retrouver grâce à vos yeux, majesté ? »

Les mains liées au niveau de mon bas ventre, je marchais à une mesure modérée, alternant mon regard entre le paysage et Torrhen Stark. La vue était belle, le ciel brumeux.
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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Dim 13 Déc - 22:26

[HJ j'ai oublié de te dire, il ne neige pas encore non plus dans le Nord, on est en été et s'il fait froid, nous n'avons pas encore un temps d'hiver. Il faut monter vers Motte-La-Forêt, là où a eu lieu la campagne, pour que le temps ait commencé à changer, mais ce n'est qu'un détail, il fait frais quand même :p]


J'étais curieux. Je n'aimais pas la guerre, mais je vivais pour elle. La faute à mon éducation. La faute à toute mon histoire, toute mon existence, qui ne m'avait poussée qu'à être un Roi guerrier, une brute épaisse qui ne pensait qu'au prochain conflit, qui ne préparait sa politique qu'en vertu de ce seul et unique objectif. Je m'intéressais de ce fait aux choses de la paix, dans l'unique but de me ressourcer un peu, de penser à des choses plus douces, plus légères, que la mort de mon dernier frère encore en vie. Peut-être Brandon n'avait il pas été entièrement de mon sang, peut être qu'il avait contribué à l'immense gâchis qu'avait été mon mariage à une certaine époque. Peut être qu'il était en partie responsable de ce que j'étais devenu. Peut être tout cela et bien plus encore. Mais je l'avais aimé, ce frère. Comme les autres. Plus que ma propre vie. J'aimais plus encore mes enfants, mais mes frères avaient été tout au long de mon existence, des piliers sûrs et solides de ma vie. Aujourd'hui, je n'avais plus aucun de ces piliers, et les relations que j'entretenais avec mes enfants n'avaient pas le même genre de bases. En ce qui concernait Jon, elles n'avaient même plus vraiment de bases du tout, vue la puissance de notre dernière dispute. La jeune femme me suit et m'emboîte le pas, se parant de ses fourrures car même en été, le vent était vif sur les hauteurs où Winterfell était bâtie. J'acquiesçais d'un signe de tête.


| Il est vrai. Dans ce cas rassurez-vous, car vous marchez au côté de votre Roi et vos parents ne sont plus très loin. |


Je hochais la tête aussi quant à l'atmosphère de Winterfell.


| Battue par les vents et soumise à bien des intempéries, mais toujours debout. Et chaude, grâce aux sources d'eau chaude qui courent sous nos fondations. |


Je soutins un instant le regard de la jeune femme, quand elle me posa la question sur une éventuelle compagne. Etait ce une question à dessein, où faisait elle la conversation à son Roi, compatissante d'une solitude imagée? Je pensais à Mathie, mais je l'évacuais de force de mon esprit avant que ce souvenir là ne me torture à son tour.


| Oh, je ne doute pas qu'il y ait quantité de dames susceptibles d'éveiller mon intérêt, ma Dame. J'ai porté le deuil de mon épouse pendant des années. L'omniprésence de la mort vous pousse à vous réintéresser à ces choses, mais je me laisse le temps d'abord, de guérir de mes blessures. Et vous-même ? Que fait donc seule à Winterfell une femme d'aussi haute naissance et de beauté certaine? Votre père n'a donc trouvé quiconque qui soit digne de vos attraits ? |



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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Lun 14 Déc - 11:45


L’été était frais, nous étions dans le Nord et mère nature tenait à nous le rappeler au cas où nous l’aurions oublié. Torrhen Stark, prévenant, m’indiqua que j’étais sous sa protection. Mes parents seraient de retour prochainement. J’espérais que ce serait le cas. Non pas que je ne me plaise pas à Winterfell mais je m’y sentais étrangère. Bien que nous fassions partis du même royaume, j’étais une Cerwyn. Comme si cela était inscrit sur mon front. Les habitants de Winterfell savaient identifier très facilement les sujets étrangers à leur cité. L’avantage de Winterfell était – comme en faisait référence Torrhen Stark, son climat. Plus doux que celui de Cerwyn grâce à ses sources d’eau chaude.

Il me semblait justement que l’été était moins rude qu’à Cerwyn. Vous devez davantage le ressentir l’hiver.

Lorsque j’abordai le sujet de sa vie personnelle, je constatai que le roi soutint mon regard. Etait-il intrigué ou alors surpris que je me permette de lui poser cette question ? En règle générale, j’avais toujours constaté que les Rois se remariaient rapidement. Les hommes n’appréciaient pas ne pas être accompagné bien longtemps : maîtresses ou épouse. Mais là encore, il y avait plusieurs écoles. Torrhen Stark dérogeait à la règle, selon moi. Il avait des enfants, certes. Mais pourquoi ne pas se servir de son veuvage pour créer une nouvelle alliance ? Peut-être avait-il des maîtresses. Je tergiversais sur la question alors même que je ne connaissais rien de la vie sentimentale du roi du Nord. J’étais d’accord avec lui sur certain point de son observation.

En effet, j’imagine que votre royaume regorge de gentes demoiselles. A côtoyer la mort, on oublie bien souvent d’autres aspects de la vie comme le mariage… je vous l’accorde.

Je fus surprise lorsque le roi m’interroge sur ma propre vie sentimentale. Il avait raison de s’y pencher à son tour et j’avais œuvré antérieurement pour assouvir ma curiosité – mal placée. J’en fus tellement étonnée que mon visage se figea, mes lèvres restant entre-ouvertes. Que lui répondre ? La vérité ? Oserais-je lui expliquer que le mariage n’était pas fait pour moi.

J’ai d’ores et déjà refusé les arrangements de mon cher père, majesté. Je crois en l’amour mais pas dans les mariages sous couvert d’une alliance. Et comme vous en avez déjà fait référence, ma haute lignée ne me donne droit qu’au mariage de circonstances. (…) Mon père m’avait évidemment déjà trouvé un bon parti. Son départ pour la guerre lui a fait revoir ses priorités. Je sais que mon répit sera de courte durée et qu’aussitôt de retour à Castel-Cerwyn, je serai mariée à un parfait inconnu. Loin de moi l’idée de contester cette décision, majesté, mais je réfute l’idée même de devoir m’unir à un homme dont je ne connais rien. (…) Pour autant, j’ai entièrement conscience qu’il est mon devoir de l’accepter…

Et c’était comme cela que l’histoire se finirait, je serai mariée à un homme que je ne connais pas. Un inconnu qui aura des droits sur moi et sur mon corps. Oui, je m’étais résolu à accepter un mariage, pour ma famille, pour ma maison. C’était mon devoir.
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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Mar 15 Déc - 19:18

J'accomplissais mon travail et mes devoirs de souverain. Je ne saurais en fait jamais m'y soustraire, vous pouvez compter là-dessus. Pour une fois, on n'attendait pas de moi que je sois omnipotent, ni que je sois tout à fait quelqu'un d'autre. Je n'avais qu'à me montrer rassurant. Au moins un petit peu. Au delà de ça, ce n'était plus forcément mon affaire. Je notais cependant que mes paroles n'avaient qu'un effet en demie teinte auprès de la jeune femme. Elle ne semblait pas plus rassurée, mais l'air qu'elle arborait était quant à lui moins emprunt de solitude. A force de travail, gageons que nous parvenons à nous améliorer... Je hochais doucement la tête en signe d'acquiescement à la jeune femme quand elle me parlait de la météo.


| C'est le cas. En hiver, la vie s'arrête, à Winterfell. Les gens ne sortent que très peu, car il fait terriblement plus chaud à l'intérieur, surtout au château. |


Trouver des financements dans mon trésor pour rénover l'intégralité de la ville ne serait pas une sinécure. Alors, simplement, le droit d'accès au puits était réglementé par mes patrouilles en hiver, pour éviter les bousculades. L'eau chaude pouvait en effet être directement puisée, à plusieurs endroits de la Citadelle, mais imaginez un peu le nombre de personnes à en désirer... Winterfell n'était pas une Cité si importante au regard d'autres de Westeros, mais beaucoup de nordiens vivant alentours venaient gonfler sa population en hiver, pour rester à l'abri. Je sentais quoiqu'il en soit que la curiosité de la jeune femme était titillée par ma personne. Je me laissais faire. Je n'étais pas homme à apprécier les frivolités en dehors de banquets et de ripailles, mais discuter d'autre chose que de financements, de lois, de campagnes et de mort, n'était absolument pas quelque chose pour me déplaire.


| Vous êtes bien bonne, ma demoiselle. | m(amusais je d'un sourire quand elle m' « accordait » la valeur de mon argument.


La jeune femme se fige de stupeur, avant de me répondre quant à sa propre situation. Je souris, avec une dose de compassion. Infime, mais bien présente. Je pouvais comprendre ce genre de point de vue, mais un mariage n'est jamais qu'une alliance, peu importe l'emballage dont on le pare.


| Je vois. Jeune, je croyais aussi en la force de la passion. Mais on apprend bien vite que le mariage est infiniment plus affaire de devoir et de respect qu'autre chose. J'imagine que votre père n'aura aucun mal à vous marier. Avec un nom comme le vôtre, un visage comme celui que j'observe et votre jeunesse, ils vont se bousculer pour vous épouser, mes jeunes nobles revenus de guerre. Prenez garde à leurs assauts, beaucoup veulent simplement vivre avant de braver la mort à nouveau. |



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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Mar 5 Jan - 16:01

Le mariage de convenances, voilà donc un bien grand mot dénué de tout sentiment. Depuis la nuit des temps, les jeunes femmes de haute lignée se conforment à cette règle immuable. Qu’elles le veuillent ou non, qu’elles le désirent ou pas. En fait, nous nous posons plus la question de savoir si nous désirons ou pas un mariage d’alliance : nous savons que se sera le cas et qu’il faudra faire avec. Torrhen Stark sous-entendait que plus jeune, lui aussi croyait en la force de l’amour. Il avait dû changer d’avis, ou s’y résoudre, lui aussi, avec le temps. Selon lui, le mariage était une affaire de devoir. Et il avait tristement raison. Le devoir était le revers de la médaille de toute jeune femme issue d’une grande maison. Il y avait des règles, des us et coutumes auxquels on ne pouvait déroger. Le mariage d’alliance en était pour le coup, inéluctable, comme une fatalité. Je n’étais pas sans ignorer que mon père ne rencontrerait pas de difficultés à me trouver un époux, ou plutôt un bon parti. J’avais conscience que la nature m’avait gâtée. Il m’avertit quant aux pressions de ces jeunes hommes.

« Vos hommes doivent se détendre je présume… oublier les horreurs de la guerre. Il est laborieux de les juger sans en avoir connus les méandres. »

J’avais bien conscience que les plaisirs de la chair étaient tous ce qu’il restait à ces jeunes nobles. Pour autant, je ne me sentais point concerné par ces remarques. Bien que j’ai été - jusqu’à aujourd’hui encore - préservée des assauts vertueux des hommes, j’avais pourtant la nuance d’esprit de savoir que certains pouvaient user de beaucoup de stratagèmes et de facéties pour mettre une femme dans leur lit. Je ne me sentais pas concernée pour autant. Je laissais les plaisirs de la chair aux servantes et aux femmes de joie. Ces amusements n’étaient pas admissibles pour une jeune femme de mon rang et de ma condition. Et bien que je ne cautionna pas leurs agissements, je ne leur jetais pas la pierre pour autant. Je n’avais jamais combattue, je n’avais jamais eu la chair tuméfiée, je n’avais jamais été blessée. En bref, je n’avais jamais connu la guerre, ni même une seule bataille. Ainsi, je ne pouvais pas le retrouver juge de leur agissements. Et je ne me permettrais pas de les critiquer.

« Soyez rassuré, j’ai conscience des perfidies des hommes en la matière. »

Non pas que je me présentai en experte, mais j’avais conscience des stratagèmes dont les hommes pouvaient user pour obtenir mes grâces. J’en avais conscience, et bien heureusement pas eu encore connaissance. Et cela était suffisant pour les éviter. Pourquoi m’avait-il donné cette recommandation ? Me pensait-il d’une si maigre composition pour n’y résister ? Je fronçai les sourcils.

« Quelle est la raison de ces vives recommandations, majesté ? »

Me croyait-il volage ? En avais-je l'air ?



Dernière édition par Maedalyn Cerwyn le Dim 24 Jan - 11:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Sam 9 Jan - 18:08

Je me rends bien compte de la véracité de mes paroles, un peu crues bien qu'enrobaient de suffisamment de politesses pour passer inaperçues ou presque. Je savais ce qu'un homme sous les bannières pouvait faire. Avant la bataille ou après celle-ci, la peur de la mort, la culpabilité ou bien d'autres sentiments peuvent fausser le jugement de n'importe qui et ce n'est dès lors plus choses aisée que de retenir cette foule de soldats qui veulent se perdre, pour la première ou la dernière fois, entre les cuisses d'une femme. Comme lors des premiers âges, les punitions pour de tels comportements dans les armées du Nord étaient terribles. Lapidation par les hommes de troupe, qui se rendant complices du supplice ne pouvaient plus dès lors avoir de meilleure leçon que celle-ci. Il était bien évidemment plus difficile de châtier les seigneurs, mais quelques exemples de renom avaient suffi, il y a bien des années, à les forcer à se rabattre sur les filles de joie qui suivaient invariablement le passage des armées. Je hochais la tête aux paroles de la jeune femme, quand elle me dit que l'on ne pouvait juger des hommes qui passaient par le feu et par la mort.


| Oui, mais j'aimerais qu'ils continuent à les oublier dans la probité. Et qu'ils ne les oublient pas trop non plus, car l'Hiver vient. |


La devise des Stark, la métaphore pour dire que quoi qu'il arrive, il y aurait toujours des difficultés, toujours des luttes et des conflits à mener. C'était comme ça et on ne pouvait rien y faire. Juste lutter, encore et toujours. Rester droit et fier, prêt à se battre pour défendre ce qui était sien, pour défendre nos proches, nos principes. Il ne fallait pas chercher plus loin que cet instinct primitif, animal, que de vouloir défendre son territoire, défendre ses biens. On disait parfois, surtout ces septons du sud, que l'Homme était la seule créature à se faire autant de mal. C 'était faux. Elucubrations philosophiques sur ceux qui ne connaissaient ni le Nord ni l'autre naturel des choses. Tous les animaux étaient un peu territoriaux, surtout les carnivores. Les chiens parfois, se battaient à mort. Et ils n'étaient pas les seuls. Les Loups, en périodes de grande famine au cœur des hivers les plus longs, en venaient à s'entretuer, parfois. C'est la loi la plus tangible de l'existence. Je souris.


| Tant mieux. Une femme avertie en vaut deux. |


Je détournais le célèbre dicton, mais tant pis. La jeunette me demande pourquoi j'insiste sur ce point à ces côtés. Je souriais vaguement, pas vraiment amusé, mais plutôt par politesse.


| Peut être parce que, plus jeune, je n'aurais probablement eu que très peu de scrupules pour essayer de vous séduire pour traiter votre vertu avec les principes d'un vulgaire monte-en-l'air. Et aussi parce que je connais mes jeunes Loups, ces centaines de jeunes nobles qui m'ont suivi à la guerre. Vous voilà donc prévenue, ma demoiselle, de la hardiesse de mes guerriers. Quant au reste, que pouvez-vous me raconter sur Winterfell et ce qu'il s'y est passé en mon absence? |



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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Dim 24 Jan - 14:45

Nous continuions de marcher l’un à côté de l’autre. J’appréciais la simplicité de mon Roi et son accessibilité. J’aimais imaginer que tous n’étaient pas aussi bons que lui. Promenant parmi les sujets de sa majesté, je provoquai bien malgré moi les regards en coin de quelques jeunes femmes. Bien qu’elles soient déjà accompagnées, elles m’avaient regardés l’espace d’un instant, s’accrochant de plus belle aux bras de leurs époux. Peut-être Torrhen ne l’avait-il pas remarqué, mais pour ma part, j’avais bien relevé cette scène amusante. Etaient-elles envieuses ou tout simplement interloquées de ne savoir qui j’étais. Qui était cette jeune femme inconnue de tous à Winterfell et qui accompagnait le Roi depuis de longues minutes maintenant. Je préférais ignorer ses regards suspicieux et continuer la promenade avec Torrhen Stark. Je n’étais connue de personne en ces terres – mis à part de sa majesté. A Castel-Cerwyn, nul n’était censé ignorer qui j’étais, mais ici, je jouissais enfin d’une liberté bien méritée.

Alors que je demandai une explication au roi quant à ces vives recommandations, sa réponse me déclencha un sourire que je ne su retenir. Je plaçai ma main sur mes lèvres pour le dissimuler mais il me semblait que rien ne lui avait échappé.

« Vous auriez tenté d’essayer…. »

Répondais-je avec ironie pour lui faire comprendre que peut-être, ses intentions seraient restées vaines. Je lui souris, amusée. C’était là une douce provocation. Sa réplique déclencha tout de même certaines pensées. Aurais-je tout de même les reins aussi solides que ce que je l’affirmais pour refuser les avances du Roi ? Rien n’était peut-être aussi sûr.

« … quant à vos guerriers, ils peuvent toujours s’y essayer, majesté. »

Il me demanda de lui conter ce qu’il s’était passé durant son absence. Je n’étais, malheureusement pas dans les confidences politiques, ni stratégiques. Je savais que sa fille, Jeyne, préparait son mariage avec le jeune Lannister. Il paraitrait que la jeune Stark se serait éprise de Lyman Lannister.

« Je n’ai entendu parler que de la préparation du mariage de votre fille. C’est l’évènement de l’année, parait-il…. »

Alors que nous passions près de jeunes dames, elles se retournèrent vers le roi et le saluèrent par une révérence – m’ignorant totalement. Action que je compris aisément. Ici, je n’étais pas connue. Personne ne connaissait la fille du seigneur de Castel-Cerwyn, et pour cette raison, je ne me formalisais pas. Après quelques complémentations à sa majesté, elles retournèrent à leur discussion. Mais avant, elle me jetèrent un regard noir après m’avoir observé de bas en haut. Nous reprîmes notre marche côte à côte.

«Il me semble que votre compagnie me vaut quelques regards envieux, majesté »
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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Dim 24 Jan - 17:44

Je me montrais curieux de beaucoup de choses. Le savoir est une forme de pouvoir, y compris le savoir sur des sujets ma foi assez secondaires. Cela ne changeait rien au fait qu'il s'agissait d'une bonne chose à savoir, ou tu du moins, à en prendre connaissance. Qui plus est, la jeune Cerwyn n'est absolument pas de mauvaise compagnie, bien au contraire. Il se trouve qu'elle est plutôt calme, avenante. Elle me parle correctement et en respect de tous les usages. Je note qu'on nous regarde. Peut-être se dit-on, à cause de mes ragots de troupiers, qu'après avoir éconduit ma précédente favorite me voilà en quête d'une nouvelle. Favorite je ne veux point. Maîtresse je ne dirais non, mais je ne chemine avec la jeune Cerwyn qu'avec l'intérêt d'abord de prendre des nouvelles de mon peuple, que l'on a dit fort inquiet des évolutions de la campagne de la Néra. La jeune femme en tous cas, ne semble pas se formaliser de ces regards, de ces attentions. Je ne sais pas pour autant si elle tire quelque fierté de cette proximité que nous avons, elle et moi, depuis maintenant de longs instants. Maedelyn sourit et elle s'en cache, de manière assez mignonne, candide et amusante. Je souris à mon tour devant sa plaisanterie. Et je me tourne vers elle en arquant un sourcil.


| M'auriez vous alors éconduit ? |


Ce serait loin d'être une première mais chez une jeune femme, ce n'était pas si souvent. J'en avais eu des maîtresses, surtout des catins pour éviter les complications. Mathie m'avait bien montré à quoi cela m'avait conduit. Aujourd'hui, j'étais plus prudent, plus circonspect. Il s'agissait d'un jeu, rien de plus. Je ris doucement quand elle eut le front et la certitude de pouvoir repousser mes soldats. Je savais très sincèrement qu'il n'y avait rien de plus brutal qu'un soudard en manque de femmes, et que beaucoup de jeunes filles avaient dû penser ça avant de se faire coincer dans un coin par cinq brutes qui lui passèrent ensuite dessus. Je me gardais bien de le dire, me contentant de m'amuser de tant de bravoure et de fraîcheur. Cette jeune femme ne doutait de rien.


| J'ose espérer que l'on se rappelera en effet plus de ce genre d'événement heureux que des carnages qui ont ensanglanté cette année. Ce mariage sera en effet grandiose. Centaines d'invités, tonnes de nourriture et de barils, une logistique à toute épreuve et une protection rigide des événements. J'espère que vous vous y amuserez, vous-même! |


Nous croisons ensuite de jeunes damoiselles qui me saluent, sans avoir la plus élémentaire délicatesse de saluer ma compagne de marche ne serait-ce que d'un signe de tête. Je laisse couler leurs mots, leurs compliments, avec le fantôme de sourire que l'on me connaît si bien, avant de reprendre ma promenade en compagnie de la Cerwyn. Je souris à la jeune femme.


| Elles imaginent sans doute que je me laisse séduire par vos atouts, ma demoiselle, et que vous êtes en bonne place et pour ravir mon attention à toutes les autres beautés réunies à Winterfell. Elles vous envient ce qu'elles considèrent sans nul doute comme un honneur plus qu'un plaisir |



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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Jeu 4 Fév - 21:11

Bien évidemment, le fait que le Roi m’accorde toute son attention était plus que satisfaisant. En revanche, je n’en tirerai aucun bénéfice. La réponse à ma question obtenue, j’aurais pu le laisser vaquer à ses occupations royales. De son côté également, il aurait pu mettre un terme à notre entretien. En définitive, aucun d’entre nous n’avait souhaité ou voulu interrompre nos pourparlers. J’étais resté, car l’homme – et non le roi, qui se trouvait en face de moi était loin d’être inintéressant. Comme d’accoutumé, lorsque le Roi entretient une discussion un peu plus longue que la normale avec une dame, les regards noirs fusent aussi rapidement qu’un corbeau et les langues se délient dans un bourdonnement de chuchotements narquois. En cet après-midi, j’étais cette dame là. Je me moquais bien que des individus  – que je ne connaissais pas – puissent se demander qui j’étais, et pourquoi le Roi me gardait à ses côtés. Lui et moi le savions, et c’était tout bien là l’essentiel. Alors même que j’ironisais sur le fait que si le Roi m’avait fait des avances, je les aurais repoussées, il me répondit de manière inattendue. Il arqua un sourcil et marqua une pause en attendant ma réponse.

« Vous doutez, majesté ? » Je souris, je pense, d’un air espiègle qui me caractérisais si bien. « Les hommes ont l’habitude de se détacher bien vite d’un cœur qu’ils auraient conquis trop rapidement… » Cette réponse ne répondait peut-être pas directement à sa question. J’ignorais comment j’aurais réagi. Si réellement je m’étais trouvé dans cette position, aurais-je repoussé  les avances d’un jeune roi ? Dans tous les cas, il n’était pas question pour moi de lui donner le plaisir d’une réponse négative. Je souris religieusement.

« J’aurais alors tenté de vous mettre au défi, pour vous assurer que je dis vrai. » puisqu'il semblait douter du fait que je ne l’aurais peut-être pas éconduit. Mais il n’était plus temps de se marier pour lui, il me l’avait avancé plus tôt. Je ne risquais donc rien à m’amuser du sujet et à supposer sur des hypothèses.

Je savais ce que la vertu d’une jeune femme de ma lignée signifiait. Elle n’était juste appréciable, elle était même essentielle si l’on voulait épouser un homme issu d’une égale lignée. Je connaissais ainsi les limites à ne pas dépasser. Et je n’aurais sûrement pas laissé un homme, même un roi, outrepasser ma vertu sans qu’il soit mon époux légitime.

Alors que j’observais Torrhen face à ses damoiselles, il me semblait – peut-être à tort, que le sourire qu’il avait affiché à leur encontre sonnait faux. Il n’avait pas le même impact que celui que j’avais vu sur ses lèvres quelques secondes plus tôt. Ce fut là mon seul succès.

« C’est un honneur, incontestablement, mais aussi un plaisir, soyez en assuré… »

J’avais souvent cet air posé et réfléchis qui faisait ma fiabilité auprès de mes proches. Parallèlement, je pouvais aussi me montrer tout autant effrontée et insolente. J’étais difficile à satisfaire et à convaincre. La difficulté était donc là.

Ma pensée revint à la jalousie de ces dames. A l'hypocrisie qui transpirait de certaines. Leur soif de pouvoir poussaient certaines à quelques complots et stratégies machiavéliques.

« Vous devez être convoité.» C’était même une évidence. C’était un fait, un constat. « Comme il doit vous être difficile de ne pouvoir ignorer l’intérêt des femmes à l’égard de votre titre » Je songeai. Je m’imaginais à sa place, courtisé par des dames dont seul mon titre trouverait grâce à leur yeux. Je ne me cantonnai pas à stigmatiser toutes les femmes. Les dames que nous venions de rencontrer influençaient probablement mes pensées à cet instant. En revanche, j’imaginais que des femmes intéressées s’étaient déjà risquées à séduire le roi pour d’autre raison que celui d’un simple amour sincère.

« Il doit tout de même y avoir des âmes sincères... De celles qui vous apprécie pour l’homme que vous êtes et non le roi »
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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   Sam 6 Fév - 22:52

Je continuais de marcher, doucement, alors que ma jambe gauche me tirait toujours autant. Je sentais à chaque pas la déchirure de mon muscle me lancer. Je me demandais s'il était possible d'en guérir totalement. Marcher comme ça dessus, je ne savais pas si ça aidait, mais ce qui était sûr c'était que je ne me voyais absolument pas rester simplement immobile. C'était trop coûteux pour un souverain tel que moi, de laisser les autres faire et de rester assis, à attendre qu'on m'apporte les nouvelles. J'étais depuis toujours un souverain actif, qui aimait bien chemine de-ci de-là afin de pouvoir être au plus proche des événements et de mes sujets. Je n'étais pas de ces souverains qui régnaient depuis leur château lointain. J'aimais sentir la terre sous mes pieds, l'odeur des forêts de sapin ainsi que la sensation d'une selle en dessous de moi. Ce genre de balade me permettait donc d'évacuer tout ou partie de la frustration que je ressentais, tandis que la compagnie de la jeune femme qui cheminait à mes côtés était assez agréable elle aussi. La jeune femme se faisait tantôt sérieuse tantôt taquine, parfois timide mais à d'autres moments, plus fougueuse. J'aimais ce genre de personnalité quelque peu complexe que l'on ne pouvait que redoutait, parfois les tempêtes. Je ne risquais pourtant pas grand chose à ce niveau-là en sa compagnie. J'étais Roi et qui me menaçait de ses foudres se verrait opposé au blizzard du Roi Loup de Winterfell. Je souris aux paroles de la jeune Cerwyn.


| Il est vrai que les hommes ont cette caractéristique, pour les plus courageux et les plus téméraires, d'apprécier, d'aimer, la résistance. Il n'en faut point trop pour autant, sinon cela devient réellement dangereux. La passion n'a jamais engendré que bien des complications. |


Je dis ces derniers mots avec légèreté alors que je pensais pourtant à des événements autrement plus graves. Je me sentais bousculé, bousculé dans mes souvenirs comme dans tout le reste. Je pars d'un petit rire quand la jeune femme continue d'entrer dans mon jeu, me disant qu'elle m'aurait défié. Honnêtement, si ses paroles instillaient en moi le désir de relever le gant, je ne pouvais pourtant pas le faire. Pour diverses raisons. Déjà qu'il serait inconséquent de ma part, ensuite que je ne devais pas compromettre pareille jeunesse.


| Il eut été amusant de voir le résultat de ceci. | dis-je simplement, sourire aux lèvres.


La jeune femme me confirme l'honneur de m'accompagner. Je ne sens nul doute, nulle bassesse dans ses propos. Pourtant, je n'y crois pas. Le Loup n'a jamais été l'homme le plus affable qui soit, le plus digne d'amour et d'affection. L'on me suit car on a toujours suivi les Stark, quant au reste... Ce n'est que pures conjonctures. J'acquiesce en remerciant la jeune femme pour son compliment, alors qu'elle confirme ce que je pensais depuis toujours ; l'intérêt de ces dames ne valait que le poids de la couronne que j'arborais quand il le fallait. C'était tout. Ni plus, ni moins. Cela m'abattait à l'intérieur, même si je n'en montrais rien. Sigyn se fichait de ma couronne. Au tout début de notre mariage, ce fut même plus un handicap qu'autre chose, vous pouvez me croire. Je haussais les épaules, m'arrêtant pour faire face à la jeune dame, plus touché que ce que j'aurais bien voulu le laisser entendre.


| Non, ma dame, je ne pense pas. Quiconque me connaît sait que je ne vaux que par les armes qui se lèvent à chacune de mes entrées. Pour le reste, être convoité m'indiffère. Il y a des choses qu'aucun homme ne saurait oublier. Je vous prie, ma dame, de m'excuser. Je vais retourner au château ; mon mestre doit être dans tous ses états que je ne sois à l'heure pour changer mes bandages. |


Je lui fais un petit signe de tête et prends congé. Je savais pour quoi on me convoitait, bien sûr. Si parfois cela faisait mon affaire, le plus souvent, cela me ramenait à la seule femme qui ne fut jamais intéressée par ce que j'étais, mais qui j'étais.



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MessageSujet: Re: Torrhen & Maedalyn - « La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces »   

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