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Victoire et deuil [Tour II - Terminé]
MessageSujet: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Dim 29 Nov - 23:30


    « Lady Jeyne ? »Je relevais les yeux alors que les couturières s'affairaient sur me robe de marié.« Nous venons de recevoir un message, de la part du roi. »Aussitôt, je relevais mes jupes, descendant de mon promontoire alors que les couturières protestaient vivement.« Oh, il suffit, vous finirez plus tard. Laissez-moi. »Faisant grise mine, elles s’exécutèrent pourtant, et je me saisis du pli, reconnaissant le sceau du roi du Nord. Mon cœur se mit à battre plus vite, alors que je décachetais la lettre, maîtrisant tant bien que mal mes mains tremblantes. Soit ce n'était là qu'une missive pour me rassurer, soit cela était porteur de mauvaises nouvelles. Et quand mon regard se posa sur l'écriture, je sentis mon cœur cesser de battre. Ce n'était pas l'écriture de mon père. Je commençais à lire, fébrile, craignant le pire alors que ces paroles avaient été dictées par mon père. Etait-il... Blessé ? Ou pire... Mort ? Etait-ce ses ultimes paroles ? Je me plongeais dans la lecture alors qu'il me relatait la bataille qui venait d'avoir lieu, terrible dans ses pertes... Nous avions été en sous nombre. Largement. Pourtant, je poussais un soupir de soulagement malgré moi alors qu'enfin, j'avais la réponse à mes questions : il était vivant. Blessé, mais vivant. C'était déjà un poids en moins, et je repris un peu plus sereinement ma lecture.Nous avions gagné.Je relisais plusieurs fois ces quelques mots, n'osant trop y croire. C'était terminé ? Après ces longs mois, ils allaient enfin rentrer à Winterfell ? Mon cœur se regonfla d'espoir. Mon esprit, lui, ne pouvait s'empêcher de donner vie à ce que mes yeux lisaient. Je ressentis une bouffée de fierté en lisant les éloges de Père concernant Jon et Walton. Jon avait-il enfin eu la reconnaissance à laquelle il aspirait tant ? Ils étaient vivants tous les deux. J'imaginais mon petit frère sur son cheval, charger comme un guerrier... Il devenait un homme lui aussi. Lyman était également vivant, bien que blessé d'après ce que je comprenais. Un sourire étira mes lèvres quand je lus les compliments de Père sur mon fiancé. Il semblerait que Lyman ai réussi à obtenir son respect.Mais mon sourire mourut tout aussi vite qu'il avait fleuri en lisant les chiffres des disparus. Trop, beaucoup trop... Le Nord ressortait victorieux, mais exsangue. Combien de femmes, de mères, de d'enfants allaient pleurer ces époux, fils et père qui ne reviendraient pas ? Mon cœur se serra. Mon père m'apprit également qu'il avait massacré les Sauvageons, jusqu'au dernier. Aucune pitié. Je fermais les yeux... C'était horrible... Mais nécessaire. C'était sans doute plus facile de penser comme cela en étant loin de l'horreur, des corps meurtris et agonisants... Mais le Nord devait, plus que jamais, prouver qu'il était invaincu, fort et sans pitié pour ses ennemis. Ce n'était là qu'une exemple, une mise en garde pour les autres royaumes qui auraient la mauvaise idée de braquer leurs regards avides sur nous.Et là... Le monde sembla se dérober sous mes pieds. Je titubais, m'asseyant sur le piedestal où je me trouvais un peu plus tôt alors que j'apprenais la mort d'oncle Bran... Mon oncle, celui qui m'avait élevé, mon confident... Je ne verrais jamais plus son regard bleu glace bienveillant, n'entendrais plus son rire sonore et franc... Il était mort. La guerre me l'avait arraché... Je sentis une boule me nouer la gorge, mais refusais de laisser les larmes couler. Je secouais la tête, sonnée, mais continuais ma lecture. Mon mariage... Il se devait d'être célébré. Plus fastueux encore que prévu, car il célébrait une victoire... Mais comment se réjouir alors qu'il venait clôturer la mort de milliers d'hommes ? Pourtant, je le ferais... Et ferais en sorte que les survivants soit accueillis dignement. Je finis ma lecture, dans un état second. Je n'avais pas le temps de pleurer. J'avais tant à faire.« Lady Jeyne ? »« Faites venir mes servantes. Et réunissez tout le monde dans la cour intérieure. J'ai une annonce à leur faire. »L'homme n'osa poser de questions et se retira. Quelques instants après, une nuée de servantes me rejoignait et me délestait de ma robe de mariage pas encore terminée. Je revêtis une robe bleue nuit, brodée d'argent, les laissais me coiffer, alors que je réfléchissais à la façon d'annoncer notre victoire à nos gens. Il ne restait guère que des femmes, des enfants et des vieillards. De jeunes adultes qui se formaient également à la guerre... Des recrues qui ne verraient probablement pas l'âge adulte. Lynara se présenta à moi, se demandant ce qu'il se tramait. Je lui tendis la missive, incapable de parler. J'avais peur de m'effondrer. Je cherchais Jordane, lui apprenant que son fils allait bien et serait bientôt parmi nous. Sans plus attendre, je me retrouvais à une fenêtre donnant sur la cour intérieure. Il était temps.« Habitants de Winterfell... Mes chers Nordiens. Aujourd'hui, des nouvelles me sont venues du front. Et j'ai la joie de vous annoncer que la victoire nous est acquise ! Les Sauvageons ne sont plus ! Ils ont été écrasés par la vaillance de nos guerriers, par la précision de nos armes ! Que ce jour demeure dans nos mémoires comme celui où le Nord a prouvé sa valeur, face à un ennemi beaucoup plus nombreux ! Mais... C'est aussi un jour de recueillement. Pour tous nos guerriers morts pour sauver ce qu'ils avaient de plus cher : leur famille. La bataille a été longue, sanglante, face à un ennemi plus nombreux et sans pitié. Mais jamais le Nord ne tombera face aux hordes sauvageonnes. Mon âme vibre pour cette victoire, mon cœur pleure ces époux, ces fils, ces pères qui ne reviendront jamais mais ne seront pas oubliés. Ils seront honorés, par le roi en personne, par ses enfants... Bientôt, nos vaillants guerriers au cœur las seront de retour parmi nous et nous les accueillerons triomphalement, comme les héros qu'ils sont. Nous organiserons une fête, comme Westeros n'en a plus vu depuis longtemps et nos alliés seront conviés, afin de voir que rien ne peut abattre le Nord. Et nos ennemis comprendront que les loups défendent farouchement leur territoire ! »Je marquais une pause, alors que la foule s'agitait, que certains criaient la victoire.« Que des coursiers se déploient dans tout le royaume. Que le vent de notre victoire se propage et réchauffe les cœurs angoissés par l'attente, attristés par le deuil. »J'attendis encore quelques instants, avant de me retirer alors que la foule commentait et finissait par se disperser. J'avais encore beaucoup de choses à faire. M'occuper de l'intendance afin de recevoir l'armée éreintée par exemple. Les heures suivantes, je ne fis que cela, fuyant toute question intime sur ce que je ressentais. Quand vint le soir, je m'assis à mon bureau, commençant à rédiger des missives pour nos alliés. C'est là qu'on frappa à ma porte et que Lynara entra doucement. Dans l'intimité de ma chambre, et devant le regard compatissant de ma cousine, je sentis mon bouclier se fissurer.« S'il te plaît, Lyna, va-t-en, j'ai encore beaucoup de choses à faire, toutes ces missives à écrire et envoyer et... »Ma voix se mit à trembler et je me tus, refusant de croiser le regard de Lynara.



   
Lannistark
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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Mar 1 Déc - 1:46

Je ne sentais plus le sol dur sous mes genoux, alors que je priais face au Barral. Plus l’attente se prolongeait, et plus j’en ressentais le besoin. Je ne pouvais me dévouer à cette tâche fréquemment, toutefois, mais Jeyne était occupée ce matin-là par les dernières retouches de sa robe de mariée, et la Reine Jordane m’avait fait informer que d’importantes affaires requéraient son attention. Après avoir rapidement vérifié les dernières tâches à organiser pour le mariage, et savamment évité les couturières non affairées auprès de Jeyne, je m’étais donc esquivée pour me recueillir. Si mon esprit était encombré des nombreux détails à régler en vue du mariage et du retour de nos troupes, dont nous n’avions pour le moment aucune nouvelle, le désarroi dans lequel l’incertitude me plongeait me faisait tout occulter, sinon ma détresse. Si elle s’amenuisait par moment, elle revenait souvent plus omniprésente et douloureuse que jamais. Il me semblait alors maîtriser difficilement l’image que je renvoyais, et contenir avec tout autant de difficulté le trouble qui m’habitait. Mais soit les gens présents à la Cour feignaient d’ignorer ce que je laissais voir, soit je le dissimulais bien mieux que je ne le pensais.

Dans tous les cas, je ne serai pas importunée ce matin-là, à supposer que personne n’ait eu la même idée que moi. Je pouvais cependant penser que si tel était le cas, nul n’aurait la décence de troubler mes prières. Par respect, mais aussi parce que nul ne manquerait de reconnaître Lady Lynara, dame de compagnie de la Princesse, et membre – bien qu’éloignée – de la famille Royale et de s’effacer. Je ne considérais pas mériter plus d’attention par ce fait, mais il était réaliste de reconnaître que les choses fonctionnaient ainsi. Et cela me rendait bien service, par moment, y compris actuellement. Un observateur peu avisé aurait pu supposer que je m’étais assoupie devant le Barral, en voyant mon absence de mouvement ou ma rigidité, ou même que j’étais figée, tétanisée à la pensée de ce qui nous attendait au retour de nos soldats. Il n’était pas impossible que cette seconde supposition soit vraie. Déconnectée des bruits alentours, seule importait à mes yeux la prière, devenue supplication depuis plusieurs semaines, qui me donnait l’illusion qu’il y avait encore espoir à avoir. Qui me donnait la force de ne pas baisser les bras, conjuguée aux préparatifs pour le retour des combattants, pour le mariage.

Cela faisait peut-être une heure, surement deux, que j’étais agenouillée ainsi, et la raideur de mes mouvements alors que je me relevais le rappela à moi. Le froid avait laissé mes yeux rougis, aussi m’approchais-je d’un ruisseau environnant pour rincer mes yeux endoloris, avant de retourner vers le château, et mander ma suivante pour appliquer à nouveau les poudres ornant mon visage. Elle eut tout juste le temps de s’y atteler, qu’un garde nous mandait de rejoindre La princesse dans la cour. Revêtant une robe carmin pour remplacer celle terreuse que j’avais portée pour me rendre au Barral afin de prier, je sommais ma servante de se dépêcher, et me rendais auprès de Jeyne. Le trouble était visible, à mes yeux, sur son visage et dans sa posture. Elle conservait malgré tout une dignité impressionnante, bien qu’elle ne prononce pas un mot. Saisissant la missive, je sentais mon visage pâlir alors que je progressais dans la lecture. Fière, en premier lieu, de mes cousins, et que le promis de Jeyne soit digne d’elle, puis troublée par les pertes subies par le Nord. Troublée, par les non-dits de cette lettre. Elle était adressée à Jeyne, bien sûr, et lui donnait nouvelle des êtres qui lui étaient les plus chers et lui importaient le plus, mais les implications de ces vies à jamais perdues me terrifiaient. Et la perte définitive de l’Oncle de Jeyne acheva de laisser un terrain bien trop grand à la terreur qui se glissait insidieusement sous ma peau. Je n’étais pas aussi proche de lui que mes cousins et cousine, mais je l’avais fréquenté pendant toute mon enfance, et l’appréciais grandement. Et plus que tout, je craignais le nom de ces pertes… Ma famille, les Karstark… Les avais-je perdus ? Les jumeaux, mes oncles, Père… Comment ces premiers auraient-ils pu survivre, quand un combattant aguerri avait perdu la vie ? Pourquoi les Karstark les plus expérimentés auraient eu la chance de survivre, davantage que Brandon ? La panique me gagnait, bien que je m’efforce de rester stoïque à écouter le discours admirable de ma cousine. Jamais je n’aurai eu son éloquence, sa maîtrise. Je donnais pourtant bien illusion, malgré la panique qui me secouait.

J’attendais que ma Princesse nous indique de nous retirer, ou de rester si elle le souhaitait, et allais m’isoler dans mes appartements, incapable de contenir ma détresse davantage, incapable d’éloigner la crainte que j’avais pour ma famille, refusant la présence de quiconque pour quelques minutes, le temps de me ressaisir. Changeant une nouvelle fois de tenue, j’optais pour du noir, qui s’avérait d’usage. Brandon. Les nombreux morts signalés dans la missive. Ma famille, peut-être. Bouleversée, je me rendais malgré tout auprès des couturières, qui devaient s’affairer sur ma propre robe, après s’être occupées de celle de Jeyne. J’aurai voulu me soustraire à cela, ne prenant aucun goût à cet exercice quand je restais sans nouvelle des miens, mais je ne pouvais céder à ce caprice de m’enfermer dans mes appartements. Je me devais d’être là, pour ma Princesse, pour ses invités, prête à prendre sa place et à m’occuper de ses affaires pour elle. Ma détresse n’avait pas lieu d’être, et peut-être même aucune raison de m’assaillir ainsi, alors même qu’elle avait perdu cet oncle qu’elle chérissait tendrement, bien plus que moi, et bien plus que je ne chérissais surement ma famille que je ne voyais que peu. Je ne pouvais me permettre d’être dévastée. Sans articuler un mot, je me pliais ainsi aux exigences des ouvrières, avant d’être libérée, et de m’enquérir des mouvements de Jeyne, afin de la retrouver. Je ne pouvais la laisser seule, pas ce soir. Elle avait eu à affronter ces nouvelles sans faillir tout l’après-midi, je ne la laisserai pas persister. Qu’elle souhaite ou non que je sois présente, ou qu’elle l’admette ou non.

« Je ne partirai pas. Il est tard, et tu as déjà fait beaucoup, toute la journée, si j’en crois tes suivantes et ta garde. Ces missives attendront. Ou je les rédigerai pour toi. Tu as besoin de penser à toi. Tu es en droit d’être égoïste, pour une fois. Tout ça importe peu. Demain matin. La nouvelle se répandra bien assez vite. Et si ton père a pu faire en sorte que cette lettre te parvienne, alors vos alliés en ont surement eues, et leur exposer la situation, leur préciser et les contacter ne souffrira pas de quelques heures de délai. »

J’allais sûrement m’attirer le courroux de Jeyne, si elle persistait à se montrer forte, dans l’intimité de sa chambre, en ma seule présence. Mais je ne me laisserai pas démonter. Pas alors que sa détresse était visible, qu’elle veuille ou non la montrer. Elle faisait écho à la mienne, que je dissimulais malgré tout sagement, et autant que possible. J’étais fermement plantée non loin d’elle, et ce n’est que lorsque sa voix se brisa, que je me rapprochais pour la prendre dans mes bras, et l’amener à son lit. Je l’y asseyais – elle s’allongerait plus tard pour gagner un sommeil agité, elle avait besoin de réconfort pour le moment -, la gardant dans mes bras et espérant ainsi lui dissimuler combien mes sentiments résonnaient avec les siens. Elle savait lire en moi comme je savais lire en elle, mais je ne l'autoriserais pas en l’instant à le voir, à s’en soucier. Je me contentais de la bercer doucement.


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Dernière édition par Lynara Karstark le Lun 4 Jan - 19:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Ven 4 Déc - 16:14

    Lynara essayait de se montrer rationnelle. Et son discours n'était pas dénué de sens, loin de là. Mais m'épuiser au travail me permettait d'occuper mon esprit et de ne pas laisser mes émotions prendre le dessus. Il y avait le soulagement que tout soit terminé pour le moment, qui venait conclure des semaines, des mois, de tension que je n'avais pas mesuré jusqu'au moment où j'avais tenu la lettre entre mes mains et lu ces quelques lignes. Mais il y avait aussi le deuil. J'avais perdu un être cher, mon oncle, un père pour moi. Et je sentais l'envie de pleurer m'étreindre la gorge dés que je pensais à lui et que je me disais que je ne le reverrais plus. N'importe quelle mort m'aurait tout autant touché... Si cela avait Jon ou Walton, ça aurait même été pire, parce qu'ils étaient jeunes, avaient la vie devant eux et brûlaient d'être dignes de leur héritage. Si cela avait été Père... J'en aurais été tout autant affligé. Nous nous étions rapprochés. Si, il y a 10 ans, mon chagrin aurait été moindre, si j'avais préféré mon oncle à mon père, les choses avaient changé, j'avais grandi et si la part enfantine en moi avait encore rancœur de son absence, la femme que j'étais devenue avait compris qu'il avait simplement fait passer son devoir envers son peuple avant celui envers sa famille.

    Je ne souhaitais pas sa mort pour autant, loin de là. Le perdre maintenant m'aurait procuré un profond sentiment d'injustice. Comme le fait de devoir me marier et partir dans l'Ouest. Je laissais les miens derrière moi, ces hommes maladroits qui ne savaient comment se comporter les uns avec les autres, qui se comprenaient si mal. Ma tâche n'était pas achevée, pourtant, il fallait que je parte et les laisse se débrouiller sans moi. Cela m'inquiétait. Mon père semblait invincible, inébranlable et pourtant, il vieillissait et ne serait pas éternel. Il avait été blessé, une fois de plus, et apparemment assez gravement. Mais solide comme un roc, il s'en remettrait. Son corps garderait une cicatrice de plus. Et sans doute que son esprit aussi... Quand il reviendrait, je devrais lui dire que je ne le jugeais pas pour ce qu'il avait fait aux survivants. Qu'il n'ajoute pas à ses fautes ma propre condamnation. Il était facile de juger quand on était tenu loin de l'horreur...

    Mes yeux commençaient à me brûler. A cause de la fatigue, de la tension nerveuse. J'étais épuisée et pourtant, je n'osais m'interrompre et tenter de dormir. J'avais peur des cauchemars. Peur que mes angoisses les plus profondes ne viennent me hanter. Que mon oncle bienveillant ne vienne me rendre visite et ne disparaisse sous mes yeux comme il avait été balayé de ma vie. Je m'étais retranchée dans mes appartements, chérissant ma solitude, étouffant de tout ce monde que je devais gérer. J'avais besoin de calme, d'échapper à leurs regards. Je ne pouvais vaciller devant mes sujets. Je ne pouvais faiblir devant la reine Jordane.

    Et pourtant, on vint me dénicher dans mon antre. Lynara. Évidemment. Qui d'autre pour réellement s'inquiéter à mon sujet, pour deviner que derrière l'assurance et le calme se dissimulaient la peur et l'envie de me recroqueviller et de pleurer comme une enfant qui a perdu ses rêves ? Mais je ne voulais pas le faire. Je voulais repousser la douleur, aussi loin que possible. Et cela ne serait pas aisé avec Lynara à mes côtés. D'elle, je ne craignais aucun jugement, aucun bavardage. Elle était ma confidente, mon amie, ma sœur. Sa douceur avait le don de percer n'importe quelle armure. Et en cet instant, sa fermeté et sa détermination eurent raison de ma résistance. Ma volonté vacilla et Lynara s'engouffra dans la brèche, me prenant dans ses bras et m'entraînant sur le lit et je me laissais aller dans son étreinte rassurante. En cet instant, j'aurais tout donné pour que ma mère soit encore là. Pour que ce soit elle qui me berce ainsi. Lynara avait endossé ce rôle, alors même qu'elle était à peine plus âgée que moi. Elle était la voix de la raison quand je me faisais impétueuse et emportée. Elle supportait mes colères et mes éclats.

    « Tu ne comprends pas... m'occuper l'esprit à ces tâches, c'est repousser le chagrin... Pourtant, Père, mes frères, Lyman... Ils sont en vie et ils vont revenir... Nous avons gagné cette guerre. Cela ne devrait pas me mettre dans un état pareil... Mais... Bran... Il m'a élevé. Et je ne le verrais plus. »

    Et la princesse des loups s'effaça pour ne laisser place qu'à la petite Jeyne qui se mit à sangloter, son cœur brisé d'avoir perdu un parent qu'elle aimait tant. J'aurais aimé contrôler mes larmes, mais une fois la vanne ouverte, elle sembla ne plus vouloir se refermer et je déversais mes pleurs, blottie contre Lynara, trempant sans doute son beau corsage. Combien de temps sanglotais-je ainsi ? Je l'ignorais. Mais les pleurs se tarirent et je m'arrachais un peu à son étreinte, pour la regarder, les yeux rougis et gonflés, les joues maculées de larmes.

    « Merci... »

    Je tentais de m'essuyer les joues, de retrouver contenance... bien difficilement.

    « Ma chère Lyna, toujours là, même quand tu as tes propres peurs et tes propres peines... Si j'ai le droit d'être égoïste, tu l'as tout autant... As-tu reçu des nouvelles des tiens ? »

    Je ne m'en étais même pas inquiétée sur le coup, toute tournée vers mes propres chagrins. J'en ressentis de la honte. Lynara passait beaucoup de temps à prier nos anciens dieux, davantage que moi encore. Elle méritait que son père, ses frères reviennent sains et saufs.



   
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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Lun 4 Jan - 20:21

Je ne comptais pas desserrer mon étreinte, lâcher Jeyne et l’abandonner face à son désarroi. Elle n’avait pas plus que moi, je pense, été en mesure d’affronter les nouvelles qu’amenait ce corbeau de son père, de notre roi. Noires ailes, noires nouvelles. Ça n’aurait pu être plus vrai, et plus faux à la fois. Le Nord avait gagné. Le Nord se relevait, victorieux. C’était ce que l’on retiendrait, de cela. Pas les morts, pas la peine ressentie par les gens qui l’avaient vécu. La force des valeureux soldats qui avaient défendu le Nord. Mais tout ce que je voyais, en instant, c’était ce visage épuisé, ces yeux qui venaient de s’abimer à la tâche, et toute la détresse que cela criait. Toute la tristesse que ma Princesse devait ressentir. Celle qui était plus proche de moi que quiconque, celle qui comptait plus pour moi que mes propres parents, que mes propres frères, bien que je les aime tendrement. Celle que je connaissais davantage encore qu’eux, qui avaient partagé une trop grande partie de ma vie pour que je la laisse se noyer dans le travail, au lieu d’exprimer ce qu’elle ressentait, auprès de moi, là où nul autre ne la verrait. Là où nul ne la jugerait. J’avais signifié à tous les serviteurs de vaquer à leurs occupations, et de ne pas rester proches. Je saurai les trouver, si nous en avions besoin. Je saurai, tout simplement, obtenir ce qui pourrait nous être nécessaire. Pour l’instant, Jeyne n’avait besoin que de solitude, et de moi pour l’épauler. Pour la réconforter, si je le pouvais.

« Je comprends plus que tu ne le crois, mais il m’importe peu. Je ne serai pas méritante de la place que tu m’accordes, si je te laissais ignorer ta peine, au risque de te perdre dans une prison qui t’empêchera de l’exprimer. Au risque de te voir taire la douleur, jusqu’à ce qu’elle soit insupportable et que tu perdes pieds. Tu peux dire ce que tu veux, je serai inflexible. »

Oh, je comprenais, oui. J’agissais de la même manière, mais je n’étais pas Princesse, et si je devais ne pas supporter la peine qui m’assaillait, ça n’aurait aucune importance. Je serai tout au plus une petite noble aux nerfs fragiles, et l’on m’oublierait assez vite. Ma faiblesse n’aurait aucune importance, en comparaison à la tranquillité de Jeyne. J’avais appris depuis longtemps à m’effacer à son profit, quand bien même elle ne souhaitait pas me laisser faire. Je souris, tristement mais victorieuse malgré le goût amer que cette victoire la avait, quand elle me confia finalement ses tourments, resserrant l’étreinte de mes bras, laissant ses larmes s’écouler pour mieux se tarir. Son chagrin ne serait pas réduit à néant, après cela, mais la reconnaissance de son désarroi était déjà un pas en avant. Vers quoi ? Elle ne pourrait aller mieux si rapidement. Mais au moins était-elle à nouveau assurée qu’elle pouvait compter sur moi et, je l’espérais, qu’elle pouvait laisser libre cours à ses larmes, à sa détresse, en ma présence, sans rien craindre.

« Tu n’as à me remercier de rien. J’agis comme je le dois, et comme je le veux. Tu perds un père, et si ma détresse est grande de le perdre alors que je le connaissais bien moins que toi, je ne peux certes pas percevoir la tienne, mais simplement compatir. Laisse moi être l’écrin de tes larmes, et tu pourras affronter d’autres journées. Et si je dois l’être encore, alors je passerai mes nuits à tes côtés, à éloigner tes terreurs nocturnes et ton chagrin grâce à mon étreinte. Tu ne dois pas te sentir coupable de ressentir tout cela, bien que ton père, tes frères et Lyman soient sains et saufs. Ton soulagement et ta gratitude de les savoir en vie n’ont pas à être incompatibles avec ta peine. »

Je la laissais s’éloigner, l’aidant à essuyer ses joues avec l’étole que je portais sur les épaules. Qu’elle soit fort jolie m’importait peu. Je fermais les yeux, prenant la main de ma cousine bien involontairement, comme pour y puiser de la force, alors que je secouais la tête en signe de dénégation, incapable d’articuler la moindre phrase. Que dire ? Je ne savais rien, sinon que l’incertitude me rongeait. Père, mes oncles, mes frères… Gareth… Non, je n’avais aucune nouvelle. Et si tous ceux qui comptaient pour moi, en dehors des Stark, avaient laissé leur vie sur le champ de bataille ? Je refusais d’y penser, et j’étais pourtant muette face à ma cousine. Forte mais pas inflexible. Je me levais, amenant Jeyne devant sa coiffeuse, et défaisant les parures qui ornaient ses cheveux, pour la coiffer. Pour ne pas me laisser aller.


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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Sam 9 Jan - 16:18

    Si je pouvais montrer ma faiblesse, c'était bien à Lynara. Elle ne me jugerait pas. Jamais. Je pouvais tout lui dire, tout lui confier... Même mes pensées osées envers Lyman ou mes envies de goûter ses lèvres, le plaisir que j'en avais ressenti. Lynara était aussi novice que moi à ce sujet... Davantage en fait, désormais, vu que j'avais été embrassé et que j'avais embrassé même. Ce n'était pas convenable. Mais c'était délicieux. Et si ma cousine avait été choquée, elle ne m'avait pas fait la morale à ce sujet. Je lui avais assuré que je saurais ne pas me laisser séduire au point de m'oublier totalement dans les bras de mon fiancé. Pas avant le mariage. Mais finalement, elle était heureuse pour moi que je ne sois plus aussi rétive à l'idée de me marier. Que j'entrevois même d'en tirer de la joie. Mais en cet instant, ce n'étaient pas des confidences un peu coquines qui me faisaient rire qui nous unissaient. C'était la peine. Nous avions gagné, mais le prix était tellement élevé. J'aurais du m'estimer heureuse que mon père, mes frères, mon fiancé, reviennent en vie. Mais Brandon était mort et je n'arrivais pas à trouver une consolation dans la survie des autres. Pas encore. La nouvelle était trop fraîche. Il me manquait déjà.

    Pourtant, j'avais un rôle à tenir. M'effondrer n'était pas permis. Pas une option. J'étais princesse, je gérais Winterfell en l'absence de mon père. Jordane Lannister était notre invitée et observait sans doute le moindre de mes gestes, la moindre de mes paroles, la moindre de mes réactions. Une pression supplémentaire pour moi. Au moins pouvait-elle se réjouir, son fils avait gagné le respect de mon père et reviendrait en vie. Elle n'avait jamais eu à craindre pour la vie de son fils, après tout, l'Ouest n'étant pas perpétuellement en guerre. Quant à son époux, il ne s'était pas battu depuis longtemps... Je songeais à cela avec un soupçon d'amertume. Depuis que j'étais en âge de m'en souvenir, je n'avais connu que cela... Les départs, la peur de perdre un être cher, les retours... Et c'était un éternel recommencement. Mais je n'avais jamais été touchée si personnellement.

    Dans les bras rassurants de Lynara, je me laissais aller sans honte après avoir brièvement résisté. Elle n'était plus une cousine, une sœur, elle était davantage une mère en cet instant. Je pouvais me blottir dans ce cocon de douceur, loin de l'agitation, laisser mes larmes se tarir, mon cœur se lamenter sur le manque qu'il ressentait déjà de ce grand homme qui m'avait élevé. Quand enfin, j'eus pleuré tout mon saoul, je la remerciais. Et je sentis mon cœur se gonfler d'amour alors qu'elle me promettait de recueillir mes larmes, de repousser les cauchemars... De veiller sur moi, de partager ma peine, de ne pas me laisser porter cela seule. Pourtant elle n'était pas beaucoup plus âgée que moi, pas forcément plus forte. Mais à deux, nous l'étions. Elle me rassura alors concernant ce que j'étais en droit de ressentir... Je m'en voulais de ne pas être capable de me réjouir pour les vivants. Pourtant, Bran méritait que je pleure pour lui, que je porte son deuil. J'étais sans doute la personne dont il était le plus proche... Avec Père, ils étaient frères, frères d'armes, mais il y avait une certaine retenue entre eux, dont j'ignorais l'origine exacte, même si je sentais confusément que cela était personnel. Bran avait été proche de Mère durant les longues et nombreuses absences de Père. Il avait... pris la place de mon père quelque part. Auprès de sa femme, auprès de ses enfants. De par sa propre faute cela dit.

    Mais mon chagrin ne me faisait pas oublier que Lynara aussi vivait dans l'angoisse et elle, elle n'avait aucune nouvelle. Son silence en disait long et je la connaissais assez pour deviner que c'était sa propre façon de ne pas craquer alors que je n'étais déjà pas bien vaillante. Mais elle en avait également le droit. Cependant, j'attendis, la laissant dénouer mes cheveux et prendre soin de moi, consciente que cela lui faisait du bien aussi. De s'occuper l'esprit. Je ne dis rien pendant un long moment, avant de me retourner vers elle, prenant doucement la brosse de ses mains.

    « Hum, tu sais, ce n'est pas parce que je suis triste, que je ne suis pas capable d’accueillir tes propres angoisses. Ou que tu doives occulter tes peines. Alors, tu ne suis même pas les conseils que tu me donnes ? Je dirais que tu es en train de t'occuper comme je l'ai fait toute la journée, j'ai tort ? »

    Je souris doucement. Les larmes ne revenaient pas pour le moment, j'étais un peu dans un état second.

    « Ensemble, nous relèverons la tête et nous montrerons ce que valent les femmes du Nord à la Lannister, n'est-ce pas ? »

    Oui, car c'était une de mes préoccupations, malgré tout.



   
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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Dim 24 Jan - 1:07

Je ne pouvais me dire satisfaite de voir Jeyne laisser son chagrin s’exprimer, bien que ça soit le cas, d’une certaine manière. Je la connaissais depuis trop longtemps maintenant pour ignorer qu’elle se renfermerait sur elle-même, si elle gardait sa peine pour elle. Je crois bien que c’était la première image que j’avais eu d’elle : une enfant hautaine, distante et peu agréable. Je n’avais pas compris tout de suite, évidemment. Je n’avais jamais été confrontée au deuil. Pas en étant en âge de le comprendre. Et je ne la connaissais pas du tout, à l’époque. J’espérais la servir au mieux, devenir son amie, et elle me repoussait si brutalement que je l’avais de manière très enfantine décrétée égoïste et méchante. Elle était peut-être triste, mais je venais d’être déracinée de Karhold, de mes frères qui étaient encore tout petits, de mes parents, de ma famille. Pour rejoindre une famille étrangère, une cour froide et qui me semblait hostile. Je m’en étais incroyablement voulu, après. Même si ça avait permis de changer les choses, je crois. C’est là que Jeyne s’était mise à me parler davantage. Pas tout de suite, elle était fière, mais quand même. Parce que je lui avais dit la vérité.

Alors me retrouver là, à ses côtés dans ce deuil, à la comprendre… J’aurai été bien incapable de lui tourner le dos, après avoir partagé ses angoisses, sa nécessité de se montrer forte, ses pleurs et ses rires, pendant toutes ses années. Non, je recueillais ses larmes, débordant d’amour pour elle, et de désarroi de ne pouvoir la réconforter plus que cela. Je ne partirai pas, en tout cas. Même si ses larmes se tarissaient, je resterai à ses côtés. Elle n’était pas seule, et devait le savoir. Elle comptait plus que quiconque, pour le Royaume mais aussi pour moi, c’était l’unique chose qui importait maintenant. Son bien-être. Je me sentais pourtant égoïste. N’éloignais-je pas ainsi mon propre chagrin ? Ne pouvais-je pas de cette manière effacer l’incertitude qui me prenait, qui me rongeait, qui me maintenait éveillée la nuit ? Je n’osais croire être en mesure de le cacher, mais je m’y efforçais, pourtant. Jeyne ne pouvait porter ce fardeau, en plus du sien.

Je la relâchais pourtant, alors qu’elle s’éloignait, la dévisageant, le cœur serré par le malheur qui se lisait sur son visage. La gorge nouée, car je savais le sujet qu’elle allait aborder. Les yeux que je sentais s’embuer, alors que je répondais par la négative d’un signe de tête à sa question, la prenant doucement par la main pour la place devant sa coiffeuse. Pour délier délicatement ses cheveux, légèrement humidifiés par les larmes. Pour essayer de retrouver une certaine contenance. Pour refouler la peine. De longues minutes passèrent, je crois, alors que les larmes se déversaient sur mes joues, sans même que je ne m’en rende compte. Que la liesse des nouvelles données par la Roi qui avait habité Winterfell, cette liesse que j’avais moi-même feinte, me quittait totalement, pour laisser place au désarroi le plus total. Le miroir ne devait rien cacher de mon état à Jeyne, bien que ma vision soit embuée. Je ne réalisais que je m’étais arrêtée de descendre la brosse dans la chevelure d’ébène que quand ma cousine la saisit, et me l’enleva des mains. Déglutissant, j’esquissais un rictus bien peu convaincant, riait de manière détachée à moitié sincère, comme s’il m’était trop difficile de rire.

« Tu as bien trop à faire, et à penser. Je sais que tu en es capable, mais je ne veux pas t’accabler d’un fardeau supplémentaire. Et je ne veux pas, non, je ne peux pas m’inquiéter sans savoir. Je ne peux pas, ou je m’imaginerai les pires choses. S’ils ne peuvent pas m’écrire… Père, mes oncles… Mes frères. Je n’ai pas le droit de les condamner, dès maintenant. En faisant cela, je me détournerai de la confiance que j’ai en les Anciens Dieux… Il ne faut pas que je les imagine morts, ou en phase de l’être. Mon père, mes oncles, mes frères, Gareth… Personne. Je sais faire ce que je viens de te dire de ne pas faire, mais c’est trop douloureux. Pardonne moi, mais l’incertitude est la plus horrible des tortures. »

Je ne prenais pas gage de l’étendue de mes paroles, j’essayais juste de garder pieds, de ne pas me laisser emporter par la crue de ma peur. Je ne saurai pas rester à flots, si je cédais. Non, je ne pouvais pas. Et je la remerciais, de me distraire de ces sombres pensées, par sa question.

« Tu l’as fait comme une Reine jusqu’à présent, et tu continueras avec force et volonté, Jeyne. Tu es une Louve, et tu ne te briseras pas sous le regard de la Lionne. Tu ne ploieras pas face à la difficulté. Tu t’adapteras avec grandeur. Quant à moi… Je ne pouvais rien promettre. Ou si peu de choses. Et je serai toujours là pour t’y aider, pour te guider. Aussi longtemps que tu auras besoin de moi. »


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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Dim 24 Jan - 16:05

    Je ne pouvais me montrer égoïste. Ma peine ne m'empêchait pas de ressentir l'angoisse de Lynara. Moi, je savais désormais ce qu'il en était, je pouvais me réjouir pour les vivants et pleurer pour les morts. Lynara, en revanche, ne savait pas si elle devait pleurer, et qui elle devait pleurer. Et je savais que l'incertitude était pire que tout, nous l'avions expérimenté au cours des mois écoulés avec nos hommes partis se battre et risquer leurs vies à chaque instant. Ils allaient revenir. La guerre allait laisser place à l'espoir. L'espoir d'une alliance solide et profitable. L'Ouest était prospère, puissant. Il pouvait nous apporter beaucoup. Et j'étais le gage de cette alliance. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que le Nord en profite et que le Roc n'oublie pas Winterfell et honore ses promesses et son engagement. Ma tâche première étant de donner un héritier au Roc. Je frissonnais à cette pensée... Non pas que donner la vie m'effraie, non, j'avais élevé mon petit frère, je savais que j'étais capable d'avoir des enfants. Mais pour avoir des enfants, il fallait des rapports étroits avec mon époux. Avec Lyman... Et cela me terrifiait, autant que m'attirait. Il avait su faire naître un feu dévorant en moi. Qui ne pouvait être assouvi que d'une seule manière possible, que je découvrirais durant mes noces... Désormais, j'avais tout loisir de penser à ce mariage qui se concrétisait.

    Mon regard se porta sur le visage de Lynara, fermé. Des larmes coulaient en silence sur ses joues alors qu'elle continuait à prendre soin de moi. Mon cœur se serra pour elle. Moi, j'avais du me montrer forte pour tout Winterfell. Elle, elle se montrait forte pour moi. Et qui pouvait la soutenir dans ce cas ? Je l'exhortais à parler. Bien sur que l'inquiétude la rongeait, bien sûr qu'elle imaginait le pire pour aussitôt espérer le meilleur. Je connaissais cet état d'esprit. Et il était impossible de demeurer optimiste tout le temps. Néanmoins, je retins un sourire quand elle parla de Gareth, l'ajoutant à la liste de ceux pour qui elle priait. Gareth... Le valet de Lyman avait su nous séduire toutes les deux, mais d'une manière plus profonde concernant Lynara... Elle l'aimait beaucoup. Même si c'était indécent de ressentir cela pour un laquais. Inconvenant. Et que Lynara devait en être torturée, sachant pertinemment où son devoir se trouvait.

    « Oui c'est vrai. Et il n'y a rien à pardonner. Mon attente a pris fin, la tienne se prolonge... Et tu ne peux qu'osciller entre espoir et désespoir... J'aime à penser que les tiens vont bien, sinon, Père me l'aurait dit. »

    Je souris, un peu plus taquine, alors que j'ajoutais, d'un air innocent :

    « Gareth, hum ? »

    Il fallait bien apporter un peu de légèreté. Penser à des choses plus agréables que la mort. Je ne voulais pas m'enfoncer dans mon chagrin. Comme Lynara, j'avais besoin de m'accrocher à autre chose.

    « Oui, j'espère aussi qu'il va bien. Je compte sur son soutien une fois dans l'Ouest. Il me l'a promis. »

    Mais au delà de cela, je l'aimais bien... Tout simplement. Le dialogue avait été facile avec lui et il était d'un abord avenant et agréable, tout simplement. Rassurant. Je fis alors appel à notre fierté, afin de montrer notre force à nos hôtes. Cela eut l'effet escompté.

    « Ah, comment ne pas avoir confiance quand je t'entends parler ainsi. J'ose espérer que tu n'es pas aveuglée par l'amour que tu me portes, mais je pense que tu exagères légèrement ma grandeur. »

    Je me levais alors, prenant les mains de Lynara dans les miennes en lui faisant face.

    « J'aurais toujours besoin de toi à mes côtés, Lyna. Qu'importe où je me trouve et ce que je deviens. Même si cela peut paraître égoïste et que je devrais bien te laisser voler de tes propres ailes... »

    Quand on lui trouverait un époux... Mais j'avais la ferme intention de lui trouver une alliance dans l'Ouest, pour la garder à mes côtés... Égoïste jusqu'au bout.



   
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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Mer 27 Jan - 16:38

Je m’accrochais à la main de Jeyne, celle qui ne tenait pas la brosse, comme si elle seule me maintenait loin de l’angoisse – un peu, au moins. J’aurai tellement voulu que le temps s’accélère, pour mettre cela derrière-nous. Pour que les soldats reviennent, sains et saufs. Pour que je sache. Pouvais-je détester quelque chose davantage que cette incertitude dévastatrice ? Je craignais que non. Soupirant, j’essuyais les larmes qui embuaient ma vue, m’asseyant en équilibre incertain sur le bout restant du siège de la coiffeuse sur lequel se trouvait Jeyne. Je crois que si je restais debout, mes jambes me trahiraient. J’en étais presque certaine.

« J’aimerai m’en persuader, j’aimerai y croire. J’y arrive, parfois. Souvent, pas. J’avais demandé à ton Père de veiller sur les jumeaux, tu sais ? Je sais que je n’aurai pas du demander une telle faveur, mais il les a placés auprès de combattants dignes de confiance. Peut-être te l’aurait-il dit, oui, après que je lui ai demandé ça… Peut-être. »

Je voulais m’accrocher à cet espoir, de tout mon cœur. Éloigner la noirceur de la peur, juste un instant. C’était plus simple, en sentant Jeyne à mes côtés. J’avais envie, un bref instant, de me blottir dans ses bras, pour sentir encore davantage la puissance du réconfort qu’elle voulait m’apporter, mais je ne pouvais m’y résoudre. Et si mes larmes n’étaient pas taries ? J’avais déjà bien trop exprimé mon désarroi. Bien trop. Je frissonnais, sûrement un contrecoup de mes pleurs, avant de rougir en l’entendant. En prenant conscience de ce que je lui avais dit. Elle savait que je lui avais appris à connaître le Nord, sa géographie… Qu’on s’était vus plusieurs fois, dans le bois sacré. Elle savait que je lui avais embrassé la joue, peu avant son départ. Si je ne le lui avais pas dit directement, elle me connaissait suffisamment pour m’avoir soutiré une confession détaillée. Mais là…

Mon sourire s’élargit un peu, en l’entendant. « S’il faillit à te protéger, alors je te vengerai moi-même. Et ensuite, je te protègerai. Je… J’ai écrit à Père, tout à l’heure. À Mère aussi, pour savoir si elle avait eu de ses nouvelles. Gareth a eu une lettre aussi… »

Je sentais mes joues se teinter davantage encore, si c’était possible. Mais à quoi bon le lui cacher ? Elle savait parfaitement l’inconfort dans lequel je me trouvais, bien qu’elle ne puisse pas ressentir le même, parce que l’objet de son affection était son promis. Même ses… attentes, inconvenantes aux yeux de tous pour une jeune fille non mariée, étaient plus raisonnables ou justifiées que cette confusion et ce que je ressentais pour le valet. Mais si je ne pouvais pas me confier à Jeyne, à qui alors ? Était-ce utile pour autant de me torturer à ce sujet, pour le moment, alors que je le faisais déjà bien concernant leur survie ? Je ne savais pas.

Peu importait. Un sourire fier apparut sur mes lèvres, une lueur de cette même fierté dans mes yeux, à la question de ma cousine. « Peut-être le suis-je un peu. Mais je t’ai observé, et j’ai observé la Reine Jordane. Si j’exagère, ce que son visage trahissait n’exagérait pas. Elle aussi t’a trouvée à la hauteur. Si tu as su la convaincre, alors tu convaincras tout l’Ouest. Et je t’y aiderai. Ton Prince t’y aidera. Gareth aussi. Tu ne seras pas seule pour y arriver. »

Oui, c’était aussi simple que cela. Bien que je ne connaisse pas son Prince. Bien que je ne sois pas certaine qu’il veille convenablement sur elle, et l’aide autant que nécessaire. Malgré tout ce qu’elle m’avait dit. Mais surement me ferais-je une opinion plus définie, dans le futur. Favorable, j’espère. Je m’étais levée à nouveau, en manquant de tomber, et Jeyne me surprit en se relevant à son tour. Je serrai ses mains, touchée par ses propos. Je prenais un petit air amusé, comme si ses paroles avaient éloigné le chagrin.

« Ne dis pas ça à ton futur époux, il risquerait d’être jaloux… Mais je suis à ton service, Jeyne, et je le serai toujours. Je te soutiens inconditionnellement, et je le ferai à jamais. Loin ou non. Et tu n’es pas égoïste. Tu es une Princesse, et moi je suis là pour t’épauler, et garder ta tête sur les épaules. Surtout quand tu seras Reine, il ne faudrait pas que le titre te fasse quitter la terre ferme.
Demande le moi, et je resterai pour toujours à tes côtés. Peu importe, que nul homme ne me prenne pour femme. Je n’aurai pas de plus grand bonheur que de rester à tes côtés.
»

Ce n’était pas tout à fait vrai. J’avais été élevée pour prendre un époux, fait souvent rappelé par ma mère, qui craignait de ne pas me voir établie et que je sois contrainte à une vie dénuée du bonheur d’avoir des enfants. Je désirais un époux, un jour. Mais je ne désirais pas quitter Jeyne. Comment rendre ces deux désirs possibles ? Je n’en savais pas grand chose.

« Je suis tout aussi égoïste en ne voulant pas te quitter et en espérant que tu me gardes à tes côtés. Voir tes enfants grandir. Les gâter, sans même que tu ne puisses me le reprocher, parce que je le ferai en toute innocence, évidemment. Les voir dresser eux-même leur propre faucon – car ils seront les dignes enfants de leur Mère. Alors sois égoïste, si ça me permet de l’être. Et puis… Tu seras Reine, un jour. Sa Majesté Jeyne Lannister. »

Je lui souris, tendrement cette fois, levant ses mains pour la faire tourner lentement sur elle-même.

« Laisse moi imaginer ce à quoi ressemblerait la Reine Jeyne Lannister. Laisse moi sortir une robe écarlate de tes tenues, laisse moi trouver un diadème qui te conviendrait. »

Je m’éloignais un peu, le cœur légèrement plus léger, avant de sortir la robe parfaite. Je la posais sur le lit, me retournant vers ma cousine.

« Commence à la mettre, je t’aiderai après, je reviens. »

Je savais très bien ce que j’allais chercher. Une tiare, que j’avais dans mes affaires. Mes parents me l’avaient donnée, qui avait appartenu à ma tante, à la mère de Jeyne, quand elle était plus jeune. Je ne savais quand je l’avais récupérée, mais elle irait mieux que tout à Jeyne. Revenant en la cachant dans mon dos, je la cachais sous l’oreiller de son lit, avant de la regarder dans la robe carmin, avant de lacer le tout. Avant de lui dire de fixer le mur et de ne pas se retourner, puis de fermer les yeux. Je posais le bijou sur son front, et la guidait face au miroir de la coiffeuse, souriant doucement. Elle était splendide. Elle ferait une Reine parfaite.


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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Mar 2 Fév - 21:48

    Je hochais doucement la tête alors que Lynara me confiait avoir demandé une faveur à mon père, une faveur bien naturelle selon moi. Et je savais que Père avait tout fait pour respecter sa parole et tenir les jumeaux éloignés du cœur du danger, même si les deux garçons n'avaient pas forcément du apprécier. Hélas les hommes étaient ainsi fait qu'ils aimaient risquer leur vie, afin de paraître courageux. Les hommes étaient parfois stupides. Je repris d'une voix plus affirmée :

    « Oui, il me l'aurait dit. »

    C'était sans doute une erreur d'affirmer cela. Je pouvais avoir tort et mon père annoncer à Lynara une mauvaise nouvelle en rentrant. Ou peut-être que le corbeau qui lui était adressé s'était perdu en route, n'arriverait que demain mais... j'avais envie d'y croire et j'avais envie de rassurer un peu ma cousine. Mais elle ne se faisait pas du soucis que pour les Karstark et le nom d'un valet de l'Ouest s'était glissé dans la liste, m'arrachant un sourire alors que je le relevais, pour que ma cousine pense également à autre chose. Elle aimait bien le jeune homme. Même un peu plus que bien. C'était émouvant dans un sens. Je hochais la tête quand elle m'avoua avoir écrit à Gareth.

    « Je suis certaine que cela lui a été un grand réconfort à l'aube de la bataille. »

    Comment pourrait-il en être autrement quand une dame de haut parage pensait à vous et vous le faisait savoir ? J'avais fait de même avec Lyman, même si c'était un peu plus « normal » de ma part, puisque j'étais sa fiancée. Et il m'avait semblé que cela lui avait fait plaisir. Comme d'écrire à mon père. C'était un peu de baume sur des cœurs éprouvés par l'horreur. Doucement, ma main vola vers la joue de Lyna, que je caressais avec tendresse, avant de glisser une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Elle était mon soutien et j'étais le sien, tout simplement.

    Et de façon moins tragique et personnelle, j'en vins tout naturellement à parler de ces quelques semaines passées ici, à organiser mon mariage avec la reine de l'Ouest, de cette journée de joie et de chagrin où j'avais annoncé notre victoire et nos pertes sans rien trahir du chaos qui m’habitait. J'espérais avoir été digne de ma défunte mère, de mon vaillant père, de la future reine que je serais amenée à devenir. Cela ne faisait aucun doute pour Lynara. Je la soupçonnais de ne pas être totalement objective, même si ses encouragements me faisait terriblement plaisir. Et elle s'acharna à me démontrer que ce n'était pas elle qui exagérait, en citant notamment l'expression dans le regard de ma future belle-mère... Je souris

    « Non je ne le serais pas. Je suis prête à partir à la conquête de l'Ouest avec ces précieux alliés ! »

    Une expression malicieuse avait remplacé celle du chagrin, de l'affliction et des doutes. J'étais d'une nature optimiste après tout et je ne me laissais jamais abattre longtemps. C'était encore plus aisé avec Lynara à mes côtés qui savait stimuler ma combativité. Elle se leva et je fis de même, en lui assurant qu'elle aurait toujours sa place à mes côtés et que je souhaitais la garder auprès de moi. Elle plaisanta sur le fait que Lyman pouvait être jaloux de notre relation privilégiée et je ne pus réprimer un rire quand elle ajouta qu'elle devait bien rester à mes côtés pour m'empêcher de perdre le sens des réalités et prendre la grosse tête. Comme si c'était mon genre ! Mais avec un mari comme Lyman, allez savoir... Niveau arrogance, il n'avait rien à envier à personne. Mais je cillais quand Lynara m'avoua que je n'avais qu'à demander pour qu'elle reste auprès de moi, quitte à sacrifier sa propre vie... Ses propres ambitions. C'était tentant, mais je ne pouvais pas lui faire ça. C'était ce qu'elle disait maintenant, mais plus tard, elle le regretterait probablement... Je sentis mon cœur se serrer devant son discours... Gâter mes enfants, leur apprendre des choses...

    « Eh, j'aimerais pouvoir te rendre la pareille ! Et je crois que Lyman n'est pas au courant de mon petit passe temps... »

    Nous n'en avions pas parlé en tous les cas. Je devrais y remédier et demander une fauconnerie dans l'Ouest.

    « Jeyne Lannister... Je vais avoir du mal à m'y faire. »

    Je tournais sur moi-même, cédant à l'invitation de Lynara. Elle semblait avoir envie de se projeter dans le futur, d'oublier nos peurs et je me pliais volontiers au jeu, la regardant fouiner dans mes robes pour trouver de quoi faire l'affaire. Elle posa une robe rouge sur le lit et je commençais à me déshabiller pour l'enfiler comme elle m'y enjoignais. L'écarlate faisait ressortir la pâleur de mon teint, en contraste avec mes cheveux sombres. Heureusement, j'avais une excellente carnation, si bien que je ne passais pas pour malade. Lynara sortit et revint, m'aidant à lacer ma robe dans le dos. Je lui lançais un regard interrogateur quand elle me demanda de me retourner et de fermer les yeux, mais je le fis en toute confiance. Je sentis qu'elle déposait quelque chose sur mon front, avant de le guider vers le miroir de ma coiffeuse. J'ouvris enfin les yeux, saisie par mon reflet dans le miroir. Je tournais un peu sur moi même, surprise, avant de me pencher en avant pour regarder la tiare de plus prêt.

    « Par les dieux, Lynara, où as-tu eu ce bijou ? »



   
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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Jeu 11 Fév - 18:39

Il lui aurait dit. Je ne pouvais qu’essayer de m’en convaincre. Je faisais confiance à ma cousine, de toute façon. Mais si elle se trompait… Si nous nous trompions… Je secouais la tête. Je ne pouvais me remettre en tête ces idées noires qui me traversaient l’esprit. Tant que nous n’avions pas confirmation… Tout allait bien. Je hochais la tête, pressant sa main pour la remercier, et finissant par me relever. Après tout, le siège de la coiffeuse n’était pas si grand, et l’une de nous allait finir par tomber, si je la forçais à le partager. Je ramenais une autre chaise, à ses côtés. Mes jambes me soutenaient, davantage que tout à l’heure, en tout cas, mais je serais mieux ainsi. Mon trouble prit une toute autre forme, cependant, écarlate sur mes joues. Je n’avais pas réellement prévu de parler de Gareth, à l’instant, même si je savais qu’elle ne serait pas cruelle, et que je le lui dirai tôt ou tard. Mais que c’était… indélicat, peut-être, de l’évoquer, de penser à lui, alors que je ne savais rien de ma propre famille. Je soufflais doucement, en l’entendant.

« Je l’espère… Ils sont de ceux qui ont vécu les choses les plus terribles, nos familles, mais aussi ces ouestiens qui se sont engagés dans un combat qui n’est pas le leur. Ils méritent, je crois, notre soutien et notre gratitude. »

Comme si Jeyne ignorait que ça n’était pas là mes seules motivations… Mais je n’avais nul besoin de le dire, elle devait fort bien les comprendre, et elle me soutiendrait, j’en étais sûre. Ayant réussi à alléger l’atmosphère, le mariage vient dans notre conversation. Le mariage de celle que je considérais comme une amie, une sœur, une alliée, et bien plus. Elle serait resplendissante. Le mariage serait certainement bien trop émouvant, mais je l’attendais avec espoir et avec crainte. Crainte que nous soyons éloignées, après. Espoir, qu’elle soit heureuse, et que ce soit le début des plus beaux jours de sa vie. Tout serait parfait, tout devait être parfait, le jour même.

« Et tu les charmeras tous. »

Oui, il ne pouvait en être autrement. Elle s’accoutumerait, et ils l’aimeraient. Et quand son heure viendrait, elle serait une souveraine aimée et aimante. Intransigeante, mais pas dure. Je souris, en l’entendant. Me rendre la pareille… Oui, je le souhaitais aussi. Vivre auprès de Jeyne, mariées, heureuses, toutes deux mères… « Je ne sais pas si je pourrais me marier dans l’Ouest… Si mes parents, si ton père, le voudront. Mais ils ne peuvent refuser que je t’accompagne. Je ne le souhaite pas, en tout cas. Et si ça doit n’être que temporaire, j’apprendrais quand je le pourrais tes enfants à avoir un faucon. Il n’est que naturel qu’ils suivent les pas de leur mère. Promets moi que tu m’y autoriseras. »

Rien ne me rendrait plus heureuse. Réellement.

« Moi aussi… Mais tu porteras ce nom aussi bien que tu portes celui des Stark. »

Je m’éloignais, le temps de trouver la robe qui conviendrait, la laissant se vêtir, le temps que j’aille chercher un objet qui lui revenait. Quel autre moment, pour le lui donner ? Elle serait peut-être une Lannister, mais la Stark en elle ne cesserait jamais d’exister. Je me réjouissais de la voir découvrir le bijou, qui allait avec perfection avec la couleur de la robe. Un doré fin qui soulignait élégamment son front et son visage. Un grand sourire me fut arraché, en la voyant se contempler, contempler la tiare.

« C’est ma mère qui me l’a donnée. Je ne sais pas si elle comptait sur moi pour te la donner, mais elle te revient. Elle était à ta mère, et la mienne l’a récupérée. Elle te va à ravir, Jeyne. »

Je savais qu’elle ne pourrait manquer de ressentir un peu de tristesse, mais elle méritait cet objet, et on aurait tôt fait de la chasser.


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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Mer 17 Fév - 19:04

    Je hochais la tête aux paroles de Lynara. Oui, ces étrangers de l'Ouest qui s'étaient vu envoyés dans une guerre qui n'étaient pas la leur pour satisfaire aux exigences d'un vieux loup guerrier méritaient en effet notre soutien et notre gratitude. Je n'avais pas interrogé Lyman concernant les termes de l'accord, ni ce qu'il en pensait réellement. Il se pliait aux volontés de ses parents et moi à celles de mon père et dans cette histoire, nous n'avions rien à dire. Néanmoins, il était des tractations qui m'échappaient dans cette alliance et cela me déplaisait. Le fait que Jordane décide de marier son héritier au Nord et qu'en même temps, elle finance les guerres du Noir me laissaient perplexe. Si Père était passé outre, c'était sans doute parce qu'ils y avait des enjeux qui m'échappaient totalement. La reine de l’Ouest avait du se montrer fort convaincante.

    Néanmoins, les véritables raisons ayant poussé Lynara à écrire à Gareth, bien qu'informulée, flottaient dans la conversation. Elle n'aurait pas apporté son soutien et du réconfort à n'importe qui. Surtout pas un valet insignifiant. Non, Gareth avait su captiver l'attention de ma cousine, tout simplement et pour lui, elle avait osé faire quelque chose d'un peu inconvenant. Et qui connaissait Lynara savait que ce n'était pas vraiment dans ses habitudes. Elle était plus posée que moi, plus respectueuses des règles. Mais parfois, elle sortait comme cela du droit chemin, prenant tout le monde par surprise et à contre-pied.

    Après ce triste sujet de discussion, nous passâmes à celui de mon mariage. Angoissant, mais davantage porteur d'avenir. J'avais peur de partir dans l'Ouest, de me retrouver dans cette cour du Roc. Ma terre natale allait me manquer. Mes gens. Mon père et mes frères. J'allais quitter mon confort bien connu, pour un inconnu incertain, à la fois effrayant et excitant. Et de surcroît, il me faudrait m'imposer dans une cour tenue par une reine au charisme écrasant. Je ne voulais et ne pouvais être la petite princesse du Nord dans une contrée que je serais amenée à diriger un jour. Je me devais de faire forte impression dés le départ. Je doutais d'être quelqu'un d'effacé. Mais je ne devais pas non plus paraître... rustre. Lynara m'assura que je saurais charmer la cour et je lui offris un sourire de remerciement. Oui, je ne serais pas seule, cela ferait peut être la différence.

    Je la voulais auprès de moi. Même si c'était égoïste, que son père avait sûrement des projets de mariage pour elle, je n'étais pas prête à renoncer à sa compagnie, sa douceur, son affection et ses bons conseils. J'avais besoin d'elle. Je pouvais l'emmener avec moi, et voir pour qu'elle contracte une union dans l'Ouest, renforçant ainsi notre alliance, non ? Mon visage s'illumina quand elle parla d'apprendre la fauconnerie à mes futurs enfants.

    « Naturellement ! Même s'ils jouirons d'un double enseignement. »

    Je ne comptais pas laisser cela à quelqu'un d'autre. Je m'en chargerais, Lynara également. Je trouvais un réel réconfort dans la compagnie de ces oiseaux. Cela m'avait apprit la patience.

    « Tu sais, j'ignore même s'il y a une fauconnerie au Roc... Je n'ai pas parlé de cela à Lyman. »

    Il faudrait que je lui en touche un mot. Je me demandais encore ce qu'il allait penser de ce loisir assez étrange pour une Dame. Du moins dans l'Ouest. Jeyne Lannister... Cela sonnait de façon tellement étrange à mes oreilles. Une Lionne au cœur de Louve. Lynara décida alors de me faire endosser ce rôle avec un peu d'avance, me trouvant un robe aux couleurs du Lion que j'enfilais, avec curiosité. Je me mirais dans le miroir, trouvant le résultat assez satisfaisant... Lyman apprécierait-il ses couleurs sur moi ? Sans aucun doute. Ma cousine revint alors avec une tiare qu'elle déposa sur mon front, à ma grande surprise. Une tiare qui avait appartenu à ma mère... Soigneusement conservée par sa sœur, puis par sa fille. Qui me revenait aujourd'hui. Je sentis de nouveau les larmes me monter aux yeux et je me retournais vers Lynara, la prenant dans mes bras.

    « Merci Lyna... Elle me manque tu sais ? On dit que je lui ressemble, mais mes souvenirs se font de plus en plus flous la concernant... Je regrette de ne pas l'avoir eu à mes côtés... Qu'elle ne soit pas là pour me conseiller, pour me dire ce qu'il convient de faire en tant qu'épouse... pour apaiser mes craintes. Ses conseils me manquent. »



   
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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Mar 23 Fév - 0:23

Il était plus facile, d’évoquer son futur mariage. Le malheur n’y était pas lié. Bien sûr, il y avait matière à s’interroger et à s’inquiéter mais il laissait présager un peu de bonheur. Après tout, Jeyne apprenait à connaître et à apprécier Lyman Lannister. Surement pourrait-elle s’épanouir dans l’Ouest, comme elle s’était épanouie et révélée dans le Nord. Elle grandirait, et serait magnifique. Elle le serait encore davantage qu’ici. Je ne pouvais que croire cela et m’en convaincre. Et l’en convaincre, surtout. Si je savais qu’elle serait resplendissante, elle en doutait toujours, et il était de mon devoir de l’amener à le voir, et aussi à se détendre face à cette union qu’elle attendait avec impatience comme avec anxiété. Je ne pouvais m’assurer d’y arriver, mais je n’abandonnerai pas l’idée d’y parvenir, non. Quitte à persévérer pendant un long moment. Mon sourire fit écho au sien, alors que je lui pressais la main brièvement, pour lui faire comprendre que tout irait bien. Je serai là, aussi longtemps que je le pourrais, et cela serait bien suffisant.

Je poussais un soupir de soulagement, alors qu’elle m’affirmait qu’elle ne me tiendrait pas à l’écart de l’enseignement dont bénéficieront ses enfants, et encore moins qu’elle ne comptait pas délaisser cet art qu’elle maitrisait incroyablement bien elle-même. Bien que je ne lui ai rien dit, je craignais que sa vie d’épouse ne me la ravisse, et si nous pouvions partager encore quelques instants, alors… Alors, j’avais moins de choses à craindre. Qu’elle me confirme que ce serait le cas effaçait un peu mes inquiétudes, mes peurs. Bien sûr, rien ne serait plus comme avant, mais nous pourrions conserver quelques unes de nos habitudes.

« Tu m’en vois heureuse. J’espère que l’on pourra partager le bonheur de les voir s’y essayer bien assez vite. »

J’allais peut-être loin dans mes propos, mais il était évident que l’on attendait de Jeyne qu’elle amène des héritiers à l’Ouest. Elle le voulait, elle aussi, même si l’idée devait la terrifier et lui sembler bien trop soudaine. Mais je ne disais pas cela pour lui remémorer ce que l’on attendait d’elle, et qu’elle ne savait que trop bien, uniquement pour la voir rayonner de ce bonheur là. Je soupirais légèrement, en l’entendant, cependant. Verrait-il les choses d’un mauvais œil ?

« Penses-tu qu’il s’y opposerait ? Il a pu te voir telle que tu étais, et cela n’a pas contribué à l’éloigner mais à rechercher ta compagnie. Sans doute ferait-il en sorte qu’il y en ait une, si ça n’est pas déjà le cas, à ta demande. »

J’espérais simplement ne pas l’induire en erreur, mais j’étais persuadée de la véracité de mes propos. Que je puisse avoir tort ne m’effleurait même pas l’esprit. Ce qu’elle m’avait dit de son Prince et fiancé, que je n’avais que très brièvement vu et à qui je n’avais pas réellement adressé la parole, me laissait penser cela, bien que je ne puisse l’affirmer. Je souriais, en lui évoquant qu’elle serait bientôt sienne. En lui évoquant son futur nom, sa future condition. Je n’annonçais pas qu’un jour, elle serait Reine. Ce dernier était beaucoup plus lointain, trop lointain, en comparaison avec le jour où elle serait la Princesse Jeyne Lannister. Élégamment vêtue d’une robe écarlate et d’un brocart d’or, fière Lionne pas entièrement dépourvue de la louve qui sommeillait en elle. Je voulais lui faire voir la grandeur qu’elle aurait, la magnifiscence qui serait sienne. Lui faire comprendre que, même là-bas, même si je devais partir – bien que cette pensée me serre le cœur à en faire mal -, elle ne serait jamais seule. La tiare était là pour ça. Ma mère ne l’avait eue de la part de sa belle sœur que pour qu’elle revienne à Jeyne un jour, j’en étais sûre. Quand bien même elle m’avait été confiée, et qu’on ne m’en avait rien dit, si ce n’est qu’elle appartenait à ma tante. Je ne sais l’effet que je souhaitais, mais pas celui de peiner ma cousine davantage encore, et je me mords inconsciemment la lèvre en constatant les larmes qui menacent de dévaler son visage ravissant, symbole de reconnaissance et de tristesse, me semblait-il. Je l’étreins, pour lui faire sentir que je suis là, pose une main dans son dos avec douceur.

« Je le sais, Jeyne. Mais elle est là, autour de nous, et te regarde. Elle est fière de la jeune femme combattive que tu es devenue, de la louve prête à en démordre pour défendre ses croyances, son honneur, ce qui la fait vivre, et de la jeune fille malgré tout sensible, prête à faire ce qu’il faut. Elle veille sur toi, autant qu’elle peut le faire. Elle t’aime, Jeyne. Plus que quiconque ne peut t’aimer. Mais je suis là pour te conseiller, même si je ne peux le faire à ce sujet. Je peux le demander à Mère, si tu en as besoin. Elle est ici. Elle n’est pas celle que tu veux, mais elle pourra t’apaiser et t’expliquer. Et je serai là pour te soutenir, toujours. Tu n’es pas seule, malgré tout. »


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MessageSujet: Re: Victoire et deuil [Tour II - Terminé]   Mar 23 Fév - 17:53

    Je fus soudainement partagée entre la joie et l'appréhension alors que Lynara parlait de mes futurs enfants et de l'enseignement qu'elle pouvait leur apporter. Pas à cause d'elle, bien sûr, j'avais une confiance aveugle en elle et je savais qu'elle serait formidable avec des enfants. Je savais aussi que rien ne lui ferait plus plaisir que d'être ainsi associée à leur éducation et non pas tenue à l'écart. Pour cela, je devais la garder près de moi. Mais la marier à un noble de l'Ouest serait la façon la plus sûre que cela arrive, tout en espérant qu'il ne soit pas de trop grande importance afin qu'il puisse évoluer dans la cour du Roc. Et qu'elle reste ainsi auprès de moi. Un cadet peut-être. Oui, ce serait parfait. Je ne pouvais pas la priver d'un mariage et d'enfants. Elle ne pouvait pas vivre sa vie par procuration, à travers la mienne. Mais ce qui faisait naître cet étrange mélange, c'était la perspective d'avoir des enfants avec Lyman. C'était ce que l'on attendait de moi et je pensais que je saurais bien me débrouiller dans le rôle de maman, même si j'avais du louper quelque chose avec Walton étant donné la distance qui s'était installée entre nous ces deux dernières années. Mais le fait d'être enceinte, de sentir la vie grandir en moi me mettait en émoi. Et si cela ne fonctionnait pas ? Si j'étais comme la reine Tricia Gardener, incapable de donner un enfant à mon époux, un descendant ? Ce serait sans doute un poids que j'aurais des difficultés à porter... Je préférais ne pas y songer. Autant essayer avant d'envisager le pire. Mère avait fait trois enfants... Que ce soit du côté Stark ou Karstark, les femmes avaient toujours été fécondes.

    « Je l'espère aussi. Après tout, c'est ce que l'on attend de moi... »

    J'avais répondu avec un peu moins d'entrain que je n'aurais du, souriant, mais légèrement crispée. C'était stupide de me mettre déjà une telle pression. Chaque chose en son temps. D'abord épouser Lyman, ensuite, partager sa couche. On verrait ensuite. Même s'il serait de bon aloi que je tombe rapidement enceinte après ce mariage. Genre dans l'année qui suit. Ce serait idéal. J'étais encore jeune, heureusement. Je repris avec davantage d'entrain et un sourire plus malicieux :

    « Je me demande si mes enfants auront la blondeur des Lannister ou seront aussi bruns que les Stark. »

    Et bien quoi ? C'était une association comme une autre. Auront-ils les cheveux bouclés de leur père ou ceux, plus raides, de leur mère ? Yeux bleus clairs de l'Ouest ou bruns noisettes du Nord ? Il y avait un soupçon d'impatience et d'excitation dans ma voix en posant cette question. Mais parler de l'enseignement que Lyna pouvait donner à mes enfants en termes de fauconnerie me rappela que je n'avais pas abordé ce sujet avec Lyman. Il ignorait encore des choses sur moi et moi sur lui, c'était évident.

    « Je ne sais pas... Non, je ne pense pas qu'il me refuserait cela... j'ignore totalement ce qu'en pensent les nobles de l'Ouest. C'est peut-être mal vu et il serait indécent que la princesse du Roc s'adonne à ce genre d'activité ? Ici, je jouis sans doute d'une plus grande liberté que dans l'Ouest. Mais je lui en parlerais. Et si jamais ce n'est pas très bien accepté, je ferais ce qu'il faut pour qu'il cède. »

    L'incertitude de ma voix disparut progressivement. Je pouvais sans doute charmer Lyman et arriver à lui faire accepter cette part de moi, un peu inhabituelle pour une lady et davantage encore une princesse. Je pourrais sans doute faire quelques compromis de mon côté... Je me promis d'en parler assez rapidement à mon fiancé, si je n'oubliais pas. Le fait de savoir que Lynara serait avec moi, me réconfortait. Ce n'était jamais facile de quitter les siens et de partir dans une contrée inconnue, dans une cour inconnue... Lynara entreprit de me faire endosser le rôle de Jeyne Lannister en me vêtant aux couleurs du lion, mais je ne m'étais pas attendue à ce qu'elle me donne une tiare ayant appartenu à ma mère. Je me demandais quelle fiancée elle avait été. Comment elle s'était comportée le jour de son mariage. Père m'avait dit que son mariage avec Sygin avait été assez tumultueux, ma mère n'étant pas vraiment du genre docile. A ce niveau, même si je tenais d'elle, je m'étais sans doute montrée plus complaisante. Etais-je son portrait craché au même âge, avec cette tiare sur ma tête ? Elle me manquait terriblement. J'étais perdue sans elle. Maladroite et mal préparée. Terrifiée également de ne pas être à la hauteur de ce qu'on attendait de moi. Je me mis à pleurer devant ce manque, regrettant de plomber de nouveau l'ambiance. Lynara m'entoure de ses bras pour me consoler. Encore.

    « Merci. Je sais. Mais ce genre de choses c'est... tellement délicat. J'espère être à la hauteur de ce que l'on attend de moi. Je ne m'étais jamais rendue compte du poids énorme que j'avais sur les épaules jusqu'à ce qu'on m'apprenne que j'allais épouser Lyman et partir dans l'Ouest. Après tout, c'est Jon l'héritier, Jon qui se doit de succéder à Père. Son rôle est loin d'être enviable. Mais finalement, le mien n'est pas davantage facile. »

    Je soupirais, essuyant mes larmes et souris. Terminés les pleurs pour aujourd'hui. Je m'échappais de l'étreinte de Lynara, m'admirant dans le miroir, même si avec les yeux rougis, ce n'était pas vraiment une image des plus gracieuses qu'il me renvoyait.

    « Il va me falloir encore un peu de travail pour atteindre la Majesté de ma royale belle-mère, mais c'est un bon début. Voilà une robe à emmener dans mes malles quand on quittera le Nord. »

    Je me tournais alors vers ma cousine, prenant ses mains dans les miennes.

    « Merci Lyna. »

    Je me mis à rire, gardant ses miens dans les miennes, avant d'esquisser quelques pas de danse, l'entrainant avec moi, éloignant ainsi les spectres qui m'avaient broyé le cœur un peu plus tôt, même si cela n'était que temporaire. Lynara avait su m'apaiser un peu et j'espérais avoir fait de même concernant ses craintes. Ensemble, nous étions plus fortes.



   
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